‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 132 sur 416 · sages · texte numérisé non relu

sages

1 cour, et il apprend IJ il Cl utiituv ijiie M i{iieli(u'uii ni au rm «upr«^s de l'autel duinesuque,

a., se» bra* un -i^^ enfuma •!♦• il n'était jamais éconduit, qu'il obte-

naii i ; fnire ses mains l'héritier

de la ' t lui dit : Sire, je me pré-

»«*"'" • le respect, mais qui me

<' 1 crainte me dissuade au

s que c'est témérité d'atten-

dre ijjciiuu (.i.cr -le I ' .1. ; , '. iiuiA l'espérance me persuade que votre

clémence myiie amu plus (J'< en présent de votre flis qu'à la huioe passée

de '■ ■ ' ■ ' ' ••'■■■• --Il tant de

\ ion ami-

li oiU ose

charge boaorabie daa« auu rv)auu)«. (Ls JkU.iii.

5*8 Serions de MtssioKb

des dons de Dieu? Jésus demande pour nous. 11 a demandé pour nous et il a tout oblenii nu Calvaire, où il pria avec un cri puissant, el fui exaucé, con)uic le dit saint Paul : il s'offre à l'autel dans le même but. Quelle consolation ! Si une âme sainte sur la terre prie pour nous, notre confiance renaît. Si nous étions sûrs (pie plusieurs saints priassent du haut du ciel pour nous, quelle confiance ! cpiclle joie ! Ah ! c'est Jésus lui-même qui prie pour nous ; c'est lui qui donne. Il obtient tout:

l+ttS. 1) Pour nous: pendant la vie: grâces spirituelles, grâces temporelles. Jésus s'immole pour nous, Dieu peut-il nous refuser quelque chose, quand nous lui offrons son Fils ? Ne devient-il pas notre débiteur ? Ne lui offrons-nous pas plus que nous lui demandons ? Aussi nous donne-t-il par la vertu du saint sacrifice, môme ce que nous ne lui demandons pas. A la mort. Il n'y a pas de moyen plus efficace que la «nesse, pour obtenir la persévérance finale, dit saint Léonard de Port-Maurice.

1469. 2) Pour les autres (a) d'abord pour les vivants, une seule messe,

f>ar sa valeur intrinsèque, suffirait pour mériter la conversion de tous les jérétiques, de tous les infidèles, de tous les mauvais chrétiens, pour fermer les portes de l'enfer à tous les pécheurs. « En entendant, ou en célébrant une seule messe, à envisager l'action en elle-même, on peut mériter plus que celui qui consacrerait toutes ses richesses aux pauvres, qui s'en irait en pèlerinage jusqu'au bout du monde. Que nimilez-vous les anges, qui, lorsqu'on célèbre la messe, descendent par troupes de leur céleste demeure, pour intercéder plus efficacement en notre faveur? » {Trésor caché, de saint Léonard, que nous ne faisons que résumer.)

1470. (b) Pour les âmes du purqatoire. Saint Grégoire rapporte au'une femme, ayant perdu son mari, et le croyant mort, faisait souvent célébrer la messe pour lui. Son mari était prisonnier et chargé de lourdes chaînes. Délivré de sa captivité, il apprit à sa femme que toutes les fois qu'elle faisait célébrer la messe pour lui, ses chaînes tombaient miraculeusement. Les âmes du purgatoire, dit saint Léonard après saint Jérôme, ne sentent pas leurs tourments, pendant qu'on dit la messe pour elles ; et, à chaque messe qui se célèbre, plusieurs d'entre elles s'envolent au paradis. Aussi le Bienheureux Jean d'Avila s'entendant, à son heure dernière, demander ce qu'il désirait le plus après sa mort : « Des messes, dit-il, des messes. » (1) Malheur à ceux

(K) (a) Le B. François Venimbéni, célèbre prédicateur de l'Ordre de Saint-François, avait un grand tèle pour la délivrance des Ames du purgatoire. Un jour qu'il venait de célébrer la messe pour elles et qu'il achevait le Hequiescant inpace, on entendit an cri d'allégresse sortir de bouches invisibles et retentir par toute l'église.

{b) Le général Drouot, comte de l'Empire, aide de camp de Napoléon l'cqu! l'appelait le sage de la grande armée, ne manquait pas de faire offrir le sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ aux jours commémoratifs de la mort de son père et de sa mère et de l'empereur Napoléon.

(c) Saint Bonnet ou saint Bont, évéque de Clermont, passait, dans une ardente prière, la veille de l'Assomption dans l'église de Saint-Michel ; la Vierge lui apparut escortée d'une multitude d'anges. Ces anges préparent tout ce qu'il faut à l'autel pour célébrer la messe, et demandent à leur souveraine quel sera le célébrant, c Point d'autre, réponditelle, que mon serviteur Boni. » En enten lant ces paroles, le saint se blottit contre un pilier ; mais les anges le viennent chercher, le conduisent à l'autel et le revêtent des ornements sacrés, servent la messe et la chantent avec une harmonie du ciel. La Vierge laissa après la cérémonie, à son serviteur la chasuble qu'on lui avait donnée et qu'on vénérait encore à Clermont au siècle dernier.

(d> Thomas Morus, grand chancelier d'Angleterre, l'oracle de son siècle, aimait à servir la messe, comme un petit clerc ; il se révélait du surplis, chantait l'office et portail la croix en procession. Quelques railleurs, comme le duc de Norford, s'en moquaient; mais lui, éclairé de la fui, estimait comme très hautes ces saintes fonctions.

(«) C'est saint Ignace, martyr, qui, d'après les historiens, a institué le chant sacré dans l'Eglise. Il avait entendu, dans une vision, les esprits bienheureux chantant alternativement les louanges de Dieu ; et c'est là ce qui lui en donna l'idée.

{fi Le B. Bernard, dominicain de Santarem en Portugal, avait grand soin «près la messe de catéchiser ses enfants de chœur et de les porter à la piété. Ces enfants appor> talent leur déjeuner au couvent, et après la messe ils prenaient leur petit repas dans une salle oii se trouvait une statue de la Sainte Vierge, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras. Plusieurs fois l'Enfant Jésus se détacha de la statue el vint partager leur déjeuner. Ils racontent le prodige au B. Bernard, qui leur recommande, si cette faveur se renou-

1,A MESSK 57V)

nt (le faire dire des messes pour les défunts,

:r! Ils sont pires que les démons ; car ils tour-

;>. 'le nicu, tandis que les démons ne tourmentent que les

penser de ceux qui, avant hérité de leurs parents, ne songent

jaiuiis a lairo dire »me messe pour eux !

velle, de dire à l'Enfant lésai : « Voici, Seigneur, que vous mangez a^ec nous et que vous ne nous fournissez rien ; invitez-noos ainsi que notre matire dans la maison de ..,..., i...-.> , L'Enfant Jésus étant revenu, les deux enfants lui transmirent fidèlement l« ; il leur fut répondu qu'ils se tinssent préis pour le jour de l'Ascension. Le 1 1 auquel les enfants portèrent aussitôt cette réponse, se tint prêt en eflel. Le

jour de l'Ascension venu, il dit la messe de bonne heure, servi par ses deux acolytes ordinaires ; et après la messe tous trois cessèrent de vivre. Le môme tombeau les réunit.

(g) Sa'nte Rade^onde, captive de Clotaire I■^ avant d'être sa femme, avait tant de

vé .'raïuin pour Ics saiuis autcls, qu'elle en nettoyait les mirchepieds de ses propres

Me en recueillit la poussière dans un mouchoir et ne la portait qu'avec res-

f lirait elie-ruème le vin qui devait servir à l'autel et cuisait les hosties qui

i Nacrées.

ance était sacristain de Saint-Etienne d'Ancone en Italie. II se sanctifia

■'■'■-'■■' f- "is et à pratiquer les vertus. Dieu lui accorda le don des

le, et l'on venait à lui de fort loin. Un paysan avait : . . ''■ Il trouve un homme petit de taille, monté sur une

éciieiitt et occupe a ûeUuyct ics lampes de l'église. « Quoi, dit-il, est-ce là le fameux Constance ? s On l'assure que c'est bien lui. « Je croyais trouver un homme parfait, et je trouvée peine uns figure d'homme. » Constance l'ayant entendu, court l'embrasser en lui disant : a Je vous remercie, car vous êtes le seul qui m'ayez apprécié à ma juste valeur. »

{i) L'empereur Vaiens fit fermer toutes les églises catholiques et ordonna de mettre à

mort tous le'^ ti ii^'les qui assisteraient le dimanche aux offices divins. Le préfet Modeste

avertit les ifin de les sauver ; ils se réunirent plus nombreux que jamais. Le

préfet, en lu lieu de leur réunion, rencontra une femme qui accourait avec son

■ ' ■ ' ' - ~ ..,.;. 1 ... r .., njQupjr iQua ceux qui

le je mène cet enfant, es de l'empereur.

{jf Uffirt 111, rut d A'igielerre, euieolaii tous les jiiurs trois messes ; il en fut récompensé par un règne de cinquante »'X ans. — Saint Eizéard, comte de Sabran en Provence, exigeait que >■ luus les jours.

(k) S^iint Uidoreé: un riche propriétaire. Celui-

ci se plaignait de ce ^ . ..,....„..,„,.., j .... ^ „.„ .iiCàse; il alla donc un jour avant lut au champ, atin de l'y attendre et de lui faire des reprochas; il y trouva les angi'S qui labouraient à la place d'Isidore. — L'humble et sainte bergère, Germaine Cousin, enten'lant sonne' la messe, plantait sa quenouille au milieu de ses brebis et allait à la me.'^se. Pendant ses absences, jamais sua troupeau ne fit aucun dégftt, et jamais le !'-■ ' ■ -■■ — ■'■ "■ •> -.

(L} me de mort aux chrétiens d'assister aux offices du

dim.i: >)re et plusieurs autres chrétiens d'Afrique, ne sa

laissaient pas ébranier par !>e:^ menace». On se saisit d'eux ; et, au milieu des tortures, ils déclarèrent qu'iU seraient fiJétes à ce devoir, lors mâme qu'il leur en coûterait la vie ; et i'-

'7 Portugal avait donné toute sa confiance à un page très ver-

tiù •■ dmirihuteur de ses aumônes. Un autre page, jaloux, accusa

le favori lie ii ie.:ii>. a;; - Il r .i li'un, d'avoir des relations coupables avec son

é(iM)^.' 1. ■ r : ii in- < : ■•: ■ ! ' "• r. r k m.iftre d'tin f'ur ft chsnx et lui ordonna

lit- ^ les ordres

(Il mande au

iM.M . .. r ,..,, ., V entend

•■s et y fatt ses i était

iiClle le p'iiîe qu' . re du

fourachaux s'i ao il ii'a«ail paii l'hadiiudd de »'alUi'der à

prier, il arriv.- ir à chaux se «aisil de lut el le jette dans son

' ' ' ■ - ; le maître du four rassurant

«elle à Denis, qui voit I& un

(II) Le pieux nu u .\ii;;iei<'rn- vait livrer bitaille sux Danois qui rava-

son royaume. Son armée éuiii , J-<e, il sentit le besoin de recourir* hi

lour donc du combat, il enlenilii i.i messe et voulut communier. Plu^icur» fois on vmi 'avertir, pendant le saint sacrifice, que les Danois étaient is cl &'emi>araient de poiitioas

580 SEttMONS DK MISSIONS

1171. Saint l'icMic Daniicn, dans son enlanoe, gardant ses troupeaux, trouva une pièce de monnaie ; nial^'ré son exln-nie pauvreté, il la remit à un prrlre, le |iriant dédire la messe jiour ses parents défunts. Sa piélé filiale lut béni*' du ciel, l'ius tard Pierre devint prêtre, évéque, cardinal et un grand saint. Mais connue il ne faut pas toujours compter sur la reconnaissance des enfants ou des hériliers. saint Léonard de l'ort-Maïu-ice conseille ù chacun de faire dire de son vivant les messes qu'il désire être dites pour lui après sa mort. Si nous avons compris l'excellence de la sainte messe, les effets «lu'elle produit, aurons-nous le courage de la man(]uer le dimanche, où I Kglise nous fait ime obligation de l'entendre f Ne prendrons-nous pas tous les jours, s'il est possible, une demi-heure pour y assister! (Voir la note du noGtl et la note l du //• 1090).

4474. Manière d'entendre la sainte messe (1) (a) La première méthode est de suivre dans im livre les prières de la messe, (h) La seconde de médi-

importantes : i! répondit qu'il ne sortirait pas avant de s'être recommandé au Vainqueur des vainqueurs. Après la messe et la communion, il se mit à la tête de ses troupes, et engagea une bataille dans laquelle les principaux chefs ennenais furent tués. Celte victoire fut regardée comme la récompense de sa piélé.

(0) Napoléon l'"", visiiant le pensionnat d'Ecouao, dirigé par M'"» Campan, voulut connaître le règlement de la maison. M'^o Campan y avait écrit cet article : • Les pensionnaires entendront la messe, le dimanche et le jeudi.» Napoléon écrivit de sa main : tous les jours.

(P) Le général de Sonis, mort en 4887, à la fin de sa vie, allait tous les jours à la mesise. Quand il ne put plus y aller, il s'y faisait porter. Aussi sa mort fut celle des élus.

(q) Tandis que le vénérable François Maslrilli servait la messe, il mérita d'être choisi pour le ministère apostolique au Japon, et invité au martyre par Jésus-Christ. D'autres pieux laïques ont été vus par sainte Melchtilde entourés d'une grande splendeur, récompense merveilleuse de leur suin à servir la messe. Personne ne doit donc s'éionner si le roi de Portugal, dnm S'^haslien, et si une foule de diics et de princes servaient toutes les me.sses qu'us pouvainrit, et .si le Docteur Angélique lui-même, aprèsavoir dit la sienne, en servait tousies jours une autre.

(ri Saint t'ierre Pascal, d'abord religieux de la Merci, puis évèque de Jaen en Espagne, travaillait avec zèle h la conquête drs Maures qui le tirent prisonnier. Au moment ou il al!ait dire la messe dans sa prison, un enfant de quatre à cinq ans, vêtu en esclave, se présenta pour la lui servir. Le saint évoque, après son action de grâces, croyant que c'était là un enfant comme les autres, lui adressa quelques questions sur le catéchisme. L'entant ri^pondii avec une sagesse et une modestie admirables. Mais quand il en vint à demander ce qu'était Jésus-Christ, l'enfant lui dit : « Pierre, c'est moi qui suis Jésus-Christ; considère mes mains et mon côté, tu y trouveras les marques de mes plaies. Au reste, parce que lu l'es fait prisonnier pour rendre la liberté à mes esclaves, je me suis fait ton prisonnier. • Et ayant dit ces paroles il disparut.

{t) Saint Wenceslas, duc de Bohême, ne voulut pas manquer la messe un jour que l'empereur Ollion lor avait convoqué une diète à Worms. Il arriva donc trop tard à la Chambre. L'empereur et les autres princes, trouvant mauvais qu'il se fit ainsi attendre, avaient résolu entre eux qie pas un ne se lèverait de son siège quand il entrerail. Mais dès qu'on le vil paraître, l'empereur changea bien de sentiment; car, ayant aperçu deux anges qui l'escoriaient et le couvraient d'unecroix d'or, il se leva de son trône impérial, alla au-devant de lui et le fit asseoir à ses côtés ; il érigea le duché de Bohême en royaume et l'txemptade tout impôt. Wenceslas ne voulut jamais prendre le litre de roi, que ses successeurs ont porté cependant depuis.

(1) (a) Sainte Marguerite, reine d'Ecosse, ne recommandait rien tant à ses enfants que le recueillement pendant la messe. Elle réussit;el un Edimbourgeois disait: «Voulezvous voir comment les ancres prient dans le ciel, regardez comment, pendant la messe, notre reine prie avec ses enfants. »

(b) Pendant qu'Alexandre le Grand offrait un sacrifice à ses fausses divinités, un de se» jeunes pa^^es tenait un flambeau à la main. Ce flambeau s'étanl consumé, la flamme atteignit la main du jeune homme, qui demeura immobile, et se laissa brûler la main sans mol dire, par respect pour le sacrifice.

Pour encourarier les chantres et les servants de mesie. Saint Bonnet ou saint Boni, note (c) du no U70.

(c) On rapporte qu'au collège de Brienne où le jeune Bonaparte, qui plus lard fut Napoléon pr, était étudiant, au moment le plus solennel de la messe, un élève affeciail de tourner le dos an matire-aulel. L* jeune Bonaparte, auprès duquel il se trouvait placé, dans un généreux mouvement d'indignation : « A genoux I lui dit-il tout bas, mais avec un énergique accent, à genoux l » Le jeune sceptique obéit.

^^SITE AU SATNT-SACREMF.NT 581

ter. l'n bon religieux avait coutume «le dire que, pendant la messe, il ne lisait (jue trois lettres : la première noire, il pensait -A ses pt'chés, en demandait pardon ti Dieu ; la deuxième rouge, il méditait sur la passion de Notre- Si^iiTM'iif .!< siis-Chrisl; la troisième blanche comme l'hostie, il faisait la coininiiiii<'ii spii'iiiielle.

(c) Troisième méthode : payer a Dieu nos quatre dettes envers lui, en divisant la messe en quatre parties. Depuis le commencement jusqu'à l'évangile, adorer Dieu et le louer. Depuis l'évangile Jusqu'à l'élévation, remercier I>iou de SCS bienfaits. Depuis l'élévation jusqu'à la comimmion, demander pardon de ses péchés. Depuis la communion jusipi'à la lin, faire la communion spirituelle et demander toutes les grâces dont nous avons besoin.

Xfjll.— Des Ti8i(es an Saint Hacremeni. (D'après Bourdaloue.)

1 173. Venife ad me omnes qui luboratis et onerati estis et ego reficiam vos. C'est du tabernacle que part cette douce invitation. Allons donc à Notre- Seigneur et visitons-le souvent. Il n'y a point de dévotion plus solide que cellelà. il n'y en a point de plus conforme aux vues et aux intentions de Jésus- (ihrist, et il n'y en a point de plus salutaire pour nous-mêmes, ni de plus utile. ( Voir n» 1427 et suivants).

I. Dévotion soliile : car elle a Jésus-Christ même pour objet. Non point seulement Jésus-Christ en figure, ni en représentation : non point seulement Jésus-Clirist dansle simple souvenir, ni dans l'imagination : mais Jésus-(;hrist ! 'cllement et substantiellement, présent en personne, et comme Dieu,

homme : en un mot, présent tel qu'il est au plus haut des cieux,et H i;i 1 MOI le de son Père.

(Juand au pied de mon oratoire, ou en quelqu'aulrelieuquece soit, qui n'est

ni le temple, ni l'autel de Dieu, je m'occupe de Jésus-Christ, et que je ni'entreliens

avec lui, que je lui parle, que jel'ailorc, ipiejelui rends tous les hommages (pje

II, iii^r.;.-.. mon zèle et mon amour: tout cela ne se passe <iu'en es[>ril, puisque

ist n'est pas là en effet, ipie je ne suis pas véritablement devant lui ni

iii <Mqu il n'est pas véritableu)ent de vaut uioi, ni au près de moi. Quand

! nce de son tabernacle et dans son sanctuaire, je uiédite sur sa

Nativité, sur sa douloureuse et sanglante (iirconcision, sur les

- de sa Croix, sur sa Késurreclion ou son Ascension glorieuse, ce ne

- là que des images que je me forme, et des mystères passés dont je

un- rrtr.KC la tticiiioire. Car quoiqu'il soit actuellement sui* l'autel où je prie,

et (»i'i jefais ics saintes méditations, il n'y prend pas actuellement naissance,

il n'y est pas actuellement circoncis, on ne l'y crucifie pas actuellement, et

il no ro<5<;ii«!«Mic pas ni ne monte pas actuellement au ciel. Mais il n'en est pas

'ard du Saint-Sacrement : ce Sacrement adorable, c'est Jésus-

' lie et tout Jésus-Christ, je veux dire Jésus-Christ selon sa tlivinité

■n humanité. De sorte que dans les visites »pie je rends à ce divin

il, c'est cffectivemenl Jésus-Christ que je visite, c'est devant Jésus-

I '• je me prosterne, cVst avec Jésus-Chnsl que je converse. Il est

I où je le viens chercher, et où je prétends l'honorer. Il v est pour

1111 ..1 ...1.... |,o|ji. lue répondre. Il y est au milieu d'une

iiiiil' -, qui ne partent |»oint de son Aulel, et je

siiiv j de celte troupe bienheureuse, à laquelle je

l'iiis j- ; ;1rir ensemble DOS hommages et notre encens à ce Dieu caché

sous 1 . ' ! iri !■>;.

s IIS le monde où il se fit voir d'une manière sensible,

cl a ' luble que j'aurais de l'empressement el de l'ardeur

pour ly aller trouver, el que je serais disposé à entreprendre pour cela les plus longs voyages. Je m'en ferai» un mérite et une vertu, et je ne croirais pas pouvoir mieux lui marquer mon zèle et mon attachement. Or, il ne serait [)oinl plus iirésent partout ailleurs, qu'il l'est «lans son temple ■ el sans qu'il suit '. ■■ de le chercher bien loin, nous l'avons aupi i** et par-

loi h ■ ne le voyons pas, il est vrai: mais nou.s a\ qui sup-

plée au dcfuul de nos sens, ou qui ydoit suppléer; el ce que u'us connais-

582 SEUMONS bE MISSIONS

sons parla Toi, nous est plus certain que tout ce que nos yeu\ nous peuvent découvrir.

David ne souhaitait rien pliis ardemment que d'entrer dans le temple du Seigneur, cl il se fiil estimé heureux de n'en sortir jamais Daniel éloigné de la Judée et captif à Babylone, ouvrait c.lia<pic jour trois fois les fenêtres de sa chambre du côté de Jérusalem, et de là, (lécnissanl les genoux, il adressait sa prière au Dieu d'Israël, comme s'il eût été dans son temple. Les premiers chrétiens voulaient toujours avoir avec eux le Saint Sacrement. Il y a eu des Saints qui ont presque passé toute leur vie en sa présence, et combien y a-t-il de sociétés et de communautés, où est établie celte institution si religieuse de r.\<ioration perpétuelle ? Enlln, s'il faut se servir ici de rexcmplo uiéme du monde, dans les cours des Princes, les courtisans ne perdent jamais, autant qu'ils peuvent, la vue du maître. Or le premier maître, le premier supérieur ue cette maison, c'est Jésus-(;lirist. Comment donc vais-je si peu à lui, surtout, lorsqu'il n'y a rjue quelques pas à faire, et que je l'ai près de moi.

II. Dévotion ta plus conforme aux vues et aux intentions de Jésus-Christ. Deliciœ meœ esse cuni filiis hominum. C'est la sagesse incréée qui parle de la sorte; et cette sagesse du Père, n'est-ce pas Jésus-Christ? Il ne dit pas au reste qu'il a mis sa gloire h s'entretenir avec nous, mais qu'il y a mis ses délices. .Sa gloire est en mille autre choses, et c'est par exemple, de régner dans le ciel et sur la terre, de commander aux Esprits bienheureux et d'en l'aire ses .\nges et ses .\mbassadeurs. Mais au milieu de tout cela, il nous témoigne que son inclination et son plaisir le plus sensible, est de nous voir auprès de lui et devant lui, non point précisément pour le glorifier, mais pour traiter familièrement avec lui.

Aussi quand il annonça à ses Apôtres qu'il se disposait à les quitter, et à retourner dans le sein de son Père, il leur promit qu'il ne les laisserait point orphelins en ce monde, et que, bien qu'il les privât de sa présence visible, il serait néanmoins avec eux jusqu'à la fin des siècles. C'est ce qu'il nous romil à nous-mêmes dans leurs personnes, et c'est ce qu'il accomplit tous es jours dans le Saint Sacrement de nos autels, il nous répète sans cesse de son tabernacle, ce qu'il dit alors à ses premiers disciples. De là je dois conclure deux choses : la première, que je ne puis rien faire de plus agréable à Jésus- Christ, que de lui rendre de fréquentes visites. Il m'appelle, il m'invite ; et le même empressement qu'il a poiu* m'attirer à lui, ne dois-je pas l'avoir pour répondre à de si len*lres invitations? .Vvec la môme constance qu'il daigne bien m'attcndre, ne dois-je pas, aussi longtemps qu'il m'est possible, me tenir auprès de lui ? Mais parce que les différentes occupations de la vie et les divers emplois commis à nos soins, nous retirent souvent de son Sanctuaire, et ne nous permettent pas d'y rester autant (jue notre dévotion nous l'inspirerait, que fait une àme solidement vertueuse et toute dévouée à son divin Epoux ? Dans un saint désir de lui plaire, elle sait au moins ménager certaines heiu-es, on elle va régulièrement le visiter.

L'autre conclusion est toute contraire, quoiqu'elle soit fondée sur le même principe : c'est que je ne puis guère montrer plus de mépris pour le Sacrement de Jésus-Christ, aue de le délaisser; ni offenser plus sensiblement ce Dieu d'amoiirque de n avoir aucun égard aux instances qu'il me fait et à la manière dont il me prévient. Car pour reprendre la comparaison desCrandsdu siècle et des Princes, le sanctuaire de Jésus-Christ est comme le palais où il tient sa C.onr : orque la Cour du Prince se trouve déserte, c'est une confusion qu'il doit vivement ressentir, parce que c'est un si^ne manifeste du peu de cas que font de lui ses sujets. Et certes, ce Sauveur si indignement traité, et si justement irrité d'un pareil oubli, peut bien me faire alors le môme reproche qu'il fit à ses .\pôlrcs, qui s'étaient endormis dans le jardin, pendant qu'il priait : J/é quoi, vous n'avez pu veiller une heure de temps avec moi ?

\\\. Dévotionlaplus utile pour nous-mêmes, et pour notre avancement spirituel. Une des coutumes les plus établies dans le monde est de se visiter les uns les autres : mais qu'est-ce que la,plupart de ces visites, et qu'en retire-t-on? On y perd beaucoup de temps, et quelque innocentes qu'elles puissent être, elles sont au moins fort inutiles. Souvent par l'importunité des personnes et parle désagrément de leur conversation, elles deviennent très ennuyeuses et

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