X. — Scieuce
4734. — I. Le prêtre doit la posséder: II. Que doit-il savoir? III. Donc, il doit étudier.
1. // doit la posséder, l» Par l'Ecriture. Et legem requirent ex oreejus. ("Mat. 11, 7.) Prreceptum sempiternum est ut haheatis scientiam discernendi. (Lévit. X, 10.) Qui docti fuerint fulgebunt quasi splendor finnameati. et qui ad justitiam erudiunt multos, quasi stellœ in perpétuas œternitates. (D.\N. Ml. 3.) Tenentes legem nescierunt tne et pastores prœvaricati sunt in me. (.Ikh. u, H.)
Le grand-prétre devait porter sur sa poitrine le rational, sur lequel étaient gravés ces mots : Doctrine et t^éritè, pour marquer que la doctrine devait découler de son cœur sur tous, comme d'une source féconde. Sur le conseil de Jéthro, son beau-père, Moïse se déchargea sur d'autres juges des affaires temporelles et se réserva pour la fonction importante entre toutes d'enseigner aux peuples la loi de Dieu. Quia repiilisii scientiam ego repelfam te ne sacerdotio fungaris. (Oskk, iv. G.)
Dieu par Isaik, xxix, 14. voulant menacer son peuple du plus grand des chAlinient.s, dit : Peribit sapientia a sapientibus et intellectus prudentium abscondetur. ^-'esl là, en eiTet, le grand chAliment de ceux qui conduisent les autres, aussi bien que des fidèles ; car l'inlelligence est la première roue de l'horloge. Si elle ne fonctionne pas, rien ne peut être réglé dans la vie humaine, ni dans la société. Propterea captivus ductus est populus meus, quia non habuit scientiam. fis. v, 13.) Quoniam non habuerunt scientiam interierunt propter suam insi/iientiam. (IUr. m, 2S.) Notre-Seigneur a dit : ]'os estis lux mundi. et saint Paul : Potens sit ex/iortari in doctrind sand et eos qui contradicunt arguere.
(\) Saint François Solano, qui fui plus lard un admirable apôtre des Indes occidentales, venait de faire sa profession chei les capucins de Moniilla en Andalousie ; il fui appliqué aux éludes de philosophie et de théologie. A mesure qu'il comprenait ces sciences, il les lournaii en méditation accompagnée de prières et de larmes, de telle sorte qu'il devint le plus savant et le plus sainl de ses condisciples. Plus lard, il convertit dans le Pérou des peuplades entières à la foi. Par un seul sermon, il persuada de recevoir le baptême à neuf mille infidèles, qui étaient venus pour égorger les tidëles réunis à l'église, le Jeudi-Saint.
La sctENCË 7 '21
i« Par les Pérès. In prt^trc, dit saint Jean Chrvsnstome, peut maintenir,
- m exemple, les bons dans la saintel»'; niais il ne peut atnener un
lit à la siicnco. Saint Isitluro veut «jue les pivlres rejeltonl l'ignorance
' ■ — ' ■ ' •■'■' ince qui est à peine lolérable chez un laïc, dit saint
'■ ni parddu chez un prêtre. Et l'expérience n'est-
. , les suites fAcheuses qu'elle a dans un confesseur,
[eur ^ .)fe<i ici paru m er/n-rfi, dit saint Sidoine Apollinaire, '/. L'n magistrat sans science renti des arrêts injustes; un l)atlre, s'il n'a pas étudié la tactique militaire. Or, ars artium ira m.
dit : H S'il est confesseur surtout, un prêtre ignorant qui en-
.\ aises doctrines, qui donne de mauvais conseils, causera la
mil • de henuioup d'Ames, parce que sa qualité de prêtre lui obtient facile-
;i' I ' i-n'Tince des lidèles. » — « J'allirme, ilil-il encore, qu'il, est en étal de
I. le confesseur qui. sans science suftisante. s expose à entendre
-ions, et cela bien qu'il soit approuvé, excepté à l'article de la
<jI excepté aussi le cas ofi son supérieur lui confie cet emploi, pourvu
I lant que le supérieur le connaisse bien. » l>'expérience, sans la science,
re en erreur dans les choses les pluscraves. Qu'en serait-il donc
1 ateur qui ignorerait les régies de la morale et même de la
^ lint Thomas de Villeneuve disait que la piété est utile à celui qui la le; mais elle ne peut l'être pleinement à l'Eglise, ni au prochain, si est pas acciiiiqML'nêe de la <loctrine.
" ■ • ' nson t/u'oluiji«/iie. \) Dans les desseins de Dieu, le prêtre doit
ire de ses vérités, l'interprète de ses lois et le dispensateur '>r ('«) l'ignorant ne sait ni les vérités naturelles et philosoiianilenl tant d'attention, et dont la connaissance est rendue ;i:h- Il 'in.illi.irr des tomps, pour répondre aux objecliuns des lies qu'il ne connaît que par une théologie mal •Il a donne auv hommes la loi ancienne et la, 1'. Ln ignorant na peut-être jamais lu sa lîible. Il sait probablelor un jeu df r.irlrs; mais l'Ecriture sainte, il ne s'en soucie pas. rnsateiir -es; mais les grAces sont des remê<Ies qu'il irr aux n les imes. In ignorant ne connait pas ces maiient il laiil les k'uérir. 2) L'Eglise fait des prêtres pour qu'ils N Christ dont elle est l'épouse, un grand nombre d'enfants conduire et sanctifier : conduire par ses lois, sanctifier par ses - Kilo confie ce suin aux prêtres: or fa) s'il ignore ces lois, comnera-t-il i (h) Il • l'expose à jirofaner les sacrcmenta, rant mal, nu . rant à <les indignes, ••ondilions, un ininc se penl : /-'//o re/tel/am te, et il perd us si cfi'co (liiratum /trœstcf, ambo in foream r<niunt. Iilo- ■'■ismiir ff inifroris swerdos ilf itérât us, dit Pierre de IJlois. Les orulos Imhnit et /ton viilfbunt : ils ne lisent pas; os habent et non '■■■■ ■' •• ■ ivent ni donner un > •■■' ■■■ ■ ■■- ' ■• l'i';. ■■; en- Dieu. En des JHur> r :
,,,.,,-.„//„; ,/ ,,nr, ,.UU.
it .Vmbroisc, offirium
'•connais^ lite.qtie
I pour lii I messe,
il (aut de plus, dit saint
lement de pi-iiitiTifc. Tciif
. il vsi M u*. à nioit;
' pnys- n' ml il n"'
- dont iiii u-
inl.s : il 11' f,
iiir (le duiiiici' 1 abbululiou, ni djin"» Ut aux malades, s'il est nécessuiie n i-b cun liUuns, quelles obligations à imposer^ s il esl sous le |>"iii5 ic qu.i jn.;
722 SKrMONS POt'R LfiS RGCLÉSIASTIQUEJs
ccnsuiT, ou obligé à reslitiilion. Il doit encore connaître au moins les urincîpes généraux de la morale. >< L'n simple prr-lre, d'après le concile «le Trente, doit aussi être capable d'enseigner les clH»ses <pii sont nécessaires à tous pour le salut, et «l'admmistrer les sacrements; il pécherait gravement, en recevant les ordres en les ignorant. In confesseur doit savoir ce auc nous avons indiqué au n'i VM)1 jusqu'à 1310 de notre Abrégé de théolofjie. Nous y avons expo.sé aussi du n» âi04 au n" ti\l les vérités nécessaires au salut, que l'on doit savoir enseigner. 11 n'est pas permis non plus à un prélre d'ignorer les règles du droit canonique regardant ses fonctions, ni les statuts svnodaux de son diocèse. N'enseignons-nous pas aux fidèles qu'ils doivent être instruits de leurs devoirs d'étal 7 De là :
1730. m. L'Obligation de l'étude. On ne peut avoir la science que par une infusion miraculeuse, comme l'ont eue les .Xpôlres et quelques saints, ou par l'étude. Du moment donc où nous ne pouvons, sans tenter Dieu, compter sur un miracle, l'étude est strictement obligatoire. Non sufficit alit/uando studuisse, (i\l saint Liguori ; beaucoup de choses que l'on a apprises, s'échappent bientôt après de la mémoire : qud de re oporfet semper frequenti studio ea in memoriam revocare.... 0 condition de la mémoire et de l'esprit humains! Nous perdons nos connaissances acquises à mesure que nous avançons dans la vie, de telle sorte que si l'on n'apprend jtlus, on Unit par ne rien garder ; et quand on reste dix ans sans relire sa théologie, on y trouve ensuite des choses que l'on croit voir pour la première fois. Aussi n'est-il pas rare d'entendre des prêtres qui, du haut de la chaire, enseignent des propositions erronées. O'iel malheur pour le troupeau d'être privé du pâturage de la vérité où le divin Pasteur nous a donné mission de le conduire ! El quelle vie mène un prêtre qui n'aime pas l'étude! Ou il passe son temps aux œuvres du ministère, et toujours aux autres, il n'est jamais à lui-même. Ou bien il vit dans l'oisiveté. Dans le premier cas, il faut plaindre les âmes, qui ont un nourricier qui ne se nourrit pas lui-même. Ouellc anémie les menace! Dans le second, que fera ce pauvre prêtre? on le trouvera sur tous les chemins : Dispersi sunt lapides sanctuarii in capite omnium platenrum, (Thrk.n. iv), au scandale de ceux qui le voient : ou il s'ennuie dans sa solitude n'avant rien qui l'y console. Et lors même qu'il chercherait au dehors quelques consolations, ne seraient-elles pas pour lui onéreuses? En serait-il venu à oublier qu'il ne s'est pas fait prêtre pour mener une vie oisive, et aurait-il étouffé le remords qu'une telle vie fait naître dans tout prêtre consciencieux? Job disait : Noctes laboriosas enumeravi. (Job. vu.) Mais le prêtre oisif peut dire dies laboriosas, etc. D'ailleurs quels périls n'offre pas une existence désœuvrée! Il faudrait un miracle pour être chaste dans ces conditions. Denis le Chartreux a dit : Otiositati vacantes in innu?nerabilia prorsus incidunt vitia, imo vita eorum est quasi quoddam peccare continuum. Quelle parole !
L'étude, au contraire, préserve des visites, des courses inutiles; elle éloigne par conséquent des sociétés du monde; elle empêche de rechercher ces farties de jeux et de table qui sont le fruit du désœuvrement ; elle conserve esprit sacerdotal, qui est un esprit de recueillement et de retraite. Elle meuble l'esprit, elle nourrit le cœur, elle rend plus facile le recueillement de l'oraison, elle rend capable d'exercer tous les ministères avec fruit; elle donne à l'homme les plus grandes consolations de la terre après celles de la piété. Le bonheur n'est pas en effet dans les sens, mais dans le perfectionnement de l'intelligence et du cœur, .\ussi un prêtre laborieux ne trouve pas le temps long : jamais pour lui le jour ne vient trop tôt, et sa journée est 1(^11; ;;r.s trop courte. Il a tant à acquérir, et les œuvres ilu ministère lui i i;-- ni si peu de temps, s'il a un vrai zèle pour s'y appliquer!... Donc labora meut bonus miles Christi, attende lectioni eœhortationiet doctrinœ. Insta in illis. Hoc enim faciens et teipsum salvum faciès et eos qui te audiunt. (I. TiM. IV.) Sans doute nous avons nos devoirs d'état : mais un de nos plus
fjrands devoirs, celui qui nous aide à bien remplir tous les autres, celui sans equel l'accomplissement des autres devient impossible, c'est d'étudier. Du reste, que de temps nous avons parfois à donner à des choses frivoles, à des lectures inutiles, dangereuses peut-être? Pourquoi n'en trouverions-nous pas
Là SCIENCE /^3
pour (les étu(ic8 sérieuses? C'est à de telles études qu'il faut consacrer tout le temps que les ii'uvres du ministère nous laissent, non en vue de satisfaire notre curiosité, ni d'acquérir une vaine réputation, ni de subir avec honneur un cjLauien, si nous v soiunies sujets; mais en vue de connaître ce qu'on doit savoir et ce qu'il est nécessaire d'enseigner aux autres, sachant concentrer notre esprit sur ce qui est indispensable ou vraiment utile, et ne pas embrasser ce qui ne tend pas au but, s'appliquant à approfondir, à posséder bien les principes, à démêler le vrai du faux, ne décidant pas de tout, mais doutant et consultant quand il le faut, ne prenant pas pour des vérités tout ce 3ui est écrit, enchaînant nos connaissances de manière à en faire un corps e doctrine. Profana autem et vaniloquia devita, midtum enim proficiunt ad impictatem. (II. Tim. n, 16.)
Il est des sciences profanes qui peuvent avoir une véritable utilité; nous ne le contestons pas. Mais pour un prêtre appliqué par état au saint ministère, ce serait absiu'de «le donner à l'étude de ces sciences la principale part. Ouand je suis malade, que me sert la littérature tle mon médecin si, en !'•■'"■'' 'Ht, il a oublié sa science professionnelle? Qu'ai-je à laire d'un conli est un astronome, un peintre, un botaniste, un musicien, un api- -■ listingué, s'il ne sait pas conduire ma conscience? Rien dans l'Evangile qui nous dise qu'un prêtre aura à rendre compte au tribunal de Dieu, de n'avoir pas été phvsicien de marque.
Il faut aujourd'hui, dit-on, pouvoir converser sur toutes les sciences avec les savants. C'est bien sans doute ; mais on peut converser avec eux, comme Nolre-Seicneurdans le Temple, en les écoulant et en les interrogeant. Ils ont plus de plaisir à nous apprendre quelque chose qu'à trouver en nous des maîtres et des émules. Et quand nous leur aurons fait volontiere honneur sur leur terrain, ils ne refuseront pas de nous écouter, quand il s'agira de la science sainte qui est la notre.
Il faut, dit-on encore, être au courant dans la société d'aujourd'hui, des non, - publications récentes. Ce n'est vrai que «ecimrfMm ^uïrf. Il y
atii re mieux à faire. On pourrait aver profit apprendre à ce siè<'le
frivdio 'ju 11 est des sujets plus utiles île conversation, et qu'un prêtre a chose plus importante à faire que de lire tout ce qui se publie, et que d'être à l'affût de toutes les nouvelles. On n'en serait que plus respecté, et on donnerait en cela un bon exemple de plus. — Ajoutons que la science sainte ne passionne
pas ■ ' profanes, comme les arts d'agrément, et les lectures
iri plus volontiers l'étude dont elle est l'objet, pour voler
auï, .. ...Il :. .111 iiiiiiiM.ie. F)t il est important qu'un prêtre sache quitter son cabinet pour courir auprès des malades, et au Saint Tribunal pour y entendre los pénitents. Ne faisons pas dire à nos ouailles : Notre curé n'a pas uni M'.s .lu. les. Donc concentrons notre temps principalement, et s'il le faut uni- (|ii. m !i! mir (!e que nous devons savoir comme prêtre. Qui ne sut se borner III' écrire, a dit un poète ; et qui veut cmlirasser toutes les sciences,
risj ■• ne (».ts avoir celle qui lui est le jilus nécessaire; mais en sachant
se lini n.r. li l'^i I 1. i!r .laiis les postes les plus occupés, de se réserver du
lcm[is 1 1- I niin.iii ic ii.niaitement tout ce qui est de son devoir. Il est facile,
par exemple, si peu qu'on le veuille, si on évite des lectures vaines, de lire tous les jours iinn [lairc ou deux do l'Ecriture sainte, et des rubriques, et deux ou ' jie, et de consacrer A la préparât!
S' ^ . journée, (ielte pratique gardée ti
iiienl luulc une vie, Icr.ul des piilres instruits, des catéchistes, des prédicateurs d'une j;ninde précision de doctrine, des confesseurs sages dans leurs il"''cisini)>, i.i i. .•ils,
< 'MiiMi. lit que des prèlrec qui ont du temps pour parcourir les
si ' iu-folio et ' '^ ' ' ' ■
(1 . n'en aici
luiiniir en ■ liaire un.' substantielle aux Ames?
Souveul, bclus! uu lu ..... . .une ^ue de 1 eau claire. N'eslU pas loi pré-
724 SKRMONS POCR LE9 RCCLésiA.«iTIQt'KS
ilicii'.eiir on renom qui aurait honle «l'exposer la doctrine ou d'appuyer seô tlu'ses sur rKiM-itiuc Sainio? Aussi de i|uplle slériiitt'' est frappée une telle pn-difalion ! l'iiuvre p('u[tle, que Ion nourrit de son! Ce n'est pas ainsi que saint Cju-vsostuuie, saint Augustin, saint Thomas se préparaient A prêcher. .Vu},'ustin disait : A'//o /// ler/e JJomini meditor, si tion die ac nocte, m <iuihit6 temporum purfirulis possum, et meditationes meus ne obliiioHi; fuyiaiit nti/lo alliyu. Saint Chr^soslome appelait l'Kcriture un jardin rempli de mille lleurs, un océan réoon<l en perles précieuses, une riche mine d'or, ime source intarissable (pii féconde les arbres plantés autour d'elle, ime nuée déversant sm- les Ames la rosée céleste qui les pénétre, un festin qui nourrit et réjouit le coMir, un remède à toutes nos infirmités, un faisceau d aromates qui, hro^'és, répandent leur parfinn, un maître perpétuel qui enseigne ce ipiil faut faire et ce qu'il faut éviter. iNest-ce pas aussi un torrent où l'on puise dos pierres polies pour frapper au front, comme Wavid.les (Joliaths (jui insultent au peui)le de Dieu? C'est dans l'Kcriture que hossuet cherchait des arguments puissants contre l'hérésie (I). .N'oublions pas, comme l'enseigne MgrVillecour,« que d'après l'interprétation commime, c'est de lascience de l'Ecriture Sainte que parle Osée quand il dit : Quia tu rcpulisti scientiam, et ef/o repellatn te. (Os. iv, <».) Un concile «le Tolède menace de la perte éternelle ceux (|ui ordonnent comme ceux qui sont ordonnés, quand ceux-ci n'ont pas une connaissance suffisante de l'Kcriture suinte. Ômnis Script ura divinitus inspiraiu utilis est ad docendum, ad arguendum. adcorripiendum. ad erudiendum. (ll.Tim. m, Ui.) Tout ce rpie vous chercherez ailleurs ou dans votre imaiîination, sera faible et donnera à votre auditeiu* ime espèce de droit de discuter avec vous. Le langage de l'Ecriture, (pielque prévenu qu'on
(<) ia) Bossuet rejetait, dit son historien, toutes les éludes friToles ou agréables qui étaient étrangères à son état. Quoi qu'il sut par cœur presque toute la Hible, il la lisait et la relisait sans cesse; il ctiargeaii les marges de notes abngées, il avouait que la Bible était sa pa<(sion, qu'il ne pouvait vivre sans \l Bible.
Jamais il ne. faisait un voyage, dftl-il n'être que d'une heure ou deux, sans porter avec lui la Bible. Eianl archidiacre de Metz, il faisait de l'Ecriture Sainte l'objet principal de ses éludes.
(b) Saint Bonaveniure avait tant d'afrection pour l'Ecrilare Sainte, que pour se l'imprimer davantage dans la mémoire, il a écrit de sa main deux manuscrits de la Bible que l'on conserve encore aiij(jurd'hui. Saint Donal, piéire d'Orléans, qui finit sa vie dans un ermiiage près de Sisteron, dès l'âge de douze ans, était capable de réciter la Bible en entier.
(c> Saint Nicaise Johnson, capucin, un des dix-neuf martyrs de Gorcum, prédicateur éloquent, savait par cœur tout le Nouveau Testament.
(d) Saint Césaire étant encore jeune religieux de Lérins, fut envoyé à Arles ches un r ■ image du nom de Firmin, qui devait rétablir sa santé affaiblie par les aus-
i in voulait lui faire suivre lesterons de l'omélius.cclèbreauieur venu d'Afrique
] lier à Arles ; mais une vision terrible avertit Césaire de ne pas apprendre les
■s fanes. C'esi dtmc l'Ecriture Sainte qu'il étudia ; il devint à trente-trois ans
a. a'Arles ; il la possédait tellement, qu'on eût dit qu'il la lisait dans un livre
plutôt (ju il ne la rt citait de mémoire. C'était d'elle seule qu'il tirait toutes les belles iDsiruclions qu'il adressait à ses ouailles.
'■•' '* " '" i'iide du mont Cissins oii il se retira pour échapper à l'épiscopat, saint •I apprit par cœur le texte entier des Ecritures. Hlus tard, devenu évoque
■; , après avoir passé le jourdans les exercices de son zèle, il consacrait
une pariie Ues nuits à méditer les saints Livres. Toujours malade, il ne donnait que trois ou «jualre heures au sommeil.
(/) Saint Boniface. évêque de Lausanne, qui, démis de son évéché, s'était retiré à Bruxelles, sur le point mourir, fil demander l'Evangile de saint Jean; il l'embrassa, et posant ses mains sur ce livre sacré, il dit : Voilà le livre selon les maximes duquel j'ai vécu ; je crois loul ce qu'il renferme el désire mourir dansceue croyance. »
{g) Saint Boisil, Ecossais, dont le vénérable Bède a dit des merveilles, fût maître de saint Cuihberl. Ce dernier fulalieint de la peste, et après son rétablissement, son matlre lut dit: « Votre dernier moment n'est point encore venu ; mais moi je mourrai dans sept jours. — Que pourrai je lire avec vous, répondit Cuihberl, dans un aussi court espace dt temps ? — LEvangile de saint Jean, sepi jours suffiront pour le lire el faire nos réflexions. » Et dans celle lecture, le cœur du saint s'embrasait de plus en plus des flammes de la charité. Le disciple imita son maître, et on trouva dans son tombeau une copie de l'Evangile de saint Jeso.