‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 166 sur 416 · PINS DERNIÈRES '/Ô · texte numérisé non relu

PINS DERNIÈRES '/Ô

que la vie n'ctail qu'une fumée, les biens, les plaisirs, que vanité et affliction

«l'rspri' Il lève les veux au ciel. Mais là il aperçoit un jupe armé par ses

•^s, ses sacrilèges, ses scandales. Il y voit les samts prêtres dont il

I iiité la vie, il y voit la place qui lui était destinée à lui-même ; mais il seul qu'il s'en est rendu indigne et qu'elle est réservée à un de ceux dont il a tourné en ridicule la piété et le zèle. Il croit entendre ces mots: Foris cours et impudici, et idoiis servientes et omnis qui amat et facit mendacium. (Apoc. wvi. 15).

(Hn peut développer ce textej. C'est donc d'un autre côté que dans un sombre dosespoir il tourne ses yeux. C'est vei*s l'enfer. La fatale sécurité dont il avait fait parade, a disparu. Ses frayeurs se révèlent sur ses traits et éclatent dans ses paroles. Je vois cet abime. dont j'ai bravé la pensée, dit-il ; je vois

' i doit me consumer, ce ver qui doit me ronger. J'y vois une multi-

ii?s qui y sont jetées par mes négligences, par mes mauvais exemples,

II i' ■nos par mes ignominieuses passions; et toutes appellent sur moi la II 11. Cruels démons, que vous ai-je fait? Pourquoi me déchirezvous . . :.: ..x qui entourent ce malheureux, appellent un prêtre; il arrive. Il dit au moribonii quelques bonnes paroles ; il n'obtient aucune réponse salisf:ii<:irii.. || hil présonle l'image du Sauveur. Le malade y jetant un regard

dit ces effroyables paroles: /n peccato vestro moriemini ■ puis

it toutes ses forces, il saisit le crucifix, le brise avec rage et dit par

c'est trop tard ; et il expire. Ce n'est point là une) peinture faite

c'est un trait d'histoire! Nous connaissons d'autres morts, non

reuses. <Ie mauvais prêtres. Pauvres malheureux ! Pourquoi déses-

^ ? s'ils regardaient Jésus comme Pierre, ils pleureraient ; s'ils lui

disaient comme le larron : Mémento mei, le ciel serait à eux ; mais ils aiment

mieux faire comme Judas, dont ils ont été les émules.

Oh ! tirons un voile sur un spectacle qui ne se renouvelle que trop souvent, bien que d'une manière moins tragique et venons voir mourir le juste. Ses yeux jont fixés vers le ciel, et quand on vient lui dire que l'heure est venue : Cupio dissofvi et esse citm Christo, dit-il. lieati (jui vocati sunt ad aenam iiujitiarum ayni. Stantef erant pedes nostri tn atriis tuis Jérusalem. Il est temps d'entrer dans ton enceinte. Des larmes coulent de ses yeux; mais «s I.iiims de joie. En disant adieu à ceux qui l'entourent, il leur I' h II / Vous prochain au ciel. Il <lemande toutefois le viatique pour M s'y prépare et demande à être seul pour parler avec son >' Jesu, dit-il. Souvent je vous ai porté dans la cabane du - la mienne. Tous les jours à l'autel, je me suis nourri de e; sur ce lit de douleur qui est lautel, où je m'immole à .. ...z encore. Domine, twn sum dir/nus, seil tantum die .!• -^iLS se donne à lui. (Juid retrihuam ftomino... (Quelles actions de lis Ktidre ? Point d'autres ipio colles rlu vieillard Siméon qui. après s. lo divin Kniant sur son cœur, s'écrie : Xunc dimittis servum li',iniiii\ II meurt... non, |toni- lui ( ipimiicni o r/tcrnelle vie. Aff'dfift' restraa et ini s saints.

lui! y entre, (I . n «le son ^

honneur a sa diguile. «ii-ux i|u il laisse sur la lorie

l la bénis<;rnt \ pnez, Vierge sainte, accueillir celui

i . - .» tant aiiu.e. qui na pi- :i jour sans vous invoquer, comme

• ■ ■ nt. même (piand son fn ■ uronné des cheveux blancs de la

a ouvert le ciel où vous 1'^ ,1' au ciel. Euge, serve bone ■ l)uiniiii tut. Ulil .MM., entre ces deux morl.s.laipniif vmi- Moriatur anima mea morte justorum. I)t»nc regrets du p;issr cl nie mort.

17il. ! ■^. y. Acaitateurs, n. ili7.

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706 SERMONS POUR I.KS FX'CLÉSIASTIOIÎES

cremenls; l'ange 1,'iu-dien du saint Autel, les messes célébrées avec tiédeur, ou avec une coiiscifMH'c (ioulcuse.

N. liai. Pochés «juil a laissé coiiiniellre lor(|u'il devait les empêcher. Dira-t-il comme Cain : Suis-je son «/<inlien'? Le Seigneur lui réponilra : Vojc s(in;niinis fratis fui clamât ad me de terra. lionus pastor animam suam dut jtru ovibus suis. Il a été un mercenaire. Oh! (luclle chainc d'iniquités commises à cause de lui ; il la traîne après lui. Vœoui trahitis uiit/uitafem, et f/iiasi rinculum plaustri pecvatum. Isa. y. \n. Sacerdotes, dit saint Isidore, pro pojiulornm inir/uitate, damnaittur, si eos aut iijnoranfes non erudiant aut perçantes non anjuant. Judicium durissimum his (/ni jtnesunt, fiet. Omni cui multum datum est muitum (/uœretur ab eo. Luc, \n, 4«.

N. H30. Jésus-Christ dans ses jugements ne fait pas acception de personnes. Les Pharisiens eux-mêmes l'ont reconnu. Non enim respicis personam hojninum. (Math. wii). La dignité de prêtre., au lieu d'adoucir en faveur du coupahlc la rigueur du juge, ne fera que la rendre plus implacable.

\ltî. 'i''' Jugement ffénèral comme au n. 113i. On peut y tirer bon parti du texte suivant de saint (irégoire: Il vient, il vient le juge suprême, le Hoi de gloire, il demande le gain (jue nous avons fait avec le talent qu'il nous avait confié, (l'est le jour du compte général et d'un examen sévère. Ponamtts ante oculos illum tantœ districtionis diem. Tous y sont : Pierre, chef des Ai)ùfres, se présente avec la Judée qu'il a convertie; André avec l'Achaie; Jean, le disciple hien-aimé avec l'Asie ; Thomas avec les Indes; saint Paul traîne à la suite de son char de triomphe le monde presque entier, si je puis parler ainsi. Là, viennent et s'avancent tous les chefs du troupeau kvec ceux que leurs préiiications ont sauvés. Lh quoi ! nous sommes vitles et nous restons seuls ! N'aurions-nous eu qu'un vain nom ? On nous appelait pasteurs et nous n'avons pas là de troupeaux ! (On jioiuTait, pour faire ressortir la confusion du prêtre sans zèle, mettre en regard les âmes <jui font fête au prêtre zélé, les enfants dont il a vu grandir l'innocence, les vierges qu'il a guidées dans la pratique de la vertu, les moribonds auxquels il a ouvert le ciel, les Madeleines ou larrons qu'il a convertis, etc.)

\l'i'.\. m. IvNKEK. (Au n. 1107 introduire ce qui^uil) : Sacerdos, si pariter cum subditis pecvat , non eadem sed miilto acerbinra patietur. (Saint Chrysoslome). Il fut révélé à sainte Hrigilte que les prêtres pécheurs, Prœ omnibus dialiolis, profundius submeryentur in infernum.

Sur la terre, le caractère du prêtre le faisait respecter de ses ennemis, qui n'osaient porter la main sur lui, des démons auxquels il arrachait leurs victimes, des anges qui craignaient de le frapper malgré ses désordres, de Dieu lui-même qui obéissait à sa voix ; en enfer, ce caractère indélébile qui le fait reconnaître de tous les réprouvés, est la source des outrages qu'il reçoit. Les iuqiies s'écrieront : Venez voir ce guide des peuples qtii s est égaré, ce porteclés du ciel qui n'a pas su se l'ouvrir. Venez voir celui qui semblait saint, et (lui n'était qu'un hypocrite, diront ses paroissiens. C'est lui <pii est la cause de notre damnation.

<' Oh ! quelle solennelle réjouissance pour les démons, quand un prêtre entre dans l'enfer ! tout l'enfer est en émoi, tout s'empresse d'aller au-uevant du prêtre qui arrive. Infernus subter conturbatus est in occursum adrenfus tui. Omnes principes terrœ surrexerunt de soliis suis. (Isa. xiv, 9.) Tous les princes de cette terre de misère se mettent en mouvement pour donner au prêtre damné la première place des tourments, (/niversi, poursuit Isaïe, respondebunt et dirent tibi : Et tu rulneratus es, sicut et nos, i^ostri similis effertus es. 0 prêtre! il fut un temps où tu dominais sur nous; tu as tant de fois fait descendre le Verbe incarné sur les autels; tu as délivré tant d'Ames de l'enfer ; te voilà maintenant semblable à nous, malheureux, tourmenté comme nous. Detrarta est ad inferos superbia tua. L'orgueil, qui te faisait mépriser Dieu et ton prochain, le traîne enlin en ces lieux. Conridit radaver tuum. Subter te stemetur tinea, et operimentum tuum erunt rermes. Alors, tu avais une couche royale, des vêlements de pourpre, comme un prince; voici maintenant le feu et les vers qui dévorefont éternellement ton corps et ton àme. Oh ! comme alors les démons se

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moqueront «ie loules les messes, des sacrements, des fonctions sacrées du [trèlre tlumné ! Et derisfiunt sahhata eju^. (Thhex. i, 7.) » (Saint l.igiiori).

nuis f.r rubis habitabit ruin i;/ne ihvorantef Qui manducat et bibtt i/ii/i'//(i'. judicium sihi nuimtnrat. Foris canes et itnpudici... Neque avari, neijtie ebriosi. iieque mnledici rer/num Dei possfidebitnt. (1. OtH. vi. iO>. J)if/ni surit morte... non solum qui talia faciunt, sed etiain qui consentiunt facientibus. (HoM. i, 'M). Il suflit de laisser coininellre ces crimes quand on doit, et qu'on peut les empêcher. Il suffit de reuiplir ses devoirs avec une -négligence grave. Maledictus qui facit opus Domini fraudulenter. (Jeh. \Lvni. lil).

Personne que le démon tienne tant à perdre que le prêtre : Antiquus hnstis, dit saint Laurent Juslinien, caput potius quam membra. dures e.rercituum potius quum milituin turnmm. et pastores libentius quam ocium f/re;/es oppuf/nare conatur. Saint Thrysostome nous apprend qu'il ne réussit que trop. Son arbitror. dit-il, inter sarerdotes multos esse qui salvi fiant : sed multo plures qui pereant, non tant propriis peccatis quam alienis quie non curaverunt. — Ah! craignons l'enfer. Timeo i/ehennam. disait saint Jérôme, et ont dit avec lui tous les saints. Ne nous rassurons pas facilement parce que nous ne faisons pas de grands crimes. Voyez le mauvais riche : f'Kvangilenelui reproche que le luxe des vêtements et de la table, et la dureté à léi/ard des pauvres. Voyez Judas. Sa fin a été criminelle sans doute : mais connue les autres .Vpôtres. il avait tout quitté, il avait prêché et fait <les miracles... Voyez Lucifer : ridebam Satanam sicut fulyur de cœlo cadentem. Quelle intelligence, quelle grâce ! point de concupiscence, et un péché de pensée, un péché d'orgueil le précipite en enfer. Tremblons, veillons, prions, iuyiins les occasions, rompons aussitôt les chaînes qui nous retiendraient esilavcs. et renvoyons du {»resbylère. du saint Tribimal, de la sacristie, quiconque nous y perdrait el quiconque nous y perdrions.

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