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MÉDITATION

l'intpHipence ne se pénètre pas de la vérité, n'éclaire pas la volonté de sa lumière et ne guide pas le ro'iir dans le chemin du ciel, la volonté, le cœur se laissent mener par limafiinalion, par les sens, qui in malum prona sunt. C'est ce qui faisait dire ù sainte Thérèse que l'âme, qui ne fait pas oraison, n'a pas besoin du démon pour la tenter, elle va d'elle-même en enfer. Et c'est ce qui fait voir que la méditation est d'une extrême importance pour tous les lidèles. (Voir la note du n» ir>(i5.) Tous ont la même nature que les prêtres et que les religieux. Comme eux, par conséquent, ils sont obligés d'éviter le péché, de se corriger de leurs défauts, d'avoir la foi, l'espérance, l'amour, la crainte de Dieu, la charité envers le prochain et de conserver ces vertus jusqu'à la mort.

1347. Or (a) l'oraison est le moven le plus efficace d'éviter le péché. Nous l'avons «lit déjà et saint Liguori Tanirme. Les autres exercices de dévotion peuvent s'accorder avec le péché, dit-il, mais l'oraison ne peut subsister en même temps que lui : ou on abandonne l'oraison, ou on abandonne le pé'l.é. Si on persévère dans l'oraison, plus de péché.

t:{i8. (b) De connaître ses défauts. Celui cpii ne se regarde jamais au I ■! ir, ne connaît pas les taches de son visage et ne cherche pas à les faire 'ii-l'araitre. L'oraison est le miroir des Ames, comme l'appelle saint Bonavenlure.

1349. (c) De pratiquer les vertus. Pour cela, en efTet, il faut: («) connaître ces vertus, et ce n'est pas avec les veux ilu corps, ni à la clarté du soleil, qu'on les connaît ; mais avec le regard attentif de l'Ame et à la clarté de Dieu : Dominas, illuminatio mea. Oratio est /«rerna. dit saint Bonaventiire ; (b) il faut avoir la grâce et la force pour les pratiquer ; or ce n'est que la prière qui nous obtient cette grAce et cette force. Et ceux qui ne font pas oraison et ne méflitent pas ne sentent pas cette nécessité de la prière : la vertu leur devient donc très diflicile.

" Les prières vocales sont dites le plus souvent avec distraction, dit saint l.iL'uuri. surtout quand elles sont récitées par des personnes qui neprafi(pient |l.lr^ I Oraison mentale. Dieu les exauce rarement.» Saint (^hrvsoslome dit que ' i son est une fontaine au milieu d'un jardin, elle répand partout la frai- : et fait épanouir les fleurs de toutes les vertus. \'n jardin qui n'est pas .11 •..>♦• devient aride.

i'.i&). (d) D'arriver à la perfection. Celui qui tient les yeux de l'Ame

fermés, ne peut pas découvrir le chemin du ciel. Notre perfection consiste

dans l'amour de l»ieu : mais où cet amour s'eu)brase-t-il ? Dans l'oraison,

in meditatione mea ejcardescet ifjnis, disait David. Saint Pierre d'.Vlcantara

s'y cnll.'imuui tellement qu'il fut obligé de se jeter dans im étang glacé ; et

ICau ilcvint autour de lui bouillante comme dans une chaudière. Ils sont

bien inscn.sés ceux qui regardent comme oiseux le temps passé danslorçiison.

<> repos que l'on preml en Dieu est le moyen de faire beaucoup pour sa

• et pour sa |>ropre sanctification. Oux qui ne [(rendraient point de

iicil seraient incafiables de tout travail. Les fleurs exposées au soleil ont

plus de parfum. Saint Louis «le Con/.ague disait que sans oraison, on

n'arrive jamais A un degré éniinent de vertu, tju'on le remarr|ue bien, dans

I niiiison on peut produire de grands actes d'amour et de saints

disiis de procurer la gloire de Dieu, qui senuit récomitensés, connue s'ils

lit étc exécutés.

'l.(e) D'e.ifrrer la charité: fa) à l'égard «les pécheurs, comme une

;' une sainte Madeleine de Pazzi, qui convertirent ainsi tant

ers les Ames du purgatoire; fr) à l'égard de t<ius ceux qui

n> 'lis vertus que prati«pie l'Ame qui fait oraison. Les parfumeurs

lient sur les fleiu's en gardent l'odeur, lors njême (pie les fleurs

.^..1,, ... ,.H's; et l'Ame qui vit avec Notre-Seigneur par l'oraison, l'épand

autour d'elle la bonne odeur de Jésus-flhrist, mêuie quand elle a quitté

rdrtisnn On comprend, par tout ce qui vient d'être dit, que les saints aient

[T. il l'i'H' I "iM i--on.

^;llnlc Hosi' de f Jma. qui n'était rpi'une ouvrière, fais.iil Imis les jours de longues heures d'oraison ; et quan<l elle rencontrait un ■ <»u un

prédicateur, elle se jetait A lems genoux, les conjurant de prendre

53(i SERMONS DE MISSIONS

A leurs pénilenls cl à leurs audileiirs rimporlancc de l'oraison el rie leur en enseigner la mi^thode. Kt ijuand on lui demandait pourquoi : « L'oraison, disail-ello, est uno |iliarniario spiriluolle; on v trouve des remèdes pour guérir louteslesmalaflios des Ames.» SainloHosene laisaillàque ce que le calécliisme du concile de Trente conseille aux pasteurs des flmes. Il veut, en elTel, qu'ils exhortent les fidèles h ne passer aucun jour sans méditer quol<]ue mystère de la passion <le Nulre-Scigneur.... « (iar, remarque-t-il, lunifjue raison pour laquelle n»ms succombons si vite, même aux moindres attaques, c'est que nous n'avons pas soin d'exciter en nous le leu de l'amour divin par la méditation des choses célestes. »

Tout ce que nous venons de dire est vrai pour les fidèles, et à plus forte raison pour les prêtres et les religieux : <i Une religieuse sans oraison, disait saint Philippe de Néri, eslunereli^'ieuse sans raison. » Kl saini Liguori ajoute : « (le n'est plus une religieuse, mais un cadavre de religieuse. » Est-ce assez pour nous convaincre de limportance de cet exercice? Mais répondons aux objections que l'esprit malin peut nous suggérer à ce sujet.

V.My'i. 2" Objections. \) Je n'ai pas le temps; Omnia tempits habent. Nous avonsle tcnqis de dormir, de prolonger nos repas, de médire, de faire le mal. l'oint pour Dieu? Le moyen de ne pas perdre le temps, c'est de faire oraison, l'arlà f)n se tient en grAce avec I)ieu ; tout est méritoire ; on s'applique à ses devoirs d'état plus consciencieusement. Si un pauvre vous voyait jeter des pièces d'or îVla rivière, il ne serait pas bien indiscret en vous en demandant une; vous perdez tant d'heures chaque jour que je puis vous en demander pour Dieu la moitié, le quart d'une (i).

\'.\'\)i'.\. 2) Je ne suis pas asses instruit ni assez intellir/ent pour faire orainon. (lonfiteor tibi, Pater, nuoniam abscondisti hœr a sapienfibus et revelasti ea pnrvulis. V,n hon I-rère des déserts d'Oiient, en faisant sa cuisine, pleurait sanscesse; el quand on lui en demandait la raison, il disait qu'à la vue de son feu, il {tensait à celui de l'enfer et au malheur de ceux qui y brûlent. Frère («illes était fort simple; il portait envie à saint Bonaventure •pii était un grand docteur; ce bon Frère pensait que Honavcnture, étant très savant, pouvait aimer le bon Dieu plus que lui. Saint Honavanture l'en détrompa ; et Frère (iilles, tout heureux, de crier à une femme qui passait : <( Honne femme, réjouissez-vous, vous pouvez aimer autant le bon Dieu que Frère Honavcnture qui est un grand savant. » Que d'humbles Ames sont d'une union A Dieu que nous admirons!...

i:{5-4. :i) Je suis toujours distrait dans /'orawon. Ces distractions sontelles volontaires, chassez-les. Viennent-elles malgré vous, elles n'empêchent pas une sainte et fructueuse oraison, selon l'enseignement de samt Thomas et de saint Liguori. Ne vous en troublez donc point et ramenez-vous doucement à Dieu.

13î)o. 4) C'est trop aride de inèditer : Aon habet aynaritudinem conversât io ejus.Cc dégoût que nous éprouvons vient souvent de ce que nous n'aimons pas assez le bon Dieu. Comment ? on trouve du plaisir à la chasse, à la

{\) La pieuse reine Marie Leiizinsiva aimait à assister aux offices des Carméiiles de Compiëgne:et après l'office elle restait encore en prière, après que les religieuses étaient sorties. Le Dauphin son lils, qui l'aitendail un jour, lui dit : Oh 1 ca, maman, vous allez vous brouiller avec sainte Thérèse; car vous priez plus longtemps que ses filles.— Ah ! mon fils, c'est que nos besoins sont plus grands que ceux de ces saintes flmes. »

L'orainon, dit-on, e$t bonne pour ceux qui n'ont rien à faire. Si c'est être paresseux que de rendre nos devoirs à Dieu, de l'adorer, de l'aimer, de converser avec lui, les sérapltins sont des paresseux, et, il n'y a que les arges des plus basses hiérarchies qui ne mènent pas une vie oisive, puisque ceux là nesoniemployés qu'à faire la cour à la majesté de Dieu. Ceux-ci sont ordinairement occupés à la garde des hommes el à la conduite des autres créatures. C'est comme si vous disiez que c'est être fainéants que moissonner et de vendanger, au lieu de labourer la terre et de bêcher la vigne: l'un est la fin, l'atilrele moyen. Pourquoi laboure-ton la terre 7 Pourquoi culiive-t-on la vigne? Pour moissonner et vendanger. Pourquoi sommes-nous en ce monde 7 Pour travailler, dites-vous. Pourquoi devons-nous travailler? Pour avoir de quoi entretenir noire vie. pourquoi sommes-nous en cette vie? Pour aimer Dieu, pour l'admirer, le contempler el lui être unis, et c'est ce qu'on fait en la vie contemplative ; elle esl donc la (în el les autres occupations ne sont que les moyens. (Le Jeunc^.

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