‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 131 sur 416 · XL. — De la communion MpirituellP · texte numérisé non relu

XL. — De la communion MpirituellP

iVSl. Sitwit. in te aniinn mea : Mon Ineu, mon dnie a soif de t^ous. (Ps. I.XII, 1.) Les cœurs qui oui soifde Dieu, ne se contentent pas de s'approcher fréijueinmcnt Jes sacrements, ils font de plus souvent la communion spirituelle. Le concile de Trente distingue en effet trois sortes de communions: celle qui n'est que sairamentelle, comme il arrive pour celui qui reçoit le corps lie Notre-Sciirneur en état de pécht' mortel, et par conséquent sans parti(i[Mi-,i.iii iiiie des grâces du sacrement; celle (pii est à la fois sacramentelle et .c'est la communion bien faite; et entin la communion spirituelle

qui t désirer de communier et à s'unir par le ciHur à ÎS'otre-Seigneur,

sans couiiiumier réellement. Nous allons dire les avantages et enseigner la pratique de la communion spirituelle.

iitii. {o Avnntuf/es. — « La communion spirituelle, dit saint Léonard, est un véritable trésor, qui remplit l'Ame d'une inlinité de biens : et selon quelques auteurs, elle est si utile qu'elle peut produire les mêmes grâces que la commimion sacramentelle et même de plus grandes. Kn effet, quoique la réception réelle de la divine F^ucharislie soit de nature à produire plus de fruits, cependant il peut se faire iju'une Ame fasse la communion spirituelle avec tant d'amour, qu'elle en ait plus <le mérite que celui qui communie satramentellement, mais avec moins île préparation. » Le même saint ajoute que, s'il pouvait persuadera tousles fidèles d'assister tous les jours à la messe, et d'y laire la comunmion spirituelle, il espérerait voir refleurirla ferveurdes premiers siècles. ( Trésor ciiclié).

1459. l'oiir la faire, pas nécessaire d'être à jeun, ni d'avoir la permission de son confesseur; on peut la faire plusieurs fois par jour, et partout où l'on se trouve, sans réclamer le ministère d'un prêtre. On ne risque pas de la faire par amour-propre. Dieu seul en est témoin. Aussi les saints en ont-ils usé fréquciiimont. La bienheureuse .\ngêle de la Croix di.sait : Si mon confesseur ne maviiil appris à communier ainsi, il me semble que je n'aurais pu vivre. .Notrc-Sei^'neur a montré par des prodiges, combien cette sorte de communion lui était agréable, .\pparaissant tm jour à la so'ur Paula .Maresca, fondatrice du couvent de Sainte-t^alherine de Sienne à Naitles. il lui montra deux vases ; l'un d'or, l'autre d'argent, lui disant que dans le premier il conservait ses communions sacramentelles, et dans le second, ses communions spirituelles. (Quelquefois même, Notre-Seigneur a donné la communion de ses propres mains aux Ames saintes qui désiraient ardemment le recevoir, comme à sainte tJalerine de Sienne et à la lUenheureuse (Maire de Montefalcone ; d'autres fois, il les a communiées par le ministère des anges, comme il arriva A saint Bonavenliire.

1 4G(i. 2'» /'rafi(fuede la rommunion spirituelle. — On s'y [irépare comme à la commimi<m sacramentelle, par des a<les de foi, d'humilité, de désir, pr" ' '■ ' '.it du coMir que des lèvres, i' Figurez-vous que la sainte V" . vow • la sainte hostie, et que vous la recevo/ réellement ; en-

ten I silence, contemplez votre Dieu au-dedans de vous-mêim. ci .

• oii is aviez communié, adorez-le, remercio/le. et faites tous les

ait. .1 i.iiies après la communion». (Saint Liguori, lui véritable £/>"•■ ■

etc. ; et saint Léonard, ihi(L) — Applinucz-voiis à faire souvent la coi nion spirituelle, dit saint Liguori, spécialement dans l'oraison, dans la v^.... nu Saint-Sacrement, et surtout chaque fois que vous entendez la messe. • (lhi>f .

\IA. — De la Messe.

iit'A. Mon nom eut «jrand /tarmi les nations, et en tout lieu m'est sacriHèf une offrande pure. (Mai.acm. i. 11.) — Le nom de Dieu est k'rui'I .m ciel et sur la terre. .Néanmoins, les merveilles de la création, que n sous les yeux, font moins éclater sa grandeur que le sacrifice jiur. partout offert. Partout, parmi les païens eux-mêmes, l'IuMnin soin de reconnaître que i>ieu est le maître de la vie et de la m dre une créature vivante, de la détruire devant lui. comme pour lui duc (Mf là hautement, que tout ce qui a vie lui doit l'cxistcnre. Ceux qui n'otTrcnl

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aiinin saorifn-e à I)ieu sont donc pires quelcsinfidèles. Toutefois Icssacririres des inhdolos cl dos Juifs eux-nit^iiies. qui imiiiolaienl dos taureaux el des afineaux, i-lnieul incapables de rendre ù Dieu l'honneur qu'il mérite.

Aussi le Fils de IHeu esl-il venu sur la terre: il a prisun corps et une Ame oouiuie nous ; et il a dit à son l'ère : « Les victimes jusqu'ici no vous ont pas été afîroubles. Je viens lesremplarer. » Kt il s'est oITerl lui-même sur la croix ; et, par ce seul sucrilice, il a rendu à son Père toute la gloire qu il mérite ; il a apaisé sa justice irritée, et mérité pour nous toutes les grâces. Toutefois, il n'a passuflià l'amour que le divin Sauveur portait à son Père et aux unies, d'otVrir ce sacrifice une seule fois et dans un seul lieu du monde; il a voulu (ju'il s'offrit dans tous les lieux et dans tous les temps ; et c'est pour cela (pi'il a institué le sacrifice de la messe. Nous allons en dire l'excellence et les effets, et indiquer la manière d'y assister.

140i. 1. h'j-cetlencedu sarn'/ice de la masse. — Jésus offrit lui-même, à la (!ène. son corps et son sang,(pii furent consommés par la communion des Apôtres ; el il leur ordonna de perpétuer ce sacrilice. Faites ceci, leur dit-il, en mémoire de moi. l"!t depuis lors, par l'ordre de Notre-Seigneur, les prêtres disent la messe et lenouvellent ce sacrifice, qui n'est autre que celui du Calvaire, i^' C'est à Itieuqu'il est offert. Le sacrilice est un acte parfait d'adoration, (l'est Dieu lui-uième el Dieu seul <pii en est nécessairement l'objet. Un peut faire célébrer la messe en l'honneur des saints, pour remercier le Seigneur des grAces(pril leur a faites el s'assurer leur intercession ; mais ce serait im acte d'idolAlrie que d'olTrirle sacrifice de la messe aux saints, même à la Sainte Vierge. 2» C'est un Dieu qui s'olTril lui-même sur le Calvaire, c'est lui (jui s'offre sur l'aute/ par le ministère des prêtres. C'est sa main<iuil faut considérer invisiblouKn' étendue, comme le remarque saint Jean Chrysostome. Il convenait pour apaiser la justice divine (pie nous eussions un prêtre saint, innocent, qui n'ciït i»as besoin d'ofTrir pour lui des victimes: or il n'y a (|ue Jésus-(;hrist dans ces conditions. Aussi remanjuez quele prêtre dans les paroles de la consécration dit : Ceci est mon corps; il parle donc au nom de Jésus, dont il lient la place. In prêtre telque Jésus-Cihrisl, n'offril-il qu'un agneau comme .\bel. son ollramle serait agréée de Dieu.

.Mais '.V> c'est un Dieu qui est offert. La viclime, par laquelle nous avons élé réconciliés avec le Pore, est imuiolée chaque jour sur l'autel, conmie dit l'Kglise dans le concile de Trente. Il offre son corps, son Ame, son sang; il s'offre tout entier pour nous, et cela autant de fois (jue la messe se célèbre dans tout l'univers. Quand nous célébrons la naissance de Jésus-Christ, il ne naît pas réellement ; nous fêtons le souvenir de sa naissance; mais la messe n'est pas un simple souvenir, une simple représentation du sacrifice du Calvaire, c'est le même sacrifice offert d une manière non sanglante. C'est la même victime, offerte au même Dieu par le même prêtre. Nous devons donc aller à la messe avec les mêmes sentiments, qui animaient saint Jean, sainte Madeleine allant au Calvaire.

i-kilt. 11. Les effets du saint sacrifice sont aussi les mêmes sur l'autel que sur la croix. On trouve dans chaque messe tout le fruit qu'a opéré Jésus en croix, dit saint Thomas. !.,a messe est donc un trésor immense ; on y trouve de quoi rendre à Dieu tout ce que nous lui devons. Or nous devons à Dieu l'adoration pour sa majesté infinie, l'action de gnices pour ses bienfaits, l'expiation pour nos péchés qui l'ont olTensé, la demande des grAces qui nous sont nécessaires ; or la messe nous fournit de quoi payer toutes nos dettes.

14t>l. t" La [iremièreque nous devons acquitter, c'est d'honorer iJieu.

Tout inférieur (toit dos hommages à son supérieur ; et, plus le supérieur est élevé en dignité, plus les homnia;:i's qu'il mérite doivent être profonds. A un Dieu infini en grandeur, il faut dune dos hommages infinis. Mais comment lui payer un loi tribut, quand losanges el tous les hommes en sont incapables? il a fallu que le Kils de i>ieu descemlittlu ciel, se fit l'un de nous en ipielque sorte et se mit à notre place. 11 l'a fait; el, sur Tautel comme au Calvaire, il s'anéantit devant son Père. C'est un Dieu qui honore un Dieu et qui l'adore autant ([u il en esl digue. I"',l devant ces hommages et ces anéantissements de Jésus-Christ^ (pii ont une valeur infinie, tous ceux des anges et des hommes s'efTacent, comme les étoiles quand brille le soleil. Une sainte ùme tout em-

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hras»'*» framoiir de Hieii, ilisail : « Je vomirais avoir aiilanl de langues pour

. ô mon Dieu, qu'il v a de feuilles siu*les arbres, de gouttes d'eau

■r. " Lo Sci};neur lui répondit: « Consolez-vous; par une messe

. vous me rendrez toute la gloire que vous souhaitez et

1 »'» ». - ' ilelte envers Dieu est celle de ta reconnaissance. Le

plus petit . Dieu, nous étant accordé par im Etre inlini, et avec

un amour imini. m. nif nue reconnaissance inliuie.'Mais que de grandes faveuro ilans iordif de la nature ol do la grAce nous avons reçues ! Serons-

IV- "^ !.. i - .fils à les reconnaître "! Uassiu"ez-vous : Que rendrai-je au

^ \i«l, pour toutes les faveurs qu'il m'a faites ? Je pren-

.V le calice du salut. Dans la messe, Jésus lui-même olTre ■- à son Père. Le mot Eucharistie ne signiOe pas autre - lAces. La vénérable sœur Françoise Farnèse, se voyant '• Dieu, se désolait de ne pouvoir les lui rendre. La Sainte ses mains l'Enfant Jésus : « l'renez, lui (lit-elle ; avec lui ■rez a toutes vos obligations. » Par la messe nous rendons à Dieu ;l nous a donné, et même nous le lui rendons à chatpie messe, tandis qu ij ne nous l'a donné (ju'une fois par l'Incarnation.

\ i«><v 3" Notre troisième dette est celle de l'expiation pour nos péchés.

■litences, en y joignant celles de tous les martyrs, de tous les

Impuissantes à satisfaire pour un seul péché mortel. Jésus à

1 auicl ullif aun sang versé, son corps, victime livrée pour nous. 11 applique la

valtMir infinie de ses expiations du Calvaire à ceux qui célèbrent, ou qui l'ont

■ lor la messe, et à ceux, qui y assistent. La messe remet les péchés

is à ceux qui l'entendent avec des sentiments de contrition; elle les

1 !• srive du pcché mortel; elle satisfait à Dieu pour les peines temporelles

ducs .iiix [1' rliés déjà pardonnes ; elle obtient à ceux qui sont en état de

[ ' ' ■ Il repentir; elle apaise la justice divine irritée par

I D'où vient que Dieu, qui punissait avec tant de

I •■II.; loi, des fautes légères comme celles d'Oza et des

I I le tant de blasphèmes et de corruption f Alphonse d'Al-

ion(piérant des Indes, se voyant avec son armée en péril

rit entre ses mains un enfant, qui se trouvait sur le

lit vers le ciel : « Seigneur, dit-il, nous sommes pécheurs

; mais cet enfant esl innocent, pour l'amour de lui par-

l'S. » La mer se calma aussitôt. Comment Dieu ne s'apai-

<H, quand le prêtre élève la sainte hostie entre le ciel et la terre ?

. venez à la messe, si vous voulez que Dieu ne vous écrase pas de

Mdres(l).

•7. 4" Ln quatrième dette, c'est celle de la prière. Nous n'avons rien,

tout de Dieu pour nous et pour les autres ; et comment oser

iid nous avons été si ingrats et tjuand nous avons tant abusé

1^1) Plalarqne, dans la vie de Thémistocte, raconte que ce grand boiane. ayant été I de la vtlie d'Aihéons, sa palriv, fut contraint de se réfugier au pays mais qu'ay.ini aulrefuis fau la ffuerre au roi de ce peuple, nommé

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