‹ Le pressoirChapitre 21 sur 91 · OEL · texte numérisé non relu

OEL

Excusez-moi, la jolie Reine; je vous prenais pour mon amante.

REINE

Eh bien! est-ce qu'elle nest pas au chantier, Suzanne?

NOËL

Elle y est venue, et je croyais la retrouver ici. C'est pourquoi je me permettais cette licence, en tout bien , tout honneur, de vouloir dérober un simple baiser. Et quand même , il n'y a pas grand mal . Reine, n'est-ce pas? Vous auriez bien pu me laisser faire : on ne se trompe pas toujours si agréablement.

REINE , qui s'est levée et qui ne l'écoute pas.

Quoi? Pardon; vous me parlez?

Ah 1 la petite coquette, qui fait celle qui n"entend pas ! Savezvous. Reine, que vous êtes tous les matins plus jolie que la veille, et que ça crève un peu le cœur à un jeune homme sur le point de se marier de voir que tant de belles roses fleurissent quand même dans le jardin des amours?

REINE

Ah î vous allez recommencer vos fadaises ? Qu'est-ce que vous venez donc faire ici ?

NOËL, montrant Valentin.

Eh bien ! qu'est-ce qu'il y fait , lui , je vous le demande ?

REINE

Vous voyez ! Il se repose. Faites-en autant si le cœur vous en dit, je ne vous dérangerai pas.

NOËL

Savoir! Vous craignez Suzanne... mais si je voulais...

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