PARTIS POLITIQUES
Répartition des pouvoirs. — Wilsoii appelé liomiuo de parti.
— Explication des différences entre les partis. — Bry(!e sur leurs origines. — Convention de Philadelpliie. — Jtamilto niens et Jefi'ersoniens. — Fédéralistes. — Madison. — Monroe.
— Craintes d'une tyrannie centrale. — Division géographique entre les partis. — Influence des révolutionnaires français. — Question de l'esclavage. — Question du Missouri. — Dred Scott et la Cour Suprême. — Le nouveau parti Républicain se crée. — Tendances actuelles. — Celles des Démocrates. — Cleveland et Wilson. — Roosevelt candidat progressiste comparé avec Taft. — Différence entre l'élection de Wilson en 1912 et 1916. — L'avenir des Démocrates dépend de Wilgon.
Note sur la Doctrine de Monroe telle que la comprend M. Roosevelt.
Sote sur la politique coloniale des Etats-Unis.
Note sur la préparation militaire et navale recommandée par
M. Roosevelt.
Note sur la question des Philippines.
Je n'ai pas besoin de rappeler au lecteur que le gouvernement des États-Unis est composé d'une législature composée de deux chambres, l'une la Chambre des Représentants, l'autre le Sénat, Tune élue tous les deux ans, l'autre tous les six ans, et
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d'un président élu tous les quatre ans; que le président est investi du pouvoir exécutif avec un droit de veto qui ne peut être surmonté que par une majorité de deux tiers du Congrès, qu'il y a une Cour Suprême qui a une juridiction finale pour tous les États et une juridiction sans bornes pour l'interprétation des lois et pour tous les actes auxquels elles donnent lieu.
Dans les appendices on trouvera une traduction en français de cette constitution, si différente de toutes les constitutions européennes, et des amendements qui l'ont modifiée. Celui qui veut se rendre maître des détails n'aura qu'à s'y rapporter.
On entend souvent dire de M. Wilson qu'il est essentiellement un homme de parti. Il est l'élu du parti démocratique. On entend aussi que M. Roosevelt, qui fut l'élu du parti républicain, l'est beaucoup moins. Il y a lieu d'expliquer la différence entre ces deux partis, périodiquement opposés dans une lutte qui se renouvelle tous les quatre ans, lutte acharnée qui, pendant quelques mois, déchaîne toutes les violences de la bataille, toutes les colères, avec le venin agressif qui est au fond du caractère humain et laisse le peuple américain, débarrassé de ses accumulations bilieuses, reprendre sa bonne humeur et pendant trois ans pleins s'occuper uniquement de la partie constructive de
sa vie politique. J'cxpiiiiir. en disanl eela, des hérésies ehoquanles |)oui' ceux qui veulent délaclier la philosophie pohticjue des l'aihh^sses humaines. 11 est or'l,ho(h)\t' (U' eondainncM' ini sxslriiic qui, à de si petits inlei'valles entre les eauipag-nes électorales, bouleverse le pays. Cependant, je trouve dans ces luttes électorales, acharnées et fréquentes, l'explication d'une nouvelle civilisation supérieure el, au risque d'être taxé de paradoxal, je vois, dans cette activité politique d'une durée déterminée et périodique du système américain, les p;"ermes de solutions sociales ailleurs.
Mais d'où sortent-ils, ces partis, quelles sontelles les théories politiques qui les divisent si profondément et qui jouent un rôle si immense dans l'économie p^ouvernementale de l'Amérique? Aucun écrivain américain, ])as même M. Wilson, dans se^ nombreux livres sur les institutions de son pays, ne semble avoir osé aborder la discussion des principes qui sont au fond ([^ diflerences d'opinion qui séparent les deux parti^Bryce dans son admirable et volumineux ouvrage La Rf^puhliqiie Ami'riravœ^ le constate. Il y a essayé de tracer l'origine des partis. Mais lui-même ne le fait que timidement, tantlestendancesde part et d'autre, sur ce vaste continent avec la diversité des intérêts et des races, se trouvent dans un état de llux et de reflux.
1. liryce, La République Américaine, Traduction française, Paris, 190U, vol. lll, p. t.
Je vais essayer de mon côté, me basant sur l'étude de Bryce\ d'expliquer succinctement, ces partis qui portent le nom de Démocrates et de Républicains, termes qui ne sio^nifient pour le lecteur ordinaire actuel que le parti qui a voté pour M. Wilson d'un côté et celui qui avait voté pour M. Roosevelt de l'autre. Sur les raisons de la différence entre ces partis on n'a que les idées les pJus vagues.
Quoique les premiers colons aient transporté à travers l'océan les habitudes et les formules, pour ainsi dire, de la vie politique anglaise, les partis qui s'y sont développés sont le produit de circonstances locales et n'ont aucun rapport historique avec les partis anglais.
Leur histoire commence avec la Convention Constitutionnelle qui eut lieu en 1787 à Philadelphie. Dans les débats et les discussions qui s'engagèrent sur la rédaction de la Constitution on vit apparaître deux tendances contraires. Les uns voulaient conserver autant que possible la liberté individuelle du citoyen et consacrer dans la constitution l'indépendance des divers Etats pour tout
1. Le livre de Bryco, dans lequel il a consacré à son travail tout son génie de travailleur exact et laborieux, est reconnu aux Etats-Unis comme l'expression de l'orthodoxie littéraire et historique en la matière.
ce qui concerne la législation, l'administration et la justice, la seule exception devant être les affaires étrangères et la défense nationale. Les autres voulaient donner beaucoup plus de puissance et d'autorité au gouvernement fédéral. Quand la Constitution eut, enfin, été mise en vigueur avec George Washington comme Président, et à ses côtés un Sénat et une Chambre des Représentants, ces tendances reparurent non seulement au Congrès mais encore au sein du cabinet nuMue du Président. Le philosophique Alexander Hamilton, ministre du Trésor, représentait dans le cabinet la tendance vers un gouvernement fédéral puissant. Jefferson, ministre des Affaires étrangères, y représentait la tendance contraire, c'est-à-dire la restriction, dans la pratique, aux Affaires étrangères de cette puissance. Les défenseurs de la supériorité du pouvoir central avaient déjà reçu le nom de Fédéralistes. Bientôt après, la naissance de la République française, sa déclaration de guerre à r Angleterre, et les excès de la Terreur en 1793 consolidaient le parli fédéraliste, tandis que le parti de Jefferson éprouvait et témoignait de la sympathie pour les idées révolutionnaires françaises et de l'hostilité à l'Angleterre et cherchait à éliminer toute immixtion du gouvernement central dans les affaires locales des États. Ce parti prit le nom de Républicains ou Républicains démocrates. Le terme Républicains depuis est passé à Tautre parti, et le parti de Jefferson est devenu
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celui fies Démocrates actuels. Hostiles sans distinction au principe do la monarchie, les Jeffersoniens avaient foi dans les masses et dans la liberté individuelle, tandis que l'autre parti s'appuyait plutôt sur le principe de l'ordre et du respect d'une autorité supérieure et générale.
Ces tendances, dit Bryce, trouvèrent des occasions pour se combattre, non pas seulement dans la politique étrangère et dans la législation courante, mais encore dans l'interprétation et l'application de la Constitution. Sortie d'une série de transactions entre des idées contraires, la Cons titution était susceptible de diverses interprétations, que la subtilité des deux groupes s'exerçait à découvrir et à exposer. D'un côté, l'intelligence pénétrante de HamiltoQ développait toutes les clauses qui donnaient pouvoir au Congrès fédéral et au Président, et essayait d'en étendre l'effet. De l'autre côté, Jefferson et ses partisans en appelaient au sentiment d'individualisme très puissant dans le peuple qui venait de s'émanciper d'un contrôle extérieur, et protestaient contre toutes ces extensions du sens desdites clauses et contre l'autorité que s'arrogeait le gouvernement fédéral en s'appuyant sur ces extensions. Ainsi, se développèrent deux partis avec des doctrines contraires et ayant des chefs, des sympathies et des haines qui s'opposaient.
Les Fédéralistes l'emportèrent d'abord, car la réaction contre la faiblesse de l'ancienne Confédé-
ration que l'Union avait remplacée, prédisposait les hommes sensés à tolérer un pouvoir central plus puissant. Le Président, quoique ne devant théoriquement^ appartenir à aucun parti était par la force des choses et j^ràce à l' influence d'iiamilton du côté des Fédéralistes. Dans la lutte postérieure entre Hamilton et Jefferson, cependant, KamiUon succomba et les Républicains (aujourd'hui Démocrates) firent triompher Jefferson qui resta au pouvoir pendant huit ans (1800-1808). Son ami, Madison, lui succéda pour encore huit ans et à celui-ci succéda son disciple, Monroe (auteur de la doctrine qui porte son nom), pour huit ans aussi. Ils se maintinrent ainsi ving-t ans, au pouvoir, grâce surtout, il faut le dire, à la faiblesse des leaders de leurs adversaires. Hamilton mourut en 1803. Aucun autre chef de talent suffisant ne se manifesta, et le parti disparut complètement après la seconde paix avec l'Angleterre en 1815.
« On peut dire » fait remarquer Bryce « que cette période (1788-1824) constitua le premier acte dans rhistoire des partis en Amérique. Le peuple habitué jusqu'alors à ne s'occuper que de ses diverses Républiques séparées, apprend à apprécier et à faire fonctionner les nouvelles institutions nationales. Il se familiarise avec la Constitution elle-même, comme des associés apprennent à con-
I Od verra au chapitre suivant cette théorie expliquée.
naître, quand les discordes s'élèvent entre eux, en les consultant, les clauses de l'acte d'association d'après lequel ils doivent continuer leur commerce. On s'aperçoit que l'existence d'un Pouvoir fédéral central n'anniiiile pas les États séparés. Ainsi les appréhensions sur ce point se calment. On découvre aussi qu'il y a des côtés imprévus, comme par exemple les questions d'intérêt général, questions de banque, de monnaie légale, de communications à travers l'intérieur du pays et grâce à elles, le pouvoir fédéral fortifie son influence sur la nation. »
Les agriculteurs, propriétaires et fermiers qui constituent la population du Sud avaient suivi généralement les Jeffersoniens, dont le centre politique était l'État de Virginie, tandis que la force des Fédéralistes se trouva surtout dans les États de la Nouvelle Angleterre et la Pennsylvanie. Le commerce occupé de relations extérieures et les Puritains avec leur discipline religieuse se trouvaient plutôt du côté des Hamiltoniens, tandis que les Jeffersoniens représentaient la démocratie locale, l'idée que le gouvernement central est à peine nécessaire, que le peuple ne ferait pas de mal si on le laissait tranquille, que celui qui résiste à l'autorité est, en principe, justifié à le faire, parce que l'autorité est de principe tyrannique, et qu'un pays, oi^i chaque corps local dans sa propre sphère locale, « est entravé le moins possible par un pouvoir extérieur se rapproche le
LE PllESlDEXT WILSON
plus de l'idéal d'un peuple véritablement libre », enfin que, moins on a aiiaire à TÉtat, moins a fortiori on a atïaire à une autorité envabissante. Jefï'erson avait fait pénétrer cette idée dans fesprit de ses compatriotes avec tant de force et tant de foi personnelle qu'il devint aux yeux de la génération suivante une sorte de symbole de la défense de la liberté générale. D'ailleurs, aux Révolutionnaires français il avait emprunté des idées sur la simplicité gouvernementale et il condamna le cérémonial dont Washington avait entouré la première magistrature.
Bien que la Nouvelle Angleterre fût, sur certains points, grâce surtout à l'absence de l'esclavage, la partie la plus démocratique des États-Unis, elle étaitle centre du Fédéralisme. Ses ariliateurs et ses négociants désiraient avant tout un gouvernement central assez fort pour faire aboutir un traité de commerce avec l'Angleterre restée encore sous le régime protecteur. Les intérêts industriels aussi avaient déjà commencé d'influencer la politique. Néanmoins, malgré tous les avantages que leur donnaient leur ricfiesse, leur intelligence et leurs habitudes de coopération, ils furent vaincus par les masses des agriculteurs, et la disparition du parti fédéraUste entre I8I0 et 1820 laissâtes Jeffersoniens maîtres du terrain. C'est des divisions] entre ceux qui s'étaient réunis pour élire Monro( en 1820 que datent la création, de nouveau, des partis parlementaires. L'un de ces partis sous le nom
de Démocrates revenait aux principes des Jeffersoniens, se faisait champion des droits des Etats et, soutenu surtout par les États du Sud et parles intérêts agricoles en général, favorisait les idées du libre échange. L'autre parti, qui adopta d'abord le titre de Républicains nationaux et, plus tard, celui de « whigs », adoptâtes idées fédéralistes en faveur d'un tarif protectionniste pour l'industrie. Il y avait aussi une question qui divisait les Américains profondément. C'était celle de l'esclavage. Le territoire de Missouri en 1819 demanda à être admis dans l'Union. Une lutte s'engagea au Congrès pour décider si l'esclavage était admissible dans ce territoire. Le Congrès se trouvait divisé sur ce sujet à peu près dans ce sens que tous les membres du Nord votèrent contre l'esclavage, ceux du Sud en sa faveur. Un compromis permit l'existence de Fesclavage dans le Missouri, mais l'interdit pour l'avenir au Nord du 36°30' de latitude. Ce compromis n'écarta le danger que provisoirement. Jusqu'en 1841 on avait admis de nouveaux États par groupes de deux, un État esclavagiste contrebalançant un Étatlibertiste, mais les territoires dans lesquels les populations s'augmentaient le plus étaient tous au Nord du 36^30'. L'équilibre entre les États esclavagistes et les États libertistes menaçait bientôt d'être rompu. La crainte, dans le Sud, de lois contraires à l'esclavage et le progrès des idées abolitionnistes dans le Nord rendaient la question de l'esclavage vitale pour le peuple des États-Unis.
T. Barclay. — Le Président Wilson. 3
34 l'E PRÉSIDENT WILSON
Un jugement rendu par la Gour Suprême, au début de 1857, au sujet de l'esclave Dred Scott posa le principe que le Congres n'avait pas le droit d'interdire Fesclavage et qu'un propriétaire d'esclaves pouvait emmener ses esclaves avec lui partout où il voulait, puisqu'ils étaient sa propriété comme tout autre objet qui lui appartenait, et que la Constitution lui en garantissait la possession. Cette décision judiciaire fut suivie par la consolidation effective du nouveau parti qui, en 1836, prit le nom de Républicain tout court. En 1861, grâce aux indécisions et divisions des Démocrates sur le cboix d'un candidat à la présidence, les Républicains réussissaient à faire triompher l'élection d'Abraham Lincoln. On sait comment cette élection fut suivie par la sécession de onze Ëtats esclavagistes. On sait comment le parti Républicain, pendant toute la durée de la guerre civile qui suivit cette sécession, fut le défenseur de l'Union et de l'autorité fédérale. Quand la guerre fut terminée, il n'avait survécu que peu du vieux parti Démocrate, mais ce qu'il y en avait resta toujours défenseur des droits des États contre les empiétements de l'autorité fédérale.
Formé pour résister à l'extension de l'esclavage et plus tard pour l'abolir, forcé par les circonstances à étendre l'autorité centrale plus qu'on n'y avait jamais songé auparavant, le parti Républicain, fait remarquer Bryce, avait maintenant épuisé son programme et accompli sa mission. Le but qu'il
s'était proposé au début était atteint, et il ne l'avait pas remplacé par des idées nouvelles. « Bien que des problèmes nouveaux fussent nés, le parti n'y proposait aucune solution. De même, le parti Démocrate avait rempli sa mission en défendant les droits des États du Sud et en critiquant les excès du pouvoir exécutif, mais il avait, lui aussi, évité d'attaquer de front les questions nouvelles qui avaient commencé de surgir depuis la guerre, et même des questions plus anciennes qui reparaissaient au-dessus des flots de la guerre maintenant rentrés dans leur lit. »
Un demi-siècle est passé depuis la guerre civile. Les deux partis se sont maintenus l'un en face de l'autre, ayant toujours conservé les vieilles tendances : d'un côte, les Républicains penchant vers la centralisation du pouvoir que défendit Hamilton, de Tautre, les Démocrates maintenant le principe que chaque État a droit au maximum de l'indépendance compatible avec la défense nationale.
Ce n'est qu'en 1884 que les Démocrates ont pu revenir au pouvoir, lors de l'élection de M. Gleveland. Après une période de reprise Républicaine de 1888 à 1892, il fut réélu pour une nouvelle période. Puis de i896jusqu'à l'élection de M. Wilson en 1912, les Républicains étaient restés au pouvoir.
Lors de la premiëre élection de M. Wilson il y a eu une scission dans le parti Républicain, M. Roosevelt s'étant porté comme candidat progressiste. Si je comprends bien la différence entre M. Roosevelt et M. Taft, dont il s'est séparé, c'est plutôt au point de vue de Faction dirigeante présidentielle qu'au point de vue des idées politiques, qu'ils ne s'entendent pas. M. Taft était un président qui fuyait plutôt qu'il ne cherchait des responsabilités agissantes. M. Roosevelt comme président les avait acceptées carrément. M. Taft était et voulait être un président « constitutionnel », comme le veulent les lois constitutives françaises. M. Roosevelt interprétait les lois constitutives des États-Unis autrement. Élève de Hamilton, pragmatique et énergique, il voulait enlever Topinion publique au lieu d'en être le serviteur. Pour lui le public est un grand enfant qui ne demande qu'à suivre un maître résolu, actif et expérimenté. D'ailleurs, selon lui, ce fut pour cet objet que la Constitution accorda au Président quatre ans de pouvoir absolu. Celui qui n'accepte pas les obligations que ce pouvoir entraîne, d'après lui, en fausse le sens.
L'élection de 1912 aurait donné une majorité considérable aux Républicains, si cette scission ne les avait pas divisés. L'élection de 1916, au contraire, a donné à M. Wilson une majorité absolue considérable.
Les différences de parti, grâce à l'avènement de
trois nouveaux groupes politiques, les Socialistes, les Socialistes travaillistes et les Prohibitionnistes, avaient déjà dû commencer à se prononcer et se définir plus clairement, mais l'entrée dans la guerre actuelle des États-Unis menace maintenant de submerger complètement la plus grande des divergences entre Républicains et Démocrates, Quand, dans l'affaire du Venezuela, M. Gleveland prit une attitude qui aurait pu amener des complications internationales, cette attitude en ce qui concerne la situation intérieure des États-Unis ne comporta aucun changement de principes. On pouvait encore rester fidèle aux traditions Jeffersoniennes. Aujourd'hui la situation extérieure des États-Unis est aussi étroitement liée à la situation intérieure que parmi les belligérants Européens. Les mêmes raisons d'État déterminent Faction de tous les gouvernements, surtout la même nécessité de protéger la masse de la population contre Faction de petites minorités intéressées. On voit aux États-Unis poindre un « nouveau départ » dans l'évolution des partis. De M. Wilson dépend la tournure que prendra celui des Démocrates.
NOTE
sur la doctrine de Monroe telle que la comprend M. Roosevelt.
M. Roosevelt dans son livre V Idéal américain (Paris, 1910, 1'"° éd., ann. 1897; explique avec sa verve habituelle sa manière de voir sur le principe posé par le Président Monroe dont il porte le nom.
(( Les Etats Unis, dit-il, ne devraient permettre à aucune des grandes puissances militaires de prendre de l'influence sur ce continent : ils ne devraient permettre à aucune de celles qui y ont des colonies, d'agrandir leurs possessions. Nous ne désirons pas nous mettre dans une situation qui nous forcera à imiter le système européen des armées nombreuses. Tout véritable patriote, tout homme ayant 1 habitude de la politique devrait songer au jour où, sur le continent américain, il n'y aura plus trace d'influence européenne. Actuellement, il n'est pas nécessaire déléver la prétention qu'aucune puissance européenne n'occupe une parcelle quelconque du territoire américain; mais cela deviendra nécessaire, si les partisans timides et égoïstes de « la paix à tout prix » prennent le dessus, et si les Etats-Unis ne réussissent pas à entraver dès le début les agrandissements européens sur ce continent.
« Il est donc important pour les Etats-Unis dempêcher le développement de colonies européennes dans 1 hémisphère occidental. Cela est également important pour tous les peuples de rhémisphérc occidental. En mettant