‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 150 sur 416 · VI. — Du vœu de pauvreté · texte numérisé non relu

VI. — Du vœu de pauvreté

1587. Celui qui ne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple, a dit Jt'8iis-(;iirist. La préoccupation des biens de ce monde, le soin de les arqnorir ou de les conserver sont un grand cnipècliernenl à la perfection (Ij. Aussi, le jeune homme de l'Kvangile a Yant demandé à Notre- Seigncnr ce tpi'il avait h faire pour arriver à la vie éternelle, Notre-Seigneur lui posa d"al)ord la condition indispensable du salut : Si i^ous voulez entrer dans la vie. observes les commandements . — Je les iii tous observés depuis mon enfance, répondit-il, — et Jésus, le regardant, l'aima. Voulant donc lui ouvrir une voie nouvelle, Jésus ajouta : Si vous voulez être parfait, allez, rendez ce (pie vous avez et donnez-le aua- pauvres. Ces paroles île Notre-Seigneur s'adressent à toutes les Ames. Les religieux les ont entendues, et ils ont l'ait vomi de renoncer aux biens du monde, afin d'avoir un trésor dans le ciel. Kxpliquons-leur : I, le vœu lui-même, et H, la vertu de pauvreté.

1588. — I. Etendue de ce rrt'U. Le vœu solennel de pauvreté, celui qui se fait dans les ordres religieux proprement dits, et que l'Kglise elle-même a déclaré solennel, rend le religieux incapable de posséder, et rend les actes de propriété qu'il ferait nort»seulement coupables, mais nuls et invalides; il le dépouille complètement de tous les biens qu'il avait avant sa profession ; et, après sa profession, le religieux ne peut rien acquérir, ni donner.

Dans les congrégations religieuses à vœux simples ou non solennels, le vœu n'enlève pas au religieux la propriété radicale des biens qu'il avait avant sa

Krofession, ni la possibilité d'acquérir pendant la durée de ces vœux, les iens qui lui sont «lonnés par testament ou par donation entre vifs. Le religieux à vœux simples {»eut aussi disposer de la propriété de ses biens, par testament ou par rlonation. avec la jiermissinn de ses supérieiu's, pour ce dernier cas au moins. .MaisTadminislration, l'usufruit et l'usage de ses biens lui sont interdits. Avant sa profession, il a pu céder l'administration et l'usufruit de SCS biens à qui il a voulu,mèmeà sacomiiumauté. Mais, lors môme que, avant sa profession, il se serait réservé de changer, à son gré, la disposition qu'il a faite de cet usufruit, il ne peut pourtant la changer sans permission. Les prol'és ne peuvent rien réserver pour eux, ni rien s'approprier de ce qu'ils ont acquis par leur travail, ou de ce <pii leur a été donné en vue" de la congrégation dont ils sont les membres. Tout doit entrer dans les biens communs de l'Institut [tendant toute la durée des vœux du religieux, et pour toujours si ses vomix sont perpétuels.

1589. Telle est aujourd'hui la règle en vigueur dans les communautés à vœux simples approuvées par l'Eglise. Mais, afin d'être plus clair, entrons dans les détails. On peut pécher contre le vœu de pauvreté : !«> par actions et 20 par désirs.

lo Parcourons les iliverses manières dont un religieux peut violer le vœu de pauvreté par action. Elles se résument à trois : acquérir, retenir et disposer.

1) Acquérir (a) en prenant à sa communauté ou à une personne étrangère. Péché grave si la matière est grave, v. g. valoris excedentis 10 francos ; imo, majorem requirunt t/ieolof/i, si monasterium non sit paujier , et péché doublement grave,- car il blesse à la fois la justice et le vœu de pauvreté. Emporter d'une maison dans une autre un objet appartenant h la communauté, c'est une faute contre le vœu. Ih) Recex^oir pour soi un objet de valeur sans avoir l'intention de le remettre à la communauté. Cependant le religieux k vœux simples peut acquérir légitimement les biens qui lui sont lég\iés par testament ou par donation entre vifs; mais il n'en a ni l'administration, ni l'usufruit, ni l'usage ; et, dès qu'il les a aciiuis, il doit disposer envers qui bon lui semble de l'administration, de l'usufruit et de l'usage. Recevoir une somme pour les pauvres, c'est une faute contre le vœu

(1) Les infldèle» eux-mêmes l'avaient compris. Le philosophe Cratës, toot païen qn'il était, jeta à la mer une somme considérable en disant : « Je te submerge, de crainte que tu ne me submerges. >

Lt, s .1,1 L>i; PAUVRETÉ 647

SI ics piiiiviTs il ({III (III la destine ne sont pas clairement dcslirnos, et si on la distribue en son propre nom ; mais il t'audrait une matière bien plus çrave dans ce cas. (c) Acheter pour soi, avec le fruit de son travail, ou avec une somme appartenant à la communauté, un objet de grande valeur, c'est une faute grave, (d) Emprunter d'un membre de la communauté, ou d'une personne du dehors ; ce sont là autant de fautes contre le vœu.

itM). — 2J Retenir (a) un objet volé ou pris à la communauté, une partie du fruit des épargnes faites sur des frais de voyage, une partie du fruit de son travail et de son industrie ; (b) garder un objet qui n'appartient pas, animo domini, comme si on était maître, même en ayant la permission de l'avoir ; le cacher au supérieur, de peur qu'il ne l'ôte ; (c) garder un objet à son usiige, pendant un temps plus long que relui (pii a été iixé par les supérieurs, (dt Accepter ou retenir sans permission un dépôt <lont on se rendrait responsable, ce serait contre la pauvreté, et dans tout cas contre l'obéissance si les supérieurs le défendaient. — Sainte Thérèse faisait tous les jours l'inspection, de sa cellule, pour voir s'il n'y avait rien là de supertlii.

i591. 3) Disposer (a) pour soi. mais à une autre lin que celle pour laquelle les supérieurs nous ont donné une somme, ou un objet, par exemple, pour acheter des vêtements, niiand ils l'ont destiné à acheter des aliments ou des livres ; se servir pour acheter des livres de littérature de ce qui a été donné pour acheter des livres de piété, etc. ; administrer à sa guise les biens dont on a gardé le domaine radical ; (b) disposer en faveur des autres, ▼endre, prêter, échanger, donner ; on peut toutefois, si on n'a (pie des vœux simples, donner |iar testament, et même avec permission, par donation entre vifs, les biens dont de tels vœux laissent le domaine. On peut aussi, comme le dit saint Ijguori, sans pécher contre le vœu. récompenser les services rei.us, en se servant des biens à son usage, et faire, en dehors de la maison, 'III. 1. [lies aumi')nes aux |)auvres. On ne peut, sans permission, remettre une ; mais on n'est pas obligé, du moins par le vœu. d'accepter un don. On nd coupable en détériorant et détruisant volontairement ce qui est à son

ns;i;.'e.

l')î>2. Kn règle générale, la violation du" vœu est grave si la matière est

grave, excepté toutefois dans le prêt et dans l'emprunt faits pour quelinie

temps; et si la matière est légère, la faute est légère. I.a permission des

supérieurs, et non du confesseur, excuse; qu'elle soit expresse, ou tat;ile. ou

[if-sumée. Klle est tacite, quand elle est comprise dans l'emploi que les supé-

-^ confient, ou dans une autre permùssion qu'ils donnent, yu'on se garde

-er de la permission présumée, de celle qu'on présume que le supérieur

il, si on la lui demandait, bien (pi'elle sullisc pour emj>êclier la

ion du VOMI. .Malheur aux religieux [iropriétaires qui retiennent à

I iijMi de leur siqiérieur des objets de valeur. Il était ordonné, autrefois, par

les siiints canons de les chasser du monastère ; les religieux proprement dits.

lit, s'étant réservé une somme, ne peuvent pas être enterrés en

o; autrefois, on les ensevelissait dans un égoùl, où l'on devait

irgent avec leur cadavre. Plusieurs fois, dans les premiers siècles,

(• ce châtiment dans toute sa rigueur, et avec ime sulonni'.é capa-

' •■' ••■•i-"t.iix infidèle à son V(imi. !,c saint concile de Trente

lMi\i -laires de V(»ix active et passive pendant deux ans.

-' M...... I .ion n'est pas le seul que condanme le Dieu qui scrute

les ciiMirs : le seul désir (le faire un des actes de pnqtricté que nous venons 1 (■•nuruérer, es! coupable légèrement ou gravement, selon la nature de la ijuc l'on désire coiumellre. (l'est une infraction <lu vœu. 1 ••'.. — II. Vertu df pauvreté : \** Son e.rcellenre.. Le vomi de pauvreté non seulement retranche la jouissance extérieure, l'abus des biens de la terre, niais encore il tend à porter le remède à la racine du mal, à sevrer le ca-iir et à rempêcherde s'attacher à ces biens périssables, (l'est ainsi qu'il facilite la pratique de la vertu de pauvreté qui est la (in du vd-u et qui est plus excellente ipic le vœu lui-même, (l'est délie (luc Notrc-Seigneur, qui était le maître <les richesses de ce monde, a voulu faire la com|iagne de sa vie et de - 1 mort.

Jamais il ne s'est séparé d'elle, ni dans la crèche, ni à Nazareth, ni dans

sa vie publique. Lea renanh ont leur tanière, lesoùeaux du ciel leur nid, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. Sur la croix, il a pu dire: Je suis un rer de terre et non un homme. Les soldats l'ont dépouillé de ses vêlements et ont tiré sa robe au sort (ï).

(i'est de oeuxqui pratiquent la pauvreté «pi'il a dit: Heureu.r les pauvres d'esprit, parce que le royaume des deux leur appartient ! Il promet les richesses du riel i\ ecux qui méprisent relies de la terre et qui n'y attachent point leur cii'ur. Heureuse l'Ame détachée ; elle j>eut dire : A'ous sommes des voyageurs et des pèlerins sur la terre ; nous n'ai70ns pas ici de demeure jirrmanente, tious en cherchons une éternelle ! Elle a retranché la racine de tous les maux, qui est le désir des hiens de la terre.

L'athlète, dans la lutte, se dépouille de ses vêtements, afin que son ennemi ne puisse le saisir par là. L'Ame dépouillée des hiens d'ici-has, est à l'ahrides atteintes du démon: pour elle, jdus de sollicitude des choses du temps, elle plane au-dessus de la terre, tandis que celle qui n'a pas acquis le détachement, a ses ailes comme enchaînées par la glu des choses du monde. Amassez-i^ous des trésors dans le ciel, où la rouille ne les ronye point, 'et où les voleurs ne peuvent les ravir. Qui, parmi les Ames religieuses, ne voudrait ressembler A Jésus? Qui n'ambitionnerait les effets de la promesse faite par lui aux pauvres d'esprit et de cœur? Qn\ ne travaillernit avec plus d'ardeur A entasser les richesses de la pauvreté, que les plus avares des mondains ne le font pour se procurer les biens de ce monde (2).

iV>'.)l. 2'^ /)ef/ré de la vertu de pauvreté. I>e religieux qui sent le prix de la pauvreté, ne se contente pas de la pratique exacte du vœu, ce qui est i) le premier, le plus bas degré de cette vertu : il veut en franchir tous les degi'és. 2^ Deuœième degré, pauvreté du cœur qui bannit [a) les regrets des biens

{\) Avant J^sos-Christ, il y avait des pauvres sur la terre, comme il y en a encore, et en aussi grand nombre; mais cette pauvreté nViait pas celle que le Fils de Dieu voulait «'tabiir parmi les hommes, ni par conséquent celle qui devait faire leur bonheur dans celle vie, ni leur mérite pour parvenir i la vie éiernelle. Car on ne trouvait »ur la lene qu'une pauvreté forcée ; et celle qu'y voulait établir Jésus-Christ, devail être une pauvreté volontaire, une pauvreté de cœur, une pauvreté désirée, choisie, embrassée par étal et par profession. Gril est évident que la pauvreté avec toutes ces conditions, ne se trouve point dans le monde: c'est dans la religion, dit saint Bernard, que se vériflè clairement el sensiblement ce divin paradoxe du Sauveur ; Beali patipere$. C'est là que par choix el même par vœu, on se fait un bonheur de n'avoir rien, de ne posséder rien, de n'espérer rien; )à que se trouvent ces pauvres évangéliques, héritiers du royaume céleste. (HocnDALODR).

(f) Saint François d'Assise, se rendant à Rome avec le frère Masséo, entra dans une église et demanda avec tant d'ardeur à NotreSeipneur l'amour de la pauvreté pour tous ses religieux, que son visage paraissait jeter des flammes. Puis il s'avança vers le frère Masséo, les bras ouverts et comme hors de lui, el il éclata en ces paroles ardentes: « Seigneur Jésus, ayez pitié de moi et de ma dame la Pauvreté ; car je l'aime avec tant d'aideur, que je ne puis trouver de repos .«ans elle ; el vous savez, ô mon Dieu, que c'est vous qui m'avez donné ce grand amour. Elle est assise dans la poussière du chemin, et ses amis passent devant elle avec mépris. Voyez l'ubaissemenl de celle reine, Seigneur Jésuj, A vous qui êtes descendu du ciel sur la terre, pour en faire votre épouse et pour avoir d'elle, par elle cl en elle, des enfants parfaits. Elle était dans l'humilité du sein de votre Mère; elle était dans la crèche; comme un écuyer fidèle, elle s'est tenue tout armée dans le grand combat que v^ous avez combaliu pour notre rédemption. Dans votre passion, seule, elle ne vous a pas abandonné. Marie, voire Mère, s'est arrêtée au pied de la croix; mais la pauvreté est montée avec vous, elle vous a serré plus fort contre son sein. C'est elle qui a préparé avec amour les rudes clous qui ont percé vos mains el vos pieds : et lorsque vous mouriez de soif, celte épouse attentive vous faisait présenter du fiel. Vous êtes mort dans l'ardeur de ses embra«sements ; elle ne vous a point quitté, <V Seigneur Jésus, elle n'a permis à votre corps de reposer que dans un tombeau étranger. C'est elle qui vous a réchauffé au fond du sépulcre el qui vous en a fait sortir glorieux. Aussi vous l'avez couronnée au ciel, et vous voulez qu'elle marque les élus du signe de la rédemption. Ohl qui n'aimerait la dame Pauvreté au-dessus de toutes les créatures I 0 très pauvre Jésus l la grâce que je vous demande est de me donner le privilège de la pauvreté. Je souhaite ardemment d'être enrichi de ce trésor; je vous prie qu'à moi et aux miens il soil propre àjarnais de ne pouvoir rien posséder sous le ciel pour la gloire de votre nom, et de ne subsister pendant cette misérable vie que de ce qui nous sera donné en aumône.

LK V»i;i DH l'ALNKBTÉ Gi9

que noii8 avons quilles ; quel esclave devenu libre regrelte sa chaîne? (h) L'attachement à ce qui est à noire usage. Le religieux, dit saint Liguori, doit être comme une statue qui se laisse parer ou dépouiller, sans se réjouir et sans se plaindre.

O ' ' '<. ceux qui ont renoncé à une fortune qu'ils avaient dans le siècle s'a une bagatelle, à un tableau, à un livre, ù une image, voir même

k un.- .11. Il If. comme il arriva A un ermite du temps de saint Grégoire. Quelle folie ridicule I Kt nous reconnaissons qu'elle est la nôtre, quand nous avons (jp |., . ..;„.^ , nous voir enlever tel ou tel objet. Dès que nous remarquons cet ait il faut avoir soin de prier nos supérieurs de nous enlever ce

qui ni en nous, ou de nous autoriser à le donnera un autre (l).

ISîtt. '.i) Troisième degré. Se contenter du nécessaire et éviter tout superflu, ne rien laisser perdre ni se détériorer. Quel religieux que celui qui veut axoir tout le luxe des mondains, ou peu s'en faut, oui, peut-être, s'accorde au couvent ce dont il aurait été privé à jamais, s'il nil resté dans le siècle ? Sainte .Madeleine de Pazzi vit beaucoup de religieuses damnées, dit saint Liguori, pour des fautes commises contre la pauvreté, et spécialement pour la vanité dans les habits (S).

(\) Hélast on risque de se laisser alieri l'amoar-propre timide et avide qai s'accroche A tout, comme une personne qui se noie se prend k tout ce qu'elle trouve sous sa main, même à des ronces et à des épines. Il est inépuisable en beaux prétextes; il se replie comme un serpent et prend toutes les formes; il invente mille nouveaux besoins pour autoriser ses relâchements. 11 se dédommage en petit des sacrifices qu'il fait en gros. Il se retranche dans un meuble, dans on habit, dans un livre, un rien qu'on n'oserait nommer. On conserve ses objets, on craint de les perdre, on les défend quand on nous a dit de les abandonner. Oo est peut-être plus jaloux là-dessus qu'un avare ne le fat jamais de son trésor.

On est pus vif pour des bagatelles que les gens du monde ne le sont pour les plus grands intérêts. On est sensible aux moindres commodités qui manquent. On ne veut rien posséder, mais on veut tout avoir, même le superflu, si peu qu'il flatte notre goût ; non seulement la pauvreté n'est pas pratiquée, mais elle est inconnue. On ne sait ce que c'est que d'être pauvre par la nourriture grossière, pauvre par la nécessité du travail, pauvre par la simplicité et la petitesse du logement, pauvre dans tout le détail de la vie.

Oh ^.>ni /'pe anciens instituteurs de la vie religieuse, qui ont voulu se faire pauvres par S3( ' ne les pauvres de la campagne le sont par nécessiiét Ils s'étaient proposé

p. Il i; leur vie celle des ouvrier? champêtres, qui gagnent leur vie par le

travail, cl qui, par ce travail, ne gagnent que le nécessaire. C'est ù>mc de celte vraie et admirable pauvreté qu'ont vécu tant d'hommes capables de gouverner le monde, tant de viprgpsdélic'iies. nouiTies dans l'opulence et dans les délices, tant de personnes de la plus hante comlnion.

C'est par là que les communautés peuvent être généreuses, libérales, désintéressées. Autrefois les sulitaires d'Orient et d'Egypte non-Feulement vivaient du travail de leurs mains, maisfai«sipnf encfire dps anm*'>nps immenses. On voyait sur la mer des vaisseaux chargés de leu ' n des revenus prodigieux pour faire subsister

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donc à l'école de Jésus-i^hrisi qu'on a appris ainsi la pnuvrelé T

Le disrre Jean, dans la Vie dt $(iint Grégoire, raconte qu'un certain anachorète,

•près a\ ;• grands biens pour v .it gardé a V' it auquel il tenait II i penne qu, .,..,. ........ ,. ...i tant de s.t" '•■•"•= "•■

sa récompense serait la même que o it

triple, se demandant comment il se p <)

riontife qui avait tant de richesses entre les maïui.el le St^i^aour, après plusieurs jours, ui dit qu'il tenait plus i son chat que Grégoire à ses richesses.

(1) (a) Quand saint Norbert fut installé malgré hn '• >' fut

conduit à son palais épiscopal par un brillant corti Mns sa

mise, que le portier le repoassa, lui disant ée se placct |><ii«ii iv.- ,.„u..v. -. -c ne pM

1596. 4) Quatrième fleuré. Ne pas rechercher avec trop d'ardeur les choses nécessa'ives: No/ife sotliciti esse dicenf es: Quid vuinducabimus aut quid hibevms ? Ne soyez pas inquiets en disant : Que mangerons-nous ou que boirons-nous? Dans l'usage des choses nécessaires, préférer ce qui nous rend phis conformes à Notrc-Seigneur : les meubles, les habits, les mets les plus pauvres, les remèdes les plus simples, les moins coiîteux ; non seulement ne pas perdre de temps, mais embrasser avec Joie les travaux les plus pénibles; être lietn-eiix de subir quelque privation même dans les mfiladies.

Le frère de saint François I ayant rencontré mal vêtu et tout suant, lui envoya demander à acheter une goutte de sueur. Le saint répondit. Dites à mon frère que j'ai tout vendu à mon Dieu et bien cher, et que je suis content de mon marche.

C'est par ces degrés que l'âme, en se détachant de tout, s'élève jusqu'à la possession du royaume des cieux. Heureux les religieux qui montent à ces nauteurs ! rien ne peut troubler leur paix; heureux les instituts où la pauvreté règne, où l'on préfère les vocations d'or aux vocations d'argent, où l'on ne tient pas plus à l'argent qu'aux cailloux, ou à la poussière qui s'attache aux pieds, comme le disait saint Franrois d'Assise ! Rien n'édifie le monde comme le spectacle du détachement, rien ne le scandalise comme l'attachement aux biens de la terre. C'est ce qui le fait se plaindre des couvents. Il vaut donc mieux savoir sacrilier quelque chose de ses droits que de se faire la réputation dêlre intéressé. Il faut éviter cette réputation, non seulement pour soi. mais encore pour son couvent, et aimer la [)auvrcté même pour sa communauté.

loi)?. Ah ! ne redoutons pas, pour notre congrégation, la pauvreté, la simplicité ; mais plutôt le luxe, le confortable, le bien^tre. Comment sont tombées ces communautés si nombreuses et si florissantes avant la grande révolution ? Par la richesse. Comment s'élèvent et prospèrent aujounl'hui des œuvres qui ont eu les commencements les plus modestes? Beati pauperes ! Heureux les pauvres! Que les supérieurs y veillent, s'ils veulent voir grandir leur institut. Que chaque religieux s'en convainque, s'il veut, pour sa part,

incommoder tous ces grands seigneurs.On s'empressa de dire au portier que c'était l'archevêque; et le portier fui lellement effrayé de sa méprise qu'il voulait s'enfuir. Mais Norbert le retint en lui disant: « Vous me connaissez mieux que ceux qui m'obligent à habiter ce palais ».

(b) Sérapion le Sindoniie se Ht esclave d'an paTen, aRn de pouvoir l'instraire et le convertir. Il y réussit; et son maître affranchit .Sérapion et lui donna un babil, une tunique et un livre des évangiles Sf'rapion rencontra aussitôt un pauvre, auquel ilûonna l'habit; il donna bientôt après la tunique à un second ; et en montrant son évangile il disait: c Voici celui qui m'a dépouillé de tout ». li alla même jusqu'à vendre ce livre pour secourir une malheureuse veuve.

(c) M"» Louise de France, devenue Carmélite et prieure du Carmel de Saint-Denis, avait pour bas des chausses de grosse toile, pour souliers des pantounes de corde sans talons. Elle n'avait jamais qu'une seule robe, elle porta la dernière huit ans Elle l'avait rapetassée elle- même à plusieurs endroits avec de l'éiofTe neuve. Une religieuse qui voulait la déterminer à la changer, lui dit que ce serait une honte pour le monastère, si elle recevait en cet état la famille royale. « Depuis quand serait-ce une honte de suivre l'esprit de notre saint état? ma famille bait bien que j'ai fait vœu de pauvreté, et que c'est surtout <*ans ma charge qu'on doit en donner l'exemple » Elle occupait la cellule la plus incommode, et n'y laissa faire aucune des réparations qu'elle eût permises à toute autre. Les croisées joignaient si mal, que le vent éteignait sa lampe ; elle les calfeutrait avec du papier. Etant devenue malade, ses religieuses et ses propres soeurs lui proposèrent de s'installer dans l'appartement où elle recevait la famille royale. « Vous y serez plus commodément, dirent-elles. — Oui, sans doute: mais le commode n'est pas ce que l'on vient chercher ici; et en maladie comme en santé, il faut se souvenir qu'on est Carmélite ».

Gustave, roi de Suède, alla la visiter dans sa cellule; n'y trouvant qu'un crucifix, une chaise de bois, une botte de paille sur deux tréteaux, il s'écria « Quoi c'est ici qu'habite nne fille de France I — Et c'est ici encore qu'on dort mieux qu'à Versailles, » répondit la princesse Carmélite. Le roi voulut voir son couvert du réfectoire, composé d'une cuiller de bois et d'un gobelet de terre. En quittant Saint-Denis, il disait : « Paris et la France, Rome et l'Italie ne m'ont rien offert de comparable à la merveille que renferme le Carmel de Saint-Denis ».

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