XXIX. — Méditation on oraison
1,144. Souvenez-vous de vos fins dernières et jamais vous ne pécherez. C'est l'avis du Sainl-F)sprit. Nous sommes décidés à ne plus faire de péché ; or un des moveiis les plus elticaces pour nous en garantir, celui que Dieu lui-même nous enseigne, c'est de rélléchir, de méditer, de faire oraison.
i:U5. 1. Importance de la méditation, i" Sans elle tous les maux débordent : \) sur ta société : Desolatione desolata est omnis terra, quia nullus est nui recoi/itet corde. Fénelon disait : Si on deman<le aux hommes quelle est la grande plaie du temps, l'un répondra c'est l'impiété; 1 autre, l'esprit d'indépendance; un troisième, le vice, etc., etc.. : moi, ajoutait-il, je dis que c'est le manque de réflexion. Kn effet, si les hommes réfléchissaient, il n'y aurait plus d impiété ni de libertinage. Tout le mal vient de l'irréflexion puur la société et
i:UG. i.) Pour chacun d'entre nous. Nous disons dans un temps de mission, de retraite : Ah ! si j'avais su quel grand mal c'était d'offenser I)ieu, je n'aurais pas commis ces i)échés. C'est vrai, mais cette réflexion nous prouve que nous sommes convaincus de cette vérité, que le manque de réflexion est pour nous la source de tout mal. Ce qui est arrivé parle passé nous fait connaître clairement ce qui arrivera <\ l'avenir : si nous ne réfléchissons pas, nous tomberons : et ceci est fondé sur la nature même de l'homme. Si la raison, si
profit, non selon leur désir ; d'autres qu'il exauce selon leur désir, non selon leur profit. Mes fièrfs, dit ce giand Docteur, si le vous dis que j'ai demandé à Dieuplusieurschoses, que je n'ai pus obtenues, vous me diiez que c'est parce que je suis un grand pécheur ; mais que direz- vous si je vous montre qu'un Apôtre, et un desplus grands Apôtres, ademandé plusieurs fois, ce qu'il n'a pas obtenu*? Chose étrange et digne d'admiration I Vous pouvez remarquer dans l'Ecriture que, (ouïes les fois que le démon a demandé quelque chose à Dieu, on le lui a accordé; il demanda le pouvoir de persécuter Job, de le couvrir d'un ulcère malin par tout le corps, de faire ravager tous ses biens. Il demanda au Fils de Dieu la permission d'entrer dans un troupeau de pourceaux au pays des Géraséniens, el le pouvoir de tenter saint Pierre et les aulres apôtres, el il obtint toutes ces demandes. Au contraire, saint Paul étant importuné des tentations de la chair, demanda par trois fois d'en être délivré, et il ne le fut pas. Qu'est-ce à dire ! le démon a-t-il plus de crédit auprès de Dieu qu'un Apôtre ? Ahl c'est que le démon fut exaucé selon sa volonté, non selon son utilué; l'Apôtre fut exaucé selon son utilité, non félon sa volonté. Satan ayant persécuté Job. et ce saint homme étant dimeuié fidèle à son Dieu, l'enne* mi en fut plus tourmenté. L'Apôtre demandant d'éire délivré de la tentation, n'en fut pas délivré, mais il reçut une pui^s8nle grâce pour y résister ; et par cette résistance, il mérita de grandes couronnes : Sufficit libi gratia mea.
Salomon agit donc avec sagesse quand Dieu lui ayant dit qu'il demand&t ce qu'il voudrait, il demanda non une longue vie, ni des richesses temporelles, ni la victoire sur ses ennemis . mais la sapt-sse pour bien gouverner le peuple dont Dieu lui avait donné la conduite. Prière si agréable à Dieu, qu'elle fut exaucée, non seulement par le don de ce qu'il avait demandé, mais encore par celui de tous les biens temporels qui nous peuvent rendre heureux en ce monde. (Lk i^mj.