‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 20 sur 416 · EXERCICES EXTRAORDINAIRES · texte numérisé non relu

EXERCICES EXTRAORDINAIRES

soin d'établir dans les rangs, de dislance en dislance, des rlupiirs redisant des cantiques et des personnes pieuses récitant le rosaire. On parcourrait les principaux quartiers de la localité, et Je sermon se ferait en plein air, si on n'avait pas à craindre qucl<iue désordre, ou [tlus facileinent A l'église avant le dé[»art, ou après le retour. (Voir n^» ;M)1 et 270.) Si la procession était longue, il serait mieux de la faire précéder du sermon. (Voir la note des n'"" di45 et ilH.)

274. Consécration au Sacré-C^œnr. Ani«»nde bonorable. — On pont réunir en une seule deux cérémonies »pie divers manuels de mission indiipient comme distinctes : l'amende honorable et la consécration au Sacré-tÀTur. Pendant le chant d'un morceau lilurgi<|ue, le Siiint-Sacrement est exp(»sé solennellement, sur un trône paré et illuminé. On invite les enfants et les fidèles à se munir des cierges qui leur ont servi pour la consécration à la Sainte Vierge ; après les avis et une courte glose, le prédicateur donne un des sermons qui se trouvent aux n"» 1247 et suivants (1).

Après le sermon, on chante le Parce Domine et on allume les cierges, le clergé et les enfants de chœur, avec des llambeaux à la main, se placent à genoux au pied de l'autel ; et le missionnaire, à genoux lui aussi, exprime avec chaleur, du liaut de la chaire, l'amende honorable et la consécration suivante :

S7S. Divin Jésus, vrai Fils de Dieu, mort pour notre salut, aujourd'hui noire sauveur el demain notre juge ; nous vous avons offensé, ayez pitié de nous et pardonnez-nous: 1° Pardonnez aux impies leurs propos et leurs pensées conire la foi. qui ont outragé votre vérité éternelle. Pardonnez leurs blasphèmes qui ont armé sur eux votre bras vengeur; si vous leur faites miséricorde, désormais ils vous béniront. Ils ont peut-être jusqu'ici résisté à votre grâce, accordez-leur une grâce plus abondante; si vous ne les prenez en pilié, leur endurcissement !es conduira à la damnation.

2" Ayez pitié des indifTérenls qui ne vous ont pas aimé, vous qui les avez aimé jusqu'à mourir pour eux. Ils ont dé.^^erté le saint lieu, la parole du prêtre qui seul pouvait les ramener à vous, la sainte messe durant laquelle vous vous immolez pour eux, le confessionnal oii les mérites de voire sang leur sont appliqués, la table .sainte où vous vous présentiez à eux pour être l'aliment de leurs âmes. lgno7'an$ feci, ils ne vous connaissaient pas. Ah! maintenant qu'ils comprennent ce qu'ils vous doivent, ils vous demandent pardon et vous promettent d'être assidus aux orfices, etc.

3° Pardonnez aux sacrilèges qui ont profané votre sang par de mauvaises confessions, el votre corps adorable par des communions indignes Vous voulez leur faire miséricorde, puisque vous ne les avez pas écrasés aussitôt de vos foudres, et que vous leur avez procuré le bienfait de la mission. Oubliez ces atTreux péchi^s, accordez à ceux qui les ont commis la gr&ce de bien dire, avec contrition et ferme propos, ce qu'ils ont caché jusqu'ici.

4* Pardonnez aux parents qui ont mis delà négligence à inspirer votre amour à leurs enfants; 8» pardonnez aux enfants indociles qui vous onloutragé vous-même, en désobéissant à leurs parents. Ah ! vous pardonnez à tous, mais : 1) à la condition qu'ils pardonneront! Plus de haine, nous vous le promettons! C'est de bon cœur que tous nous disons à cette heure : Dimitle nobis débita nostra, sicul et nos dimittimu$ : 2) à la condition qp'ils feront tous une sainte confession; la plupart l'ont faite; tous les autres s'y diposent. Vous ferez donc miséricorde à tous, nous vous en conjurons par les plaies sacrées de vos pieds et de vos mains, par le sang répandu pour nous, parles larmes que votre divine Mère el la nôtre a versées au Calvaire.

Mon Dieu, nous ne voulons pas être séparés de vous à jamais, nous voulons vous aimer dans l'éternité; nous vous aimons déjA, ô Beauté suprême ; el toute notre douleur c'est de ne pas vous avoir aimé plus tôt t 0 mes Frères, le cœur me dit que si vos sentiments sont tels, Jésus vous pardonne; venez donc avec confiance auprès de cet autel, le Irône de la grâce, et avec moi consacrez-vous au Cœur sacré de Jésus.

0 Cœur du plus tendre dts pères, du plus fidèle ami, du bienfaiteur le plus généreux I 0 Cœur de mon Dieu, cœur d'une miséricorde, d'une bonté inflnies, je me donne à vous,

(t) On pourrait, dan» cette cérémonie, tirer un bon parti du fait suivant. Guillaume, duc d'Aquitaine, avait pris parti pour l'antipape Anaclet contre Innocent II, qui lui envoya, avec plusieurs évênues, saint Bernard, pour le convertir. Le saint parla en vain, pendant sept hntirf^. nvff- lo dur nh^lini*. Tout fut inutile. Il alla donc célébrer les saints mystères, et le ducexcoin; 'iln

de l'ëplise. Après la consécration, saint Bernard quitte l'autel, et I --i-

crèc, il s'.ivjiii.'- \'is le .1\n' . t lui dit : Nous t'avons prié, et tu nous i iic.

le chef i'' 'is. voici ton juge, et ton âme passera Inculol par .sls riiaius ; voyous,

si tu lui ' nous. Guillaume saisi de frayeur tombe <'i terre, Bernard le relève et

le duc Cl! lie.

Guillaume desiut un Saint et il ne cessait de répéter :N'entrei pas en jugement avec votre serviteur. I^ous vous avons invitée la péaiteace; aujourd'hui c'est N.-S, qui vous y invite.

KÉNOVATION des vœux. — PARDON 87

Je vons consacre mes Affections ; je ne veox plus les donner aux créatures, je renonce à tout amour coupable et ne veux plus aimer que vous I

Souvent dans la journée, je vous dirai : Je vous aime de lout mon cœur, ô mon Dieu, et cela durant luui le cours de la vie; je le répéterai encore sur mon lit de douleur, et cela jusqu'à mon dernier soupir. Gardez mon cœuralln qu'il ne vous échappe pas; gardezle pour l'éternité ; car je veux au ciel vous aimer toujours. Jésus a accepté cette ofl'rande, chantons le cantique d'action de grâces : « Toutes les nations, tous les peuples, bénissez et louez le Seigneur. Laudate Dominum omnes génies. »

Bénédiction du Saint-Sacrement, un mot de félicitation et d'encouragement à répéter toute la vie «tes actes d'amour du Sacré-Cœur.

276. Rénovatlou des Tœax. — Uuand cotte cérémonie a lieu, pour les enfants, après la première communion, le missionnaire laisse le pasleur la disposer selon lesusaçesdes lieux, et se contente de veillera ce que tout se jtasse avec ordre et recueillement ; mais on peut très utilement faire celle cérémonie, sous une autre forme, pour toute la paroisse. Après un sermon palliéti<pie sur la nécessité de renoncer à Satan et de s'attacher à Jésus- Christ (voir n« lâlitJ), le pasteur de la paroisse au pied de l'autel, ou le missionnaire du haut de la chaire, renouvelle, au nom de tous, les serments du haplème, invitant les fidèles à les renouveler dans leur comu-. On a soin d'illuminer les fonts haptismaux et de placer au milieu de l'autel, sur une table parée, un cruciOx avec un missel ouvert, et des chandeliers portant des flambeaux.

Voici comment le B. Grignon de Montfort faisait exécuter cette cérémonie. Chaque confes.seur faisait renouveler les promesses du baptême à tous ses pénitents. Fuis, au jour choisi, grande procession où l'Kvangile était porté entre deux flambeaux en tcle du clergé. Au retour le diacre ii la porte de l'église s'arrêtait |»résenlant le livre divin à chaque fidèle qui le baisait en disant : .le crois fermement toutes les vérités do IKvangile. Puis en rentrant chacun baisait les fonts sacrés en disant : Je renouvelle les vœux de mon baptême et renonce au monde et au démon.

i'iiis, chacun allait îi un autel où Montfort lui faisait baiser les pieds «le sa petite statue de Marie, et lui faisait prononcer ces autres mots du contrat : Je me donne tout entier à Jésus-(]hrist par les mains de Marie, pour porter ma croix A sa suite, tous les jours de ma vie. On entonnait ensuite le Credo ci quand le chant était fini, le missionnaire adressait au diacre quelques questions. Il lui demandait, |)ar exemple, quelle était la seule Kglise véritable; s'il suffisait, pour être sauvé, de faire une profession extérieure de la religion catholique ; puis, quelle était la règle que lout chrétien devait nécessairement observer pour faire son salut. A celle dernière (pieslion, le diacre répondait, en montrant le livre de l'Kvangile : Voilà, disait-il, la règle de tous les chrétiens. (Quiconque n'en observera pas tous les préceptes, avec ceux de l'Kglise, n'entrera jamais dans le royaume des cieux. Il portait ensuite le saint livre au missionnaire, ipii le recevait à genoux, et le tenant sur sa poitrine, adressait au peuple «pielques dernières paroles, mais si touchanles, ipie chacim se relirait les larmes aux yeux, avec la résoluticin sincère de mener, i\ l'avenir, une vie plus chrétienne.

Cérémonie du pardon ■ Voici comment elle se fait ordinairement, dit le l*. .Mach. On annonce la veille une cérémonie extraordinaire. Le sujet flu sermon est le pardon des ennemis, ou bien la charité, le scandale, ou encore les abus et les vices tpii régnent dans le pays, |»armi les différentes classes, les divers Ages, parmi les hommes et les femmes; et «juand l'auditoire se trouve consterné, appréhendant en quelque sorte que Dieu n"envni(« le feu du ciel pour réduire en cendres ces peuples prévaricateurs, cmnme il le fil pour .Sodouie et (iomnrrhe. le missionnaire s'écrie : Ne craignez pas, une parole d'extrême consolation a été prononcée jtar Jésus-(!hrisl : un gage <le paix et de salut s'est échnppédeses lèvres : Dimitfife et diniittemini (Saint l,uc VI, 37....) <!on)ment. Seigneur! pour un si léger sacrifice vous promeltez de nous pardonner de si nonilireux et de si énormes péchés ! O'ielle comparaison est donc possible, entre les graves injiu-es tjue nous avons faites et le lorl que peut nous avoir fait le prochain?.... On prépare ainsi, petit h petit, les Ames au pardon, et quand tout est «lisposé, on s'arrête. I.e clergé se présente

88 Exercices extraordinairks

alors avec des cierges à la main, el le prMre le plus digne fait les fonctions de célébrant. On tire le Sninl-Sacremont du tabernacle, on le place dans l'ostensoir, el. après l'avoir enconst' ot avoir rhanté les prières atroutuniées pour l'exposition. (Tun (on (riste el louchanl, le célébrant prend en niaiu le Saint- Sacrement cl .se tourne vors le [teiiple. C'est alor.s ipie le missionnaire reprend les mouvemcnis palliélii]ues que nous avons indiqués et il s'écrie : Puisque je puis obtenir si lacilemenl le pardon, je pardonne A tous ceux qui m'ont offensé el je les supplie de me pardonner, etc... Me pardonnez-vous, mes frères? Avant oblenu le jianlon de ses auditeurs, il suspend le sei-mon et laisse la parole au curé (|ui du fond du sanctuaire demande pardon à ses paroissiens; ceux-ci le lui accordent et éclatent en sanglots... Alors le prédicateur conlinue, demandant aux parents, aux maris, aux femmes, etc.. de pardonner j\ leurs lils, h. leurs femnjes, à leurs maris, el il dit h tous ceux qui auraient offensé leur prochain d'en faire autant cl on termine par la bénédiction el la rcposilinn ilu Sainl-Sacremccl. »

277. Héiiédlelion d^iiii soiiTenir de mission. — Dans beaucoup de parois.ses, on tient A honneur de j)erpéluerla mémoire des missions par un nionumeni public, i'.c sentiment est louable, et le missionnaire fera bien de l'exciter encore, ù moins toutefois que le pasieur de la paroisse ne soit pas de cet avis. S'il v avait lieu de craindre que la demande des fonds nécessaires pour l'érection fi'un souvenir de mission n'amenât des mécontenlements, le missionnaire se garderait bien de lancer celte idée dans le public; a{)rès tout, un souvenir extérieur de mission n'est pas nécessaire; el souvent il suflira de suggérer la pensée de replacer les croix de bois qui existaient autrefois dans tous les villages el qui sont tombées de vétusté, ou de réparer el de changer celles qui ne sont jias en bon étal.

Voilà qui n'exige aucune dépense, qui fait plaisir au peuple, el aui atteint efficacement le but des souvenirs de mission. AJin d'exciler chaque fiameau à avoir sa croix, on peut ou lui promettre qu'un des ndssionnaires ira la bénir, ou inviter les jeunes personnes à la parer, les jeunes gens r)u les hommes h la porter triomphalement, lejour de la clôture, cl les missionnaires la béniront à l'église, ou sur la place publitpie.

278. Si le souvenir de mission, croix ou statue du Sacré-Cœur, de NoU'e- Dame, de saint Joseph, était prêt durant la mission, on en ferait la bénédiction à la fin <les exercices, d une manière aussi solennelle que possible ; el ensuite on le porterait en procession sur un char élégamment paré (1). Le sermon de clôture devrait se faire avant la bénédiction, ce nous semble, ou du moins avant la procession ; car celle cérémonie peut lasser les fidèles et les rendre incapables ensuite d'écouler avec fruil la parole de Dieu, qui est toujours ce (pi'il V a de plus nécessaire dans les missions. Le sermon pourra être celui que l'on donne d'ordinaire à la fin des missions; voir n» 270; mais avec un mol de félicilation à la paroisse, pour les sacrifices qu'elle s'est imjiosés ; el si le monument érigé par elle, était convenable, on pourrait avec fruit rappeler l'hisloire de .losué, qui fit élever, sur les bords du .Jourdain, un monument de pierre, après que les Israélites eurent pa.ssé ce fleuve à pieds secs, el (pii Iciu' dit : Si vos fils vous demandent un jour : (jiiid sibi voltint lapides istif vous leur répondrez; Dieu a l'ail pour nous des miracles en ce jour : il a arrêté le cours tlu ficuve de nos iniquités, il nous a introduits dans la terre promise de sa grAce. Jos. IV, 5.

On fait suivre le sermon delà bénédiction apostolique, el, par quelques paroles fortes et senties, on prépare les fitlèles à la bénédiction du souvenir de mission, leur recommandant de se rappeler toujours, en le voyant, les résolutions prises. Les vêpres qu'on a interrompues, par le sermon, après le premier ou le second psaume, se continuent pendant le défilé. Au retour dans l'église, le missionnaire fait ses adieux à la [topulation. Dans ce cas, ils sont mieux placés là qu'à la fin du sermon. Voir n. 1314 et la note du n. 1245.

(1) Si on {(OrUil en triomphe une sUtiic de la Sainte Vicr^'e. on p. r <•

siuTant. En lH:t, 1 ciiipercur j^roc Jean C^omniène, ayant ri'irn)orté u:

au lieu de monter sur le rhar de triomphe, y fil porter une statue de I ■ !•■

succès de ses armes ; lui-même marchait h pieds, tenaat une croix à la main.

HKLMUNS l» U"\lMr.S SO

CHAIMTHK V

DES RÉUNIONS SPÉCIALES POUR LES HOMMES, POUR LES MERES DE FAMILLE ET POUR LES JEUNES PERSONNES.

Article I. — Des réunions d'hommes.

270. Leur importanre. Los missions sans réunions sf)éciales pour les linniinps. no pouvoni produire pour eux qu'un bien fort méfiiocrc, surtout dans les populations in<iitrth-enles. Dans ces dernières, en elTet, les hoinnies manqueront la plupart des instructions, ou n'y viendront pas du tout, s'il n'en est IK)int qui soient spéciales pour eux. Sans les instructions, ils seront peu capa- >les de se réconcilier sérieusement avec Dieu, si tant est ipj'ils y songent. VX rpii nr le voit? Si les hommes restent éloignés de la mission, ou n'y prennent part que rl'une manière peu rassurante, le bien le plus nécessaire est omis. Les pécheurs ne se convertissent point et s'en vont à la mort avec le fardeau de leurs iniquités, qui les précipitera en enfer. Du reste, quelle garantie a-t-on de la persévran^e des femmes, si les hommes ne rompent pas, au moins pour quelque temps, la chaîne de leurs mauvaises habitudes ?

Si on y regarde fie près. le ministère du prêtre ne s'exerce presqtie aujounl'hui.en Kram-e du moins, qu'il l'égard des femmes et des enfants. N'est-ce pas là ce qui jette une sorte de discrédit sur la religion elle-même, et donne, en quelque manière, raison à ceux qui disent qu'elle n'est bonne que pour les femmes et les enfants? .V notre grande confusion, nous avons entendu des prêtres étrangers, de mérite, dire que les mallieurs politiques en France venaient de <e <pie le clergé français avait négligé <le s'occuper des hommes, tjuand le prêtre se décharge des hommes, le démon s'en charge, et il est loin de trouver qu'il n'y ail rien A faire avec eux.

C'est donc une grande œuvre pour le missionnaire que de donner à tous l'exemple du zèle pour la sanctification des hommes et de pnmver que les soins, dont on les entoure, ne sont pas stériles. Kt, disons-le, il est facile de faire cette preuve, si peu c^u'on y prenne peine. Ceux qui en ont fait l'expérience s'en sont viteconvamcus. Si l'on redoute de ménager ces réunions aux hommes, c'est parre iju'on s'unagine ipi'il est trop dilTicile de se former avec eux seuls un Minlitoire suOisant, ou parce qu'on n'a pas de sujets h leur préset 1 les intéresser et les instruire. Or, on a vu souvent, dans les 'Unions d'hommes amener plus d'auditeurs que l'on en aurait eu si luuli- la population avait été admise aux exercices. Il est bien vrai toutefois qu'il faut avoir grand soin de préparer ces réunions, afin <jue, dès la première, les hommes s'y tnmvent nombreux. Un premier exercice manqué Hnièn'' la désertion de ceux qui le suivront.

-re de tes préparer. Mais il est facile d'éviter cet écueil en ayant unir les homtuesque lorsuuc la population est déjà emportée par iiuintiin'ut «le la mission, lorsque (iéjà im certain nombre d'hommes vienmI aux excniffs. U'"'"'' '" iiiission mire ipiinze jours, il faut invariablemcnl placer une réunion «Ihommes à la messe du ilimanche <pii suit l'ouverture. Un ne manque pas de l'anuonccr le samedi matin et le samedi soir. Il n'est |>as nécessaire, ni A propos de le f.lire idus tôt, ni de dire aux hommes d'avanre qu'on leur IVra plusieurs instrmtKuis particulières ; ils les alleii-

■'" ■ ' 'miraient pas aux autres. Il faut leur faire connaître leurs

-une à une, sans qu ils sou|içonn<^ul qu'ilsén auront d'autres.

lure trois semaines, on peut égaleiiieiit réunir les hommes A

la premier dimanche dans la mission, mais au moins le seciuvl.

'' uptle paroisses, on |»eul même convoquer une .seconde fois le»

soir du dimanche avant la clAlure. .\ celle lin, A leur réunion du

11- arnionce une conférence p<»ur le soir. Si queluue raison parti-.

indreun échci- dans une p(q>ulation malveillante, où tous

ul au cabaret le diioaiii lie. on lixerait cette conférence au

supposons que la n termine le dimanche: rur si

dans la semaine ii i, au milieu de la semaine qui

la tlùlurc, convo<|uer plusieurs luis les hoinmes a rçxercico du

90 Hi;iM(.)NS 1) IIOMMI ?;

Il impoilp quand on parle au\ fommos, an confossionnal ou en riiaiip, d'insisler souvent sur la nérossilé dcnvovcr les lioniuios aux instructions. On «leinande en particulier ce service A celles (pii sunl à la tAle des cafés et autres établissements senililahlcs, avec un mot (]ui expriuje la confiance «|u'i»n a en leur esprit <le loi et en leur zèle. Si un certain n<itnbre d'ii(unmes sont présents à ces avis donnés en public, on leur déclare que c'est surtout sur eux nue l'on compte pour amener leurs connaissances. Les hommes sont du bois (font on fait les missionnaires, leur dit-on; et, entre vous, vous vous entendez toujours.

Quand la mission ne dure que huit ou dix jours, il est plus <linicile de réunir les hommes. Nous avons vu néanmoins, dans une retraite de huit jours, les réunions d'hommes réussir tous les soirs i\ partir du premier jour, dans une population fort indilTérenle. Ces réunions avaient été préparées par l'annonce d'une conférence et par des visites faites aux hommes la veille de l'ouverture. Les femmes étaient convoquées le matin A la messe et à une heure de l'après-midi. A notre avis, une mission de huit jours est trop courte et ne peut k la rigueur convenir qu'A une paroisse peu populeuse et chrétienne, où les visites sont par consécpicnt possibles et eflicaces. Dans une telle paroisse, on pourrait, en écrivant A M. le Curé, l'invitera annoncer deux ouvertures de la mission, l'une pour les femmes, à une messe plus matinale, l'autre pour les hommes, et préparer ainsi un certain nombre de réunions d'hommes.

281. Nombre de réunions. Nous disons un certain nombre, car généralement aujoiM'd'hiù les hommes sont lents à se rendre A l'appel de la grAce ; et ils ont un assez hmg chemin à parcourir pour revenir A I>icu. Dans leur esprit, que de préjugés il faut dissiper! que d'objections entendiies, contre les vérités et les |)ralirpies de la foi, qu'il faut résoudre ! Et pour toucher ces cœurs vraiment endurcis par les habitudes coupables, il est besoin de leiu* présenter plus d'imc consulération frappante. In grand nombre d'hommes sont, du reste, dans une ignorance elTrayante des vérités et des devoirs de la foi ; il est donc urgent de les leur rappeler.

Tout cela demande du temps, et évidemment im certain nombre d'instructions spéciales ; ipielques-unes ne sufliraient pas; elles n'anièneraient qu'un résultat très incomplet ; et en se contentant de celles qui s'adres.sent à toute la popidation indistinctement, on atteindrait à peine la moitié des hommes. Leur réserver, tous les soirs, la dernière semaine, <lans les missions de deux A trois semaines, ce ne serait point trop assurément, pourvu qu'on invitAt, jour par jour, les femmes A venir le matin et les hommes le soir, sans donner jamais A entendre qu'il en sera ainsi toute la semaine.

âSi. // est facile de parler aujc hommes. Il importe sans doute que le missionnaire, «pii veut remplir eiricacement ce ministère, ait préparé d'avance des iusiruclions spéciales ; mais »pi'il ne se laisse pas arrêter dans l'usage qui! en fera par une timidité malencontreuse. Des sujets ordinaires, avec quebpies mots A propos pour les hommes, en commençant, ou en finis.sant, pourraient presque sudire. Les hommes sont moins exigeants (pion ne le j)ense. Une parole franche et loyale leur plait, lors mèmeipi'elle serait d'ailleurs imparfaite, l'n éloge, un mol (pii leur fasse sentir qu on les aime, qu'on les pi'éfère au reste «le la population, (pTon est hein-eux de s'entretenir avec eux, suHit souvent pour les attirer. Mais jamais de paroles «pii sentiraient l'injure, ou le mé[)ris, siu'tout aux premières réunions.

S'ils sont indilTérenls, qu'on évite même de leur présenter les grandes vérités durant les premiers jours. Pour entreprendre la glose, ou l'explication des commandements de Dieu, qu'il ne faut jamais omettre avec les hommes, on attendra la seconde ou la troisième réunion ; et on condensera tellement cet examen, qu'on puisse le parcourir tout entier avant de donner les absolutions, en ne prolongeant pas cet exercice plus de 5 A 7 minutes, chaque soir. (Voir la manière d'annoncer ces réunions, n"iOri.)

28:{. Ordre à suivre dans les réunions d'hommes, l» Qu'on ait soin de prévoir les cantiques et de les apprendre d'avance, ou aux jeunes gens, ou à des hommes de bonne volonté, que l'on place devant la table de communion. Les hésitations ici seraient particulièrement funestes.

REUNIONS d'hommes •!

i" Il iHin ciu.' K's iiiissi'iiinairos soient lniisi\ rêglLso, avant qiip les tionnnes arrivent; <|ii ils aient soin avec politesse cl bienveillance de leur offrir <les rli • lies bancs, d'inviter les preniiei's arrivés à se placer aussi haut

qi dans la nef. Si on craijinail (prelle no se remplit pas. on place-

rai. .. - I' '.is garçons au sommet de la jirande nef et on y ferait descendre les hommes (pii seraient flans le choMir, afin que l'église parût être remplie. Il est important que les homiriesse croient nombreux A ce premier exercice. On ne laisse occuper les tribunes et les basses nefs que lors<|ue la principale est garnie. On pourrait même qjielquefois fermer les tribunes. On invite le clergé du lieu, en lui communiquant ce plan, à aider les mi.ssionnaires dans le placement. Rencontre-l-on quelque résistance, on ne s'en aigrit pas et on le de bonne grâce.

:<" yuand un certain nombre sont li\, on peut déjà, si les chantres sont rivés, chanter un cantiipie qui appelle ceux qui sont autotirde l'église, i" .\ la messe du ilimanche, on continue le chant jusqu'à l'évangile; h. l'évangile, sermon : 0 *a/M/«ri« après l'élévation ; lin cantique après la communion du prêtre. .Vvis, si on doit en donner, avant le dernier évangile. Si quelques fejnmes, n'ayant pas entendu la messe, se présentaient à la messe réservée aux hommes, on les placerait aux tribunes ou dans un coin de l'église ; le sermon aurait lieu après la niesse, et l'on" congédierait les femmes avant Je sermon, aussitôt après la communion du prêtre. Le soir du dimanche, on chante quelques psaumes des vêpres, afin que les hommes apprennent à assister à cet office.

5" Dans la semaine, le soir, après l'exercice de chant nui se fait pendant l'entrée, on récite une ou deux dizaines de chapelet, puis la prière du soir, pour laquelle, si l'auditoire était complet, on pourrait se contenter du Pater, de l'Ave et du Credo, des Commaiuletnents de Dieu et de l'Eglise et des Actes du chrétien. Puis un cantifjue bien préparé ; les missionnaires se tiennent parmi les hommes avec le clergé du lieu, pour les exciter k redire le refrain. .Vprès quelques couplets, la glose de sept minutes que l'on commence dès la deuxième ou troisième réunion. Chant de l'invocation au Saint- Esiirit. lonférence ou sermon ; au commencement toujours un mot d'éloge. S rmon. Parce Domine. Bénédiction du Saint-Sacrement. Puis une

s- -^c d'encouragement A revenir le lendemain ; car, ajoute-t-on, le

sujet à traiter demain est très important.

f>" Dans les avis (]ui précè<lent ordinairement la conférence, ou le sermon, on rappelle fréquemment la prière, le zèle, les moyens «le combattre les tentations et autres recommandations indiquées dans le chapitre des At^is n"* :i8î>, 4l:f, 410. A la fin de la retraite et jusqu'au dernier soir, r>n déclare qu'il est encore temps de revenir A Dieu : les derniers venus seront les premiers dans l'alTection du missionnaire.

7» On peut, pendant que la foule se retire, fah*e chanter aux enfants et > de bonne volonté un cantique et même leur en apprendre liant de les lasser.

'■ta II II traiter. La première réunion, si elle a lieu le soir, serait '•ncc sur la religitm, voir n"7:i2; si elle a lieu i\ la messe du dimaniiii/f jours avant la clôture, on peut traiter le même sujet dans un n. Le missionnaire se pose lui-même les questions et y répond. Si cette . i.iicre réunion a lieu à la messe, huit jours seulement avant la clôture. Il traite le sujet, n" 12IS. Conférence le dimanche soir, ou bien si on craint l<- ne point p«»uvoir les retirer du cabaret, le lundi soir. Les dimanches. Iiiiwli, mardi, mercredi, jeudi, ven«lredi soir, on Imite les conférences dans 1 I !i r siiiv;Mil I;i i.Ii'iMii, n" 732 ; catholique, n" 7itî; la foi. n» 7t)2 : les li ; la confession, n"X42 ; la manière de la faire, n» , , on unit plusieurs conférences en une, en les abrél'our donner la ciinfcrcnce sur la cnnfession. on choisit le moment où 'Uimes semblent disposes à venir se confesser en foide. On peut entremêler les conférences du sermon, n" !i()7. {Juœ est rita nostra f i\\\ encore d'un sermon sur la mort, ou f»ir l'enfer, première partie. Il enfin d'im Chemin de Croi.r prêché. La veille du jour où l'on doit donner in sermon, on a bien soin de le laisser ignorer. Demain soir, réunion pour

1)2 r.i:r.M()Ns dhu.m.mk^

les liommos seuls, <lit-on : cl on ne parle point de coniï'renoe ; mais, après rliacjue sermon, on annonce une conlV-rence pour le lendemain. Il y a lieu, en elTet, de rraindreqiie certains hommes d«''sertent la mission après im sermon, s'ils s'imaiiinenl en devoir entendre un autre, le jour suivant. Quand on a promis une ntufcrenre, qu'on tienne parole scrupuleusement.

Un certain nombre de missionnaires, afin d'être tf»ut entiers aux confessions, suppriment l'instruction, la veille de la communion gcnéralc des hommes. (]ç[[c pratique a évi<lcmmenl sa raison d'ùtre; mais une instruction courte nous semble bien plus salutaire, voir Avis, n- .i(»i. C'est du reste un moyen de les faire pi-ier ensemble, pour se préparer à la communion, et d'exercer les chants du lendemain. I.a parabole de l'enfant prodigue fournit ime admirable matière à cette dernière instruction de la retraite des hommes, voir n* 12iS. Du moins qu'on n'oublie pas, à cette dernière réunion, de presser les hommes de revenir A Dieu «le la manière indiquée, n- 123 t.

2S;i. De la confession ries hommes. On a grand soin à chaque réunion de presser les houjines, durant les premiers jours, d'amener aux instructions ceux qui n'y viendraient pas, et k la fin, de commencer lcui"s confessions et d'inviter leurs vf)isins, etc., à en faire autant. A cette fin, on dit, dès (pion peut le faire avec vérité, qu'un certain nombre d'hommes ont déjà commencé, qu'on attend les autres. On indique les confesseurs. Ces derniers doivent le plus possible se mettre A la portée des hommes et choisir, pour les entendre, les lieux que les hommes jtréfèreni, ce qui varie avec les localités. Dans qucl(|ues-unes, c'est le confessionnal; mais à des heures où ils n'y rencontreront pas de femmes. On indique clairement ces heures. Le plus souvent, la sacristie et les tribunes vont A merveille aux hommes.

On se met A lem'disjiosilion. au moins flès le dimanche matin, qui précède la clôture ; on les invite A se présenter, leur faisant remarquer qu'on choisit ce jour parce qu'ils y sont plus libres. Kn commençant la confession des hommes de bonne heure, on s'assure des auditeurs et même des aides puissants pour le succès de la mission. Il est bon sans doute d'amener les hommes A se confesser le jour, et de leur réserver, pour commencer leurs confessions, des jours particuliers indiqués d'avance. La chose est encore possible, facile même dans certaines paroisses de foi ; mais dans beaucoup d'autres, on risquerait de les voir reculer devant le respect humain, si on ne les entendait pas durant la veillée, au moins les derniers jours de la mission.

C'est une fatigue, sans doute, mais libetîtissime impendam et superimpendar ipse pro animabits.

On peut du moins presser les hommes de se présenter le matin, après les

ftremières messes, et le soir avant l'instruction, leur promettant qu'on ne es fera jamais attendre; on tiendra fidèlement parole avec eux. Ils donnent une pauvre idée de leur zèle les missionnaires qui ne quittent pas volontiers la confession des femmes pour celles des hommes. On réussit à ne |tas prolonger trop longtemps la veillée avant la conununion générale des hommes, en les pressant tous la première fois qu'on les voit au saint tribunal, de revenir le jour, et en exhortant tous ceux qui sont sérieux de se présenter pour l'absolution l'avant-veillc dans la journée, leur disant qu'on réserve le soir pour ceux qui sont en relard et le dernier jour pour les enfants, et en demandant en public aux pères et aux mères, aux maîtres de maison, aux (diefs d'ateliers, le service d'envoyer durant le jour les enfants, les serviteurs, les ouvriers.

On peut encore, surtout en hiver, dans un grand nombre de pai'oisses, afin d'amener les hommes A se réconcilier durant le jour, les convoquer à une messe spéciale pour eux la veille de la comnumion, ou les inviter A venir ce même jour au service solennel pour les défunts. On achève par là, après la messe, la confession d'im certain nombre d'entre eux. Il importe d'accueillir avec beaucoup de tendresse les premiers hommes (jui se présentent à confesse. Ils font ensuite la réputation du missionnaire. I^eur parler de lem* famille est un moyen sur de trouver le chemin de leur cœiu-. Ce n'est pas avec eux qu'on doit être minutieux dans l'examen ; il faut les aider pourtant beaucoup, car un grand nombre ont tout oublié.

REUNIONS DES MERES ET DErf JEÛNES PERSONNES 93

■•""■■unirait qui ne fussent pas tout d'abord dans les dispositions

II I recevoir l'absolution, on «'vilcrail de leur donnera entendre -;é de la leur refuser. 0>d sait si cl la (in ils ne seront pas

; tis ? L'n refus, en les aigrissant, en ferait des ennemis de la mission.

:■ iiidifjuerait doni: «pielipies prières à roriter. on les exhorterait avec

t' ! bien assister aux oxonices et h revenir la veille de la rommu-

III lie. On demande à chaque homme dont on entend la confession, s'il n en ronuait point d'autres qui ne viennent pas aux instructions; on le presse d'amener les indillV-rents, d'abonl aux sermons, puis à confesse. Rien n'est ?neilleur que de dire à ceux qui ont pa.ssè plusieurs années loin de Dieu, ilf déoider A venir faire leur mission autant d'hommes (ju'ils étaient restés d'années sans remplir leurs devoirs religieux. On trouvera au n"î 301 le plan d'une retraite de huit jours pour les hommes.

Article II. — De la réunion des inères et de celle des jeunes personnes.

28(i. Ces réunions nous semblent si importantes qu'on ne devrait jamais les '■ " ! ■■s femmes sont les plus assidues aux instructions; par suite, elles s iil mieux; et, sincèrement converties et éclairées sur leurs devoirs,

elii :^ (>iii.-al avoir sur leur famille et sur le reste de la population une influence salutaire. Onlinairemcnt ces réunions doivent avoir lieu avant l'absolution (1). caries instructions qu'on y donne sont capables île réveiller des doutes ; et il importe qu'A la lin tles missions les âmes .soient en paix. C'est le dimanche matin, après la messe, cpie l'on est le plus sûr d'avoir les femmes en grand nombre ; aux vêpres, plusieurs manqueront, tandis que tontes Ir-s Ir-iiiifs iici-s(»nnes seront présentes.

'|ui suit l'ouverture, à l'évangile de la messe, on rappelle

filions nécessaires pour faire une bonne confession; on

fait i examen de conscience sur le sixiènie et le neuvième commandements

de Dieu, et on annonce qu'après la mes.se les jeunes personnes pourront se

•'tirer, pour revenir toutes sans exception aux vêpres ; car après les vêpres

ira lieu une instruction spéciale pour elles. Que personne ne la manijue.

Toutes les femmes, ajoute-t-on, toutes sans exception, resteront après la

messe, pour entendre une instruction sur leurs devoirs.

A la nn de la messe, on chante un cantique ; les jeunes personnes quittent rc;i.'li.se, ou y demeurent, et on donne aux iemmes l'instruction n^ 1481. S'il était impossible de réunir les femmes et les jeunes personnes avant l'absolution, on se contenterait de leur donner les avis manjués n'J 429, aussitôt leur communion générale; et on réunirait les jeunes personnes, dans midi de la communion générale, pour leur donner l'instruction M' 1 iyl (±)

Page 1