‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 140 sur 416 · XLVIII. — Persévérance · texte numérisé non relu

XLVIII. — Persévérance

1534. Gardez bien ce que vous avez et que personne ne vous ravisse votre couronne. (Apoc. m. H.) Vous avez, nous l'espérons, la grâce de Dieu, l'espérance <iu ciel, la paix (pii accompagne l'amitié de Jésus, (iardez-les bien ! A quoi servirait-il de les avoir goûtées, si vous deviez les perdre ? A quoi sert de semer si on ne recueille pas, de se mettre en route si l'on n'arrive point a\i terme ? (li) (Jelui qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. Or, pour assurer cette persévérance qui est la clef du ciel, nous allons dire le malheur de la rechute dans le péché et les moyens de nous en préserver (i).

(1) I! est vrai qu'il y a de la peine en s'exerçant dans la piété. Mais cette peine ne vient pas de la piété qui commence d'être en nous, mais de l'impiété qui y est encore. Si nos sens ne s'opposaient à la pénitence, et que notre corruption ne s'opposât à la pureté de Dieu, il n'y aurait en cela rien de pénible pour nous. Nous ne souffrons qu'à propor» tion que le vice qui nous est naturel résiste à la gr&ce surnaturelle. Notre cœur se sent déchiré entre ces efforts contraires. Mais il serait bien injuste d'imputer cette violence à Dieu, qui nous attire, au lieu de l'attribuer au monde qui nuut> retient. C'est comme un enfant que sa mère arrache d'entre les bras des voleurs, et qui doit aimer dans la peine qu'il souffre la violence amoureuse et légitime de celle qui procure sa liberté, et ne détester que la violence impétueuse et tyrannique de ceux qui le retiennent injustement. La plus cruelle guerre que Dieu puisse faire aux hommes dans cette vie, est de les laisser sans celte guerre qu'il est venue apporter. (Pascal, Pensées.)

(S) Ce n'est pas la piété qui est désagréable, c'est votre cœur qui est déréglé ; ce n'est pas le calice du Seigneur qu'il faut accuser d'amertume, dit saint Augustin, c'est votre ^oftt qui est dépravé Tout est amer à un palais malade ; corrigez vos penchants et le joug vous paraîtra léger; rendez à votre cœur le goût que le péché lui a ùté, et vous goûterez combien le Seigneur est doux ; haïssez le monde et vous comprendrez à quel point la vertu est aimable; en un mol, aimez Jésus-Christ, et vous sentirez tout ce que je dis. — Ces bœufs, que les Philistins choisirent pour porter l'arche du Seigneur hors de leurs frontières, figures des âmes infidèles peu accoutumées à porter le joug de Jésus-Christ , mugissaient , dit l'Ecriture, et semblaient gémir sous la grandeur de ce poids sacré : Peryenles et mugientes; au lieu que les enfants de Lévi, image naturelle des justes, accoutumés à ce ministère saint, faisaient retentir les airs de cantiques d'allégresse et d'actions de grâces, en la portant avec majesté, même à travers les sables brûlants du désert. La loi n'est pas un fardeau pour l'âme juste accoutumée à l'observer; il n'fisl que l'âme mondaine, peu familiarisée avec ces saintes observances, qui gémisse sous un poids si aimable. CMassillo.t.^

(3) Un illu.stre capitaine de l'antiquité faisant la revue de ses troupes & la veille d'un grand combat, se mil à verser des larmes ; et comme pour le consoler on lui parlait du ■ombre et du bon étal de ses soldats : •; Hélas I dit-il, comment ne pas pleurer, quand je pense que demain un graad nombre seront morts I » Comment le cœur du missionnaire ne serait-il pas en proie à la plus amère douleur, s'il pouvait penser que dans quelques jours ces âmes, aujourd'hui à Dieu, seront mortes à la grâce !

(4) L'empereur Justinien ne se contentant pas d'avoir élevé aax plus hautes charges et comblé de richesses un de ses favoris, lui dit, un jour : Que puis-je faire pour votre avan-

ÎA PEkSBVÉRAKCft 023

4îi:î3. 1. yfalheur de la rechute. {• Par rapport à Dieu, c'est: 1^ une ingratitude. Ce tendre Père vient d'ouvrir les bras ati prodigue et (le fêter son rituiii-: t>t tout à coup, oubliant et sa mis»'>re passée et les tendresses qui ent et le bonheur qu'il a trouvé sôus le toit fraternel, le pécheur ■ Il Père et le fait indignement. Est-ce là ce que vous rendes au '/ui vous a tirés de lu terre d'Egypte ? Vous oubliez sa bonté. Qui • si la pensée de cette bonté ne vous excite pas à l'outrager plus libreuicnl? Cette ingratitude n'est comparable (pi'ci celle des juifs et des bourreaux. 2) .Mépris. Le pécheur qui retombe, préfère Satan ou une vile salisfaction à Jésus-Christ, à son Dieu. Si vous aviez à votre service un liniiiiiie ipii vous quittât pour retourner chez celui qu'il avait servi avant de venir chez vous, il vous ferait grand affront ; et vous quitteriez le service de Dieu pour celui du Démon ? flj 3) Perfidie. Judas trahit son Maître, et il est en exécration : il n'est point dit (pi'il lui eût fait des protestations de fidélité. Plus perfide que lui, l'itne qui retombe a fait des promesses au confessionnal, ■'( la table sainte ; elle les foule aux pieds.

i536. ±> Par rapport à l'homme. 1) Klle fait craindre que sa pénitence n'ait pas été sincère et (jue ses péchés n'aient pas été pardonnes. Quand on a dans le ciBur une vraie crainte de Dieu, une vraie horreur du mal, on ne les perd pas si facilement.

Faites-moi venir un philosophe, un Socrate, un Pythagore, un Platon : Il vous dira «iiic la vertu ne consiste pas dans un sentiment passager, mais que est une habitude constante et un état permanent. Que nous avons une moindre idée de la vertu chrétienne, et (pi'à cause (jue Jésus-tihrist nous a uverl dans ses sacrements une source inépuisable pour laver nos crimes, ['lus aviii-lt^s que les philosophes qui ont cherché la stabilité dans la vertu, nous t re chrétiens lorsque nous pa.ssons notre vie dans une perpé-

tuelle ■■ lice, aujourd'hui dans le bain de la pénitence, et demain dans

:m>s- preiuiures souillures, aujourd'hui à la table sainte avec Jésus-Christ, et icmain avec Bélial et dans toutes les corruptions du monde : peut-on faire un plus grand outrage au christianisme * N'est-ce pas ainsi que nos Pères nous ont parlé des rechutes? ±) Lors même que la re<',hule ne laisserait aucun doute sur les confessions précédentes, elle ravit à l'Ame les biens immenses qu'elle avait recouvrés : la vie de la grâce, la paix, les droits au ciel. Quelle l'orle ! 3) Bien plus, le dernier état de cet homme est pire que le premier, lit Notre-Seigneur. (.Matth. xu, 45.) Le démon s'était retiré au désert ; mais il prend sept autres rlémons plus méchants que lui et ils entrent dans ce cœur et y habitent. Ils le poussent à toutes sortes de crimes. Quand le gou-

cement? Demandei-moi tout ce que vous désirez. — Seigneur, répondit le courtisan, Je n'ai besoin que d'un clou; si Votre Majesté pouvait me donner un clou, je serais au comble de la félicité. Quelle prière est-ce l&T Demander un clou k un empereur I Que voulez-vous faire de ce clou 1 C'est pour arrêter ma fortune, c'est pour flxer et rendre immobiles les (grandes faveurs que votre libéralité m'a faites. Je pense, mes Frères, qu'on vous a donné, avec la grâce de Dieu, toutes les instructions nécessaires à votre salut, toutes les recommandations auxquelles une &me chrétienne doit être Adèle, pour se rendre agréable k Dieu et se mettre au chemin du ciel ; je n'ai plus besoin que d'un clou pour lea bicii <i volro cœur ou, pour mieux dire et alin de parler le lan-

gage il -> enseignements qu'on vous a donnés sont autant de clous

talutaut . ., -i..,.w.i,i ,11 .^(,.^ ^ l'amour '!" I"''-' '•' •*"•" •■• ■ 'n crainte

de ses jugemt^niM > clavi in M. U.)

J'ai besoin d'un iii <-n sorte qii> ^e jamais

les arracher avec > . ^ Jo fer, un, ^»ar mieux diro, d'ctifur. Ce ni.irleau n'est

autre que la pamli^ :> : (|ui est appelée par Jérémie : Maliens conterens petram. Je mr - divine parule pour vous faire voir que celui qui retombe

dans !• averti et avoir reçu la gr&ce de Dieu par les sacrements,

court t;i , - ,^- ire. (I.it Jko?»!).

(<) Que dites-vous d'un certain chnpelet qu'un catholique disait souvent? Ce chapelet avait un grain blanc et dix noirs; sur le blanc il disait : Dieu !*oit h^ni; sur les dix noirs: (jue Satan itoit tervl. N'était-ce pas se moquer do Dieu et attirer sa colèr« T C'est ce que nous disons; ou, ce qui est pire, c'est ce que nous faisons, qunnd de dix heures de nos journées, de dix mois de notrn année, etc., nous n'en donnons qu'une à Dieu et les dix autres au démon. (La Jauni).

624 SËftMONS DB MISSIONS

vernail est brisé, le vaisseau devient le jouet des vcnls et des flots, il court à sa perlo. Kicn n'enhardit un ennemi comme la laiblcssc île son adversaire. Apros une chute, Satan qui était rusé comme un renard, atin de rentrer dans la place, devient cruel comme un tigre. Ah ! il aurait mieux viilu pour ces ûmes n'avoir point connu la voie de la justice, que de retourner en arrière après l'avoir connue.

i) La rechute rend la conversion difficile. Défions-nous de cet horrible conseil de Satan qui nous dit: No tombe plus qu'une fois {^). Après une chute grave nous sommes bien plus enclins à renouer les chaînes de nos habitudes coupables ; car la rechute ruine la gri\ce de Dieu. (Voir la note de la fin du n" .^)7(i.)

Lors même que Dieu nous donnerait les mêmes grâces, la rechute fait qu'elles ont moins de pouvoir siu- l'Ame, qui, par la rechute, devient et plus cndiu'cic et plus faible. Samson plusieurs fois avait été pris parles IMiilistins, et toujours il avait rompu ses chaînes ; mais sétant exposé aux occasions et étant tombé de nouveau avec la perlide Dalila, celle-ci lui coupa la chevelure (jiii faisait sa force. Les Philistins arrivent ensuite et l'enchaînent: Ef/rediar siruf anfe, dit Samson ; je romprai mes chaînes comme autrefois. // ignorait, hélas! que le Seif/neur s'était retiré de lui! VA il est condaumé à tourner la meule d'un moulin, et il l'ait une mort misérable.

Uue de blessures d'abord cicatrisées à force de se rouvrir finissent par devenir incurables ! Que de malades, après avoir triomphé une fois du mal, succombent à une rechute ! Si on se casse une jambe une fois, le chirurgien n'a pas tant de peine à la remettre en place; uiais si on se la casse une

(t) (a) Saint Théodore le Studite est sommé par Tempeieur Théophile et ses adhérent! de fouler aux pieds les saintes images. « Faites comme nous une seule fois, lui dit-on ; vous serez libre après de faire comme il vous plaira. — Ah I leur répondit le saint, c'est comme si vous me disiez de me laisser couper la tête une fois, vous ferez après ce qu-j vous voudrez. »

{b) L'histuire rapporte qu'une reine d'Assyrie, Sémiramis, obtint de son mari de régner à sa place seulement un jiur. A quoi employa-t-elle ce jour de royauté 7 Elle Ole au monarque complaisant son diadème, toutes les marques de la dignité royale ; et comme il ne s'en défenddit pas, pensant que la conduite de sa femme n'étail qu'un jeu, il lui livre même son épée. La reine alors fait trancher la tête à son mari ei lui enlève la vie en môme temps que la couronne. C'est l'histoire d'une mauvaise passion, d'une habitude vicieuse à laquelle on se livre un jour, espérant s'en affranchir plus tard. Malheur à qui dit: Je ne tomberai qu'une fois.

La première fois que vous tomb&tes en une faute grave, vous en étiez si fort en peine, qu'il vous semblait que tout était perdu, que tout le monde vous montrait au doigt, vous vous réveilliez en sursaut, et vous n'aviez pas une bonne heure dans le jour; la seconde fois, vous en eûtes un peu moins de remords; la troisième fois, moins encore; enfin, vous n'en avez presque plus de sentiment C'est tout le contraire en Dieu. Votre second péché lui est plus sensible que le premier; le troisième plus que le second, et ainsi de suUe, parce qu'à mesure qu'ils croissent en nombre, ils cioissent aussi en malice, en difTormiié et en injustice; car, supposons que vous donnez un soufflet à un honnête homme, et que pouvant aisément s'en venger, il ne le fasse pas, mais qu'il l'endure patiemment sans dire mot, il n'y a point de doute que, si vous lui en donniez encore un autre, ce second soufflet ne fût plus injurieux, plus sensible et plus difllcile à supporter qtie le précédent; encore plus, si vous en ajoutiez un troisième et un quatrième. La première fois que vous commîtes un péché mortel. Dieu pouvait très facilement et très justement vous condamner, il ne l'a pas fait; mais il a souffert votre audace, même il vous a rendu le bien pour le mal; et vous au lieu d'admirer sa bonté et d'en être touché, vous avez recommencé. Qui ne voit que la seconde offense est plus noire et plus monstrueuse que la piemière, la troisième plus que la seconde, et ainsi des autres? Comptez, si vous pouvez combien de péchés vous avez commis en votre vie, le second ayant un degré de malice et d'injustice par dessus le premier, par cette seule circonstance d'ingratitude et d'impudence; ce second péché étant plus énorme que le premier a été plus diflicile à supporter, et par conséquent la patience de Dieu envers vous est plus grande et plus admirable; donc voire troisième péché n'a pas seulement ajouté un degré de malice sur le second, comme le second avait fait sur le premier, mais quelque rhose en plus; ainsi du quatrième, du cinquième, du sixième. Ne craignez-vous donc point que Dieo perde patience ? L& patience de Dieu est comparée au diamant; on le brise diffîciiemeot : mais quand il se rompt une fois, il se met en tant de pièces, qu'il est entièrement perdu: Accendetïir velut ignis zelut tuus ; rien n'allume si fort la (la m me que l'hoile. (Le JED.tK).

f.A 1>BRSEVÉRANCE Ô'^'

seconde, uue Iroisiéme fuis, qu'il est difûcile de la guérir ! Un péché on appelle

un autre ; l'ivrogneiio ann'no l'impudicité, l'amour des biens de la terre fait

qu'on tni vaille le ditiianche : quand on les a acquis, on devient facilement

superlic (1). Que ce malheur ne soit donc pas le notre! (i) Par amour pour

Dieu, par pitié pour notre i\tne, [X)ur échapper à l'enfer, pour gagner le ciel,

pour I édIJjcalioo de ceux que nos désordres ont scandalisés, pour la consola-

iix q»ii se sont réjouis de noire retour à Dieu, nous persévérerons ;

nous vous le promettons. Mais pour que notre promesse soit sincère,

li.si. .Nous devons être résolus d'employer les moyens d'éviter la rechute

et de persévérer. 1» Nous sommes ici cinq cents appelés à la couronne des

élus. Dieuj^ous la prépare. Qui est-ce qui la perdra? Ce sera vous... vous...

vous, ce sei'a moi si nous ne pei-sévérons pas. Perseverantia sala est quœ%

,,.t — ' 'H liominein retldit, dit saint Bernard. Vigilance (voir n. iiJW), et

ince suppose la fuite des occasions, n. lOil. i'J La prière, voir

lous avons besoin de Dieu pour persévérer. Dieu n'est pas comme

in qui, ayant guéri un malade, le laisse dans une santé qui n'a plus

<(in sp. i.iirs ; le pécheur converti est comme l'air que le soleil a rendu

■ l'être dès que le soleil se retire. Un mendiant qui le jour

les aumônes suffisantes pour toute une semaine, contmue

■T le lendemain. Pourquoi? parce qu'il prévoit qu'il en aura encore

lis tard. Vous avez prié, Dieu vous a exaucés et vous a ramenés à lui.

\ ous cessez de prier. Ignorez-vous donc que vous avez besoin de lui encore

demain et dans huit jourset toujours? (;J) > Aa sanctification du dimanche,

n. 815. 4" La fréquentation des sacrements, n. 1401, et la dévotion à

Marie (4). 3*> L'accomplissement immédiat des bonnes résolutio/is r[n on a

\\ J.PA habilanls de la ville de Ninive et leur roi, nommé Sardanapale. s'étaot conver-

laenaces et les prédic^itiuas de Junas, et ayaat obleoa leur pardon par une

<le 0:ea toute particulière, furent si iogiais d'un si grand bienfait, qu'ils

I iiis leurs premieis égarements et reprirent leur vie de péché. La

-e si désag^iéable à Dieu, elle irrite tant sa colère qu'il ne daigna

■ * "T pruphete pour les avertir cumme auparavant ;

I de. leur envoyer un livre où étaient écrits les

liVine avait décrétés contre eux et qui s'exécutè-

reui qut-i^ue ieiiiii-> api i-i . c<ir iiuus apprenons d'Albénée, de Juslio, d Eusebe de Césa-

vff. ni d'anirei duiems, tant »acres que profanes, que le roi des Médes, Arbaces, et

V : i de Itabyione, qui avait été vassal de Sardanapale, assiégèrent la ville de

qu'apréa deux ans de siège, ce roi infortuné r< duit à rextremiié, et craignant

entre le** mains de ses ennemis, lit dresser au milieu de la ville un grand

uùclier ue quatre cents pieds de hauteur ou, ayiat jeté tout ce qu'il avait de plus précieux, il se |eia lui-même avec »a femme et ses enfants, qui y furent tous réduits ea ceodres ; la viiie fut piliée, saccagée et ruinée parles assiégeants: voilà la caïasirophe de cette tuisérabie ville et de ses habitanu. (La itvM).

(i) Le prêtre vena 'S de saint

Callixte. Jtprès avoir ' peupla et

'■• • - '■■■•- •' ■' et le

• Me

' ''^ lui

reuiel id li'>lie >)ui renreriiiiil la ^'iuile hticli.ti i.-^i'C, i ci>i'ifii U cactio sur lia poitrine et pan II traferH»» la inni^iip v.in* Appiforii» Il rHtii-.inir« .le-; p.tlen^ qui le prenseni de dire

' « Ne livrez pas

• Il aime mieux

^ ,.^ ,- • S^igUHur. Apres

»a I I >uiila en vain, el les piii<-n4 ne •r<iuv>>reni nen !tiir s>in cmpH II e>t ho-

n ri î'yr Ah! me< fr^rc<, n )im v>:t^ tvin-^ don-ié îKuchiiistie ei avec I Ku-

• les ce dépt^i, dus»ifZ-vout ; el qu'en arrivant au tri-

i/.i..a. uv ..nu, ...1- i..M>-,ti lui •.:. K . * ..I K..,„.: iii.,.ii u<,,vi.

(S) Saint Philippe ii<: Néry disait à Dieu: t Seigneur, lenei-moi bien anjounl'hui, d<

peur que je ne '. ' ^ hlr^ture que vuusreoÂlM au c6lé est bien large; mais

si vous ue me lai enore. •

■S<~- ■'■- • "■ '■■ KioYie, dan^ '- "■■--■-".-• - ■••■ i« fea

■ éUit à l'a "ndie

i ; : une main . la une

0^6 SauMOMs DK MISSIONS

prises au saint Tribunal. Quand votis attendez l'héritage d'un oncle, et que vous le vovez <le Ixinno humeur et dans «les dispositions qui vous sont favorahlos, vous en prolitez sans larder et vous le priez de faire venir 16 notaire. Ainsi en esl-il vis-à-vis île vous-int-'uies profitez de ces moincnls de grAce où vous »t<'s disposés à servir Dieu, et mettez-vous aussitôt à faire ce que vous avez rt soin. Si vous laissez échapper cette occasion, elle risquerait de ne pas revenir. *• • .. -

i^'M<. En employant avec générosité et constance les moyens mdiqués, nous pourrons peut-être avoir encore quelques faiblesses; mais sans nous laisser abattre relevons-nous aussitôt par la contrition parfaite ou par les sacrements: nous finirons par triompher et nous persévéreroijf (i^. l'ar là heureuse sera notre vie! plus heureuse encore sera notremort ! et au ciel sera déposée sur notre front la couronne promise à celtii qui a létrititnciiicnt combattu. (AdieiuF,n, 270; (2).

statue d'alb&lre du poids de huit ou neuf quintaux, qui devint entre ses mains légère comme une plume. Il arrive ainsi à travers les flammes aux portes de la ville et jusque sur les bords du Boristhène, fleuve qu'on appelle aujourd'hui le Dnieper, il met le pied sur les eaux qui deviennent solides comme un rocher; et il échappe avec ces précieux fardeaux, aux flammes et aux poursuites des Tartares. C'est par l'Eucharistie et la dévotion à Marie que nous échapperons aux flammes des passions et à la fureur des démons de l'enfer.

(1) (a) Le général Desaix disait à Marengo: « La bataille est perdue, il reste du temps pour en gagner une avant la fin du jour. » L'àme qui s'est laissée vaincre par le dt^mon peut tenir le môme langage.

(h) Un jeune homme demandait un jour & un ancien Père, nommé Siloê, ce qu'il devait faire lorsqu'il était tombé. Celui-ci répondit: « Vous relever.— Eh! reprit le jeune homme, je me suis relevé, mais je suis retombé! — Relevez-vous encore une foisl — Mais combien de fois faudra-t-il dune me relever 7 — Jusqu'à ce que la mort vou« trouve debout ou couché. »

tc) Après la perte de la bataille de Marathon, les Perses cherchèrent à se sauver vert leur flutie et se jetèrent précipitamment dans des barques. Dn Grec nommé Cynégire, en voyant une barque pleine de fuyards, y porta la main droite aBn de la retecir; on lui coupa la main ; il y porta la gauche, on la lui coupa aussi; alors il la saisit avec les dents jusqu'à ce qu'on lui eût abattu la tète.

(2; Conclusion et adieux du P. Le Jeune. Bienheureuse Vierge, je me souviens que quand on me confia cette mission si importante, je pris la hardiesse de vous dire ce que le capUaine Barac disait à la vaillante Débora, avant que d'aller à la guerre contre les ennemis de Dieu : Si venis mecum, vadam; si nolueris centre mecum, non pergam. (Judic. IV. 8.^ Si vous daignet me favoriser de votre grâce en cette guerre contre le péctté. j'irai hardiment et je ne craindrai rien, et vous me répondîtes intérieurement ce que Uébora répondit à Barac : Ibo, sed Victoria non reputahitur tibi; non, non, Bienheur«use Vierge, je ne m'attribuerai point la conquête de ces âmes, elle est celle de votre Fils et la vôtre, c'est pourquoi je veux imiter le saint prophète David : il offrit au sanctuaire de Dieu l'épée avec laquelle il avait tranché la téie au superbe Goliath ; je veux imiter Judith, cette valeureuse amazone, qui consacra au temple l'épée avec laquelle elle avait tué Holopherne. Le glaive qui m'a servi pendant ce saint temps pour détruire le péché, pour vaincre et convaincre le pécheur, c'est la parole de Dieu : Gladius Spiritus, quud est Verbum Dei. Le vrai sanctuaire de Dieu, le temple et le trône du vrai Salomoo, c'est vous, ô Saiate Vierge ; c'est à ce temple que je dédie ce glaive, c'est à ce trône que je consacre les victoires de la grâce.

L'Apôtre saint Paul adressant le dernier adieu aux principaux habitants de la ville 'IV i')i<''se, qu'il avait fait venir à Milet, pour prendre congé d'eux, leur dit : Comnundo ' ■> lieo, et verbo gratiœ ejus. Je vous dis de même, mes Frères, et c'est tout ce que je piiis faire, c'est ce que je fais le plus volontiers, de vous recommander à Dieu et de lui demander sa grâce; vous commencez à me connaître: j'ai d'autant plus d'afTection que j'ai moins de paroles. Les anciens disaient que le vrai ami est comme l'œuf, dont le meilleur est au dedans ; ce sont les arbres moins fertiles qui poussent et produisent plus de feuilles, et les amitiés qui ne s'emploient qu'en cérémonies et oflfres de services sont plus affectées qu'affectueuses. Plût à Dieu que selon le souhait d'un ancien, il y edl une fenêtre sur mon cœurl Vous y verriez que votre piété vous y a marqué une place. Vous le méritez, par l'empressement avec lequel vous êtes venus nous entendre. Vous avez montré en cela que vous cherchez la parole de Dieu, et non pas l'éloquence des hommes; si nous ne vous avons pas tous visités, ce n'a pas été faute d'affection : mais pour avoir plus de loisir de traiter avec Dieu les affaires de votre salut et de vous recommander à lut, ce que je fais encore de bon cœur : Commendo vos Deo. Vous principa*

NOTRE-DAMK de la SAl.KTtE 6^^

«• XLIX.. — rVotre-Dame de la Salette (\)

1539. La Vierge a manifesté dans tous les siècles sa puissance et son amour pour les hommes. Mais de nos jours elle s'est révélée, d'une manière plus éclatante que jamais, A la Saictle d'abord, puisa Lourdes, ensuite à Pontmain. Ccsi de sa première manifestation à notre siècle (pie nous voulons vous entretenir ; mais auparavant nous devons vous dire que celle apparition n'est point et ne sera jamais un article de foi. Toutefois, c'est une pieuse croyance, certaine à nos ^eux et aux veux d'un grand nombre d'évètjues, de prêtres, de inajjîislrats, d'hommes sensés et chrétiens de toute condition, oui invo(juenl la Vierge de la Salelte et dont l'intelligence vaut assurément celle de ceux qui n'v (Toiraionl pas (â). Cela posé, entrons dans le récit de cel événemcut.

lement, 6 âmes, nouvellement converties, qui êtes la joie, la couronne, la chère conquête de Jésus! ô âmes rachetées, et tout frafchement lavées par son précieux sang, ati co..r..„,.>, I tj „ùr,,inn.,»^ Verbo ijratiœ ejus, gardez-vous bien de vous attribuer la , de vos mérites et de vos bonnes œuvres; dites toujours : ' ■ i sum ; donnez-vous souvent à la grAce du Verbe incarné :

Verbo yralicB €ja^ , Utiiaandez-!a au commencement, au milieu et à la tin de vos actions, reconnaissez continuellement le besoin de son secours ; invoquez aussi la Mère de grAce et de miséricorde, soyez-lui particulièrement dévot, saluez-la par un Ave k chaque heure; quand l'horloge ionne; et alin que la Mère de miséricorde vous aime, ayez en grande atTeclion les œuvres de charité. Je vous puis dire avec l'Apôtre : Ego scio quoniam intrabunt, post dissessionem tneam, lupi rapaces in vos non parcentes gregi. Je prévois qu'après les fôles, quand les prédicateurs ne crieront plus contre les vices, les . -eurs tâcheront d'entrer dans la bergerie. Lésâmes réprouvées tâcheront

de rentrer dans le mauvais état où vous étiez. Hélas I quel horrible regret

ce Sci.io .'u I ,.i de Dieu, si ce malheur arrivait! Il dit que la femme qui est sur le point de donner le jour à un enfant éprouve de grandes douleurs, mais sitôt qu'elle a enfanté, elle noie sa tristesse dans la joie qu'elle a d'avoir mis une créature au monde : Jam non meminit prefsurœ propter gaudintn, quia natu$ est homo in mundum. Notre Sauveur a beaucoup travaillé, sué, enduré pour vous enfanter à la vie de la grâce. Maintenant qu'il vous voit converti et sanctifié par les sacrements, il ne se souvient plus de ses douleurs, il tient sa mor', et sa passion comme bien employées : Son meminit prestune propter gaudium. Mais s'il arrivait par malheur qu3 quelque suppôt de l'enfer vous fil retomt>er dans le péché, ce lui serait un crève-cœur qui ne peut s'expliquer. Que cela n'arrive jamais, je vous en supplie, ô Jésus, mon Dieu et mon Sauveur! ne permettez pas que ces âmes vous fassent un déplaisir si sensible. Confirma hoc Deus quod operatm es in nobis, c'est vods seul qui avez fait ce grand œuvre ; c'est à vous ggui „.... ;.. .. ;^ ->"nbuer la sanctification des âmes qui se sont converties, et tout le frui , <ns. Quand votre Apôlre saint Pierre, ayant jeté par votre comman-

deii,' is la mer, vit le grand nombre de poissons qui y étaient entrés, il

se pro.sierna a vos pieds, et s'écria avec étnnnement : Recède a me. Domine, quia homo, permlor Knm. J'ai bien plus déraison de faire de même, quand je vois le grand nombre d'âiir it'r à vous, je dois me jeter par terre et crier avec vérité :

l'ec voilà tout ce qut; je s«i», voilà tout ce que je puis, voilà

loui le, hunor et gloria, mihi autem confusio: s'il y a eu

que l'auteur, vous seul l'avez opéré ; à vous seul la gloire,

à III onts qui y son) arrivés par l'endurcissement des pécheurs

qui ne puis pus dire comme saint l*aul : Mundui sum a

$a>' :hé par mes crimes, les elTets de votre grlce sur ce

peut. ■ j' ...... m.,,., s ^ ... ^,.., pQQp 1^ conver»'-" '" -ves

au iiU'urs. j.- ■ irritée contre If -.

<',<• I. . ' ;, ^ .,)U8 savez que, n

< 1, 1 .: venir easeii^ner la vertu à des personnes

iiii <■ leur salut que moi. Je vou« demande pardon

lit- t.inte ;

ei / les de

saiij^ , . ,-...- . - . -, ^ -, ... -f.iiiii

fiiVDn, ,^. > , |,.ir :^^ (iinii-, :ic. unt de bons serviteurs que \" t

auflit.'r»'. ■;•!' I iMiii-' A \ iif 1)1, nié infinie de suppléer à tuas me.-' traii lit (|uand vous me punirez, et de verser sur ce peuple catholique la

niei u) vos plus amples et favorables béoédictions. Amen.

{' -. 1 i .-- ;.. * ,. On qu'au commencement des misâion». Les m*

pni ^<^s à admettre le surnaturel ; on peut avec

fruii , (etraile.

ii) Jetais qu'il y a des esprits prétendus forts qui par la plus bizarre conduite, veulent des miracles pour croire, et ne veulent croir« nul miracle ; qui pour éviter uo exc^s,

)J28 SEkMûNS m MISSIONS

iriiO. I. Le lieu. La Salelle est une montagne qui sert de limite au dépafteuient de l'Isère et qui touche à celui dos llaul<!s-Alpes. l^e plateau de l'apparition est à dix-huit cents mètres au-dessus (hi niveau de la mer. (l'est un iléserl ignoré avant le 19 septembre 1840, et visité jusque-là, seulement par les pAtros et (juehiucs chasseurs.

irUl. 11. Les témoins. Deux petits pAlres s'y rencontrèrent pour la première fois le 18 septembre ISKî : Maximin (iiraud, ftgé de onze ans, et Melanie <;alvat. jeune lille de (jualorze ans. Maximin n'était à la Salette que depuis le hjndi précédent, et habitait ordinairement chez son père, à Corps. Ces enfants convinrent ce joiu'-là de ramener le lendemain au même endroit les troupeaux de leurs maîtres. Kn elTet, le l'J septembre, un samedi, veille de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, ils gravissent la montagne par ime belle journée. Vers midi ils réunissent leur troupeau, afin de l'abreuver dans un ravin creusé par un torrent. Ils remontent le lit <lu torrent, cherchant im endroit propice pour prendre leur petit repas.

Ils s'arrêtent vers ipielques pierres superposées sur le lit d'une fontaine tarie, par d'autres pAtres <pii avaient voulu s'en faire des sièges; ils consomment leurs provisions et vont se désaltérer plus haut, a ime source qui coulait de l'autre côté du torrent ; puis ils reviennent se reposer sur le gazon et s'endorment à quelques pas l'un de l'autre. Mélanie, éveillée la première, ap[)elle Maximin en lui disant: Où sont nos iHic/ies? Tona deux gravissent une cfdline qui est en face d'eux ; et, avant aperçu leur troupeau, ils redescendent i»our prendre leurs sacs de provision.

15ii. 111. L'apparition. 1" Mélanie alors aperçoit la première tme grande clarté, plus éblouissante que celle du soleil. KfTrayéc, elle laisse tomber son bâton, et Maximin tremble, tout en cherchant à la rassurer. La clarté s'entr'ouvrant forme une auréole de lumière, autour d'un personnage mystérieux, assis, les coudes appuyés sur les genoux et la tète dans ses mains. Les enfants l'ont appelée la f/eUe Dame. Ils ne la connurent point. Mais c'était vous, ù Marie; V(tus pleiuMc/ sur nos péchés et nos malheurs, et vos larmes nous enseignent éloqucmmenl la haine du mal. I*lns de péchés donc, plus de blasphèmes, etc., plutôt la mort; renouvelons cette résolution; et, si nous voulons nous affranchir pour toujours du péché, à l'exemple de cette Vierge qui pleure, pleurons nos fautes passées et portons-en habituellement la douleur dans noire Ame.

i.*)4:L â-^ Le discours. La Vierge se leva, croisa les bras sur sa poitrine; puis d'une voix dou<*e comme une harmonie ilu ciel : « Avancez, mes enfants, dit-elle, n'ayez pas peur:je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle.» Cette nouvelle, c'psI son discours admirable qtii, au dire de Mgr Cinoulhiac, mort archevêque de Lyon, est en lui-même la preuve la plus frappante de la vérité de raiq)arition, tant il llétrit à propos les grandes plaies de notre siècle. Les enfants rassurés descendirent la colline et vinrent se placer à côté de la be/le Ihime, qui avait elle-même fait quelques pas pour aller à leur rencontre. Quand ils furent devant elle et dans la lumière même qui l'environnait, elle leur tint ce langage.

I54i. 1) La .wumission : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils ; il est si lourd et si pesant que je ne puis plus le retenir. » L'insoumission, l'esprit de révolte, voilà le vent qui

donnent dans an autre beaucoup plus dangereux ; c'est-à-dire, qui pour ne se laisser pas entraîner aux erreurs populaires par une crédulité opiniAtre. ne reconnaissent, ni les miracles des premiers siècle J, parce qu'ils sont trop éloignés d'eux, ni ceux de ce» derniers siècles, parce qu'il? sont trop près d'eux, commR si le bras de Uieu s'était raccourci ; qui néanmoins voudraient d'ailleurs réduire tout au témoignage de leurs yeux, comme s'il n'y avait rien de croyable dans le monde que ce qu'ils ont vu ou que ce qu'ils voient ; comme si Dieu pour les convaincre, devait faire sans cesse de nouveaux prodiges; comme s'il tallait k on esprit droit et sage d'autres preuves qu'une tradition commune et appuyée sur la parole de tant de témoins. (Boorbaloub).

Ceux qui croient si imprudemment que Dieu les sauvera, malgré la vie coupable qu'ils mènent, prodige cependant si rare, refusent parfois de croire à des prodiges qui sont plus faciles k Dien. Pourquoi !>nnt-il« si crédules qnand il y a tout à risquer, et pourquoi 89 fOBt-ils gloire d« l'élre si peu quand il n'y a lien a perdre?

Page 1