PARDON DES INJURES
iSOi. II. Attende maf/isfrum. dit saint Augustin, et Dominion in ligno /leniientem et dicentem : Pater irjnosre ilds. 11 confie sa Mère A son tliscipie ; ■l SCS ennemis û son Père. — Mais cet exemple n'a été présenté qu une i.is! — Vous vous trompez : tous les jours, il en est amsi au tribunal de la péni- .•nce. Mon Dieu, j'ai fait reci. — Jeté pardonne, etc. Parcourir les commanloments. Mais toi pardonne. — Je ne pnis. Serve nequmn otnnedebitum dimisi ■ibi ; nonne et te oportuit misereri conservi tui f VA si on voulait rappeler a chacun la pravité des offenses dont il s'est rendu coupable envers i)icu, voluptueux, avares, el<".. interrogez votre conscience. En comparaison de ce ijue vous avez fait A Dieu qui est pn'-t <\ vous pardonner, qu'est-ce que l'outrase que vous avez reçu du prochain ? et vous ne le pardonneriez pas ? — Je no puis faire ce que Dieu a fait. — Mais les païens lont fait, les saints l'ont ' ' «^aint Etienne, saint Jean (iuaibert. Vous le ferez donc, et quels que t vos crimes, le pardon est assuré. Vous pouvez regarder le ciel avec
,,ince et dire : il est à moi. Si dimiseritis hominibus peccata. et Pater
)/ifiis dimitfef vobis.
I ili ! que vous êtes heureux, vous qui avez à pardonner ! Pas besoin de se
1 ,,<-^pr la tête à celte pensée : .\psrit homo an amore vel odio dignus sit.
h n'iti'itp et dimittetur l'obis. Mais si vous ne pardonnez pas, cessez d'être
: vous ne l'êtes plus, vous n'acceptez ni les préceptes ni les exem-
{ olre-Seigncur ; il ne vous reste plus que ses chAtimenls.
111. i>a loi Dilif/ite esl écrite avec du sang ; menace de mort contre quiconque la transgresse. Qui 7ion diligit manet in morte. Si non dimiseritis, non dimittet. Le premier puni fut Gain qui assouvit sa haine contre Abel ; maudit de Dieu, il fuit sans espérance. — C'est l'histoire de tous les vindicatifs, quels qu'ils soient ; fdéveloppper) ; pour tous point de pardon, lis ne peuvent réciter un /V//cr sans se condamner. Ils ne peuvent s'approcher des sacrements sans sacrilège, s'ils ne déposent pas toute haine grave. Qui les assistera à la mort? Satan ; et à leur dernière heure, l'image de Jésus crucilié ne leur donnera point d'espérance, s'ils ne pardonnent. Judicixim sine misericordia ei qui non facit misericordiam. On chantera des messes ; i)i inferitu vestro ridebo.
De ore tuo te judiro . f e sont eux-mêmes qui ont prononcé leur sentence ; ils savaient qu'on les traiterait comme ils traitaient leur prochain.
In cadavre d'un vindicatif était exposé dans l'église, le crucifix détacha
■■ •; pour se boucher les oreilles aux prières. Votre Ame. il est certain
I a [irécipitée aux enfers. Point d'exemption, |>oint de pardon sans
j. II. ...... l'uis donc que vous êtes <lécidé A garder la haine. que l'enfer s'ouvre,
que les démons vous saisissent, que vos cadavres soient étendus sm* la route et votre sang léché par les chiens, que vos enfants soient orphelins et votre femme veuve. Judicium sine misericordid.
Est-il possible de sacrifier son Ame potu* une telle passion ? — Un jeune enfant de douze ans, très intelligent, va mourir de la poitrine ; il fait appe 1er son père et son oncle ennemis, leur met la main sur la lêtc et les conjure de se pardonner. Ils s'embrassent en pleurant. Jésus mourant vous demande de pardonner; le lui refuserez-vous ? oui. donnez la mort à votre ennemi, frappez-lc, mais le coup atteindra Jésus. — yue votre haine se
vousrPrt/' ' ' verbif illi< '' "' ro ut
i>hliii<cai il, alque r runt
; ' '■• '■■ ,,. ,i.;,.. . 1 ..,.,>.. il ,.i , ^.^ ,. .^njre-
i,le»larm. v; cl bien loin d'écla-
,.s, I a se 8 frères ire inliumanilé, il le»
iKMura. ÎSoltte hmere , il prtUui-mèine leur «iérvoM^. et les cxcutii en quelque manière ;
Vol coffitati* de vie mnlum. %fd îuut vertit itlud in honum ; il se fil leur souiico
et ieu- iir: /v/0 p<i ' '
Or ce D*e«l 1 . ni au nom d'un homme
comui. . t est an nom .. : .. - - - - l'icu cn^aiciir. d'un Dieu ré-
dempteur, que je m'adresne à vous, yui ne sent le besoin de ' '^ Difu «on
amour el ne dil avec David tC'w'd relribuani Domino pi o i" retribuit
mihi ? Pout acquiiier coiie ileiie (nrd.tnnoii* ; par II nous donncr.jns i\ Oifu la marque d'amour la mom». Mispci le el la plu» aûre; car lu nature el le m'>n(le ne pcuvcnl ouuA inspirer de pardonner. (D'après liouabiLoui.)
70i DOMINICALKS DE l'iîI'II'IIANIR
(Viv'yiio oonlre moi, mais panlonnez. mes hion-aimcs, votro anfçe gardien, Mario vous lo demandcnl : (tardonnez aussitôt, parlez, rendez service. Si je vous demandais l'hospitalité pour un de mes amis, en reconnaissance de mes services, qui lui la rc l'userait ? C'est Jésus-Christ qui vous demande de par- «ionncr. Ne le refusez pas.
1803. Ou à propos de l'Epllre : Quod ex vohis est cum omnibus hominibuz pncevi hahenles.
De la douceur.
Reali mites quoniam ipsi possidehunt terrant (Mat. v. 3.)
Nous aimons le bonheur. N.-S. le promet à ceux qui sont doux. Nous aimons à posséder la terre. Cette possession leur est assurée par le divin Maître. Et quelle terre leur promei-il 1 La plus piécieusc de loutes, c'est-à-dire le cœur des liommes en ce monde, et en l'autre la (erre des vivants, le ciel. Uu'esl-ce donc que la douceur qui nous prépare tant de biens? C'est une vertu qui, avec la patience, nous fait supporter en paix les peines et les injures que nous avons à souffrir en ce monde ; mais la patience a pour but de dominer la tristesse qui nous envat)it quand nous avons des croix à porter; tandis que la douceur réprime en nous la colère, qui nous excite à la vengeance, l'our nous déterminer à acquérir cette vertu, disons les motifs qui doivent nous y porter, et comment nous pourrons la mettre en pratique.
I. Alo'ifs. Le premier, c'est l'horreur qu'inspire la colère. Voir no 669 (1).
Si Ijl Colère fait de l'homme un monstre, qui ne voit que nous devons la comprimer par la douceur? Si on prétendait que ce n'est pas facile de triompher de cette passion, saint Chrysostome répondrait : ()H«fi rfjcis /jowjo? Leonibus imperamus, ft nnimos portim tnansHi'los facimus : et dubitns uum mentis ferociam in nm ■ "nem mutnre possis. quamvisnatnra hesliae ferox sint, et pra-ter nalurai .te;
contra tu praeter naturam ferose, natura autem mitis i Et gui Le. .. . . .,uud
nalura eis inest auferre. et quod eorum naturae adversum inserere potes; id quod natui-a tibi praestilit, serrare non potes 1
i' Si la colère empêche d'être homme, comment celui qui en est esclave serait-il chrétien? Il ne faut pas entendre ici par chrétiens ceux qui se contentent d'avoir reçu le baptême ; car combien d'hérétiques, de scélérats et même de damnés ont reçu le baptême I J'entends par chrétiens ceux qui mettent en pratique la doctrine de N.-S. et cherchent à suivre ses exemples. Or N.-S. que nous a-t-il appris? Discite à me, dit-il, non pas à faire un monde, à créer les choses visibles et invisibles, ni à faire des miracles, ni à ressusciter les morts; tout cela est moins pratique; mais quia mitis sum et humilis corde. Ah! certe?, c'est bien ce que nous devons apprendre des exemples de celui que l'Eglise appelle l'Agneau de Dieu, qui selon la prophétie d'Isaïe a su se taire lorsqu'on le tondait. Cum cnim maledicertHur non maledicehnl, cum paterelur non comminabatur, tradebal enim judicanti se injuste (I. I'kt. •11. '2:i). C'est un grand honneur que Dieu nous fait, comme le remarque saint Chrysostome, de nous inviter à imiter, non pas les anges et les archanges qui sont cependant pleins de douceur, mais Dieu lui-même.
3* Avantages de la douceur. Inrrnietis requiem animabus r eslris. S&ns cette paix de l'ùme, il n'y a point de bonheur ici-bas. Il n'y a point d'intimité avec Dieu, car »ion in conwiotione Dominus. Les âmes ne peuvent donc devenir parfaites sans la douceur ; et l'absence de cette vertu chez les personnes pieuses fait douter de la sincérité de leur dévotion, et est trop souvent cause que les méchants attaquent la piété et la religion elle-même. Qui ne voit que la douceur se fait aimer et estimer ! Fili, in mansuctudine opéra tua perftce et super bominum ijloriam diligeris. Mansuelus, dit saint Chrysostome, qratus et amubilis est ridentibus, gratus eliam et his quibus solo nomine notus est. Keque facile ullum inventes, qui audieits laudari hominem mansuetum, illum videre etexosculari non desideret... et ejus amicilid posse frui. Verbum dulce multiplicat amicos et mitigalinimicos. (Eccli. vi. 5).
raconic h son propre sujet ((u't'tant encore forl jeune, il lit la lil il'iine porte et iiui s efforrail de I ouvrir prompliMiient: mais liril faisait et l'adresse qu'il employait. 'n entrait pas dans la ut i^Hin.iil pai venu .1 M>ii liut, cet homme se laissa emporter par une si furieuse colère, M etail en feu. il ^rin<;ait des <lenls, il frappait la terre des pieds, l'uis conuiiu si la |>orte
•' , lu refiiN de s ouvrir il ^ •l'"-. il ."Mi'e elle ave^- U rage a uu forrcné. et ensuite comme
si la clil .iN.ol .nissi le torl de ; i office, il la mordait, coninie ferait un chien. iA
pourtant ne s arrêtèrent pas ses fi >r levant au ciel ses yeux éfrarés et proférant de
ses Ifvn-s treniji •■'•■- ''■■- Miremcin- i.mh,~. h >.- nul à vomir contre Dieu les plus horrililcs blasphèmes. Sa l<«ucli' nie comme la pueule d un lion et il poussait des gémissements comme un taureau. Cet ill . u dit qu'à ce .•.(xi-tacle. bien qu il ne fût encore qu'un enfant, il fut sai.si d horreur, car ii iiii jiumiiil que ce u él.iit pas l.\ un htmimc, mois une btte féroce entièrement privée de raison et en qui il n y avait absolument rien d humain. Il conçut, dés ce moment, une si grande aversion pour la cilcre, fjue jamais, dans tout le cours do sa vie. on ne le vil dan» un étal d e.xajpc ration.
L\ MISÉBICORDE DE DIEU 795
Oo n'éieiot pas le feu avec le feo, mais avec de l'eau. Rien n'est donc p'us propre à faire da bien autour de soi, à apaiser ceux qui sont aigris contre nous, à faire accepter on bon conseil, ou méma une correction charitable, à exercer ellicacement le z^le, que la douceur Hef^punsw mollix fratKjit iram ; sermo duras suscitai furorem (Prov. XV. 1) (\). Aussi voit-on que les hommes qui ont fait le plus de bien aux autres, ont été admirables par leur dc>uceur. C'est par la douceur que s'est sanc* lifié l'illustre conducteur du peuple de Dieu, Mc.ise. C'est par la douceur que saint François de Sales a converti, en quelques années, plus de 70.000 hérétiriues. C'est par la douceur que saint Vincent de Paul a mené à bien les immenses œuvres qu'il a entreprises pour l'utilité du prochain. C'est par elle que ces héros du christianisme ont mérité la terre promise du ciel; c'est par elle que nous la mériterons comme eux.
II. Pratique de la d«'uceur. 1» (Comment la praliquer. De cœur d'abord, sur le visage ensuite. Faciem bonam el cor honutn difficile inrenies ; ensuite en parrdes. Si un était porté à laisser échapper quelque parole trop vive, il faudrait se taire, et attendre. Ceci est surtout vrai quand on a à faire remarquer quelque tort ou quelque défaut au prochain. (Voir à la note du n" 5.S9 des traits qui prouvent qu'il faut savoir attendre pour corriger ou reprendre). Enfin en reuvre. rendei loujr.urs des pncédis aimables el bons pour des manières injurieuses ou haineuses. Mais 2* le moyen d'en venir là. Saint Grégoire nous l'indique. Il veut que souvent on prévoie les occasions que l'on aura de pratiquer la douceur ou de se laisser emporter par la colère. Celui qui ne prévoit rien, est comme un soldat endormi ; l'ennemi peut le désarmer el même le tuer à l'aiSe. Celui, au contraire, qui est vigilant, qui se rend compte des attaques qu'il aura à soutenir, se tient sur le qui-vive. il a toujours les armes à la main, il sait se défendre et vaincre. Il est donc bon, tous les matins, après sa prière, de se rendre compte de ce qui peut arriver de fi^cheux dans la journée et d'être dans la disposition de le supporter avec paix. El pour s'y exciter il faut : 1) que selon la recommandation de saint f lift, on se souvienne <^e la mansuétude de Jésus-Christ ; c'estice que faisait saint
land je reçois quelque atTronl, ilisail-il, ou que je sens quelque mouvement
, e, je tourne toutes mes pensées vers Jésus-Chnst crucifié, et je me dis :
l'uis-je comparer ce que je soulTie avec ce que Notre-Seigneur a daigné souffrir pour moi? Sainte Brigitte s'étant un pt'u laissée aller à l'impatience. Noire Seigneur lui apparut, lui reprochant de ne s'être pas souvenue de ce qu'il avait enduré pour elle. — 2) Il faut penser k ce que l'on a mérité pour ses péchés. Quasi arjua ignis extingHitiir, dit saint Orégoire. ciim sua c nique ad mentern culpa rei-ocat»*»-. Quel est le coupable, condamné à mort pour ses crimes, qui ne serait heureux si on se contentait, puur le punir, de lui appliquer un soultlet ? Nous avons mérité, par nos péchés, l'enfer avec ses éternels supplices, el nous nous plaindrions d'avoir à endurer quelques afl'ronts I
Le souvenir de nos péchés, celui des souffrances de Notre-Seigneur, sont capables non seule I . us faire sur >■ douceur les peines que nous rencontrons, mais
méii,' nner la n. les martyrs, qui priaient pour leurs bmirrcaux,
qui le . ,..enl do ce qu . „ : innaitni l'occasion de prouver à Notre-Seigneur
leur am^iur en gubi«sani les tourments et la mort. Ah I ne nous plaignons pas d avoir trop i souffrir, rtf vnir tonjour* durer les persécutions que nous subissons. Disons avec le* saints - plus afin de devenir plus temblaliles à Noire- Seif^oeur,
alio de lui tment noire amour, d'expier nos pauvres péchés, de
onéritef nue )mu3 i'<.i.c i^'^uiumic i
\HOC). Antre Hujet : Kn ce niAmc dimanche on pciil Uailef du i»é<lié ijuc figiifc la K'pro. cl donner les rliAtiinents spirilupis. n" \)H\).
Autre anjet: On encoro à propos de ces paroles de rKvan^ilo : homine, ti ci» jtotes me mundare, on parle de : •
l4i miiérlcorde de Dieu.
1K()7. (Jiiphjue infocle «pie fût la h'-pre do lo pauvre honinie, il ne manqua |ta.s do conliance en son divin médecin, il ne doiila pas de son pouvoir ni dp sa bon'.é.
(1) ^^aïn' f"'"'".! .,i.i."-« t,» m,„l ,1. ,..ri i-'rr fui ..I.Ili;.- .tr |m..m-i .1 ,ii. !-• im> ,,„ni.- .1. \ .|.l.s |,.(ir
^~.>»r>M..ll Ju l'-'llll'^ I .11111. nul i.t 1 llollofll . lit If 'J'Ul !i .!t jlll-
790 liDMiMCALKb 1>K 1. i;i'IJ'JJANlR
Sa confiMnto l'iit récompensée, cl .N(>tre-Sei{?neiir le guérit. I.a lèpre lu plus rcfioufalile, c'est le péché ; ceux qui en senicn) la laideur et veulent s'en affranchir, peuvent compter eux aussi sur la bonté de Dieu qu'ils ont offensé, afm rie rentrer en grôce avec lui.
Car 1. Il est Iton et misériconlieux. Il, les marques qu'il nous a données de sa miséricorde sont capables do nous toucher ; II!. Nous devons répondre A ses avances parlernelles.
iH{\H. 1. /heu est bon ; la foi nous le dit aussi bien que la raison, l» la foi. (V. dans nos Seiitentiœ les textes sur la miséricorde.) 2o la raison nous fait connaître que Dieu est le bien suprême, la source de tout autre bien ; que le bien jiarfait ne tend qu'à .se communiquer, que sa colère n'est que son amour qui menace; l'adversité, son amour qui éprouve ; sa providence, son amour (jui veille ; que si le père est si indulgent pour son enfant, que si la mère lui pardonne si volontiers, c'est Dieu qui a versé dans le cœur de l'un et de l'autre ces trésors de commisération et d'indulgence ; que si Dieu punit, cela ne vient pas en quelque sorte de lui, mais de nous. De suo optimus, comme dit Tertullien, de fiostro justus. (i) Aussi le genre humain n'a-t-il jamais révoqué en doute cette vérité. Le bon Dieu, c'est ainsi que le nomme l'enfant qui bégaie, comme le vieillard ; et il y a un instinct qui nous j)orle }\ l'invoquer dans toutes nos épreuves.
Mon Dieu! s'écrie l'impie lui-même à ces heures terribles où il a tout à craindre. Il sait qu'alors Dieu est son seul refuge et son appui assuré. Dieu est bon même pour les êtres qui ne peuvent pas se montrer reconnaissants, pour les plantes, les animaux, dont il se fait le pourvoyeur, pour les hommes auxquels il accorde souvent des bienfaits qu'ils ne soupçonnent même pas, les préservant des plus grands accidents sans qu'ils s'en doutent, semblable à une mère qui couvre son enfant, qui écarte les mouches ou les pourceaux pendant qu'il dort; il est bon même pour ceux qui ne font que l'offenser, le i)laspliémer.
ISOÎ). II. Mais étudions les 7nnrques iouchanles de cette miséricorde ; \^ dans les saints Livres, nous y voyons cette miséricorde attendre le pécheur pour lui donnerle temps du roXonr.K.i^pectat Dominas ut misereatur re^tri. Sa justice demande qu'il châtie, après une première faute grave, celui qui a repoussé sa grAce. Numquid Deus continebit in ira sud misericordias
fl) « Pour bien connaître qu'elle csl la première des inclinations, i! faut choisir celle qui se trouvera la plus nalurrlle, d'auianl que la nature csl le principe de tout le reste. Or, notre Dieu, Cltréliens, a-t-il rien de plus naturel que celte inclination de nous enrichir parla profusion de ses grâces? Comme une source envoie ses eaux naturellement, comme le soleil naturellement iCpand fcs rayons, ainsi Dieu naîurellemînt fait du bien.
Etant bon, abondant, plein de lr<^sors inOnis par sa dignité naturelle, il doit être aussi, par sa nature, bienfaisant, libéral, magnifique.
Quant il te punit, ô impie, la raison n'en est pas en lui-même; il ne veut p&s que personne périsse. C'est ta malice, c'est ton ingratitude qui attire son indignation sur ta léte. Au contraire, si nous voulons l'exciter ù nous faire du bien, il n'est pas nécessaire de chercher bien loin des motifs; sa nature d'elle-même lui est si bienfaisante, lui est un motif très prfssant, et une raison qui ne le quitte jamais. Quand il nous fait du mal, il le fait & cause de nous ; quand il nous fait du bien, il le fait à cause de lui-même. Ce qu'il est bon, c'est du sien, c'est de son propre fonds, dit Tertullien. ce qu'il est juste, c'est du nôtre; c'est nous qui fournissons par nos crimes la matière à sa juste vengeance: T)e suooplimu!>, de noslro juKtus.
Tous ceux qui donnent leurs biens aux autres, dit saint Augustin, le donnent par l'une de ces trois raisons: ou par une firce supérieure qui les y oblige, et ils donnent par nécessité; ou par quelque intérêt qui leur en revient et ils le font pour lutililé ; ou par une inclination bienfaisante, et c'est un effet de bonté. Ainsi le soleil donne sa lumière, parce que Dieu lui a imposé cette loi ; c'est nécessité. Un grand seigneur répand ses trésors pour se faire des créatures ; il le fait pour l'utilité. Un père donne à son fi!s, à cause qu'il l'aime; c'est un sentiment de bonté.
Maintenant il est clair, mes sœurs, que ce ne peut être la nécessité qui oblige Dieu à étendre sur nous sa magnificence, parce qu'il n'y a aucune puissance qui le domine ; ni ruiililé, parce qu'il est Dieu, et qu'il n'a pas besoin de ses créatures ; d'où il résulte que la bonté es*, l'unique dispensatrice des grâces ; que c'est à elle d'ouvrir le trésor de Diei, et à tirer de son sein immense tout ce que les créatures possèdent. » (Bossuet)
La miskricorde de mer 797
.)/,,.• ■> <, i,,ci;,..% c.MiJ.lf. faire effort pour arrêter )a miséricorde; mais celle-
ircinent triomphe. ICn voici des exemples admirables.
i-.icnt (fl) Dieu in-ilé par les crimes de Sodome et de
s coupables, veut tirer vengeance de leurs iniquités.
leà lui, et lui dit : Perdrc/-vous Sodome, s'il s'y trouve
justes i Kt Dieu promet de faire miséricorde., s'il s'y en trouve
. Knhardi par la promesse divine Abraham insiste ; il demande
ui I f pour Sodonio. s'il s'y trouve trente justes ; il l'obtient encore. 11 solli-
• I ■ encore la mist-ricurde, s'il y a seulement vingt ou même dix justes ; et
hi-ii lui promet de ne pas frapper, s'il trouve dix justes, (b) Au temps de
.Ni'i', toute chair avait corrompu sa voie ; et Dieu attend cent ans avant de
fiMjiper, et il fait prêcher parNoé la pénitence. Jonas a annoncé la ruine de
Mnive. (Voir la note 1 du n» 480.)
ijDans l'Kvangile il est dit fa) que les servileiu-s du père de famille vinrent
lui demanil<T d ;irracher l'ivraie, qui poussait dans son champ à côté <lu
■ ^ /'■ crencere us(/ue ad inessem, rèi>owi'il-'\\ : il craignait
ils n'arrachassent aussi le froment, i'.e père de fa-
. '■ t:•^jL iiifii. i. iviaie, c'est-à-dire les méchants, vivent dans son Kglise
."•me teujps que les justes. Toutes les créatures de Dieu qui sont à son
i e, demandent à exterminer les méchants. Le ciel, la terre, le démon,
1. les eaux... Sinile crescere itst/ue ad tuessem. Ces enfants rebelles,
iidront peut-être, ne frappe/ pas enrorc. In scélérat serait attendri si,
I ut qu'il cherche à enfoncer un poignard dans le sein de sa victime,
' i prenait des mesures poui* mettre en sûreté son meurtrier ; et le pé-
< li'ur perce le cn-ur de Dieu par ses crimes sans être ému de cette bonté
«iivini' iiiii 1(^ i.iii!ri:f ri le défend.
(/v veulent appeler le leu du ciel sur les villes qui n'ont
pas V ii-s prédications, et Jésus leur dit : Nescitis cujiis
spiritusvslu. L Esprit de Dieu est patient, /ia/ien/er agit propter nos. (1).
fl) Valère Maxime rapporte qu'un père n'avait qu'un fils unique qu'il aimait lendremeat. Or, ce fils forma le dessein abominable d'asâasâioer son père et en cherchait l'occasion. I.e père s'en étant aperçu, prend un poignard, le cache sous ses vêlements et appelant son fils l'inviie à venir avec lui dans une iorét. Ijuand ils furent arrivés dans un endroit i-eiiré, solitaire, où ils n'avaient d'autre témoin que Dieu, le père prend en main le poii^nard. Le fils condamné par sa propre conscience tremblait: mais le [> re lui du aussitôt : Mon fils, je sais ce que lu médites, si lu l'exécutes devant les 'S, tu perdras la réputation avec ta vie. ici personne ne le voit : voilà ma poidécouverte, voici le poignard, frappe. Ton iograiilude n'a pas altéré ma bonté, et je veux en mourant le sauver la vie. Le fils atterré tombe à genoux, et conjure son père de le frapper lui-même, car il est un monstre d'ingratitude. Le père l'embrasse ; l»»"'- I ••-'»■^ se mêlent et désorraiis le fils aime («on bon père, comme il le méritait. Nous .>< s ingrais que ce fils envers Dieu. Nous l'avons offensé mortellement plus u nous avons crucifié Jésus-Christ, il a tout enduré. Il aurait pu nous frapper ai< < i'Jii . il nous a laissé plonger dans son sein le poignard de nos blasphèmes. Et sa |iaiiLii<:e oe nous touche pa<( On admire la patience de cet ancien qui, quand un impudent lui eut cra< 1/ il que cette parole : Si quelqu'un soutenait que tu n'as puint <1i- ne tu en as une . Que de fois nous avons fait à Dieu un semblab.i: - . ,.,. iié.
Un admire la patience de Philippe il, roi d'Espagne. Il avait veillé jusqu'à minuit à écrire de fa main, au pape, une lettre importante ; voulant la fermer, il dit à son secrétaire d'y metire de la poudre. Le secrétaire, à titur prit l'encrier et le versa sur lal«ltre. I.e mi se contenta de dire : Il faut i • r. et il le fit sur le
c'" '^' 'il l'aul (lit que l'âme fidèle e»i l'éi""- '- ' a...,» ^..r^ avec de