XLVII. — La Dévotion
4*,-)<; /• -.v^^r -»*«>«« à la piétfi (\. TiM.. IV, 7), disait sainl Paul à son disrij>I. '. Nous vous adressons le ni^nie conseil, et afin que vous
le si;i is dirons : 1, ce que c'est que la dévotion, en quoi elle consiste ;
II. quelles sont les qualités de la dévotion ; III, quels avantages elle nous offre.
irii7. I. Ce que c'est que la dévotion. l'> Le mot dévotion signifie dévouement. La n«ère qui ne vit (jue pour ses enfants, est dévouée à ses enfants. Le fils, qui aime ses parents et cherche en tout à leur plaire, est un enfant dévoué. L'Ame qui ne vit qtie pour Dieu, évite tout ce qu'il défend, entre-
trend tout ce qu'elle sait lui plaire, est dévouée à Dieu, ou vraiment dévole, a dévotion c'est l'amour de Dieu.
L'iiS. 2f Elle suppose au moins l'état de grâce ; et si on vit dans le péché niorlel. on ne peut se Hat 1er de pratiquer la dévotion. 0"and sainte Catherine d*^ Sienne se rendit à Avignon auprès du Souverain Pontife, de grandes dames, dont la vie était coui»al)le, cherchèrent à plaire à la sainte par des airs et des paroles de dévotion. Klles l'entouraient de respect, et Catherine détournait la tète. Le B. Kavmond de Capoue lui en fit le reproche. Pore, réponditelle, si vi ■ / i-omiue moi la puanteur qui sort de ces belles bouches, vous voir ce que vous avez mangé.
Tant «III nii Ml vn état de péché, on peut bien avoir des pratiques de dévotion : cela est même salutaire; mais on n'a pas vraiment la dévotion. Les aulpv '• • • "• volent jamais, les poules volent rarement et pesamment, les hiri ivent el rapidement. Les autruches sont l'image des pécheurs
" '' ,t dans le mal. Les poules figurent les gens de bien qui font par-
le dévouement i\ Dieu et qui vivent dans sa gn\ce ; mais ils ne <• arrivés à la dévotion.
I ■ vrais dévots volent en Dieu, comme l'hironilelle, fréquemment
el p , 'ut. Ils ne se contentent pas d'observer de bon cœur les commaii'l.'inents et d'éviter ce qui lui déplaît, ils font hahituclleinent aussi de bonnes «puvres qui ne sont pas commandées. Ce nesont pas desconvalescents qui. relevant de maladie, commencent à marcher, mais des gens d'une santé vigoureuse qui Iravailloiil énergiquement. Si l'amour de Dieii est comparé au feu, la dévotion en est la fiamme. Si on le compare au lait, la dévotion en est h i-ivine ; si h une pierre précieuse, la dévotion en est l'éclat. Ainsi pai ' - La dévotion, c'est -«lonc la perfection de l'amour
de I int tout les élus nous ont donné l'exemple el que
pr;i les vrais amis de Dieu. Kllene consiste pas dans
les que Dieu donne «pielquefois à ceux qui l'aiment,
sur' iMil A vivre pieusement ; mais dans une ferme
vol : vice <le Dieu, malgré les obscurités île l'esprit,
l'arÉonr m iicur. if>s imsi i. les <le ton'
irîMO. — IL Ses qualités. Il faut les . afin de ne pas se méprendre
dan*: '• '■• ' '■■i'isle A l'égard de la '?' ■ '
tinii , imputent à la tlé\
toii.s ,,.,.,, ,..,,., .1 tiquer, atio ■'•■ *= "^
de ce ipi'ils ne la i 'ux-mèmes. Kt pendant •]■
nent ttul (1), ils u. , :ien aux personnes pieuses. Ci .. . ,
(i) Quelquefois même lin la ppr^éculent. Noai aATaibliMons la piélé des &mes justes, en taxant leui ferveur d'cxce», et en nous efTirçaol de leur persuader qu'elles en font trop; nous les cxhirt"n-«. r-imrn** le !en!.'»t(*ur, à rhanjjer relie vie rclirf'e. !ri<tc, ial)M. rieuse, en une • "
ne rép<*ndeir i
blesM). (luui ifur i ^ ^ «ie U v«:riu. ^
persévérance : uwus des flmes inIMiV.
la main à la charrue, utii r<'i,'ariie «lern.Tc, ci "fit .i*un ! ■ .n' r.mvriiK'c '("i: mui-jc î aoiu «liaquua» peui-éire même le foadeneiii itiéLM..^ > < > Fui et ouua iaiioaoat
G 18 SmiMONS DH MISSIONS
l'iontililé de ces violences par l'incertitude de ces promesses. Troisièmement, nous gênons par notre autorité le zèle et la piété des personnes qui dépendent de nous : nous exigeons d'elles des devoirs, ou incompatibles avec leur conscience, ou dangereux à leur vertu: nous les mettons dans des situations, ou pénibles, ou périlleuses à leur foi : nous leur interdisons des pratiques et des observances, ou nécessaires pour se soutenir dans la piété, ou utiles pour y avancer : en un mot, nous devenons à leur égard des tentateurs domestiques, ne pouvant ni goûter pour nous-mêmes le bien, ni le souflrir dans les autres, el faisant envers ces âmes l'ofSce du démon, qui ne veille que pour les perdre. Ces discours que vous vous permettez si facilement contre la piété des serviteurs de Dieu, de ces âmes qui, par leurs hommages fervents, consolent sa gloire de vos crimes et de vos outrages; ces dérisions de leur zèle et de leur sainte ivresse pour leur Dieo ; ces traits piquants, qui de leur personne, retombent sur la vertu, et font la plus dangereuse tentation de leur pénitence; cette sévérité à leur égard, qui ne leur pardonne rien, qui cbange en vice leurs vertus mêmes ; ce langage de blasphème et de moquerie, qui répand nn ridicule impie sur le sérieux de leur componction ; qui donne des noms d'ironie et de mépris aux pratiques les plus respectables de leur piété, qui ébranle leur foi, qui arrête leurs saintes résolutions, qui décourage leur faiblese, qui les fait rougir de la vertu, qui les entraîne souvent dans le vice; voilà ce que j'appelle avec les saints une persécution ouverte et déclarée de la vérité. Vous persécutez dans votre frère, dit saint Augustin, ce que les tyrans eux-mêmes n'y ont pas persécuté : ils ne lui ont ravi que la vie : vous voulez lui ravir l'innocence et la vertu: ils ne s'en sont pris qu'à son corps ; vous en voulez à son âme : Carnem persécutas est imperator ; tu in christiano spiritum persequeris.
Et I quoi I Mes Frères, n'est-ce pas assez que vous ne servies pas le Dieu pour qui vous êtes faits T (C'est ce que les premiers défenseurs de la Foi, les Tertulien et les Cyprien, disaient autrefois aux paTens persécuteurs des fidèles; et faut-il que ces mêmes plaintes se trouvent encore justes dans notre bouche contre les Chrétiens?) n'est-ce pas assez? fautil encore que vous persécutiez ceux qui le servent? Vous ne voulez donc ni l'adorer, ni soufTrir qu'on l'adore î Deum nec colis, nec coli omnino permittis ? Vous pardonnez tous les jours tant d'extravagances aux sectateurs du monde; tant de passions insensées, vous les excusez ; que dis-je? vous les louez; dans les désirs déréglés de leur cœur, vous trouvez de la constance; de la fidélité, de la noblesse, dans leurs passions les plus honteuses: vous donnez des noms honorables à leurs vices les plus indignes; et il n'y a qu'une ftme juste et Adèle, qu'un serviteur de Dieu, qui ne trouve auprès de vous aocane indulgence et qui réussisse à s'attirer vos mépris et vos censures 1 Solus tibi displicet Dei cultor f Mais, mes Frères, les plaisirs des théâtres et des spectacles sont ouverts parmi vous à la licence publique, et on n'y trouve point à redire ; la fureur du jeu a ses partisans déclarés, et on le soufTre; l'ambition a ses adorateurs et ses esclaves, et on les loue ; la volupté a ses victimes et ses autels, et on ne les lui dispute pas ; l'avarice a ses idolâtries, et on n'en dit mot; tontes les passions comme autant de divinités sacrilèges ont leur culte établi, sans qu'on s'en formalise; et le Seigneur tout seul de l'univers, et le Souverain de tous les hommes, et Dieu tout seul sur la terre, ne sera noint servi, on ne pourra l'être impunément, et sans qu'on y trouve à redire? Et Deus solus in terris aut non coHtur, aut non est impune quod colitur.
Faut-il qu'au défaut des tyrans et des supplices, l'Evangile trouve encore en vous seuls son écueil et son scandale? Renoncez donc vous-mêmes à l'espérance qui est en Jésus- Christ; unissez-vous à ces peuples barbares, ou à ces hommes impies qui blasphèment sa gloire et sa divinité, s'il vous paraît si digne de risée de vivre sous ses lois, et d'observer ses maximes. CMassillon).
Ceux qui accusent les gens dévots d'hypocrisie sont souvent ceux qui vivent comme des païens. Ce n'est pas à eux à prendre les intérêts de la gloire de Dieu contre les fausses vertus qui font tant de tort et tant de peine à l'Eglise: qu'il soit servi de bonne foi, ou par pure grimace, ce n'est pas une affaire qui les regarde. D'oh vient donc un zèle si déplacé? Voulez- vous le savoir? ce n'est pas la gloire de Dieu qui les intéresse, c|e8l celle des gens de bien qu'il cherche à flétrir; ce n'est pas l'hypocrisie qui les blesse, c'est la piété qui leur déplatt : ils ne sont pas les censeurs du vice: ils ne sont que les ennemis de la vertu: en un mot, ils ne haïssent dans l'hypocrite, que la ressemblance de l'homme de bien.
Ils exigent qu'on juge leurs intentions pures, lorsque leurs œuvres ne le sont pas ; et ils croient avoir droit de se persuader que les intentions des gens de bien ne sont pas innocentes, lorsque toutes leurs actions le paraissent, qu'ils cessent donc ou de nous faire l'apologie de leurs propres vices, ou la censure de la vertu.
Si les justes ont des défauts, ce qu'il faut imputer à la faiblesse humaine plutôt qu'à leur malice, ce n'est pas à ceux qui les portent au mal par leurs exemples, ou qui les ébranlent par leurs critiques à le leur reprocher, ce n'est pas au séducteur à trouver mauvais qu'on se laisse séduire. Du reste qui n'admirera les contradictions des mondains ; qu'un prêtre leur dise qu'il faut se faire violence pour gagner le ciel, ils s'en plaignent et disent tout haut que c'est trop sévère ; et en même temps ils disent d'une personne pieuse qui ne s'interdit pas tout ce qui est permis, qu'elle a une vertu trop
LÀ DévOTION' ^ G19
commode ; que si elle s'éloignait dn monde, ils l'accuseraient d'exagération, et la feraient passer pour un esprit outré. Ils font passer pour un élu, un homme qui a passé toute sa vie dans les désordres, si peu qu'il donne des signes de regret; et ils condamnent ceux qui durant toute leur vie ont fréquenté les sacrements, en conservant quelques légers défauts. Cependant les gens de bien mériteraient plus de justice; ils sont les seuls k ménager la réputation des mondains et à s'intéresser à leur salut. Du reste, en attaquant la vertu, on se la rend inutile à soi même ; on n'a plus le courage d'imiter ce qu« l'on dénigre. Car, si jamais, lassé du monde, de vos désordres, de vous-même, vous voulez revenir à Dieu, et sauver votre Ame que vous perdez, comment oserez-vous vous déclarer pour la piété, vous qui en avez fait si souvent des plaisanteries publiques et profanes ? Comment pourriez-vous vous faire une gloire des devoirs de la Religion, vous à qui on entend dire tous les jours, qu'on perd l'esprit dès qu'on devient dévot : qu'un tel et une telle avaient mille bonnes qualités, qui les faisaient souhaiter partout, mais que la dévotion les a gâtés à un point qu'ils sont devenus insupportables, qu'ils affectent de se donner du ridicule ; qu'il semble qu'il faut renoncer au sens commun dès qu'on a levé l'étendard de la piété ; que le Seigneur vous préserve de cette manie : que vous t&chez d'être honnête homme : mais que Dieu merci, vous n'êtes pas dévot. Quel lanp?i'"^ ' ■• -^ ' à^lire, que Dieu merci, vous pouvez bien vous répondre que vous ne chat , et que vous mourrez tel que vous êtes. Quelle impiété, et c'est parmi
des < : l'on tient tous les jours ces discours avec ostentation et avec complai-
saace.
Non seulement tous vous fermez à vous-même toutes les voies de votre retour à Dien, vous les fermez encore k une infinité d'ôraes que la grâce presse en secret de sortir de leurs crimes et de vivre chrétiennement ; qui n'osent se déclarer de peur de s'exposer à vos railleries profanes ; qui ne craignent dans une nouvelle vie que le ridicule que vous donnez à la vertu.
Par là vous perpétuez dans le monde les préjugés contre la vertu, et maintenez parmi les hommes l'illusion la plus universelle dont le démon se sert pour les séduire, qui est de traiter la piété de travers et de folie: vous autorisez les blasphèmes des libertins et des impies : vous accoutumez les pécheurs à se faire du vice et du dérèglement, un sujet d'ostentation et de gloire ; et à regarder la débauche comme un bon air, en l'opposant au ridicule de la vertu. Que dirai-je enfin ? Par vous la piété devient la fable du monde, le jouet des impies, la honte des pécheurs, le scandale des faibles, i'écueil même des justes : par vous le vice est en honneur, la vertu est avilie, les vérités s'afTaibiissent, la foi s'éteint, la corruption gagne : et comme le prophète l'avait prédit, la désolation persévère jusqu'à la consommation et la fin.
Ajoutons encore : par vous la vertu devient insoutenable à elle-même, vos dérisions deviennent I'écueil de la piété même des justes ; vous ébranlez leur foi : vous découragez leur zèle : vous suspendez leurs bons désirs : vous étoufTez dans leur cœur les plus vives impressions de la grâce ; vous les arrêtez sur mille démarches de ferveur et de vertu, qu'ils n'osent exposer à l'impiété de vos censures; vous les obligez malgré eux de se conformer encore à vos usages et à vos maximes qu'ils détestent; à rabattre de leur retraite, de leurs austérités, de leurs prières: et à ne consacrer à ces devoirs que des moments dérobés qui puissent échappera vos regards ei à vos railleries: et par là vous privez l'Eglise de l'édification de leurs exemples : les faibles du secours qu'ils y trouveraient ; les pécheurs de la confusion qui leur en reviendrait, les justes d'une consolation qui les soutiendrait, et la Religion du spectacle qui l'iionore.
Hélas t M. F. , les tyrans ne faisaient autrefois des dérisions publiques des chrétiens, qu'en >""'■ '•"■-ochant leurs superstitions prétendues ;ils se moquaient des honneurs public^ voyaient rendre à Jésus-Christ, à un Crucifié, et de la préférence qu'ils lui 11 or Jupiter et sur les dieux de i'empire, dont la pompe et la magnifii^ence des temple» et des autels, l'ancienneté des lois, et la majesté des Césars, rendaient le culte respectable ; du reste, ils donnaient des éloges publics à leurs mipurs ; ils admi-
)r modestie, leur frugalité, leur chariii' ■ nte et
leur éloignement des cirques et des pi ' nipê-
regarder avec vénération i(> nopnrs sat; , , . ^ . , ^, bienfai-
saales de ces hommes simples • ' ois au contraire, plus us ne trou-
vez pas mauvais qu'ils adorent J . et qu'ils meitent dan> le In t'rt^ix
leur confiunce et leur salut : mais vous trouvez ridicule qu'ils " s
publics , qu'ils vivr-ni dans la pratique de la retraite, de la mon
•""- ^ ■' •- trouvez dignes de vos dérisK- -^^ "• '■■ v - ,..-,„,.,„. ,,,..11-
hasles et modestes; et la vu ilairs
■ s tyrans, ne trouve auprès et des
raillerie» profanes.
Quelle ftlie. H. F. t de ne Iroover difrnes de risée dans un monde, qui n'est lui-même tout enti-r qu'un amas de niaiseries et d'extravagances ; de n'y trouver dignes de riaée que ceux qui en connaissent le frivole, et qui ne pensent qu'à se mettre à couvert de la colère à venir ; quelle folie de ne mépriser dans les hommes que les seules qualité* Qoi les rendent agréables à Dieu, respectables aux Anges, utile* à leurs firères ! quelle folie
avoir des défauts plus rares et inoins graves qu'on ne le suppose; mais la dévotion n'en a pas (1).
ilhi\. 4» L'Ile est intérieure. Toute la gloire de la fille du roi du ciel, de l'Ame (idèle, est à Yintérimr. L'amour est dans le cœur ; et, s'il n'y est pas, rien ne le remplace. Dieu ne voit pas seulement la surface et l'écorce, il scrute les cœurs. Ceux donc qui font consister la dévotion dans certaines pénitences, certains exercices s|)irituels, prière, sacrements, se trompent, s'ils ne sont pas par le cœ'ur dévoué au service de Dieu. Les pratiques sont riiuiie qui alimente la flamme de la dévotion, mais ne sont pas la dévotion elle-même. On ne peut se passer de ces pratiques. Un extérieur grave et modeste aide beaucoup aussi à la dévotion, en même temps qu il édifie les autres; mais enfin si le cœur est plein d'orgueil, d'amour-propre, d'aversion volontaire contre le prochain, qu'on ne se flatte pas d'avoir la
de croire qu'an bonheur ou un malbeur éternel nous attend, et de trouver ridicules ceux qu'dn si grand intérêt occupe I
Respectons la vertu, M. F. : elle seule sur la terre mérite notre admiration et nos hommages. Si nous sommes encore trop faibles pour en remplir les devoirs, soyons assez équitables pour en estimer l'éclat et l'innocence : si nous ne pouvons pas vivre comme les justes, envions leur destinée : si nous ne pouvons pas encore imiter leurs exemples, regardons les dérisions de la vertu, non seulement comme des blasphèmes contre l'E<;prii saint, mais comme des outrages faits à l'humanité, que la vertu toute seule honore: reprochons-nous les vices qui ne nous permettent pas de ressembler aux gens de bien, loin de leur reprochor les vertus qui nous les rendent dissemt)lables; en un mot, par notre respect v<!rilable pour la piété, méritons d'obtenir un jour le don de la piété même. (D'après M ssatoti.)
(1) Les justes sont ici-bas comme des arches saintes, au milieu desquelles le Seigneur réside, et dont il venge rigoureusement les mépris et les outrages : ils peuvent chanceler quelquefois dans la voie, comme l'arche d'Israël, conduite en triomphe dans Jérusalem : car la vertu ta plus pure et la plus brillante a ses taches et ses éclipses, et la plus solide ne se soutient pas partout également; mais le Seigneur s'indigne que des téméraires, semblables A Osa, se mêlent de les redresser î et à peine y touchent-ils, qu'il les frappe d'analhème : il prend sur lui les plus légers mépris dont on deshonore ses serviteurs; et ne peut souffrir que la vertu, qui a pu trouver des admirateurs parmi les tyrans mêmes, et les peuples les plus barbares, ne trouve souvent que des censures et des dérisions parmi les fidèles. Aussi les enfants d'Israél furent dévorés sur l'heure, pour avoir insulté par des railleries le petit nombre de cheveux d'un prophète, et cependant ce n'étaient là que des indiscrétions puériles, si parJonnables à ces âges. Le feu du ciel descendit sur l'officier de l'impie Ochozias et le consuma à l'instant, pour avoir appelé par dérision Elie, l'bomme de Dieu : et cependant c'était un courtisan de qui on devait exiger moins d'égards pour l'austérité et la simplicité d'un prophète, et pour la vertu d'un homme rustique en apparence et odieux à son maître. Michol fut frappée de stf'Tilité, pour avoir trop aigrement censuré les saints excès de joie et de piété de Davii devant l'Arche, et cependant ce n'était là qu'une délicatesse de femme. Mais toucher à ceux qui servent le Seigneur, c'est toucher, dit l'Ecriture, à la prunelle de son œil : il maudit invisiblement ces censeurs téméraires de la piété, et s'il ne les frappe pas de mort à l'instant, comme autrefois, il diminue pour eux-mêmjs le don précieux de la grâce et de la saintett' qu'ils ont méprisé dans les autres, et cependant ce sont les gens de bien qui sont, aujourd'hui, le pins en butte à la malignité des discours publics; et l'on peut dire que la vertu fait dans le monde plus de censeurs que le vice. (Massillo.n.)
Nous qui admirons tant le mépris orgueilleux que certains philosophes de l'antiquité avaient pour les dignités et pour les richesses; nous qui ne voyons pas la bassesse et ta folie de ces prétendus sages, de chercher pareillement la gloire et la réputation par une ostentation de vertu plus mépri.'able que le vice même ; nous-mêmes, mes frères, nous regardons comme un bon air de mépriser la noble humilité des serviteurs de Dieu, le gînéreux dépouillemeni des sages de l'Evangile, la sainte magnanimité de leur foi ; et nous d< nnons à l'extravagance et à la puérilité de l'orgueil, les éloges que nous refusons à l'élévation de l'humilité, à la sainte philosophie de l'Evangile, et à la sagesse sublime de la grâce. Qu'est-ce que l'homme, û mon Dieul et quel est son aveuglement d'admirer tout ce qui l'avilit et de mépriser tout ce qui peut le rendre estimable I
Il suffit presque d'être homme de bien, pour ne trouver plus d'indulgence sur la terre : et je ne sais si c'est haine de la vertu, ou amour de nous-mêmes ; mais nous ne manquons jamais d'apercevoir des faiblesses dans les saints : soit parce qu'à force de les croire justes, n<'a8 exigeons presque aussi qu'ils ne soient plus hommes; ou que ne pouvant parvenir à leur ressembler, noust&chons du moins de nous persuader qu'ils nous ressemblent eux-mêmes.
Là DÉVOTÎOK 621
' M.îinn .iiianJ même on en aurait le dehors (1). On doit donc s'appli- >n plulôt qu'aux prières vocales, quand on veut arriver à la ; ifiire.
ifion est surnaturelle, 1) dans son objet, qui est Dieu, à 'iiii . i) dans son principe, qui est la grâce. Nous ne pouvons
donc lu praiiquer sans prier beaucoup, et notre dévotion sera en proportion de notre prière. Point de dévotion possible non plus sans la fréquentation des sacrements. 3) Dans les motifs, tpn l'inspirent cl qui «loivent être fournis par la foi. Pratiquer la dévotion pour plaire aux hommes, par intérêt, pour paraître aussi bien que tel ou tel, ce n est pas être dévoué à Dieu, mais à soi. C'est lie li-guisme.
3'> La dévotion est souveraine; elle triomphe de tous les obstacles du dehors pt du dedans. Klle ne recule devant aucun sacrifice ; elle ne met aiii : ' '■ Il de la grûce, ni aucune réserve à son dévouement
env ' universelle. Non seidement en ce sens que tout
Iioi. ijut-r, quels que soient sa condition et le milieu dans Ir ; ''l
il \ • en ce sens qu'elle doit embrasser notre vie tout ent;
noi. r tous nos dcvoire envers Dieu, envers le prochain, eincirs
no' portera nous réformer de tous nos défauts, à acquérir
ton ''"■ ■ "- [ualilés, on voit que la vraie dévotion est excel-
len rend notre inlériem' agréable à Dieu et reforme
toui ...... :iiément à la loi divine (i).
1533. — 111. Les avantages quelle nous procure doivent nous exciter à l'embrasser t'Mis. lu nirf'\ .lit s.iiot Paul, est utile à tout ; elle a les promesses de la la rie future. (I.Tim. iv. 8, voir n*^ Ui2, nott' '' \ U'M d'introduire le peuple de Dieu dans la len ■'. toutes sortes de bruits circulaient dans le camp d'Israël. Les lin- ip i-rtip fori-p tprriblo dévorait ses habitants ; les autres «pie les
lient d'une taille prodigieuse et manies. Heureusement les Israélites nf les ,: Caleb et Josué. Les mondains répaii ' "' la dévotion. Ils ne la connaissent pas : i. comme Culcb ut Josuc, IcssaiuLs, qui l'ont explorée, nous disent que c'est uuc
(t) Comptons- Doas poar beaucoup, noas-méffles, les apparences d'amitié que le cœur démeni* Les faux em[)re$se(nenls de ceux qui ne nous aiment pas, et que nous connais- 8oa> .iiiS, nous louchent-ils beaucoup, et ne nous sont-ils pas à
cha lans let hommes que les sentiments intimes et réels qu'ils
ont f.^ioai même sur l'irrégularité des manières, pourvu que nous
«uy' id*.
N n 'U3 aime, nous, mes Frères : nous ne comptons pour rien les ^ que du coeur; nous ne pardonnons pas ni yons nous que Dieu, qui s'appelle un Dieu iii'i ns M-UMUie ei luuins 'i« mmi i^ue l'homn", '' " " "
Dieu du coeur, se paye d'un vain extérieur
Dieu qu'un ne pria limorer qu'en l'aimant. :. . , , , . , <
li.Mruna-'cs que ni rend, ei que le cœur lui refuse? (.ro)ou»nous «lue Dieu
v,,,n .),. (.ir^ r l'homme, qu'il ne mi'ritp pa^ d'être nimé, ou qu'il ne sente
\>\^ ns et de nos homma^'<
I '>ttrg, avait été mon i, pour la
coi..<...... .. .^.. ^^\t; t\, apr-'^' T''- !•■ .„ ii.Tii iiiij
avait une pieuse amie appelée Douda comme u.
rentrant de l'église, était de m-ii]va'5f i rcmuiit ■
des pincetU:s (l'un i.T de ',a lui dit j • U^u vciicivuus Jonc,
ma ch^rc ? — Dr ■^'ii^-;. i peine à c le vous me dites; car il me
aemble que si \>>\xi aviez cw .t i v^.-^k, vous seriez p. us ca meet plus douce. >
(i) Qtte les Imes pieuses sachent que les taches qu'elle* mêlent i la vertu deviennent preaqoe celles de la religion mi^me: iiu'iiles comuriinDenl tout c<' que le monde attend d'elles, et avec quelle fl : ':er les serviteur* de J««u*>
Christ; qu'elle* forcent le m^:. . ae saurait aimer. (D'après
MiSSILLOX.)
La religioa désavooe tes oeuvrM l«s plut atiata* qu'on sabslilue aux devoirs M l'homme o'eat plu* riea devaal Dieu qaaod il ■*•*! pas ce qa'il doit être. (D'aprte MassiLLOii).
62^ SBRM0N8 1>E MISI^ION^'
Icrrc où coulent i»- mu t-l le miel. [Contre les railleurs de lu devonon. \oir la noie <Jii n» 1)I70).
Les inunilains voient et redoutent les jeûnes, les pénitences ; mais ils ne voient pas les joies de celui qui pleure ses péchés. Ne les croyons point (1). La dévotion est le sucre qui conOt la crudité de la pénitence et lui donne une merveilleuse saveur. Donc goiltez et voyez combien le Seif/neur est doux ! Cherchons A acquérir cette dévotion intérieure, surnaturelle, souveraine, universelle. Nous le disons à tous : Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. Que celui qui est juste le devienne davantage. Dieu n'a-l-il pas assez lait pour nous? A (pii serons-nous dévoués, si nous ne le sommes pas A son égard ? K\cilons et alimentons en nous la dévotion par la prière et la fréquentation des sacrements. U mon Dieu, je veux vous aimer de tout mon cœur, de toute uïon Ame, de toutes mes forces ; et je veux que cet amour divin soit la règle de toutes mes pensées, de toutes mes paroles et de toutes mes œuvres ! (Voir Jouvk : Le Missionnaire des campagnes auquel nous avons emprunté ce plan (2).