XXVI. — PasMion de Xutpe-Sol|çnetip
liGO. Suivons letlivin Saiiveiiraii jardin des Oliviers, devant les tribunaux qui le fondaniiu'reut et j(isi|u'aii calvaire où il expira. Celle viiie douloureuse est toute traiée pur le sang adorable qu il a répandu.
d'^'iii es pour fuir leurs conversations mondaines et s'enire'enir av^c Dieu. Un bel enfant lui aoparul qui le salua avec une amabilité ci^lestp. Edmond le regarie avec ravissement. L'enfanl lui dil : « Ne me connaissez vous pas? — Je ne vous ai jamais vu, répondit Edmond. — Je m'étonne que vous ne me connaissiez pas, moi qui suis toujours à vos côtés et qui v<>u3 accimitagne partout ; lisez récriture qui est sur mon fionl » bll Edmond lut: Jésui. «Ayez ^oin tous lesjnurs. fj'>uia i'enfnnl de tracer sur votre front ce nom sauveur el vous sert-z préservé de mort bubile. » Edmond fut lldele à cette pratique tous les jiiurs de si vie.
(1) La passion peut être préchée avec grand fruit dans tontes les missions: elle servira à inspirer l'horreur du péclïé cl l'amour de Notre-Seigneur qui est le but de tous les exercices. Quand on traite ce sujet en delior-i du jfudi et du vendredi saints, on peut entrer am^^i en matière : « .Si le spectacle de la mort, des rigueurs du jugement, des supplices de l'enfer, n'avait pas allumé dans nos coeurs une haine implacable pour le péché, respice in faciem Chrisli lui. Tran.*porloPR-n"U8 au jirdin des Olives, aux divers tribunaux i<ii ciimpuiut le Sauveur, et enlla au Calvaire: et méditons les souffrances que nos pechi'sont coùit's au Fils de Duu, fait homme pour l'amour de nous. » On a soia de l:ll^•>'er rapidement sur la prem<^ie partie.
Le jeudi et le vendredi saints, on pourrait faire de la passion le sujet de deux instruc* lions, ou du moins dune méditation et d'un sermon -Le jeudi on développerait le premier point de l'instruction sur ce sujet, en la faisant brièvemeni pncéder du rt'cil évangelique de la dernière cène de l'a^fonie. Les causes de l'agonre feraient le partage du discours. — Nous ne faisons sur ce sujet que résumer saint Léonard.
Le vendredi saint on le jeudi saint au soir. — Pourquoi ces autels dépouillés, ces cierges éiemis, ces tabernacles vides, ces cloches mueUes, ces sacrifices suspendus f Au deuil de cette église se môle en ce jour ci-lui de la nature. N'est-ce pasau preniier vendredi saint que les ténèl<r>sse sont répandues sur la surface du monde, que le .soleil !<'est obscurci, qut* la terre a été ébranlée jusque dans ses fondements. Tout cet appareil lugubre pleure l'horrible attentai qui a éié un sujet de larmes pour les anges de paix euxœénes. L'homme resterait il seul insensible?
Jésus, le Fils de Dieu fait homme, est mort sur !a croix?... 0 Marie, ô Mère des douleurs, obtenez- nous de mêler nos larmes aux vôtres. Metit-z à mes lèvres des paroles, à ma voix des accents qui louchent les cœurs les plu» durs. 0 croix, un<que lumière de ce jours, unique espérance de nos cœurs affligés, lit doult-ureux sur lequel expira mon Jésus, je vous adore... Ahl étendez un de vos hras et frappez le cœur le plus obstiné. Détrempée que Vous êtes des gouttes de sang du Sauveur, détrempez nos âmes dans les pleurs du repemir!
On pourrait aussi dans l'exorde rapporter le trait suivant : Un missionnaire du Thibel rencontra un jour un médecin inlidële qui s'était fait remarquer par son dévouement pour les malades. Il commença, dans un premier entretien, à dissiper ses préj <gés contre la re igion chrétienne. Le médecin alla, quelques jours après, faire une visite au missionnaire, qui l'introduisit dans son humble cellule, dont une image représentant Jésus-Christ crucifié faisait luul l'ornement. Celle ima^e frappa vivement l'infidèle qui demanda ce qu'elle sigmliiiil ; le mis-imnaire en profila pour lui expliquer les my>tères de l'incarnation et de la Rédemption. Pend.mt ce temps, le mt'decin fondait en larmes. Le récit des souiïrances du Fiis de Dieu l'nvait touché, et bientôt après il recevait le saint baptême. On pourrait enlin prendre pour texte ces paroles- Benedicat vos Dominus noster Jésus Cliristiis qui pro nobis flagellai us est, crucem porlavit cl fuit crucificus; qui fourniraient la division et on commencerait le récit de la passion par la flaifellatioD, n. 1^84.
Erorde du P. Le Jeune. Un orateur romain invectivant contre un criminel qui f' ' ' '' !>•. lui disait: Matretn occidisli, vis dicam amplinsf Matrem
I .•'• voire mère. Que diraije de plus? vous avez tué votre mère ;
'j ;ien dire de piusffrave; c'est dépeindre plus que suffisamment
votre crime de le nommer seulement. On peut en dire autant de nous. Les hommes sont aujourd'hui déicides. Que dire de plus? les hommes .«ont aujourd'hui déicides; on ne saurait rien penser de pius énorme ; et je suis au nombre des hommes, je suis malheureusement complice des exi^crables déicides. Je ne saurais donc exposer les circonstances de la passion, sans exaszercr mou crime, et me condamner pwr ma bouche.
Et puis je suis destiiué de mon secours ordinaire, je n'oserais m'adressera celle qui avait coutume de me prêter son assistance: Car convient-il de présenter à la Vierge la Salutation Angélique? autant de paroles que je dirais, autant de coups d'épée perceraient son cœur. Je vous salue... non, il ne faut pas le lui dire. Quel salut peut «voir
PASSION DK NOÏRE-ïJBIGNEUR 503
4î70. — I. Agonie. — Jésus, c'est le Fils de Dieu ; il était Tenu sur la terre prendre un corps et une àrae comme nous, afin de souffrir pour nous, de iMiitor l:i peine mérilce par nos fautes et de nous sauver par là. Les troi remièros années de sa vie avaient été passées dans le travail,
riiii 11 et la souffrance, endurés pour l'expiation de nos crimes. Ce
n'élail point assez pour son amour, il voulait par sa mort nous mériter de vivre de la vie éternelle, à nous qui sans lui étions destinés à une mort éternelle. Sachant donc que son heure, l'heure de sa passion était venue, le jeudi, il institua au Cénacle Tadorahle sacrement de rKucharistie ; et puis se relira avec ses <lisciples hors <le la ville, traversa le torrent de Cédron et arriva avec eux sur le mont des Oliviers, à peu de distance de Jérusalem.
Ils entrent ensemble au jardin de (lethsémani. Jésus dit alors à ses Apôtres : Demeures ici pendant que je m'en vais prier là : pries aunsi, afin que vous n'enfries pas en tentation. Laissant donc les autres Apôtres, il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, ses confidents ordinaires, et il commença à être en proie à la crainte, à l'ennui et à la tristesse : Mon dme, leur dit-il, est triste jusqu'à la mort ; attendes ici et veilles arec moi : et, s'écarlant d'eux, il se mit à genoux et fit cette prière : ^fon Père, détournes, s'il vous plait, de moi ce calice ; cependant que votre volonté soit faite et 11,,., Li "lionne! VA. étant réduit comme à 1 agonie, il priait de plus en pli. it tou)i>iii"s les mêmes paroles et nous apprenant par là <jue,
dai ides douleurs, notre grande et souvent notre unicjue consolation,
c'< - -' résignée, non sicut ego vulo, sed sicut tu.
> jue nos péihés commencent par la pensée et voulant les expier
fdeinement, le Sauveur livre déjà son Ame à la douleur, en attendant qu'il ivre son corps aux bourreaux. La crainte, la tristesse l'oppressent si violemment que son front abattu retombe contre terre; une sueur de sang s'échappe de tout son corps, ruisselle <le tous ses membres, détrempe ses vêtements et inonde la terre, l'n ange du ciel descend pour le soutenir, lui le (Créateur des anges, lui qui soutient tous les êtres par la force de sa parole. Attendite et videte si est dolor sicut dolor meus! O vou^ fous qui passes, arrétes-vous. Si vous rencontriez sur le chemin im pauvre misérable, même votre plus grand ennemi, dans l'état où vous vovez réduit votre Dieu, votre Père, votre meilleur ami, auriez-vous le courage de passer outre,
eell« qui voit mourir devant ses yeux le Sauveur des hnmmes, le salutaire de Dieu .• Marie... non, il ne faul pas a*ngi la uammer: Marie veut dire <'loile de la mer, e( sa lu< mière est éclipsée au milieu de la tourmente des douleurs d<^ son bien>aim('. Pleine de grh'' " ' ' "• faut pas l'appeler ainsi; elle est aujourd'hui pleine de dissrrâce, de tri- Vocale me amara, qnia amariludine replerit me Dominns.
Le - ' ' vous... non, il nVsi pius avec elle, son corps est ras dans le sé-
pulcrr. cl siMi àines'en va au séj'tur des limbes. Vouséies bt'nie entre toutes Ira femmes... non, il n*» Tniit pa« lui donner cet «^loçe ; elle e>l la plus désolée, la plus affligée de tout' ■ ' ■' ■ ' ' ■ ■ • ' ird'hui;
le f ^, c'est
voi.c. , , .::„...,.,.. -^ et non
à la Irt-* sainte Nit-r;:?. que i.i.us devons adresser ces paroles.
Je vous <.i'i;p. -^nrir Tr :x, plein»' de irrâces ; le Seicrneur est avec vous. Je vous Miue .. < i>'<pendn le salut de» hommes:
In qua <•■•■ oui. car vous <*tes l'étoile
delà me '— '■ ^" '- ■" " 'ie
pénssali •
que le»i»' '■'-'
vous... OUI, car il t|uiUa Marin pour m: dooner (muI a vuu.'i, il n'eaitird>>c que votis. il veut mourir entre vos brus Vous êtes b/nie entre lous les arhrts, voo.s êtes plus noble
?[ue la p.t' ■ ' ' ' ' ' ■ . '■■'■•' 'le
ruil qui' '•
lion, et I. ^-. .. ,
S«<nle Croix, puisque vous prern-i la sex nn peu vi.trc riL'iiftir n.-iiiirel'e. pa- '•• ''ye»
aux lluiliii.i.-> i>i ■€ 1 t^ '^ir ...u- ,.11 1.1 II. Lt j.rijfi.r V m cm: Il ■ < wc^ v»... -.■ i--
croix, tsluoD8-U, MnissonS'Ia. 0 ctmx, avt.
la
60 i SERMONS DE MISSIONS
sans lui domanfler qui l'a roHiiit A une telle ngonie? 0 Jésus, dites-nous la cause lie vosrrainles, de votre tristesse! Il n'est point iri de cœur assez dur pour ne vouloir y porter un allèjiement (1).
an. i" l'remifrp ranse. — Ali! ce calire amer A la vue duquel Jésus s'épouvante, c'est celui de sa passion. Il sait tout d'avance, il voit tout ce que lui réservent la perfidie jalouse des Juifs et la rage des bourreaux. La trahison de Judas, les cordes dont on va le garrotter, les soiiITlçls, les hlasphèmes. le reniement de Pierre, les dérisions «IHérode, les fouets, la couronne d"é[)ineR. la croix, les douleurs de sa .Mère et des saintes femmes, le vinaigre qu'on lui offrira, le criicideuient. la mort, tous les tourments de sa passion s'offrent à lui comme dans un tableau. Kl, par delà sa mort, il entrevoit les tourments de ses maHyrs. ses fidèles serviteurs méprisés, livrés aux railleries des impies, ses religieux poursuivis comme des criminels et tout ce que l'enfer aura de rage pour détruire son œuvre.
A la vue de tant de maux, il se livre à la crainte. Quel bourreau que la crainte ! Klle s'acharne h torturer l'Ame qu'elle saisit, et lui devient un siipplice plus grand que les tourments mêmes. Sans doute les douleurs du ('œur sacré de Jésus dans ce jardin furent aussi grandes que celles mêmes de sa passion. Aussi, s'écriait-il : Transeat a me ca/ix isfe ! Qu'ils tremblent ceux qui font la guerre à la religion, qui se moquent de ceux qui la pratiquent. Jésus a tremblé A la vue des persécutions qu'ils feraient subir à ses serviteurs et il s'est écrié : Transeat. etc. 0 mon Jésus, qu'il se hftte de venir vous fortifier l'ange que vous envoie votre l'ère!
Ah ! si vous ne mourez pour notre salut, nous allons tous à notre perte et à la mort ! Aussi Jésus ajoute aussitôt : « Mon Père, que votre volonté soit faite et non la mienne ! » Pu reste, les persécutions et les souffrances de sa passion n'étaient pas la principale cause de sa tristesse et de ses frayeurs. N'avait-il pas dit (ju'il lui tardait d'être lavé dans son sang, afin d effacer les souillures de nos Ames dans ce bain salutaire? N'avait-il pas prédit à ses Apôtres la persécution comme une béatitude (pii leur ouvrirait le ciel ? Il est donc une autre cause |dus elïicace de la tristesse du divin Sauveur.
1272. 2o Deuxième cause. — Ce sont les j)écbés du monde. I>e péché est un si grand mal que tous les anges et tous les hommes réunis sont incapables de satisfaire à Pieu pour une seide faute grave. Les hommes sont donc impuissants à payer leurs dettes à la justice divine ; le Fils de Dieu seul pouvait se faire caution pour eux, et il s'est oITert à son Père pour porter à notre place la peine que nous méritions. Il s'est chargé de nos péchés ; et son l'ère, dans sa bonté pour nous, a consenti à laisser peser sur lui ce fanleau : Vere iniquitutes nostras ipse (ulit. Posait Dominus in eo inir/uitafem omnium nnstrum. Or, le moment était venu d'expier tous ces crimes. Son Ame divine connaissait toute la laideur et toute l'énormité d'un seid péché mortel: elle sentait l'outrage, en quelque sorte infini, qu'il fait à toutes les perfections de Dieu, toute la honte, toute la Hétrissure qu'il imprime.
Son cœur trois fois saint, avait une souveraine aversion pour toute souillure. Jamais l'innocent agneaun'a eu autant decraintedu loup furieux, jamais la colombe n'éprouva autant d'éloignement pour l'oiseau de proie: jamais l'homme n'a eu autant d'horreur pour le poison, pour la peste, pour la mort, que iNotre-Seigneur en avait pour un seul péché, lui «piiest la sainteté infinie. Kt, pourtant, il voit se dresser devant lui, non pas quelques ftéchés seulement, mais tous les crimes des hommes de tous les lieux, de tous les temps, avec leurs circonstances les plus horribles ; les péchés qui ont désolé 1 Europe, l'Afrique et tous les points du globe, depuis la désobéissance d'Adam et le meurtre d'Abel jusqu'au dernier blasphème de l'Antéchrist et du dernier des impies; toutes les abominations qui ont tait submerger par le déluge les hommes qui peuplaient la terre ; celles qui ont appelé sur cinq villes coupables une pluie de soufre et de feu ; tous les sacrilèges, toutes les haines, tous les vices dont les hommes se font tristement les esclaves,
(I) Les développemenis qui siiiTent servirnnl à l'instruction du jenni •^aini au sojr, quand on «levra s'y b -mer à traiter le mystère de l'ai.". nie de iém>. D-ins un sermon sur la passion, on ne ferait que les indiquer et on passerait aussitôt à la .Icuxièrae partie, n» t278.
Passion de NOTBESEiaNEUR 505
1*73. n vît on .pite nuit toutes les nuits ténébreuses des pécheurs, toutes ' < désirs, toutes nos œuvres les plus secrètes elles plus hon-
vue eut suffit pour plonj^cr son ànie dans une m .telle Inslosso. Il connaissait son l'ère si bon, si çrand, si saint, si opposé a i.Mit mal : et coniuiont un toi Fils, n'aurail-il pas le cœur percé par les ou- ' ' ni (le toutes parts vers le Irùnc arlorable de son Père !
\ ' pas seulement ce déluge d'ini<piilés, il s'en trouvait char-
^,- n 11 MHii.ii, rxi.ior tous ces péchés. C'est alors que son t\me qui est la candeur des cieux, se voyant comme enveloppée d'un ténébreux nuage de tant de turpitudes, s'écria': Traiiseat, etc. ; elle entra dans une frayeur, dans un ennui, dans une tristesse mortelle.
Oh ! Jésus se tro<dtle ; et nous ne nous troublons pas. nous les coupables ! Oh ! pécheurs, vous ne tremblez pas, quand vous avez sur le cœur une faute t'i-.'Vf vmis sentez le remords pourtant et vous cherchez à vous en distraire! rde. ce trouble qui vous saisit, la tristesse qui vous envahit, sont la dernière çràce de Dieu. Tombez à genoux plutôt; priez, le front contre la terre, avec Jésus au jardin des Olives et criez vers Dieu : Transeat, etc. Ne cessez de j»rier que lorsqu'un ange du ciel, c'est-à-dire un prêtre, auquel vous aurez fait connaître votre malheureux état, vous aura fortifié en vous disant : Allez en paix. »
0 mon Jésus, comment à la vue de votre douleur ne pas concevoir le repentir de mes fautes ? Elles font jaillir votre sang, comment ne feraient-elles )as couler mes larmes ? Mon Dieu, pardon, c'est moi qui ai pesé sur vosépaues de tout le poids de mes crimes, et jai fait retomber contre terre votre front auguste, appesanti par cet écrasant fardeau ; mes pensées, mes paroles, mes actions coupables ont été autant de serpents qui ont déchiré votre cœur au jardin des Olives, de leur dard empoisonné. Ah ! si je n'avais pas tant péché. Jésus mon Dieu n'aurait pas tant soulTert ! Quelle pensées, quel souvenir ! <iardez-le toujours et la contrition sera votre disposition habituelle. Ce sont nos péchés qui ont été une des principales causes de l'agonie de Jésus.
Ii74. 3'> Troisième cause. — Mais il est encore une autre cause de l'agonie do Jt'siis. <]Ho nous ne pouvons passer sous silence. Si le Sauveur à la vue de tuiii.^I.s ^..iMlriiicf-s, de toutes les hiunilialions de sa passion, de tous les «liiiMs .l.rii li ii.iit (Iiargé, avait pu se dire que désoruuiis le péché allait .■■tir i.iiiiii - Il i 1 i.iM', que tous les hommes pour qui il allait mourir, profiliTaiciii ijf vi> >iiiii-,i lires en faisant leur salut, il eut accepté avec joie le calice de sa passion ; mais perçant le voile qui cache l'avenir, son regard divin vit fju'après sa mort il y aurait encore des crimes et encore des réprouvés; et, à ce spectacle, la sueur «le sang ruissela plus abondante. 0 sang qui coulez des veines de mon Jésus, que de nouvelles douleurs vous causez à cette divine Victime !
Etpndii H demi-mort snr la terre, le Sauveur considérait que ce sang serait jM.iii de rondamnation. Il entrevoyait les impies uui s'en
irai liant tie tout ce qu'il aurait fail pour leur salut. 11 voyait
IfM ^ dans le péché, désertant lessacremcnls do l*énit. n •
t'I . ut à la gn\ce et par ctiuséquenl no s'appliquant pa-
in. I.;, pi [mis surpris par la mort avant <lo faire pénilonc».- , u
M. •; ipii no le reconnailraiont |tas pour leur Dieu, les Juifs qui
le III '■ ;■ n I a uni .
UT . Il mo semble l'entendre pousser vers son Père des gomissoments et
fi. s s .(ipirs. Mon Père. j'ail(u-e vm-^ .i/., .-..iv;, niais poiu* qui voulez-vous que je
rn.iii.' '' Il y eu a si |ioii qui se la us mon sang ; (Juœ utilitas in siin-
f/inn, ,,i,;,'-> Il s. 1:1 ,!,,n<- \iai .1 . .i' sorvira A écrire la sontonco do
.Il re : i'affr, transeut, olc. La passion, je no
la . , lûmes, je les porterai; mais ce que ic n.' \>\:\^
a . .';''.|-. c est la porto lios àmos. Viens, ô croix, je t'embrasse ! Ci-
a .."'■. n .sang <pii dcvo7 inirilior les cœurs; pèches du monl'
III je mo rè^ il ; mais je ne puis souiïrirqu ■
..- irquijc V il', rt'^ Aiitf»s ipti vont me cou
Aniob, o «non Pèro. cr» » t s a \ulre im i vous glurilicf cUuucllc-
ment ! Mon Père, f/ue ce talice s'élo:
506 SKRMONS DK MISSIONS
Verumtamen, elc. Mais p(iis<]iie vous Je voulez, à mon Père, lors même qu'un prnnd nombre vou<lraienl se jterdre pîir obslinalion dans le iiiiil, n'y eùt-il Mu'^iiie «lu'ime seule Aine <|ui diilèlre puriliée par mon sang, pour (pii ma mort diit i^tre la source do ItHernelie vie, volonllers je verserai mon sanp ! Je mourrai pour tous, dussé-je n'en sauver qu'un seul ! Vous ne voulez pas qu'un seul de vos enfants périsse, je ne le veux point non plus : Non sinif ego volo. sed sicut tu ; mais ma douleur est immense, en voyant ceux qui iront malgré tout à réternellc damnation.
liT'i. () pécheurs, depuis si longtemps coupables, qui retardez encore votre conversion, pécheurs inditTércnls, qui avez déjà un pied dans la tombe etqui hésitez encore à prendre ries moyens pour vous sauver, c'est vous qui avez présenté à Jésus au jardin des Olives ce calice si amer, qu'il deuiandail à son Père d'éloigner de lui! Qu'avez-vous fait jusqu'à ce jour des fruits de sa mort, des lumières qui ont éclairé votre esprit sur le néant des plaisirs et des biens que vous recherchez, en oubliant votre salut? (jn avez-vous fait des remords qui vous ont poursuivis, des bons désirs qui vous ont animés dans des jours de ferveur? Qu'avez-vous fait des sacrements, de la parole de Dieu, des inspirations de la grâce qui vous est sans cesse offerte ? Ah! si jusqu'ici vous êtes restés insensibles à nos paroles, du moins écoutez à celle heure la voix de Jésus.
Après avoir dit à son Père qu'il ne pouvait se résigner à vous voir vous perdre, il s'a<lresse à vous; il vous montre son corps adorable inondé de sang, il vous montre la terre du jar<lin où il prie, qiu en est détrempée, son visage défiguré par la douleiu", et il vous dit : Transcat a me calix iste ! Mon (ils, mon enfant, pourquoi me tourmenter, pourquoi oppresser le ca-ur de Ion père et de ton ami qui veut te sauver f Veux-tu donc que ma passion soit inutile pour loi, que le ciel que je t'ai ouvert au prix de tant de souffrances, te soit à jamais fermé? Aie pitié de ton Ame, aie compassion de ton Dieu, mon pauvre pécheur ?
1277. I.a jiiorre sur larpielle le Sauveur était à genoux au mont des Oliviers s'amollit ; elle fléchit sous le f»oids de son corps; notre cœur ne sera
S)as plus dur que ce rocher. Comprenant maintenant que la passion que le 'ils de Dieu a endurée pour nous, que nos péchés dont il a porté le poids, que la vue <le notre endurcissement et de l'abus que nous faisons de la grâce a été la cause de l'agonie de notre bon Sauveur, groupons-nous autour de lui avec l'ange du ciel qui lui apparut pour le fortifier.
0 Jésus, vos douleurs viennent de moi ! Ce sont mes péchés qui ont courbé votre corps vers la terre, c'est la vue de mon endurcissement et de mes infiflélilés qui a rempli votre Ame d'une tristesse mortelle. Mon Dieu, il est temps que je «lonnc à voire c<pur la joie que vous avez droit d'attendre de votre enfant! Mon Dieu, plus de pèche ! Front auguste, relevez-vous de la poussière, je veux me relever moi même de la fange et de la souillure où e me suis étendu. Mon Dieu, ce ne sera plus en vain que vous aurez souferl pour moi ! Je veux laver mon c(pur dans votre sang en m'approchant du saint tribunal et de la table sainte, et désormais tout mon soin sera d observer votre loi, Seigneur, et d'être ûdèle aux inspirations de votre grAce {{).
1278. II. lo Trahison de Judas. Fortifié par sa prière et par la visite de l'ange, Jésus se lève et se dirige vers ses Apùtres qu'il trouve endormis : Sun/ite, eamus, dit-il ; voici que celui qui doit me trahir approche. Le voici venir en effet ; c'est Judas. Terre, comment oses-lu le porter ; et toi ciel, pourquoi ne lécrases-tu pas de tes foudres ! Les bourreaux ne connaissent pas le Sauveur ; Judas sesl chargé de le leur faire connaître (2). C'est
(1) Ici flairait le sermon du jeudi saint. Dans tout ce qui suit, nous ne faisons presque qu'abréger l'incomparable pa&sion de saint Léonard.
(2> Quid vuUis mihi daret II s'en remet, remarque saint Jérôme, à leur discrétion, et il le» prend euxmômes pourjuge.s du mérite de Jé8us-Ct]rist : Chriitum quasi tile mancipium in ementium ponens œslimatione. Le orix ordinaire des esc aves, c'était trente deniers, et il s'en litnl là. Ah I pertide, s'écrie saint Augustin, que (ais-tu T Jésus- Cbrist veut le sauver aux dépens de sa propre personne, et lu le vends, tout Dieu qu'il
PASfsiON DE NOTRR-SEIQNEUn 507
celui que j'embrasserai, leur a-t-il dit, saisissez-vous de lui et emmenez-le sous bonne fianlo. Et voilà le traître <|ui jette ses mains au cou de Jésus et lui donne un lutisor. Mon nwi, lui dit le sauveur, poun/uoi t'fes-vous ventif Jésus est plus touché de la perte de Judas que de son crime ; et il cherche plutôt A le sauver qu'à le confondre. Os paroles eussent converti un scélérat ordinaire, et amolli im cœur de tigre ; mais cpioi de plus endurci que ceux
3ui ont abusé des plus j?randes grâces ! Jutias se retire et se mêle à la troupe es ' :\, qui se saisissent de Jésus, pendant que tous les disciples
prci lite.
i.i'i.'. - jrutis ra/ttif. — Les soldats lièrent Jésus comme un criminel Notre bon Jésus est prisonnier, mes Frères bien-aimcs, sovons saisis de douleur ; le voilà captif pour notre salut. 0 Marie, votre divin Fils est prisonnier ! Ouelle nouvelle poiu* vous, que de larmes vous avez répandues en l'apprenant ! C'est nous qui les avons fait couler, aussi bien que le sang de votre divin Fils. (Hi ! donnez-nous d'en verser sur nos péchés qui firent votre marlvrc »M . -lui do Jésus, tandis que plus fidèles que les disciples, nous allons r devant les tribtmaux où on le traîne.
1-^ '/evant les trihunaïuv des Juifs. — Les soldats conduisent
1) Jésus chez Anne, beau-père de Caïphe. puis bientôt après chez Caïphe luiraème où tous les ennemis de Jésus s'étaient réunis.
La bonté et les miracles de notre Dieu lui avaient conquis et l'estime et l'affection du peuple ; et les grands par une noire jalousie conspiraient sa
[»erte (I). C'est là qu'un valet donna un soutïlet à cette face auguste qui fait a joie des anges ; c'est là que plusieurs faux témoins s'élevèrent contre lui f>our faire condamner l'innocent ; mais leurs dépositions contradictoires aissorent voir à tous la fausseté de leurs accusations. Aussi Jésus n'y répondit : -in silence.
> t rien pour excuser la sentence qu'il voulait porter contre lui,
Caqiii.' 1111 un : <. Je vous adjure, au nom du Dieu vivant, de nous dire si vous êtes le Christ .Fils de Dieu. » Alors, voulant rendre un témoignage éclatant à la vérité, Jésus répondit : Vous l'ave: dit, je suis le Christ, Fils du Dieu virant, et de /dus j'ajoute </ue vous verres un Jour le Fils de Dieu, «ievf"' '•/- 'fp l'homme, assis à la droite de Dieu, venir sur les nuées du cifl ii-r le monde. .Alors, cachant sa joie sous le masnue d'une dou-
leur .. , ..1'. Caiphe déchire ses vêtements et s'écrie :« 11 a blasphémé, qu avons nous lu-soin de témoins? Et tous concluent que, pour avoir dit la vérité, il est digne de mort.
est. pour une vile somme d'argent : il va donner sa vie pour toi, et ta le donnes luimême pour rien Miis Juiia<t ferme les yeux à loat, et l'aveuglement de son avarice le conduit t l'enlurcissement et à l'ubslmation. f Bodrdaloue).
M) Quid facimut quia hic Homo multa signa facil? Aveugles ci conducteurs d'aveuei*»* ' i'.f «(«^ viiiis ferei'? c>*i <)p vous écrier avec le peuple : Que te Seigneur a ri.^il ■ • ■ 1 été suscité parmi roM« ; c'est de lui dire
avi s Cirux ; MnUre, nous savons que vous êtes
eni ijy . , ,. ... ,dire les œuvres que rous fuitfs. si lHeu
n'est arec tui. {Jutii fnrimus t ce que viius ferez? o'est de due avec l'aveugk-né : Sei'jni'nr. nous rmifons qnr mus rtr% le Fih de Dieu, avec une femme Tyrienne . Fi* 10 Siméon : Aous ifK/urrons en paix ni'ii it de Dieu: avec les disciples. A qui pi,n ■■•■ - '-■ ' '•• I ;■■•••- "•■*
Que (vt'iUi-ai'Un] et qui aou» liioinierii le «ulul pruiiii^ u U teire 7 Lei^ iiatiuni» qui le désiraient nepuis tant de siAcles, auraipnl eu drnii de dire ' Oue ferons-nou* ^ rdus avons attendu la Im' ■
ptièies. qui avaient
qu'il laide tant de ve , ,, . ^ A
qui la gr&co de Dieu, notre Sauveur, a apparu ; vous dont tes yeux ont (■■ >-
reux pour voir ce que tant de pmph*i^s avrtient pt^'-rtil, rr qtir tant ilf v t
déliré, ce que tant t
de sircles à la terre
nei-vous avoir à f....w -,-1^ ..^ ..^.k.^,^. ^ ,cv,c,.i. .c -«i.ii .ir,,u,.^ v...,-. , - à
voa pères. (Mascillo:^).
508 SFRMONS DE MISSION !«
0 iniqiiil»' Mc? jugemcnls du inonde, I innoceme pst ((nifiiuiiiii'p i >i le monde vous a on haine, sachez qu'il a haï Jésus avant vous, el le disciple n'esl jms au-dessus du maiire. Si vous étiez du monde, le monde vous aimerail ; et s'il vous déleste, c'est une preuve que vous êtes fidèles A Jésus. Kt vous que le monde applaudit, treml)lez. Les éloges îles mondains sont aussi injustes que leur haine, et de plus ils nrouvent (jue ceux (pii les reçoivent appartiennent h ce monde maudit pour lequel Jésus n'a |)as prié.
1i81. i) La nuit c/iec Caïp/ie.. Après ce premier iulerro}i;atoire, les ennemis de Jésus vont prendre leur repos et laissent l'adorahle Sauvetir à la merci des bourreaux et des valets. 0 nuit douloiireuse, 6 nuit qu'il faudrait pleurer avec des larmes de sang ! A l'envi, ces scélérats sont a la recherche des coups et des outrages (jui humilieront et feront souffrir davantage leur victime. Les uns lui crachent au visage ; les autres lui bandent les yeux el, lui appli«piant dessoufllets. lui crient avec dérision : Prophétise! Qui est-ce qui t'a frappé ? On alla même jusqu'à lui arracher la barbe.
Lt pendant ce temps, le divin Sauveur offrait ses joues aux coups et aux impurs crachats. Pas ime plainte, pas un murmure. Ce divin Agneau garde le silence sous les coups de ceux qui s'apprêtent à l'immoler. Orgueilleux el vindicatifs que le mépris irrite, qui ne savez, sans entrer en fureur, supporter un aifront, voilà votre modèle. Vous croirez-vous encore humiliés de pardonner et d'étouffer la vengeance, quand Jésus ne se plaint pas d'être naffoué et soufllcté pour l'amour de vousT
12Sâ. :i) Heniemenf de Pierre. Les outrages et les coups des bourreaux atteijinirent moins au co'ur le divin Sauveurque le reniement de Pierre. Pierre lui aussi, l'abandonna. (1) Pierre, à la voix des valets et même d'une servante, eut la faiblesse de dire qu'il ne connaissait pas Jésus. Au lieu de prier, Pierre avait dormi ; el, comptant sur ses forces, il s'était exposé au péril, en s'engagcant au milieu des ennemis de Jésus; el il tomba misérablement, comme tombera toujours toute Ame qui ne prie pas et qui s'expose au danger.
Jésus aperçut Pierre après sa triple chute, il le regarda et Pierre rencontra ce regani ; il y lut un reproche plein de tendresse el de compassion. Il comprit et sortit aussitôt en versant des larmes de repentir. Ses larmes ne cessèrent jilus de couler jusqu'à sa mort ; et elles creusèrent deux sillons sur les joues du chef des .Apôtres. Nous l'avons bien souvent imité dans sa faiblesse et dans sa lâcheté, imilons-le dans son repentir. Tandis que Pierre pleurait, les soldats se firent un jeu, durant toute la nuit, d'outrager et de frapper le Sauveur.
4) Le vendredi axi matin, les juges iniques qui l'avaient condamné la veille, se réunirent de nouveau pour confirmer leur sentence ; et ensuite l'entrainèrent lié chez Ponce Pilate, gouverneur de la Judée.
12S3. 4o Jésus chec Pilate. — Pilate connaissait l'innocence de Jésus; il savait que c'était par jalousie qu'on cherchait à le perdre. 11 n'ajouta donc
(\) Il affecte d'ignorer jusqu'au nom de son divin Matire. Lâche disciple I Mais c'est* lace Jésus, qui de pécheur de poissons, vous avait fait devenir péclieur d'hummes; et qui pour votre harque el vos ^llel^, vous avait éiabli le chefel le principal ministre de son Eglise : Son nori hominem : Il ne le cnnati plus. Mais c'est-là ce Fils du Dieu vivant que vous aviez confessé si généreusement, et pour qui vous aviex tant de fois prolesté que vous étiez prêt de mourir : Aon novi hi^minem. Il ne veut plus le cuonaiire. Mais c'est-là ce bon Malire qui vous avait honoré de sa plus tendre tsmiliarité : qui vous avait admis k ses piussecrèies faveurs, et toujours préféré k tous les autres Disciples ; il afTecie d'en ignorer jusqu'au nom : A'on novi hominem . M»is c'esi-là ce Seigneur qui vous soutenait sur les flots, k qui les vent» et la merobéitisaient, et que vous aviez vu sur le Ttinhor environné de tant de gloire el d'immoiialiié ; il ne le connafl pins : Aon novi hominem Mais enfin c'est-là le Christ, à qui tous les prophètes ont rendu témoignage; cet Agneau de Dieu, que Jean-Rapliste vous a montré; que tous les sacrifices avaient figuré; que tous vos prres avaient demandé; que les hommes appelaient, il n'y a qu'un moment, les uns Elie, les autres Jean Baptiste, ou quelqu'un d'entre les Pnphèies; et que vous aviez reconnu vous-même, pour le Fils et l'envoyé de Dieo, qui seul avait les parole? de la vie éternelle : il ne le connaît plus; Aon nori hominem. Il oublie ses bienfaits, ses miracles, sa doctrine Jusqu'où le i-espt^ct Itumain n'aveugle» t-il pas un cœur faihle et timide I et quan<l on craint encore les hommes, de quoi peuton répondre de soi-même àJésus-CbristT (MAStiLLon;,
IVxâStO^^ r»K NÔTRE- sKir.KELn 509
aucune foi à leurs accusations, et chercha, pour le délivrer, des expédients qui ne servirent »}u"à exposer le Sauveur à «le nouvelles cruautés. 1) Ne parlons pas du renvoi de IMIatc à Hérode. roi de (ialilée. Ce dernier se moqua de son hieu : et. après lavoir revèlu d'une robe blanche, coinuie un insensé, il le fil reconduire chez Pilale.
2) ' rneur avait coutume, aux fêles de Piques, de donner la liberté
à un , r au choix du peuple. Il proposa donc à la populace, qui avait
eovatu sou tribunal, de délivrer celui quelle voudrait : Jésus ou llarabbas. l'ilale espérait i^ue le peuple demanderait plulùl la délivrance de Jésus qui avait rendu la Tie aux morts, que celle de Barabbas, cel assassin qui avait donné la mort aux vivants. Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre ? demanda-l-il ; et la populace crie : Non hune sed Barabbam : Nous ne voulons pas de Jésus, délivrez-nous Barabbas!
Anges de Dieu, que ne répliquez-vous au milieu des tonnerres pour épouvanter ces misérables : Non pus Burahbas, mais Jésus ! .Mais les anges se taisent, ils auraient trop à faire, s ils devaient foudrover tous ceux qui préfèrent Uiiralilias à Jésus. (Jue fait-on, en effet, dans le monde, sinon de préfén-r l;t (piio au ciel. les sens à l'esprit, la créature à Dieu? Voluptueux, iviics. vinii aiits, que pré ferez- vous de Jésus ou de vos passions : Non hune, sei/ Burdlihiini ; (et on développe).
U aveuglement! Eh bien ! prenez voire Barabbas, répond Pilate ! mais que ferai-je donc de Jésus qu'on appelle Christ? Qu'il soit cruciûé! répond la foule. .Moi*s le lâche président sent sa conscience cpii crie plus haut (|ue leur rage, et il leur dit ; Je n'en trouve aucun motif: Nullam mortis invenio in eo "lustim. U devait donc le relâcher; et il l'eut fait, mais l'intérêt cria plus ! lit que sa conscience ; il eut peur de perdre son poste de gouverneur, quand il eut entendu ces cris menaçants : Si hune dimitis non esamicus Cœsaris. Kt, voulant apaiser la colère du peuple en lui inspirant la compassion pour sa victime innocente, il lit llageller Jésus.
1284. \\) La /luf/ellation. L'aimable Sauveur est donc dépouillé de ses vêle- II I lui lie les mains derrière le dos et on l'attache à une colonne,
bourreaux, dit saint Jérôme, s'avancent, deux armés de lanières il' III mmé, deux avec des verges aiguës et épineuses, etdeuxavec deschainr< le fer. «Ils s'acharnent tour à tour comme des lions sur leur proie. Les • ' " " "(Trent plus un champ assez vaste à celte grêle de coups ; on frappe : les coiuToies ceignent le visage, le front, les yeux du Sauveur ; 1' ■ i""vent sur la poitrine, sur les jambes, sur les bras.
Le^ Meurtrissent, les verges épineuses et les chaînes de fer déchi-
'■''"' i> li.'s pied.s ju.squ'il la tète, le corps adorable n'est qu'une
I ées volent en lambeaux ; le pavé est inondé de sang ; la
u sonl teinLs ; les mains, les bras et les vèlenjents des
lent. L'air retentit des coups, le préloire y fait écho. Jé-
C'est ainsi qu'il expie les coupables plaisirs des âmes
• s et sensuelles.
Mit un des bourreaux, ému de compassion, le détache de la culoiiue . mais il esl si atTaibli qu'il tombe à terre ; et Terlullien rapporte quo lorsque r(^ corps sacré eut roidé à terre, les bourreaux à coups île pieds ?" Mt de l'un A l'autre. IJuel poids que relui de nos péchés qui
I' ■ l>ieu lui-même! U vous, qui prenez le péché mortel pour
le et qui ne le sentez pas plus cpi une plume sur vos épaules, \in Jésus écrasé .sous les pieds des scélérats! Kncore une fois, quel i' '-lui qui i' lu Dieu ! .Malheur si vous avez ce poids sur la
*'< et trois I ur si vous ne le sentez pas ! Vous le sentirez
un j<Mir, lu-ias ! quand u vous aura précipité sous les pieds des démons eti enfer 1
iiSo. 5) Le couronnement. Ces barbares jetant leur» fouets, prennent de» épines très aiguës, cl en font une niunuine «piils enfon<'eul sur sa tête. Ils nt.'ii.iii viM ^"v t>|,;ti)|ps un lambeau «le |iour|>re et eu ses mains un roseau ei Ire, l'insultant ainsi et le tourmentant tout à la lois, i.liaquc
é[ii:, . iicore son front et inii illvpur.niri- < i i';(i-c adora[)ie s.ms do
nouveaux ruisseaux de san^.
liSO. rt) irrr hoino. Lo divin Sauveur présente un asiicrt m jutoviiitip, «jue Pilatele rroil capable il'nllendrir ses plus cruels ennemis. Dans ce but, il l'expose pu col rtat au re^'anl du peuple, et crie en le leur montrant : Ecce homo: Voila It's itsifs d'un homme victime de votre fureur! (jne voulez-vous de
f dus; votre ram'nesl-elle pasassouvie? Voilà cetiiomme <piia passé en faisant e bien, cpii a guéri vos malades et ressuscité vos morts; en relourde ses bienlaits, ne l'avez-vous pas assez maltraité, n'est-il pas temps de le déii* Trerenlin? Hélas! la populace crie : Otez-le-nous de devantlesyeux et cntcifiet-le.
Barbares, ingrats, vous ne voulez plus avoir sous les yeux Celui qui fait les délices du paradis; et moije veux le contempler avec tout l'amour et toute la compassion qu'il mérite; je veux le montrer dans l'état où l'a réduit son an)ourpour moi, au ciel et à la terre, en disant, non \A\is Ecce homo, mais Ecce /)eus! Anges saints, n'est-ce pas là votre Créateur, votre Hoi, aux signes duquel vous obéissez en tremblant; le reconnaissez-vous? Et il me semble entendre les anges qui répondent : Nous l'avons vu et il était méconnaissable ; et tous, étonnés de cet excès d'anioiu- pour les hommes et de cet excès de souffrances de leur Dieu, pleurent amèrement: Angeti pacis amare pebunt.
i2S7. 0 Ames justes et pénitentes, voilà votre Dieu, le reconnaissez-vous? Ah! vous ne pouvez le voir sans émotion ; vous sentez trop ce que vous lui devez! (Test par ses souffrances cl ses humiliations qu'il vous a obtenu le pardon de vos péchés, la paix de la conscience cl le droit d'aller au ciel ; aussi vous toiu-nez vers lui des yeux pleins de larmes, et vous lui dites : Vous êtes uion Dieu, mon seul amour, mon tout: Tanto mihicarior, f/uanto pro me vilior.
Ecce Deiis, voici votre Dieu, démons de l'enfer; c'est lui «pii vous gouverne avec un sceptre de fer, depuis(|ue vous vous êtes révoltés contre lui; dites-moi s'il avait soulTerl. pour vous sauver, une parcelle de ce quil a enduré pour rhon)me, ne l'auriez-vous pas ensuite servi et aimé? El les démons semblent répon<ire du fond de l'abime que, si leur Dieu avait souffert pour les arracher à l'enfer, ils se seraient fondus pour lui de tendresse et de reconnaissance.
i'iHH. Pécheurs, Ecce Deus, voici votre Dieu; les anges pletirent en le voyant, les justes et les pénitents sont attendris, les démons eux-mêmes sont étonnés, serez-vous insensibles? Regardez ces insignes humiliants, ce vil haillon dont il est couvert, cette couronne douloureuse; il a choisi pour lui les fouets, les crachats, les é|)ines et il nous réserve les beautés et les joies du paradis. Un Dieu si bon ne mérite-l-il pas nos larmes, d'autant que c'est nous qui sommes la cause de ses humiliations et de ses souffrances ? Car enfin, pourquoi a-t-il subi les crachats et les opprobres, sinon pour ex[iier notre orgueil ? Pourquoi les épines et les fouets, sinon pour porter le châtiment de nos actions, de no» plaisirs et de nos divertissements coupables ?
Au lieu d'être de ceux qu'attendrit la vue de ce Dieu soutTrant, voudriez- Tous, comme les Juifs, crier ; Qu'il soif crucifié : crucifif/atur I A la croix, à la mort! Mais quel mal vous a-t-il donc fait? Pilate lui-même l'a déclaré innocent. Est-ce parce qu'il a été bon à l'excès pour vous que vous voudriez l'offenser encore? Ah ! si tel était votre endurcissement, je me lave aussi les mains de votre perte : Innocens ego sum a sanguine. Si vous vous damnez, votre perle vient de vous, el vous pouvez dire : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants.
Ah ! pécheur, en serais-tu venu à la dureté de ce peuple déicide, maudit de Dieu et des hommes ! Voudrais-tu que le sang du Sauveur servit à écrire ta condamnation, el non une sentence de salut? Mais je mégare, il n'est personne ici qui en soil à un tel degré d'obstination. 0 mon Jésus, tous les cœurs sont à vous; et s'ils désirent que votre sang tombe sur eux, c'est afin de les puritier de leurs fautes, c'est afin d'y mêler les larmes de leur repentir.
128y. III. Pilate, intimidé par les cris des Juifs et par leurs menaces, leur livra l'innocent pour être crucifié. !« Portement de la croix:. La croix, longue
l'AJÎSION' Dtt KOtRF. SEFOSF.rft 511
,\f iniii/.^ ni. ils et large <le huit, est préparée. Jésus lembrasse. Le naulVagé
iveo plus lie joie el «l'empressement la plam-lie de salut qui
; t* au rivage, cpie Jésus ne serra dans ses bras ce bois, par
. i tant de pécheurs doivent échapper au naufrage éternel el parvenir au
; ■ ' lis.
1 ^ votir se charge de ce fardeau et se met en route du côté du Calvaire,
, ir les bourreaux el suivi par la populace qui vocifère. S'il tombe
I ■ i|i sur coup, bourreaux, pourquoi le pressez-vous avec violence ? C'est
lut 10 faute et non la sienne ; c'est nous qui avons ajouté à son fardeau celui
il. lios péchés. Ne parlons pas de la rencontre douloureuse de Jésus et de sa
i|i\inp Mère. Ah! qui pourr.iit dire cequi se passa alore dans ces deux cœurs;
iiTélons pas avec les saintes femmes qui se portèrent en pleurant
e. il nous tarde d'arriver au Calvaire (1).
'II. „" Le crucifiement. — l^es quatre évangelistcs décrivent avec détails
^ les autres circonstances de la passion : l'un, l'agonie du jardin des
'1 ws; l'autre, la nuit passée chez Caïphe ; celui-ci, les dérisions subies chez
lli II. le; celui-là les mauvais Irailements du prétoire; mais quand ils arri-
■•'■'• v-o, la plume leur tombe des mains et se refuse à peindre cette
. Ils n'ont la force que d'écrire ces seuls mots : crucifijcenint
., .il même pas le nommer, ils le crucitièrent; mais qui ? Est-ce
- si bon, si miséricordieux pour tous?
1 > le crucitièrent... Ils n'ajoutent aucun détail, semblant commecloués à la
ciiiix comme lui. Ces mots, du reste, disent tout, ils résument le comble des
iloiiifurs du Fils de Dieu; mais si vous voulez, pour accroître votre contrition
'l votre amour, vous rendre compte du cruciliement, représentons-nous Jésus
irrivé au Calvaire. Il s'adresse à son Père et lui dit : « Les victimes de
i'nne loi, le sang des taureaux et des agneaux n'a pas sufti à apaiser
("olère; j'ai demandé à venir moi-même me revêtir d'un corps pour
à votre justice et sauver les hommes. Vous m'avez accepté
un, mon Père, je veux mourir pour les sauver. » Il s'étend sur la
■ roix.
Sa main droite est chargée d'expier les assassinats, les sentences injustes, les .'(•rits et les lettres dictées par d'infâmes passions ; il la présente aux
h -reaux. et les bourreaux s'arment d'im marteauetenfoncent unénormeclou
iniile du Sauveur. Sa main gauche doit expierles usures, les rapis avares, les actions obscènes des voluptueux ; Jésus la préirreaux la lixent A la croix. El ces vovages entrepris dans de ins, el ces pas faits «lans le chemin du vice, et les danses .M ,uiM.ii.ii>. 7,. .lesus lesexpie en offrant ses pieds à ces barbares, qui les transportent tous deux et les attachent ainsi à la croix.
''Il Filtet de Jérumlêm, leur dit-il, ne pleurez pa* iur moi. pleurez plutôt sur
' < .des jour- ■ :■ •■ ''!rra heurnt-^ - " • - ' ■: •:.' rnnt
in amour i i Ctmx sui tier,
, découvre qu, •,. vil!e inj^r. > son
.inoour vous lient ici le même ianfj^iige. («e ne sont pas ses soufliaocea <|ui r«n( la plus
■ ivp i\f ut* d'itilptirs; ce :^»n' nos inii.f^liK's el IfS malheurs qui vous menacent ; n«
:ié de sa Cruix, el allant cuns<>romer M- viius attendrissez pas au spectacle
.e triste éiat de voir* Ame et »ur les
I s : Nolile flere tuper me, sed super vos ipsat
l : ort : mai'« vous, Iriitmpherez v.ius jamais de ce
péolii- lovéïéié i^ui a d.jimé U. puis si lu > mort 4 voir» âme. qui irouble votr«
rerxK nui vous laiiwe suuhniier vuirt- . et qui y met toujours un otstacie ?
• ■ ■' '■ -' • ■■■ ' - - :• X du
t où
>ris munies, qui ne parmit.ieni «oiis rtilever dan» riMierval.e iluiir N.>i<'iiinit\qae
>«>us voir reiomh-r hi^n'<^i ni>'-^«, aveo plg« Af honte et iW r«ibies«e ' \nlHe flere
super me. .«•./ .<M/>»r ' . ,. . . ... , ,^, ^.j„j.
nés donl vuus iijc ci ' <!• ™*
Crou ; mais Vyus, rontj..— . -^ v -•- ■»- ,...!.... , i on'ur .
(Ua&sillo^).
512 SKRMONS DV. MISSIONS
1491. 3'J jr.^,13 r/i < iiiir. — Puis los soldats élèvent la croix de terre et la laissent toinher dans la fosse creusée pour la recevoir, (^ctlc violente secousse élargit les (jiialre plaies des pieils et des mains, froisse les nerfs du Sauveur cl accroît les ruisseaux de sang qui s'échappent de ses blessures. Ksl-cc assez.'.' Non, il faut encore. 1) rpie sa bouche expie les excès d'intempérance des pécheurs et leurs paroles cou|iablcs. Klle est brûlée aussi bien que la langue du Sauveur, qui s'écrie : J'ai soif ; et pour étancher cette soil, on lui ofTrc du fiel et du vinaigre.
2) Il faut que ses oreiV/es expient les péchés que les hommes commettent, en enlemlantavec plaisir des blasphèmes, des conversations contre la pudeur, contre la religion et contre la charité; et les oreilles du Sauveur sont déchirées parles blasphèmes des bourreaux, et il n'y répond que par cette prière : Mon Père, pardonnes-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.
'A) Ses yeux lioivent expier les reganls coupables ; et ils contemplent avec attendrissement au |»icd de la croix la Vierge, dont les douleurs doublent celles de son divin Fils. Kt Jésus nasse ainsi, suspendu sur ses plaies, trois mortelles heures. Son Père semble se cacher à son humanité sainte qu'il laisse sans consolation, et Jésus s'écrie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi tn'aves-vous abandonné? U mon Jésus, il fallait, |)ar cet abandon qui vous est plus cruel que toutes les autres souffrances, puisqu'il a pu seul vous arracher une |)laintc, que vous fissiez comprendre au pécheur obstiné le malheur d'être abandonné de Dieu !
iil)i. 4" Jésus meurt. — Cependant, les forces du Dieu tout-puissant s'aiïaiblisscnt. Le sang ne tombe plus (jue goutte à goutte de ses plaies, sa tète s'incline soit sous le poids de l'agonie soit pour donner un dernier adieu à ceux qui l'aiment. Jésus, Fils de Dieu, vrai Dieu lui-même ; Jésus, Hoi du Ciel et de la terre, Jésus, l'amour des patriarches, des [)rophètes et de toutes les Ames saintes, aprèsavoir donné saint Jean pour fils à Marie, après nous avoir donne .Marie pour Mère, après avoir promis le paradis au bon larron (1) et remis son Ame entre les mains de son l'ère, s'écrie : Tout est consommé !
Les oracles des prophètes, les décrets de la justice éternelle, l'excès de la malice des hommes, lexccs de tendresse d'un Dieu, tout est accompli, tout est consommé. Après trente-trois ans d'une vie de souffrance, à la (leur de l'âge, en face du monde entier, à trois heures de l'après-midi, tout l'univers étant bouleversé d'elTroi... qu'arriva-t-il ?... Le cœur et la voix me font défaut, je n ai pas la force de le dire. Demandez-le au soleil, qui s'est couvert •l'un voile de ténèbres ; aux rochers, qui se fendent; à la terre, qui tremble; aux cadavres, qui sortent du tombeau ; aux anges, qui en pleurent; demandez-le surtout à cette Vierge allligée, que vous vo^ez au pied de la croix, transpercée d'un glaive de douleur.
i'îMW. () .Marie, 6 Vierge auguste, ô Mère désolée, dilcs-nous ce qui est arrivé k votre Fils Jésus! Kt je crois l'entendre me répondre avec des sanglots : «i Hélas ! inon Fils et mon Dieu, mon Fils et votre Père est mort ! Notre souverain bien est mort pour vous et pour tous les hommes ! » Jésus est mort ! (2) Voyageurs, qui passez à travers la mer orageuse du monde, pleuiez, votre pilote est mort ! Enfants, versez des larmes, votre bon Père
(\) I! jeile sur un scélérat, qui expie à se» côtés, un regard de misf'ricorde : ses yeux mourants, et déjà éleinis, ppuvnnt encore trioraph-r des cœurs : c« Roi, hmiieuseinent dégradé, promet encore des Royaume». Heureux coupable, qui recueilli-z aujourd'hui les prémices de son sang; et qui, sans avoir .té lémotn de ses œuvres, ne découvr»-! sa grandeur que dans sa paiience ! Mais heureux aussi les pécheurs qui m'écouteni I Attend'-z tout aujourd'hui de sa miséricorde : le moment où il expire est pniprement pour les grands pécheurs comme ooas : ses derniers soupirs et les prémices de son sang vous regardent. (MassiLLo:t.>
(9) Saint Ambroise, aorès avoir fait devant le peuple de Milan l'éloff»» funèbre de l'empprcur Vdlpniinien le Jeune, dit : Solram'is bono priiiciiii slipendiarias lacrijmas, qui pro nobis eLiam vilœ slipendium solvit. Nous avons bien plus ûf raisons de vous le dire. — Dieu vouiaii qu'au jour solennel des expiations des Juif*, chacun entrât dans des sentiments de douleur, et il ord >'iniit quf Cfux qui n'entieraien" pas d^ins l'affliction commune fussent exterminés : Anima quœ afflicla n^m fuerit die hàc, peribit de populit suis.
Passion dk NOTnii-SEicNECR 513
si mort ; chrétiens, qui que vous soyez, pleurez, noire bon Jésus a élé mas- ,-,•.. ....• i..< l.ourreaux ! Pécheur obstiné, resleras-tu insensible au milieu
^(^1 ? I^c larron cnn-ilié A coté «lu Sauveur se repenl ; il deel lobtienl. Los bourreaux se frappent la poitrine. les pierres s se fendent. los morts sortent du tombeau. (A genoux.)
^ion. 1) Renoncer au péché (1). Pécheurs, serez-vous plus
lurs ijuo les rochers, plus morts que les cadavres, et votre cœur n'éclatera-t-
' fi.i'^ il'^ douleur? Mon Dieu, pardon, vous êtes mort pour moi, et je n'ai pas
l'ici vivre pour vous! (> Jésus. oubliez mon ingratitude, je déleste
totis mes péchés, j'v renonce pour toujours! Oui, je renonce pour
" comp;ignie. ii cette liaison, à cette maison, je chasserai loin
Msion ilangereuse; j'accuserai sans relard, aujourd'hui même,
K-, pc hé <juo la honte m'a fait cacher jusqu'ici ! 0 mon Dieu, plutôt la mort
lue le péché ! C'est la résolution que je renouvellerai tous les jours au pied
lu crucifix. Le crucilix, je le porterai toujours sur moi, a(in de me rappeler
.^ que j'ai coûté à Jésus. Kenoncez aupécné, chrétiens, c'est un premier pas,
^ plus avant.
// faut aimer Jésus. Si quis non amat Dominum nostrum, sit
' Qui a tant fait et tant souffert pour nous que notre Dieu ? Si un
tit fait autant pour nous, nous ne pourrions nous défendre de
c'est notre r)ie(i qui a enduré la mort pour nous. Oserions-nous
s envers lui ? Four lors, les anges et les saints ne plaindraient pas
I-.:.'. Klle viendrait trop de notre faute. Jurons donc tous à iNotre-
••ur, au pied de sa croix, un amour éternel, et renouvelons tous les
, .. cette promesse devant un crucifix. .Sainte Lulgarde s'était éprise
d amour pour un jeune homme; Jésus lui apparut et, lui montrant son cœur
I>< r .'■. il lui dit : Voilà, ma Glle, l'objet de ton amour! A cette vue,
i 'ond en larmes et se sent comme presser le cœur; et, dès lors,
■ toute aiïeclicjn terrestre, elle ne brûle d'amour que pour Jésus.
I vue de Jésus crucifié, n'imiterait pas cette sainte vierge ? 0 Jésus
• tourne vers vous mes veux et mon amour ! 0 crucifix, image de
luiii s I iveur mourant, toifs les Jours, toutes les nuits, je vous presserai sur
iiif'ti • 'P'ir. afin d'pn faire sortir toute afTection coupable! Bouche sacrée de
' par amour pour moi, je vous adore et je vous aime !