VII. — I.A verlii et le Tceii de chasteté
4508. I. L\ VKRTU : {(> Conseillée par Notre-Seigneur. Celui qui laissera, pour l'amour fie moi, époux ou épouse, aura le centuple en ce monde et la vie éternelle en l'autre. Dans un autre endroit, il approuve les Apùlres qui lui ont dit : Il n'est pas arantar/eiw de se marier; et il loue ceux qui renoncent au mariage h cause du royaume des cicux. Qui peut comprendre, comprenne, aioiite-t-il ! Paroles que saint Jérôme et saint Thomas expliquent ainsi : Que relui qui a du courapc. entre dans la lutte ; qu'il combatte et remporte la victoire. Et afin d'exciter par ses exemples ceux qu'il invile par sa parole. IS'otre-Seigueur, avec sa divine Mère, lève la bannière de la chasieté, sous laquelle s'enrôleront k leur suite les Ames généreuses. Jésus ne veut sur la terre, autour de sa pei-sonne divine, qu'un cortège virginal : Marie, Joseph, Jean-Baptiste. Jean l'Kvangéliste ; et dans le ciel, il ne se fait accompagner que des vierges, qui chantent h sa suite un cantique, dont les autres élus ignorent les célestes accords et dont la douceur lui est plus agréable que les chants des autres saints. C'est ainsi que Jésus nous presse de pratiquer le conseil de la chasteté, en comblant de privilèges les ftmes qui y sont fidèles.
irj99. 2" Excellence de cette vertu. Vous avez compris et vous vous êtes rangés autour de lui par le vœu de chasteté. Quel honneur! Vous êtes devenus des anges dans un corps mortel, avec plus de mérite, par conséquent, que ces esprits bienheureux (2). Vous êtes devenus semblables à Marie, à
(1)(a) Sainte Hyacinthe Mariscotli, d'une noble famille de Viierbe, porla an couvent de Sainte>Claire un cœur plein des vanités du monde. Elle tomba malade au moment où un saint prêtre venait donner ia retraite. Elle demanda à grands cris à se confesser : mais l'homme de Dieu voyant sa cellule ornée comme un salon, se retira en disant que le paradis n'était pas fait pour les superbes. Hyacinthe, effrayée, s'écrie en versant des larmes: < Je ne puis donc être sauvée? — Laissez-la ces vanités, lui répond le saint prêtre, et ne songez qu'aux choses dj ciel, elle pardon viendra avec le repentir. » Dès lors Hyacinthe fut changée ; une seconde maladie et une apparition de sainte Catherine de Sienne en firent un modèle de mortification et de pauvreté. Elle fit le sacrifice de ce qu'elle s'était r'^servé, et revêtit la dépouille d'une religieuse qui venait de mourir. Elle prenait la discipline avec tant de rigueur, que le pavé de sa cellule était tout rouge de son sang EHe portait pendant le jour un immense crucifix, et s'y faisait attacher la nuit avec des chaînes de fer; un fagot de sarments lui servait de couche et une pierre d'oreiller. Elle ne marchait que les pieds nus. La pauvre sœur converse avait une plus belle rebe et une cellule moins sévère que la sienne. Elle faisait les ouvrages les plus répugnants du couvent et balayait les cellules, presque toujours en se traînant sur les genoux, afin de se fatiguer davantage.
(b) Saint Pierre Damien, cardinal, évêque d'Oslie, le conseiller des Papes, la lumière de l'Eglise, retiré à la fin de sa vie au monastère de Font-Avellane, ne mangeait que du pain fait avec de l'orge et du son, et le plat dans lequel il prenait son repas était celuilà même dans lequel il lavait les pieds des pauvres. (Voir la note du n. ItiâT).
(c) Saint Aphraates, solitaire d'Antioche, reçut un jour la visite du sénateur Antbéniius, qui lui apporta une tunique de son pays. Le saint la mit sur un siège ; mais bientôt après, il dit k Anthémius: « J'ai un conseil à vous demander: j'ai un bon serviteur dont je suis content; depuis longtemps, un Persan me presse d'en accepter un autre, sous prétexte qu'il est de mon pays. Faut-il renvoyer le premier? — Non certes, répondit Anthémius.— Donc, reprit Aphraates, veuillez reprendre celte tunique ; car celle que j'ai me sert depuis seize ans, et je ne puis en avoir deux. »
(2) Angelu% Virginitatem hahet, sed non carnem, sane felicior guam fortior in hac parle, du saint R.'rnard. Les anges ont la virginité, mais ils n'ont point de corps; leur pureté est à la vérité heureuse, mais non si généreuse; ce leur est un grand txjnheur, mais iis n'y ont pas tant d'honneur; elle leur est nécessaire et non pas méritoire comme celle des vierges, qui est libre et volontaire ; elle leur convient par nature et aux vierges par grâce : or, ce que la grâce nous donne n'est-il pas plus excellent, précieux, diirne et divin que ce que la nature communique? Si l'ange est pur et continent, ce n'est pas vertu en lui, il n'en mérite aucune récompense, parce qu'il n*a point de chair, point de tentation, ni de sensualité qui le tourmente; mais qu'une créature fragile, composée de chair et de sang, vive en un corps sensuel l'espifcce de plusieurs années parmi les char-
Ik VnRtU ET LE VŒU DE CttASTËTÉ Gô3
j , . iii.i,, i.ti-mème : Incorruptio facit e$se proximiim Deo. Vos Ames
s -: ; et. quand on l'a «lit, ii faut garder le silence. N'est-elle
1 .., use du Hoi dos Rois ? dit saint Ainbroisc. Vous êtes la plus
i du jardin de PHpoux, la gloire de l'Kglise, ses pierres les plus
1 ot son plus bel ornement ! .\u milieu des épines du monde s'étale
I ir du Hs-de votre pureté, et son parfum embaume ceux que ravit (Voir le trait de saint Edmond, note du n" 838) (l).
itiOO. ;i" Avarifof/es qu'elle procure. Dès ce monde, vous jouissez du cen-
i[i1p pmmis : 1) Dieu dit à la femme : Je multiplierai vos tristesses; vous
• dans la douleur et vous serez sous l'empire de votre mari.
nce n'est point pour vous, ô vierges : vous n'avez pas à redouter
; de la femme. Il faudrait connaître les peines et les périls dont la
\ 'IX est tissiif pour apprécier le bonheur de la chasteté. Ah ! si les
lits de leur vocAtion, expérimentaient pendant un
;ves, comme ils béniraient Dieu de les avoir appelés
iimoins la femme qui a choisi un époux terrestre a droit de complu, que ne doit-elle pas attendre de Jésus, l'âme pure qui ions ne doit-il pas lui communiquer ? Que vous refusent n. .1 ^'Hl^ (jiii Mii avez donné votre corps et votre coeur? 11 vous comblera de ta) consolations intimes, de' marques d'ineffable amour, si vous ■■'•■■- <: ' •l'^t; ; il répandra en vous la paix do la conscience. De tous les plaisirs iid est d'avoir triomphé des plaisirs mêmes, dit saint Cvpricn. ,.,, .. ...us parera d'une 6eau/é surnaturelle. Ceiic beauté de la vierge fait l'admiration des anges eux-mêmes, comme le dit saint Bernard. Que les
mes de la chair et les tentations da démon, dans les ardeors de la concupiscence, et que si longtemps elle conserve la vivacité de cette belle fleur parmi tant d'épines, c'est ce qui est bérulque, admirable. méritMire et digne d'une couronne éternelle I
Uu ne k'étonne point de voir en l'air une colombe naturelle; mais quand on vit cette
colombe de bois, que l'ingénieux Archytas, de Tarenie, lit voler par artince, tout le
monde cria : 0 miracle I Si l'on voit un beau rai&in sur la On du mois de septembre au
milieu des vignes, ou une fleur de lis bien fralcbe buv la fin du moiâ de mai au milieu
d'un parterre, on ne s'en dionne pas; mais si on trouvait sur les Pyrénées, au cœur de
rinv^r et au milieu des (nmas, un raisin ou une belle fleur, on l'estimerait un prodige
beaucoup de raison : ainsi de voir la pureté parmi les anges, il n'y a point de
. elle leur Chl naturelle ; celte fleur peut bien croître et s'épanouit dans le ciel,
'uir, c'est son propre fonds; mais de la voir croître, se prodiguer et répandre
en ce monde, parmi les rigueurs et les ûpretés des tentations, c'est ce qui
i.auAAt; suu prix et sa valeur, c'est ce qui est rare, excellent, admirable. (Le Jeu.ie).
(1) Une épouse partage avec son époux tous les titres d'bnnneur et toutes les prérogatives qui le rendent illustre et recommandable. S'il est comte, elle est comtesse ; s'il est marquis, elle est marquise; s'il est duc, elle est duchesse; s'il est prince, elle est princesse; donc, par une conséquence infaillible, les religieuses sont toutes reines, quand e seraient que roturières et villageoises, puisqu'elles sont épou8es d'un roi et du ^ rois, et de là vient que toutes les ftmes hien ^clairé»'s de Dieu ont toujours eu r. 'leur et lie i " ■-lin
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