CHAPITRE IX
Après un séjour de vingt mois dans le Dauphiné, Jean- Jacques Rousseau, âgé de cinquante-huit ans, revint à Paris à la fm de juin 1770 : il l'avait quitté en 1756. A ce retour^ il était à l'apogée de sa gloire. Ses livres étaient lus, dévorés par toutes les classes de la société, et les idées nouvelles qu'ils renfermaient agitaient les esprits et les cœurs, et déterminaient un mouvement réformateur inconnu jusque-là.
Aussi, sa présence dans la grande ville excita une curiosité extraordinaire. Chacun voulait voir le penseur illustre, l'entendre, lui parler, lui serrer la main, lui témoigner son admiration.
Mentionnant cette rentrée^ Bachaumont écrit à la date du l*^^ juillet :
« Jean-Jacques Rousseau s'est présenté, il y a quelques jours, au café de la Régence^ où il s'est bientôt attroupé un monde considérable. Il n'a pas paru effarouché de la multitude des spectateurs, et a mis beaucoup d'aménité dans sa conversation. Il n'est plus habillé en Arménien;
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il est vêtu comme tout le monde, proprement, mais simplement. »
Le but du philosophe, en rentrant à Paris, était de découvrir la conspiration qu'il croyait ourdie contre lui, d'arracher leur masque à ses ennemis, qu'il englobait sous la dénomination de « coterie holbachique », et de défendre énergiquement son donneur et sa mémoire. Son ouvrage fameux, les Confessions, était achevé, il y mettait la dernière main. Ne voulant pas le faire imprimer de son vivant, il désirait du moins le faire connaître à quelques intimes et dans certaines sociétés, de façon à ce que l'opinion fût instruite et saisie de sa défense.
Le bruit qu'il avait terminé ce livre s'était répandu rapidement, et, dans la société éclairée, c'était à qui aurait connaissance du manuscrit. De grands personnages, des femmes de la Cour et du monde, des princes, des rois même s'en inquiétèrent. Les uns, alarmés, voulaient savoir comment ils étaient traités dans ces pages ; les autres s'en préoccupaient par intérêt pour Jean-Jacques; le plus grand nombre était poussé par la curiosité. Le roi de Suède obtint communication du précieux travail, mais ce ne fut pas sans peine, et il fallut l'intervention pressante de Rulhière.
Parmi les personnes qui eurent le manuscrit, ou une partie du manuscrit entre leurs mains, il faut citer encore ]y|me Nadaillac, abbesse de Gomerfontaine^, près Trye- Château (Oise). En effets le 20 septembre 1770, Rousseau lui écrivait, en la priant de lui faire parvenir « par une voie sûre le cahier des Confessions dont », dit-il, « vous avez bien voulu être le dépositaire et que j'ai besoin de revoir en ce moment ».
Quand l'ouvrage fut tout à fait au point, le grand écrivain songea à mettre son plan à exécution, à en donner quelques lectures. Ces lectures des Confessions par l'au-
leur lui-même eurent beaucoup de retentissement, et, sous ce rapport^ le but de Rousseau fut atteint. En elles-mêmes, d'ailleurs, elles constituent un événement littéraire et philosophique d'une importance et d'un intérêt exceptionnels ; aussi, nous tenons à faire connaître ici les documents qui s'y rapportent et que nous croyons grouper pour la première fois.
Trois lectures des Confessions sont connues : elles eurent lieu pendant l'hiver de 1770 à 1771 et avant la fin d'avril de cette dernière année.
L'une d'elles fut faite chez le comte d'Egmont, qui y assista, ainsi que la comtesse sa femme, et que le prince de Pignatelli, la marquise de Mesme et le marquis de Juigné. Rousseau consacre à cette lecture les dernières lignes de son immortel ouvrage. « J'achevai ainsi ma lecture », ditil, « et tout le monde se tut. M""^ d'Egmont fut la seule qui me parut émue : elle tressaillit visiblement, mais elle se remit bien vite et garda le silence, ainsi que toute la compagnie. Tel fut le fruit que je tirai de cette lecture et de ma déclaration. »
La comtesse d'Egmont, fille du maréchal de Richelieu, était une femme d'une grande séduction : M""^ du Deffand, dont la plume est si cruelle d'habitude, ne peut s'empêcher de lui rendre hommage. Elle ne perdit rien en manifestant son émotion devant Jean-Jacques. Il a suffi d'une ligne au philosophe pour immortaliser son souvenir.
« Tel fut le fruit que je tirai de cette lecture et de ma déclaration. « Quelle était cette déclaration dont Rousseau parle ici? C'était une sorte de petit discours préliminaire qu'il avait préparé et qu'il lut tout d'abord à son aristocratique auditoire. Le texte de ce discours, longtemps inconnu, a été retrouvé, et nous en devons la découverte
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à M. Streickeisen-Moultou. Jean-Jacques expose là les motifs qui l'ont engagé à faire connaître ses Mémoires : un curieux passage est celui où il prie les dames présentes de ne point se scandaliser de certaines pages scabreuses du récit de son orageuse existence.
Voici cette intéressante déclaration, presque ignorée du grand public; à notre avis, elle devrait figurer en tête de toutes les éditions des Confessions :
« Il m'importe que les détails de ma vie soient connus de quelqu'un qui aime la justice et la vérité, et qui soit assez jeune pour devoir naturellement me survivre. Après de longues incertitudes, je me détermine à verser les secrets de mon cœur dans le nombre petite mais choisi^ d'hommes de bien qui m'écoutent. Je leur ferai mes confessions, je les prie d'en recevoir le dépôt dans leur mémoire, sans autre condition que d'en user durant ma vie pour vérifier, dans les occasions^ ce que je leur aurai dit, et pour rendre, après ma mort, la justice qu'ils croiront devoir à ma mémoire, sans faveur et sans partialité.
« J'entrepris, il y a dix ans, d'écrire mes confessions,^ dans toute la rigueur du terme. Après avoir poussé l'exécution de cette entreprise assez loin, je me suis vu forcé d'y renoncer ou du moins de la suspendre; mais ce qui est fait suffit pour qu'on puisse porter un jugement éclairé et de moi et des gens à qui j'ai eu affaire, car, malheureusement, avec mes confessions, je suis forcé de faire celles d'autrui, sans quoi on n'entendrait pas les miennes : cet inconvénient m'avait fait prendre des mesures pour que mes Mémoires ne fussent vus que longtemps après ma mort et après celle des gens qui peuvent y prendre intérêt. Mes malheurs ont rendu ces mesures insuffisantes, et il ne reste d'autres moyens sûrs pour conserver mon dépôt que de le placer dans des cœurs vertueux et honnêtes, qui en conservent le souvenir.
« Il serait important, pour bien juger de ma conduite, de connaître à fond mon tempérament, mon naturel, mon caractère, qui, par une singularité de la nature, ne ressemblent point à ceux des autres hommes, s'obstinant à juger de tous mes motifs par ceux qui les auraient déterminés eux-mêmes; en pareil cas, ils se sont toujours trompés dans l'interprétation de mes vues. Mais ces détails, qu'il faudrait reprendre depuis ma première enfance, sont trop étendus pour pouvoir être faits en un jour. Et il m'importe de commencer par ce que j'ai à dire de plus essentiel, afin que, s'il survenait des obstacles à d'autres séances, le fruit de celle-ci ne fût pas perdu. Je me bornerai donc, Messieurs, à vous faire aujourd'hui le narré fidèle de tout ce qui m'est arrivé et, si j'ose ainsi parler, l'histoire de mon âme depuis mon entrée en France jusqu'à mon départ de Montmorency, lors du décret rendu contre moi, sauf à revenir dans l'occasion à la partie que je suis forcé d'omettre, si vous n'êtes pas trop ennuyés de celle-ci.
« Je vous conjure. Messieurs, de vouloir m'écouter avec une attention digne, non de l'importance des choses que j'ai à vous dire, et qui par elles-mêmes n'en méritent ^uère, mais de l'emploi dont j'ose vous charger; emploi le plus noble que des mortels puissent remplir sur la terre, puisqu'il s'agit de décider, pour toute la postérité, si mon nom, qui doit vivre, y doit passer avec opprobre ou avec gloire. On a pris les mesures les plus étonnantes pour me cacher à jamais et mes vils accusateurs, et leurs sourdes impostures, qu'ils rendront publiques sitôt que je ne vivrai plus. Sentant leurs secrètes atteintes, sans voir ni l'instrument, ni la main qui le porte, quel moyen de me défendre, ne sachant ni par qui, ni de quoi je suis accusé? Un seul, c'est d'exposer naïvement et fidèlement le bien, le mal et tous les détails de ma vie, et de laisser ensuite comparer et juger. Vous êtes les premiers, vous
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serez probablement les seuls à qui j'aurai fait ce récit, les seuls par conséquent qui, ayant entendu les deux parties^ serez juges compétents de la vérité.
(( Je prie les dames qui ont la bonté de m'écouter de vouloir bien songer qu'on ne peut se charger de la fonction de confesseur sans s'exposer aux inconvénients qui en sont inséparables, et que, dans cet austère et sublime emploi, c'est au cœur à purifier les oreilles. Pour moi, je me suis mis dans la nécessité de remplir fidèlement le mien, qui n'est pas seulement d'être toujours fidèle etvrai,^ mais encore de vaincre la honte et de la sacrifier à la vérité. »
Il est à présumer que plusieurs séances (à cause des dames surtout) furent consacrées à la lecture qui fut faite chez le comte d'Egmont^ Quant aux autres lectures, elles eurent lieu en une seule séance^ comme nous le verrons plus loin.
Ce fut chez le marquis de Pezay, auteur de poésies légères qui ne sont point tout à fait oubliées, que Rousseau fit une autre lecture. Une société d'hommes de lettres seulement y assistait. Outre le maître de la maison, elle comprenait Dussaulx, Dorat^ Barbier de Neuville et Le Mierre.
Nous possédons trois relations à ce propos, Fune de Dussaulx, l'autre du poète Dorât, la troisième enfin du comte de Barruel-Beauvert, qui probablement tenait les détails de la bouche de Le Mierre. Nous allons passer en revue ces trois documents. Il existe une quatrième relation, due à Mercier, l'auteur du Tableau de Paris, mais elle ne fait guère que reproduire celle de Barruel-Beauvert; c'est pourquoi nous nous contentons de la mentionner.
* Voir, à l'Appendice I, une note intéressante au sujet de cette lecture.
Commençons par les souvenirs de Dussaulx, qui présentent un vif intérêt.
« Ce n'était pas », dit-il, « une petite affaire que d'arrêter la liste de ceux que Rousseau consentirait à admettre.
« — Yous le voulez, me dit-il; eh bien, faisons cette liste, et mettez votre nom le premier.
« Je lui proposai plusieurs noms de personnages très célèbres; il les rejeta.
« — Je vous avertis que je n'entends pas qu'il y ait à cette lecture plus de huit personnes, moi compris...
« La liste fut enfin arrêtée : Dorât, Pezay, Barbier de Neuville, Le Mierre y furent inscrits. A six heures du matin, tous les élus se trouvèrent au rendez-vous, chez: M. de Pezay. Rousseau y était arrivé le premier. Cette séance, la plus longue peut-être qu'offrent les fastes littéraires de tous les temps, dura dix-sept heures, et ne fut interrompue que par deux repas fort courts.
« Pendant cette lecture, la voix de Rousseau ne faiblit pas un seul instant : c'est que son plus grand intérêt, celui de sa gloire, l'animait et renouvelait ses forces. Ce qui n'est pas moins remarquable, l'attention des visiteurs, par une cause différente, se soutint jusqu'à la fm; et cette cause, dont ils ne convinrent pas, c'était l'amour-propre flatté d'une telle préférence.
« Nous étions, en effet, si contents d'être là, au vu et au su de tous les aspirants, que nous ne voulions pas perdre un seul mot, pour avoir le plaisir d'en parler. On était tout yeux, tout oreilles ; on s'extasiait, on se pâmait à chaque ligne. Il en faut convenir, ces Confessions^ plus qu'indiscrètes, nous offraient néanmoins par intervalles des pages ravissantes.
« Quand il en fat à l'article du sacrifice de ses enfants^ le pas était difficile à franchir. Il s'arrêta, nous regarda d'un air interrogateur... Tout le monde baissa les yeux.
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« — N'avez-vous rien à m'objecter?
(( On ne lui répondit que par un morne silence.
« Rousseau^ qui avait vu notre détresse, et la douleur empreinte sur nos visages, avant d'aller dîner, et après s'être un moment recueilli, nous apostropha en ces termes :
(( — Hommes justes! vous ne devez pas méjuger sans m'avoir entendu : écoutez donc, sur ce qui concerne ma conduite à l'égard de mes enfants, une défense consciencieuse, et que j'ai déposée dans le sein d'un homme vertueux.
« Il parle : de moments en moments, nos fronts s'éclaircissent. Nous regrettions presque de l'avoir affligé; tant il est vrai que l'éloquence, quand elle est transcendante €omme la sienne, est un glaive à double tranchant, et qui vient à bout de tout, du vrai comme du faux !
(( Il eut lieu d'être content de sa défense. Quelques-uns de nous lui prirent les mains, les baisèrent^, et tâchèrent de le consoler. Il pleura; nous pleurâmes tous à chaudes larmes. »
Qui ne comprendrait cette émotion, en présence d'un homme qui révèle ses faiblesses, ses fautes, et se frappe la poitrine avec repentir! Quand on se rappelle certaines pages des Confessions^ la scène dut plus d'une fois être attendrissante, et nous nous expliquons l'admirable lettre que Dorât écrivit à une femme qu'il aimait, aussitôt après cette lecture : nous la donnerons plus loin. Revenons à Dussaulx.
(( Rien », poursuit-il, « n'est à négliger dans un pareil récit. J'ai oublié de vous dire que Rousseau, avant de commencer la lecture, tira de sa poche deux ou trois pages qu'il avait écrites pour se concilier notre bienveillance et €apter notre attention. Précaution dont il se serait dispensé, s'il avait mieux connu notre faible : n'importe, elle produisit son effet.
« — Un tempérament timide, nous dit-il, ne peut se refondre. Dans toutes les situations de ma vie, le mien me subjugua toujours : soit forcé de parler au milieu d'un cercle, soit tête à tête, agacé par une femme railleuse, soit avili dans la confrontation d'un impudent, mon trouble est toujours le même, et le courage que je sens au fond de mon cœur refuse de se montrer sur ma contenance; je ne sais ni parler, ni répondre; je n'ai jamais su trouver qu'après coup la chose que j'avais à dire et le mot qu'il fallait employer. Urbain Grandier, dans le même cas que moi, avait l'assurance et la facilité qui me manquent, et il périt. J'aurais tort d'espérer une meilleure destinée. »
Dussaulx achève le passage consacré à la lecture des Confessions par ces lignes :
« M. de Malesherbes, qui me croyait plus de crédit que je n'en avais, vint me prier d'engager Jean-Jacques à supprimer quelques anecdotes capables de déshonorer des familles entières.
« — Ce qui est écrit est écrit, me répondit-il; je ne supprimerai rien. Qu'on se rassure, néanmoins, mes Confessions ne paraîtront qu'après ma mort, et même après celle du dernier de ceux que j'y ai mentionnés; mais elles paraîtront un jour, ce mot est irrévocable ! »
Nous rappellerons, à la fin de ce chapitre, dans quelles circonstances le livre fameux fut publié.
Voici maintenant la relation du poète Dorât. En rentrant chez lui, à trois heures du matin^ l'auteur des Baisers, sous le charme de l'œuvre puissante de Rousseau, écrivit à son amie la lettre suivante, qui ne fut connue qu'en 1778 et ne fut guère publiée depuis. C'est une pièce documentaire de première importance :
« A 3 heures après minuit.
« Je rentre chez moi, Madame, ivre de plaisir et d'admi-
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ration. Je complais sur une séance de huit heures, elle en a duré quatorze ou quinze : nous nous sommes assemblés à six heures du matin, et nous nous séparons à l'instant, sans qu'il y ait eu d'intervalle à la lecture que ceux du repas, dont les instants, quoique rapides, nous ont paru trop longs.
« Ce sont les Mémoires de sa vie que Rousseau nous a lus. Quel ouvrage! Comme il s'y peint, et comme on aime à l'y reconnaître! Il y avoue ses bonnes qualités avec un orgueil bien noble, et ses défauts avec une franchise plus noble encore. Il nous a arraché des larmes par le tableau pathétique de ses malheurs et de ses faiblesses, de sa confiance payée d'ingratitude, de tous les orages de son cœur sensible, tant de fois blessé par la main caressante de l'hypocrisie, surtout de ces passions si douces qui plaisent encore à l'âme qu'elles rendent infortunée.
a J'ai pleuré de bon cœur; je me faisais une volupté secrète de vous offrir ces larmes d'attendrissement auxquelles ma situation actuelle a peut-être autant de part que ce que j'entendais. Le bon Jean-Jacques, dans ces Mémoires divins, fait d'une femme qu'il a adorée^ un portrait si enchanteur, si aimable, d'un coloris si frais et si tendre, que j'ai cru vous y reconnaître : je jouissais de cette délicieuse ressemblance, et ce plaisir était pour moi seul. Quand on aime, on a mille jouissances que les indifférents ne soupçonnent même pas, et pour lesquelles les témoins disparaissent.
(( Mais ne mêlons rien de moi à tout cela, afin de vous intéresser davantage. L'écrit dont je vous parle est vraiment un chef-d'œuvre de génie, de simplicité, de candeur et de courage. Que de géants changés en nains! Que d'hommes obscurs et vertueux rétablis dans tous leurs
1 Mme d'Houdetot.
'droits, et vengés à jamais des méchants par le seul suffrage d'un honnête homme !
(( Tout le monde y est nommé. On na pas fait le moindre bien à F auteur qui ne soit consacré dans son livre ; mais aussi démasque-t-il avec la même vérité tous les charlatans dont ce siècle abonde.
a Je m'étends sur tout cela, Madame, parce que j'ai lu dans votre âme bienfaisante, délicate et noble; parce que vous aimez Rousseau; parce que vous êtes digne de l'admirer ; enfin, parce que je me reprocherais de vous cacher une seule des impressions douces et honnêtes que mon cœur éprouve.
« Trois heures sonnent, et je ne m'arrache qu'avec peine au plaisir de m'entretenir avec vous : mais je vous ai offert ma première et ma dernière pensée, j'ai entendu la confession d'un sage ; ma journée n'est point perdue.
(( Je suis, etc.