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850 1K)MTNICALËS DU CARKMF,
« que Dieu illumine tout homme venant au monde • (Joa.>., i, 9»; et la seconde nous esl inspirée avtc la foi, qui esi la raison des chréiiens, en renaissant dans l'Eglise , qui est le monile nouveau ; e( c'est pourquoi le baptême s'appelait, dans l'ancienn*: Eglise, le mystère d'illumination, qui est une phrase apostolique, tirée de la divine Epttre aux Hébreux, (lliîu., vi, i.)
Ces lois ne sont autre chose qu'un extrait fidèle de la vérité primitive, qui réside dans l'K^pnt de Dieu; et c'est pourquoi nous pouvons dire sans crainte que la vérité esl en nous. Mais si nous ne l'avons pas épargnée dans le sein même de Dieu, il ne faut pas s'étonner que nous la comhatiions en nos consciences. De quelle sorte, chrétiens? il vous sera utile de le bien entendre; et c'est pourquoi je l&cherai de vous l'expliquer.
C'est en vain que nous attaquons la loi de Dieu en elle-même: elle est à l'abri de nos coups et elle reste dans son intégrité, malgré nos haines; mais il n'en esl pas de même de cette loi, quand elle nous esl manifestée par notre conscience ; car au dedans de nous, nous pouvons en quelque sorte mettre nos mains dessus, la falsifler et l'obscurcir; et le pécheur, ne pouvant rien à la source, s'en prend du moins au ruisseau qui en découle, nous faussons nos consciences, afin de ne pas voir en quoi nous faisons le mal.
D'abord, il y a l'indifTérence, qui fait qu'on n'étudie pas la loi, afin de ne pas la connaître, ou qu'un oublie la loi, après qu'on l'a connue, afin de la transgresser plus à l'aise; on étouffe les cris de la conscience et de la raison, aPiu de dormir à l'aise dans le pécbé. La raison est un miroir dans lequel nous d<^couvrons les taches de notre âme. On évite d'y porter ses yeux; ou encore nous cherchons à altérer la règle de notre vie, ou nous nous déguisons à nous-mêmes nos di^règlements. Comme une femme mondaine, amoureuse jusqu'à la folie de celte beauté d'un jour, qui peint la surface du visage pour cacher la laideur qui est au dedans; lorsqu'en consultant son miroir, elle ne trouve ni cet éclat, ni cette douceur que sa vanité désire, elle s'en prend, premièrement, au cristal, elle cherche ensuite un miroir qui flatte. Que si elle ne peut corrompre la fidélité de sa glace, qu'elle ne lui moriiie toujours beaucoup de laideur, elle s'avise d'un autre moyen : elle se plâtre, elle se farde, elle se déguise, elle se donne de fausses couleurs ; elle se pare, dit saint Ambroise, d'une bonne grâce achetée, elle repali sa vanité et laisse jouir son orgueil du speciacle d'une beauté imaginaire. C'est à peu près ce que nous faisons, lorsque notre vie mondaine nous rend odieux à nous-mêmes. Lorsque nous courons après 008 désirs, notre âme se défiguie et perd toute sa beauté. Si en cet état déplorable nous nous présentons quelquefois à cette règle de vérité écrite en nos cœurs, notre difformité nous étonne, elle fait horreur à nos yeux, nous nous plaignons de la règle. Ces lois austères dont on nous effraye, ne sont pas les lois de l'Evangile; elles ne sont pas si fâcheuses ni si ennemies de l'humanité : nous éloignons ces dures maximes et nous mettons en leur place, ainsi qu'une glace flatteuse, des maximes d'une piété accommodanle. Cette loi de la dileclion desennemis, cette sévérité de la pénitence et de la mortification chrétienne, ce précepte terrible du détachement du monde, de ses vanités et de ses pompes, ne se doit pas prendre au pied de la lettre; tout cela tient plus du conseil que du commandement absolu.
Mais, Chrétiens, il est malaisé de déTruire tout à fait en nous cette règle de vérité qui est si profondément empreinte en nos âmes; et quelque petit rayon qui nous en demeure, c'est assez pour convaincre nos mauvaises mœurs et notre vie licencieuse. Cette pensée nous chagrine ; mais notre amour-propre s'avance à propos pour nous dter cette inquiétude. Il nous présente un fard agréable, il donne de fausses couleurs à nos intentions, il dore si bien nos vices que nous les prenons pour des vertus.
Notre amour-propre nous fait voir une conversion sincère dans le dégoût qu'on éprouve pour certains crimes, et il nous fait voir du zèle dans la sévérité avec laquelle nous condamnons les défauts d'autrui.
C'est ainsi qu'on combat la vérité jusque dans sa conscience et dans sa raison. Pas d'illusions, mes Frères, ne nous séduisons pas nous-mêmes; car on ne peut échapper aux regards de Celui qui scrute les coeurs.
'l8r>9. III. Dans les hommes.— Si la vérité a le droit de régler la vie de l'homme et de la juger, elle a à plus forte raison celui de la reprendre. Saint Augustin dit que comme on nous enseigne par le précepte ce que nous avons â faire, on nous montre par les reproches que, si nous ne le faisons pas, c'est par notre faute ; et, en effet, chrétiens, c'est là le fruit principal de celte censure; car, quelque front qu'aient les pécheurs, le péché est toujours limiae et honteux. C'est pourquoi qui médite un crime, médite pour l'ordinaire une excuse ; c'est surprise, c'est fragilité, c'est une rencontre imprévue; il se cache ainsi à lui-même, plus de la moitié de son crime. Dieu lui suscite un censeur charitable, mais rigoureux, qui, perçant toutes ses défenses, lui fait sentir que c'est par sa faute; et, lui 6tant tous les vains prétextes, ne lui laisse que son péché avec sa honte. Si quelque chose le peut émouvoir, c'est sans doute celte sévère correction; et c'est pourquoi le divin Apôire ordonne à Tiie, son cher disciple, d'être dur et inexorabl'; en quelques rencontres : Reprenez-li'$, dit-il, durement : Increpa illos dure (Tit., i, i3;, c'est-à-dire qu'il faut jeter quelquefois au front des pécheurs impudents des vérités toutes sèches, qui les fassent rentrer en eux-mêmes d'étonnement et de surprise ; et si les corrections doivent emprunter en plusieurs rencontres une certaine douceur de la cba-
DIMANCHE DE LA PASStOfî. — DE LA VÉRITÉ 851
rilé qui est tendre et compalissanle, elles doivent aussi emprunter souvent quelque espèce de rigueur et de dureté de la vérité qui est inflexible.
L«s pécheurs ne sont pas assez humbles pour supporter qu'on les reprenne. Quelque justes que soient les repioches, ils .savent les éluder, et se tournent contre celui qui les leur fait : Et donc, dit le saint Apôtre, jV suis devenu l'otre ennemi en vous disant la vérité f Kroo inimicus vobis faclus sum, verum dicens vahisl (Galat., iv, 46.) Il est ain=; ' ' ■ '.el est l'aveuglement des hommes pécheurs. Qu'on discoure de
la moraii.. contre les vices; pourvu qu'un ne leur dise jamais comme
Nathan ; l .. . -uc qui êtes cet homme: (II, Rec, xii, 7.) C'est à vous qu'on
parle ; ii.< écouteront volontiers une satire publique des mœurs de leur siècle, et cela pour quelle raisonf C'est qu'ils aiment, dit saint Augustin, la lumière de la vérité, mais ils ne peuvent souffrir ses censures I .\mant eam lucentem, oderant eam redarguentem. elle leur plaft quand elle se découvre, parce qu'elle est belle; elle commence à les choquer quand elle les découvre eux-mêmes, parce qu'ils sont difformes : Amant eam cum seipsam imlicat, et odcrunt eam cum eos ipsos indicat ribid). Aveugles, qui ne voient pas que c'est par la même lumière que le soleil se montre lui-même et tons les autres objets. Ils veulent cependant, les insensés, que la vérité se découvre à eux, sans découvrir quels ils sont; et il leur arrivera au contraire, par une juste vengeance, que la lumière de la vérité mettra en évidence leurs mauvaises œuvres, pendant qu'elle-même leur sera cachée : Inde retrihuet cis, ut qui se ab ed manifestari nolunt, et eos nolentes manifestet, et ei$ ipsa non sit manifesta (Ibid.t. Par conséquent, Chiétiecs, que les hommes qui ne veulent pas obéir à la vérité, souffrent du moins qu'on les reprenne; s'ils la dépossèdent de son trône, du moinb qu'ils ne la retiennent p.is tout à fait captive ; s'ils la dépouillent avec injustice de l'autorité du commandement, qu'ils lui laissent du moins la liberté de la plainte. Quoi I veulent-ils encore étouffer sa voix? veulent-ils qu'on loue leurs péchés, ou du moins qu'on les dissimule? Comme si faire bien ou mal c'était une chose indifférente. Ce n'est pas ainsi, Chrétiens, que l'Evangile l'ordonne: il veut que la censure soit exercée et que les pécheurs soient repris ; parce que, dit saint Augustin, s'il y a quelque etpérance de salut pour eux, c'est par là que doit commencer leur ijuèrison: et s'ils sont endurcis et incorri' ijibles, c'est par là que ' ncer leur supplice.
Au saini Tribunal, et <i 'té même de ceux avec qui nous vivons, cherchons
des amis et non des flatttri.... ... ...lidecins charitables qui nous guérissent, et non des
empoisonneurs qui jusiifieni nos désordres; au lieu de voir avec une sorte de haine la conduite des Chrétiens lidèles qui est une censure secrète de la nôtre, admirons-la et cherchons k l'imiier.
Enfants de lumière et de vérité, nous devons aimer la lumière, même celle qui nous convainc ; nous devons adorer I~ •■■^•■•'^, même celle qui nous condamne. Et toutefois. Chrétiens, si nous sommes hier , ne soyons pas longtemps en querelle avec un
ennemi si redoutable; accomiii i:^, pendant qu'il est temps, avec ce puissant
adversaire, ayons la vérité pour amie, suivoni» sa lumière qui va devant nous, et nous ne marcherons point parmi les ténèbres. Allons droitement et honnêtement comme des hommes qui sont en plein jour el dont toutes les actions sont éclairées; el à la fin nous arriv. runs à la clarté immortelle et au plein jour de l'éternité. Amen.
Itstju. — Autre plan, sur la vérité, d'après Dossuet. Les anciens philosophes ont découvert quelques rayons de la vérité. Ils ont frappé à sa porte, comme dit Tertuliien ; et s'ils n'ont pu entrer dans son sanctuaire, ils lui ont rendu de loin quelque homma^'e. Suit 'lu' tpris lf> n;i jfrace de la chu'.e. Dieu ait voulu laisser en nous quelques re>ie> di- n •< urein , i -, lt irulturs, soit que dans une grande tempête d'opinions, queli|i) ses cumme d'aventure au port 'ie la vérité, suit que la
]'. de leurs erreurs ait fait éclater sur eux un rayon de sa