JÉSUS-CHRIST
face delà grande, de l'éclatante réalité, du soleil lumineux des âmes, de Jésiisriirist. Quelle surprise, quelle déception irréparable pour ceux (pii n'aurnnl rien fait pour le l'onnailre en ce monde ! Oinsonsés que nous étions, s". . I i. it»nt-ils : ergo errarimus a ria rerifafis !
I . i:.'niins-nous ros regrets inutiles, et rlierclions ensemble à connaître ,Ni)tre-spii.'neur. (• Vierge, personne ne la si bien connu, ni tant aimé que vous! ù Mcre, guidez-nous dans l'étude que nous allons l'aire de votre divin Fils, et faites que nous apprenions à l'aimer : Mater agnitionis et dilectionis ! *
Jésus-Christ, c'est le Fils de Dieu fait homme pour l'amour de nous. C'est son histoire que nous allons vous faire. C'est sa vie entière que nous allons vous présenter, connue dans un tableau.
iii-S. 1. Dieu le Fils dans l'éternité. Inprincijno erat Verhum et Verbum erat apucl Deum et Iteus erat Verhum. Avant que la terre fiit faite, que fussent creusées les mers, que fussent jetés les fondements des montagnes, Hieu existait de toute éternité ; il existait seul, en trois Personnes distinctes : le l'ère, le Fils, le Sainl-Ksprit. Il n'v avait encore ni cieux. ni terre, ni corps, ni arbres, ni plantes, ni anges, mais le pur Fspril divin seid, plus parfait que tous les anges et incapable comme .eux d'être vu par les veux du corps, d'être entendu par les oreilles, d'être touché par les mains. Dieu ne manquait de rien. puisi]ue c'est lui qui a donné à tous les êtres ce qu'ils ont de bien, il n'avait donc pas besoin des créatures pour être heureux.
Le Père, le Fils, le Saint-Ksprit trouvaient en eux-mêuies leur béatitude, à laquelle les anges et les hommes, créés plus lard, ne devaient rien ajouter. Le Père aimait le Fils, le Fils aimait son Père d'un amour intini. Tous les biens, toutes les perfections, la nature divine entière du l^ère étaient au Fils et au Saint-Ksprit. Le Fils avait doniMoule la puissance, toute lasagesse, toute la beauté, toute la grandeiu-, toute la télicilé. toute la gloire de Dieu. Et quand on la dit. il fait garder le silence ; car la langue ne peut dire, et même quelle intelligence pourrait concevoir ce qu'est Dieu, ce qu'il a été, ce qu'il est toujours? car si le ciol et la terre s'usent comme un vêtement, vous Seigneur, vous êtes toujours le même; et anni tut non de/i'ient.
MV.\. IL Le Fils de Dieu créateur. Mais Dieu voulut exercer à la fois sa puissance et sa bonté en créant des êtres et en les faisant partii-iper à «on l»onhour. Il fit liiul pjir son Fils : ffmnia per ipsum farta sunf et sine ipso fartumest ni/iil f/uod fartum est. Le Fils est dono le créateur de toutes choses. Tout lui doit la vie. Le ciel et la terre sont sortis du néant à sa voix; il a a[tpelé les étf)iles. el elles ont répondu ; Fcce adsumus. C'est lui <|ui a peufilé le <-iel de millions et de millions d'anges. C'est lui qui a peuplé la terre d'bnmmes.
.Mais rhointne siu' la terre désobéit A Dieu et le Seigneur dans sa justice le condamna aux sueurs, aux maladies, à la mort, à l'enfer; et la race humaine tombée dans la «lisgrAco de Dieu et chAtiée [tar lui. envelopfiée dans les ténèbres de l'ignorance, inclinée vers le mal par les penchants mauvais, conséqueni-e de sa chute, allait descendre aux abîmes el à la damnation. Klle avait besoin de lumière pour éclairer sa roule et 1 empêcher de s'égarer, elle avait besom d'un moilèle parfait dont les exemples pussent lui apprendre ft lijcn vivre, il lui fallait im ajifiui pour soutenir sa faiblesse, une caution au|iirs de Dieu pour paver sa dette A la justice divine, un Sauveur enlin qui I ■ ■ 'fidiit tiu joug de Satan, delà Ivrannie de ses passions, cl qui la délis sup|)liccs ipii lui étaient desimés.
. :). III. Le Fils de Ififu fait homme. Dieu le prouiit, ce Sauveur, à noire père couj)able ; et depuis lors l'humanité tout entière soupirait après sa venue sur la terre : les prophètes l'annonçaient, les patriarches I appelaient de tous leur» vomix, les païens eux-mêmes l'uttendaient. Kt (piand 1 humanité fut bien convaincue ipie sans lui elle était impuisante. dans la plénitude des temps, «piand l'heure manpiée parles décrets éternels eut sonné, le Fils de Dieu, l'éternel, \'fr/ntm raro fartum est, ne lit boipme comme nous; et il habita parmi nous, pour se faire voir h nous, pour nous parler dan.« une , langue que nous puissions ciuuprendre, pour souffrir pour nous. Il de»cendil sur la terre, sanéunlil lui même et, en restant Dieu et Fils de Dieu, il prit
un corps et une ftme comme nous. Il est donc à la fois Dieu et homme ; mai» en prenant noire nature, il ne voulut point participer au péché, ni aux pa«sions lunnaiiies qui sont le fruit el la semence du péfhé.
itlii. l*' Sa naissance, (ienerationein »jns tjuis enarrabit ? Qui dira sa naissance merveilleuse ? l!ne vierge, la vierge Marie le conçut el l'enfanta sans perdre sa virginit»'*. Marie fut sa vérilahle mère ? mais il n'eut point d'autre père sur la terre que son l'ère céleste. Si Dieu devait naître, pouvaitil nailro d'une nuire que d'une vierge? Kt si une vierge sans tache devait enfanler, à qui pouvait-elle donner le jour sinon* Dieu ? Kl quand il fut né, Josc|)h lui donna un nom révélé par l'archange Ciabriel, un nom qui exprimait toute sa mission ; il l'appela Jésus, c'est-à-dire Sauveur : Ipse enim salvum faciet pojmhim suum a fieccatis eorum. (i'est dans une pauvre étable
3u'il veut naître, celui qui vient nous apprendre le mépris des grandeurs et es richesses ; mais en même temps que la Vierge l'adore dans la crèche où elle la déposé. les anges se penchent pour contempler ce doux enfant si beau, en tpii ils reconnaissent leur créatenr et leur roi, et facta'est multitudo milifiœ cœ/esfis lautiantium at(/ue dkenlium : Gloria in e.Tcelsis l)eo et in terra pa.r hominibus bonœ voluntatis. Les anges invitent leurs frères de la terre à venir l'adorer avec eux. Et les bergers accBurenf, el ils se prosternent devant le Dieu qui vient de naître. Une étoile d'un éclat extraordinaire brille sur l'horizon : les rois de l'Arabie l'ont contemplée ; ils se souviennent de cetleétoile qui doit sortir de Jacob, d'après un de leui-s prophètes. Ils suivent sa clarté ; et elle les dirige à Hcthléom jusqu'au berceau de l'Enfant- Dieu. Ces trois rois l'adorent et lui otTrent des [)résenls : de l'or comme à un roi, de l'encens comme à un Dieu, de la mvrrhe comme à un homme. Hérode a peur pour son trône et il veut le mettre à mort. Joseph, le gardien de la virginité de Marie, prend l'enfant et sa mère et fuit avec eux en Egypte ; et il y reste jusqu'à la mort d'Hérode. Quand il n'a plus rien à craindre de la fureur du prince, il revient à Nazareth.
4252 2» \'ie cachée. Et Jésus jusqu'à trente rus erat subditus illis. 11 est soumis, lui le roi du ciel, lui à qui obéissent les anges, hn qui gouverne le monde ; il est soumis à Joseph et à Marie. Joseph el Marie travaillent, ce sont d'humbles ouvriers, ils gagnent leur pain de chaque jour à la sueur de leur front. Jésus travaille avec eux in luborihus a juventute ?nea, nous apprenant par là les deux grands devoirs de l'homme, obéir et travailler : lobéissance tri<)m|»he de noire orgueil et nous préserve des écarts de la propre volonté : le travail dompte le corps et nous délivre des dangers de l'oisiveté et de la sensualité. Mais l'heure est venue de remplir d'une manière plus éclatante sa mission. Il est venu nous apporter, non seulement l'exemple de ces vertus morales qui font l'homme, mais encore la foi, l'espérance, la charité qui font le chrétien.
1253. 3» Vie publique, i) La foi. Les peuples étaient dans les ténèbres el à l'ombre de la mort. Ils ne connaissaient pas le chemin du ciel. Jésus voulut le leur enseigner ; mais, pour donner à sa parole une autorité divine. Dieu lui-même voulut faire connaître au mon<le le trésor (pi'il possédait en son Fil8..\u jour du baptême de .\otre-Seigneur, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme dune colombe: la voix du Père retentit : C'est là mon Fils l)ien-aimé. en qui j'ai mis toutes mes complaisances. (Mat. mi, 17.) (^etle même voix se lit entendre au jour de la transliguration, el elle ajouta : Ecoute:-le. (Mat. xvu, ."i.) Jésus lui-même fil des œuvres divines et prouva sa divinité par ses miracles. Le vin man<jue aux noces de (^ana, Jésus change en vin excellent, l'eau qui remplissait six vases de pierre, en présence de tous les convives; c'est par là qu'il débute : Hoc initium signorum.
1254. Pendant trois années, il sème à la fois des miracles et des bienfaits. Il éteint les ardeurs dp la lièvro dans la belle-mère de saint Pierre ; il commande aux vents el à la mer, et les tempêtes se calnient aussitôt. Avec cinq pains il nourrit au désert cinq mille hommes ; de ses doigts, il touche les oreilles des sourds, el ils entendent ; les yeux des aveugles, et ils voient. Il rend le mouvement aux paralytiques, eussent-ils depuis trente-huit ans perdu l'usage de lem*s membres. Les possédés sont délivrés à sa voix. Les muets
JkKUSm Hltlsf 4Ô3
publiomia puissani-e ilei.oltii qui leur a rcruiu la parole ; il guérit les lépreux, lirois tuorls sortent du tombeau, éveillés par sa voix puissante. (1)
Même au jour de »a passion, d'un mot il renverse les soldats qui viennent se saisir de lui. Kt même à sa mort, la terre entière sera ébranlée et prendra le deuil. Les prodijjes de .Notre-Seigneur remplissent l'Evangile ; les hérétiques, les schismaliipies en conservent le récit aussi bien que les catholiques et y croient fidoleuient. Que dis-jc?les historiens païens en ont gardé lesou- Tenir. En faisant de telles œuvres, Jésus-fihrist pouvait donc dire sans crainte d'être démenti qu'il était le Fils de Dieu ; et il l'a répété souvent, même à la veille de sa mort, devant ses plus cruels ennemis.
Il a pu ajouter : Si vous ne rruyez pas à mes paroles, croyez à mes œuvres. Ses œuvres ét;uent d'un Dieu, ses paroles étaient donc divines ; aussi les.Vpôtres ont-ils cm : Domine, ad que m ibi mus, verba vitre œternœ habes ! Que dis-je. les bourreaux eux-mêmes en descendant du (laivaire se disaient, en se frappant la poitrine : il était vraiment le Fils de Dieu ! (2)
l^ri*). Puisque Jésus-(;hrist était Dieu et Fils de Dieu, comme il l'afQrmait et le prouvait, il ne pouvait: enseigner que la vérité et toul« la vérité. Dieu peut-il se tromper ? Est^l capable lie mentir ? <> serait un blasphème que de le prétemJre. La raison conime la parole divine nous apprend que Dieu est la science et la véÏMlé infinies.
Or, Jésus-Christ a instruit pendant trois ans des pêcheurs de Galilée, dont il a fait les colonnes de son Eglise, les bases de la société qu'il venait fonder. Il ne leur a pas caché les secrets du ciel : Quœcumque audiri a Pâtre meo nota feci vobis. Il leur a fait connaître son l'ère, le prix d'une àme, le ciel, l'enfer, ce qu'il faut faire pour mériter les récompenses et éviter les châtiai) Saivex-le dans tout le cours de sa vie : toute la nature lui ol>éit : les eaux s'afTermisM-ni sous ses pieils : les morts eoiendent sa voix : les damons, frappée de sa puissance, vont se cacber l»in de lui : les cieux s'ouvrent sur .«a téie, et annoncent euxmêmes aux tiomines sa gluii-e et sa magnificence : ta boue entre ses mains rend la lumiére aux aveugles : tous les lieux par uii il passe, ne sont marqués que par se.s prodiges : il lit dans les cœurs : il voii l'avenir comme le présent ' il entraîne après fui les villes •t les peuples : personne avant lui n'avait parlé comme il parle : et charmées de son éluquence céleste, les femmes de Juda appellent heureuses les entrailles qui l'ont porté. (Ma&sillo.ik
(2) {a) L'impie Arius a cependant osé nier la diviailé du Sauveur; mais le ch&timent de ce malheureux est une preuve de plus de cette vérité. L'an i',i6, se trouvant à Conslaniinople en pri^sence d'une nombreuse as.<iemblée, il p&lit à la vue de tout le monde; saisi de frayeur ei éprouvant d<^ violentes douleurs d'entrailles, il se retira dans une maison voisine ou il expira en rejeiant une grande abondance de sang avec une partie de ses intestins, ilonieux ch&iimenl des blasphèmes contre No're-Seigneur.
ftil Sainte Marguerite d'An'ioch*^ de i'iside était la fille d'un prêtre des faux dieux. Convertie elle-même au christianisme, elle fut chassée de la maison paternelle et condamnée h garder les troupeaux ; elle le faisait avec joie, car ellesoulTrait pour le Christ. Un préfet du prétoire qui la rencontra un jour oii elle conduisait ses brebis aux pâturages, fut ravi de sa beanlé. et résolut d'en faire son épouse; il la fll amener auprès de lai ; mais apprenant d'elle qu'elle était cbrélienne, il la cita avec grand appareil à son tribunal. « Quel est ton nom ? lui demanda-t-il. — Les hommes m'appeleni Marguerite; nuis an saint baptême j'en ai reçu un autre plus illustre. Je me nomme chrétienne, et jeconfftsse de cneuret de bouche que je suis la servante de JésusChrJt. > Oybrius la somme de sacrifier aux dieux, la menai^anl des derniers supplices, si elle s'y refuse. «Si mon Sauveur Jésus-Christ n'était qu'un homme, comme vous avez la folie de le prétendre, réputidil Marguerite, et s'il n'était pas très vé<ilablement Dieu et homme tout à la fois, le^ mena'')-.-* puurraifiii m'effrayer; mais parc^ qu'il est le roi du ciel et de la terre et i|(i'il .1 mil- |iii<>'<.i'i<>- If II- i|(ie, s'il «roulai, A l'instant il t'engloutirait tout vif dans
|',.,.f.., ,...., sciai t-ce pas que '' ■'• ■" • imer un tel Seigneur, pour courber
la ^ idoles. Donc, ule et sois assuré que je A'otiiéirai
pa irs. Tue-m >i si lu ' hre moi, fais moi brûler vive, tn
peux lue lutfUre a iu-<r( , miis m^^ séparer de l'^uitur «lu Ch'tsl, jimau.. » Le tyran en effet, la Ht déchirer avec des ongles do (nr, brâier avec rteit torche ■ ardentes, descendre dans une ch«Ui)i(''re d'eau bouillante " ■ 'i-
veriit un grand nombre de speclali' lit
abattre parle glaive la tête de la \ du
iOi shuMu.>3 iM. MISSIONS
ineuts t'itiiu'is.ii us aimmics ont cm, cl onl recueilli ûdélciiienl dans i hvangile les paroles «lu Maître.
Mais Nolre-Scigneiir ne leur avail pas appris la térilé pour eux seufement. Tous les hoiuuios en avaient besoin : et, sans cette luuiière, ils auraient chancelé |>erpétuelleincnt dans les ténèbres, exposés à tomber à chaque pas dans les abimes : Krnt lu.v vera.i/uœ i/lurni/taf omnem hominem venientem in hune miindmn. Jésus voulait ipie celte lumière arrivAl à toutes les intelligent-es. Loin <ionc de recommander à ses Apôtres de tenir secrets les enseignements qu'il leur avail donnés, il leur a dit : Allez, enseignez toutes les nations. Je vous enverrai l' Esprit de vérité, afin qu'il demeure avec vous jusqu'à la fin. Vous passerez, le ciel et la terre passeront, veritas Domini manet ina'ternum. IMerre passera, le Pape ne passera pas; les autres Apôtres passeront, les évèques ne passeront pus. Jusqu'A la consommation de» siècles, je serai avec mon Kçlise ; j'y serai avec l'Ksprit de vérité ; et toujours les hommes, qui ont besom de la vérité pour leur intelligence, comme de pain pour leur corps, pourront la puiser dans l'Kglise «lue j'assisterai jusqu'à la lin.
\ffA. C'est afhsi que Noire-Seigneur nous a donqé la foi en sa parole qui ne peut tromper, la foi en renseignement de l'Kglise qu'il a établie, pour
au'elle conserve toujours pure et transmette entière i\ ses enfants la parole e vie. Kl cette Kglise catholique porte avec elle toutes les preuves tie sa divinité et de l'assistance du Saint-Esprit, par les miracles et le bien <pi'elle opère à travers les Ages, par les vertus éclatantes qui se jiratiquent dans son sein. Kl c'est par là que Jésus nous a sauvés «lu mensonge, de l'erreur.
Kl pour comprendre ce bienfait, il faudrait comprendre d'une part et l'ignorance grossière de ceux qui passaient pour savants avant sa venue, et d'autre part la beauté et la sublimité des vérités et des dcvoir-s de l'Kvangile. 0 Jésus, nous vous avons vu sur la terre plein de yrdce et de vérité ! i) soleil des Ames, dès que vous avez paru, vous avez dissipé les ténèbres do 1 infidélité et du doute ! Avec votre Kvangile. je sais et je crois tout ce qu'il m'importe de connaître ; et votre Kglise est là pour me guider et me conduire, comme par la main, du berceau à la tombe, afin que je ne m'égare jamais ; et vous-même vous êtes avec elle pour la préserver de toute erreur.
1257. 'i) L'espérance. — Ce n'est pas assez, Jésus nous a aj»porté l'espérance. S'il nous est lioux de croire à sa parole, si cette parole divine est 1 appui inébranlable de notre foi, les promesses (ju'il nous a faites dans son évangile sont le fondement de notre espérance, il a promis le pardon a (piiconcpie le lui demande avec contrition ; il a promis sa grâce à ceux «jui le prient ; il a promis le ciel, où l'on voit Dieu face à face, à ceux qui observent sa loi. Ses promesses sont enregistrées clairement dans l'Kvangile, et sont attestées par l'Kglise divine. <Jr Dieu est fidèle.
L'homme peut manrpier à sa parole : encore est-ce pour lui un déshonneur; Dieu ne peut manquer à la sienne, (jui pourrait, en elTet, l'empêcher de nous accorder grâce et pardon et de nous ouvrir le ciel ? N'est-il pas toutpuissant ? et celui qui rend la vie aux morts ne peut-il pas donner le paradis à ceux qui le servent? La bonté de Jésus-(;hrist pour nous ne serait-elle pas assez grande pour cpi'il veuille nous donner ce (pi'il nous a promis 1 Uh t rassurons-nous. Ce qui éclate dans la vie du Sauveilr, c'est la tendresse miséricordieuse qu'il porte à l'homme.
Personne n'est repoussé par le divin Sauveur, ni les pauvres, ni les malades, ni les lépreux, ni les possédés. Il acc,ueille jusqu aux petits enfants : Sinite parvulos venire ad me ; et il les caresse, les bénit et les rend A leurs mères, qui sont toutes fières de l'afTection qu'il leur a témoignée. Il aime les pécheui-s : il mange et boit avec eux ; et tiuan<l on lui en fait un reproche, il ré[)ond : (ie ne sont pas ceux «pii se portent bien (jui ont besoin de médecin, mais les malade-s.
1258. l'eut-on oublier l'histoire de Madeleine (jui arrose les pieds de Jésus de ses larmes et «pii les essuie de ses cheveux, l'histoire de la femme adultère à qui il dit ; .Vemo te rondcmnavit f Nenio, Domine. Nec er/o te condemnaoo. Allez, ne péchez plus ; l'histoire de Jérusalem (pii a repoussé toutes ses avances miséricordieuses, sur laquelle il pleui'e uu lieu d'appeler le feu
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tlii ciel. Fierit sujier illam ilicens : Si cognovisses et tu, qtiœ ad pacem tibi ! Quoties volui cotujreijare filios tuos, tient gallinn conyregat pullos SU03 sub (lias, et noluisti f {Jue\ allligé Jt'sus a-t-il rencontré sans le consoler ? La veuve de Naiin pleurait, il ressuscite son enfant et le rend à sa mère heureuse et i-onsoléc. Marllie el Marie pleuraient leur frère. Jésus n'y tient pas : Où iarez-vons déjMsé'f deinande-t-il. Un le mène au sépulcre. En vain on lui (lit : Déjà il est tombé en corruption. Jésus pleure, el il crie de sa voix puissante : Lazare, veni foras : el Lazare sort du tombeau.
1±V.). Ce qu'il a fait alors, ne l'a-t-il pas renouvelé à travers les siècles? Il est des mères qui pleuraient la mort spirituelle de leui-s fils, îles sœurs qui gémissaient sur les égarements de leiu's frères. Klles ont invoqué Jésus, el ces morts sont ressuscites. U tendresse du (Jœur de Jésus! Ni les bourreaux eux-mêmes, ni le larron crucitié à côté du Sauveur, nonl pu s'j soustraire : Pater, liimitte illis. Ilodie mecum eris in paradiso. Quand un Dieu tout puissant et si bon nous prouiet le ciel, qui oserait désespérer? La raison nest-elle p,is d'accord avec notre foi pour nous dire «jue Dieu est loul-puisi»ant, inliniuienl bon et fidèle à sa parole donnée ? 0 Jésus, je m'élance vers le ciel et je crois le posséder déjà, puisque vous me l'ave/ promis el que c'est de vous si bon que je l'attends, (iommenl votre cœur si compatissant me le refuserait-il ? Mais vous êtes venu apporter non seulement la foi et l'espérance, mais encore la charité.
Ii6). 3> La charité. C'est un lien d'amitié qui unit le Créateur à la créature. Dieu aime sa créature; la créature se tourne vers Dieu, l'être infiniment parfait et aimable, l'embrasse, le serre dans son cœur et lui dit : Je vous aime comme le souverain bien. Voilà la fin de l'homme : aimer Dieu et en être aimé. L'homme, par sa chute, était ennemi de Dieu; el le péché le séparait de son Créateur irrité contre lui. Incapable de paver la dette contractée envei-s la justice divine, il ne pouvait prétendre à rentrer en grâce avec son Dieu. Jésus est venu, il a pris sur lui tous nos péchés ; il s'est chargé d'apaiser la colère de son Père en les expiant. Son humanité, telle est la victime innorente qui «levait porter la peine due au coupable.
12<;i. Voyez le divin Jésus couronné d'épines, le corps tout entier labouré par les fouets des bourreaux, condamné par la jalousie des Juifs et par Pilate, gouverneur de Judée, qui reconnaît pourtant son innocence : il accepte la croix qui lui est préparée el sur laquelle il doit mourir. .Vprès trois douloureuses chutes, il arrive au calvaire, (iruciliement, liel et vinaigre, rien ne lui est épargné. Il expire en disant ; Tout est consommé, t) mon Père ; J'ai aci tiiii|»li l'u-uvre du salut ries honjuies, je leur ai ilonné l'exemple de toutes les ^ ' rils doivent pratiquer : rie l'obéissance, rlu travail, de l'humilité,
• le iK-e. Je leur ai ap|»ns à vous connaître, jeieiir ai laissé la vérité
rlau.-, i.iangilc el IF^glise pour la leur enseigner. Jeleurai promis le
ciel et je viens de le leur ai-heler par mes soulTrances ; je leur ai donné ma Mère pour être leur appui; je viens de laver li'urs cri uu's dans mon sang, riont j ai versé pour eux jusrju à la rlernière goutte; je ne [luis quemourir pour eux, afin de leurdr)nner la marrpie «l'amour de toutes la plus éclatante. Kt il rcnri le riernier soupir : In manus tuas commendo spiritum meuin, et inrlinato capite tradidit tspiritum.
Dfs lors nous étions sauvés, la justice «livine était apaisée, l'iirunine rlevcnail r'rilani rie DirMietil aimait son l'ère céleste. Jésus est ressur-ité le troisième jour ajuvssa m(»rt ; puis, après s'être fait voir à plus de <tin(| cents témoins, il est remonlé au ciel où il est loujiturs vivant pour intercérler ptnu* nous et d'où il viendra au dernier jour nmir juger put»litpiemenl tous les hnmmes, pour bénir et introduire au r-iel ceux «pii l'auront aimé, pour ciuirlanmcr et punir ceux qui lui auront refusé leur cu'ur. Sot enjn diligamus lieum.
li<>i. Conclusion. — .\u spectai-le \i'un Dieu mort pour nous, ipii pourrait, en effet, se défenrire tl'aimi'r s«jn Dir>u * tl/mritas Christi urgft no.t. Qiiiconr|ue a un c<i.Mir, ne peut p<iint ne pas aimer un Dieu «pu' a livré son divin lils par amour [tour lui; im Kiis ariorable ipii est mort siu' la '•
salut. Si .Nolre-.Seigneur n'exigeait «le nous rUie la r-rainteoii un :
•nous donnerait-il «les noms si doux ? Quanil dé«Iaignant celui 'U - • ■•> '
donne à nos unies celui d'ami, «le frère, de so'ur. denfanl, d'épouse mOnic j'jm
4'J(j SKRMONS DE MISSIONS
demanrie-l-il, sinon l'amour h tous les degrés, avec toutes les nuances <|ui répondent ;\ ces litres divers, Tauiour à sa |ilus haute perfei-tion : Nos ergo dilif/amus Iteum, ifuoniatn ipse prior dile.rit nos. Aimons Dieu, mais en œuvres et en véril»', et non de bou<'lie seulement ; par conséfinent pensons à lui et aux souiïrani'CSfpi'il a endurées pour nous. Portons sur nous le crucifix, faisons souvent le signe de la croix.
Par conséquent, venons visiter Notre-Seigneur danslesacrement de l'autel, où il a voulu demeurer avec nous. Assistons à la messe où il renouvelle le sacrilioe du calvaire, llnissons-nous A lui par la communion Irniviente. S'éloigner de lasainte sainte, c'est prouver (pi'on ne l'aime |H»int.Observtinssa loi : Si t/tiis (/il if/if nie,sermonein meum servabit. (Jiii dicit se nosse eum et inunilafa ejus non cnstoilit .rnemlax est {{). Imitons-le. « Le grandmvsièredu christianisme c'est ipi'un Dieu a voulu ressembler aux hommes, alin d'imposer aux hommes la loi de lui ressembler. Il a voulu nous imiler dans la vérité de notre nature, alin <pje nous l'imitions dans la sainteté de sa vie : il a firis notre chair, alin que nous [irissions son esprit. Sovons, dit saint (irégoire «le Nazianze, semblables à Jésus-Christ pane qu'il a voulu Aire semblable ù nous, devenons des dieux pour l'amoiu'de lui parce qu'il a voulu devenir homme pour l'amour de nous. » (Uossuet) (2). La charité tend à nous rendre semblables à ceux (pie nous aimons : Quid Christiis ? Kl s il le faut, mourons pour lui (:t).
Acte de contrition de n'avoir pas aimé Dieu, et promesse pour l'avenir : Aeqiie mors, neque rita, nihil poterif me separure. a charitute l)ei </urr est in f^hristo Jesu. l'Hère à Marie pour demander l'amour de Jésus.
(1) «Jésus-Christ n'est pas un homme mortel que nous puissions tromper par nos compliments : il voit clair dans les cœurï^, et il ne ''uLt point d'amour dans les nôtres. Quand vous aimez quelqu'un sur la terre, rompez-vous tous les jours avec lui pour des sujets de très peu d'importanceT Foulez-vous aux pied-: tout ce qu'il vous donne? Manquezvous aux paroles que vous lui donnez? Il n'y a aucun h'mme vivant que vous voulussiez traiter delà sorte. C'est ainsi pourtant que vous en usez envers Jésus-Christ. Il a lié amitié avec vous; tous les jjurs vous y renoncez : il vous donne son corps, vous le profanez ; vous lui avez engagé votre foi, vous la violez ; il vous prie pour vos ennemis, vous le refusez; il vous recommande ses pauvres, vous les méprisez ; il n'y a aucune partie de son corps que vos blasphèmes ne déshonorent. Et comment donc pouvez-vous éviter cette horrible, mais ires équiiable excommunication de l'Apôtre? Si quelqu'un n'aime pas Notre-Seieneur Jésus-Christ, qu'il soit anathème. Et comment la puis-je éviter moi-même, ingrat et imprudent pécheur que je suis? Ahl pluiôl, ô grand Dieu tout puissant qui gou>'ernez les cœurs ainsi qu'il vous platt, si quelqu'un n'aime pas Nolre-Seigneur JésusCbrist, faites, par votre giàce qu'il aime Notre-Seigneur Jésus- Christ. » (BussuET).
(i) La nature divine était infaillible, mais elle n'était pas visible: la nature humaine était visible, mais faiit>ve : Deu$ sequendus erat, qui videri non polerat : homo videri polerat, qui sequendus non erat, du &aiui Augustin. Un a joint ces deux natures, un a fait un • uiiiinf-l)>eu, un Dieu H->nime, la vrai règfrt, le miroir et le modèle des &mes prédestinées, alin qu'en tant qu'homme, on puisse le voir, en tant que Dieu on puisse le suivre et l'imiter sansdanger de s'égarer. Mais n'est-ce pas une chose étrange qu'on ne puisse pas persuader aux chrétiens une vérité si assurée et si importante pour le salut, quA pour être .sauvé, il faut nécessairement suivre cette règle, imiter la vie et les actions du Sauveur.
Le Fils de Dieu dit : Celui qui ne demeurera pas en moi, sera comme le sarment retranché du cep de la vtgne, q li est jeté au feu : donc pour être sauvé ei ne pas être envoyé au (eu de l'enfer, il faut demeurer en Jé->us. Or son bieo-aimé disciple dit : Qui ie dicit in Clirislomanere, débet sicut ille amhulavit et ip^e ambulare; que pour demeurer en Ji sus Chiist, il faut niarclier comme lui. c'est à-dire vivre comme lui, imiler les exemples des venus qu'il a pratiquées, chacun dans sa condition et selon son pouvoir, par le ^f cours de sa giàce.
(3) Polycarpe, évéque de Sroyrne, vieillard vénérab'e, fut arrêté par le proconsul Quadral. durant la perNécuiion de Marc-Auièle. '. Maudis Ion Christ, lui dit le proconsul. — b y a quatre-vingt-six ans que je le sers et je n'en ai reçu que des faveurs. Ahl je le bénirai jusqu'à m'>n dernier soupir. » Le pr..consul fit dresser un bûcher, et l'oiycarpe y monta io>.i heureux de mounrpour Jé^us-Chrl8^. Les flammes s'écarierent autour du corps du saint, qui n'en ie.<sentait pas les atteintes. Le proconsul donna alors l'ordre* de le percer d'une épée, et ie sang du martyr s'échappa avec sa vie.
JÊSUS-CMRlST 4Ô7
lit)i. Denxlème manière de pr<^raenter le même mijet.
Ejculfavit ut (fit/us (t<l currf/i</(im vium. [Vs. wiii, G.) — Ce géant, c'est le Fils de l>ioii. C est ruuiuiir qui le pousse ; du ciel il descend dans le sein de la Vierge. 11 s anéantit par uinuur. Ihi sein de lu \ ierge iJ descend dans la crèche : pauvreté, soiillVance, travail par amour. Far amour, il prêche IKvangilo et nous révèle les vérités du salul; il nous révèle son cœur par tous les faits cités plus haut n'> lio7, et enfin par son sang versé pour l'expiation de nos pèches ; du Calvaire il remonte au ciel où il est vivant pour intercéder pournuus. .Mt'-nie conclusion.
i:!*;» TroiMieiue plan Hnr le même nujel. Specie tua et ptilc/iritu/line (au interde, prospère, procède et reijiui, (Ps. xliv, 5) Même eJcorde. — Jésus-Christ a tout ce qu il faut pour enchaîner nos cœurs à son amour, i» La beauté qui doit nous ravir.... Enfant dans la crèche il ravit les anges.... 2) Il grandit en sagesse, en âge et en grùce.... Il se montre à Israël et il nitiro les Apùtres par ses charmes, il entraine les foules au désert ; il attir ne, lasse de toutes les beautés de la terre....
I> -Muo, ridimiis eu/nef non era^ «5/>ec7M*'. Cependant qu'il est
beau iui la croix ! Dilectus meus candidus, par sa pureté, et rubicundus à cause de son sang répandu. « Pour moi, dit ce grand personnage (saint Augustin), quelque part où je vois mon Sauveur, sa beauté me semble charmante. Il est beau dans le ciel, aussi est-il beau dans la terre, beau dans le sein de son Père, beau entre les bras de sa Mère. Il est beau dansles miracles, il ne l'est pas moins parmi les fouets. Il a une grAce non pareille, soit qu il nous invite à la vie, soit que lui-même il mépi-ise la mort. Il est beau jusque sur la croix, il est beau même dans le sépulcre.
(< .Mais peut-être vous me direz : (pielle étrange imagination de chercher sa beauté parmi ses soulfrances qui ne lui laisse pas mcine la ligure d homme! Que ne 1 1 ••■''•''/ vous bien plutôt dans sa merveilleuse transliguralion, ou dans sa ; iii glorieuse ? Ecoutez et comprenez ma pensée, et vous
veiT' / •' lulé est incoujparable pour nous, l.n soldat est couvert de
gr.' cpii semblent lui desaouorer le visage. Les délicats peut-
ètr. .. la vue de dessus ses plaies; mais le prince les trouvera
belles [larce que c'est pour son service qu ils les a reçues ; ce sont de belles marques, ce sont des cicatrices honorables que la lidélilé pour son roi et l'amour de la patrie embellissent. » (IIosslkp;. (Ju'en est-il donc des blessures que le roi a subies pour ses sujets! (Jum e.fu(t,itus /'aero a terra, oinnia trahani ad meipsum. .\ussi que d Ames ont voidu être lixées par l'amour à celui (pli, par amour pour elles, i bien voulu être cloué A la croix : martyrs, (■(>iir''>.seurs, vierges, ravis parla passion lie Jésus-(>hrist. u (Juel est donc cet aniiirii invisible, mort sin- un gibet, il y a dix-neuf siècles, et qui attire ainsi à lui la jeunesse, la beauté et I amour ; qui apparaît aux <\mes avec un attrait auquel elles ne peuvent point résister; qui fond tout A coiq» sur elle etenfait SI pidie ? s'écrie Monsieur de Monlalembert. Est-ce un homme ? Non, c'est un hi.Mi. Voilà le grand secret, la clé île cesublime et douloureux mystère, lu l»i( Il seul peut remporter de tels triomphes. »
1 2fi.). La croix ne ibire pas, la résurrection la suit de près. Jésus-Christ montra une de is et son visage ressui'ités à sainte l'hérèse. Impossible pour elle en- ler rien sur la terre. Et l'Ame de Nolre-.Seigncur Jesus-
(;hri8t ! (Jue -i. ^ .iuies sur la terre ; les |»ctils enfants, les ccpurs purs,
les saints (en nommer quelques-uns;, petits hiets d'eau «|ui découlent de la grande source «le l'Ame de Jésus! .Vine de Jésus, sancluaire de toutes les vertus, parée de tous les dons ilu .Saiul-Espril ; en elle, tous les trésiU's de la science et de lu sagesse, océan d amour, soleil de pureté, abime d'Iiiiiiiililé !
\l*'<-'>. Ucaiilé de Jésus comme Dieu. — Candor lucis œternœ. Il a toute
•lé. lo »te la lumière, etc. Je convois les suints qui naim lient que lui,
itudinis stadium h.ihentei. Qu ils ont mauvais goiil ceux ipii aiment
1.^ . Il iiures ! El quand elles se présentent A votre u.feotion, loui'uez-vout
N'ib Jrsiis: Uilectu» meus, elevtut ex millibus (l).
(1) o) Comprenani par les Simio* Koruurfli que l'Rieroelle S4ge'4M D'e»i luire qae ^Ol^e•Sei(aeur, le 1). Ueari Suso, ilaot st Jeuae»M M diMii à tui-miine : • Mua cour
sa
VJ8 SKRMONS Dli MISSIONS
\iCû. ±0 l*uusnnri\ — rréiilciir : Omnin per ipsum facta sunt. Kédcmi»teiir: Son an-nift/i/nlihus auro vul nrf/ento reihmjtti cstin. Il nmis a payés bien«'hcr; «Ion- nous hii appaiMenons. « C'esl pourquoi je no m'clonne pas si je ne vois ilans sa passion ^\no des manpics *le sa royauté. Oui malgré la rage «le ses liourreaux, ces épines lont un diaiiènie qui couronne sa patience; ce roseau fragile devient un sceptre en ses mains ; celte pourpre ridicule dont ils le couvrent, se changera en pourpre royale, sitôt qu'elle sera teinte du sang de mon Maître. Lorsque j'entends le peuple crier que le Sauveur niérile la mort à cause qu'il s'est fait roi. certes dis-je incontinent en moimême, ces furieux disent mieux qu'ils ne pensent ; car mon prince doit régner par sa mort. Quand il porte lui-njème sa croix sur ses épaides innocentes, tout autre qu'un chrétien serait étonné de son imi>uissance ; mais le fidèle se doit souvenir de ce qu'a dit de lui Isaie, que sa domination, sa principauté est mise sur son épaule. Priiuipatus super humerum ejus. Qu'estce A dire cet empire et celte principauté sur ses épaules ? Ah ! ne l'entendezvous pas? C'est sa croix. C'est ainsi que l'explique Terlullien dans le livre contre les Juifs. Sa croix c'est son sceptre ; sa croix, c'est son bàlon d'ordonnance ; c'est elle qui rangera tous les peuples sous l'obéissance de Notre- .Seigneur.
» Et n'avez-vous jamais pris la peine de considérer ce beau litre que les ennemis de mon Maître attachèrent au-dessus de sa croix: Jésus de Nazareth, Roi des Juifs écrit en gros caractères, et en trois sortes de langues, afin que la chose fut plus connue ? Il est vrai que les juifs s'y opposent ; mais Pilate l'écrit malgré eux. Qu'est-ce à dire ici, chrétiens ? Ce juge corrompu avait envie de sauver mon MaiU'e, et il ne l'a condamné aue pour plaire aux juifs; les mêmes juifs le pressent de changer ce titre, il le refuse, il tient ferme. Il n'a plus de complaisance pour eux. Quoi ! cet homme si complaisant, qui livre un innocent à la mort, de crainte de choquer les juifs, commence à devenir résolu pour soutenir trois ou quatre mots qu'il avait écrits sans dessein, et qui jiaraissaienl de si peu d'importance ! Hemarqu.ez tout ceci, s'il-vous-
F lait. 11 est lâche et ferme, il est mal assuré et résolu dans la même affairera égard des mêmes personnes. Crand Dieu, je reconnais vos secrets ; il fallait que Jésus mourût en croix, il fallait que sa royauté fût écrite au haut de la Croix. Pilate exécute le premier par sa complaisance, et l'autre par sa fermeté. 0 vertu ineffable de l'opération divine, même dans le cœur des ignorants ! s'écrie en cet endroit l'admirable saint Augustin. Ils ne savent tous ce qu'ils disent, et ils disent tous ce que veut mon Sauveur. Une secrète vertu s'empare invinciblement de leur Ame, et malgré leurs méchantes intentions exécute de très sages et très salutaires conseils.
» Caïphe en plein conseil de pharisiens, parlant de Notre-Seigneur, dit qu'il est expédient qu'il meure, afin que toute la nation ne périsse pas. Sa mort empêchera donc toute la nation de périr ; il est donc le Sauveur de toute la nation, remarque très à propos l'évangéliste saint Jean. Merveilleux jugement de Dieu ! Il pensait prononcer l'arrêt de sa mort et il faisait une prophétie
est ardent, je ne puis vivre sans aimer ; les créatares ne sauraient me plaire et ne peuvent me donner la paix. Je m'en vais tenter furtune et chercher à conquérir les bonnes grAces de relie divine et sainte amie. » El il savourait avec ivresse ces paroles: La sagesse est plus éclatante que le soleil, plus belle que l harmonie des éioiles, et comparée à la lumière, elle l'emporte. Aussi je l'ai aimée, je l'ai recherchée dès ma jeunesse : et je lai demandée pour épouse, et j'ai été ravi de tes charmes.... Je me repenserai arec elle; car sa conversation n'a point d'amertume, et les rapports que l'on a avec elle n'eugtndrent point de déijoùt. (Sap. m, 28; viii, 2, \&.) Et la sages.se se montrait a lui, ianl6i suus la forme d'un jeune homme d'une grande beauté, laniôt soi's celle d'une Vierge ma.esiuense et pure, s'offrant à lui comme une céleste amie, qui lui souriait en lui disant: « Mon fils, donne-moi ton cœur. » Et Henri, tout embrasé d'amour, saisit un camf et il grava sur sa potrine le mtm de Jé.sus. en lui disant : c Je vous ai imprimé sur ma chiir ; mais je voudrais aller jusqu'à mon cœur. Suppléez à ce qui me manque, et écrivez dans mon cœur votre nom avec des lettres éteroelles que rifn ne puisse «-fTacer. ■
(6) Marie-Tliérése de Jésus, prieure du Carme) deCouiances, sœur du g-^néial de Sonis, fixant ses yeux sur une image de l'Eafant Jésus, murmura de sa vuix : n Que tu es bsau, mon Oiea I Mais je vais te voir plus beau encore I • C« furent ces dernières paroies.
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de sa gloire, l.r m. mt uitïvc à Pilate: il con>Iainnc le Fils de Dieu à la croix, et voulant écrire selon la coutume la cause de son supplice, il dresse un monument à sa royauté. Tant il est vrai que Dieu a des ressorts inl'aillihles pour tourner où il lui plail les cœurs de ses ennemis, et les faire concourir, malgré qu'ils en aioul, à l'exécution de ses volontés ! Parce que le régne du Sauteur devait ooiumencer à la croix, il plaisait à notre grand Dieu que sa royauté v fût atleslce par une écriture publiipie et do l'autorité du gouverneur de la province, qui servira, sans y penser, à la Providence divine.
» Ecrivez donc, à Pilate, les paroles que Dieu vous dicte et dont vous n'entendez pas le mystère. Quolipie 1 on vous puisse alléguer, gardez-vous de changer ce qui est déjà écrit dans le ciel ; que vos ordres soient irrévocables, parce qu'ils sont faits en exécution d'un arrrl immuable du Tout-Puissant. Que la royauté de Jésus soit écrite en langue hébraïque, qui est la langue du peuple de Dieu ; et en langue grecque, qui est la langue des doctes et des philosophes ; et en langue romaine, qui est celle de I empire et du monde. Et vous, o (irecs, inventeurs des arts; vous, o Juifs, héritiers des promesses ; vous, Itoinains, maîtres de la terre, venez lire cet admirable écrileau ; fléchissez le gen ' ' votre roi. Bient(jt, bientôt vous verrez cet homme, abandonné de - s <lisciples. ramasser tous les peuples sous I invocation de son
nom nii'iiiMi arrivera ce qu'il a prédit autrefois, qu'étant élevé hore de celte terre, il attirera tout à soi, et changera l'instrument du plus infâme supplice en une machine céleste pour enlever tous les cœurs.
» (Jue le triomphe d'aise, quand je vois dansTerlullien que déjà de son temps le nom de Jésus, si près de la mort de notre Sauveur et du commencement de l'Eglise, déjà le nom de Jésus était adoré par toute la terre ; et que dans toutes les pruvim-ps du monde, qui pour lors étaient découvertes, le Sauveur y avait un nomhrc infini de sujets ! Nous sommes, dit hautement ce grand persnnii IL'. . presque la plus gran le partie de toutes les villes. Purs pêne ma fis cujiisque. Les Parlhes invincibles aux Romains, les Thraces an! i.mme les appelaient les anciens, c'est-à-dire gens impatients de tituU- siirlf de lois, ont subi volontairement le joug de Jésus. Les Médes, les Arméniens, les Perses et les Indiens les plus rci-ulés ; les Maures et les Arabes, et ces vastes provinces de l'Orient, l'Egypte, l'Ethiopie et l'Afri-jne la plus sauvage, les Scythes toujours errants, les Sarmales, les Gétuliens ; et la |i;ul).nip la plus inhumaine a été apprivoisée par la doctrine modeste du >:iiiv.;ir Jésus. L" Arii/ipiprre, ah ! la perfide .\ngleterre. que le rempart de s-'^ iD'is rendait i ' !e aux Romains, la foi du Sauveur y e.-'t abordée : liiifun/iorum in ;,'i>m(inis locn, Christo l'ero suhilita. Que dirai-ie <]( - ' ' .1 (10 l;i belliipieuse nation des (Wiulois, l'eiïroi et la t'-i i des fiers Allemands, qui se vantaient de ne craindre autn- ' . le ciel tombât sur leurs tètes ? Ils son! venus à Jésus, doux et ic des agneaux, flemander pardon huuiblemeni, poussés ■''■■ ' Ruine mt'^me. cetle ville su[ierl)e qui s'était si
lui iiirtyre de Jésus. Rome la inaitresse a baisse
la : au tombeau «l'un pauvre pr-chcur, qu'au
ilur mihi lî nntp tiittfo in honere templiirn iicmoriain Pftri S An^v iii Ps. xLiv.tom. iv. Il II >i vaste, qui ni dans <\u<
:' le grave Terlu ! iris le livr<
ici j ai lire presque tout ce que je viens de vous dire de luine de Dieu. Jésus rc^'iif partout, dit-il, Jésus est adoré ml lui la condilioii des ' pas meilleure rpie cd'
laves. Scythes ou Rom.i<> - ou Rarbares, tout lui e.'>
il '■-'■ . «'.il a tous, il esl roi de tous ; il csl le Seigneur et le Dieu île (Jii u-.fi rei/num et munen uhit/ue /torriffitur, uf/ufue rtf/nnf, nhii/u< ratur , non rer/ig aptid iltum major f/rufia, non hiirhari alicnji Itetitia; omnifius œ«/iutlii, omnibus re.r. omnibus Itfus et Ihi (Tcit'i!. adv. Jud. n. 7. p. IL'ti '" i esl le pin