I. pafens ont connu quelques vérités; mais saint Caul leur
a le» tenir captives: les philosophes n'osaient p.as les enseigner au peuple.
1 V . Dieu, ils ne pouvaient pas l'ignorer à la vue du monde, et ils ne l'ont pas
gi ri! - Il (allait J.-C. pour annoncer l'Evangile aux pauvres, et depuis lui la vérité est annoncée partout.
U îainte vérité, j" >■'■'»« ii<"* I'oIh sortes de témoignages ; je vous dois le témoignage de ma parole ; je ' i^^'nage de ma vie ; je vous dois le témoignage de
mon «anir Je vou 'Se ne mn pnrole: ô vériti', vous éiiei rnrhée dan»
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sède la duil à »es In-ies. «uiuo le- '<•
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d'être réduit, dit saint Augustin, •■ veriKHineiDeiu ic pripri- n- . f*prii ii«
l'homme, c'esl-A-dire. le mensonge •
Mais, Chrétiens, il ne suffit pas u. ncr celui de la voix, qui n'est qu'un son
inutile ; et notre tèle est trop ianguissant, «'il ne consacre que des paroles à la vérité,
852 DOMINICALES DU CARÊMK
qui ne peol être assez lionorf^c que par des effets dignes d'elle, car sa solidité immuable n'esl pas suffisamment reconnue par nos discours, qui ne S'^nl que des ombres de nos pensées, el il faut qu'elle soit gravée en nos mœurs par des marques elTeclives de notre afTection. Ne donner que la parole à la vérité, c'est donner l'ombre pour le corps et une image imparfaite pour l'original. Il faut honorer la vérité par la vérité, en la faisant paratti-e en nuus-mémes par des effets dignes d'elle. Comment pouvons-nous, en croyant de si grands mystères, les déshonorer par nos oeuvres? Pourquoi craindre de bâtir sur ce fondement comme s'il était ruineux, quand c'est la pierre angulaire la plus ferme qui le soutient.
Hais, outre le témoignage des œuvres, nous devons encore à la vérité le témoignage du sang. Car la vérité c'est Dieu même; il lui faut un sacrifice complet, pour lui rendre tout le culte qui lui est dû et pour honorer dignement l'éternelle consistance de sa vérité. Nous devons nous préparer tous les jours à nous détruire pour elle, si jamais elle exige de nous ce service. (Bossuet.)
iSVA. Dimanche des Rameaux. //or/ 1> si vocemejus audieritis, iiolite obilurare corda vesfra. (V. n. 1218.) Il faut le redire à toutes les messes plus ou moins brirveuient.
1S(>:2. Jeacli saint. — Le malin, rinslilution de 1 Euchaj-islie (n. 1415); le soir, l'agonie «le Notre-Seigneur (n. iWU).
\HVt.\. Teudredl saint. — La Passion (n. 127S). Ou bien le sujet stiivanl.
Autre plan. Sur la Passion, d'après Bossuet.
\on etiim judtcavi me scire aliquid inter vos nisi Jesum-Christum et hune crucifiium a Con. ii, 1). Quelques connaissances que nous ayons acquises dans les sciences, dans les arts, ou dans ies affaires, il en faut venir à la science de saint Paul qui est la plus nécessaire, et la seule nécessaire : Jésus et Jésus crucifi*^. Tout se réduit là, mais ces deux mots embrassent tout. C'est sur la croix que Jésus étendant ses bras nous ouvre le livre sanglant où nous pouvons apprendre tous les secrets de Dieu, tout ce qu'il a fait pour le salut des hommes, la règle invariable de nos jugements et de notre conduite, en un mol un mystérieux abrégé de l'Evangile et de la théologie.
Si le Pontife de l'ancien Testament portait sur sa poitrine ces mots : Doctrine et vérité; le Pontife de la nouvelle Alliance, dont l'autre n'était que la figure, a toujours eu imprimées sur sa poitrine la doctrine et la vérité ; et il les porte d'une manière plus éclatante, ijuand il va accomplir la grande fonction de son sacerdoce, le sacrifice. Approchonsnous donc de la croix, et voyons la doctrine et la vérité écrites en lettres de sang par uu^anl de caractères que le corps sacré a de blessures. Mais pour apprendre avec méthode cette science sainte, considéions en notre Sauveur, ce qu'il a sacrifié, ce qu'il a acquis, ce qu'il a conquis. Il a sacrifié tous ies biens que les hommes estiment, il a acquis les Ames, il a conquis le ciel pour lui el pour nous. Ce mystère est donc un résumé de toute la doctrine catholique et il est aussi la règle de nos mœurs, car il nous apprend à saciilier tous les biens périssables, à sauver nos âmes que Jésus a rachetées, à conquérir le ciel qu'il nous a mériié. Toute la science du christianisme se résume donc en Jésus-Christ crucifié. Voyons-le plus en détail.
186'». I. Ce que Jésus-Christ a sacrifié. Les hommes n'auraient point de peine & aimer les biens éternels, s'cis savaient mépriser les biens périssables. Nous irions droit à Dieu, si nous n'étions retenus par les attaches que les sens font nattre sur notre route. Le premier pas dans la voie du ciel, c'est donc de mépriser les biens qui nous environnent; et il est aussi le plus difficile, puisque nous avons peine à comprendre que les choses que le monde estime méritent le mépris, que nous ne devons pas par conséquent craindre de les perdre, ni oublier notre Ame pour les conserver. Hais la croix est le livre qui va nous l'apprendre.
Celui qui y est étendu, c'est la sagesse éternelle. Il sait apprécier les choses à leur juste valeur, lia toujours estimé ce qui méritait l'estime, la foi de la Chananéenne et celle du Centenier, le mérite de la veuve qui jetait une obole dans le trésor du temple, et le prix même d'un verre d'eau. Par conséquent, il est facile de conclure que ce qu'il a rejeté avec mépris n'était digne d'aucune estime Mais qu'a-i-il méprisé? ouvrez les yeux; lisez le livre sanglant de la croix, les caractères sont gravés avec le fer sur le corps du Sauveur. Il a méprisé les faux biens: il est dépouille de ses vêtements; il a méprisé les plaisirs: depuis la plante des pieds jusqu'à la téie il n'a pas une p ace saine; il a méprisé les insultes, les perfidies des hommes, et la mort elle même. Il n'a rien aimé de ce que le monde aime, il n'a rien craint de ce que le monde redoute, il veut ainsi rompre les liens qui nous retenant à la terre nous empêchent d'aller à Dieu : et afin que nous puissions acquérir le bien que nous désirons, il nous a appris en souffrant à mépri.ser ce que nous craignons. Ses ennemis sont en état de tout oser, et lui se réduit en même temps volontairement h la nécessité de tout souffrir, et de tout sacrifier.
C'est l'envie qui le poursuit, c'est elle qui fait oublier tons ses bienfaits, et qui ne peut
Là PASSION 853
élre assouvie par aucun supplice. Quand ces méchants, dit saint Augustin, lui rendraient lf> mr>i n,,iir le mal, ils ne seraient pns innocents; en ne lui rendant pas le bien pour le bien, i its, mais ils en viennent à lui rendre le mal pour le bien.
e se défend pas. Hœc est hora vestra et potestas tenebrorum. Qui ne peut pai résiisier k la force, quelquefois se peut sauver par la fuite; qui ne peut pas éviter d'être pn«. peut du moins se défendre quand on l'accuse; celui à qui on ôte cet'e liberté, a du nmins la voix pour çémir et se plaindre de l'injustice. Jésus s'est ôté toutes ces puissances, tout cela est ôté au Fils de Dieu; tout est lié jusqu'à sa langue, il ne réaond pas. quand on l'accuse; il ne murmure pas, quand on le frappe; et jusqu'à ce cri i^ui forme le gémissement et la plainte, triste et unique ressource de la faiblesse i-e. par où elle lâche d'attendrir les cœurs et d'arrêter par la pitié ce qu'elle n'a pu f iipécher par la force, Jésus ne veut pas se le permettre. Parmi toul?s ces violences, on n'entend point de murmures, on n'entend pas seulement «a voix: \on aperiiit os suutn ils., LUI, T) : bien plus il ne se permet pas seulement de détrurner la téie des coups. Eb ! nn ver de terre que l'on fouie aux pieds fait, encore quelque effort pour se retirer: et Jésus se tient immobile, il ne tâche pas d'éluder le coup par le moindre mouvement; h'ariem menm non averti (Hk., l. 6). Je n'ai point détourné mon visage.
Que fait-il donc dans sa Passion? le voiei en un mot dans l'Ecriture : Tradebal autem judicanli se injuste: il se livraii, il s'abandonnait à celai qui le jugeait injustement et ce qui se dit de son juge, se doit entendre conséquemment de tous ceux qui entreprennent de VinsuWtr.Tradebnt autem il. Pet., n, T-i); il se donne à eux, pour en faire tout ce qu'ils veulent. On le veut baiser, il donne ses lèvres; on le veut lier, il présente les mains; on lèvent souffleter, il tend les joues; frapper à coups de bâtons, il tend le dos; flageller inhumainement, il tend les épaules; on raccu.<ie devant CaTphe et devant Pilate. il se tient pour convaincu : Hérode ei toute sa cour se moque de lui, et on le renvoie comme un fou ; il avoue tout par son silence ; on l'abandonne aux valets et aux soldats, et il s'abandonne encore plus lui-même; cette face autrefois si majestueuse, qui ravissait en admiration le ciel et la terre, il la présente droite et immobile aux crachats de cette canaille; on lui arrache les cheveux et la barbe, il ne dit mot, il ne souffle pas* c'est une pauvre brebis qui se laisse tondre. Venez, venez, camarades, dit cette soldatesque insolente; voilà ce fou dans le corps de farde, qui s'imaçine être roi des Juifs; il faut lui mettre une couronne d'épines : Tradehat autem j'idicanti se injuste ; il la rpr.iM et .-i.- n,- h. ■■ : pis assez, il faut l'enfoncer à coups de bâtons : frappez, voilà la It' !•} blanc comme un fou; apporte cette vieille casaque d'écariate
p jleur; mettez, voilà les épaules; donne, donne ta main, roi des
Ju.:'j. iieûs ce ru.seau en forme de sceptre; la voilà, faites-en ce que vous voudrez. Ahl maintenant ce n'est plus un jeu. ton arrêt de mort est donné; donne encore ta main qu'on la ' " ■ ';t;z, la voilà encore. En'-- ■•"~''cz-vous, ô Juifs et Romains, grands et peti: "i et soldats; revenez i la charge; multipliez sans fin les
coups. . , plaies sur plaies, din< louleurs. indignité> sur indignités ;
insultez a ia iinsere jusque sur la croix; qu'il devienne l'unique objet de votre usée, comme un insensé; de votre fureur, comme un scélérat: Trailetxit antem : il s'abandonne à vous sans réserve; il est prêt à .soulenir tout ensemble ' i'il y a de dur et d'insuppjriable «1 ins u;i>- ra.hene iii'iuiname et dans une en. l'-use.
Voilà comment les hommes Ir.iiieni le Fis de Dieu. Voilà l'inj- .. ui 'nde; «t par
conséquent quel cas doit ..n fure de ses flatteries, ou de sa haine î Le monde s«i|ait-il capable désormais d'avoir encore quelque attrait pour nous ? Non sans doute, il n'a plus d'éclat; maintenant le monde est crucifié. Jésus a répandu sur sa face toute l'horreur de sa croix. Dans le moment de sa mort, il Ht retirer I» soleil, et répandit pour
quelque temps les ténèbres sur le n ■ -■ ' ■• '■ '»■ - ■' " ' -■irci
pour jamais ce qui brille. ce qui éh! u-
vrage do démon et qui a ajouté à l • ^us
a été rassasié d'opprobres, pour non» apprendre à luaci aux piedài'liunneur du monde, et à mépriser ses incultes, comme il a subi toutes les douleurs pour nous désabuser de SCS perfides plaisirs, et de ses faux biens. (1) Chrétiens, lisons notre livre et apprenons à ne PAS sacrifier pour si peu nos Ames que Jésus a rachetées.
ne», priur s'sbAi**'*!' «ui yrut du nHiiulc. »\4il («il d»» rlrm/irchcs liifii
! |.iiir II..U.. rn il .iilH-r ii'ii'' ju«t'- i.Iri !<■, , ,.ni[.,^rc A ilrs jms ,tr ,-i^ iilU :
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854 DOMINICALES DU CAUÊME
i8G5. II. Il a acquit no$ nmes. (Voir la note de Bossuet du n* 933.)
Le péché nous avait vendus à Satan qui nous avait vaincus ; et nous étions devenus sa conquête. Dieu était justement irrité contre nous. Nui ne peut se racheter lui-même, ni rendre à Dieu le prix de snn &me. C'est en vain que le genre humain cherche des victimes et fait couler leur sang à grands flots. Impossihile est sanguine laurorum at hircorum auferri fwccatn. Tniic dixi ecre venio: il verse son sang; le Père accepte ce sacrifice d'un prix infini ; et il pardi^mne au coupahie par considération pour l'innocent qui se sacrifie pour eux. Nos Ames sont rachetées. Kmjilirnim estis pntto magno, non coi'rnptiliilibux aura et argento redempti esUs sed prctioso i^duguinc quasi agni immaculati Chrisli. Nolile fieri servi hominum. Les hommes vous attirent pour vous perdre, ils vous disent qu'ils vous aiment : Jésus vous a aimé davantage ; ils vous promettent des biens ; ces biens ne valent pas voire &me. Ne vous vendez pas pour si peu de chose. Quand vous voulez pécher, si vous perdez de vue Dieu qui vous regarde, songez du moins à ce que vous valez. Que chacun de nous ait une si grande idée de lui-ncéme, qu'il rougisse à la seule pensée du péché.
Empli es(tJ,nou8 ne sommes pas à nous-mêmes, Jésus-Christ nous a achetés et payés cher. L'achat n'est pas une perte, mais un échange. Je me dessaisis en achetant de ce que je donne, je ne le perds pas, car ce que je reçois le remplace. Noire-Seigneur ne nous a pas achetés avec de l'or et de l'argent qui ne lui coûtaient rien ; pour faire voir combien il estime nos Ames, il les a payiées de son sang, et nos âmes en sont le prix. Par conséquent, nous lui tenonsen quelque sorte lieu de sa chair et de son sang qu'il a sacrifiés pour nous ; lorsque nous nous retirons de lui, nous lui faisons la même injure que si nous lui anachions un de ses membres. Ne rompons pas un marché qui nous est si avantageux. Il ne nous achète que pour nous sauver et nous ouvrir le ciel.
III. Jésus a conquis le ciel. Jésus est chargé de tous les péchés des hommes. Il faut par conséquent qu'il porte les coups de la justice divine qui est armée contre lui, et il lutte contre ses traits par ses douleurs et par son obéissance. Sun Père le laisse sans consolation; il l'abandonne à la rage de tous; Jésus ne parle plus à son Père qu'en tremblant; tous ses autres tourments ne sont pas comparables à ce que le divin Sauveur éprouve quand il dit : Deus, Ueus meus, nuare me dereliquisti ; mais pendant cette lutte entre la justice du Père et la soumission douloureuse du Fils, notre réconciliation avec le Père se négociait. Deus erat in Christo mundutn rcconcilians sibi. Comme on le voit quelquefois dans un grand orage, le ciel semble éclater et fondre tout entier sur la terre ; mais en même temps qu'il se décharge, il s'éclaircit peu à peu, et rrprend sa première sérénité : ainsi la justice divine éclatant sur Jésus de toute sa force, s'apaise peu à peu en se déchargeant; la nuée 8e dissipe; le Père reprend son visage serein ; et pendant qu'il frappe sans miséricorde son Fils innocent pour l'amour des hommes coupables, il pardonne à ceux-ci sans réserve pour l'amour de son Fils innocent. 0 ciel, enfin tu nous es ouvert; nous ne sommes plus chassés de notre
f latrie I Jésus nous a cimquis le ciel ; mais nous devons le conquérir nous-mêmes par es mêmes armes que Noire-Seigneur Jésus l'a conquis, par la douleur immense qu'il a conçue à la vue des péchés dont il s'était fait caution, et par son obéissance aveugle à la volonté de son Père. C'est par la contrition, par la pénitence, c'est par l'obéissance à la volonté de Dieu, soit qu'elle se manifeste par les épreuves que nous avons à subir, ou par l'ordre de nos supérieurs, que nous pourrons conquérir le ciel.
Mais c'est maintenant qu'il faut faire pénitence. Les bourreaux l'ont faite en descendant du calvaire, le larron l'a faite k côté du Sauveur, comment chrétiens, la repous* serions-ni.us, etc.
N. B. On pourrait aussi donner ce môme jour le seitnon sur les trois crucifiés, nf 2068.
48G6. Autre plan. — // fiji/r^ i,- y. Hourdulouf. Pra'ilitamus, Christum crucifixum... Itei virtutem et Dei sapientiam.
11 ne s'apil point ici de pleurer la mort de Jéstis (Ihrist, mais il s'agit d'y reconnaître le dessein de Dieti, ou plutùt louvragc de Dieu. Kn deux mots, vous n'avez peut-ôlre jusquà présent considéré la mort du Sauveur que romnie le mystère de son iiumilité et de sa faiblesse, et moi je vais vous montrer que c'est dans ce mystère qu'il a fait paraitre toute l'étendue de sa puissance. Le monde jusqu'à présent n'a regardé ce mystère que comme
fait tout cela sans se mettre en peine du scandale des Juifs, ni du mépris des Gentils ; prévoyant que les lucmifis iK- \..iictrnijt jjim.iis ICI ..iiii.iitrc un Messie crucifié, et que les autres le traiteront Je fou <?' '■ '(///iVifitm. 11 n'importe : que le Juif s'en scandalise et
M' I lui-même veut (■•Ire donné en sjiectaclc aux anges et
"'i^ , , CAT quelle confusion pour lui quand on le chargea de
ce Ixiii. iiifàiiio. loltjfl de la malédiction t-t de lexécrnlion du peuple ! quelle confusion quand il fallut sortir en cet état et se faire voir dans la place puljlique I C'était ainsi qu'il fallait faire mourir lorgueit H.-« iv.rnme». (Bocadaloce).