‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 21 sur 416 · CHAPITRE VI ORDRE DES EXERCICES d'uNE MISSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI ORDRE DES EXERCICES d'uNE MISSION

287. Nous avon.s parlé de l'ouverture, nous n'y revenons point. Mais nous

-<i' ■■" liquer clairement dans quel ordre il faut rlisnoser les exercices dont

Il ^ de parler et la manière dont on y procè<le. Dans les missions lie

qiiiii/. |...iis au plus, il n'y a (jrdhv'- '■■■■■!• que deux exercices par jour. Toutefois, dans les trois ou quatre iours, on n'omet point le caté-

clii«iin. in.ni.l Mn invite tous les [ni ,,..:ils. I.e catéchisme du dimanche

d' • fait avant les vè|ues ; cl les joints suivants, aussitôt après lu

iri 11 ciii luriiic .1 iifi/c lii'iircv oii ciiliii vers une heure d»* l'a-

II pie du temps, de l'é-

iluraiit une longue mission, dans une localité importante, dans une ville

' »nU pour Im inilnicUixit A donner aui mi*rr« clin'-

\.>Iiimo« que DMU* avon* publics lou* ces tilrr* ; /.■<

l.aJtunefllU <i r*eo4e dn êainU, «•Wi(H>n,

'.'1 •)Rl)RE DES EXERCir.MS

siirloul, (in j)oiit iililcnionl (aire sticct'-dor au cHtéchisme dos pclils enfants, une inslnirlion pour les élèves (ios ('colcs, «pii ont fail leur première communion, et les pi'èparer ainsi li leur comnumion générale. Le dimanche, on peut facilement midtiplier les exercices; mais le dimanclie de l'ouverture, dans une paroisse indifiérenle, il n'est guère possible d'avoir d'autres exercices que le sermon d'ouverture i\ la messe |)rincipale, le catéchisme avant les vêpres, et le sermon après les vêpres considérahlement abrégées, il inij>orle tle ne pas lasser les populations dès le commencement.

Si la mission n'était que de huit jours, on pourrait avec grand fruit, dans une population chrétienne, en faire l'ouverture pour les femmes à une messe plus matinale, et pour les homuies, un peu plus tard, à une messe }\ laquelle ils assisteraient seuls. (Voir ce qui a été dit n" 280.) Le dimanche, dans le cours de la mission, il est possible de faire deux et même (piatre réunions par jour : deux j)our leslemmes : l'ime à la messe, vers six ou huit heures, selon la saison : l'autre, le soir à deux heures , et deux pour les hommes, lune, le matin, de dix i\ onze heures, cl l'autre à la chute ilu jour. Que le missionnaire ne se prive pas de ce moven d'avoir ainsi devant lui toute la paroisse, dans le même jour, et de lui rappeler d'importantes vérités.

Quand la mission est très courte, de huit ou dix jours, par exemple, on pourrait, si les missionnaires et les confesseurs étaient en nombre suffisant, iaire trois exercices jiar jour : deux pour les femmes, le premier à la messe, le second dans l'après-midi ; et le troisième pour les hommes seuls, vers le soir. Les missionnaires de llelgicpie ont trois exercices par jour dans les missions de clouze jours. Saint Vincent de Paul voulait aussi trois exercices par jour, ainsi (jue saint François de .Sales. Saint Liguori, dans ses missions, donnait plus de trois exercices par jour. Toutefois, sauf les exceptions que nous venons de mentionner, daris les missionssulfisamment longues, deux exercices semblent sullire : l'un, le matin après la messe; l'autre, le soir. (Voir Avis, n'> 370 et suivants.)

2S8. Exercices (ht matin. — On récite dès que les fidèles arrivent en certain nombre, la prière du malin, telle qu'on la trouve dans le catéchisme du diocèse où l'on donne la mission. 11 est salutaire qu'im des missionnaires, ou des ecclésiastiques du lieu, fasse lui-même cette récitation. Pendant ce temps, le prêtre commence la messe basse ; on persuade au clergé de ne pas chanter la messe de la mission, ou bien un des missionnaires dit lui-même la messe basse, afin que les prêtres du lieu puissent chanter leur messe, avant ou après celle de la mission. Après la prière, la méditation. (Voir n» 220.)

Si la méditation ne se fait qu'après la messe, chant d'un cantique ; après l'élévation, O suhitaris ; après la communion du prêtre, encore un cantique ; puis glose de cinq à six minutes, avis, méditation ou sermon. Le tout, d'après saint Léonard, ne doit pas durer plus de cinq (piarts d'heure ; mais il est mieux encore que tout soit fail en une heure. Les divers manuels des missionnaires conseillent d'expliquer aux fidèles, pendant la messe, la nature, les fins du sacrifice, la manière d'v assister avec fruit. C'est surtout le dimanche que cette prati(pie nous semble très utile, soit pour les femmes, soit pour les hommes ; et il serait facile à celui des missionnaires qui ne doit pas prêcher à la messe de donner aux fidèles cette explication. N est-ce pas parce que les chrétiens de nos jours ne savent rien de nos saints mystères qu'ils s'en éloignent si facilement? (Voir le sermon sur la messe, n» 4461.)

iSiJ. Nous l'avons dit déjà, les messes du dimanche dans les mis.sions ne sont pas ordinairement chantées, sauf le jour de la clùlure, si on y célèbre une grande fête. Dans ce cas, la messe solennelle se chante, une heure ou deux après celle de la communion générale des hommes. On peut donc aux messes des dimanches, dans le cours de la mission, procéder comme dans les messes de la semaine, soit pour la prière du matin, .soit pour les cantiques, les gloses, les avis, le sermon ; toutefois, il est meilleur le dimanche, si l'heure onlinaire de la messe est devancée, de donner les avis à la fin de la messe et de faire le sermon à l'évangile, ou même avant l'évangile. Le dimanche, en elTet, la messe est d'obligation, il faut donc que les fidèles l'entendent plutôt que le sermon. En d'autres jours, ils peuvent venir à l'église pen- Uanl la messe, et avoir l'instruction à la fin.

PLANS t)E MISSIONS 95

I .• iliiii.iii. lie. il osl bon de traiter les sujets les plus hnportanls, ou lesde- <iires; on a, en effet, au moyen des exercices spéciaux

j), ;ii>ur les fenjines, toute la paroisse autour de la chaire ;

cest donc le cas de 1 instruire sérieusement etde répéter ce mie l'on veut que tout le monde apprenne : les obligations des mères de famille, par exemple,

les devoirs des jeunes personnes, la glose sur le sixième coumumdemenl qui est la ulus nécessaire de toutes, et cpie Ton peut répéter le premier dimanche après ["ouverture à la messe et aux vêpres des femmes.

L'exercice du matin, le dimanche conune les autres jours, se termine par la bénédiction du Saint-Sacrement cl par une prière, par exemple trois Ave Maria, avec les invocations ordinaires au Sacré-Cœur, à la Sainte-Vierge, à saint Joseph, aux anges gardiens, aux saints patrons et par le chant d'un cantique pendant que les lidèles se retirent (1). On a eu soin, la veille, de prier les chanteuses, quehpies chantres et les enfants d'assister à l'exercice du matin. a(in d'y former un chœur convenable.

290. — Kxerrice du soir. — (a) Si on faisait une instruction dans l'aprèsmidi pour b's ffinmes, on connnencerail par la récitation du chapelet, puis chant d'un canliipie, glose très courte, avis et instruction. Le tout se termine comme l'exercice ilu matin et ne dure pas plus dune heure, (b) Mais l'exercice [trincipal est toujours celui qui a lieu à la lin de la journée. Saint Ligiiori prouve longuement «pi'il ne faut pas le placer trop tôt, sous prétexte que des désordres peuvent avoir lieu quand les Udèles se retirent la nuit; car, en le

filaçanl de bonne heure, on en exclut les travaillem's, les ouvriers qui en ont e plus pressant besoin.

Ce n est guère que dans les pays de montagnes et en hiver qu'on peut le faire de meilleure heure, afin que les fidèles, qui ont à parcourir une route périlleuse, fiuissenl être de retour chez eux avant la nuit. Kncore est-il plus sage de leur recommander de se pourvoir d'une lanterne que de devancer rexercice. Ceux-là mêmes qui ont peu de chose à faire s'occupent durant le jour, et trouvent dans leurs occupations un prétexte pour ne pas aller à la mission. Ajoultjnsque beaucoup d'hommes aujoui'd'hui, à l'instar de Nicodème ne vont à Jésus qu'à la faveur de la nuit.

iOl. — fJrdre de l'exercice du soir. — Chapelet, dont l'un des missioniire.«( explique chaque mystère très brièvement (voir n« 20<î) ; canli(pie ; trois ou quatre couplets seulement et moins si les fidèles sont réunis; glose très coui'le s'il y a conférence, et de dix minutes s'il y a sermon. Sermon d'une (]>' ' ' ■. au commencement de la mission. (Juand la population a pris g' iTcices, on peut faire durer le seririon (pielqiies minutes de plus.

Oi 'ilemonl une conférence de trois quarts d'heure. Quon soit

{<> Mt, quand la mission se donne lorscjue les jours sont longs,

- ...,\ travaux.

-••rmon, acte de contrition, prière à Notre-Seigneur et à sa sainte .... ... e. trois fois ré(>été. Ilénédiction clii Saint-Sacrement. Puis un seul

iiil de compliment et d'encouragement ; un autre pour dire l'importance,

liais nmi Ir MiicL du sermon du lendcnuiin; chant d'un cantique, pendant que

la foui Saint Léonard ne veut pas que l'exercice du soir dépasse

sciit .; lire, cl il a raison. Ce serait mènje compromettre une mission,

iiip de paroisses, ipie d'y faire durer sept quarts d'heure les exer-

itMiiiers jours. -Nous avons dit «léjà l'ordre des exercices dans les

' liuions d hommes (voir no 283), et dans d autres circonstances particulières.

Page 1