‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 112 sur 416 · TSAITS HISTORIQUES SUR LA PASSION · texte numérisé non relu

TSAITS HISTORIQUES SUR LA PASSION

{b) Pour combattre. Donc ne pas se contenter de celte croix, l'ériger partout dans vos maisons et sur toutes vos poitrines : In hoc siyno vinces. (Voir le

n. i:na) {i).

Traits historiques sur la Passion.

1319 Jean II, roi du Portugal, pour encoorag-er un de ses favoris noalade i prendre on remède qui lui répogrnaii, en but d'abord une partie lui-même ; puis, l'approchant de la bouche du malade : « Moi. voire roi, sans être malade, pour l'amour de vous et pour vous donner l'exemple, j'ai supporté l'amertume de cette potion, et vous qui en avez si grand besoin, pour l'amour de moi, refuseriez-vous de prendre le reste? — Ah! Sire, rrprit le malade, après un tel acte de condescendance de votre Majesté, je boirai tout, fût-ce même du poison. » Après que Jésus a bu le premier, pour l'amour de nous, le calice amer des humiliations et de la souffrance, qui de nous refusera la croix et le mépris pour l'amour de lui* (Voirn- 10."8.)

iMf>. Saint Nil le jeune, qui vivait en Calabre au ix» siècle, raconte que son fils Tb^odnle fut pris par les Sarrasins qui le mirent en vente, avec une éoée attachée au COQ. Ils étaient prêts à l'égorger, s'ils n'en trouvaient pasau moins dix écus, et personne ne voulait l'acheter. Le pauvre jeune homme conjurait les passants d'avoir pitié de lui, !eur promettant de leur rendre le prix d'achat et de les servir toute sa vie en reconnaissance. L'évêque du lieu passant par là fut attendri. Il donna aussitôt les dix écus aux Sarrasins et il rendit la liberté au jeune homme. Quelle ne dut pa.s être la gratitude de ce jeune homme pour son libérateur l Ah ! J^susChrist a bien plus fait pour nous.

1321. Deux libertins, courant à leurs plaisirs, le soir, pas.sèrenl devant la cellule du Bienheureux Louis de Grenade qui se donnait une sanglante discipline. Au bruit des coups ils s'arrêtent, ils prêtent l'oreille et te disent : Misérab'est ce saint religieux fait pénitence pour des péchés qu'il n'a peut-être jamais commis, et nous, nous allons ajouter encore à la chaîne de nos crimes. Ah I non. retournons sur nos pis ! » Le lendemain ils viennent k la porte du couvent et demandent à parler an religieux qui se donnait la discipline la veille, lui font leur confession et se convertissent sincèrement Quelques

Souttes du santr d'un religieux suffirent pour toucher ces deux libertins, et tout le sang e Jésus ne suffira-t-il pas pour convertir ce pécheur qui n'a pas jusqu'ici renoncé à ses habitudes coupables? (S;

(1) «La croix, dit - ' '' ne, est l'espérance des chrétiens, la résurrec-

tion des morts, le ! ipui des bolieux, la consolation des paiivips,

le frein des rich<»s. i.i .,...;, lieux, le tourment des méchants, l'instruciion

des jeunes, le çnuvernail des pilotes, le port de ceux qui font naufrage et le mur des a.^siéL'és. Klv (•^! In mf-re des orphelins, la défense des veuves, le conseil des justes, le repus dfs afil . le des petits, la lumière de ceux qui habitent dans lestém^hip-;

le .secours de rit dans l'indigence, la sacresse ries simples, la liberté i1i'> i-s-

ciav. ■ ■■ ■ : .- .. .^ . . -, .■ , . .. ,

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9ran(j:iie des juifs, la ruine des impies, ia force des faibles, la médecine des malades, lepain 'if coût qui ont fa-m. la fontaine de renx qni sont altérés et le refnee de ceux qui

, sur le front, (* si^ne vivi-

' . . iquti.s. l'uitti loujiiurs avec Un, ù ctiiétien, celle aiuie, is ii\ et à loute.s les heureii; n'entreprends jamais rien sans ' ■ ;nd tu marches, quand lu tra-

mer et que tu traverses les t que tu eo seras armé, les ut rie toi et n'oseront ■ r. •

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u2\ SERMONS DE MISSIONS

13?2. Un simple repard jd^ snr le crucifix par Boberl, duc d'Aquitaine, suffit pour arracher ce prince aux t' irie. Pf^cheur, n'a vez-vous jamais vu !«■ cruci-

I1x'?Cp rrpard nt dii-il r ' Un Dieu morl pour moi, un Dieu mort pour

mes |i<1(Ih''s ( " ■ ■ ,,iui :Mi.iiia,. pour vous convenir, si vous la méditez. ('Léonard lie l'uri

K!-2:t. La V( irgueriic du Saint-Sacrement, âgée de sept ans, allait à l'école

chei les Damen Li«ul<iies. Pendant la classe, elle cherchait, sans qu'on s'en aperçût, à saisir le rrix-inx ntlaché au chapelet de sa maîtresse ; elle le tenait pressé sur son cœur ei, inps, le baisait avec amour.

roux Laurent de Blindes, qui plus lard fut géni'ral des Capucins, étu-

d.4 ,:. .iinail à fréquenter avec un de ses amis le couvent de cet ordre. Voulant

éprouver ces deux postulants qui demandaient leur admission, le provincial, le l'ère Laurent de Itergame, les conduisit dans une cellule, et dans cet humble réduit leur fil un sombre tableau des sacrifices qu'il leur faudrait accomplir. «Que cette cellule renferme un crucifix, s'écria Laurent, ei elle sera pour moi plus belle que les plus riches palais. » Le Priivincial. touché jusqu'aux larmes, les admit tous deux.

43J5. In seigneur espagnol avait été assassiné; sa veuve garda ses vêlements tout teints de son sang, et, oubliant qu'un chrétien doit pardonner, à mesure que ses enfants grandissaient, elle les leur montrait, afin de les excitera la vengeance. L'Eglise, roire Mère, a gardé aussi la croix teinte du sang du Sauveur; elle nous la montre souvent pour nous exciter à une vengeance sainte, à la haine du péché, qui a fait mourir son divin Epoux.

U sœur de Childeberl, cruellement maltraitée par son époux Amalaric, envoya à son frère son voile trempé de son sang, pour l'exciter à venir prendre sa défense. L'Eglise expose la croix teinie du sang du Sauveur, pour exciter ses enfantsà ruiner l'empire du péché qui a fait répandre ce sang divin.

I3'.!b. Saint Antonin rapporte qu'une veuve avait fait étudiera Paris son fils unique. Celui-ci, ses élu<'es achevées avec grand succès, entre dans un monastère. Sa mère, à cette nouvelle, accourt soudain pour l'en retirer et lui persuader d'en sortir. Il rencontre un grand crucifix dans le couvent et se met à genoux comme pour lui dire adieu ; et il en sort cette voix : Ne m'avez-vous pas coûté plus cher qu'à votre mère? Nonne te carius nutrivi quant illa f Cela suffit, il dit adieu à sa mère et resta dans son couvent où il vécut et mourut saintement. Quelque créature qui vous attire, entendez la même parole sortir du crucifix.

\'ii.'. Celait la coutume de saint Paul de la Croix d'avoir toujours le crucifix sous les yeux, lorsqu'il était occupé dans sa chambre à prier, à lire ou à écrire. Il le portail sur sa poitrine en sortant de la maison, u Lorsque vous êtes dans votre chambre, écrivaitil, prenez votre crucifix en main. ISaiscz ses plaies avec grand amour ; dites-lui de vous faire un petit sermon. Ecoutez ce que disent les épines, les clous, le sang divin. 0ht quel sermon t »

Cyrus, roi de Perse, avait fait prisonnier Tigrane roi d'Arménie. Bérénice, la femme deTigrane, voulut suivre son mari dans sa captivité. Voyant l'alfeclion qui unissait les deux époux, Cyrus demanda un jour à Tigrane ce qu'il donnerait pour la rançon de sa femme. « Oh l répondit-il, je donnerais volontiers ma vie. » Cyrus ému leur rendit à tous deux la liberté. De retour dans son royaume, Tigrane demanda à Itérénice, si elle n'avait pas été frappée des bonnes grâces et des qualités de Cyrus. « Je ne l'ai point regardé, répondit elle. Je n'étais remplie que de la pensée de celui qui voulait donner sa vie pour me rendre libre » 0 vous que les créatures enchantent par leurs vain» attraits, que n'étes-vous remplis du souvenir de Jésus, qui, pour vous délivrer du péché et de l'enfer, a sacrifié son sang et sa vie I

i3:;i8. Dans le temps où une maladie violente faisait éprouver à sainte Marie Madeleine de Pâzzi les plus atroces douleurs, une de ses sœurs lui demanda d'où lui pouvait venir la force de supporter tant de maux sans se plaindre. « Voyez, lui répondit la sainte, en lui montrant un crucifix, qui était au pied de son lit, voyez ce que l'amour infini de Dieu a fait pour mon salut : c'est là ce qui me soutient. » Comment se plaindre quand on a sous les yeux les souffrances de Jésus-Christ crucifié ?

I3i0. Notre-Seigneur offrit un jour à sainte Catherine de Sienne le choix entre deux couronnes, l'une d'épines et l'autre de roses. La sainte, tout abandonnée au bon plaisir de son Dieu, lui dit : u Seigneur, choisissez vous-même ; smais Notre-Seigneur insistant pour qu'elle fit elle-même ce choix. « Quelle autre couronne, ô mon Dieu l pourrais-je choisir, sinon celle que vous avez choisie vous-même? » Et elle prit la couronne d'épines. Les souffrances ici-bas : les joies sont pour le ciel.

133U. Dans la persécution suscitée en 1779 en Cochinchine, trente-deux catéchistes

preuve». .\ui;u»le fut tclli'ment saisi de cette répartie, qu'il alla sur le rhamp trouver le juffe et fit faire

l..nn.' i.lsli.-.- . .(■ vfil,l;il \,,,»\,,l;v .-, ,i, I..,, !.. / , I , ,, v. ., ,.r- v.tii- ^,.!»,mI,> visiter ce Jiauvrc Ill.il.-lljl.;

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qii.iiiu II t-^i III M i-~.i>i V ii< iiiiiiii. I >iiii !.;< Il- I ii.i iiniKMi" |i<Mii iiMii-i ,<Mi<' prorhain (le l.i Mi,~ prison, votre pciue, quand il vous inspire d atconipagner le Saiiit-ÏMicreinciil ? etc.

I,\ rKir.nr-, ')'2ô

fil'""' ■'• •■ "■'"■ 'ins une prison à deux portes, l'une était ouverte constamment et les

\) la porte delà vie : car ceux qui passaient par là avaient la vie sauve

e( pour la franchir, il filUit fiiuier aux pieds un crucifix; l'autre était

appeléH la p<>rie tie la mort, car on menaçait de mon ceux qui ne fouleraient pas le crucifix. Trente se précipitèrent vers celle dernière, afin de conquérir la palme du martyre; ei ' ' aux, admirant ce courage, les comblèrent d'éloges au lieu de les égorger,

là iccabièrent d'opprobres les deux qui par faiblesse étaient sortis de leurpri-

S' :. , ;re porte.

l<i>U. L'empereur Constantin baisait avec respect les cicatrices des blessures que les confesseurs de la foi avaieni subips. Et pourtant ce n'e^t pas pour lui que les martyrs avaient souffert Avec quel respectueux amour ne devons-nous pas baiser le crucifix? — Un volcan en éruption nienac lii les pauvres Indiens etTrayés. • Qu'on porte la croix au volcan, » leur cria saint l»ierre Claver ; et ils obéirent; lui-même le lendemain aPa avfc eux jeter de l'eau bénite dans le cratère. Il pria avec eux et les feux s'éteignirent pour toujours, l'ortons la croix sur nos poitrines et les fiammes des mauvaises passions s'éteindront.

]:}■{:!. Quand l'empereur Héraclins eut reconquis sur Cbosroès la croix de Nolre-Sei< irneur, il voulut la reporter avec magnificence à l'endroit d'où elle avait été enlevée, il se revêtit pour cela des vêlements impériaux et plaça sur .«a léte le diadème. Mais quand il eut pris sur ses épaules ce précieux fardeau, une force invincible l'empêcha (l'avancer. Alors l'èvéque de Jérusalem lui dit : « Prince, ne craignez-vous pas que cet appareil pompeux ne convienne pas à la croix que vous portez ? » L'empereur comprit ; il déposa son diadème et les ornements de sa dignité, et il avança sans peine. Les grandeuis, les richesses du monde ne s'allient guère avec l'amour de Jésus crucifié. (Voir la note du n' Wi-2, Godefroi ; eu la noie 2 du n» Ibl.t.)

XXVlil. — Li» prière

1333. Petite et accipietis. — C'est Jésus-Chrisl notre Dieu, (Hii a <lil celte parole, et il y a ajouté qu'il ne fallait Jamais abandonner la prière. Il est ilonc bon (le ra[>pelorce grand devoir et de dire à tons ; l.qne nous sommes oblijrrs de prier; II. ipiand nous devons [trier; III. comment nous devons prier.

133t. — I. M'ous ;iomfnes obtif/ès de prier, i*» Dieu l'ordonne. Il faut tuujours prier, dit-il. Denuimlfc, cherchée, frappes. Il lait les |»lus belles promes.ses poin- nous exciter à remplir ce devoir : Tout ce que vous ilemunderez à mon Pcre en mon nom, il rous l'accordera. 2" l,es saints docteurs nous font comprendre, la nécessité de la prière, par les comparaisotis les [•lus frappantes. Ils nous disent <pic la prière est le pain de TAme, la clef du "•ici. 'pic l'Ame sans la prière est comme le poisson sans eau. (Juiconipie ne prii- plus, est morl. dit saint Jean Clirvsostome.

l;{3."». 3" \ofre-Seif/neur et les saints nous l'enseif/nent par leurs e.remples. (Jiie faisait Jcsiis ilans le sein de sa .Mère, à Ik'lhlèem. à .\a/aretb. i.'ans sa vie piibliipie, au Talvaire? II priait. 0"f fait-il au ciel et dans le tabernacle ^// // rit /terpétuellement pour intercéder pour nous. La vie de .Marie a été la c<i[»ie de celle du .Sauveur. Kt dès ipie Jésus et Marie ont réimmln c(}l esprit de f/nice et df jiriére, les déserts se peuplent. Saint .\nloin<>, le matin, se plaint au .s(deil de ce qu'il vient trop tôt le distraire de sa [trière de toute la nuit. La [trière monte sur le tn'me avec un saint Louis, <|iii [xi.ssail les nuits entières a [trier. la veille de certaines fêtes (1); elle s'assied au foverdomestiqiie avec une sainte Mitnique ; elle anime la soliluile des furets avec un saint Kélix de Canlalii-e, qui, en gardant ses Iroiqteaux. [triait de longues heures devant une croix gravée [tar lui sur l'écorce d'un arbre, l'oiir aller au liel, il faut prendre le chemin <[u'ont [tris les saints (i).

(1) (a) Tous les jours, ce saint roi récitait l'office des morts et entendait une. deux,

trot-* -.i....of „• ....,.,,^ on lui jijait que c'était trop pour su po»i-

lii': tant d'autres rois le même temps au jeu ou à

la.-' . ;. »

<6) Saint AlfreJ le Gr«u,i, i.n d'AngUiurre, consacrait loas les jours huit hetiros k la prière ou à la lecture des livres pieux, huit heures aux alTairesde l'Ktai et limi l.eure.s au sommeil ei autres besoins du corps. Il se levait de bonne heure et se rendait A la chapelle où il priait étendu sur le pavé.

Cl) U^r^ '■• ' '- ' • • •- ■ ■' '■•' 'rt

jour, la

cier fraii. -

[WM't. »'• .\iiiii< on avons hesnin, car ordinairement, sans la prière point «le salut. Tonte rréaliirc iletiiamle i\ sa manière oc qui lui mnniiuc. Le grain nn|>olle rhiimitiité et la rhaleiir ; la lige, le soleil; la (leur, ta rosée ; la niaulf «lesst't'lire. la pluie; le mcmliant s'ndresse à tous ceux qui passent; l'enfanl ilrniamlc sans cesse, (iliaque être a un élément en dehors auquel il nieurl. LnjsiMua l'air, l'ange a Dieu, l/liomme, qui lient le milieu entre l'animal cl l'ange, a besoin Jair et d'aliment comme le premier ; il a besoin de Micu comme le second, (ielui ipii refuserait de se nourrir, ferait un crime : celui <pii refuserait de prier ne serait pus moins coupable : il tuerait en lui la vie surnaturelle que ia prière entretient. (Jar sans la grilce, sans un secours surnaturel de IHeu. nous ne pouvons rien, ni croire, ni es|>érer, ni ai nier I>ieu. pas même avoir une bonne pensée, pas même prononcer le nom rie Jésus d'ime manière méritoire pour le ciel. Nous sommes «ommc l'enfant (pii vient de naître, qui ne peut ni se tenir debout, ni faire un pas sans le secours de sa mère, comme le malade tpii ne peut se soulever sans le secours tl'une main charitable. Or, le moyen d'obtenir la grûce, c'est la prière : Sans moi vous ne pouvez nen, a dit Jésus ; demandez et vous recevrez . Dans le cours ordinaire de la Providence, si vous ne deman<lez pas, vous ne recevrez pas. Celui-h^ sait bien vivre, jdil saint Augustin, qui sait bien prier. « 0 vous, dilOzanam. à qui la prière semble un hommage inutile, regardez et voyez tous ces peuples à genoux devant leur Dieu ! Kntendez ce concert injmense. cette vaste harmonie qui monte vers le ciel. .\u milieu du silence de la nature, l'intelligence «Je l'homme s'élève seule ; mais elle s'élève vers le Tout-Puissant. Ainsi l'homme, roi de la création, en est en quelque sorte le pontife ; il la représente devant Dieu quand il prie.... (Juet est le peuple (jui ne |»rie pas ! tjuel est le peuple «pii n a pas ses prêtres? ... » (Vest donc par la prière que l'homme se rapproche de Dieu et s'élève nu-de.ssus des autres êtres, .\ussi a-l-on dit avec vérité : l'homme n'est grand qu'à genoux (i).

Sans la prière où puiser la consolation? « La prière, disait le Vénérable curé d'Ar.s, est un avant-goût du ciel ; c'est un miel tpn descend dans l'flme. Les peines se fondent dans une prière comme la neige au soleil Ci). »

tien. » Un jour, l'ofricier, indigné, lui dit : « Je suis voire prisonnier; mais je suis un homme comme vous. Pourquoi me traiter ainsi? — Toi, un hcmme ? répondit l'Arabe, non. Il y a six mois que tu es mon prisonnier, et je ne t'ai jamais vu prier, s Le barbare avait raison : il n'y a que les animaux qui ne prient pas Dieu.

(1) Supposez que vous avez fondé une chapelle, où il y ait un revenu suffisant pour l'entretien honorable d'un ecclésiastique; si ce prêtre ne chantait point les messes fondées, ne disait point son office et ne faisait aucun service à l'église, ne vous ferait-il pas tort, n'abuserait-il pas de vuire libéralité, ne serait il pas indigne de retirer les rentes de celte chapelle, naurait-on pas sujel de lui enlever ce bénéfice? Belle pensée d'Epiclèle, ce monde est un temple qui est bâti et fondé, afin qu'on y serve Dieu, l'homme en est le prêtre et le chapelain; toutes les créatures contribuent par leur travail, leur vie etleur substance à l'entretien de rhomme,alin qu'il officie en ce temple et fasae le service divin. 1^ cheval, le boeuf et le mouton nous disent tacitement : Je ne puis louer mon Dieu par moi-même, parce que je n'en suis pas capable ; mais jeiedunne mon travail, ma peau, ma laine et ma chair, pour le porter, te chausser, levêlirel te nourrir, à condition que (u loueras mon Créateur à ma place. N'est-ce d)ncpas leur faire tort et retenir leur salaire que de manquer à ce devoir ? N'est-ce pas les rendre inutiles et les priver de 1»; I ... V- les armes, les chariots,les canons.lesrauniliiins et l'atti-

rii ! (jn ne remporte la victoire, parce qu'elle est la fin de

Ci'!- , -, ,..: Dieu, s'il ne se sert des créatures pour bénir et louer le

Créateur, loui l'univers est inutile. El si c'est faire un si grand tort de ne pas rapporter ks créatures au c.réaleur, coinbien plus de les faire révolter contre lui, de s'en faire des armes pour le combattre, ou de s'en seivir pour lui déplaire et l'offenser.

{•i) Dieu fait tout pour nous faire sentir le besoin que nous avons de la prière, c'esl pour cela qu'il penneiles tenialioos, les épreuves : comme au cODlraire.Satan fait tous seseflorls, empli^ie toute son inJustrie, faii jouer toutes sortes de machines pour nous

détourner de l'orai.-; " •• . >■■ nutile; il nous empêche, s'il peut, de nous y

appliquer; il envoie .:onjuiseni au jeu, auxcompagnies, aux prome-

nades pour nous en • dans le tracas des procès, du trafic, de l'élude,

ou d'autrcsafTaire? ei occupiiiioiis leuipi-'ielles, afin que nous n'ayonsni ledésir, ni le loisir de faire oraisoa. Si nous faisoas oraison, il nous) accable d'ennui, de dégoût, afio que noua

LA PRIKKE 527

13:n. II. Quanti faut-il prier? (l'est siirloul I' a l'article de la mort : 2'» da/is les tentations ensuite. C'est alors que l'ohligation de prier est urgente. La nuit, elieininant sans armes dans une lorèl, vous êtes siisi |':ir un voleur vigoureux et armé ; impossilile de vous défendre. Quelle ressiMin-e vous reste-l-il 1 de crier, d'appeler du secoure. Sans cela vous êtes perdu. Le démon est ce hrigand plus rusé et plus fort (jue vous, .\ppelez <lonc au secoure, Dieu, la Vierge, les saints, par de courtes invocations, sans cela vous êtes défait (1). 3" Dans les malheurs i/ui nous menacent, (pi'avonsnous à faire, sinon ù tourner nos regards vers le ciol (2) ? A mesure qu'on

la quittions. Si nous ne la quittons pas, il procure que nous la fassions négligemment ; il nous y remplit de distractions: il fait venir à l'église des personnes vaniteuses, afin que vous vuu.<i amusiez à les regarder; il excite un bommeà y amener son chien, afin de troubler et tl'iniei rompre votre dévotion. Si nous avons une lettre à dicter, c'est dans l'oraisun qu'il h ms fournit de plu» belles pensées; si nous avons une querell<> ou un pruces, c'est da;is la prière qu'il nous suggère des raisons plus évidentes de notre droit; si nous avuns un projet dans l'esprit, c'est ajurs qu'il nous suggère des moyens plus convenables pour réussir. Un père du désert avait coutume d'entendre comme un son de trompette, toutes les fois qu'on donnait le signal pour faire venir les religieux au chicur, et il lui fut révélé que c'était le signal des démons qui s'assemblaient aussi et venaient au chœur pour troubler les religieux et les empêcher de bien faire leur oraison. Ce que Satan fait pour nous détourner de la prière nous en fait comprendre la nécessité.

I' Il veut-il être tant importuné.qu'il semble qu'il ne donne rien qu'à force de prié-

re> r ses intérêts! En recoit-il quelque avantage T Est il plus riche ou plus

heii — ^l'avonsprié? Non, mais c'est l'afl'ection qu'il a pour nous, c'est qu'il

V(.r 'ur, notre bonheur est de converser avec lui, que sanssa conduite,

non «urdis et des aveugles, nous ne faisons rien qui vaille. Vous êtes,

par exemple, un buuime âgé de cinquante ou soixante ans, vous avez beaucoup d'expérience. TOUS av«*z un neveu orphelin, qui est un jeune homme volage, vous voulez qu'il prei. us, qu'il v. :,• avis sur tout ce qu'il fait, et s'il entreprend

qui riante san ulter, s'il se liance ou traite de mariage sans

voua .. ,..v:i, vous le t: — ..-..: :nauvais; vous dites : Mon neveu m'a affligé;

devaii-il prendre ce parti sans mon conseil ? Il a commencé sans moi, il l'achèvera sans moi, je ne me trouverai point à ses noces. Pourquoi en ôtesvous fikché? Quel intérêt y avez-vous t S'il vous 1. .unique, en seriez-vous plus riche •? C'est que vous

l'aimez, parce que vous &:;■. le qui était votre frère : vous savez qu'il n'a pas de

Coi;! '' ' ' •■■ ^ 'iriez qu'il prit conseil de vou<. "-:

qui' Il fait ses plaintes par le pr.

JiiMi . u:es, .sans nie prier, et san- :

demander aviri , parce que vous m'avez mis en oubli, vos entreprises ne réussironl pas. i\,r Ivv^f).

(\) A p ^reux eurent-ils traversé la mer Ronge, qu'ils furent attaqui'-s par

les Amaf- ■• nombreux et vaillant. Moïse ordonna à Josué de choisir des sol-

li, il se rendit sur 1 <■ avec Aaron et liur. Quand

au Ciel, Israt'i ians le combat ; et quand il

>•. . .,.,. vaincu. Et comme ,v^ ,....<u> de Moïse ne pouvaient plus

se t iir les lui soutenaient. L^ défaite d'Amalec fut complète. Le

déiii II, si nous prions.

' (i) (a) Donozo Corlez. une des gloires littéraires de l'Espagne au xix' siècle, lui qui avait 'ité <\'!i\>nv\ imlitTrient, a dit: « Je crois que ceux qui prient font plus pour le mm. ; et que si le monde va de mal en pis, c'est parce qu'il

y a ifs... Je crois aue, s'il y avait une seule heure, un seul

Joui ' ciel, ce jour et cette heure «eraienl le der-

nit'i »

(' ' la guerre aux Sarmales, son armée, cernée

par 1 1 el la soif et sur le point de périr. Or il avait

pariii chr^lien^ qui <e mirent en prière. Aussitôt le ciel

se (- l.inte sur le camp des llo-

maii. If foudre, jetait l'épouvante

dan«

(<■ -.ait,

au :- ■ lin

. lO vu p.u^

ms de troi.

liMiMsis, >iiiii/;i' uevoir être empiiiu' iinr^ lie iiji iii>'niL', mi it* vu, uis j.-, iu.,11. kt (nir

U prière le secours et la protection du Dieu des armées. U s'écartait dans les bois ; •(

5'2S SKRMONS UC MISSIONS

voit le moinlc di- pivs, on en constate le vide, cl on s en dégoùlc ; il en csl loni nulreuienl de l»ieii. (»n ne s'en éloigne <|iie parce (|iie Ton ne le connaît [las. (tUKfufe t't riifefe (/uo/iium auuris est Doviinus (i).

l:i:iS. i" IjI' (limanrhe.en assislmtt à la messe, (-'est h\ la grande prière do l'Kjilise. (ddij^Nitoire sons peine de l'anle grave pour tout chrétien. 5" Le mutin et le suir. <;'est là un pieux usage dont on ne peut s'écarlcr sans péril poiu' le salut. Le matin, pour oITrir ses actions h Dieu, les rendre par là mériloires. cl pour lui demander ses grAces ; le. soir, pour lui demander pardon cl sa hénédictiiin pour la nuit. (Jue d'occasions de perdre Dieu par le péché, dans une journée, dans une nuit sur lesquelles la prière n'a pas fait descendre la jirAce «livino (2) !

V.V.W). Cette prière du matin et du soir est faite avec f/r and fruit en commun dans les familles. — Si chacim la récite séparément, on est exposé à l'omeltre.ll v a une hénéiiiclion particulière attachée à la prière comunme. Toutes les fois t/ue deu.v ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eur, a dit Notre-Seigneur. Qu'il est doux pour des frères d'être enseud)le, aux pieds du Père de tous qui est au ciel ! (lonjme les enfants

seul, la pluie sur la tête, les genoux dans la boue, il adorait dans celte humble posture le maître du sort et de la vie des homiifls. Avant l'attaque des lignes d'Arras, il lli fdire des prières publiques à la tôle de chaque bataillon et de chaque escadron pendant plusieurs jours, pour le succès de cette entreprise. A son exemple, presque tout le monde se coittessa et ci^mmunia ; et, suivant le témoignage d'un témoin oculaire (Jacques II, roi d'Angleterre), jamais on ne vit dans aucune armée tant de marques d'une véritable dévotion.

(I) Le chrétien est un homme de prières; son origine, sa situation, sa nature, ses espérances, sa demeure, tout l'avertit qu'il faut prier. L'Eglise elle-même, où la grâce de l'Evangile nous a incorporés, ici-bas étrangère, n'est qu'une triste colombe captive dans liabylone ; toujours gémissante et plaintive, elle ne reconnaît ses enfants que par les soupirs qu'ils p.iusseni sans cesse vers la patrie ; et le chrétien qui ne prie pas, se retranche lui même de l'assemblée des saints, et est pire qu'un infidèle. (MASsiLLo.t).

(?) (a) En 1763, le marquis du Broc, maréchal des armées du roi, allait inspecter un régiment à Brest. Commençant à interroger un caporal sur ses devoirs, il lui dit : ■ Camarade, comment commencez-vous la journée? — Par la prière, maréchal. » Cette réponse fit sourire quelques témoins ; mais le man-chal félicita le soldat, et lui dit qu'il se bornait pour tout examen à celle question, parce que, quand on est bon chrétien, on est bon soldat.

ih) On reprochait au roi Henri IV de sortir seul et sans escorte. Il répondit : « La peur ne doit pas entrer dans l'àme d'un roi ; je me recommande à Dieu quand je me lève et quand je me couche. Je suis entre ses mains. »

<c) On prédli autrefois à un grand homme d'Etal qu'il deviendrait empereur parce qu'il était matinal. La prophétie se vérifia. Sans être prophète, on peut dire qu'il aura l'empire du ciel, celui qui, se levant de bonne heure, prie Dieu dès son lever, fait des actes d'amour pour lui et lui offre toutes ses actions.

La prière du malin, ce sont les prémices de l'esprit, du cœur, de la journée de l'homme. Si le jardinier d'un seigneur porte à son maftre, au commencement de l'été, une belle pomme, celui-ci en fait grand cas, il la place à un endroit apparent de son salon, il la fait voir à ceux qui le visitent. Si on lui en apporte un plein sac en automne, il le fait porter au grenier, D'oii vient cette différence 1 Lea premiers fruits sont plus précieux ;' en automne tout le monde en a et en donne : Mane exaudies vocem meam. La manne ne lorolmit que de grand malin, et ceux qui n'éiaienl pas empressés à la recueillir avant le lever du soleil, devaient jeûner ce jour-là. C'est la figure de la bénédiction de Dieu, tt^ notiim e$set omnibus quoniam oportet prœrenire solem ad beneilictionem tuam. (Sap. xvr.?8.j Sont Arabroise dii : Nonne videmus miniUissima animalia., cum dient <!"' varia dulcedine personare, ut creaiorem suum, cum loqueid

«' '.''.' demulceant.

^ - - jul ne veut pas qae le soleil se couche sur la colère que nous pouvons avoir pour le prochain et nous oserions nous coucher sans apaiser la colère de Dieu )

Et ces prières, il est bon de les faire en commun C'est pour cela que saint Paul appelle la maison de chaque fidèle, dom-.<ticam ecelesiam. L'Eglise cathédrale, c'est l'Eglise où est le siège de l'évêque ou de larcli<;véque ; l'église paroissiale, cesU'église du curé et des paroissiens ; l'égnse domestique, c'est la maison de chaque particulier. Si vous êtes un vrai chrélien. votre maison d.,it être une église où l'on doit Souvent parler de Dieu, où l'on doit s'exhorter les uns les autres à son amour et à sa crainte, prier Dieit ensemble le matin, le soir, à midi, et n'y point oflfenser Dieu. (Le JEC.tE).

LA pniîiRF 529

iiinuis paronls ; et les scrvncnrs. lon-s iinuros. quand «•rDioii ! I.a ruiiiille n"a-t-ello pas ù alloinlre du Soi^'nciir .....l'esscnl lotis ses iiieinliros ; na-t-ellc pas à lui oiïrir des l's pour dos faveurs reruos 1 Aussi le sainl homme Joh réu- ;.. nfanls pour offrir avec eux des saoriUces à Dieu ! Kl qu'es(-il

\i\ d élonnanl i Les païens eux-nit'-mes prient ensemble dans leurs cases, devant leurs idoles de bois ou de pierre. 0 parents cbrétiens, quels fruits salutaires vous retireriez de ce saint usage ! Ktablissez-le donc dans vos maisons, Kien n'est plus facile, si on se contente dune courte prière, telle que celle que nous avons indiquée, n'» 618.

i:UO. 0" // faut toujours prier. Ce n'est pas une obligation rigoureuse de

prif r souvent quand on n'est pas tenté, mais c'est un conseil salutaire. Nous

respirons sans cesse, la prière est la respiration de l'Ame. Il fait si bon, du

les!.', s'entretenir avec Dieu ! Un vo3-ageur raconte que. paruii les Japonais

i iul.Ures, il en est qui font vohi d'invoquer leurs faux dieux des millions de

fuis par jour^ prosternés contre la terre et frappant le pavé de lem- front.

M.iis il n'est pas nécessaire d'aller à l'église ni de se prosterner, il suffit d'éle-

\ ul son cœur à Dieu le long du jour : quand l'heure sonne, dans les

. au commencement de ses actions, le soir avant île s'endormir, la

inm ijuaiid on s'éveille. On dit alors du cœur sinondes lèvres : Mon Jésus,

misérkorde ! Mou Dieu et mon tout ! Seif/neur. ai/es pitié de moi, ou

eniore Jésus, Marie, Joseph, (les comptes invocations ont ime eiricacité mer-

veilicuse. Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit : Orantes nolite multum lot/ui. Ne

s'cst-il pas plaint des païens : Putant enim ijuod in niultiloijuio suo e.vau-

iluintur f Kt les prières (pi'il a exaucées étaient-elles longues ? Le lépreux

■ lis lit seiiUMiimt : Domine, si vis. potes me mundare ; l'aveugle : Domine ut

ri il, -II, Il s liiit Pierre : Domine, satva nos : perimus ; le publicain : Propi-

tiu6 >;st'j iniki peccatori ; le bon larron : Mémento mei, cum veneris in

ref/num tuum. Kt on voit comment ils furent exaucés. Heureuses donc les

Aines qui par des invocations fréquentes savent se familiariser avec la

prière. .Saint Liguori a écrit : « Quant à moi, pour dire vrai, je n'ai jamais

plus lie rnnsolalion et d'assurance de mon salut cpie lorsque je prie. Je pense

-t de même des autres fidèles. Tous les autres signes de salut sont

et peuvent nous tromper; mais que Dieu exauce quicompie le prie

ince, c'est une vérité certaine et infaillible, comme il est certain

lie peut manquer à ses promesses »> (Ij.

LJil. — 111. Comment faut-il prier ? (i) Vous demandez cl vous ne rece-

(1) .S>/int Jean riirysostonre exhortait les laïques eux-mêmes à se lever la nuit, pour prier à r(^gii<e avec le clertré. « I.a nuit, disail-il, n'esl pas faite pour être passée tout eiilicre «lins le mmuiiuiI : ;. iilsensoul la preuve. Peiitlunt la nuit,

r/iiuf e>t jiiiis |>uic, |lill^ Il uul avec moins d'eflorts. Le.s téiit4»res

eilti-uji''ui''.s ei IL" ;;iai. I . , .. a contrition. Si tu Contemples le ciel,

parsemé a'étoiles qui i a des yeux ouverts sur nous, la pennée du Créateur te

viendra de suite... Si i tous ces hommes qui. mainienunl endormis, sont sem-

blables à (le'< morts.... e:ii-ce que tout cela n'est pus propre à éveiller i'dme et A noua faire son^rer A l'heure suprême 7 • fuis, 8'adre8.>innl aux mères qui ne pouvaient facile-

: ■ ' *i ' •■- ! leur recommande d'éveiller leurs petits enfants, pendant la

cs habituer aux veilles, alin que les maisons des cbrélieos i)

A propu^ de I eliic^citti de la prière, oa peut citer le Irait de sainte Scholastique. (Voir la noie du o* 1177.)

(i) La prière n'est pas un don particulier réservé à certaines Ames privilégiées : c'est un devoir comniiin impo»é k tout (idèle : ce nV.st pa» seulement une v«»rtu d(« pt^rfrction, . xMt.

■s sa-

' - .-■ , ■- --- ,..., , . ,.. «alla

Yt-rtu de tous les hommes ; c'est la science de tout lideie ; c est la perfection de toute créciiure intelligente. Tout ce qui a un cœur et qui peut aimer l'Auteur de son élre, loul ce qui a une ruisnn <;i|ifll'ii' 'W, i Mi.n.iiin' ir m .mi il.- la <■! 0.11,1 le ri . . r do Dieu,

duil .savoir l'adirer, im nniiri' i.'i.nr^, niciunr â lui ; l'.ip.nMT. ^t irrité ;

l'appeler, lorsqu'il e»l éloigné, le remercier, lorsqu'il Uvunte; sbuiiiMii.i, luio'^a'il frappe; lui exposer des besoins, ou lui demander des grâces. (MAS&iLLu.tj.

530 SBKMoNS t)K MISSIONS

ves pas, parce que vous «lemamle/ mal. «lit le Saint-Kspril, Nous ilemamions muli, nulle, main. !<» Mali, étant tn;il disposés. Le pauvre pêcheur a un plus pressant t>ost>in «le |»riéros «pic personne. Kn deiuandanl sincèrement A Dieu sa conversion, il l'o^tienilra. N'avpz-vous pas honne grAce de dire «pielipiel'ois ; Je suis trop iui|>arrait, tro|> grand pécheur et trop chargé d'iniquités ; je n'oserais m'a<lrcsser à Dieu poin* lui demander miséricorde. Ce qui vous rehute, c'est i-e <|ui vous devrait animer : c'est comme si vous disiez : Je suis bien pauvre, donc je ne dois pas demander l'aumonc ; je suis bien blessé, donc je ne dois pas aller au chinu'gien ; je suis altéré, donc je ne dois pas aller A la fontaine : «pielle conséquence serait-ce ? Vous êtes grand pécheur, c'est ce <pii vous doit «lonner plus de conûance de recourir à Uieu et de lui demander miséricorde.

Dieu n'exauce pas les pécheurs, dites-V(»us, ces paroles sont dansl'Ecriture ? mais ce n'est ni I Ecriture, ni le Saint-Esprit qui les dit, c'est l'aveugle-né ; et il parlait en aveugle et comme un homme qui n'était pas encore assez éclairé intérieurement, dit saint-Augustin; le publicain l'entendait bien ndeux que lui, car il a été approuvé et loué de Jésus-Christ : se tenant au bas du temple et s'eslimant indigne de s'approcher du sanctuaire, il se reconnaissait grand pécheur et il alléguait ce motif' poiu' exciter Dieu à lui faire miséricorde : heus. propitiuis esfo mi/ii /)ecratori. Mais le péché est un poids qui entraîne l'homme loin de Dieu, un nuage qui voile aux yeux de son Ame la lumière divine. Qu'on se hAte donc de sortir de ce triste état, afin d'obtenir de grandes faveurs. Si je trouve rini(/uifé dans mon cœur, disait David, Iheune m'exaucera pas. {Vs. iav, 17). Plus nous serons {)urs de toute faute, plus facilement nous serons exaucés (1).

{'.Vit. i" Maie, mal i)rier et espérer être exaucé, c'est faire comme un homme (pii moud du blé gAté, coujptant en retirer une farine excellente. Nous «lemandons mal, I) sans attention. Combien récitent des prières sans prier (^j? Comment Dieu peut-il nous écouler, si nous ne nous écoutons pas noiismT-mes:' Oli ! ipTil s'enfuit loin de nous ce cœur vagabond, quand nous approchons de Dieu ! Etrange faiblesse de l'homme ! je ne dis pas les affaires, mais les moindres divertissements ren<lent notre esprit attentif; nous ne le pouvons tenir devant Dieu ; et outre qu'il ne nous écha|)|)e que trop par son propre égarement, nous le promenons encore volontairement de^à et delà. .Nous panons, nous écoutons ; et, comme si c'était peu d'être détournés par les autres, nous-mèmesnous étourdissons notre esprit parle tumulte intérieur de vos vaines imaginations. (Chrétiens, où ètes-vous ? venez-vous adorer ou vous moquer ? parlez-vous de cette sorte au moindre mortel ? Je ne m'étonne pas si vous n'avez (pie des pensées vaines : vous ne vous entretenez que de vanités, vous flattant par des complaisances mutuelles, etc. Si vous vous remplissiez des saintes vérités de Dieu, ce cercle de votre imagination agitée les ramènerait ; heureuses distractions d'un mvsière à un autre, d'une vérité à une autre ! Ah ! rappelez votre cœur, faites revenir ce fugitif, et s'il vous échappe malgré vous, déplorez devant Dieu ses égarements ; dites-lui avec le psalmiste : U Seigneur, mon C(j'iir m'a abandonné ; Cor meumdereliquit me. (Psalm. xxxix, 17). TAchez toujours de le rappeler. Cherchez cet égaré, dit saint Augustin {in psalm. i.xx\v, t. iv) ; et quand vous l'aurez trouvé avec David, offrez-le tout entier à Dieu et adorez en esprit celui qui est esprit et vie. » (Bos.>ii:ET).

Sainte Catherine de Sienne, pour avoir fait attention durant sa prière, à son frère qui passait près d'elle, était inconsolable : mais beaucoup ne font aucun effort pour repousser les distractions. 2) Sans humilité : et Dieu résiste aux superbes ; mais la prière de celui qui s'humilie pénètre le»

{{) Oratio justi Claris exl cœli, dit saint Auf^ustin : ascendit oratioet descendit Dei miseralio. Licel alla ait lerra. allum cœlum, audit tamen Ueus hominis linguam, si mundam hahel conscienliam.i^nm sensibus loqiiitur, si sit solus noster gemilus, sufficit auribus imber oculorum; fletus citius audit quam voces.

(?) En entrant dans le liea où il devait prier, saint François d'Assise disait aux disiiaciions : « Itestez a la porte, pensées importunes, je vous retrouverai en sortant. » Et, bannissant toute pensée étrangère, il priait Dieu coname s'il eût été seul sur la terre.

^uaod ua pauvre s'Adresse à vuas pour demander l'auaiOne, si, au lieu de vous lendrQ

nuatjes : et il ne se retirera pas que le Très-Haut a ait Jeté sur lui le.< i/eu-c de sa misérioonlc. Ainsi lui exaucé le piiblicain. 'A) Sa/ut confianre : et Dieu n'a promis <i'accorfler <|ue ce qu'on lui demamlerail avec conliance ; mais si nous lui tlcinamlons dans les comlilions voulues, il a promis de tout accorder. i>}rs(piela Vérité promet, qui oserait craindre d'ùtre trompé? Sansdoule,àcause de nos misères nous ne méritons pas d'être exaucés ; nuiis saint Thonuis nous assure que notre prière, pour obtenir des grâces, ne s'appuie pas sur nos misères, mais sur la miséricorde divine. La prière donne à l'homme ime puissance semblable à celle de Dieu, il est écrit de Dieu : Di.vit et facta sunt; l'homme n'a cpi'à parler à Dieu, quodcunujue volueritis petetis et fiet vobis. Quand Dieu parle, il n'est obéi que de ses créature^; quand l'homme parle à Dieu pour lui demander des {jrAces, c'est le Créateur même qui lui obéit : Obediente Domino voci hominis. Omnis qui petit accipit : Uiiicon(jue demande reçoit, pourvu qu'il demande par Notre-Seigncur. (1) (Luc. xi, 9.) i).

la main poar la recevoir, il vous tournait le dos et s'amusait à compter ses deniers, on à peigner ses cheveux, ne serail-ce pas une injure pour vous? Lui donneriez-vous des écus pour aumône? Si vous priez Dieu comme il faut, vous lui demandez sa grâce, son amuur, son Saint-Esprit. Où est-ce qu'on reçoit cette aumône? Ce n'est pas dans la main, ni au bras, ni dans la bouche, c'est dans le cœur; il faut donc lui tendre le cœur, tourner voire pensée vers lui ; et vous faites tout le contraire ; vous le lournet vers vous, vers la vanité et les choses de la terre. Saint Thomas, et avec lui touie la théologie, conclut que l'application du cœur est essentielle à l'oraison ; qu'elle en est l'àme; c'est-à-dire que comme il est impossible qu'une chose soit blanche sans la blancheur, lumineuse sans lumière, ainsi, il est impossible qu'il y ait une vraie oraison sans élévation du cœur à Dieu, tt quand saint Thomas ne le dirait pas, c'est très évident par la définition de l'oraison . Oratio est elevatio meniis in Deum. La prière n'est pas une action de la main, ni des yeux, ni delà bouche, ni d'une autre partie du corps; faire oraison, ce n'est pas parcourir les grains de votre chapelet, ce n'est pas mouvoir les lèvres ou la langue ; c'est élever voire esprit et votre affection à Dieu. L'oraison n'est autre chose qu'un désir que vous avez de quelque bien, dit saint Augustin, désir que vous adressez à Dieu, et que vous exposez en présence de Sa Majesté, ufin qu'il daigne raccoroplir par sa miséricorde. Et si quelquefois nous nous servons de prières vocales, dit le même Saint, ce n'est que pour léveiller le désir intérieur qui pourrait se ralentir et puis s'éiemdre tout k fait, s'il n'était excité de temps en temps par des paroles articulées, comme une vive flamme par un peu de vent : Sed plerumque hoc neyolium plus gemt' libus qiiam sermonibus agitur, plux flelu quant affatu. De là vient que notre prière est d'autant plus efficace que noire désir est plus ardent et enfiammé. (Le Jku.'^e).

(1) ((jjn Comme la : ' ' [iresse un fils de demander, ainsi la charité presse son père

de lui donner. A n>M Mjin, et à lui sa charité est un empressement: ne soyons

pas moins empresse. . ,. ir que lui à donner. Il se plaît d'assister les hommes, et autant que sa grâce leur est nécessaire, autant coule-t-elle volontiers sur eux. « Il a soif qu'on ait soif de lui, dit saint Grégoire de Nazianze (orat. xl. t. i, p. (>d7) : recevoir de sa bonté, c'est lui faire du bien; exiger de lui, c'est l'obliger: et il aime si fort à don« ner, que la demande à son égard tient lieu de bienfait. » Le moyen le plus assuré pour obtenir »on secours, c'est de croire qu'il ne nous manque pas, et j'ai appris de saint Cyprien qu'il donne toujours à ses serviteurs autant qu'ils croient recevoir de lui. » (Bossukt;.

«C'est pourquoi l'humanité prie en tout lieu et à toute heure ; il n'est aucun de ses besoins qu'ellt croit étranger au Cœur de Dieu. Elle s'adresse a lui comme à la clarté qn ■ - ' ■ ;i la bonté qui vi :■ • p qu'elle peut,

ei , elle y complr .comme sur

l't; , ' ^ les loi». Ce nt- , iinent dansda

rares et solennelles circunsiances que »a VOIX suppliante monte vers Dieu, comme si Dieu ne s'était rétervt' d'intervenir que dans les événements fameux qui changent le cours de ^ us. Non, la prière sort du cœur des pauvres, comme du

cœur II' si forte en s'éluvant du toit du chaume qu'en H'élevant

de" <«" ^...aiit à Dieu d'un mo>ceau de pain, qu'en I occupant d'un

* M , disait David, et Dieu l'a entendu. /.<f0 pauper clamarit, et lii>- ■! Même à voir la confiance des petits dans le gouvernement du liL~ lliui, un ciu.iail qu'ils savent à fond cette grande loi qui engendie la pruiectioa tie I impuissance même, et qui fuit ainsi de D,eu et de l'opprimé les deux choses qui se iiiiicliiMii dp p' ' hdaihr).

(MPc^rphir 1, avait une p&ce à obt<'nir de l'empereur Arcade. Il

n'adressa à l'i i , \ie, qui venait u'avoir un fils; elle persuada à l'evéque de

remettre s« supplique euire les mains de l'enfant, lorsqu'il sortirait des fvAtl du bapttm««

iit5V SKUNJONS m; MISSIONS

Sans dévotion, la priorc sans ferveur, sans amour de Dieu est comme de l'encens (|iie Ton mol dans un encensoir sans feu : elle ne répand pas devant Dieu im |tarfum hien affréahle. 5) iNous demandons sans persévérance. Dieu tarde ipielipiefois de nous exaucer, pour nous faire apprécier et désirer ses faveurs. <; est la persévérance qui le llécliil. NoIre-.Seigneur nous exprime cette vérité par mie parabole. In iiomme va demander du pain, durant la nuit, A son ami <pii refuse d abord de lui en donner, mais s'y décide enlin, pom- remp«>clier de lie(U"ter toujours sa porte, lin refus de Dieu doit nous exciter à demander ave<- [dus dardeur ; c'est ainsi que le vent qui repousse la llamme attise le feu. (i).

\'S\'.\. 'M Mala. Nous demandons des choses nui sont funestes. Dieu ne peut pas nous accorder ce qui nous fterdrait.il vvoil plus loin que nous. Le médecin connaît mieux ce qu il faut au malade, ipie le malade lui-même. Quel est l'homme qui, lorsque son fils lui (hnnande du pain, lui donnerait une pierre f ou un scorjiion, s'il demande un poisson i Si vous quiètes méchants, vous saves donner de bonnes choses à vos enfants; à plus forte raison votre Père, qui est dans le ciel, donnera de véritables faveurs à ceuji; qui le prient. (Matb. vu, 7.) Une mère retire des mains de son enfant le couteau qui peut le blesser. Quand nous demandons à Dieu ce (pu serait funeste à notre salut, nous sommes semblables à un fiévreux qui demande du vin. Dieu nous donne niieux (]ue ce que nous demandons, quand nous le prions de nous accorder ce qui pourrait nous nuire. Un peut sans doute lui demander <lcs grjïces tenq)orelles, mais à la condition (ju'elles serviront à notre salid. Si ensuite nous ne les obtenons jias, remercions Dieu de nous les avoir refusées, parce qu'il prévo)ait l'abus que nous en ferions.

Les païens eux-mêmes avaient compris (lu'il faut redouter de demander ce qui peut nous être funeste ; et Socrate disait qu'une prière que tout le monde peut faire sans danger est celle d'un poète : u 0 Dieu, donnez-nous ce qui est est bien lorsipic nous le demandons et lorsque nous ne le demandons pas, et éloignez de nous le mal lors même que nous le demanderions.

u Dieu fait peu de cas de ce que le monde admire le plus. Demandons-lui des cboses qu il soit digne de ses enfants, de demander à un tel père, et digne d'un tel père de les donnera ses enfants, (l'est insulter à la misère que de demander aux petits de grandes choses, c'est avilir la majesté que de ne

L'évéque le fit, et l'empereur accorda tout. Dieu le Père, à plus forte raison, doit exaucer toutes les demandes qui lui sunl adressées par Nôtre-Seigneur Jésus-Christ.

(c) Saint Louis de Guozague avuua un jour que, dans l'espace de six mois, toutes ses distractions n'avaient pas duré le temps d'un ylic Jtfarta. « J'ai autant de difticuités, di8ail-ii,de me distraire de Dieu que d'autres di^enl en avuir 4 se recueillir. Le temps que J'emploie à me distraire est un temps de violence, de grande soufTrance, de combat intérieur et bien plus nuisible à ma sauté que le recueillement dont j'ai l'habitude. »

(1^ On voit quelquefois dans les rues et surtout à la porte des églises, des pauvres qui toute la journée, tendent la main ou crient : Ayez pitié d'un pauvre aveugle, et cela pour recueillir quelques deniers. N'y a-t-il pas lieu d'être couvert de confusion à cette vue, quand on se désiste si vite, de demander à Dieu des gr&c.es de prix. Et pourtant Dieu et.t le seul à qui on ne demande jamais en vain, même quand on n'obtient pas aussitôt ce que l'on sollicite.

Voyez ce pauvre aveugle, qui va de porte en porte jouer de la viorne, en demandant l'aumône. Une dame le fait quelquefois attendre une demi-heure à sa porte; sa fille ou sa servante lui dit : Madame, congédiez ce pauvre; si vous ne lui voulez pas donner, ne le faites point attendre si longtemps. La dame a bonne volonté de lui faire l'aumône, mais elle retarde parce qu'elle prend plaisir au son de la viorne; et si le pauvre s'impatientait, et se retirait aussitôt, il perdrait une pièce d'argent ou un morceau de pain, qu'on lui donne après qu'il a joué longtemps. Nous sommes très pauvres de vertus et de mérites, plus pauvres que les pauvres, et plus aveugles que les aveugles; le meilleur métier que nous puissions exercer, c'est de mendier à la porte de Dieu; quand noire prière est bien faite, c'est une harmonie qui lui est agréable; il diffère longtemps de nous exaucer, parce que s'il le faisait sur-le-champ, nous cesserions de prier, et il veut que nous persévérions, non pour ses inléiôts, mais pour les nôtres, parce que plus nous prions longtemps, plus nous méritons de grâces ; donc, bien que pour cette raison, ou pour une autre semblable, il ne vous accorde pas aussitôt la grâce que vous lui demande!, il vous en donne quelqu'autre, non moins précieuse. (Lb Jsu.ne).

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