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MÉDITATION

pioche, à admirer les montagnes, les palais des villes, à parler dans l'ombre avec une personne amie, lors mOme qu'on ne la voit pas, et on n'en trouverait point à s'occuper de son salut, A contempler les grands mystères de la foi. à s'entretenir avec Dieu ? Si ce dégoût est une épreuve, n'en soyons que plus fidèles à l'oraison. Jésus au tabernacle a besoin de chandeliers et de statues qui parent son autel ; et saint François de Sales nous apprend que les co'ntitures sèches sont les meilleures et que le pain dur est plus nourrissant que le lait (1).

133<i. ri) Je ne sais comment m'y prendre pour méditer. Nous savons tous méditer sur nos affaires temporelles, pourquoi ne le saurions-nous point sur les affaires du salut? Du reste, nous allons vous apprendre la méthode d'oraison que votre confesseur vous rappellera au besoin.

<357. 11. Pratique de l'oraison. îo Préparation {) éloignée. Vivre habituellement dans la grAce. dans le recueillement. Des yeux malades et ternis par les humeurs, ne supportent pas facilement la lumière. L'Ame vicieuse n'aime pas à s'exposer à la clarté de la vérité dont elle a cependant un pressant besoin. Agitez l'eau, elle ne reproduit pas l'image de votre visage. !.. Ame dissipée ne retrace pas Fimage de Dieu.

1358. i) prochaine. La veille, prévoir le sujet sur lequel on doit méditer et le Iniit pratique qu'on en retirera. 3) immédiate, Se mettre en présence de Dieu, lui demander ses lumières, invoquer Mariej saint Joseph, l'ange gardien.

13.")0. 2* Corps de l'oraison. Première méthode. -Sainte Thérèse, dans l'oraison, était comme un soldat sans armes, quand elle n'avait pas son livre ; elle flt oraison avec un livre pendant dix-sept ans. En lisant, imitez la colombe qui prend une gorgée d'eau dans son bec et puis regarde le ciel pour l'avaler; goûtez chaque pensée. Saint Eloi faisait la méditation avec un livre ; mais souvent il interrompait la lecture et arrosait le livre de ses larmes ; le roi avait beau l'appeler, il continuait son oraison, jusqu'à ce que l'heure de la quitter fût venue.

13(50. Deujcième méthode. Ne savez-vous pas lire ? Faites comme le mendiant qui étale ses haillons et ses inflrmités; exposez à Dieu vos misères du corps et de l'âme, demandant à en être délivrés. Le portefaix de saint Ignace et de ses compagnons, les voyant en oraison, restait à genoux aussi longtemps qu'eux ; et quand le saint lui demanda ce qu'il avait fait pendant

(DVoas me direz qoe vous vous ennuyez i faire oraison si longtemps, qu'il y a du profit, mais non pa» du plaisir à converser avec Dieu? Eh I que dites-vou» là "! si l'on disait de même (le vous, ne le (rouveriez-vous pas mauvais? Oui, encore une fois, si un de vos amis disait qu'il n'y a pas de plaisir avec vous, vous ne le tiendriez plus pour votre ami. Le Sage n'est pas de voire avis, au contraire, il dit qu'il n'y a point de dégoAl ni d'ennui, mais beaucoup de joie et de plaisir à converser avec Hieu : Saint Antoine n'était pas de votre avis, quand il passait les nuits entières en oraison, et quand il se plaignait que le soleil .<e levant l« malin, troublait le plaisir qu'il y trouvait. Le Fils de Dieu ne dit pas de von? ce que vous osez dire de lui ; mais il dit que ses délices sont de converser avec vous : Deliciœ meœ e$xe eum filiis hnminum. (\'ro\\S,',i\) N'est-ce pas un sujet de grande confusion pour nous, quand noire .Sauveur nous crie : Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes, si nous ne lui répondons avec vérité: Mesdélicessonl d'être avec le Fils de Dieu. Filii kominum. usquequo gravi corde ? Enfants des hommes, i quoi pensez- vous? Que désirez-vousTQue cherchez-vous si vous ne recher-

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vous aviez des conceptions sublimes et des alTeclions ardentes et que voii que cela à offrir à Dieu, ce ne serait pas grand chose ; ce serait

moins en comparaison de Dieu, que les imaginations d'une fourmi en comparaison d'un séraphin. Mais quand vous lui offrez les prières et les affections de Jésus, vous lui offrez une chose grande et digne de lui. .Saint Jean dans l'Apocalyse vti les anges autour du trône de l'Agneau et des vingt-quatre vieillards qui repiéspntent les Apôtres et les patriarches, il entendit les prières qu'ils faisaient, et il dit qu'ils criaient: Amen. Quelle faconde prier et dt louer Dieul On conclut les or.-ii'ons par .Amen, mais on ne les commence pas ainsi : c'est qu'ils disent .imen aux htnnpes inp la suinte humanité donne à Dieu, que la Vierge elles Apôtres donnent A i' iie

de même, vous pouvez dire : Mon Dieu, je vous adore avec i >'»

anges, les saints et les bonnes âmes qui sont ici, je vuua u>n i-'«> ... ,....■ -.yus disent. (Le Jrdke).

ce temps, il répondit : « Jai dit à Dieu : Mon Dieu, je ne sais rien vous dire ; mais je vous offre toul rc que vos serviteurs vous disent. » Faites comme lui.

1361. Troisième méthode. Adorer chacune des plaies du Fils de Dieu cnicifié, en demandant pardon dos pochés conmiis par les pieds, les mains, etc., ou parcourir les stations du chemin de la croix. La méditation de la Passion est parliculit'ren)ont agréable à Notre-Seigneur et salutaire aux Ames. « Le crucifix, disait saint François de Sales, est le livre du chrétien. Tout homme, quelles que soient sa science, sa langue et sa condition, peut le lire et le comprendre. C'est là que les saints ont puisé la science du salut. » Saint Thomas, visitant un jour-saint Honaventure, lui demanda dans quel livre il puisait son admirable science. Le saint lui montrant son cruciflx : Voilà, dit-il, ma bibliothèque (1).

1362. Quatrième méfho(/e. Parcourir les commandements de Dieu et de l'Eglise, examiner comment on les a observés et demander pardon de ses fautes.

1363. Cinquième méthode. Réfléchir sur chaque demande du Pater, ou d'une autre prière. CVoir rex|ilication du Pater, n" 600. >

i'Mi.SiTième méthode. Réciter plusieurs lois les actes de foi, d'espérance, de charité et de contrition, plus du coMir que des lèvres.

1365. Septième tnéthode. Prendre, le soir, en se couchant, la position d'un cadavre étendu, songer qu'un jour on sera dans cet état et produire des actes de contrition, etc.

1360. Huitième méthode. Regardez le ciel, les arbres, les plantes en s'élevant à Dieu. Sainte Thérèse faisait quehjuefois oraison à sa fenêtre ; et saint Paul de la Croix donnait un coup de bâton aux fleurs qu'il rencontrait sur le chemin et leur disait en pleurant : « Taisez-vous, vous me reprochez de n'aimer pas assez le Dieu qui vous a créées pour moi. »

1367. Conclusion. Quelle que soit la méthode que l'on embrasse, l'important est dans le cours et surtout à la fin de l'oraison : 1) de faire beaucoup d'affections pour Notre-Seigneur et pour la vertu que l'on veut acquérir; des actes de charité, répétés fréquemment, sont ce qu'il y a de plus parfait, i) « 11 est extrêmement utile dans l'oraison, dit saint Liguori.et peutêtre préférable à toute autre chose de faire de fréquentes prières, en demandant à Dieu, avec humilité et confiance, ses grâces, les lumières dont on a besoin, la résignation, la persévérance, etc., mais surtout le don du saint amour. » On peut dans ce but réciter quelques prières vocales et les répéter souvent, surtout si l'on se sent très aride.

3) « En terminant l'oraison, on doit prendre une résolution particulière, comme d'éviter certaine faute, dans laquelle on est tombé plus souvent ou de mieux pratiquer (pielque vertu : la même résolution doit se renouveler plusieurs fois, jusquà ce qu'on soit corrigé de ce défaut, ou qu'on ait acquis cette vertu. »

A la fin, « on remercie Dieu des lumières reçues; on demande au Père éternel, pour l'amour de Jésus et de .Marie, la grâce de lui être fidèle. Ne manquez jamais «le recommander à Dieu les ûmes du purgatoire et les pécheurs. Saint François de Sales nous conseille de ne pomt quitter l'oraison, sans y cueillir un bouquet de fleurs pour en savourer la bonne odeur durant le jour, c'est-à-dire sans retenir une ou deux pensées qui ont produit dans notre ftme de plus vifs sentiments de dévotion et qui serviront à nous enflammer le reste de la Journée. » Après l'oraison, il faut avoir soin de mettre en pratique ses résolutions, dès que l'occasion s'en présente.

Heureuses les âmes qui s'appliqueront à l'oraison, elles finiront par trouver Dieu et par le goûter! Plus heureu.ses encore celles qui. par l'oraison, arriveront à no jamais le perdre de vue le long du jour, qui, à l'exemple de sainte Catherine de Sienne, se bâtiront dans le cœur un sanctuaire où elles converseront intimement avec Notre-Seigneur, tout en livrant leurs

(1) Sainte CaOïerine de Suède, flile de sainte* Brigitte, étant devenue veuve, faisait tons les jours quatre tieures de médilaiions sur Ja Passion de Notre-Seigneur, et elle ^'offrait tous les jours à lui en sacrifice.

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mains aux œuvres extérieures ! C'est là la perfection, la sainteté, avant-goût lin para<lis où nous verrons Dieu, où nous jouirons de Dieu (1). iN. B. Sur l'oraison, voir au n'^ 165-4, un autre plan de Bossuet.

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