‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 214 sur 416 · elle un autre lycée, où .' est pas seulement p.Trmi · texte numérisé non relu

elle un autre lycée, où .' est pas seulement p.Trmi

■ |jùt devenir la saf^jcs-sc de tous les liuuimes.

irence ; et les philosophes soumirent leur raison

• que des croix el des souffrances; et les Césars

•! «lui apprundi-e aux hommes, que la chasteté, l'humilité, la tenipé-

'• trône ; et que le siège des passions et des jilaisirs pouvait devenir

. ,. M,,..i|.. ,,1. .;,-.. ,M,ur la religion! (Massillon). (Voir les notes dun.l5:}U).

que la véritable vertu : le monde lui-même est forcé

--0 .los motifs, l'empire «ur les passion», la patience

is les

'ni> fui te I■ai^ou ceux des cLieticus, qui sont !i et de nos hommages, aujourd hui où U

I>R LV VEUTr. — SIÎPTrAfJESiMK 81 T

' irlHS e$t cornet defunclorum. La verta cbrélienne est la soarcc du mérite, et par conséquent la semence do bonheur du ciel.

2) Pour les autres. Virlus cxt shlus, dit saint Bernard. L'homme vertueux est par l'éciHi de sa vie sainte, une lumière qui guide les autres, et les éclaire. Sic luceat lux r. s'j'i cornm hominibus ul vHeant opéra veslra bona. Exempla tratiunl. Saint r.yniiedit, que de faire du bien aux méchants mêmes, c'est le triomphe de la vertu.

3) Pour les peuples. Justitia elerat gentem. L'histoire est là pour prouver que ce sont les vertus qui font non seulement les nobles et grandes familles, mais encore les "iti "« ' —r-i i-\ ilurables. Les peuples ne grandissent, ne triomphent que par la vertu.

nquis une orgueilleuse prospérité, ils cessent d'être vertueux, ils dé- , r s , ;>.iraissenl ; donc pour nos plus chers intérêts du temps et de l'éternité,

pour l'amuur de notre famille et de notre patrie, nous devons pratiquer la vertu.

II. Comment, i" en se corrigeant de ses vices, car ils sont opposés aux vertus. 2° En (aisant souvent des actes de vertus. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, dit le proverbe. Les vertus s'acquièrent comme l'habileté dans un art quelconque, dans la peinture, la sculpture, en y travaillant avec application. Avec cette différence qu'on ne réussit pas toujours, quand on le veut, à devenir un artiste célèbre, ni même à faire fortune ; mais on peut, quand on le veut, devenir vertueux, en répétant souvent les actes de la même vertu. Celui qui donne à tous les pauvres qu'il rencontre, devient généreux; celui qui réprime constamment la colère et dit toujours une parole douce pour une parole oflensanie. acquiert la douceur, etc. (développer en insistant sur les vertus les plus nécessaires au salut: la fui, l'espérance, la charité, et ensuite sur les vertus fondamentales, comme l'humililé, la crainte de Dieu, la mortification, la patience, nformité à la volonté de Dieu, la piété). Et qu'on le remarque bien, pour être .< ux, il faut avoir toutes les vertus, on n'a aucune vertu parfaite si on manque complètement d'une seule d'enlr'elles,

3° Par la miséricorde de Dieu, tout ce qui augmente en nous la grâce, augmente aussi la vertu. Tout acte méritoire du ciel, fait grandir en nous les venus toutes à la fois; les sacrements bien reçus ont une efficacité merveilleuse pour accroître la vertu dans les âmes. C'est pourquoi on ne trouve de gens vraiment vertueux que parmi ceux qui reçoivent souvent les sacrements. Toutefois il faut que ceux qui ont le bonheur de se confesser et de communier fréquemment, de s'app'iquer à la prière et aux exercices de la piété, aient soin de cultiver, en les exerçant, les vertus que la grâce augmente en eux. C'est ainsi que l'homme à qui Dieu a donné la sanié, peut la fortifier encore luitat-mc par les aliments, les remèdes, ou par l'exercice. C'est l'exercice des vertus qui réprime le vice contraire.

Njus sommes hommes, nous devons vivre selon la raison. Nous sommes chrétiens, par conséquent les enfants des saints, les imitateurs du Christ, appelés par notre baptême k la sainteté. Tous les dons de Dieu ne nous sont donnés que pour l'acquérir ; la vie ne nous est accordée que pour cela. A la mort, quels mortels regrets, si nous ne l'avons pas employa e dans ce but l voudrions-nous être cette vigne qu'on coupe et qu'on jette au feu, parce qu'elle n'a produit aucun fruit T ce llguier stérile <iu'on arrache parce f. inutilement la terre? Dune pas de vains prétextes, qui ne servent de riea , r notre paresse ; mais de saintes oeuvres. Dum tempus habenm opere-

viur h.uium. Justorum semila quasi lux splendens procedit et crescit usque ad perfectam diem. (1)

iHii. SeptuBKéfiinie. — Qiiid hic atatis totti die otiosH Travaillez à

voipo «(-iliil, (n. '.MX).

! -^-'J ^iexaK^Mlme. — Semen est rerhum iJei. l'arole «le Dieu. I. motirs

■ ]' ! ilr 1! Mi.mlrPc 'le T'iitclKlrc.

I 'iirp, 2" son ofru-acilé dans le passé

. les hotiinios. suit sur oliarun en par-

vins elle 1 ijinoranco 8"t''lal»IJt,ct le vice osl sans IVcin. . -. les hoiniues «jui n'ont pas ét^ les ennemis d'ciix-

III MHS, 1 oQl-ils ealentioe avec empressement. (Voir les développements

an II. 7Si).

11. }f(inii're t/e l'enfe/u/r*', i'^ mv icnt. Pourquoi on nniiiic pas

entonilro la vcrilé In) \r.\rrr> .yi'oW. orgueil: i- Os vérités évan-

ionl la pureté; ihio l.ul lionU- à votre vie «léshonnétc. vuiis

pus 1<»« voir. vous ne les voulez pas (levant vous, lu.iis

Au ; J ai IMUi" lie \Hir<' ;i%<'iik""IIIL'1ii . y >vii\ out or <ir>Mi> \oirr 'ii'> i i- i.n

(I) On pourrait ftyrc fruil f»lr«>r<"*a»rlir l« Urilit'^ ' '■ ■ '' '- ■• ' "''■• ■'■• v •■.!.., r ,..,....

r«u»enicnt Ia pr«tii|u>^r. Voir \a noir du ■■• SSt.

818 DOMINtCALKS. — SIÎXAdKSIME

doaii qui vous accable cl inettrc devant vos yeux celle vérilé qui vous éclairé, l.a voilA. la voilà dans loule sa force, dans toute sa sainleté, dans toute sa sévérité; envisagez celte beauté, et ayez confusion de voiis-inêni«^s ; regardezvous dans celle ftlace, et voyez si votre laideur est supportable. Olcz. otez, vous tne faites bonté; et c'est ce que je vous demande: Cette honte, c'est votre salut. Que ne puis-je dompter celte impudence; que ne puis-je amollir ce front d'airain ; .lésus regarde F'ierre, qui l'a renié et qui ne sent pas encore son crime. Il le regarde et lui dit tacitement: O homme, vaillant et inlcépide. qui devais être le seul courageux dans le scandale de tous les frères ; regarde où aboutit cette vaillance ; ils se sont enfuis, il est vrai ; tu es le seul qui m'as suivi, mais lu es aussi le seul qui me renie. C'est ce nue Jésus lui reprocha par ce regard, et Pierre l'entendit de la sorte, il eut honte de sa présomption, et il pleura sur son infidélité. Flerit a/nare (Li'c, x\u, 62).

» (Jue ilii*ai-je du roi l)avi<l qui prononce sa sentence sans y penser? Il condamne i\ mort celui qui a enlevé la brebis du pauvre, et il ne songe pas à celui qui a corromp\i la femme et fait tuer le mari ; les vérités de Dieu s(ml loin de ses yeux, ou s'il les voit, il ne se les applique pas. N'ive Dieu ! dit le prophète Nathan, (.'et homme ne se connaît plus; il faut lui mettre son iniquité devant sa face. Laissons la brebis et la parabole: c'est vous, ô roi qui êtes cet homme, c'est vous-même : Tu es ille vir (u Kwi. xu, 7).

» Il revient à Iui.il se regarde, il a honte et il se convertit. Ainsi je ne crains pas de vous faire Intnte : Hougissez, rougissez, tandis «pie la honte est salutaire ; de peur qu'il ne vienne une honte qui ne servira plus pour vous corriger, mais pour vous désespérer et vous confondre. Hougissez. rougissez en voyant votre laideur, afin que vous recouriez à la grAce qui peut effacer ces taches honteuses, et qu'ayant horreur de vous-même, vous commenciez à plaire à celui à qui rien ne déplaît que le péché seul. »

{b) La vérilé non seulement blesse l'orgueil du pécheur, mais encore elle trouble ses délices, m Laban pleure et ne se peut consoler de ce qu'on lui a enlevé ses idoles: Cur furatns es deos meos. (Cknks. xxxi, .'Ui), pounpioi m'avezvous dérobé mes dieux? Le peuple insensé s'est fait des dieux cpii le précèdent, des dieux qui louchent ses sens; cl il danse, cl il les admire, et il court après, et il ne peut souffrir qu'on les lui ôte. »

Aussi je ne m'étonne pas si le pécheur, voyant la parole divine venir à lui impérieusement pour détruire les idoles de chair qu'il a élevées dans son copur, ne peut souffrir sans impatience de voir tout d'un coup s'évanouir en fumée ce qui lui était le plus cher.

(c) <( Mais il y a encore une autre raison de l'impatience que le pécheur nous témoigne ; c'est qu'il goûte une paix profonde dans la jouissance de ses plaisirs. Au commencement, à la vérilé, sa conscience incommode venait l'importuner mal à propos, elle l'effrayait quelquefois par la terreur des jugements de Dieu; maintenant il l'a enchaînée, et il ne lui permet plus de se remuer; il a ôté toutes les pointes par lesquelles elle pi<piait son cœur si vivement; ou elle no parle plus, ou il ne lui reste plus qu'un faible murmure qui n'est pas capable de l'interrompre; parce qu'il a oublié Dieu, il croit que Dieu l'a oublié, et ne se souvient plus de le punir; Dixit enim in conte suo: Ohlitus est Deus. ^I*s. ix, 34); c'est pourquoi il dort à son aise sous l'ombre des prospérités qui le flallent. El vous venez l'éveiller; vous venez, o prédicateurs! avec vos exhortations et vos invectives, animer cette conscience qu'il croyait avoir désarmée ; ne vous étonnez pas s'il se fâche. Comme un homme qu'on éveille en sursaut dans son premier somme où il est assoupi profondément, il se lève en murmurant : 0 homme fAcheux, quel imporlim vous êtes ; qui êtes-vous, et pourquoi venez-vous troubler mon repos? Pourquoi? Le deman dez-vous? c'est parce que votre sommeil est une léthargie, parce qne votii repos est une morl;parcequeje ne puis vous voir courir A votre perte éternelle en riant, en jouant et en battant des mains, comme si vous alliez au triomphe. Je viens ici pour vous troubler dans cette paix pernicieuse. Sur;/' gui dormis, et ejcurge a mortnis (Ei-nÉs., v, i-i); Lere:-vous, vous qui donnez, sortez d'entre les morts. Je viens rendre la force et la liberté à celle conscience malheureuse, dont vous avez si longtemps étouffé la voix. Parle, parle, ô conscience captive ! parle , parle, il est temps de rompre ce silence violent que l'on t'impose.

Uli I,\ r\uwL.i, uv. iiiKt 8ly

i> Ha.nnioa roi imiMulique toutes ses infamies, à ce voleur public toutes ses rapines, à cet hvpocritc qui trompe le mon<ie, la honte de son ambition cachée, à ce vieux pé«heur ipii avale liniquité comme l'eau, la longue suite de SCS i-rimes; dis-lui que Dieu qui l'a soiilTerl,ne le soulTrira pas foujoiu-s.

» Ah ! que ce discours est importun! Que pbit à Dieu, mon frcro, qu'il te le fût encore davantage! l*ir»t à Dieu que tu ne puisses le souffrir toi-nièuie ! peut-être que ton cœur ulcéré se tournerait au médecin ; peut-être que le sentiment de ta misère te ferait gémir en ton cœur, et regretter les désordres de ta vie passée; au lieu de l'irriter contre celui qui l'exhorte, tu l'irriterais contre toi-même et tu concevrais une douleur qui serait cause de ta giiérison. Des lors tu pourrais dire : On m'a sauvé, parce qu'on m'a blessé ; on m'a donné la paix, parce qu'on m'a offensé ; on m'a dit des vérités qui ont déplu premièrement à ma faiblesse, et ensuite (jui l'ont guérie. Si ce sont des vérités que nous vous prêchons, pourquoi refusez-vous de les entendre ? et pourquoi une petite amertume que votre goût malade y trouve d'abord, vous empêche-t-elle de recevoir une médecine si salnlaire : Si veritatem dico vobU, f/itare non fifeditis mihi ? « (lios.scET) ; 2« avec respect. « Le temple de Dieu a deux places augustes et vénérables, ie veux dire l'autel cl la chaire. Là se présentent les requêtes, ici se publient les ordonnances ; là les ministres des choses sacrées parlent à Dieu de la part du peuple ; ici ils parlent au peuple de la part de Dieu ; là Jésus-Christ se fait adorer dans la vérité de son corps: il se fait reconnaître ici dans la vérité de sa doctrine. Il v a une très étroite alliance entre ces deux places sacrées; elles œuvres qui s'y accomplissent onl un rapport admirable. De l'un et de l'autre de ces deux endroits est distribuée aux enfants de Dieu une nourriture céleste ; Jésus-Christ prêche dans l'un et dans l'autre. Là rappelant en noire pensée la mémoire de sa Passion, et nous apprenant par le même moyen à nous sacrilier avec lui. il nous prêche d'une manière muette ; ici. il nous donne des instructions animées par la vive voix. Kl si vous voulez encore un plus grand rapport, là par l'elliiai »■ iIu S.iint-Kspril et par des paroles mystiques, auxquelles on ne «l'iii iMiirii lis tremblement, se transforment les dons proposés

aur,.:[i- !. neur Jésus-Christ ; ici par le même esprit et encore

i.ai i' la parole divine, doivent être secrètement transformés

les ! ^-Christ pour être faits son corps et ses membres.

■ < . ' -^l À cause de ce rapport admirable entre l'autel et la chaire, cpie fjiiilliiis docteurs anciens n'ont pas craint de prêcher aux fidèles qu'ils doivrni ipprocher de l'un et de l'autre avec une vénération semblable ; et sur 11' Mi|i I. -Iirêfif^ns, vous serez bien aises d'entendre ces paroles remarquables de saint

i> ic \ iide, mes frères, laquelle de ces deux choses vous semble

de i' ic dignité, la parole de Dieu ou le corps de Jésus-Cihrlst ? Si

\ni: lire la vérité, vous répondrez sans doute que la parole <le Jésus-

(,li! ' ' ■ s estimable que son corps; ainsi donc, autant

(|ii. Il pour ne pas laisser tombera terre le cor|»s

(lo .). I- ' ii: ; I MU ii(iii> imimiiIc, autant en devons-nous apporter pour ne ji.iv I lis-ri ' iinlicr de notre cœur la parole de Jésus(^hrist qu'on nous ani ■ . 0 tjue celui-là n'est uas m<iins coupable qui écoule négligem-

III. .> parole, que celui qui laisse tomber, par sa Taule, le corps même

d. ;sl.

-•ni dire les Pères, et quelle ressemblance ont-ils pu trouver III , - (le notre Sauvi-m- <•( la par<»le de son Kvangile f Voici le fond

(|.- .. ■ I - • est que Dieu retirant de nous son apparence

■ lit, U'anii iiieuror encore avec .ses ûdèles, a |»ris

! iid i:(U"[is, je veux clire la parole de snn Kvangile

iiii. Il . nrp'î finnt la vérité est revAtue ; et par le moyen l>s. Ames I vit et il l'ncore uver nous, il

II' encore i '• salut, il ! il nous donne tou.s

j.v cuhcignemenU de vie clernclle, il renouvelle à nos yeux loua

Ses ,

» Le 1 orps de Jésus-Chrisl n'est pas plus i ' adorable, que la verilc de Jesus-Christ est dan

r..|iilii

( ni

de *

agit

8j50 dominicales. — SÈXAOÉSlMlt:

dans le m.vslèrc de l'Iùicharislie, les espèces que vous voyez sont des signes ; mais ce qui est enferiné dedans, c'est le corps inùmc de Jésus-Christ : et dans les discours sacrés, les paroles »|ue vous entendez sont des signes ; mais la pensée qui les proihiit cl celle qu'elle porte dans vos esprilSjC'esl la doctrine mt^nie du Fils de Dieu.

» Jésus-(;hrist qui est la vérité môme, n'aime pas moins la vérité que son propre corps; au contraire, c'est pour sceller de son propre sang la vérité de sa parole, qu'il a bien voulu sacrilierson propre corps. Un temps il a soiiiïcrt que son corps dit inlirmc et mortel, et c'est volontairement qu'il Ta exposé à tant d'outrages, il a voidu au contraire, que sa vérité fiil toujours immortelle et inviolable. Par conséquent il ne faut pas croire (pi'il se sente moins outragé quand on écoule sa vérité avec peu datlenlion. que quanti on manie son corps avec peu de soin. Tremblons donc, chrétiens, tremblons, quand nous laissons tomber à terre la parole de vérité que l'on nous annonce; et comme il n'y a que nos cu'urs qui soient capables de la recevoir, ouvrons-les-lui en toute l'étendue, et écoulons attentivement Jésus-Christ qui parle : Ipsum nudité. » (BOSSIET.)

30 Avec bonne volonlé d'en profiter. Fis n'ont pas celle bonne volonté ceux qui critiquent, qui contrôlent ce que dit le prédicateur, qui ne sont pas dociles à ses enseignements. Comment pourront-ils se convertir? Uuand la volonté s'égare, elle peut être redressée par l'intelliçence ; mais si c'est l'intelligence elle-même qui s'arme contre la vérité, qui redressera la volonté ? De là vient (pic de grands pécheurs dociles à la parole de Dieu, changent de vie, les autres restent obstinés parce qu'ils n'acceptent pas la vérité, taxent le prédicateur d'exagération ou ne s'appliquent |>as à eux-mêmes ses enseignements. Ils renvoient la balle aux autres, ils servent tout le monde, excepté eux. .Ah ! disenl-ilsj aujourd'hui on a bien (ait le portrait d'un tel, on a bien habillé une telle ; mais pour eux, il n'v a rien ; ou bien s'il y a quelque vérité qui les atteigne, ils accusent le prédicateur de l'avoir surfaite, parce que cette vérité contrecarre leurs machinations perverses. Prêchez contre la vanité, le luxe, le libertinage, les avares «}ui n'y sont pas sujets en triomphent ; prêchez contre l'avarice, ils vous condamnent i)endanl que les vaniteux applaudissent. Ni les uns, ni les autres ne se l'appliquent, ils n'onl pas un vrai désir d'en profiler.

40 Avec le soin de la mettre ensuite en pratique. Oue de grains de cette divine semence tombent sur le grand chemin, et sont emportés par les frivolités et les soucis du inonde ! La parole de Dieu entre par une oreille et sort par l'autre.

5'» A vec le désir d'en faire profiter les autres. Si un prédicateur s'oubliait en chaire et y prononçait une parole inconvenante ou impertinente, elle serait colportée partout, et deviendrait la matière do toutes les conversations. Pourquoi n'en fait-on pas autant pour chacune des vérités sérieuses qu'il annonce 1 Si on le néglige, où est le zèle que l'on doit avoir pour le salut de son prochain, de ses domestiques, de ses enfants ? Quand vous allez à un festin de noces, vous ap|)orlezà ceux de votre famille au moins quelques restes de gAteau ou des dragées, pourquoi les priver de rjuclques miettes «lu pain sacré de la parole de vie ?

Venite, filii, audite, me. Venez au sermon, venez souvent, n'en manquez point par votre faute, filii, soyez-y dociles comme des enfants qui ne conteslent pas avec leur maître, quand on leur apju-end à lire; venez pour entendre non de belles plirases, mais des leçons de vertu, vous n'allez pas à un avocat pour apprendre l'art de la guerre, ni chercher des raisins dans un champ de blé. Ne venez donc chercher au sermon que ce qu'on y donne, la parole de Dieu. Audite, ne vous distrayez pas avant le sermon^ priez Dieu de vous pardonner vos fautes qui peuvent paralyser l'effet de sa parole. Il est des années, les bons ménagers le savent, où Te blé de même qualité, semé par la même main, dans la même terre. est bien plus nourrissant et a plus de poids que dans d'autres années. La même parole produit plus de fruits dans certaines Ames que dans d'autres, c'est Dieu qui récompense les premières et qui punit les autres. Audite. ne soyez pas distraits. Quand vous habillez le matin votre petite fille, si elle se coNii.f ■. t,.,,i instant vers la terre, ou si elle

J»K l.\ (JRACE ACTUKLLE 821

se remue de côté et d'autre, vous ne pouvez pas lui ajuster ses vêlements. I >irii!iii'nt viiiilc vous que le Saint-Ksprit orne votre fline delà grâce, si retle •'iiiii'-' ; • . iiiK-c des choses terrestres ou de mille bagatelles ? .-lMr/i7<», ' ' - ; parle. 0«i«nd on cite un texte de rKcritiire, dites : Voilà lavérité

( t I iis-en. Timorem Domini, quand on vous parle do la justice de

l>ieu, au lieu de taxer ces enseignements d'exagération, dites comme David : Cnnfiife fifvnrc tuo mritps meos. Doceho. On vous enseigne, ne restez pas

lier qui va toujours à l'école et n'v fait aucun parents, la désolation de ses maîtres, et son pro- \<vr m I.II.I1I-. 1. . rniKM- Miii.'enl retient l'enseignement du maitre.il le repasse qiiHnd il est de retour chez lui, afin de le graver dans sa mémoire. Faites cunune lui ; retenez et mettez en pratique ce qu'on vous a appris. Saint .\ndn' avant connu Notre-Scigneur alla annoncer cette nouvelle à saint Pierre son frère ; communiquez aux autres les lumières que vous avez reçues. (Le Jkine).

1823. A propos de l'introU : Ex$urge, Domine, adjuva nos ou de l'épitre: Sufficil tibi gratta tnea.

Do la grAce actuelle.

sine me nihil potestis facere. Sans moi, dit le Seigneur, tous ne pourez rien. L'honorae n'a rien, en efTet, que Dieu ne le lui donne et ne le lui conserve. Nuas avons la vie; s'il ne nous la conservait pas, elle s'éteindrait comme une lampe qui n'a plus d'huile. Bien plus, la raison démontre aux philosophes que l'homme, bien qu'en ayant la Vie, ne peut sans le secours naturel de dieu faire des actes de cette vie. Ainsi si Dieu ne nous donnait pas son concours, notre langue ne pourrait articuler un son, ni notre bras se lever, ni nos pieds se mouvoir. Si le secours de Dieu nous est nécessaire pour les actes de la vie animale et oalureile, à plus forte raison nous avons besoin d'un autre recours spécial que Dieu ne nous doit pas, qu.> est purement gratuit, mais qu'il nous accorde dans sa miséricorde pour tendre vers V^iM de grâce, vers la vie divine sur la terre, pour faire des actes dignes de cette vie divine, et pour arriver par là à la gloire du ciel, à la participation au bonheur de Dieu même. Ce secours spécial est d'un ordre incomparablement plus élevé que celui que Dieu donne pour parler, agir et marcher, soii aux hommes, soit aux animaux. Il est bien au-dessus de toute la nature, il est surnaturel par conséquent, et s'appelle la grftce actuelle. Tâchons d'en faire comprendre la nature, la néces~ilé et la puissance.

I. \alure dr la ijnice actuelle. La grâce habituelle est an état permanent de l'àme qui est clevée par Dieu à la participation à la vie divine ; il dure jusqu'à ce que le péché mortel l'ait fait perdre. La grâce actuelle vient aussi de Dieu seul ; mais elle ne dure pas. C'est un mouvement surnaturel que Dieu imprime à l'àme, pour la lancer vers le bien »nrnaiurel, pour la faire tendre à l'état de grâce si el.'e n'y est pas encore parvenne, el si déjà elle y est établie, pour l'y maintenir, l'y faire grandir, et lui faire mériter la pldiie. C'est donc un secours que Dieu, en vue des mérites de Jésus-Christ, acri.nle à \'\\ timie pour lui faire opérer son salut ; de là comprenons le prix de la grâce »]ui est le fruit des travaux et de la l'assinn du Sai"-"- '"'vi la main de Dieu qui élève Ihnmme, qui le fortiiîe, qui le si iiiierit ; c'est la '. • qui se met au service de

l'âme; c'est la voix du .Seigneur qui l'appelle ; < <nt céleste qui la nourrit ;

c'est la rosée d'en haut qui la rafraîchit et la fécunde. lanii^t Dieu agit directement sur l'àme, c'est la grâce intérieure qui parle à l'oreille du cœur, snit du pécheur, soit du juste; taniôi Dieu se sert d'un moyen extérifi ' -■ • ' .nne

lirturt'. .••,■ pur agir snr l'àme : c'est la grâce e\ tant

i)ii"i'lie >j>t accompaenée li'iin.' ltAcc intérieure; n:i .. .-. ,- i nai-

rMii.>at il donne à l'An ts intérieur en même temps que ces moyens extérieurs.

r : in're qui a des pn |M)ur on de ses llls et qui veut le fsire parvenir à une

: 'le lies livres, lii i. ti précepteur, l'en - les jours

r malin, ne le li , erdre de temps, l i n'y com-

■•"» "' '•■■■• ^■•■•'■" '"' •■!■•" .. .«. que pour

avertit par les

us en plaignei,

' i qut' ce qu'un •', \uu.s c&l i. > éies un enfiint. Ne

pas que ce «uni ^ que Dieu -< lui ont rnAlé bien

■ ' hi»rl dans Éi ■ '■ - ■ ' tiMII-

re l'àme, ', du

^ . le honlieur lu ;

tan;'M li exriir i i . u :,'■ . i' :■■ ■ i : > > i;- ,ii ' iti -i.-:, di- !■ .ns désirs . ""h*

le iieur et raiU'ii4ii! , i.u.:.'.: .x ;.';;;ip' i.i (.i.h cn*i: ilc l'h inme, mais - ^ ce»

I Mri.-s, unus Ueus qui operalur omnui. Toutefois ces éclairs lumineux, ce» in«piraii' rs, ces attraits, cet appel, ce mouvement surnaturels, cette force divine ne sont pM

822 nOMlNlCALKS. — SF,XAr,l';SIME

durables. Le Saint-Esprit souffle où il veut et quand il veut Ils sont donc dans une grande erreur ceux qui croient que, quand Dieu donne un bon désir, une vocation sainte, on ne peut pas les perdre. Il n'est rien qu'on puisse perdre plus facilement.

II. ^ Sans la grAce, l'homme, même p<'cheur, même païen, peut

bien i lés, comme l'existence de Dieu, la spiritualité de l'àme, et

faire q — , ■--. - ■•. icilement bonnes. L'histoire est là pour nous apprendre que

les Grecs, les Homains ont fait parfois des actes de vertu morale ; mais tous les actes salutaires, c'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas seulement bons au point de voe de la raison, mais qui préparent à la sanctification de l'Ame par l'état de gr&ce, ou à la gloire du ciel, tous ces actes sont impossib'es sans la grâce. Ici il faut prendre à la lettre, la parole de Nutre-Seigneur. Sine me nihil potestis facere. Ni peu ni beaucoup, comme saint Augustin l'explique. Nous ne pouvons pas môme avoir une bonne pensée, pas même prononcer le nom de Jésus d'une manière méritoire pour le ciel, pas même avoir le commencement de la foi si nous l'avons perdue, pas même nous préparer à la grâce si nous en sommes privés; à plus forte raison ne pouvons-nous pas, sans elle, recouvrer l'amitié de Dieu ruinée par le péché, ni nous maintenir dans cette amitié jusqu'à la Tin, ni triompher des grandes tentations. Le cheval et le lion ne se domptent pas d'eux-mêmes, ils ont besoin de l'homme pour être domptés; et l'homme ne dompte pas de luimême ses passions, il a besoin pour cela de Dieu. La grâce est donc nécessaire pour le salut de l'âme, comme la lumière à nos yeux, comme l'échelle à celui qui vent s'élever au sommet d'une maison, comme la nourriture et la respiration à la vie, comme la pluie à la terre, comme les remèdes à un malade, comme les soins d'une nourrice à un enfant qui vient de natire. Elle est nécessaire au pécheur qui ne peut se relever sang elle, au juste qui sans elle ne peut conserver ni accroître sa justice ; elle est nécessaire à tous, à l'enfant, au jeune homme, etc. Rien ne la remplace, ni la science, ni la fortune, ni les honneurs.

III. Puissance de la grâce. Avec elle nous pouvons tout. Cum infirmor, fuite potens sum.Omnia possum in eo qui me confortât. Si Deu$ pro nobis, guis contrànoit iKtminus protector vilœ meœ à qiio trepidaboÇl).

Nous pouvons donc avec la grâce surmonter toutes les mauvaises habitudes, triom* pher de toutes les tentations : Fidelis Deus est et non patietur vos tentari siiprà id 7U0(/ po/estts ; observer tous les commandements : pratiquer toutes les vertus; sopporter toutes les épreuves et toos les tourments, et cela avec joie. Superabundo gaudio in omni ti-ibulatione nostra, disait saint Paul. Et ne voyons-nous pas dans l'histoire tout ce que les saints ont fait avec l'aide de la grâce? Les uns sont passés d'une vie criminelle à une pureté admirable, sainte Madeleine, saint Augustin, etc. Les autres ont entrepris des travaux qui étonnent ; d'autres ont souffert des tourments qui épouvantent : saint Laurent sur son gril... ; et qu'on ne s'imagine pas que ces merveilles que l'homme peut faire avec la grâce, soient réservées aux anciens âges; elles se produisent aujourd'hui encore sous nus yeux. Des pécheurs se convertissent; des jeunes gens se préservent de la corruption du siècle, etc. Tous pfuvent dire comme saint Paul : non ego autem sed yratia Dei mecum. Et ceux qui ne font pas le bien, peuvent se faire ce reproche : non polero quod isti quod istœ? Abl ce n'est pas Diea qui manque à l'homme, c'est l'homme qui manque à Dieu.

(f) Cette grâce, même quand elle est efficace, agit de si bonne grâce, qu'elle dispose de tout suave» ment ; et né.iminMjiv r-lli' .ilif inl à s;, im niiis^iiiiiin'iil : elle ne contraint peisnmn-, tl l'Ilc ir.itrne loug ceux qui l.i ii pas t>our forcer i ir les

iimorcer ; (Il lilK-rle. mais pour ! icsse,

'" "- 'l'' "■ ■■.,.,..-.. M...... ..•..- ses traits ne'""' . •. .irniM

~ ne sont que ries influences d" iir cela elle

.■ notr*' rf>nver>-i"n, ni l'n-uvre li j : la volonté

» 1 "• ... I. .1 . . 1 Heur a U'int

«le rc-- tant elle les

«iirprr vi.iis elle n'a

I 11 lins;

bril- |Miiir

-i.rt [M.ur la iiiduvuir cl la lourm-r vers lui. la cl' ' l'égard de Jésus, vrai soleil de justiie ; elle n'a pc'\

••■. qui est une ressemlilance et une participation de I ^iiu . doit tourner vers lui par une vraie conversion ; elle iloit lui ou-

vrir - luour : .ipfri mihi, soror mm sponsa ; mais ccsl lui qui fuit

t"Ul ' : ,,,. ;><>(' merum. C'est lo soleil qui meut cette fleur, et il est vrai qu'elle

se meut ; r est Un et elle se tourne ; c'est lui qui l'ouvre, et c'est elle qui s'ouvre, parce

que tout cela se f < 'mn vitale, en une plante vivante : car (i cette fleur était morte, si elle

était de cire ' ■ ■ ' ■ • ■ • ' niièrc. l'échautrer de de ses rayons, elle ne se lève-

rail, ne se •■■ mis <|ui vous retire du péché, et c'est vous qui vous

en retirez : , qui vous convertissez : c'est lui qui ouvre votre

cœur: Adi',' pil le lui ouvrez ; car tout cela se fait par une

action volo: ilinn de votre volonté. Trahf me post te:

Tirez-moi ay ■ j,., elTorls de la grâce; curremus in ndorem.

ungtienlorum htorum : Nous courruns à 1 od>,ur de vos parfums ; voilà le concours et le consentement de la volonté libre, (hr. ItvTit).

PE LA PABOLE DE DIEU 8i3

Ne Comprenant pas l'excellence, la nécessité, la puissance de la grùoe, rbomme est ce pauvre qui, quand un riche bienfaisant est prêt à lui venir en aide, ne lui demande rien, ou bien refuse de recevoir ce qu'il donne, ou bien le jette à terre au lieu rie s'en servir, faisant ain«i injure à Sun bienfaiteur. Petite et acripielh. Deut impo$$ibilia

non •'■* ' ■' ..-/^,. / / ../ r, ...,,.. 'jtodpoisis et peler e qnod nonpoisis. (saint

Ak. jie catholiq'ie que : Facienti quod in se

est I . . t qui non seulement ne demandent pas la

grâce, luais qui > uietieut otiàlacie par le nombre ou la gravité de leurs fautes, qui y lésisleiil et en abusent. Que font-ils des remurds, des inspirations salutaires ?... Ils fuient les iastrucions, les bons conseils; quand ils les entendent, ils les oublient, ou ils vont jusqu'à s'en moquer. Que ce malheur ne soit pas le nôtre, on ne se moque pas de Dieu. Il retire sa grâce de celui qui n'y correspond pas et surtout de celui qui la méprise. Cui muilitm dalum est mnltum quœretur ab eo (Lie. xii 48).

il est telle grâce à laquelle est attachée notre salut. Une jeune fille a le désir de se consacrer à Dieu, elle n'hésite pas, elle fait aussitôt des démarches pour être admise. On la rei.oit, elle devient sainte. Si elle eiit tardé, un jeune homme aurait demandé sa ' e se serait peut-être mariée à un libertin qui l'eùl perdue. A la suite d'une conn faite, on était résolu de renoncer à la haine, de fuir une occasion. On celle inspiration divine, il en peut résulter une série d'iniquités qui menèrent en enfer. Donc cherchons la grâce par la prière, les sacrements, les sermons, les bonnes lectures; et quand nous l'avons trouvée, livrons nos ùmes à son action; suivons les inspirations du Saint-Esprit. Quand nous les avons reçues, remercions celui qui nous les a envoyées ; car saint Bernard dit . « L'ingratitude est meurtrière, ennemie de la grâce et du salut; rien ne déplait à Dieu autant qu'elle ;elle ferme tellement le passage à la grâce, que là où elle se trouve, la gn\ce n'a ni entrée, ni place. Il n'y a que l'in» gratitude qui retarde notre avancement ; car le bienfaiteur croyant avoir perdu les grâces faites à un ingrat, oe lui en accorde pas de plus grandes. Heureux celui qui rend grâces pour chaque don qu'il reçoit, à celui qui est la plénitude de toutes les grâces; car en noos montrant reconnaissants pour ce que nous avons reçu, nous méritons de recevoir davantage. (\). Par là et comme les saints, nous nous corrigerons de nos défauts, nous irons de vtrtus en vertus et nous parviendrons au bonheur du ciel.

1824. Autre plan, d'après Bossitet.

De la parole de Dieu.

Non in solo jmne vivit hoino. Pendant le saint temps où l'Eglise nous comiuanrle la pénitence et le jeûne, l'Evanf^ile nous dit que la parole de Dieu est notre aliment. C'est elle qui doit faire le festin de nos Ames pendant que nous retrancherons à nos corjis les plaisirs de la table. Notre Atne, en olTot, se nourrit de la vérité. Venez donr, ô vérité, illuminez ce siècle d'obsnirités. brillez aux yeux des'Udèles, alin que ceux qui ne vous connaissent

I > !..t rsiton p<«ir !.iipiHt«? I insr"tfi'ii''»" ^» «i «tf'^aprMWf * r>i^n, '•'••«l f|t)>II«> riiinp »>t aitAAntH *n

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i«t grâce», fait vtulcnc« * ton larliiutMW ii«iur«U«',

82 1 DOMINir.ALlS. — SKXAOKSIME

pas VOUS roinpronnonl, <jue ociix qui ne pcnsonl pas à vous vous rogaiwlont, que ceux <p»i no vous .-liuicnl pas vous poiîlcnt. Los hommes, en efTot, ou ne connaissonl pas la vérité, ou ne pensent pas à elle, ou ils n'en sont pas touchés, et la préditalion <lc lu parole de Dieu est un remède elïicace à ces trois maux. Si les hommes ne sont pas instruits, elle leur découvre ce qu'ils ignorent ; s'ils sont éclairés, elle leur fait penser à ce quils savent ; s ils y pensent, sans en être touchés, le Saint-Ksprit, agissant par l'organe de ses ministres, fera entrer hien avant dans leur cœur ce qui ne fait qu'en eflleurer la surface.

1 S25. 1 . — Ce serait une grande erreur de penser que les hommes sont assez instruits dos vérités chrétiennes nour qu'ils n'aient pas besoin de les entendre rappeler. .Aujourd'hui, peuvent s appliquer aux fidèles eux-mêmes ces paroles d'isaio : Captivas rluctus est populus meus eo (/uo({ non habet scientiam. Kt qu'on ne simayino pas que l'ignorance est le partage d'un jietit nombre : ce saint prophète ajoute, qu'elle est si nombreuse (juc pour l'engloutir l'enfer est obligé de dilater sa bouche et <le l'ouviir sans mesure, et l'ignorance est le partage des grands, des riches, dos savants, comme du peuple. !s., V, 13, et descendent fortes ejiis et po/julus ejifs ad eum.

Non soulemont on ignore les vérités chrétiennes ; mais souvent on les combat. Sans doute on ne peut pas, ciuand on est chrétien, nier les vérités principales de la foi ; mais la morale chrétionne est souvent ébranlée par le libertinage, ou minée sourdement par les maximes d'un monde toujours ennemi de Jésus-Christ et do l'I^vangile. Si on n'avale pas tout d'un trait le poison du vice, on le suce peu à peu par les conversations que l'on entend, par les lectures que l'on fait, par les exemples que l'on a sous les veux. Salvum me fac. Domine , f/uoniam déficit sufictus , (juoniam dimînutœ sunt veritutes a filiis hominiim. Les vérités sont diminuées dans leur pureté, on les mélo, on les falsifie; dans leur intégrité, on les tronque et on y retranche; dans loin- majesté, on leur ote tellement leur grandeur qu'à peine les voyons-nous. Ces grands astres ne nous scmblont qu'un petit point, tant nous les mettons loin de nous, ou tant est troublée notre vue par nos ignorances et nos préjugés. Puisque les maximes de l'Evangile sont indignement trahies, Dieti, dans sa justice, a dii pourvoir à la défense de ces illustres abandonnées et charger des avocats de plaider leur cause. C'est pour cela que des chaires sont élevées près des autels, afin que la vérité, déchirée dans les cotnpagnies mondaines, ait du moins quelque lieu où l'on jtaric hardiment en sa faveur, et que la [tlus juste des causes ne soit pas la plus délaissée. Venez donc entendre la défense de la vérité, venez écouter la parole de Jésus-Christ condamnant les maximes du monde et nous éclairant sur nos devoirs. Comment aura le courage de pratiquer l'Kvangile, celui nui n'a pas la patience de l'entendre ? Quand lui ouvrira-t-il son cœnr, s'il lui ferme jusqu'à ses oreilles? O'nind lui donnera-t-il sa volonté, s'il lui refuse son attention?

482<j. 11. — Ceux qui prétendent savoir cl n'avoir pas besoin qu'on les avertisse, font bien voir qu'ils ne connaissent pas même leur propre esprit. L'esprit humain, abime sans fond, trop étroit i)ourtant pour se comprendre tout entier, a des retraites si tortueuses, dans lesquelles se cachent ses connaissances, que souvent ses propres liunières ne lui sont pas plus présentes que celles des autres. Souvent il ne sait pas niéme ce qu'il sait, et ce qui est en lui est loin de lui.

David connaissait admiralilement les lois de l'humanité et de la justice, et cependant dans quels antres profonds de son esprit s'étaient-elles cachées, lorsque Dieu lui envoya Nathan pour les lui rappeler? .Nathan lui parle. Et David n'entend jtas encore. Il a besoin que Nathan lui dise : C'est vous qui fites cet homme injuste. Il connaissait la vérité pourtant, mais il s'en était laissé détourner par le charme des passions et par les affaires ; et il la tenait en oubli. Il l'avoue lui-même : Lumen oculorum meorum et ipsum non est mecum. Ecoutez, homme habile en tout, qui n'avez pas besoin qu'on vous avertisse. Votre propre connaissance n'est pas avec vous, et vous n'avez pas de îiunière. Peut-être que vous avez la science, mais vous n'avez pas la réflexion ; et sans la réflexion la science n"o«laire pas, l'esprit est dans les

DI-: LA PAROLE DE DItU 825

U'nébivs. Vous avez des yeux, mais ils sonl fermés; les vérités chrétiennes sont dans votre esprit comme des flambeaux éteints. Vous avez donc besoin qu'on vienne ouvrir ces yeux appesantis par le sommeil, et qu'on les applique à ce qu'il faut voir. 11 faut donc que la parole du prédicateur vienne exciter en vous la réflexion, et sojl comme une étincelle qui rallumera les flambeaux éteints, autrement toutes vos connaissances sont inutiles. Et, en effet, combien de fois ne nous sommes-nous pas plaints de ce que les choses que nous savons ne nous viennent pas à l'esprit, que l'oubli, la surprise, la passion les rend sans effet. 11 est donc nécessaire de réveiller souvent nos connaissances, de peur qu'elles ne perdent l'habitude de se présenter et ne demeurent sans force pour notre salut. Les vérités du cielne sont pas des meubles curieux et superflus qu'il suffit de conserver dans un magasin; ce sont des instruments nécessaires qu'il faut avoir presque toujours sous la main, parce ?[u'on en a toujours besoin pour agir. Kl il n'est rien que nous oublions plus acilement que les pensées de la foi. Klant au-dessus des sens elles tiennent peu à notre mémoire ; ne les estimant pas à leur juste valeur, nous ne prenons pas la peine de les approfondir ; quelquefois même nous sommes bien aises de les éIoif:ner par une malice affectée: Oculos suos stntuerunt declinrire in terram. Lorsque les vérités du salut se présentent aux veux de certains, ils sont résolus de fixer leure yeux sur la terre au lieu de les lever «^ers le ciel ; il est donc bien nécessaire que la voix du prédicateur les tire de ces objets variés pour les appliquer aux biens invisibles.

1827. 111. — Souvent on entend avec attention et on n'est pas ému, ou on ne s'applique pas à soi-même ce que dit le prédicateur, ou on ne pense pas. que sa parole soit capable de persuader ce qu'on ne veut pas faire de soimême, et ait plus d'eflicacité que la propre conscience pour convaincre l'esprit et déterminer la volonté; de là vient qu'on écoule le prédicatetir avec plaisir, parce qu'on croit voir dans ses discours la censure des autres, ou p.ine qu'on y éprouve un certain charme, si sa parole plait, ou du moins sans «i.-pout, comme un passe-temps dans lequel on se trouve engagé par la corn|>ai.'nie :

1" l.'allention à la parole de Dieu qui est si utile, comme nous l'avons vu, ne 'It'it pas jiorter sur les autres, mais sur nous-mêmes : Verfmm sapiens ijuoth itmque audierit seins, laitdabit et ad se adjiciet. Le sage loue tout ce qu'il entend de sensé et se l'applique à lui-même. Après tout, c'est nous qui avons besoin d'tlrc instruits, de réfléchir, d'être convaincus, afin d'arriver

f)ar là il • notre vie et à nous^sauver. Les crimes des autres ne nous

eront y >-t à la damnation; le sage ne s'amuse pas à examiner

l'oiir qui ;i ; ii ic, il ne songe qu'à sa conscience. Ce sont ses pas-sions qu'on ;iitai|iit^; vr Mirit les vertus qui lui font défaut que l'on loue. S'il sent le glaive <li' la ii.iroi<> qui blesse son orgueil, son sensualisme, il ne cherche pas à 1 <■• aller ; il le plonge pins avant encore, par la réflexion, jusqu'à ce «pie la bU - 'ntaire aille jusqu'au vif et que la passion soit immolée et

qu. . la plaie coule par les yeux, c est-à-dire par les larmes versées

su: iiieuls.

lier que la |tarole évangélique n'a pas une eflicacité [lartirulière |i, . ii,,ç :iii,,.,; , ■<<i iMililicrsa nature. La paroi" iimn.inp opère des

\\^■ i terre; mais la parole < . cpii n'est

au' , , irist, a une eflicacité telle , i ihangé la

face du monde. Si on I écoute aujourd'liui avec moins de protii, il ne faut pas croire iiu'elle ait rien perdu de sa vertu. Cela vient de ce qu'on l'enlcnil avee r' \v''< le foi, et de ce qti'on no prête jms l'oreille à la voi\ de Jésus-' ' i ml à l'Ame. Le «on de la parole est au dehors, le Maître es) nti 'I véritable prédication se fait dans le c«rur. C'est [lourquoi ' a dit si souvent ; (Jue celui qui n des oreilles pour enh rcrtf*;, il ne parlait pas A i '-^ ; mais il sav.ut qu'il y tu ,i qui .

venu iiiiiirno fias voir et dr ;iour ne pas entendre. Il y n en U'

pr ■ \ hiunuiiic ne pénètre pas. où lui seul laiii-

et! réte et profonde cette écolo où Dieu • i-e ! Il

faiii SI' riiinr au mnii du e<pur; il faut se recueillir, non là ou sr g. hm al les belles phrases ou les belles pensées, mais lA où nai.ssent les bons désirs, où

836 DOMINICALES. — QUINQUAdÉSIME

se prennent les bonnes résolutions. Il laul dresser dans ce sanctuaire fnliinc une chaire où le Maître conunando avec empire. Là, il faut non seulement écouter, mais obéir, mais se rendre, mais abattre à .ses pieds ses passions vaincues, et tous les vices et toutes les erreurs du monde. Ah ! rpie Jésus- Christ a peu d'au<iiteurs dociles! On l'entend IVoidement, ou l'on ne ressent qu'une émotion passagère de bons désirs, «pii ne deviennent jamais de généreuses résolutions, flamme errante et volage (pii ne jirend pas et que le moindre souille éteint. Et pourtant à qui appartient-il de toucher les cœurs, sinon à la vérité? C'est elle qui apparaîtra à tous les cœurs rebelles au dernier jour ; et alors on verra quelle est sa iiuissance : Videntes tnrbabuntur timoré horribili. Pourquoi cet elTroi horrible? c'est <pie la vérité leur parlera et les poursuivra jusipie dans l'éternel abime. Epargnons-nous ces terreurs, et entendons la [tarole qui dissipe nutre ignorance, qui nous l'ait réfléchir aux intérêts les jibis chers et ^ue nous oublions pourtant, et qui porte en notre Ame une crainte salutaire, rpii nous arrache au charme des biens terrestres pour nous l'aire goiîter les biens éternels. So^'ons assidus aux instructions; envoyons-}' nos enlanls. etc., attirons-y les pécheurs.

ISis. Qninquagéiiline. — Là ou l'on célèbre les quarante heures, on peut [trêchcr l'adoration du Saint Sacrement. (N" liio.)

A propos de l'Evangile: Cœcus quidam sedebat secua viam, mendicans. De l*aveu|çlement de l'esprit

De toutes les créatures visibles que la tonte-puissance de Dieu a fait éclore du néant, la plus admirai le, c'est l'tiomme: de deux substances qui sont en l'homme, la plus excellente, c'est l'&me : de toutes les facultés de l'&me, la première, la plus spiriiuelle, et la plus noble, c'est l'entendement ou l'intelligence: cette puissance est à nuire âme ce que les yeux sont à notre corps, ce que les juges sont à l'Etat, et ce que le soleil est au monde. Par celle puissance, nous mesurons la hauteur des cieux, la profondsur de la mer, la rond ur de la terre, nous connaissons le mouvement des astres, nous gouvernons les éléments, nous découvrons les propriétés des plantes, nous domptons les animaux, nous obligeons toutes les créatures à nous servir, nous portons le sceptre et la couronne de la monarchie de cet univers. C'est l'entendement qui est le père des sciences, l'inventeur de tous les arts, le premier mobile et le principal ressort des actions humaines, et, ce qui est bien plus honorable, il est la première porte, par où Dieu entre dans notre cœur; il est le trône de la foi, le sanctuaire de la béatitude; car, selon la doctrine de saint Thomas, les saints sont essentiellement et formellement bienheureux par la vision de Dieu: If (PC est vita œlerna, ut coaiioscatil le. Videbimus eum siculi est, et c'est le propre de l'entendement d'exercer cette action si haute, si noble, si surnaturelle.

Je sais bien que la volonté est la reine en ce petit monde; mais aussi je sais que l'entendement est son premier ministre, son chancelier, le chef de son conseil, ou, pour mieux dire, son unique conseiller dont elle suit les avis si aveuçciémenl et avec tant de déférence, que, si on examine la chose de bien près, on verra qu'elle n'aime rien, qu'elle n'embrasse, qu'elle n'entreprend et qu'elle n'exécute rien, si l'entendement ne le trouve à propos, à tort ou à raison: Mliil roUtnm quin praxognilum. De plus, l'entendement a un grand avantage sur la volonté, en ce que la volonté, pourj'tuir de ce qu'el'e aime, surt d'elle-même; elle va chercher son objet, elle s'abandonne à lui, elle s'y colle et s'y attache; l'afTiiciion fait qu'elle se transforme en lui, se rend semblable à lui, se fait sa servante, sa captive et son esclave. Terram diliriis terra es, dit .S. Augustin ; et le prophète Osée : Ils se sont rendus abominables comme les choses qu'ils ont aimées; l'entendement au contraire, attire et loge en son sein son objet, et s'il est matériel, il le décharge de la matière corporelle, il l'épure, l'ennoblit, le rend spirituel et incorruptible. S'il est vrai dédire, avec la philosophie, qu'une privation est d'autant plus funesie. que la perfection qui lui est opposée, est plus excellente, Optimi corruptio pessimn, ne faut-il pas avouer que c'est un malheur bien déplorable quand une si noble puissance est obscurcie, quand cet œil de l'âme a perdu sa lumière, quand ce juge est corrompu, quand ce soleil esi éclipsé, quand ce conseiller est perverti, quand ce premier mobile est déréglé, c'est-à-dire quand l'homme vient à tomber dans l'aveuglement de l'esprit. Pour éviter un si grand malheur, il nous faut premièrement considérer les causes d'où il procède et, en second lieu, les remèdes qu'on peut y apporter.

t. Causes. 1» La justice de Dieu, qui relire ses lumières. Saint Augustin en donne la raison. Il n'tst rien de si juste, dit-il, ni rien de si conforme à la raison, que d'ôter à un serviteur l'instrument qu'on lui a donné, s'il ne s'en sert jamais. Ce maître qui avait donné des talents à ses serviteurs pour en trafiquer, le fit ôterA celui qui le laissait inutile. En effet, si un de vos serviteurs vous disait : Monsieur, i! y a deux ans que, par votre commandement, je porte tous les matins à cinq heures en hiver de la chan-

DK l'weuglbment DE l'esprit 827

délie à votre Ois pour se lever et étudier ; mais je vous assare qu'il n'en fait rien ; il la laisse brûler sur la table, et dort tous les juurs jusqu'à sept heures. Vous lui diriex: Ne lai en porter donc plus. Lucerna pedilms mets verbum tuum. Il y a deux, trois, quatre et cinq ans que Dieu vous envoie (ies prédicateurs qui vous avertissent de votre d voir, qui vous montrent le chemin du ciel, qui vous prêchent la parole de Dieu, qui vous exhortent i quitter vos mondanité», vos vanités, vos fautes, et vous n'en faites rien ; vous n'en remuez pas le bout du doigt, pour pratiquer ce qu'on vous prêche ; vous dites qu'on a beau prêcher, qu'on n'en fera, ni plus, ni moins. Eh bien I l'un de ces jours, une longue maladie ou une mauvaise affaire vous mettra dans l'impuissance d'entendre les prédications ; Dieu vous enverra des prédicateurs qui prêcheront à la mode, qui chatouilleront vos oreilles de périodes bien parées; qui vous mettront dans le chemin large, chemin qui, an dire du Seigneur, conduite la perdition. 11 y a cinq ou six ans que votre mère on volie femme est pour vous comme ira flambeau allumé, qui vous montre le chemin du ciel par ses remontrances ou ses bons exemples, vous n'en faites aucun profit, vous vous moquez d'elle oa vous l'injuriez. Kb bien ! an de ces Jours Dieu voos ôtera ce flambeau : Movebo candelabrum tuum de loco $uo : elle viendra à mourir, vous n'aurex plus personne qui vous retienne, vous irez de précipice en précipice.

La sainte Ecriture nous offre un fait éclatant qui confirme cette vérité. Âchab, roi d'Israël, et losaphat, roi de Juda, se disposaient à assiéger la ville de Ramoth. Josaphat qui était pieux voulut auparavant consulter Dieu. Achab y consentit et il Ht assembler sur le champ 400 faux prophètes de UaaI. Ces prophètes sachant qu'Achab aimait les flatteries, lui prédirent la victoire. Josaphat qui n'y ajoutait pas foi, demanda un prophète du vrai Dieu : on appelle Michée dont Achab ne voulait pas, parcequ'il ne lui annonçait que des malheurs. Micbée arrive et prédit à Achab qu'il y mourra, et que son armée sera mise en déroute. Achab aime mieux écouter ses faux prophètes ; et il est tué dans le combat, et son armée est mise en déroute. Ah I c'est qu'il avait opprimé injustement le pauvre Naboih. c'est qu'il aimait les flatteurs, et s'emportait contre les vrais prophètes de Dieu. Ils lui ressemblent ceux qui n'écoutent pas les prédicateurs apostoliques, ni un confesseur sérieux. Dieu permet qu'ils se perdent en allant entendre des sermons stériles, consulter un confesseur rel&( hé qui les laisse s'égarer.

i' Satan quand il s'est rendu maître d'une âme, la traite comme Nabachodonosor Sédécias ; il lui crève les yeux. C'est ainsi qu'un vautour fait à sa proie. Quant aux justes dont il n'est pas maître encore, il n'a pas autant d'empire sur eux : mais il leur tend des embûches secrètes qu'ils ne peuvent point découvrir. Ce sont les animaux 1rs plus stupides qui vont se jeter dans un piège apparent, ce sont ies pilotes maladroits qui vont butter contre un rocher qui s'élève au-dessus de la mer; un sage pilote ne redoute que les écueils cachés. Satan s'attaque donc aux justes par des artifices, car il sait qu'ils ont en norreur les fautes évidentes. Le désir de faire la fortune de leurs enfants, la confiance en leur vertu, en leur propre jugement, un état de tiédeur dont ils ne voient pas les périls. Vuili les pièges cachés que le démon tend sous leurs pas. ils ne les voient pas et s'y laissent prendre.

-i" l'ne pa.'sion qui nous domine. Il est vrai que l'entendement conduit et dirige la volonté, il est le flambeau qui l'éclairé et qui lui montre oii elle doit aller; mais elle est toujours la maîtresse, et il est comme an serviiem qui connaît bien les humeurs et !es inclinations de celle qu'il sert et qui s'y rend complaisant; il détourne ce flambeau des

lieii' "■■'"II- ■ "^ --<■•- I ■■ ' -♦ i'^.,..Mp g^ |g fjj, éclairer sur ce qu'elle aime et

aff> 1 vous avez un procès ou une querelle,

\t* ' r votre cause : voire droit vous semble

plus ciair que le soieii en p.eui midi ; au contraire, votre partie adverse pense que vous êtes en erreur, et que vous avez le plus grand tort qui puisse s'imaginer. C'est qu'une passion dérég'ée nous enivre plus que le meilleur v.n qui soit au monde ; elle jette des ténèbres en notre esprit, et elle nous fait prendre de fausses lueurs pour des lainières bi«»n l'c'alariles.

Voiia les causes de l'aveuglemenl, qui est le plus grand mal de l'homme. Quand la voloriié s'égare, on la redresse par l'inlplligence et le rsisonnemenl : mais quand l'intelligence est aveugler i on la corr pas tous les jours de grands pcrsonm >uxpourt :>les même de cun- ^„,ro ... o,,!.....- . , ,,, a,,„i^,és par un< ". "*•• ->">».■'• n, p.ii que tous les pères 8|' y b"t pipes de RoiM, ne le^ t les cii.i^.irt I .H >..;iKsoii. (.'était un grand Saint au > u po«séd.tii fi it* f rtiliail, il ne buvait ni vin ni cidre,

mais s étant attaché à une femme, il se laissa pr«Mi!i. ns. ijm un i-nvi'-

reni les yeux, le mirent à la chaîne, l'ubligèrent i <■ un > ; m moulin, comme

une bête de somme. Voilà l'image de ce qui . ■ us étiez autrefois

homme de bien, vertueux, spirituel; vous von à une créature, à

on neven que vous voulez agrandir, à un em»^ . -a capable. Satan

voos a mis à l'attache ; vous a crevé les yeux, vuu~ •'■ voir le mauvais état

où vnos êtes, les fautes que vous commettez en cri Votre vie est conme le

828 DOMINICALKS — QUINQUAGliSIME

moDvement d'une meale, c'est toujours i recommencer, sans rien avancer, sans amen» dément, sans changement ; votre confession de Pâques est la même que celle de NoCI, et celle de Noël comme celle de P&ques, et ainsi jusqu à la mort : et comment éviteriezvous un mal que vous ne connaisse! pas? comment le co/inaliriez-vous quand vous vous laissez aveugler par votre passion 1 Vous ne priei jamais Dieu de vous ouvrir les yeux, vous ne consultez personne, vous ne donnez la liberté à qui que ce soit de vous dire vos vérités ; si l'on vous les dit, vous !e prenez de mauvaise part, ou vous n'en croyez rien. Quand le ciel et la terre se renverseraient pour vous émouvoir et vous convertir, vous demeureriez immobile. Nescierunt, neque tntellexerunt ; in temhris ambulant, movehuntiir omnia fundamenta terrœ. Il est donc grand temps, de sortir de cet état, et pour cela d'employer-

II. /.?<: remèdes, i» Il y a un remède préservatifqui est de bien peser que cet aveuglement, quand il est volontaire, ne nous excuse pas, par exemple quand on accepte une charge qu'on est incapable de bien remplir, quand on néglige d'acquérir la connaissance de SCS devoirs, ou des sciences qui sont nécessaires pour les accomplir ; quand, se flant trop à soi-même dans des décisions graves, on néglige de consulter, lors même qu'on comprend le besoin que l'on en a. Et certes il est facile de comprendre par l'histoire que l'aveuglement volontaire ne justifie pas. Qui excuse les bourreaux des mariyrs T cependant Us croyaient rendre gloire à Dieu en persécutant les Chrétiens. On se fait illusion sur ses devoirs de père, de mère, d'époux, de médecin, etc., on n'ose en parler en confession. On a penr d'être éclairé. Est-on pour cela innocent? assurément non, en ne se confessant pas, on se prive du moyen le plus efficace d'obtenir son pardon et de se corriger.

II est même des cas où il rend l'homme plq^ ccupable. Terlullien a dit que le délit capital des impies, est de ne pas vouloir reconnaître celui qu'ils ne peuvent ignorer: Hœc est summa delicti nolentium recoynoscere quem Ujnorare non posxunt. Dieu, au témoignage de saint Paul, se révèle si clairement par ses œuvres, que les philosophes qui ne l'ont pas honoré $int inexcusabiles . Et n'est-ce pas là aussi le crime de ces hérétiques qui rejettent tout ce qui serait capable de les éclairer ; et de tous ceux qui affectcnl de ne pas connaître la religion, afin d'en esquiver les devoirs. Noluit intelligere ni hcni' aijeret. Un aveuglement ainsi aflTeclé est déjà un crime en lui-même, il ne peut justifier les autres crimes dont il est la cause. Il faut donc le redouter et s'en garantir.

â° il y a des remèdes qui guérissent l'aveuglement en en retranchant les causes: 1) on apaise la justice de Dieu par la pénitence et la prière : Domine ut videam : 2> on échappe aux pièges de Satan en consultant un bon confesseur auquel on rend compte de sa vie, de la manière dont on s'acquitte de ses devoirs, de ses dispositions intérieures. 3j On se défait de ses passions, de ses attaches perverses, en les combattant, de ses préjugés et de ses fausses lumières, du propre esprit, en s'en défiant.

Domine, illumina oculos mpos ne unquam obdormiam in morte. Quel malheur d'être dans les ténèbres 1 qui amhulal in tenebri$ nexcit quo vadnt ; et de n'être éclairé de son égarement que parles flammes de l'enfsrt Sicul filii lucis ambulate. (D'après le P. Le Jeutie. Voir la note du n* 998.)

1820. Autre Mijet : Vœ mundn a scnndnlis. On parle du péché d«j scandale qu'il faut éviter, en même temps qu'il faut se mettre à 1 abri des scandales du monde, et des atteintes des scandaleux. (V. n» 891 et 1238 en note).

1830. Antre snjet : Ou encore de la réparation des outrages que reçoit Notrc-Scijincur comme il suit :

Réparation.

Sustinui qui sininl mecum c.ontristnretur et non fuit, consnlnntem me gufpsivi et non inreni. Ce n'est pas seulement au jardin des Olives que rAme de Notre-Seigneur fut plongée dans une tristesse mortelle ; on peut dire que toute sa vie fut une croix et un martyre, .\ussi l'histoire nous rap- ♦porlc-l-elle qu'on le vitsouvent pleurer, mais jamais rire; et encore aujourd'hui, des saints autels sur lesquels il est exposé, il me semble qu'il nous fait entendre cette plainte : Sustinui.

I. Nous devons le consoler en réparant les outrages qu'il reçoit. II. Nous le pouvons.

1831.l.iVotts le devons.K^ Ces outrages demandent une réparation, autrem'ent ils risqueraient d'attirer la justice de Dieu sur le monde. Le déicide des .luifs a appelé sur ce peuple ingrat la malédiction. Or l'Apôtre nous dit qu'il est des pécheurs rursuin crucifif/ entes Filiiim hominis. Le Fils de l'homme. Jésus-Christ, est encoi'e vivant sur la terre et cela : 1) dans son corps m)s-

Ul-U'AHATION S*}'.»

ii'|uo .[111 l'si 1 Kgiisc. ^ on l'a m: corpus Christi. <jiii est ruput Ecclesiti' ; o( II'.;.' lise peut <iire : Adimpleo eu qiKr tlexiint passionum C/trisfi. Le «•alvuiie n'a élé que la première page «le ce livre qui no s'achèvera qu'à la lin «los temps : c'est l'histoire de toutes les douleurs de l'Eglise, qui s'avance ù travers los Ages, le Iront couronné d'épines et portant sa croix, en attendant le triuui[»iic de l'ascension glorieuse. <!'est le martyre d'abord, c'est la persécution hypocrite, ce sont les hérésies, los scandales de ses propres enfants. Tous les traits des méchants sont dirigés contre elle ; contre elle s'arh.irnont Satan et ses suppôts. Kt cette haine infernale se dirige principalement contre le pontile romain. C'est l'ierre qui doit surtout réaliser la paruio du Maître : Pofestis hiberecalire/n? Ce calice d'amertume est son lot. in jour, las de souffrir, Pierre s'éloignait de Kome, quand N'otre-Seigneur .se présenta à sa rencontre en portant sa croix. Pierre étonné lui dit : Domine (jtio l'adis ? Je vais être crucifié de nouveau. Pierre comprit que c'était assez aun crucifiement pour le Sauveur, et que c'était à lui Pierre de le subir désormais; et il rentra dans Home où il mourut. Aujourd'hui il en est toujours ainsi. L'Kglise est toujotu's persécutée ; ne perdons pas confiance, elle a les uromesses du Maître. Les puissances de l'enfer ne l'emporteront point sur elle.

Si nous avons notre part de la persécution, réjouissons-nous-en même ; le disri pie. n'est ^Kis au-dessus du Maître. Nous sommes plus heureux mille fois K cpii nous la font subir. Toutefois, (piand l'Kglise de Jésus-Christ

est w la rage des méchants, quand ses libertés lui sont ravies,

«pianu SOS u-viles sont arrachés de ses séminaires, tpiand ses religieux sont expulsés, Jésus-Christ qui aime l'Eglise, attend un consolateur : Sustinui.

î) Jésus-C^hrist a de plus sur l'autel son corps réellement présent dans le Sacrement de l'Eufharistie'. Ne semble-l-il pas que tous devraient accourir pour visiter ce céleste ami i 11 est souvent seul. Là il s'immole pour notre salut en sacrifice, et (pii vient recueillir les gouttes de son sang ? Où sont les .Mailolcin''« Hii 'iiibrassenl sa croix, et lui disent leur amour? où les centurions et - qui se frappent la poitrine? Mêlas! il en est qui n'assistent au\ - \ stères que pour se moquer de la religion. 11 est là pour ôtre la nourriture des àmcs, et combien désertent la table sainte, sans parler de ceux qui s'en approchent pour donner au Sauveur le baiser du [i'a\- [i-i' '. Sttstinui (/ui simul cuufrisfaretur ; n'a-l-il pas droit, à la vue de lindiilVrence des uns, des irrévérences et des sacinlèges des autres, de dire : Sustinui.

Ah ! les outrages faits à son Kglise et à sa Personne adorable dans l'Eucharistie, sont un nouveau crucifiement; il lui faut de nouvelles Saintes Femmes, de nouvelles Véroniques, de nouvelles .Madeleines qui essuient son visage, nui arrosent ses pieds de leurs larmes, de nouveaux disciples fidèles, comme Jnsp|.li d' Arimalliio. qui le détachent de la croix ; sans cela la justice de son V' ne la foudre pour exterminer le monde, et venger

son Fils itend, il y a droit. Heureux ceux qui s'offriront à

lui pour I s dos hommes dan^ . . i ,|res.

ioAv.ii lion. \'os estis (/ui j m in ten-

tatinnihu // ■. »•//-/ m^pono rohis sicut ih.-'jiu.siiii miiu inler uieus

ifijii'nii IJ I -!i si^ comprend ; réparer c'est aimer ; or, eijo diUijentes mt

ilili ■ ' /-.,./«. ,,.i, .,.,,.,•,.., „,,y;p,7 lifua diliijf.ntihus se. Donc ne

\\\<\ is und hord viyilare mecum. Vigilate

et •• , .irez.

Il I" Les attaques que subit l'Eglise se réparent en elTot

l>.n , par 11 dip'iliié, le dévouement, le respect de ses

N ; el qui ne p' i mesure de son inllucii« e, payer à

iitul de ces •-• s? V. Sainte Catherine do Sienne,

etc., H" «yi.

â" I..es ont rngos dont Notre Sripnctir est l'objet dans son sjirromenl d'amour se ; ;iii leur sont contraires : réloiirMiMnonl, par l'enij i tabernacle et à assister à la niesse ; Ifs irrévcrcure.s d.iu-s le .s.iial lieu, par le respect intérieur el exleriiur en piéseihc du Uoi des rois : la désertion de la table sainte, par la coumninioa

1 'U.M 1 .> H Aiw.r^

fréqiionle; le Siuiiii-j:r. par des comniunions bien laites, om ne ix-iii venuk l'église, assister de temps en teiniisà la messe, v |trieravec ferveur, communier aver un npur pur. et frci|uemment ? Jésus qui m'attendiez en vain, deuuis longtemps, me voici. Il vous faut des consolateurs. Je ui'olTre à vous. Mêlas ! j'ai moi-même, trop souvent, percé votre cri'ur si tendre par mon indilTérenrc, etc. Il est temps (|ue je le console {»ar ma ferveur, etc. Je vous serai lidèle, afin qu'à ni;i dcidicrc mphic vnn'; imi^;»;!.'/ iiif> i)ir'> • Vos esfis f/iii permansistis, etc.

'183:2. Mercredi des Cendres. On peut ce joar-là, prêcher sur la mort, ou sur le jeûne (voir ces mois), ou bien se servir de l'allocution suivante de Massillon que nous ne faisons qu'abréger : liememoramini pristinot dies. (Hbb. x. 30). Il n'en est pas de la naissance de l'Eglise, mes Frères, comme de celle des superstitions et des sectes. Leur origine a toujours quelque chose de bontru.x. Comme l'orgueil et la licence en furent les premières sources, i! faut tirer le voile sur ces premiers temps, qui les établirent parmi les hommes. On y voit les passions les plus honteuses présider à la naissance de ces ouvrages de ténèbres; leur donner la forme, l'accroissement et les progrès; semblables à ces enfants infortunés qui sont le triste fruit du crime de leurs pères, il ne faut pour les couvrir de confusion, que les rappeler à leur origine.

Mais pour nous, mes Frères, nous pouvons dire avec confiance : Rappelez les anciens jours : Hememoramini aulem piislinos di3S. Les premiers âges de l'Eglise sont les âges de sa ferveur et de sa gloire. Souvenez-vous de ces temps heureux, où la Foi encore naissante formait tant de martyrs généreux, tant de pénitents austères, tant de vierges pures, tant de pasteurs fidèles, tant de ministres irrépréhensibles : RememU' ramini, etc.

Rappelez cette ferveur primitive, où l'innocence des mœurs était, j'ose le dire, le crime auquel on reconnaissait les Chrétiens; où ils ne devenaient suspects aux tyrans, qu'en paraissant peu conformes au monde corrompu : et où la fuite des plaisirs publics était le seul indice dont on se servait pour dénoncer les fidèles, Rememuramini, etc.

Rappelez-vous cette rigueur de discipline, où les chutes publiques ne s'expiaient que par les chûtimenis publics ; où le spectacle de la pénitence effaçait le scandale du crime ; où les pécheurs regardaient la pénitence la plus rigoureuse, comme une grâce, où ils sollicitaient eux-mêmes le droit de punir leurs crimes, et de les pleurer; et où, prosternés aux portes de nos temples, couverts de cendres et de cilices, séparés de l'autel saint, après avoir longtemps gémi dans cet état d'humiliation et de peine, ils recevaient le bienfait de la paix et de la réconciliation, non pas comme le prix de leurs longs travaux, mais comme le fruit de la charité et de la clémence de l'Eglise; Rememoramini, etc.

Au souvenir de ces jours heureux, à la vue de ces faibles vestiges que la cérémonie d'aujourd'hui nous en retrace ; à l'immense disproportion que nous trouvons entre nos

fières et nous; entre leur ferveur et notre léthargie, leur innocence et nos dérèglements, eurs austérités et nos mœurs sensuelles, les larmes et les expiations de leur pénitence, et les démarches languissantes de la nôtre; dans quelle disposition de terreur et de confusion ne devons-nous pas entrer T C'est la réflexion la plus naturelle que nous fournit cette cérémonie, el la seule à laquelle je m'arrête.

Vous êtes pécheurs, vous le savez : la pénitence des innocents ne suffit plus pour vous ; vous devez à la justice de Dieu des réparations. Que de plaisirs injustes et bonteux à expier! Que de scandales à réparer l Que d'horreurs à effacer fil vous faut encore la pr-nitence des pécheurs. Mais en quoi consiste cette pénitence?

Ah I si vous la mesurez par la justice de Dieu qui l'exige, regardez la sainteté et la majesté de celui que vous avez outragé ; regardez la terreur de ses jugements, exercés autrefois sur des prévarications que vous compteriez à peine parmi vos fautes ; regardez l'univers entier inondé parle déluge; des villes coupables livrées à un feu vengeur; des mnrmurateurs engloutis ; un simple violement du sabbat frappé de mort; une légère défiance de Moïse punie par l'exclusion de la terre promise; regardez son propre Fils devenu la victime de nos péchés, et quels châtiments sa justice a exigés de celui en qui il avait mis toute sa complaisance ; regardez et faites selon ce modèle.

Si vous en jugez par les rèi,'les que l'Eglise observait envers les pécheurs qu'elle soumettait à la pénitence publique : paraissez ici, illustres pénitents qui gémissiez autrefois des années entières à la porte du Temple, sous la cendre et sous le cilice, et par tout ce que l'Eglise exigeait alors de vous, de jeûnes, de macérations, de privations, de prières, apprenez aux fidèles qui m'écoutent, ce qu'elle exigerait encore aujourd'hui, si la sainteté de son esprit décidait de la sévérité de ses règles.

Voilà la pénitence de ces pécheurs. L'Eglise ne fait plus de cette pénitence une police publique; mais la justice de Dieu, qui est immuable, vous dispense-t-elle de la pénitence secrète? L'Eglise elle-même, qui ne s'est relâchée qu'à regret de la discipline extérieure, en conserve toujours l'esprit ; elle vous charge encore de vous imposer en wcret des peines proportionnées à vos fautes, et d'être à vous-même votre juge.

^II.KCHKI»! l'KS (KNUKK.'-

Et ce;; "' - vous aujourd'hui, sur le devoir

de la p' .s fidèles des premiers temps f

Est-ce q-c .„ j... -v - ^..-..^^ ^v. ..,.v,^ ..-.^ vuus «avez ûu'en Dieu, il n'y a

ni mutation, ni vicissKude; que tout change autour de lui, mais qu'il demeure toujours le même.

Est-ce que vos crimes sont moins énormes que ceux des premiers fidèles? Hélas ! ils ne conoai&saieni pa<« même les horreurs que nous avalons comme l'eau. Une seule chute en faisait quelquefois des pénitents publics; et après une vie entière de souillures et d'iniquités, nous voudrions être plus déchargés qu'eux de l'expiation et de la pénitence.

Est-ce que dans ces premiers lemps les crimes étaient moins excusables, et méritaient paria des peines plus rigoureuses? Hais l'idolâtrie d'où sortaient ces premiers disciples; le« dissolutions du paganisme dans lesquelles ils avaient éié élevés; les excès autorisés par la religion même qu'ils avaient sucée avec le lait ; tout cela semblait rendre après leur conversion, leurs chutes plus dignes d'indulgence et de gr&ce ; au lieu que vous, nou.~ri$ '^- .-... -^ de la Foi, blanchis par la grâce de la régénération au sortir du sein de levés dans une discipline sainte, affermis contre l'horreur du crime

par les ' la Religion et par les exemples des justes, vous ne pouvez juslifitr

vos chutes que par un excès d'ingratitude et de corruption, qui les rend plus criminelle-^ et dignes d'un châtiment plus long et plus sévère.

V ' Il malice ayant prévalu, les crimes devenus plus communs, sont devenus

pli. ibles? Mais la multitude des coupables ne change rien à la nature des

cri. . i les hommes qui avaient corrompu leur voie du lemps de Noé, ne furent

pas moins frappés de Dieu, et engloutis sons les eaux, que l'infortuné Achan, qui chargé contre l'ordre du ciel de quelques dépouilles de Jéricho, se trouva le seul anathème au milieu d'Israûl ; et d'ailleurs le grand nombre de criminels irrite encore plus la vengeance divine ; et c'est une folie de prétendre qu'à mesure que Dieu est plus outragé, il deviendra plus indulgent et plus favorable.

Est-ce enfin que la ferveur de ces premiers temps rendait les fidèles plus propres à soutenir les rigueurs de la pénitence; au lieu que nous, nés dans des siècles plus relâchés, nous ne sommes plus en état de les porter, ni l'ii^lise en droit de les exiger de notre faiblesse?

Quoi, mes I ' ' rveurdes premiers fidèles aurait armé l'Eglise à leur égard, de

rigueurs et di et l'Eglise aurait réservé, pour notre mollesse et pour nos

dérèglements, „ -.. ^lence et ses grâces 7 Et depuis quand donc la vertu est-elle devenue un titre onéreux, et le vice un privilège favorable 1 Sur quoi ponvez-vous donc croire qne vou; serez quittes devant Dieu de vos crimes, à meilleur marché, si je l'ose dir' >is fidèles*? S'il y avait des différences â mettre, vous le voyez, elles se ire vous. Et cependant comparez notre pénitence à la leur : vous sa. ■'' - -nesure de vos crimes; que faites-vous pi)ur les expier?

ou liions, vos jeûnes, vos privations, et la persévérance de

vo< . , '^ componction et d'humiliation qui imprime à toutes nos

actions un caractère dr pénitence ? Que souffrez-vous f de quoi tous privez-vous pour soutenir le titre de pénitent, le seul titre qui vous reste pour prétendre au salut T

Ne regarde; ' mœurs publiques comme un titre qui vous

rassure ; c'esi Rappelez- vous sans cesse aux règles et aux

dev'ir- - , , ,. j,.,^,. ^. ,^, parce que vous êtes la multitude; comme si

vot c le monde, qui fait le caractère des réprouvés, pouvait defeoir le

tiii- nce.

El s; Vous r.e p>,.uvez pratiquer le jeune tel que l'Eglise, le^prescrit encore, du moins ne perdez pas l'esprit de pénitence qui convient en tout temps et surtout durant le carême à tout pécheur et même à tout cbrélien.

Kt pour vous, mes Frères, qui revenus des passions insensées, êtes entrés d<"puis lonctt-miis dans les v')ifs de li componction et du salut, rapprochez les faibles efTorts de v(''' 1 sainte austérité de ces premiers pénitents : loin de vous en clneiMe*, qui dan* nn f»iècle ««s<i corrompu, paraissent de- meurs et les

m< , humiliez-

voui. , , .. . . „v .„ , .0 et de la fer-

veur des premiers i loin de vous 4 ces premiers

fidèles, qu'il ';'v i

de:

aieili iiiiii'Ui ij>'U\ iiltiiio, que irs -' ■■ ji.is inei: (;imii[muis.iih i-, tH

nn mot. que les uns soient frappés >)' autres ne se rassurent pas

sur leurs vertus, afin que tous eosen ^ . ur être réunis dans l'K.giise

du ciel, et y Jonir de la bienheureuse immorulilé. Ainsi suit-il.

iHWA. Premier «limanche de Cariante.— A propos de la IcnUlion

Je .Notre-Soi^'iiouf "ii ['.irlc:

832 DOMINICALRS Df CAR^MI'

Des tentalionH.

Nolre-Seigncur a voulu les subir pour nous apprendre à ne pas èlrc étonnes (les assauts de l'ennemi du salut, et pour nous mériter la grâce d'en triompher.

Contianfe donc, quand le démon nous attaque. Le démon, comme le dit saint .Vuguslin, ne peut rien nous faire que ce que lui permet celui qui a le pouvoir d'en haut; aussi ne put-il pas, sans la permission de Jésus, entrer dans les pourceaux des (iéraséniens.

(.'epcndant resistite fortes in fide : les lAchcs sont battus, les courageux triomphent; c'est ainsi que les petits feux sont éteints par le vent, tandis (jue les gramls feux en deviennent plus ardents. Non est sine pugmi Victoria, dit saint Pierre Damien, non afjstjue Victoria pertinf/itur nd coronam : donc combattons. Couiment réussirons-nous à vaincre? (V. n" 4IG.) (Ce sujet est très pratique et il est bon de le traiter au commencement du carême^ afin que les fidèles fassent des efforts pour se préserver du péché pendant ce saint temps, ce à quoi il faut les exhorter souvent).

18:U. Autre BaJ«*t. — (Jn potirrait aussi ce njôme jour, à l'usage de ceux qui ne sont pas venus recevoir les cendres, parler de la mort. (N'> Ï078 )

1835. Antre sujet. — On peut enfin traiter du jeûne comme il suit:

Du Jeûne

Convertimini ad me injejunio et in fletu et in planctu. C'est par les œtivres saintes que nous nous tournons vers Dieu, que nous le cherchons, que nous méritons de le posséder un jour. Or il y a trois sortes d'oeuvres saintes, qui comprennent tout ce que nous pouvons faire de bien ici-bas pour sastisfaire à Dieu. L'aumône par laquelle nous oITrons, en vue de Dieu, nos biens extérieurs au prochain ou il de saints usages ; le ieùne, par lequel nous affligeons notre corps, en faisons une hostie vivante à la gloire de Dieu, et la prière par laquelle nous élevons vers Dieu notre cœur.

Dans ce saint temps de carême, sans négliger les autres sortes de bonnes œuvres, en les multipliant même, nous avons à faire pénitence par le jeûne, si nous n'en sommes pas légitimement dispensés. {{)

Ktudions donc ensemble : I, la nécessité du jeûne; 11, ses avantages; III, la manière dont nous devons l'observer.

Cl) Faire cesser les fléaux qai nons affligent, expier nos iniquilés, noas rappeler dans les voies de la justice dun( nous nous sommes égarés, rétablir la discipline des mœurs, si défigurée parmi les Chrédens; rapprocher, autant qu'il e^t possible, le relâchement de ces derniers temps, du zèle et de la sainte austérité de nos pères ; inspirer par lous ces dehors lugubres, des sentiments de componction aux pécheurs, ranimer la foi et la piété des justes, et nous préparer tous à la joie et à la grâce delà résurrection :

Telles sont les vues que l'Eglise se propose dans l'institution de la loi du jeûne. Telle est la fln du précepte. Telles les grâces attachées, dans les desseins de Dieu même, à ce temps de renouvellement et de repentir.

Que pouvons-nous donc annoncer de plus heureux que l'ouverture de cette sainte carrière à des pécheurs qui vont y trouver des moyens de pénitence; à des âmes faibles qui verront les occasions de péchés s'éloigner, et nattre de toutes parts des facilités de salut; à des justes, dont la ferveur se ralentissant sans cesse, doit sans cesse se renouveler de peur de s'éteindre, enfin à tous les fidèles, sur qui les larmes et les prières de l'Eglise vont ouvrir If s trésors du ciel et attirer toutes les bénédictions de la grâce.

Cependant, loin de voir arriver ces jours favrirables avec une joie religieuse, on les craint, on les regarde presque comme des jours funestes et malheureux ; et il faut que l'Eglise nous ordonne aujourd'hui de bannir de nos jeûnes l'abattement et la tristesse: Noïite fieritristet. Insensésl dit saint Ambroise.Nousallons triompher de la chair et du démon par le secours de cette sainte abstinence ; la douleur et la tristesse siéent-elles bien à la victoire T Que l'ennemi seul craigne ces jours heureux ; qu'il s'afflige de voir arriver ce temps de propitiaiion. dont la grâce va se servir pour délivrer du péché tant d'âmes criminelles, qu'il tremble de voir lous ces dehors consolants de pénitence, et tout cet appareil de miséricorde que la bonté de Dieu prépare aux pécheurs. Mais pour vous, M. ¥., dit saint Ambroise, parfumez vos têtes, entrez dans des sentiments d'une sainte allégresse : ce n'est pas aux vainqueurs à é.re tristes: Ungite caput vestrum : nemo trislis curonnlur, nemo mœstiis Iriumiihat. {Mas.sili.on).

MA. M lll'.. IIL JiÎLM--

1^ V. !<) Obligation de droit eccl»'siasli({ue. (1) Une

lui ine de \n-r\u' grave à jeûner tous les jours, les

le nionxeili nés cen(lres inclusivement jusqu'à ■ ii, vendredi, samedi des quatre-temjts, qui lom- II m .ijMo H- M.'iM( iiiL iiiui.iuciic de l'Avenl, après le premier dimanche de Carême, après la Pentecôte, et la semaine qui suit la fête de l'ICxaltalion de la Sainte Croix. On doit encore jeûner aux vigiles de Noël, de la l'enlecote. de la fête de saint Pierre et de saint l'aul (et le jeûne qui précède . ,11,' (.t.. ,i,,ii :.v,,ir lieu le samedi, si la fête est renvoyée au dimanche suiio l'Assomption et à la Toussaint. Il n'y a pas tl'autres vi- , cs le jeûne soit obligatoire en France; mais d'après le droit à moins que les concordats n'aient enlevé celte obligation, on doit ner la vigile de la fêle de saint Jean-Haplisle et aux vigiles des fêtes piin( ipales de chacun des Apôtres, excepté celle de saint Jean l'Kvangélisle et colle de saint Philippe et <ie saint Jacques, La veille de la consécration d".me église, il n'y a que cpux qui <lemandent cette consécration, et l'Evêque ciins.'iratcur lui-même, qui soient tenus au jeûne. L'obligation du jeûne atteint tous les fidèles, qui ont, avec l'usage de la raison, vingt et un ans ai-foinplis. Ceux qui ont moins de vingt et im ans, en sont exempts, lors même qu'ils seraient robustes. I^ coutume en dispense ceux qui ont soixante ans cftinmenrés ; et même, d'après plusieurs auteurs, les femmes qui ont cin'i 1 -. Il est toutefois des raisons qui nous exemptent de ce devoir,

\) I, lilé: ne peuvent jeiiner, ni les malades, ni ceux ijui ont une

sanic Kiii.io, ni les femmes nourrices, ni les pauvres qui n'ont pour nourriture que du pain et des légmnes. t'eux qui pourraient jei'mer à la rigueur, niais qui subiraient en le faisant un inconvénient grave, par exemple : une jeune lille, une iemiuc <iui risqueraient par là de provoquer de graves colères ; les agriiuUeurs, tes ouvrière qui ont de lourds travaux à supporter, sont cxemjds du jorine, et cela lors même qu'ils interrompraient pendant ,1, ...!,..,.> t. r,, PS leur travail. Ceux <jui veillent ou gardent les malades sont es, s'ils ne peuvent facilement jeûner. 2) Ceux qui ne savent , ] non .lis laisniis siiilisanles pour ne pas jeûner, peuvent de-

111 11 à leur curé ou à leur évoque.

1" droit naturel, comme l'enseigne saint

est tenu à faire pénitence, et même à jeiincr autant tpic

p'Hir expier ses fautes, s'en préserver et élever son intel-

li.' Il ■ vers Ifs ' rituelles. L'Kglise qui craignait que ses enfants

Il .11 ';- i-nt rien, s . -ni livrés à leur négligence, leur a fixé le jeûne

1 : régulière*, alin de leur procurer les avantages salutaires de

is .7 II. I ■ihn'. i'i '' • . Par le jeiine, des peuples

enii'iv i.iit , s plus gri .\. ,\ la prédication de Juna';,

lev \ los enfanta, les vieillards, le |)euple et le roi même,

l.s i.iux ; et Dieu se laisse fléchir. Les Philistins inena-

1 i: ' ■ ' ■ ' i s cont'unr

' ihi: /'.

y» .ti iiumilianle qu o? n «-^i ni.

' ilie, les habitants de hi vdie

et la prière. Kl e'esl Jni .v-j . ^v „.. ..V, qui fut linstrumeui dr i

prc Jic

> 10 -i (Uns les déseru d'Orient, ils vivateai tout uo jwur da

deux i pas uae livre.

834 DOMINICALES DU CAREMIÎ

pour la ruine d'Holopherne ; aussi le ieùnc et la prière étaienl-ils les grandes ressources du peuple de Dieu dans les calamités. Hélas ! aujourd'hui nous ne savons plus en user; aussi lous les maux fondent-ils sur nous.

2" Particuliers: Jio/ia est orutiovum jejunio ut eleemosyna mar/is quam f/iesauros auri reco/u/ere, disait Tobie. 1) Le jeûne triomphe du démon. «Test par trois jours de jeiine que Sara se délivra des assauts de cet esprit malin, mii lui avait fait périr successivement sept maris. Kt Notre-Seigneur. a ilil tpi il est certains démons qui ne sont chassés que par la prière cl le jeiine. 2) Le jeûne en affaiblissant le corps, rend l'esprit plus dégagé de la matière. C'est par un jciinc de trois semaines que Daniel se prépara aux révélations que Dieu lui a faites ; et bien avant Daniel, Moïse se prépara par «piarante jours de jeûne }\ recevoir les commandements de Dieu. Ecoutons saint François de Sales. « La plus grande de toutes les austérités corporelles, dit-il, c'est le jeune: car c'est elle (|ui met la cognée h la racine de l'arbre. Les autres ne (ont qu'effleurer, égratigner, émonder. Le corps nourri maigrement est bien aisément dompté; aussi quand il est bien nourri, il regimbe aisément ; l'iniquité sortant ordinairement de la graisse, ceux qui sont sobres ont un grand avantage pour l'étude et pour les choses spirituelles. Leurs corps sont comme des chevaux qui ont un frein qui les range facilement à leur devoir. (11 faut cependant de la modération) : l'esprit ne peut supporter le corps (piand il est trop gras et le corps ne peut supporter l'esprit quand il est trop maigre. » Le curé d'Ars parlait dans 15 même sens.

« Le démon, disait-il, se moque de la discipline et des autres instruments » de pénitence ; mais ce qui le met en déroute, c'est la privation dans la » nourriture et le sommeil. 11 n'v a rien que le démon craigne autant que » cela et qui soit aussi agréable à Dieu. One de fois je l'ai é[»rouvé quand » j'étais seul! Oh 1 que de grûces Notre-Seigneur m'accordait dans ce temps » là ! J'obtenais de lui tout ce que je voulais. » (1)

Ne privons pas la société, la patrie, ne nous privons pas nous-mêmes de ces avantages du jeûne et remplissons, s'il est possible, ce saint et salutaire devoir.

1S38. 111. Manière de garder le jeûne. Nos pères dans la foi le gardaient rigoureusement. Nous ne pouvons sans que notre lAcheté frémisse, lire le rérit des austérités des saints et des premiers chrétiens. L'Kglise, comme un aiéilpcin prudent qui applirjue des remèdes violents aux malades robustes,

(1) Quacd on comprend les avantages du Jeûne, comment ne pas déplorer à ce sujet l'aveuglement du siècle. Peu content aujourd'hui de violgr la ici de l'abslinence et du jeûne, on l'avilit, on la traite de minutie, on la regarde comme une dévotion populaire. C'est presque un air de force et de raison, de la violer sans scrupule. Kt c'est ainsi qu'on dégrade la tradition la plus vénérable de l'Eglise, la pratique la plus ancienne et la plus universelle qui nous soit venue de nos Pères. C'est ainsi que l'institution respectable du jeûne établie par les Apôtres, consacrée par l'usage de tous les siècles, honorée par l'exemple des prophètes et de Jésus-Christ même, n'est plus dans les discours du monde qu'une pratique populaire de dévotion, sur laquelle il y a de la petitesse et de l'excès à vouloir être si rigoureux et si sévère.

Mes Frères, le saint vieillard Eléazard était donc un esprit faible, lorsqu'il aima mieux perdre la vie que de souiller son Ame par l'usage des viandes profanes et défendues par la loi ? Le supplice de la mère et des sept enfants dans les Machabées n'est donc qu'une histoire risible, puisque les tourments les plus affreux ne purent les déterminer k se permettre des mets que Moïse avait interdits au peuple de Dieu? Les trois jeunes Hébreux dans la cour du roi de Babylone n'avaient donc que des frayeurs puériles, lorsqu'ils préféraient la sainte simplicité des viandes prescrites, à la faveur d'un monarque superbe? Et les livres saints, qui ont consacré par des éloges la foi et le courage de tous ces anciens Justes, n'ont donc fait que rehausser par des louanges magnifiques, un scrupule vain et puérile !

Eh ! qui étesvous donc pour trouver de la petitesse où les saints ont trouvé tant de force et de grandeur? Avaient-ils de la majesté de la religion des idées moins nobles et moins sublimes que vous ! Etaient-ils moins instruits de la foi et de la dignité de ses préceptes, dont l'intelligence n'est donnée qu'à ceux qui les aiment et qui les observent? Etaient-ce des esprits faibles, eux qui ont eu la force de vaincre le monde, et qui ont é!é plus sages que toute la sagesse du siècle ? Dans quels excès ne torabe-t-on pas pour s'étourdir sur l'infraction de celle loi sainte? On devient impie pour être plus tranquille* méat tran^gresseur. (Massillo».)

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mais qui n'en prescrit que de légers au\ esloraacs faibles, s'est relâchée à

' nfinnilés, de son anti(|iic rigueur. Aujourd'hui pour observer

. il sullil de ne faire qu'un seul repus, qu'on peut uiC'me pren-

ii. 1 I! ■ I «vlii ni:ttin sans péché. (Juand il est permis de manger de la

vi m |r 1-- p ii[- ' 11.', on ne peut sans pécher manger dans le même re-

' - ' ■ (~i «Il .> poissons ou des huitros. A ce repus unique, on peut

ition le soir, i'our une raison on pourrait même faire colla-

..et prendre son repas le soir. .\ la collation, en vertu d'un in-

iiil! du Saint Sii'i:o, on peut user de lait et de beurre ; (on excepte ordinaire-

iiKiit le vendredi saint). 11 est permis aussi d'user de petits poissons à la rol-

latinu. Si on avait delà peine à rester entièrement à jeun le matin, on pour-

1 lit prendre un peu de café, ou un autre licpiide, avec une petite tranche de

piiii. Par ce léger adoucissement, un grand nombre de personnes qui ne

I' iv.'nt supporter le jeiine, jotîneraient sans fatigue. Voilà pour ce qui est

I 1 accomplissement du précepte, tie qui en fait l'Ame, c'est l'esprit

iice qui doit nous animer tous, en particulier ceux qui ont des rai-

auiis de ne pas jciiner. (jue du moins nous fassions jeiîner nos yeux, nos

<M-filJps, notre langue, tous nos sens- qui ont été des instruments de péché.

M \ vaut jeûner et faire pénitence en cette vie que dans l'autre ; mieux

d»Hir A Wiow pt à l'Eglise, en matant notre corps, que de le laisser se ré-

II et de devenir l'esclave de ses passions. Heureux les peu-

iid les avantages du jeune. Dieu les bénit. Heureuses les

iiMiuiircs. rues partageront un jour la béatitude de ce .Jésus qui pour

I supporté les jeûnes et les souffrances.

18:i9. Autre plan. Pour le premier dimanche de Carême, d'après Dossuet.

Des démons.

Vdite rétro, Satana. I. Exiiteiwe d'-i démom. Qu'il soit dans le monde des ciprîts mairaiï'ants que nuus uupelons les d(^mons. c'est une vérité reconnue non seulement par

If "'" ' ' ' ~ '■' - • i .-,-,. I . .-. :- - -|^ |g commun consen-

t us parlent en divers

, . , , ivées à des personnes

et dan8 lies circoriittaoces qui les rendent très certaines. C'est ce qui res-

'e i« n'>ir? f^cience de la magie qui a été exercée dms toutes les parties de

-d'Ei^ypie, et certains philosophes indiens étonnaient

; lis qui ne pouvaient venir de leur connaissance des

S. et

■I lices

.1 iiUu atlribut3:> qu'aux mauvais espiils, De lelii; suile que Platon

I ceux de tous les philosophes qui ont eu des connaissances plus

s un\ .is-urf 'j une manière très constante qu'il y avait des démons, des esprits

' Il i)ur %nnt ih') Les esprits sont des créatures de Dieu plus élevées, plus pais-

• nce bien plu» p^rande que l'homme. Oe mc^me que ce qui nous

f Ann* !»»<< nnirmux, n'»"<t q't'iinf» omhre (<?■' ri:iérrïiions ilc

inces

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... - . I pas

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I> .iii:.'rs ti« Itiiiii'-iii lis »uril liiiveQu.'^ e*(«t'iis de lém'tires ; d'enfanls i 'nus

t)iiï,.i i«.imh; .)(> ti,'>«<.i'.»<'p» divine p.xir procurfr U çi<>ir«» dt* Di^it. lU - ks

auul d'eux, du mumeol ^u'tlâsc i>unt sé(»arâ« de lui, et cuunuc le bouhuui Jcl'CUc m*

83G DOMINICALES DO CARKMB

lelligent consiste à éire uni à Dieu et non à avoir en partage la science, la puissance, ils

ont f ■ ' ■•' ' '' " -"'(lant Dieu ; et leur connaissance et le pouvoir qui leur

60!' '■ supplice, et par un juste cliâtiment de Dieu qui punit

les , tié, leurs propres perfections sont devenues leurs bourreaux.

H(- , i rdul nous avertit de nous revêtir d'une armure divine; car nous n'avons

pa> '• cnntrc la chair et le sang, ni contre des puissances visibles: qu'est-ce à

du, Ii'jscs corporelles, outre la partie agissante, il y en a une autre

qui •' qui les rend languissantes et engourdies, et nous avons moins

de (i ...,,. .^. , mais nous avons à lutter contre des esprits purs, incorporels,

où loui est force et ruse, qu'ils emploient à nous perdre.

iSH. m. Les causes de leur haine. Le démon voulant usurper la puissance divine, Dieu d'un coup de fondre l'a précipité ; mais il tend néanmoins depuis à se mettre à la place de Dieu, il a réussi à entraîner Adam, le roi de la création, dans sa révolte, et pensa par ià triompher de toutes les créatures. Et en elTet l'homme étant devenu son esclave, le monde dont l'homme est le monarque, passa sous le joug de Satan. Princeps hujus îuundi. Enllé de ce succès, Satan s'est déclaré le rival de Dieu ; ne pouvant faire de nouvelles créatures, il a appris à l'homme à corrompre l'usage qu'il doit faire de celles qui existent: il s'est fait adorer lui-même dans les astres, dans les plantes, dans les animaux, dans le bois et dans la pierre. Dieu a ses vierges, Satan a eu ses vestales, il a eu ses temples, ses autels, ses sacrifices, les ministres de ses impures cérémonies.

Il enrage, il est vrai, de ne pouvoir pas tout maculer, tout ruiner, d'avoir à reculer devant là toute-puissance divine; mais il ne se désiste pas pour cela de sa fureur obstinée ; et sentant que la majesté de Dieu est inaccessible à sa colère, il la décharge sur 1 homme qui est l'image de Dieu, semblable à un ennemi impuissant qui, ne pouvant atteindre l'objet de sa haine, s'amuse du moins contre son portrait. Il remue ciel et terre, pour susciter des ennemis à Dieu parmi les hommes, qui sont ses enfants; il cherche à nous engager dans sa révolte, pour nous faire les compagnons de ses tourment?. Il croit par là se venger de Dieu. Il n'est plus capable que de cette maligne joie qu'a un méchant d'avoir des complices, et qu'a un esprit mal fait de voir des malheureux. Jnmais il ne nous donne de relâche. La résolution des anges n'est pas incertaine et ( comme la nôtre, elle est fixe et déterminée. C'est pourquoi les Saintes

tci. le dépeignent comme un lion rugissant. Et quoique Dieu l'ait précipité

ei ic ^ >. i avec un sceptre de fer, Satan nelaisse pas pour cela de traverser les

desseins delà Providence divine; bien qu'il sache que Dieu aura toujours raison de lui, que n'entreprend-il pas contre nous, dont il a si souvent expérimenté la faiblesse? Quand nous le chassons, nous n'éteignons pas sa haine; nous excitons plutôt sa rage. Lors même qu'il est autacicux, il ne nous attaque pas toujours à force ouverte. S'il est ' rïueilleux, il est aussi dévoré par une basse envie. Il ne peut souffrir que nous vivions Ou.â IVspérance de la félicité qu'il a perdue; que Dieu, par sa grâce, nous égale aux anges; que son Fils se soit revêtu d'une chair humaine pour nous faire des hommes divins, il enrage quand il considère que les serviteurs de Jésus, hommes misérables et pécheurs, a'^sisdans des trônes augustes, le jugeront à la fin des siècles avec les ange> fidiii qui lui fait embrasser les fraudes et les tromperies, parce que l'envie,

cou cz, est une passion froide et obscure qui ne parvient à ses lins que par

de .--L. ... ...liées: et c'est par là que Satan est infiniment redoutable; ses finesses

sont plus à craindre que ses violences. De même qu'une vapeur pestilente se coule au milieu des airs, et impeiceplible à nos sens, insinue son venin dans nos cœurs, ainsi cet esprit malin, par une subtile el insensible contagion, corrompt la pureté de nos Âmes. Nous ne nous apercevons pas qu'il agisse en nous, parce qu'il suit le courant de nos

■ '•- " ' pousse el il nous précipite du côté qu'il nous voit pencher; il ne

s premiers désirs, jusqu'à ce que, par ses suggestions, il les ions violentes. Si nous avons commencé à aimer, de fous il nous rend luiieux; si l'avarice nous inquiète, il nous représente an avenir toujours incertain, )) <^>onne notre Ame timide par des objets de famine él de guerre. Sa malice est spiri- 11 trompe les plus déliés. Sa haine désespérée et sa longue expélus en plus inventif; il se change en tontes sortes de formes, et cet e tant de connaissances si ravissantes, parmi tant de merveilleuses ' et ne chérit que celles qui lui servent à renverser l'homme : Opelinis eversio. (Tert., Apol., n. 22.)

Il, .... .. I. i.t, liicrit ce serpent par une expression admirable : « Il se cache autant

(pi'il peiii ; il ie.-.icneen lui-même, par mille détours, sa prudence malicieuse, c'est-à- Uire fiu'il seils cachés el de ruses profondément recherchées. » C'est pour-

quoi Teit ail en ces mots : t II se retire, dit-il, dans les lieux profonds, il

ne craint i ^ue de paraître; quand il montre la tête, il cache la queue ; il n« se

remue jamais tout entier, mais il se développe par plis torlaeux, bête ennemie du jour et de la clarté. »

C'est .Satan, c'est Satan qui nous est représenté par ces paroles; c'est lui qui ne se déplie jamais tout entier, il étale la belle apparence el il cache la suite funeste. Il rampe quand il est loin et il mord sitôt qu'il est proche, c Prenez garde à voos, mes

ëmn Frères

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