LE CHEMIN DE LA CROIX
1 liniin d'eux, élt^rnliinl la main, fil serment de n'avoir pas été l'auteur de sa iiioit. Si Marie « it.ijt rliacun de nous à celle heure, devant le corps inanimé di- son Jésus, el nous demandait de faire le serment que nous sommes innolents de oetle morl.<|iii pone son cdMir d'un glaive si cruel, nous reculerions ilofTroi.
Fsl-re vous, blasphémateurs, qui pourriez faire ce serment ; est-ce vous,
i' '" etc. 0 Mère, nous voici à genoux, non pour assurer nue nous som-
t^nts ; mais pour protester que nous sommes coupables et deman-
lus nidre gr;\ce. Notre crinie serait trop grand pour espérer notre
: vous ne nous aidiez vous-même de votre crédit auprès de Dieu.
' iMiiine des désespérés, ne nous abandonnez pas: Fac metecumpie
/'•''. ('rurifixo contfoiere, tlonec et/o rùrero ?
l;Hi. XIV'- Ntation : Jésus dt'posë dans le tomhedu. — Les plus augustes funérailles qui aient jamais été célébrées dans le monde, sont celles qui eurent lieu au Cialvaire lorsque, accompagnés d'ime inulliliide d'anges en fleuil. de Marie, de saint Jean, des autres saintes femmes, Joseph d'Arimathie el .Nicoficme. enveloppant les restes sacrés de Jésus et les couvrant à r^nvie de larmes ot de baisers, les déposèrent non loin du (ialvaire, dans un sr]iulcre neuf, le soir même de la mort du Sauveur: mais ce qui frappe surtout, dans ce convoi divin, el mes jeux et mon cœur, c'est la douleur de ma Mère.
0 mon Fils, dit-elle, me voilà «lonc privée de ma dernière consolation,
celle de contempler voire corps adorable ! Mains sacrées, qui tant de fois
' ' à votre mère de divines caresses, vous voilà ensevelies ; bouche
je ne poiuTai donc plus recueillir vos paroles de vie ; cœur divin
id à la fois, je ne vous sentirai donc plus battre d'amour pour les
i> mon Jésus, plutôt que de me séparer de vous, que ne m'esl-il
' nsevelir avec vous! Mais puisque Dieu me demande ce dernier
.. mon Fils, mon souverain bien, adieu ! Si une même tombe
s nos deux corps, elle enferme du moins mon c«Rur, ((ui ne
:• de vous ?
' ' \ cnez. vous aussi, déposer un baiser sur ce cercueil cl en même
Icnij ne, une larme de repentir ! Venez, enfermez dans ce tombeau
VMîr M iiime Marie, et désormais mourant au jiéché. aux o<-casions de
j. ';■ I ! -iieil et à la sensualité qui sont les racines du péihé. n'avez de
\<' ■ ' ■ .111'^ pour Jésus mort pour vous, et f)our Marie dont vos éga-
•rcé l'Ame comme d'un glaive ! Jésus ne lardera pas de
.1 lombeau ; et, si vous mourez avec lui aux plaisirs, aux
- lie ce inonde, vous ressusciterez avec lui el vous partagerez sa gloire
• ■' iielJe.
i'M'.i. ExIiArtHlion a lu fin du chemin de la croijr. — Si, lorsque noue
•'■tinri'^ .irii.firfcs par un torrent et sur le p«»inl de nous noyer, im ami s'était
■ l avait risqué sa vie jiour nous sauver ; si, ipielque tein|>s après
i. nous Voyant allaqué.s par un assassin, sélail mis qntre lui et
lit vciin à notre place le coup de poignard, alin de ni»"us sauver,
lions i'r)ublier ? Ah! l'oublier, ce serait ne point avoir de cn^in*! Kh
^. Jésus-(;hrist à fait plus que cela pour nous. Y aura-t-il un
il pour ne i»as penser à lui ? .\t>n, mes Frères, je ne vous crois
une telle noirceur.
.s de la mort de voire Dieu : el, dans ce biil. exposez un cm-
dis-je, dans tous les appartements de vos
|uo les parents en pro<'urenl à chacim de
is, tous IcH soii-s. aux jiieds du crucilix du
lez la résolulion de mourir iilutôl que de
,. ,■■■,■ ; .. •■' tiid vous êtes tenté, oollc7.-lc sur vos
'•/. : Mnn Jrmtt ifile !
(Irsar <!•• Itii^ tcuir» les tentations I»- irnciliN .lu'il
i>"i lail sur la poi'i iiii' . Il ■•lie armure rcdmi' in.
\\ disait: Voici la croix ■! ^ '-rurem /hnnini, j. , , 'tes
adveraof! Faile«cuinnic hii, el je vous promcls lu victoire, ou bien annez-
vous du signe <le la croix et (ailes-le sur vous, quand vous êtes teniéi {^). Ne conimcncrz ni Vds repas, ni vos travaux, ni votre sommeil, sans vous munir de ce sifrne de salul : mille morts [)lulùl que d'olTenser un Dieu qui est mort pour nous.
I'.tl4. Bénédiction d*iiiie croix ou adoration de la croix.— JCice lig/mni i rutis itt </U(t *•«///*• tnuntli jifiiendit. — Noir! la rroix, ecre lif/num cruris. luonuntenl de votre piélé et de votre foi. (Voir n. 27N.) Autrefois criait un giliet infrtme ; mais elle a «Mé anoblie en jiorlanl dans ses liras le salul du monde. Venilc. adoremus ; proslernons-nous devant elle, c'est: 1" l'inslrumenl des souffrances et la mort du Fils de Dieu ; 2« lu chaire su- Mime d'où il nous instruit ; \\» l'étenilard sous lequel nous devons combattre; 4" l-'arme avec la<iuelle nous pouvons vaincre. <>' cviia:. ave.
1315. 1" L'instrument de la passion et de la mort d'un Dieu. On rappelle le portement de la croix, le crucifiement, la mort de Jésus. (Voir n. 1289 et suivanis.)
\'Mi'*. 2» La chaire sublime de laquelle Jésus nous instruit, i) On fait remarquer (juun ami, un père mourant, ouvre tout son co'ur à son ami et à ses enlanls, leur fait ses recommandations les plus vives, celles dont ils devront garder itlus longtemps le souvenir. On rappelle les sept paroles qu'il prononça du liaul de la (-roix : I*ater, dimitte illis (2).
11 sadresse i\ son jière. (^'est sans doute [)our demander qu'il punisse les auteurs de sa mort, qu il envoie des légions d'anges pour les exterminer, qu'il dérliaine ses foudres pour les frapper... Père, dit-il. je ne puis me prosterner devant votre face adorable : mes pieds sont fixés par de gros clous ; je ne saurais joindre mes mains ; mais de la manière qui m'est possible, je vous prie, non pour moi, qui ai accepté toute votre volonté ; inais pour mes ennemis. Si vous voulez faire plaisir à votre Filscpii meurt pour votre gloire et le salut des liomn^es, mon l*ère, |»ar le sang que je répands et rpii voile mes yeux et nia face, pardonnez à ces pauvres aveugles qui ne savent ce qu'ils font, pardonnez à Pierre qui m'a renié, ftardonnez à mes A[tôtres(pii m'ont abandonné, pardonnez à tous ceux qui vivront dans la suite des Ages et qui se feront parleurs péchés vos ennemis et les miens, pardonne/ à cette ville, à celte
f>aroisse de N..., pardonnez aux blasphémateurs, etc., pardonnez en parlicuier à tel pécheur. Ah ! Notre-Seigncur, à ce mémento su|»rème, mon frère, ma so'ur, a pensé A vous aussi distinctement que s'il ne fut mort que pour vous seul ; si on vous disait qu'un homme quelconque a parlé de vous en mourant et vous a manifesté de l'alTeclion à ce moment suprême, vous en seriez touché ; et vous ne le seriez pas de la prière de Jésus en croix ; et vous ne l'écouteriezpas, (piand il vous dit: dimittite et dimittetur vobis.
In des larrons ne fut pas si insensible et Noire-Seigneur lui dit : llodie merum eris in paradiso. Confiance au jtécheur repentant; mais pas de pré-
(t) (a) Sous l'empereur Maximien, les saints martyrs Firmuset Rusticus furent condamnés à k\n biû'és ; mais avant de monter sur le bûcher, ils firent le signe He la croix sur les namm»'s qui ne les atteignirent pas; mais qui consumèrent ceux qui les avaient allumées. Les feux des passions s'éieignenl par le signe de la croix.
(6) Sainl Romain envoya saint .Sabinien. son disciple, travailler aux digues des eaux d'un moulin. Le saint s'y rendit avec quelques autres moines; mais partout où ils mettaient le pieJ, ils entendaient le sifflement des vipères et des serpents. Sans se décourapM-, ils tirent le signe de la croix, et tous ces reptiles disparurent. Le serpent infernal prend la fuite devant le signe de la croix.
('2) Il veut qu'ils aient la première place dans son testament; il pense à eux avant de penser à sa Mère et à son discipe bien-aimé. Ne fait-il que leur pardonner et oublier U - larages qu'il en a reçus? Ah! répond taint Chiysoslome, c'est trop peu pour lui, (lure qu'il nf vrnt pis que oc- 9.o\\ assez pour nous. Il les aime, il prie pour eux, il tache de le> i père. il répand sur eux ses grâces les plus spéciales
et ses plus es, il les convertit, il en fait des prédestinés, et cela
lors même iiu j..- ;-..iii yu^■^ iii.mifi contre lui, et au moment même qu'ils le comblent de roalérticiions. Il a prié pour eux ; et ce qui est plus étonnant, il s'est servi de ses plaies et des blessures qu'ils lui faisaieni, pour plaider leur cause auprès de Dieu 0 charitat admiranda: s'écrie le grand Hiidtbe! t. archevêque de Tours. dum clari manib n.dum lancea lateri. dum fel ori admotetur, et manus et latus et os agehant pro inimicis. 0 prodige d'amourl pendant que les juifs perçaient de clous les mains du Sauveur,