‹ Le prestige de Jean-Jacques Rousseau, souvenirs, documents, anecdotesChapitre 39 sur 49 · PLANCHE IX · texte numérisé non relu

PLANCHE IX

.Xî ÈHOYiÂdi^^^ ^"^is de Rousseau, pour que nous

M relief un acte qui est à sa louange iuant, je me rappelle une visite qac je ns au vembre 1897, au cimetière du PIessis-Belleville, ^ii^ i Oibe : c'est là que Thérèse dort son dernier sommeil! On me montra, sous des sapins, la place où elle est enterrée, et je me découvris, songeant que cette pauvre i^mme avait été la compagne d un homme de génie, du père de la Révolution française, qu'elle avait égayé sa jeunesse, l'avait soigné cor». , ...cément dans ses souffrances a s*îs infirmités, et, s .ivoir sans doute, avait pris

l^fiîce dans l'histoire de l'esprit humain ^

Au mois d'octobre 1908, une pierre tombale, en hauteur,, fut placée, dans le cimetière du Plessis-Belleville, à la place où repose Thérèse Levasseur. Le Comité du ritionument d'f^rmenonville en Thonneur de Rousseau, monumont inauguré le 18 octobre, avait pris l'initiative de cet ^'iommage à sa veuve. Sur fa pierre sont gravés ces mots : Ci~gn la dépou' :le Thérèse Levasseur^ compagnie

de J -J. Rousseau, u.c. u OrUmis le ^'2 septembre il^j, dérédée au Plessis-^Believille, 17 juillet iSOi.

ost pas îe mot : compagne qu'ii fallait inscrire sur ^<iiic tombe, lî. \^y^oi\ femme de -J.Rousseau.

C'est dans - parla la Constituante dans son

^^"^^'^^ ^i^bre 1790. iiriicle II, ainsi conçu :

Mane- Thérèse I^t ■ euve de J.-J, Rousseau, sera

mmrie aux dépens de t Ltat, A , cet effet, il lui sera payé annuellement, des fonds du Trésor public, une som)ne de fMH) livres, f.a Convention paria de même dans son décret li avril 179 :

' inm espéronc. <iul ceUe oi rcur sera réparée bientôt, et sur le mmisob^e de Thérèse, on effacera une locution e conformera à la vérité de l'histoi.

*ilUAa88UOH gaUQDAl-VlAal

.io^^O : rudiiisH .CYTI .^ .ivobuo'fi. : eônyis .ssnoid ao diisui&i8 .9l .'fi. KOi\asiioO — .aJibàni aoài^

Le mariage de Rousseau est un fait avéré, devant lequel toujours les pouvoirs publics, même celui de Louis XVI, se sont inclinés. Il convient à tous, et surtout aux amis de Jean- Jacques, de le respecter aujourd'hui comme autrefois.

En 1819, l'éditeur Petitain, qui s'apprêtait à publier à Paris une édition des œuvres de Rousseau, fit une sorte d'enquête afin de s'entourer de renseignements inédits sur le philosophe. Il écrivit justement aux administrateurs des hospices de Paris, au sujet de la publication des Consolations des misères de ma vie; il voulait savoir exactement ce qui s'était passé. Sa lettre, en date du 7 janvier 1819, ratifie l'affirmation de M. Benoist dans son prospectus d'août 1780, c'est-à-dire que Rousseau, avant de mourir, avait désiré la publication de sa musique au bénéfice des Enfants-Trouvés.

(( Messieurs », dit M. Petitain, « excusez si j'entreprends de vous détourner de vos importants travaux, pour vous occuper d'un objet qui semble n'être que de pure curiosité. Peut-être penserez-vous, comme moi, qu'il se rattache à une vue de justice et d'humanité, qui n'est rien moins qu'indifférente pour la mémoire d'un écrivain célèbre, et sous ce rapport, vous pourrez ne pas le juger indigne de quelques moments d'attention.

(( Je me suis chargé de donner mes soins à une édition nouvelle des œuvres de Jean-Jacques Rousseau, et j'y dois joindre des notes historiques, propres à donner sur sa personne et ses écrits tous les éclaircissements nécessaires. Faire ressortir tout ce qui peut honorer sa mémoire, ou affaiblir au moins les impressions fâcheuses résultant de ses fautes, entre dans mon devoir d'éditeur, et je veux m'en acquitter pleinement. )i

M. Petitain arrive à la question de la musique posthume

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de Rousseau, il rappelle les vues de M. Benoist, la publication, son but, et écrit :

« Il importerait beaucoup de savoir positivement ce qui en est résulté pour l'hôpital (des Enfants-Trouvés), et les lecteurs de mon édition ne l'apprendront certainement pas sans intérêt. Ce ne sera pas sans doute à leurs yeux plus qu'aux miens et aux vôtres, Messieurs, une réparation d'une grande faute, mais un moyen quelconque d'atténuation^ qu'il me sera d'autant plus permis de faire valoir pour la mémoire de Rousseau, qu'on peut bien assurer qu'en cela l'éditeur de sa musique n'a fait que se conformer à ses intentions. J'en ai des preuves certaines qu'il serait trop long

ICI DE vous FAIRE CONNAITRE. »

Yoilà des paroles catégoriques qui prouvent quel fut le repentir de Rousseau. Les administrateurs des hospices de Paris répondirent à M. Petitain^ et lui donnèrent le& renseignements qu'il sollicitait.

Nous avons mis en relief les pièces essentielles du dossier de l'Assistance publique.

Elles apportent un rayon de lumière sur l'histoire de Rousseau et de ses œuvres. C'est un document que nous jetons dans le débat qui s'agite toujours autour de cette grande et immortelle mémoire.

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