XXIV. ^ Dfux éfiuidards
Ii36. Personne ne peut servir ileujr maîtres. (.Mal. vi, 2i.) — Or deux ronquéranls se disputent l'empire du monde, l'un est le démon ; l'autre, .lésus-(;iirisl. C'est entre l'un et l'autre que nous avons nécessairement à clioisir. El afin d'éclairer votre choix, nous allons vous les taire connaître.
ii'M. 1. Le démon. !« Ce qu'il est. Un ange déchu. Tout enivré des dons de Dieu, il osa se révolter contre lui. .Mors un grand combat eut lieu dans le ciel. Saint Michel, revêtu de la puissance divine, s'arma contre ce rebelle ; et, avec celle seule parole : Qui est comme IHeui il le précipita dans l'éternel abîme, (-elui qui, avant sa chute, brillait comme un astre est devenu noir comme un charbon. 1-e démon, c'est donc un trailre à Dieu, un scélérat justement puni et impénitent.
Toutefois, même après sa di.<;grâce, il garde encore une grande jniissance. Noire-Seigneur l'appelle le prince de ce monde. Il emploie son iniluence de mort à détruire le règne de Dieu en perdant les Ames; il veut se venger contre son (Iréaleur des justes tourments qu'il subit ; il sait d'ailleurs que les Ames saintes sont destmées à occu[»er les trônes, d'où il a été précipité avec les compagnons »le sa révolte, et dans sa noire jalousie, il tente tout {(our nous fermer le ciel. Semblable à un lion rugissant, il rode autour de nous cherchant à nous dévorer.
ii;i8. — 2" Ses aides. Il a pour l'aider «lans son oeuvre de destruction: {) le monde. Ce sont des /tréjuf/és, des ma.rimes fausses que Satan luimême a répandus parmi les hommes : Il faut que jeunesse se passe. Heureux ceux qui ont de grands biens! Le bonheur, c'est le plaisir. Voilà les maximes du siècle. Le monde a des fêtes où il met en pratique ces maximes. Ces fêtf's. en réalité cruelles comme des épines, s'olTrent riantes comme des Heurs. Les esclaves du monde nous v entraînent. Venec, disent-ils, enivrons-nous, jouissons de fous les biens; ra r demain peut -t^tre il faudra mourir (2).
(I) Ce sujet convient à la cérémonie de la rénovation des vœux, soit au soir de la première communion, soit dans une mission.
ii) Le monde, c'est l'ennemi de Jé8us-Ct)rist Je ne prie pas pour le monde, a dit le divin Sauveur. Le monde est un excommunié pour lequel on ne prie pas même le Vendredi Saint Si un prôire allant célébrer lii samle messe, quand vous vuus recimmandez à SCS pnîres, tuu^ r^^ponda t qu'il n'en fera rien, ce serait lu marque d'une grande aversion. C'est Nolré-Si-ign<ur, le pré'.re éternel, qui, i la veille de s'ufTrir au calvaire, déclare qu'il ne pne pas pour le monde.
Du tcmp« de l'empereur (iallirn, il y avait k l'armée un illustre chevalier nommé Marin, de la ville de Ccsarée, en Palestine. Ine place de cenlenier, charge fort honorable, venant A vaquer, il I ' - ', . comme lui revenant d'api^^; ' ' ' la puerie. Un autre gentilhomme qui ! le churg.', allège p')ur ses Marin ne
la peut exercer, parce qu'il u net qu'il n'a pa.s sacrifié aii\ , m Le juge
ciindarone donc Marin à sucnlier uu è perdre la charge à laquelle il prélen 1 et celle qu'il a déjÀ, et A étro lui-même tacriflé. il lui donne trois heures de délai pour diUibérer et se r>'.<*(iii(lrf à ce iiu'ij voulait faire. L'évéque de la ville, nommé Théotecnus, le condui! à lit: I se. ;iui!r> de l'tulcl. Là, il lui pié»enle, d'un cùié le livre de rKvungile, et de Iciiiirr cùic, une iy'v. Choisissez, lui dilil, il faut l'un ou l'au're • " " ' ' ■ pour les vérités contenues dans ce livre, ou vivreelétre élevée l'oltice que v< / Le
saint mditaire se tourne vers l'Evangile, le prend avec grando afl'iclion, !< ' gne
de SCS larmes, le presse contre » >n cœr avec des tendresse.'' et de» sei l 'été
qui ne se ucuveot exprimer; il va taire profession de sa foi et reç'">ii «do
martyre. M. r., je ne suis pas évéque, mais je suis ici de la part de iiwii.->v>tMeur,
488 SFRMONS DE MISSIONS
î) Notre nature est un ennemi dans la place, nui s'apprête h la livrer au démon. Les maximes «lu mon,(le tnnivont un lalnl êrhd dans la solT du bien-i'trequi nous dt-vure. Notre sensualitt' tressaille, (|ii;ind on lui parle de fêles.
li'M). 3" Ses sucrés. \^e démon, aidé du monde et do noire nature, ne réussit «pie trop, même après la rédemption. Onelle multitude innoudu'uhie il entraine à su suite! blasphéuiateurs. profanateurs du dimanche, impies rie toute sorte, voluptueux, etc., parents sans foi, enfants rebelles, femmes vaincs, jeunesse légère : esclaves «le Satan.
iiU).' l" (Jitelle solfte tlonne-f-i/ à ce vil troupeau? 11 promet des plaisirs, mais ceux de la brûle : et il ne donne en ce monde «pie le déshonneur, le remiirds, la prison, lécbafaud. Interrogez ses esclaves, interrogez-vous vousnu'^mes. (Juaml vous vous éles rangés sous son ign(d)le drapeau, avez vous trouvé le bonheur ? Interrogez les faits.
liil. 5" Où les mène-t-il ? Son royaume est celui de la mort; l'enfer, voilA son empire. C'est là qu'il entraine celle foule, courbée sous son joug de fer el révollte contre Dieu. Kt mainlenanl. Ames chéries. voulez-VQus sous un tel chef courir après les plaisirs du monde, les honteuses convoitises des sens, en compagnie des libertins el de tout ce qu'il y. a de vil sur la terre, pour ne recueuhr qu'amertume, remords, honte, ici-bas. et par-delà la tombe, deslourmcnls sans fin ? Qui serait capable dune telle folie ! Disons donc tous: Je renonce à Salan; à ses pompes, c'est-à-dire aux fêtes du monde; à ses œuvres, c'est-à-dire aux salislaclions de la nature, et ajoutons:
iâli. II. Je m'attache à Jésus-Christ pom- toujours. 1" Jésus-Christ qu'estilf 1) C'est le créateur de toutes (.hoses ; rien n a été fait sans lui el par lui tout a été fait : donc tout lui appartient. 2) C'est le rédempteur des hommes: Vous actes point rachetés avec de l'or ou de l'argent : mais avec le
votre très digne prélat, et même de la part de celui que saint Pierre appelle l'évéqae de de nos âmes. Choisissez, vous êtes entre deux, vous pouvez choisir l'un ou l'autre, ou le monde, avec les félicites fausses et apparentes qu'il présente, ou le saint Evangile avec le royaume descieux, la jouissance de Dieu, la possession éternelle de toute xorte de b>ens qu'il promet, il y a deux partis f^ur la terre qui ont une opposition infinie : le parti du Fi s de Dieu et le iiarti du monde, Jérusalem et Babylnne, l'école des disciples de Jésus et celle des enfants du siècle. Ces deux partis ont des maximes, non seulement très différentes, mais directement et diamétralemenl opposées T^rtullien se moque des Ames sensuelles de son temps qui menaient une vit; mondaine Prenez, dit-il, tout ce qui peut donne un fnux éc'ai e l une rougeur empruntée à vos lèvres et à vos joues; cherchez les bains les plus di^licieux, qui sont ou dans les belles maisons de It campagne, ou sur le bord des mers les plu:» retnées et les plus calmes ; augmentez vjtre dépense, recherchez les viandes \e* plus délicates, ayez le vin le plus excellent, et lorsqu'on vous demandera pourquoi vous prenez ainsi tous les plaisirs de la vie : J'ai offensé Dieu, direz- vous: je suis en danger d'eue perdu élernellem. ni, c'est pourquoi je suis ea peine, je m'attlige et me tourmente poi r tâ<'her de me rimeitre bien avec Dieu que j'ai oflensé par mes crimes. Nous pouvon» dire de même à ceux qui aiment le inonde : Si on vous demande pourquoi vous faites b'inne chiure, pourquoi vous voulez vous élever an-des» us des autres, prendre part aux danses, aux théâtres, aux mauvaises lectures, étaler le luxe des vêlements, des meubles, des maisons, en donnant le moins possible aux pauvres et aux bonnes œuvres, oserez-vous répondre que c'est parce que vous êtes disciple, de Jésus-Christ "? t'ensez-vous que parce que vous n'êtes pas chartreux ni capucin, que vous soyez dispensés du commandement que son Père a fait de l'imiter? Il n'a pas dit : J'ai deux Fils, deux Messies, deux Sauveurs : en voilà un couronné d'épines, pour être le miroir des prêtre», des religieux, des pauvres ei des roturiers; en voilà un autre couronné de roses, pour être le modèle des séculiers, des nobles, des riches et des grands du monde. J ai deux Evangiles : l'un qui commande la pénitence, l'austérité, la vie parfaite ; l'ature qui permet un vie lôctie, délicieuse, imparfaite. Comme il n'y a qu'un Dieu, qu'un Jésus-Christ, qu'une Eglise, qu'une Foi, qu'un baptême ; il n'y a aussi qu'un Evantrile ; et tous les saints qui sont canonisés, qui font des miracles, que nous «lavons assurt'ment être sauvés, en ont suivi les maximes austères en quelque lieu et condition qu'ils aient été, môme les princes et les rois à la cour, comme >aint Henri, empereur ; saint Louis, en France; saint Léooold. en Espagne; saint Edouard, en Angleierre; saint Etienne, en Hongrie; saint Wmceslas, en Bohême, saint Casimir, en Pologne; sainte Elisabeth, en Portugal ; sainte Hedwige, en Silésie. Nous les louons, nous les invoquons, nous fcgnons de voul-ir alltr après eux, et nous suivons ane route toute contraire à celle qu'ils ont tenue. (Le Jeohe).
LnS DRUX ETENDARDS 489
iang préciewr de cet Agneau immaculé. I) est donc notre maître, puisque nous lui avons coulé si clicr. 3) (Test la perfection inlinie. on i\\\\ le l*ore céleste a mis tmilps ses i"oin{tlaisanres. Aussi, si vous tleniamlez aux Anjîos du ciel s'il UHM-ite de refîner sur les ctPiirs. ils répondront : // est digne, l'Agneau quia été immolé, de rerevoir fem/tire.
itiA. i'^ Son armée. Aussi, toul genou lléchil à son nom, 1) au ciel, les neuf rliipurs des anjips, les apôtres, les martyrs, les vierges ; 2) sur terre, IK^dise. ses pontifes, ses missionnaires, ses vierues, toul ce qu'il y a de c«i-urs généreux et purs dans toutes les conditions. O Israël, armée du Christ, que vos /»'///<'v ^nut belles ! Votre avant-garde est dans le sein rie Dieu, et votre ai i>' comprend tous ceux qui ne fléchissent pas le genou
aujourd i n) Satan : avancez triomphalement et régnez.
liii. > La solde qu'il donne h tous ceux qui sont à sa suite. 1) Pour ce monde.il ne promet que pénitence. Si quelqu'un veut venir après moi, dit-il. qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croiœ. Je suis venu apporter non la paiœ, mais le glaive. Comment les cœurs généreux le suivent-ils dans CCS conditions? Les A mes nobles se dé vouent au devoir malgré les sacrifices. Kt puis.tamlisque le démon, en promettant des plaisirs, ne donne (piamertmne, Jésus en invitant à Tahnégation. ne donne que consolation et bonheur véritable :/'re«ersMr vous mon joug, caril est suave et mon fardeau est légef, et vous trouvère: le repos de vos âmes. Jésus aide de sagràceceux »pii luttent pour lui. et ils s'écrient avec saint l*aul : Je surabonde de joie dans toutes mt- ' ' 'k;/m. Ksl-ce vrai?
I' le à ceux qui l'ont servi]; demandez-le à vous-mêmes, et aux
jours (If Nune ferveur. « J'ai vu beaucoup d'hommes dans ma vie, disait le curé d'.Xrs : j'en ai rencontré un grand nombre qui se repentaient de n'avoir pas servi Notrc-Seigneur, mais pas un qui se repentit de l'avoir servi. -» Ta il es en I .^i.t ricnce : Gustate et videte.
Iii.\. i( /;« l'autre monde, il promet le ciel (voir n» 1177), il se promet luiiiK'iiie. Demandez aux martvrss'il est Adèle dans ses promesses, et s'ils se repentent d'avoir vei"sé pour lui leur sang: et les mari vrs chantent : ^'ous avons pas-fê par le feu et par les eau.v des tribulations, et vous nous ave: conduirs dans un lieu de rafraù hissement {{).
Voulez-vous, à In suite de votre Créateur et de votre Rédempteur, de votre Dieu, la bonté infinie, en compagnie de tous les saints, recueillir en ce monde la |)aix <lu cœur, et en l'autre les ri«djesses, la félicité et la gloire de Dieu lui-même: ou aimez-vous mieux être condamnés en suivant le drapeau <lt' Natan, à vous écrier un jour avec, désespoir : Ergu erruvimus, nous nous
(Il « Cyneas, ambassadeur de Pyrrhus, cet ancien admirateur de la vieille Rome, s'éioonaii d'avoir vu dans celle ville maîtresse autant de rois, disait-il, que de sénateurs. M'' ' '^ 'U lout-puis.'ani nous appelé à un bien autre spectacle dont nous f I r , irne Dfiiis celte cour vrairoeni royale, d''ns cetlenalion élue, dans cei!' ^ , . une que Jésus a érigée par sa mort, je veux dire dans la saiDie I^Riise; je ne dis pas que nous y soyons Mutant de rois que dt- sénateurs, mais je dis que nous y dt-von-» éire amant de rois que de citoyens. Qui a jamais ouï parler d'une tpl'' >■ de rois que Jésus a ramassé par son sang, que Jésus «a: }| fait régner en réirnant sur eux, parce qu« servir
noiic .,.. >.,>,.,.... !^ , , . .r* Deo, regnare est. 0 royauté auguste du roi Sauveur,
qui partage sa couiunne avec les peuples qu'il a rachetée! <> mon vraiment glorieuse! 0 sanf? utilement répandu t () noble el magn tique ronijuéle ! Quelques louanges que nous donnion« aox victorieux, il ne lat.-se pas d'être véritable que les guerres et les conquêtes produisent toujours beaucoup plus d« larmes. quVIIes ne font naître de lauriers. Consn!'" : les Alexm ' ' ' is
les autres ravageurs de pi \*: [)ieu i'
sur la terre que dans SK fi. . . ., . jvec tou'es k i-
tiques «^loges. ne sont iciba» que pour troubler is paix du monde par leur ambition (ieitip-iirée. Ont-ils jamsis fait «ne guerre si jii«'e, «b ils n'aient opprimé une lotiniié d inni (i-nis-r I. ut le deuil < .^ veuves et desorpbelins. Ils
lri"ni|ilii>n' i|r iis et delà jue.
«Ah; '|ii'il (.1 . , r.,,r,., , , ,^ ,,,, ..... «saveur, qui sauve les
peuples parce qu'il itipte en m eux. Il n'>mpioie ni le
fer m le feu pour h ^ !>n par amou ii par bienfaits, par dM
attraits tout puissants, par des charmes loviocibie*. • iBi>»i>(;kT).
BommcsHonc Irompt's? Je propose nujoard'lnii devant vous la vie ou la mort, la bénédiclion ou la tnalédiflion. La vie. la bon^dicUon, si vous vous allarhe?. à .lésus-Cliiist : la mort et la malodi<lion, si vous vous faites les esclaves de Sahin (I).
12i(i. Choisissez donc la hénédielion. et dites : Je renonce A Satan, à ses poulpes, à ses ti'uvres ; je m'attache A J»'sus Christ pour toujours. Ces promesses, d'autres les firent pour vous sur les fonts sacrés du liaplôme. vous lesrenouveliUes au jour de votre première communion. Vous les avez oubliées peut-être; mais les anges les ont enregistrées ; tremblez (pi'elles ne servent à votre condamnation. Sovez-y donc désormais fidèles; n'avez-vous pas toujours été punis, quand vous les avez foulées aux pieds ? Henouvclezles h cette heure, et que désormais ni la vie ni la mort, ni les anges ni les hommes, que rien ne soit capable de vous séparer de la charité de Jésus- (':l.risl