DEUXIÈME DIMANCHE
endroit qui se présentera en ouvrant le livre, nous verrons ce que Dieu demande de nous. Aurèle y consent et la sainte ayant ouvert l'Kvangile, elle tomba sur ces paroles du Fils de Dieu : Celui t/iii aime plus son père et sa mère que moi n'est pas dif/ne de moi; et les ayant lues, elle dit à Aurèle toute remplie de joie : Vous pouvez chercher une épouse où il vous plaira ; pour moi je n'aurai jamais d'autre époux que Jésus-Christ qui m'a prise en sa protection.
Saint Augustin disait à ses auditeurs : J'aimerais à demeurer dans ma chamiire, à lire l'Kcriture sainte et à contempler à mon aise les mystères qui y sont contenus sans être interrompu de personne ; il n'y a rien de si (lélicieux : A7///7 est melius, nihil est dulcius, quam divinum scrutari, niillo strepente, thesaurum ; il y aurait là pour moi hion plus de contentement que de remplir la fonction rpie j'exerce, que d'invectiver contre les vices, do reprendre les pécheurs, de me rendre importun à cpiantité de gens, de prêcher à ceux qui ne me croient qu'à demi, qui m'estiment scrupuleux ou sévère envers eux : Maijnum onus, maf/niim pondus, waynus labor t quis non refui/iat istum laborem ? Si vous lui demandez: Pourquoi le faitesvous donc? Il répond : Terref Evanf/elium : l'Kvangile m'épouvante, l'Kvangile qui dit que le serviteur inutile fut jeté pieds et poings liés au fond d'une basse fosse, où il n'y avait que des pleurs et des grincements de dents.
II. Ij Evanç/ile est la règle de notre foi et de notre vie : i^ De notre foi, c'est-à-dire que pour savoir ce que vous devez croire de Dieu, de ses desseins, de ses jugements, de sa con<luite et de ce que vous deviendrez après votre mort, vous ne devez pas vous en rapporter à vos petites pensées, mais à l'Kvangile ; vous devez vous garantir soigneusement d'une faute très [lernieieuse 3 lie plusieiu's commettent, même parmi les gens du peuple ; ils jugent de Dieu, e ses divines perfections, de su justice, de sa miséricorde, de sa providence, de ses desseins et de sa conduite selon leur sentiment et leur petit raisonnement ; ils agissent par suite de cela et se le persuadent si fermement, que tous les docteurs du monde et toutes les Kcritures saintes ne les en détaclieraient pas, et ils ne croient rien, si ce qu'on leur dit n'est conforme à leur pensée. Pour moi, disent-ils, je crois qu un honune «pii ferait telle action à telle intention ne serait jamais repris de Dieu ; je ne crois pas que Dieu voulut damner un homme pour telle chose; ni <iue Dieu demande de nous une si grande perfection qu'on nous la prèi'he. Si vous êtes un vrai chrétien, vous devez croire fermeuicnl (pie votre esprit, que mon es[)rit et que l'esftrit de tous les hommes, n'est que ténèbres, qu'ignorance, et que s(upi<lité en tout ce (pii est des choses divines, et que nous ne savons bien fie Dieu (pie ce qu'il lui a plu nous en révéler jmr son Kcriture e( par son Kglise ; et (pie tout ce (pie n(jus en pensons, imaginons et discourons, toutes nos petites raisons, conqiaraisons ou enireliens tpii ne sont pas conformes à la parole de Dieu sont une erreur gj'ossière, une extravagance ridicule qui nous rend téméraires et criminels devant Dieu.
(Juest-cc qui peut (-onnaitre les sentiments de Dieu ? (Jui est jamais entré dans son conseil 1 Ses jugements sont des abimes sans fond, l'ne fourmi estelle admise au c<»nseil des vohf Cof/itationes /lominum ranrr sunt. Toutes nos pensées contraires à l'Kvangile, sont vaines et erronées. Vous dites, Dieu ne m'a pas fait pour me perdre, il ne me damnera pas pour un péché. Heau raisonnement! Dieu avait-il fait pour les iicrdre le mauvais riche, Judas et Satan ? Non assurément; donc à votre compte, ils ne sont pas damnés. Mais l'Kvangile nous apprend (pi'ils le sont, et que vous le serez si vous faites le mal ; maUts maie nerdel. Vous dites j'ai des biens en abondance, quand même je ne remplis pas mes devoirs religieux, c'est une preuve que Dieu m'aime. Pensée vaine, l'Kvangile vous est contraire. Quos ama rastiijo. S'il ne vous châtie pas, il vous traite comme des enfants illégitimes.
Vous dites : «piand j'aurai fait de nombreux péchés, tpii m'empêchera do me convertir? Pensée vaine. A'on volentis, neque currentis, sed tniserentis est Dei.
3" La rèffle de notre rie.. L'Kvangile n'est pas seulement In règle d'un onlrc particulier, comme celle de saint IJasilc ou de saint IJcnoil, mais aussi c'est la règle de tous les chrétiens, apportée du ciel, non par un ange, comme
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celle de sainl Pncôme, mais par le Kils unique de Dieu. Nous pouvons dire avec saint Paul : Quicut/iquenanr rer/u/am sfcufi fuerunf, pa.r super illos. Oelte r^glo nous prescrit roininont nous devons nous comporter: \) Knvors Dieu: riCvanf.'ile nous niar pic toninic il faut l'honorer, le prier cl l'aimer. 2) Knvors les supérieurs. Ohedite jnirpositis restris. TJ) Knvers les é^'aux, rharilê. 4) Knvers les inTérieurs. Qui major est in vobis fiât sicut minor. 5) Knvers nous-mêmes. Nos sentiments, lieati mundo corde, nolite diliyere tnunilnm. Nos |)arolcs. Nolite jurare omnino. V erhutn sanum irrepre/iensiùile.iSOR art ions. .V/ t/uis non vittt operari non manducet. O/n/iis arooripun non faiit fructum bonum ea^cidetur ; nos habits qui doivent être modestes.
Vuilà le teslamenl de votre l'ère, voilà les clauses du contrat que Dieu a pas.sé avec nous, les conditions auxquelles il nous promet son paradis, et pas autrement. Voilà la règle de notre vie. Comment la garderiez-vous, si vous ne la lisez jamais? Quelle honte de voir des chrétiens, des avocats, des gens <le lettres, qui n'ont jamais lu l'Kvangile, (pii ne l'ont jamais tenu ni eu en leur maison ! Un religieux qui ne lirait jamais sa règle, |»ourrait-il la mettre en pratique? Serait-ce un bon religieux. Si un de vos amis avait composé im livre plein de pointes d'esprit et de profonde doctrine, ne serait-ce pas le désobliger de ne jamais le lire? Scrutamini Scripturns !
Crovez-moi, lisez tous les jours ou de temjis en temps un chapitre de l'Kvangile des dimanches à genoux, avec respect, aimez à entendre lire et prêcher IKvangile, et prenez chaque enseignement comme s'il était fait exprès pour vous ; et au lieu d'écouter les maximes du monde, agissez selon l'Kvangile. Ceux ipii vous disent : il n'\ a pas de mal à iolAlrer, à passer son temps dans la bonne chèrCj etc., ne seront pas au tribimal de Dieu pour vous défendre ; vous ne serez pas jugés selon leurs pensées ni selon les vôtres; mais selon l(?s pensées de Dieu qui sont aussi élevées au-dessus de celles des hommes, que le ciel est élevé au-dessus de la terre. Le ciel et la terre passeront plutôt qii'ime seule parole de l'Ilvangile ne soit pas exécutée.
Qui non obediunt evanf/elio, pwnas dabiinf in interitu (vternas à fade Dumini. Au contraire ; iVemo est qui reliquerit domurn, aut fratres, etc. propter me et propter Eranyelium qui tion accipiat centiès tantùm. (.Marc. X, 29, 'M).) (D'après le 1'. Le Jkine )
17Sr). 3""- Diuiaiiche de TA veut. — Le récit de l'Kvangile. Jean i, de 1!) à 2!t, avec ce texte : A'/yo ro./- clamantis in deserto. Celui dont Notre- Seigneur a fait cet éloge : Entre les enfants des hommes, il n'y en a pas de plus f/rand que Jean-Haptiste, celui qui a passé sa jeunesse au fond d'un désert dans la pénitence et fa prière, qui a eu lii gloire d'annoncer le Kils de Dieu, et de verser son sang pour la justice, s'humilie lui-même.
Kt nous qui avons péché et qui n'avons peut-être jamais fait pénitence, nous avons une grande estime de nous-mêmes et qous laissons l'orgueil dominer «lans notre cœur, apprenons u le combattre; et on donne le sujet du n. 10:i8.
17i)0. Autre plan. — Avec le texte de l'Kvangile : Médius vesfrutti stetit quem vos nescitis. Un pourrait parler de l'Kucharistie, n» 58i ou ■lit'», et invitera l;i recevoir pour les fêles de Noël et à s'v préparer.
IT'.il. 4"if UiniaïK'lic de l'ATeiit. — Avec le texte de l'Kvangile: Parafe riam Domini. (Jn presse les lidcles à se disposer à recevoir Notre- Sei^-neur, dans IKncharislic, et pour cela de bannir le péché qui est le grand obsLiulc à la venue de Dieu en nos Ames. Afin de vous faire haïr le péché mortel, nous allons vous dire l'offense «juil fait à Dieu (n. DtiO).
-V. //. — Kn terminant, on recommande avec instance la confession avant la Notl, et on presse les parents, les maîtres d'envoyer à confesse, leurs enfants, leurs serviteurs et de leur donner l'exemple.
MWt. l>linanehe dans Poctavc de la JN'oël. — A propos de ces paroles do l'ICvangile : I'uit autem vrescebat ... et yratia Dei erat in illo, (Li i:. n.) Un peut donner le sujet suivant : Pourquoi Dieu s'est fait enfaut et a en nue mère?
Pour sa gloire et pour notre instruction.
I. Pour sa gloire. Sa gloire consiste à manifester et à faire connaître ses perfections, et en se faisant enfant, il a fait reluire admirablement sa puis-