‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 165 sur 416 · V. — FinN derniôres · texte numérisé non relu

V. — FinN derniôres

17(7. — N. B. Qu'on n'omette jamais la considération des fins dernières. (Voirn. 333^

I. La Moht. i" (On peut donner le sermon sur les certitudes et les incertitudes, n. 1 100, après l'exorde suivant) :

Le pr»'^lre plus que personne est averti de se tenir prêt. Les malades, les

mourants, les funorailles, les sermons qu'il fait; cl pourtant en pratique, il

.si , mhis.' .1 .■•iiT siu'pris; il devient insensible comme le fossoyeur à ces

. La vie <}u'il mène l'expose à une mort subite : il peut«^lre

jiour le préparer; il a peut-être abandonné les mourants,

et iJieu pennel que tous le trompent. Donc, estote parati.

A propos du n. 1103, nous ne mourrons (ju'une fois, conjurez les séminaristes pour plus tard, et les prêtres, d'assister les mourants. Cor Jesuin af/onia factum miserere morientium. T'est la prière que des Ames pieuses adressent à Nutre-Seigueur. Ktnous, nous l'adressons à vous, ses prêtres, miserernini morientium. Ils sont pécheurs, ils sont ignorants, ils sont impuissants, minfri-mini. Visitez-les souvent. Hevoycz-Ies après les avoir administrés. Si'nifl mort.

N. 1110. Telle vie, telle mort. Mors peccaforum pessima ; et si ce pécheur était un prêtre ! Ouelle serait sii lin ? On remarque beaucoup de morts subites dans le ( !• ~ doute elles peuvent n'être pas imprévues; mais si on vivait

'I il ris 1,1 ■ de ses devoirs, dans le sacrilège surtout, quel coup de

foudre qiif 1,1 iiiiirt subite ! Elle précipiterait en enfer une Ame infortunée. Saint Liguori parle d'un prêtre frappé au bas de l'autel, en disant : Judica me Deus. Et lors même que Dieu épargnerait à un prêtre coupable cette lin lugubre, faut-il être rassuré sur son sort 1 (Jue de maladies qui laissent à peine l'intelligence, etc., comme au n. illi et suiv.

.Mais au contraire, pretiosa in conspectu Domini mors sanctorum ejus. V)i,if srrre bone et fidelis, t/uia super pauca fuisti fidelis, super multa te m ; intra in f/audium Domini tui. daudete et exultate, quoniam I ''stra ropiosti est in cœlis. Lœtatus sum in /lis quœ dicta sunt

muit... LIiifi' rri/ii hrnedictionem, en vivant saintement. Jam securis ad rtidiiem arf/nrum piutta est, facite en/o dignos fructus /nenitentiœ. Car combien meurt-il de prêtres dans une année? Interrogez le nécrologe, vous y verrez, à côté du vieillard usé par les fatigues, le jeune prêtre qui entre à peine dans la carrière.

iHH. 2'» Autre sujet. — La mort du mauvais et du bon prêtre, d'après II' l'.p.' M.i ior. iMors peccaforum pessima. {\*s. xxxui, 21). lieati ifui in hiiiiniii) iiihi nintur. (.\k)C. \iv, {'.\). Heprésentons-nous un Judas mourant d.uis siti Irvispoir, et un disciple l/ien-aimé (|ui n'a pas perdu son innocenre,

• 'Il iiii l'i.Ti I' qui a effacé dans ses larmes les souillures de son triple reniement. Les uns cl les autres ont devant les yeux le passé de leur vie, leur présent, leur avenir.

I. Le passr. 1) Le mauvais prêtre éclairé du llambeau de la mort, dit comme Antiochus: Sunc reminiscor malorum quir feri in Jérusalem. I,.i <li:iir(',!(' innfossionnal, l'autel lui raiq)ellent ses négligences et ses profaiii'i'iis i'i-f.'iir, il n'a été qu'un ihien nuiet ; son trou^tcau a langui dans ' ' I ,..w le vice, l'asteur, il n " ' -i saint Tribunal qu'A regret :

donnait-il, et ne pas la mort lA où il «levait

OUI-, a-l-il '■■' "" ....lus é'.'"'''^^ II.Imv,' II." r;i-l-il

ic [tar de ils, et lie ''s *?

i 11 iiiiiii.il . Il iiii'.-ii iiiier

■ qui l'ail

mi>n en-

iis nion grand sfiiimaire, dans mon sarcrduci-. M 'tirs

• .lient, je rcnrontrais des Ames ijnnl !;i rrrviMir me tnt. is tous les jours au saint .Vuti • Le» rc-

poursiiivaiont. Jésus si bon h "T-.- Ah!

I l'.i:ii •!!< iiMiis .rs regrets.

', I.. s, nul ju, II,' a «le tout autres souvenirs. Il se rappellera vccjliuinililé »es fautes; mais il les a plcurées, il les u réparées par de saintes confcssion»^^

704 SEDMONS pour LOS ECCLÉSIASTIQUES

Il a fliercho à li'>« fiii.' .mblipr A Dieu, en lui donnant les cœurs deceiix dont il avait la rliîi! . ■ venait tic inourir et les veuves, entourant sa t:ouchc

funèbre, nionii uni Pierre les vc^lenienls qu'elle leur avait l'uits de ses

mains. Kl le saint prêtre voit en esprit autour de sa couche, les orphelins (ImiiI il a été le f»ère, les veuves dont il a été l'appui, les aHligés dont il a larmes, les malades cpi'il a visités, les moribonds qu'il a assistés, .is qu'il a convertis, les vierges auxquelles il a appris à n'aimer que .1. - .^. les enl'anl.s qu'il a catéchisés et dont d a conservé l'innocence par la Il ijuente confession. Tous lui disent à l'envi : l5on pasteur, su mus opéra tua, nous sommes ta joie et la couronne à ce moment suprême. Nous sommes devanl Dieu et devant les hommes la preuve de ton zèle et de la charité. .Meurs avec la confiance que nous bénirons ta mémoire et que nous prierons pour loi. Pourquoi craindre de n'avoir pas été assez li<léle 1 Souviens-toi du mot du Saint-Ksprit ; Qui converti fecerit peccatorem, operiet multitudincm perçu forum. .Ne nous as-tu pas dit que -Noire-Seigneur était si boi. qu'il pardonna à Madeleine ses égarements, à Pierre son triple reniement f Nos prières et nos larmes l'obtiendront la vie éternelle, comme celles des veuves attendrissant le cœur de saint Pierre, obtinrent de lui la résurrection de Tabithe.

iTi'J. 11. Le présent, i) Le mauvais prélre regarde ce corps qu'il a tant flatté, il est amaigri par la maladie, et [leut-ètre couvert de |)laies. Il se trouble, s'agite, sonitus terroris in auriùus ejus : le matin il craint de ne pas Voir le soir ; le soir il tremble dans la pensée que la nuit qui commence sera peut-être potu' lui la dernière ; car il voit de toute part se lever contre lui le glaive de la Justice. Circumspectans undique (jladium. (Jou, xv, 22). Ce glaive va le séparer de tout.

De cet or, de ces meubles, de ces biens amassés par une sordide avarice, de ces fondions qui lui promettaient tant de gloire et qui entre ses mains sont devenues une source d'infamie, de cette idole de chair à laquelle il prostituait Iteut-ètrc un cœur qui n'elait fait que pour Dieu et dont il s'est fait le bourreau, quand il devait lui servir de i)ère. Os parents, pour lesrpiels il a vécu beaucoup plus cpie pour les Ames, déguisent mal, sous des larmes menteuses, la joie (pic leur donne l'espoir de recueillir bientôt ses dépouilles. Les espéranctes qu'on lui donne ne peuvent l'illusionner, quand il suit dans tout son corps les progrès du mal. Nouveau Dalthazar, il voit une main qui trace sur la nuu'aille sa condamnation. Sa conscience lui dit: Appensus es in mensura et inventas es minus hahens. Hien dans sa vie pour faire contrepoids à ses inifjuilés. Ouel spectacle alTreux ! Reposons plutôt nos yeux sur celui du juste.

2) Kuntes ibant et flehant mittentes semina sua, venientes autem renient cum cxultatione portantes vuinipulos suos. (Ps. xii, <>). 11 a semé «lans les larmes de la pénitence et de la douleur, en voyant Dieu offensé et les i\mes se perdre. Venient cum e.vultatione. Le Ix'avail est achevé, la journée est finie, il est temps de recevoir le salaire.

Exilé sur la terre, son ca-ur était au ciel. 11 revient de la terre lointaine et aperçoit le lieu fortuné, objet de toute son ambition. Lœtatus sum in his t/uœ dicta sunt mi/ri: in dotnum iJomini ?ôi/««i-. Sans doute il voit son corps défaillir ; mais comme Job sur son fumier, il espère la résurrection. Ce fofps dans son état [lassible était du reste pour lui un ennemi. .N'est-ce pas MX d'être alTranchi de ses entraînements ? Mori lucrum. Le monde a irs été crucifié pour lui, il s'est toujours tenu en garde contre sesséduc- 11 le quille sans regret. 11 a toujours gardé son cœur détaché des ires et rie la famdle elle-même, il n'éprouve donc aucun déchirement \V'-Y sciisiltle dans ses alTections. Les biens de la terre, il en a usé comme n'en iismuI pas, ils ont été le patrimoine des pauvres. La méditation de l'humilité d^ Noire-Seigneur lui avait appris à mépriser les dignités d'icibas. Hien donc ne le trouble, rien ne le relient. Paratum cor meum Deus. iJpus meus volui et lerjern tuam in medio cordis mei.

1720. III. L'avenir, i} Le mauvais prêtre ouvre enfin les yeux. Ce qu'il s'efforçait de regarder comme lointain, ou peut être comme chimérique, 15'pflrc à lui dans sa réalité. £rffo erravimics, dit-il, 11 était donc bien vrai

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