‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 181 sur 416 · XII. — Moyens d'exercer le zèle · texte numérisé non relu

XII. — Moyens d'exercer le zèle

N. H. N'omettre ce sujet dans aucune retraite. Le traiter au moins sous forme de t/lose, si on ne peut le faire autrement. — Un prêtre qui a à cœur la ^doire de Dieu, le salut des âmes et son propre salut, doit d'abord bien remplir toutes ses obligations.

Mii. I. La première, celle qui féconde toutes les autres, c'est /a prière. Tout prêtre est médiateur, c'est pour cela qu'il olTre le sacrifice et récite l'ollice au nom <le toute l'Kgliso. xMais le pasteur est tenu ex officio de prier pour ses brebis. Roijabit pro eo sacerdos et pro peccato ejus, et ilimittefur ei. (l.KV. IV, 2(î.) C'est pourquoi la sainte Kglise oblige ses prêtres à réciter l'oflice et à célébrer de temps en temps la messe pro populo. VA saint Ambroise dit : Sacerdotes die ac tiocte pro plèbe siOi commissd oportet orare. Kn effet, s'il veut que son ministère soit fécond, il faut qu'il se remplisse lui-même par l'oraison des grîïces divines, afin de les déverser ensuite sur les Ames. Autrement il ne serait (}u'un canal et non un réservoir, selon le mot de saint Bernard. Quœ in aure auditis, prœdicate super tecta. (Mat. X, 27.) Pour prêcher avec éloquence, il faut avoir entendu Dieu parler A l'oreille du cœur. Donc, ne négligeons jamais notre demi-heure «loraison ; et surtout n'omettons pas de faire chaque année une bonne retraite.

« Le grand prêtre Aaron, voyant une partie do son peuple frappée de la main de Dieu et expirer devant lui, court, dit l'Kcriture, entre les morts et les vivants, il lève les mains au ciel, il verse dos larmes sur le malheur de ceux qu'il voit tomber sous ses yeux, il crie, il supplie, et sa prière est exaucée, et la plaie cesse; et le glaive de la colère de Dieu se relire : un bon pasteur ne prie jamais inutilement pour son peuple. Stans Aaron inter mortuos ac viventes, pro populo deprecatus est et plaga cessavit. (NuM. XVI, iS.)

» VoilA l'image du bon pasteur. Il marche au milieu de son peuple pour ainsi dire, entre les morts et les vivants : il voit à ses côtés des brebis mortes, et d'autres prêtes à expirer et qui ne donnent plus que quelques signes de vie. Il voit le glaive invisible de la colère de Dieu sur son peuple par les crimes qui y régnent et qui en précipitent un grand nombre dans la luort ; il le*oit et c'est un spectacle qu'il a tous les jours sous les yeux. S'il n en est pas louché, ce n'est pas un pasteur, c'est un mercenaire qui voit de sang-froid périr son troupeau; c'est un ministre déchu do la grAce du sacerdoce ou qui ne l'a jamais reçue. Mais, s'il on est touché, oh! quel doit être le premier mouvement do sa douleur et do son zèle? C'est de s'adresser à celui qui frappe et qui guérit; c'est de lui offrir les larmes secrètes de sa douleur et do son amour pour son peuple : c'est de faire souvenir un Dieu irrité do ses anciennes miséricordes : c est d'émouvoir, par ses soupirs, ses entrailles patornollos et de s'offrir lui-même d'être anathème pour ses frères. » (Massil). (1). ^

(1) Saint Bain était év(»que He Thrroiianne au viii» siècle. Lorsqu'il voyait des pécheurs endures qui résistaient à loui, retenus iju'ils étaient par les liens du vice, il se châtiait lui-même par de saintes rigueurs, et ses prières unies à ces actes héroïques de pénitence demeuraient rarement sans atteindre leur but.... Le curé d'Ars passait quelquefois une partie de h nuit à pleurer ses pauvres péchés, comnime il les appelait; et à un prêtre qui se pla-gnail d'avoir tout fait sans résultai dans son ministère, il disait : •« Vous ayez prêché, prié, mais avei-vous jeûné, couché sur la dure? Vous éles-vous donné la discipline? Tant que vous n'aurez pas fait cela, ne croyez pas avoir tout fait. »

Moyens d*exercer le zelb 733

4743. II. On parcourt ensuite toutes les autres obligations du pasteur en suivant notre Abrètjfi de théolntjie du n" '.Wn\ jusqu'à :i(>8S.

A propos du n'> ;M>Tf>, et de la nécessité de pn^clier des choses pratiques qui iiislniisent sérieusement les iidèles, revenir sur ce qui a été dit n» 1735 et surtout sur les n"' iSî) et suiv.

Ne pout-on pas appliquer à ceux qui font des sermons pleins de science

que porsonne ne comprend, les paroles de saint Paul : Peribit tn/irmiis in

tua scientid f rater propter i/ttem C/iristus mortuus est. (I. Cor. viu, il.)

A propos du no 'MVIi), dont il faut exposer la doctrine et auquel nous

renvoyons nos lecteurs, insistons sur le catéchisme.

Ne le «-('dons complètement à personne, (leux qui le feraient à notre

pla.c nous ùteraient un puissant moyen de connaître nos brebis et de nous

iMi faire aimer. Les enfants d'une paroisse sont les recrues d'une armée.

<j '!. i ;, v,,it leur bonne volonté, on ne peut s'y fier, s'ils sont ignorants.

' 'ii> heure (ju'il faut les instruire. Dès que leur intelligence

- iiM'. ii> Miiit obligés lie faire les actes du chrétien; qui leur en appren-

it'S motifs, sinon le prêtre? Ils sont obligés de se confesser, s'ils offensent

I '"i les y préparera? S'ils croupissent dans l'ignorance et le vice

iif ans, époque où commencent d'ordinaire les catéchismes pré-

.. s il la première communion, leur éducation chrétienne est manquée

la vie. (Ju'on laisse languir jusque-là les enfants dans un air vicié, les

nt .It^ la nourriture nécessaire, à cet âge ils seront éti<pies et le meil-

lo ne leur rendra pas leur vigueur. Ainsi en est-il de l'àme négligée

'■ .»nce.

.\ussi «lerson dit-il, que personne n'est plus ennemi de l'Eglise, ne prépare

rnioii\ Ips voies aux démolitions de ranlecbrist, que celui qui en œuvres et

en public ou en secret, s'oppose à la voix de Jésus-Christ, qui

■ parvulas venire arj me. IjÇ loup attaque surtout les agneaux ;

de proie, la couvée ; que le premier soin d'im pasteur soit de

•^ qui est faible, de donner au Seigneur les prémices, en établissant

le jL'gne de la grAce rians des Ames neuves, plus capables par conséquent de

la ffoùler, et ayant un plus grand besoin de son secours pour soutenir leur

" vsse. O'i on ne l'oublie point; bien qu'il soit important, nécessaire même

iiner à l'enfance une solide instruction religieuse, il est plus important

lire encore de la former aux vertus chrétiennes et à la vie de

la que doivent tendre sans cesse les efforts du catéchiste.

'' Il des sacrements et la prière, les enfants, pas plus que les

t encore moins, ne peuvent arriver à la pureté de con-

ii ir^ wiMMirsque Dieu fait à ceux qui aiment, à catéchiser, v. la

.;,. .1..,. c, t.\..i... ,j„i intéresse tant l'avenir des Ames et delà

Il de ne pas se laisser aller à ime routine (jui

— , ... . ....iiit.s, et par cr)nséipient d'étudier les vraies

méthodes i Ire un catéchisme agréalde et utile tout A la fois. On

froiivfc.i r les iliiiv; le ii-iii.'. dç la Prédication il<> M H:iiiinn. <pii

■■t qu'il faudrait i' fn

': 1 les diabigues et !• - et

ir donner assez d at ! imener parfois et mi^ine le plus souvent

'i*. les ftdiMrs nu . lin dimanche et dc<; f^tcs Ou'on mé<lite

il \IV : Af/innamtis me riim pnrtem

Il fur, eam ratnmitateu ki su/nri' ob

m fiilei. Oue dirait aujourd'hui »c ^rand Pontife,

i'8 enfants élevés dan«<le^ écfiles sans Dieu 1 II est

'! ! qui- jamais de catéchiser ■ dont l'ignorance rell-

gi tous les jours, grâce aux é' n's cl oliliL'afoiros. On

iii reste eatéehiser le peuple sans (pi'il b en a; u»t

' lui ou atix vè|ircs, ou mieux A la messe quelq se

'ir 11 4Sn ■ ' > nfants devant tous les iniiies ju on

lire par i ics.

1741. V\\ 1 iiu I iiiMiir Ml- |M r><»ii .inrc pour les enfants après la prenuèro <uinmi)ion^ a aussi une haute portée, soit pour conserver dans ces chôrct

734 SEHMONS PDL'll LES H» IL'LIiîSlASTiyt I ■

Ames les connaissances acquises, soit surtout pour les inamicmr dans le bien, et les ainoncr à fréqiicnler les sarrenicnls au moins tous les mois. On ne peut cuorc l'aire ce catéchisme que le dimanche dans nos campagnes ; mais (ju'il miporte de ne pas le ncglifi;er ! Kcoutons sur ce sujet la grande voix de l'io IX dans une lettre à Mgr Ihjpanloup, évoque d'Orléans:

(I O'iflque soin qu'on ail mis A enseigner aux enfants les éléments de la » doctrine clirctienne et les maxiujes de la piété, si, plus tard, quand les » sens font sentir leur empire; les affaires temporelles, leur tyrannie; les » erreurs partout répandues, leur souffle funeste, de nouveaux enseigne- » monts ne viennent pas confirmer ces enfants dans leurs bons c.ommence- » ments, les former A la pratique des vertus, leur inspirer l'amour des cho- » ses qu'on leur a a[)prises, cest à peine si on peut'espérer quehpie bon » résultat des premiers travaux dont peut-être tout le fruit sera perdu... » Nous exhortons ceux à qui est confié le soin des peuples, à ne pas se con- » tenter de jeter les semences de la foi et des vertus dans l'Ame des enfants, w mais à euftiver, autant qu'ils le pourront, ces germes dans les adolescents » et les jeunes gens. »

Et saint Charles Morromée, parlant des Pasteurs qui délaissent ces chers enfants après la preu»ière communion, s'écrie: Proh dolor I quam mulli paroclii pariant in nunnuUis Chrislum et slnlim eorum curam omillunt ! et quœ ho'c impielasest ! nec besliœ hor faciuul, qiiœ parlus suus lactant, fovent, nutriunt et ab advcrsis quibuscuvuiue lutautur... et tu lenellum sic déserts. Quandu mayis insuditsse oporliwral, otio lepescis !... Mafjua culpa, fralres, et hœc magna stgniiies, imo magna sœvities... Non dormit, fratres, non dormit dœmon, sed iusidiulur continuo... Ideo nos continua sollicitudine angi debemu8 et quod peperimns cvslodire.

Mais le moyen, dira-t-on, d'amener les enfants, les petits garçons surtout, à assister à un catéchisme de i)ersévérance après la première communion ? Mous convenons sans peine que cela n'est pas facile ; mais il faut tout tenter pour l'obtenir, visiter les parents, les maîtres, les chefs d'ateliers, se faire aimer des enfants, les intéresser, leur promettre et leur donner des récompenses, les faire amener par des personnes zélées, ou par (juelque parent ou ami, qui ait de l'action sur eux. Quand quelqu'un d'entre eux manque le catéchisme, ne pas le délaisser ; mais le revoir ainsi que ses parents et ses maîtres, répondre à leurs objections avec beaucoup de bonté et de douceur. Ce sont là autant d'industries qu'il faut employer pour les amener à ne pas déserter le catéchisme, ni la fréquentation des sacrements.

On en conserve ainsi au moins un certain nombre pendant un ou deux ans après la première communion, et on les fait entrer ensuite sans interruption ou dans un patronage, ou dans un cercle déjeunes gens, ou dans une congrégation de jeunes filles. Sans ces divers secours, dans un trop grand nombre de paroisses de France, la jeunesse s'égare de la manière la plus triste, et prépare des chefs de famille sans pudeur et sans foi, qui nous donneront sous peu une société indifférente, sinon impie. Onel malheur! Ne faut-il pas le conjurer à tout prix, et par tous les sacrifices? l.,es cercles de jeunes gens, les congrégations et. les confréries sont le moyen le plus puissant, et peut-être, dans certaines paroisses du moins, le seul efficace pour maintenir les Ames dans la pratique religieuse, y former et y dévelopjicr un noyau chrétien. Après tout, le pasteur n'est-il pas responsable de l'ensemble du troupeau, et de chacune de ses brebis? Ne doit-il pas ramener au bercail celle qui s'égare (1) ? Kt quand un de ses paroissiens doit quitter

(\) Le soin de la jeunesse était particulièrement cher à saint Philippe de Néri. La vie entière, en effet, dépend de la formation de l'enfance et de la jeunesse. Aussi le voyaiton rechercher dans les rues de Rome les enfant», cherchant à les attirer à lui et à les former à la piélé. « Amusez-vous bien, mes enfants, leur disait-il ; mais n'offenseï pas le bon Dieu. » il était d'une grande indulgence pour ceux qui fréquentaient sa maison, et un visiteur paraissant un jour surpris du bruit qu'ils faisaient: « Pourvu qu'ils n'offensent pas le bon Dieu, répondit le saint, je leur permettrais volontiers de scier du bois sur mon dos, si cela leur faisait plaisir. » Il avait un zèle admirable pour les corriger de leurs mauvaises habitudes par la confession fréquente. Heureux les prêtres qui, à son exemple, s'occuperont coTime lui de la jeunesse l Heureuse la jeunesse qui rencoiitrera de tels prêtres.

ûu.KNS d'eXERCRR LE ZELli t35

ii|.ii\> .[NI 1 ,1 >ii imllre, le pasteur, s'il a un c(pur de j)èrp, peul-il voir partir son oufant, sans lui donner ses dernières reroniniandalions, soil [)our le retenir auprès de lui, s'il est possible, (juand il pri'voil pour lui des dangers à courir ailleurs, soit du moins pour le prémunir contre eux. Comment laisser partir un jeune conscrit au service militaire, une jeune lille qui se place adieurs, comme ouvrière ou domestique, sans les recommander par une lettre, ou de vive voix, à un aumônier ou à un prêtre qui prendra soin de Icui* ùmc.

l'ne messe dite dans les paroisses au départ des conscrits, peut fournir l'occasion heureuse de voir ces jeunes gens, de les amener à s'approcher des sacrements et i\ recevoir de leur pasteur une lettre de recommandation pour le directeur de quelcjue cercle nnlitaire. Uni ignore que sans ces précautions la presque totalité des jeunes soldats abandonne toute pratique chrétienne ? Kl comme tout français est soldat désormais, qu'en résultera-l-il pour notre pays ?

En nous arrêtant à (lenève dans un hôtel, dont la maiti;esse était une bonne catholi<pie, nous apprenions d'elle qu'elle avait à son service une jeune protestante de la campagne. Ur, le pasteur protestant de son pays venait chaque année s'informer île sa conduite el de ses relations, et lui donner ses conseils. Oserions-nous en faire moins ipic les minisires de l'hérésie ?

1743. Au n" 31*80. Kn prêchant on jette le filet; mais ce n'est qu'en confessant qu'on tire le tilet à terre pour prendre les i)oissons. Il faut donc se rendre apte à ce ministère : « Si vous ne voulez pas étudier pour porter aide et secours aux âmes, lUt saint Liguori, à ijuoi bon vous faire prêtre ? Qui vous a forcé de devenir prêtre ? dit saint (Ihrvsostome ; avant le sacerdoce vous deviez somler vos dispositions ; mais mainlenanl que vous êtes prêtres, tdiiptts nunc (if/endi non consulfundi. (Saint Chrys.) Qui delegatus est ut alienam entcndeti f/norantiam, it/norantiam prœttndere minime poterit. IMusieurs prêtres étudient tant de choses inutdes, et négligent d'apprendre ce tjui est nécessaire au salut des Ames ! » (Selva). Quel malheur ! (1)

\oidezvous qu'une paroisse chrétienne dépérisse, que les mœurs jusque-là pures se dépravent, que la foi s'aiïaiblissc, ipic l'enfance croupisse dans le vice, que la Jeunesse y soit corrompue, le mariage profané, donnez-lui des prêtres qui n aient pas des heures réglées pour entendre les confessions, qui écartent les pénitents par leur rudesse, ou par de fréquentes absences. — Voulez-vous qu'une paroisse indifférente se transforme, donnez-lui un pasteur qui prêche publics et per domos la fréquentation des sacrements, qui soit assidu au saint tribunal, i|ui s'v montre père pour tous. Hientùt tout revivra. Dn moins est-il <-ertain que s'il y a de bonnes Ames parifjut, c'est la confession <)ui les soutient ; que si un pécheur se convertit, c'est par la confession; et s'il labandonne, il retombe, malgré les sermons les plus éloquents.

474<5. .\u n" '.{((Si. Insister sur l'assistance des mourants, avec Massillon :

<■ Uuand vous êtes infidèles à <piclque autre devoir du saint ministère, vous pouvez toujours vrjiis flatter cpie dans une autre occasion, vous réparerez votre u"".'' • mais un malade abandonné, mourant dans cet étal,

ne vous laisse rance de réparer l'énormilé do ce crime.

» De plus, iii ., le soin de vos paroissiens malades est la seule

occasion qui vous reste, en rcdouldanl votre assiduité et vos soins auprès d'eux, de rép.iiei inui.s les MrL'liLiMK es ddiil vnus avicz pu pendant leur vie vmis rendre e. (-(uijiuiclure précieuse pour

\uiis et que l>i' qu'alin tpie vous lui rendiez,

|>iii de nouveaux soins et de nouveaux elVorts de zèle, ime Ame que votro négligence, vos dissipatiitns et votre oubli avaient jusque lA laissée trampiilU* dans une vie toute mondaine et criminelle, l'ouvezvous alors, quand on vient vniix dire que Mieti l'a frappée d'infirmité, préférer A un devoir si nuu'usle et ■ux par tant demlroits pour vous et pour rf pré-

voir, une visite inutile, une conversalitui ois. ,in»

sordides d une alïaire temporelle ; que dirai-je? une partie peul-ùli c indécente

(!) Djris une . ' ' ;, î • n" f>5. le» n" 66. 68, 63. 70, 7t. 78,

71, T.. ::., 7n, is. Ilîl jusqu'A Irt, 121» jo»<ju'i 133,

liJb jusnu'à H' ' ., >. ,.vre.

r'36 SKKMONS l'ULU Livs Kcc.i.ijsiAs Tigui;»

(In plaisir cl de dissipation ? Faul-il que rextrémilc du mal vous arrache conimo inalfiré vous el vous fasse courir onfin au secoure d'un malade, à qui >rt'senre el les derniers reinè<les de l'Kglise risqueront d'Mre inutiles ?

votre

votre présente et les derniers reine<les de l r.giise risqueront d être inutiles T Faul-il pour réveiller voire léthargie ipie rien ne soit jdus capable de réveiller celle de votre frère <\m expire ?

» Aussi, je vous avoue que ie sens déchirer mes entrailles quand on vient m'annoncer que (]uelques malades, dans une paroisse, sont morts sans secours, par la faute et la négligence du curé ; rien ne me parait plus alTreux, plus infAme,plus iléshonorani pour le saint ministèrc,et je ne comprends pas qu'un prêtre el un pasteur puisse exercer une barbarie dont un païen et un samaritain, dans l'Kvangile, ne fut pas capable. »

(Jui ne sait que le démon tenle tout pour perdre les .Ames ù la dernière heure et que les moribonds sont le plus souvent incapables de s'aider euxmêmes, s'ils ne sont assistés par personne : « Aussi, continue Massillon. l'oubli el l'abandon d'un seul de vos malades est une inhumanité qui révolte le public contre un curé capable d'une négligence si barbare, qui lui attire la haine et le mépris de toute une paroisse, eflrayée de se voir exposée au môme malheur, qui scandalise même ceux qui auraient pu être les approbateurs et les complices de ses autres désordres et (jui crie vengeance contre lui devant Oieii el devant les hommes.

» VA, en effet, mes frères, un père peut-il voir ses enfants sur le point de lui être enlevés, sans courir à leur secours et leur donner du moins ses dernières marques de consolation el de tendresse ? Ksl-ce un pasteur ou un barbare (pji voit sa brebis infirme et peut-être mouraille, et qui ne daigne pas s'approcher d'elle pour la secourir? Le véritable pasteur laisse là toutes les autres pour courir après une seule qui s'est égarée, el vous laisserez périr tranquillement celle qui meurt sous vos veux, au milieu môme du bercail ? Non, mes frères, un curé qui néglige le soin de ses malades, (pii attend que l'extrémité du mal ne lui permette plus de délais, qui ne se montre, enfin, après bien des remises, que lorsque la violence du mal ne peut plus rendre utiles au malade, ni la présence du paslcur, ni les derniers secours de rKglise qu'il va lui administrer; un paslcur de ce caractère, s'il lui reste encore un cœur capable de quelque sentiment de religion, peut-il, sans être saisi d'horreur pour lui-même, voir celle i\me aller paraître devant le tribunal terrible de Jésus-Christ i

» Klle y paraîtra pour accuser celui qui a été l'aufewir de sa perte. »

Mais il est bon d'ajouter que ce qui doit nous exciter à remplir avec zèle ce ministère, c'est que c'est non seulement le plus grave, le plus nécessaire de tous, mais le plus eflicace. Les pécheurs en santé ont vite oublié nos exhortations, le mourant en est plus frappé. Après les sacrements revus, lorsqu'il était en santé, il revenait à ses vomissements ; si nous lui rendons la grâce à l'heure de la mort, il la conservera éternellement. Kl puis l'assistance des mourants fournil l'occasion de faire un bien véritable à leur famille. Donc jias de prétextes comme ceux-ci : La rigueur de la saison. Nous empêcherait-elle daller [ircndre position ifiin poste avantageux ? Kl nous croirions la «iiligence moins importante quand il s'agit d'assurer à notre frère une place au ciel? La difliculté des chemins; mais le bon pasteur va chercher sa brebis à travers des montagnes impraticables ! et quel chemin i)eut paraître difficile H un ministre de Jésus-Christ i(ui va frayer à un mourant le chemin du ciel ? Le sommeil interrompu ; mais pour ne pas retrancher à notre paresse une heure de sommeil, n'aurions-nous pas horreur de nous-mêmes, si nous exposions notio frère à un sommeil éternel? Knfin, une légère indisposition. Kt il vous parailrait [dus dangereux d'exposer un moment votre santé que le salut éternel d'une Ame qui vous est confiée el qui va i»eut-être périr? Un pasteur doit être prêt à donner sa vie pour ses brebis. Les Apôtres reganiaienl la mort romme un gain ; nous ne le demandons pas de vous, mais nous demandons que vous reprdiez comme \m graml crime et une espèce daposlasie dans le saint ministère d'être plus touché de la crainte d'aigrir une infirmité passagère que du danger étemel que va courir une âme que vous abandonnez.

yui sait si la mort subite et la privation des secours de la religion ne

NiOYENS n'EXEnCIîR LE ZKLE Î37

< is pour certains prêtres le chAtimentdeleur négligence à assister

l'our nous épargner un loi malheur, visitons tous les jours ceux qui sont

en danger. Si la chose nous est impossible, visitons-les le plus souvent que

■iirrons ; et dans tous les cas, observons la prescription du Rituel,

le instante perkufo se statim vocari ut in tempore prœsto sit

Quelle cruauté (pie d'abandonner aux remords de sa conscience,

!s du démon, aux angoisses de l'agonie, une àme infortunée, sous

; l'on lui a donné les sacrements! Quand un vaisseau entre dans le

les précautions prend le pilote pour ne pas butter à des écueils !

M:ellesdu laboureur, quand l'orage gronde sur sa moisson

- transes «pie celles de la mère, quand son fils est sur le

i < u.tiiM. un.; sentence de vie ou de mort ! VA le pasteur serait insen-

. il se plaindrait qu'on le dérange, qu'il n'y a pas de danger? Il faut, au

; .lire, qu il répète souvent de l'avertir, de ne pas craindre de l'incom-

r, qu'il y a là pour lui et pour les parents, un grave devoir, et ipi'il ait

- iliaque village ou dans chaque rue, des i\mes chrétiennes qui aient la

1 ;.'c de rcchorther les malades et de le prévenir.

T iT Au n" 3»>Si. u Quand les peuples s'éloignent des pasteurs, a dit

1 il est nécessaire que les peisteurs s'approchent des peuples, » pour

ne et les reprendre.

SairiHirégoire dit en effet: Sacerdotes pro populortim ini(/uifate dam-

nrintur, si eos aut ignorantes non erudiunt, aut peccantes non artjuunt.

On sait que la correction est un devoir grave pour les parents, les institu-

1ein-s, les maîtres de maison. C'est même un devoir grave à l'égard du pro-

■ liiiii poui" un simple lidèle. Comment le pasteur pourrait-il s'en affranchir ?

I' r s en excuser, on prétend remplir suftisamment son devoir du haut de

1.1 1 hairc. Un médecin est en règle, pourvu qu'il débite son cours dans une

taniilé, il n a pas besoin d'aller voir les malades, m de les ausculter, ni

m. me de leur ' ' i- leur mal, et cela, lors même qu'ils n'assisteraient

ftjis à son coui^ remplit-il son devoir en admonestant ses enfants

I ' . I iiiriiir il ne dit rien à celui qui, au moment où il admoneste,

■c Je mauvaises compagnies r Siiflit-il au pasteur de caresser

•(^ut-il abandonner celle qui s'est égarée? Qui oserait le

•ron donne ses soins à chaque cep, le berger à chaque

I ,. , ,, et le pêcheur ne se contentent pas d'avoir chez eux des

lil<'!s, ils les tendent et battent ensuite la forêt ou la rivière. Le prêtre sans

/. ;,• -,,.iii null ..s,i iiit r I- II,' rien faire, comme le lévite qui voit quelqu'un

outre.

'•t per domoa. — De quel droit retrancher sa

"ie. la plus clllcaie et souvent la seule possible? ^Vor/ff ac die

iim lacn/mis monens itnumi/uemi/ue vesfrum. \\i ! laissons en

1 iirs, les j»rofanatenrs du dimanche, les déserteurs de la table

- ; Ires, les méchants nr nous imiteront pas; ils s'insinueront dans

s y porteront le libertinage, l'impiété; ils y glisseront de ni.iu-

!. , Lrib qin' voient offen.ser l>ieu et qui ne narlent pas. sont a|)pelés

l'ii i- ' Canes mut i non ralentes /«//vi'**. Quelques-uns allèguent pour

pi'ils ne veulent pas se créer des diflicullés. Saint (irogoire leur

puce/ndesiderant, pruvos mores nequiuinum redanjuunt et coH'

se/ifirniio /terversis, ub auctore pacis se sejunyunt {{).

• ..... . . - -.. .. ..- ! était appelé la petite

.ur combailre l'i^rn <-

- à domicile. Il aliaii

„■, r . ! is pour le* convaincre

,i 5, le* conjurant par

•r de lit: t» a 1

: e de danin

■ pir.

738 SBRMONS POUR LES écclbsiasTIqUeS

On termine la conférence comme il suit : Ces devoirs ont de quoi absorber la vie d'un prêtre assiin-menl. ils ne laissent pas de place pour les jeux de cartes ni autres fulililés.

fd scire oportet, dit saint Alhanase, te priusqiiam ordinabaris tibi vixUse, ordinatum aiitem illis (/iiihi/s ordinatiis es. Moïse passait son temps à arranger les différends; Jetliro l'en reprit et lui rlit : Stulto luboreronstimeris, esto tu ad populum in /lis ijuœ ad iJeum pertinent. Les païens eux-mêmes avaient compris que les prêtres devaient s'occuper uniipiement de ce qui reganlc le service de la Divinité ; et les lilsde Lévi n'eurent pas de part dans le partage de la terre promise. Notre temps n'est pas au monde, ni même !\ nos parents (i) ; nous ne «levons pas subir leur influence dans l'exercice du ministère; il n'est pas à des travaux «le fantaisie, ni mente à des travaux utiles qui ne tendent pas au salut des Ames (2) ; il ne faut s'y livrer que pour un moment par manière de récréation. «

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