‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 225 sur 416 · L\ PASSION · texte numérisé non relu

L\ PASSION

il corrompu. Ur, pour parvenir à ces deux fins,

ol plus infaillible que la croix du Sauveur.

I i .' e» plus infaillible que la croix de Jésus-

"II > 1' ! . Dieu ne pouvait être satisfait que par un

'' ' Il mil <»'t Homme-Dieu, ou plutôt que n'a-t-il pas

l'offense tle Dieu ? en ce (jue Ihomme avait affecté

l'ini : Eritia sicut dit; et moi, dit l'Homme-Dieu, pour

■s je m'abaisserai au-dessous de tous les hommes: Eyo

u ,,..6 et non homo.

esprit, en venir là? En vérité, mes Frères, conclut saint Hilaire. s'adressant à ces faux saftes, il faut que nous ayons porté notre or$;ueil au dernier excès; et s'ii nous était permis, je pense que nous irions jusque dans le ciel corriger le mouvement des astres, que nous donnerions un autre cours au soleil, et qu'il n'y aurait rien dans la nature que nous n'entreprissions de changer : Si liceret, et rorpora et manus in cœlum levaremus. Ainsi s'expliquait ce grand Evéque. Mais ce qui n'est pas possible à nos corps, pai-ce que leur poids les lient attachés à la terre, notre esprit le fait. Car il s'élève non seulement ju<(;ne dans le ciel, mais au dessus du ciel; et non content d'attenter sur les œuvre- ' ur. il attente sur le Seigneur même, en raisonnant sur ses mystè-

res, et en Je l'état humliIe et obscur oii il s'est réduit pour nous.

Eh I ne i. ..^ jalisons pas de ce qui a été la cause essentielle de notre bonheur.

C'est la pensée de Tertullien. Scandalisez-vous de tout le reste, mais épargnez au moins la personne de votre Sauveur; épargnez sa croix, puisqu'elle vous a donné la vie; épargr.ez-la, puisqu'elle est l'espérance de tout le monde, farce, ohsecro, parce huic $pei totius orbis. Si c'étaient les anges qui s'en ofTensassent et qui s'en scandalisassent, cela serait en quelque sorte plus supportable ; Jésus-Christ n'a pas souffert pour eux ; mais que ce soit vous pour qui ce Sauveur est venu et pour qui il a voulu mourir, c'est un scandale qui doit soulever contre vous toutes les créatures. El ne me dites point, poursuivait Tertullien, que l'humilité de la croix était indigne de Dieu; car elle a été utile à voire saint; or, de* qu'elle a été utile à votre salut, elle a commencé à être en qui soit plus digne de Dieu que le salut de l'homme; ominis salus. Ne me dites point que la mort est un ,,. ,, ..... V.I, ^„„ .,., ■■•>- '•"•" -■-■ ''^'^ : car ce que vous appelez l'oppro-

bre 'le mon Dieu, c'est c<- maux et le sacrement de ma ré*

conciliation : Totum Dei t fuit meœ salutis. Or, il faudrait

que je fusse bien méconnaii.saul el l^iea insensibie. si je venais à concevoir du mépris pour cet opprobre si salutaire, et par conséquent si respectable et si aimable pour moi.

Mais savez-vous pourquoi nous nous scandalisons de la croix de notre Dieu? c'est justement parce nirrilp p^st un ifn..- ip contre nos désordres; voilà ce qui nous blesse : car r.iMi- 1 .■ . iiède; nous nous trouvions bien de nos maladies. ei t "i - ,n, nous ne cherchions qu'à les entretenir et qu'à )"•> u est venu nous dire qu'il en fallait sortir, et c'est ce qui nous a ; toute autre chose, nous l'aurions écouté ; s'il nous avait profit-' ■ ' ■■ " •■ i-- •.■■-■ "- rTçu<*s : mais pai ■" ■'"'■' '■•'-' '.'vlé

li' * ii.\> ( I , - :ie vie et à la c

Si 't. s. v.]i;a (!■ •.. -i : semblabit;» à .• -e

tuiii'.e/. avec fuieor cunifê ccux-mémes que la charité emploie auptèi» licux pour les Miu:.iL-> r. C'rst ainsi, continue saint Augustin, que votre Dieu, tout adorable qu'il est. f>i !»•» superbes, parce qu'en s'bumiliant il a pr**-

t' I était peu à l'homme d'être malade, s'il n')

n iif iiiiil il lift iriiu\pr iii,iii\ .li.s qu'on enlrc-

,1, : I r , d'un Dieu

r il.-, , parait dans

>:, car &(jijve:,l .1 nt ; ' . . s

; mais parce que ce '

l'y (ta Volt point, n.èik parce iju'un D.r 'licatesseK. ite %nn amour-propre, du s<

i' ■'■<•• cnce immédiatement contraire à l'ambitiuB ii« l'un,

Ne . hcphons donc point la témable sourci» de nos scandales ailleurs que dan» nouamêmes, que dans net vicef, dans nos inclinations criminelles, dans no» dérèglrnMts. (BooiiuuxtB).

858 UOMINICALIiS DE l'AijUES

L'homme solail révolté contre Dieu ; et moi, dil rilumrne-lhi-u, j»- me ferai obéissant iusiprA la mort, et jusqu'à la mort île la croix : Fucfiis obediens usi/ue ud mortetn, mortetn autem cruris.

L'honnnc iiar une inlempcrance criminelle avait mangé du fruit défendu et moi, dil riIomme-Dicu, je me ferai un homme de douleurs : Virum do lortim. l'ouvons-nous concevoir une réparation plus authenliipief

Ce nesl pas assez. Car j'ajoute que ce Sauveur des hommes nous a fait parfaiicment comprendre trois choses auxquelles se doit rapporter toute la sagesse de l'homme, et dont la connaissance était pour vous et pour moi essentiellement attachée au mvstère de Jésus-(;hrist utourant sur la croix ; savoir : («) ce que c'est que Dieu ; [b) ce que c'est que le péché ; (c) ce que c'est que le salut. Or, nn mystère qui me donne de si hautes idées de Dieu, qui m'inspire une horreur infinie pour le péché, et qui me fait apprécier mon salut préférablement à tous les autres biens, ne doit-il pas être im mystère de sagesse ?

2) PoinI de moyen plus efficace et plus infaillible que la croix de .lésiis- (ihrist pour réformer l'homme perverti et corrompu par le péché. Il y a trois sources du péciié, selon saint Jean : la concupiscence des yeux, la concuuiscencc de la chair, et l'orgueil de la vie. Trois concupist-ences dont voi<'i les remèdes gue le Fils de Dieu nous a apportés du ciel et qu'il nous présente dans sa passion : le dépouillement de toutes choses et la nudité où il meurt, contre l'amour des richesses, qui est la concupiscence des y^iw ; ses humiliations, contre l'ambition, qui est l'orgueil de la vie; ses souffrances contre la sensualité, qui es! la concupiscence de la chair.

Mais pounpioi fallail-il qtTfr.lésus-Christ sans être sujet à nos maux, en éprouviït les remèdes dans sa personne? 11 le fallait pour nous les adoucir et pour nous en persuader l'usage.

Mais pourquoi corriger des excès par d'autres excès, les excès de l'homme par les excès d'un Dieu ? Et moi je dis : quelle sagesse d'avoir corrigé des excès de malice par des excès de perfection, des excès d'iniquité par des excès de sainteté, des excès d'ingratitude par des excès d'amour? — La croix •le Noire-Seigneur est donc un mystère de gloire, et il y a lieu de nous écrier avec saini Ambroise : Si opprobrium tuum gloria est, Domine Jesu, qui erit f/loria tua ?

Kn voilà trop pour confondre un jour notre raison dans le jugement de Dieu, et n'est-il pas déjà comuiencé pour nous ce jugement ? Cardes aujourd'hui ce Sauveur mourant s'est mis en possession déjuger le monde : Nuac judicium est jnundi. Sa croix sera produite contre nous à la lin des siècles : Tune parebit signum Filii hotninis. Pensée terrible pour un mondain, c'est la croix de Jésus-Christ tpii me jugera. .Vu contraire, pensée consolante pour ime ftuie lidèle et juste. 0 pécheurs, embrassez cette croix avec repentir si vous ne voulez pas qu'elle vous condaume ; et vous, justes, attachezvous à elle jus(|u'aux derniers soujiii-s.

i8(i7. PAqiieH. — Voir aux IV-les.

ISGS. Premier dlmanelie après PAques. — Le prodigue (n. Ii28, afin d'inviter ceux qui n'ont pas rempli le devoir pascal à le faire encore.

1S69. Antre snjet : A propos des paroles de IKvangile: Quorum remiseritis peccata remittuniur eis et quorum retinuerifis retenta sunt. i)n pourrait dans le même but prêcher la divinité et la nécessité de la confosion. (V. n. 8.>i et suiv.)

IS7(I. Antre sujet: Enfin, après un avis bien senti sur le sujet précé dent, on petit sur les paroles de Notre-Seigneur, Dlrit eis: pax rwow, parler de la paix.

La Paix.

Notre-Seigneur est venu pour la donner à l'homme. Il a été annoncé par les prophètes comme \q prince de la paix, l'Evangélisateur de la paix; à sa naissance les anges ont chanté: Pax hominibus. Au sermon sur la montagne, il a proclamé heureux ceux qui ont la paix. Avant de mourir, il a dit.' Pacem relinquo vobis. Après sa résurrection, ayant comme consommé

!•' DIMANCHE — LA l'AIX 859

toii«j <••<: invétérés, il donno la paix à ses Apôtres et à son Kglise. La paix, c'est le lis ses travaux et <lc ses soiilVrances. La paix, la trant|iiillité de

l'Ail . .* bonheur de rhomnic ici-bas ; car tous les autres biens sans la

paix sont amers ; avec la seule paix, tous les maux paraissent doux. La paix, c'est le seul bien qui dépend de nous et que nous puissions nous procurer librement. Il en est qui ne peuvent être riches, etc.. cependant ils peuvent avoir une bonne conscience. Les autres biens peuvent nous Hre ravis malgré nous. Personne ne peut malgré nous, nous ùtcr le témoignage de notre conscience. 0 mes frères, recueillons ee souhait de Jésus et avons la paix: i, avec Dieu, n, avec le prochain, 111, avec nous-mcmes. L Avoir ia paia; avec Dieu, c'est n'avoir rien à craindre du côté de Dieu; par conséquent {•' c'est avoir satisfait à sa justice pour nos égarements passés: sans cela, nos péchés seraient une répunse de mort qui retentirait dans notre cœur et qui crierait : Iteui est morlis. Aussi, non est paa- impiis ; point de repos pour qui ne craint pas Dieu. Le glaive de la justice est suspendu sur sa tête ; il est prêt à frapper: et quand frappcra-t-il ? Il peut frapper à toute heure et le jour et la nuit, au milieu <los Icics et pendant le sommeil. C'est donc en faisant péniier. ' - .1 issés, en se confessant qu'on peut effacer la sentence de C' contre soi. Aussi Notre-Seigneur en souhaitant la paix

inMiiiM- 11 1. --,.1. 1. nient de pénitence, en disant: Quorum remiseritis. 0 TOUS qui avez reçu ce sacrement, que vous êtes heureux ! (Enumérer les effets de la confession); et vous qui n'auriez pas encore rempli ce devoir, voudrieztons ganler toujours dans votre co'ur ce péché qui vous torture? «iarrleriez- Tous dans votre sein une vipère venimeuse? Kesleriez-vous étrangers au bonheur qjie Dieu donne A ses amis? ±> Pour n'avoir rien à craindre de Dieu, il faut observer sa loi. Celui qui transgresse la loi des hommes, craint sans cesse d'être surpris par la justice. Le contrebandier est sans cesse dans les transes. Et Dieu est-il moins à craindre une les douaniers ?et la transgression de sa loi mérite-t-elle de moins grands châtiments (pie celle des lois iiumaines ? Quis restitit et et pacem habuit ? Donc, vous qui avez la grAce, gardez-vous de la perdre. Nolite timere ens qui orcidunt corpus. VA si vous observez fidèlement la loi de Dieu, fjawlium vestrum nemo follet ; car votre récompense irée au ciel. Scio rui credidi et vertus su/n f/uia potens est depo- '" »prvare in illum diein. Celui qui vit dans le péché, dit saint -i puni en ce monde par les remords avant d être tourmenté celui qui acquiert d'abondants mérites, jouit ici-bas d'une MMi-, en attendant la ré' irée.

H. Ayons In pai.r ai Ifs. On l'a, quand on n'a rien 5i

'" ux, quanti on n'a coin 1 1.- ciix :iii. mi liel dans le cœur. 1"II en est qui

mal que les méchants peuvent leur faire. Los méchants ne peu-

^ ••'eile mal véritable, c'est d'exciter en nous la haine;

cii'ur ce sentiment, siop|i(isé à lespril duchristia- I. ,-.!,. . . .1. ,,. j nuire à leur i>rocbain par leurs désirs de vengeance.

Hélas! ils ne no ux-mémes. {Jui non dilii/it. nianet in morte, (Juel

J.i,iirf.viu niii' i il.> :ii-piii' l"im n.iil i-i- l';iiili'iV dcUX étrCS faïls pOUf

' le remplit damerlu-

idoucil tout, qui cica-

ics amis; l'esl par des

ir lies services rendiLs,

pur de I' rme les mécbants.

pn«ç j\ Irv :.■, le support de leurs

une iii.itii rc a d .ibondants mérites et la

lu ciel. One non donc en nous n'altère la

r, oui. lier les i i' les défauts d'au-

.' mal, oX v'\(H\ y.\\\.

IfSTi. III..I1 'V nuui tnrr ' ' ' ' .'la

paix avec soiincme. Kl n lin

• • ■■ ' de

■li'

iiiiiii. .yiin ir<tn.sii 'in •■n m iiiii m nuirm, iii/i fiii miiiit m fiir/iiiiim. n ^iinl

\uguslin, Nt«ï ^ui cum magno ttrepitu prius cum suis vitiis belliyeravit.

800 DOMINICALES DE PAQUKP

A moins i|iic vous n'arrachiez <le votre cœur l'amour tlt-sordonnè de vousm^iiios. coiuT/ où vous voudrez, vous trouverez partout de <|uoi vous troubler et vous cu)liarrus8or. Conuuent taire la paix avec des enneuiis irréconcilialdos. si on n'en triomphe par une hitte continuelle? Honc, ajijtrfuez de moi i/ufje guis doux et humble de cœur; et vous trouverez le repos de vos dmes.

lieiiti imrxfici. Heureux les pacifiques, heureuses les Ames qui, ajanl péché et lait pénitence, jouissent de la consolation du pardon obtenu et marchent dans la crainte et l'amour du Dieu iiui leur a rendu leurs droits au ciel ! Ku paix avec Dieu, elles sont douces, cliarilables à l'égard du prochain; triomphant de la haine et de l'égoïsme.. elles se dévouent pour les autres, et elles en sont aimées; tenant au-dessous d'elles leurs passions asservies, elles les gouvernent, loin d'en être les esclaves ; elles jouissent ainsi de la paix qui est la tranquillité de l'onlre, selon saint Thomas. Klles sont comme un océan limpide que la tempcte n'agite pas et <pii réfléchit la lumière du ciel. Dieu s'incline avec amour vers elles, car lui n'est pas dans le trouble, 7ion in commotione Dominus. Factus est in puce locus ejus. Ad eum veniemus et mnnsionem apud eum faciemus. Qui peut troubler celui qui possède Dieu? Mon contristabit justum ifuidquid accident ei. (Pkov., xm, il.) (jue sont, à cùlé de cette paix, tous les biens, tous les plaisirs, toutes les fêtes de ce monde? Aon (/uomodo rnundus dut, ef/o do vobis. Donnez-nous cette paix t/uip ersuperat oninem sensum. C.ustodiat corda vestra et intelliaentias vestras. en atten<lant que nous sovons admis au séjour de rétemelle paix, dont la joie d'une bonne conscience est un avant-goiil.

<87;i. Autre plan. — Pour le même jour, d'après liossuet.

La Paix

Vixi eis: Vax vobi$. La justice el la paix sont deux amies, qui se lienncnl si fortement embrassées que rien ne les peut désunir. Les crimes des hommes avaient banni la justice de la terre, el la paix avait fui et s'é'ait retirée au ciel, d'où elle descend. Notre- Seu'nuur par son sang versé a r(*labli la justice en nous purifiant de nos péchés. Le déluge est passé ; les cataractes du ciel se sont refermées; les flots de la colère divine se sont retirés ; el Jésus, comme la columle à Noé, nous apporte une branche d'olivier en signe de paix : l'ax ifobis; el les Apôtres se réjouissent, nous deifons nous réjouir comme eux... Nous étions des sujets rebelles, el nous rentrons en grâce avec noire Souverain; Jésui^-Chrisl a négocié noire paix, de quelle manière, k quelles conditions, et à quel profil? c'est ce que uous indique I Evangile de ce jour. Ostendit eis manus el jk'àet : c'e^l \>&r >ion crucifiement el par sa mort que nous avons obtenu grâce. Et fùits ertiHt ' I cl de ses faux plaisirs, voilà la condilion

de la paix; i le fruit de cette paix.

1875. 1. .)1 .. ... , , -v", Dieu a envoyé son Fils à la terre, pour

être l'ambassadeur de la paix, les hommes l'onl crucifié; et la mort du Sauveur a procure la paix aux hommes. Comment expliquer ce my.slère ? Ne semble-l-il pas que ce Dieu devait armer plus que jamais la foudre de la justice divine f Oh I sans doute il en serait ainsi, si on ne considérait que le crime des Juifs, de Pilate, et des bourreaux. ^' ■'- 1 malice des hommes n'est pas capable de renverser les desseins de la miséricorde t eu. Le l'Ère a livré son Fils pnur notre salut; cl le Fils s'est livré lui-même lUS. Il accepte avec obéissance et soumission la mort la plus cruelle; et celui le larme, une goutte de sang, avait tant de prix, qu'elle pouvait expier tous nos . a versé tout snn sang; el par là il a satisfait à la justice divine pour tous les pci i;t's du monde. ' n le crime de ses propres bourreaux. C'est pourquoi en ap-

paraissant aux A| )iilil eis vianus et pedes, en leur disant : Pnx vobis. Les

ciruiiices de se« b .. . c .il la marque indélébile el comme la signature du traité de

I ii\ conclu avec la terre, il les a portées dans le ciel, pour les présenter à Dieu, et lui r^i'i ler le sacrifice qui a apaise sa justice, en même temps qu'il nous en a laissé sur ' nirs dans la saime Eucharistie. Au ciel Jésus se montre à son Père 1 mmolé ; el c'est ce qui fait que accedamus eum fiducid ad tro' ,„,\ ..., ....,.,/ ■■■> -i-fn habemus apud l'atrem Jesuni-Cfirisl ; jc notre confiance ne nous rende pis pré-

.^' au ciel pour nous aujourd'hui, paraîtront

contre nuuà au jugement ^upiéuie, lideOuiU in quem Iransfixerunt, si nous ne remplissons pas.

1875. 11. Les condilioru du Irailé. Pendant que nous étions en guerre contre Dieu, nous aroDS fait alliance avec ses ennemis. Percussimus fœdus eum morte et eum in-

l*"" DIMANCHK. — I.\ l'AlX 861

femo fecimus pactum. Il faui la tom[>re. DeUbiUir fœdus veslrum cum morie. <Is , xïviii. 15. 18. > II y a ici-bas, dit saint Auffustin, deux cités, mêlées de ci>rps, mais séparées de cœur, qui suivent le courant du siècle jusqu'à ce que le siècle Unisse. Les princes en sont ennemis; les coutumes et les lois, entièrement opposée*: l'une s'appelle Jérusalem, c'est la cité de Dieu, que l'Evangile régit ; l'autre c'est Babylone que gouverne ."«atan, et qui ne suit que les maximes du monde. Les citoyens de J<^rusalem ne d"i<ent pas se mêler avec ceux de Babyl.me ni partager leurs abominations. Où pourront-ils donc se retirer, dtins quelles murailles, sur quelles montagnes qui les en ,iA,.;,„r.i ■> Il .1.^ ..'».'i( pas de les séparer de corps, puisque Jérusalem est bâtie au milieu i Dieu a-t-il permis ce mélange 1 Celui qui a sauvé les enfants dans uns la fosse au lions, qui a fait trouver à Noésur un bois fragile, un abri coDirt; le déluge, à Loth un rempart contre les séductions et les flammes de Sodome, aux Israélites une nuée lumineuse au milieu des ténèbres de l'Egypte, ce même Dieu a entrepris de conserver l'innocence des siens au milieu de la dépravation générale. Vivre innocent loin des séductions, ce n'est pas assez pour éprouver la tidélilé des âmes. Mais les laisser au milieu des mêmes écueils, et les en garantir, c'est une œuvre digne de la puissance de Dieu, c'est une épreuve capable de faire éclater la vertu de ses élus, liais combien hélas I qui ne savent pas se séparer de cœur des enfants de ténèbres ! Combien !>'enibarquent sur les fleuves de Babylone ! Ces fleuves, dit saint Augustin, ce sont les rbuses qu'on aime et qui passent. Nous voyons couler devant nous ces plaisirs du monde ; leurs eaux nous semblent claires ; le cours en paraît tranquille; et on s'y embarque aisément ; et on se laisse emporter plus avant qu'on ne voudrait par le courant. On se lie avec ies occasions dangereuses du monde; on s'engage dans des liaisons coupables. Les solennités pascales nous ont pressés d'y renoncer, nous avons eu quelque peine à rompre ce commerce. L'avons-nous même fait sincèrement?. .. Pourtant la rupture est nécessaiie pour avoir la paix. Fores erunt clausœ ; c'est parce que les Apôlics étaient retirés du monde, et avaient fermé la porte sur eux, que Jésus leur dit ; l'ax vobis. Ah ! ne craignons pas cet éloignement, cette bienheureuse retraite où Jésus apparaît et apporte la paix. Gavisisunt discipuli, viso Domino.

1876. 111. Du reste lei fruits de celte paix sont si nombreux et si doux! Jésus-Christ, en entrant en société aver les hommes, a rétabli le commerce entre le ciel et la terre ; Il a pris tous les fruits de cette terre ingrate : les mépris, les douleurs, la mort; et il nous a donné en échange, sr' - '- — i<;ée de saint Augustin, les honneurs, le salut, la vie, le Saint-Esprit qui en <■ avec ses dons et ses gr&ces. Aussi N.-S. dit-il

k ses Apôtres : accipite Spi. 'turn.

Qoiad deux nations sont ennemies, elles n'ont point d'ambassadeurs l'une auprès de

l'autre. Tout est rompu : mais quand l'alliance s'est rétablie, alors l'une envoie à l'autre

ntants pour traiter les intérêts communs à toutes deux, ainsi a fait Dieu avec

>. Il a envoyé à la terre des ambassadeurs; sil'k^ viisit nu l'atcr et ego

^'■'7. portez à tous Ip« !-.r,,i... ,ie la réconciliation: Quorum rtmiscritis

ires, voilà les ai: de Dieu auprès des hommes. Et auprès de

[inur traiter de n > celui que Dieu lui-môme a envoyé auprès

- siens, l'rœcursùr pro nobis introicit Jésus, ut apparent

r viveiix ad inlerpellandum pro nobis.\'>ji\k pourquoi il a

<■ -■ ' ' ' '' - ' ' ' it e(jo vadavi. Con-

li 1 • nt toutes nos alTai-

I ^ii -• , , . , rt'H.5. Dieu aussi a des

s parmi ies hommes : les intt-réis de sa gloire et du saïut des Ames. Il a aussi ses

-;. ses prêtres, se s ambas-^adeurs, ses piédicaleurs. Nous devons annoncer à tous

r lie, publier le us de cette paix afin que tous en

de Dieu n loit d'être entendus, nous pour-

'■' -^ .. H"^'- •JiH'cramus pro CJtristu: Recmi-

* ; (i vous ne l'avez pas fuit encore, obse-

vnus parlerait lui-même, mais il est au

' que vous avez de plus cher.... Pro

'■0. Qu'attendez-voua? qu'il vous parla

' ' ■ - •■ ncer

7 la fera Jouir de celle qu'il réserve au siècle futur.

i877. I>«nxièine dimanche aprè» PAque*. — PtMs»\tittn.e et moyens lio |t<«iscvrniiir(« iitin iralTcniiii <«'iix <|iii mit lail leurs l'A<jiiC8 «lana lo8 litinnefi rosnliilions |trisrs. (\ . n. I^ilU.)

4S7S. Antre nujet : Kn se contentant, de recommnnder In persi^vérance,

I le davi.s, et <l - I i les moyens ; parler sur rK>iini:iIo. Ff/o

'!• bonus. I,e I i- fiar excellence, c'est Jésiis-t.lirisl ; mais

^Ml^ i.iiiisl en «piillant li irnc .• luiss»' au prèlre sa dignité, ses pouvoirs, .1 mission (V. u, 2MJ5j.

862 DOMINICALES DE PAQCES

4879. Autre plan. D'après Bossuet.

JjB bou Pastcnr.

K(!f> HHtn paslor bonus (Joan. x. IL).

r" inera des paroles pour vous exprimer aujourd hui la bonlé immense da

n I, el les emprcssemenls infinis de sa charité pour les Âmes? C'est luU

fil is les explique dans la parabole du bi>n Pasteur, oii nous découvrons

tr l'amour d'un Dieu pour les Ames dévoyées : il les cherche, il les trouve,

il ) i(;. Le bon Pasteur, dit le Fils de Dieu, court après sa brebis perdue.

Vddil ad ilUim quœ perierat (Loc, xr, 4). Vous voyez bien, comme il la cherche; c'est le premier efl'el de la grAce, chercher les pécheurs qui s'égarent. Mais il court jusqu'à ce qu'il la trouve : Donec inveniat eam. ('ibid) ; c'est le second effet de l'amour, trouver les pécheurs qui fuient. El après qu'il l'a retrouvée, il la charge sur ses épaules; c'est le dernier trait de miséricorde, porter les pécheurs affaiblis qui tombent.

Ces trois degrés de miséricorde répondent admirablement à trois degrés de misère où l'âme pécheresse est précipitée: elle s'écarte, elle fuit, elle perd ses forces. Voyez une Ame engagée dans les voies du monde ; elle s'éloigne du bon Pasteur, et en s'éloignant elle l'oublie, elle ne connaît plus son visage, elle perd tout le goût de ses vérités, il s'approche, il l'appelle, il touche son cœur. Retourne à moi, dit-il, pauvre abandonnée; quitte tes attaches; quitte tes plaisirs; c'est moi qui suis le Seigneur ton Dieu, jaloux de ton innocence et passionné pour ton Ame. Elle ne reconnaît plus la voix du Pasteur qui la veut désabuser de ce qui la trompe, et elle le fuit comme un ennemi qui lui veut ùter ce qui lui plall.

Dans cette fuite précipitée, elle s'engage, elle s'embarrasse, elle s'épuise et tombe dans une extrême impuissance.

Que deviendrait-elle, et quelle serait la fin de cette aventure, sinon la perdition éternelle, si le Pasteur charitable ne cherchait sa brebis égarée, ne trouvait sa brebis fuyante, ne rapportait sur ses épaules sa brebis lasse et fat'f^uée, qui n'est plus capable de se soutenir? parce que, comme dit Terluliien, errant de ça et de là elle s'est beaucoup travaillée dans ses malheureux égarements. Mnltum enim errando lahoi-avit.

Voilà, Chrétiens, en général, trois funestes dispositions que Jésus-Christ a dessein de vaincre par trois effets de sa grâce. Mais imitons ce divin Pasteur, cherchons avec lui les âmes perdues ; et ce que nous avons dit en général des égarements du péché et d«8 attraits pressants de la grAce, disons-le tellement que chacun puisse trouver dans sa conscience les vérités que je prêche. Viens donc. Ame pécheresse, et que je te fasse voir d'un côté ces éioignements quand on le laisse, ces fuites quand on te poursuit, ces langueurs quand on le ramène; et de l'autre côté ces impatiences d'un Dieu qui te cherche, ces touches pressantes d'un Dieu qui te trouve, ces secours, ces miséricordes, ces condescendances, ces soutiens tout-puissants d'un Dieu qui te porte.

^%^^). I. Un Dieu qui cherclie. Je dis que le pécheur s'éloigne de Dieu, et il n'y a page de son Ecriture en laquelle il ne lui reproche cet éloignement. Mais sans le lire dans l'Ecriture, nous pouvons le lire dans nos consciences : c'est là que les pécheurs doivent reconnaître les deux funestes démarches par lesquelles ils se sont séparés de Dieu, lis l'ont éloigné de leurs cœurs, ils l'ont éloigné de leurs pensées; ils l'ont éloigné du cœur en retirant de lui leur afTection. Veux-tu savoir, chrétien, combien de pas tu as faits pour te séparer de Dieu 1 Compte tes mauvais désirs, tes affections dépravées, les a!" ' * s engagements, les complaisances pour la créature. Oh! que de pas il a f' s'est avancé malheureusement dans ce funeste voyage, dans cette terre

éti l'ieu n'a plus de place en son cœur; et pour l'amour de son cœur, la mé-

moire trop fidèle amie et trop complaisante pour ce cœur ingrat, l'a aussi banni de son souvenir : il ne songe ni au mal présent qu'il se fait lui-même par son crime, ni aux U'i iioches du jugement qui le menace. Parlez-lui de son péché: Ek bien I j'ai

P' hardiment; et que m'est-il arrivé de tristel (Eccu. v, 4.) Que si vous

pt.o. .. ,>., ,.arler du jugement à venir, celte menace est irop éloignée pour presser sa conscience à se rendre : In lontjum differuntur dies et in tempora longa iste prophetat. (Ezccu., XII, "H, 27) : parce qu'il a oublié Dieu, il croit que Dieu l'oublie et ne songe plus A punir ses crimes : Dixit enim in corde suo,oblitus es Deus (Ps. ix. 34) : de sorte qu'il n'y a plus rien désormais qui rappelle Dieu en sa pensée; parce que le péché qui est le mal présent n'est pas sensible, et que le supplice qui est le mal sensible n'est pas présent.

Non content de se tenir éloigné de Dieu, il fuit les approches de sa grâce. Et quelles sont ces fuites, sinon ses délais, ses remises de jour en jour, ce demain qui ne vient jamais, celle occasion qui manque toujours, cette affaire qui ne finit point et dont l'on attend toujours la conclusion pour se donner tout à fait à Dieu 1 N'est-ce pas fuir ouvertement l'inspiralion i Mais après avoir fui longtemps, on fait enfin quelques pas, quelque demi-restitution, quelque effort pour se dégager, quelque résolution imparfaite : nouvelle espèce de fuite; car dans la voie du salut, si l'on ne court, on retombe; si on

î" nntANCllE. — LE BON l'ASTEUR 8G3

Iftnguil, on meui-l bientôt ; si l'on ne Tail tout on ne fait rien ; enfln, marcher lentement, c'esi retourner en arrière.

Mais après avoir parlé des égarements, il est temps maintenant, mis frères, de vous faire voir un Dieu qui vous cherche. Pour cela, faites parler votre conscience; qu'elle vous raconte elle-même combien de fois Dieu l'a troublée, afin qu'elle vous troublât dans vos joie» pernicieuses; combien de fois il a rappelé la terreur de ses jugements et les Saintes vérités de son Evangile, dont la pureté incorruptible fait honte à votre vie déshonnête.

Vous ne voulez pas les voir, ces véri'.és saintes, vous ne les voulez pas devant vous, mais derrière vous; et cependant, dit saint Augustin, quand elles sont devant vous elles vcus guident, quand elles sont derrière vous elles vous chargent. Ah ! Jésus a pitié de vous; il veut ôier de dessus votre dos ce fardeau qui vous accable, et mettre devant vos yeux cette vérité qui vous éclaire. La voilà, la voilà dans toute sa force, dans toute sa pureté, dans toute sa sévérité, ce^te vérité évangélique qui condamne toute perfidie, toute inj'islice, toute violence, tout attachement impudique. Envisagez cette beauté el ayez confusion de vous-mêmes; regardez-vous dans cette glace, et voyez si votre laideur est supportable.

Autant de fois, Chrétiens, que cette vérité vous parait, c'est Jésus-Christ qui vous cherche. Combien de fois vous a-t-il cherchés dans les saintes prédications^ Il n'y a sentier qu'il n'ait parcouru, il n'y a vérité qu'il n'ait rappelée. Il vous a suivis dans toutes les roies dans lesquelles votre âme s'égare; tantôt on a parlé des impiétés, tantôt des superstitions, tantôt de la médisance, tantôt de la flatterie, tantôt des attaches et tantôt des aversions criminelles. Un mauvais riche vous a paru pour vous faire voir le lableao de l'impénilence, un Lazare mendiant vous a paru pour exciter votre cœur à la compassion, el votre main aux aumônes dans ses nécessités désespérantes. Enfin, on a couru par tous les détours par lesquels vous pouviez vous perdre ; on a battu toutes les voies par lesquelles on peut entrer dans une âme ; el l'espérance et la crainte, el la douceur et la force, et l'enfer et le paradis, et la mort certaine et la vie douteuse, tout a été employé. Et après cela vous n'entendriez pas de quelle ardeur on court après vous.

1881. 11. Un Dieu qui trouve. Que si en tournant de tous côtés par le saint empressement d'une charitable recherche, quelquefois il est arrivé qu'on ait mis la main sur votre plaie, qu'on soit entré dans le cœur par l'endi oit où il est sensible; si l'on a tiré de ce cœur quelques larmes, quelque regret, quelque crainte, quelque forte réflexion, quelque soupir après Dieu, après la vertu, après l'innocence; c'est alors que vous pouvez dire que malgré vos égarements Jésus a trouvé votre àme, il est descendu aux enfers eocore une fois; car quel enfer plus horrible qu'une âme rebelle à Dieu, soumise à son ennemi, captive de ses passions? Aht si Jésus y est descendu, si dans cette horreur et ces ténèbres il a fait luire ses saintes lumières, s'il a touché votre cœur par quelque retour sur ces vérités que vous aviez oubliées, rappelez ce sentiment précieux. Cette sainte ^.'.n..v..r, r>etle douleur salutaire, abandonnez-y votre cœur, et dites avec le Psalmisle: iiem el dolorem inveni. (Ps. cxiv, 4). J'ai trouvé rafflicllon el la douleur; Il trouvée, cette affliction fructueuse, cette douleur salutaire delà pénitence; mille douleurs, mille afflictions m'ont persécuté malgré moi, et les misères nous trouvent toujours fort facilement. Mais enlin, j'ai trouvé une douleur qui méritait bien que je la cherchasse; celte affliction d'un cœur contrit el d'une âme affligée de ses péchés ; je l'ai trouvée cette dou'eur, el j'ai invoqué le nom de Dieu : El nomen Domini inrocari, (Ibid.) Je me suis attristé de mes crimes, et je me suis converti à celui qui les eflace ; on m'a sauvé, parce qu'on m'a blessé; on m'a donné la paix, parce qu'on m'a offensé; on m'a dit des vérités qui ont déplu premièrement à ma faiblesse, et ensuite qui l'ont guérie. S'il est ainsi. Chrétiens, si la grâce de Jésus-Christ a fait en vous quelque effet semblable, courez vous-mêmes après le Sauveur, quoique celte course soil laborieuse, ne craignez pas de manquer de force.

<S8-i. IM. In Itien qui xnuticnt. — Il faudrait ici vous présenter la faiblesse d'une âme épuisée par l'attuclie à la créature; mais comme je veux être court, j'en dirai seulement le mot que j'ai appris de saint Augustin, qui l'a appris de l'Apôtre : l'empire qui se divise saffaihiit; lei furce."» qui se p.«riat'«'nl se dissipent : car il n'y a rien sur la terre de plus m-' '' • ' ' ' "' "'.-'' '" * ■ ■

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poids qui ,i' . , , - . ., . . .. ,- , . - - ■:••'

la môme cliose. » (Conf., Iih. Vlll, cap. ix, x, t. I, p. liùi, i->\.) Pour se donner loul à fait à Kipii, il f.itit continiipllcmenl «rmrhfr «on roeur de t-ml ce 'pi'i! vctidrait •imer : la à ses {\és\

SainI *■' ■ •vil. .ii.-.-i^.jii.ii, .ni..|.|u ni»; ;>t .u.^.-i ,„^^.c

nl'U^ . »

1).^ dissipées, je le confesse, notre impnitsnnre

est Aiéiiie; mm^ \t>^vi le i><<ii l'aiiteui <\in vous pré.scnte ses épaules. N'avr ressenti souvent certiines v^tlontés fortes desquelles, si vous suiviez rin reux, rien ne vous serait impossiblel C'est Jésus-Christ qui vous soutient, i ti>i *i^u3- Christ qui vous porte.

864 1>0MIMCALES I)B PAQUES

Que reste-t-il donc, mes Krëreu, sinon que je vous exhorte à ne recevoir pas en vain une telle grâce? Ne m vacinr .fim f)ei recipiatis, (\\ Coh., vi, i.) l».»ur vou»

presser de la recevoir, je voi. Chrétiens, n'employer ni l'appréhension de la

miirt, ni la crainte de l'enfer i ^ :iient : mais le seul attrait de l'amour divin. Et certes, en commençant le reepirer l'air, nous devions commencer aussi de respirer, pour ainsi dire le divin amour; ou, parce que notre raison empêchée ne pouvait pas vous connaître encore, ô Dieu vivant, nous devions du moins vous aimer, sitôt que nous avons pu aimer quelque chose. 0 beauté par-dessus toutes les beautés! ô biens pardessus tous les biens! pourquoi avons-nous été si longtemps sans vous dévouer nos affections? Quand nous n'y aurions perdu qu'un moment, toujours aurions-nous commencé trop tard; et voilà que nos ans se sont échappés, et encore languissons nous dans l'amour des choses mortelles.

0 homme, fait à l'image de Dieu, ta cour.« après les plaisirs mortels, tu soupires après les beautés mortelles : les biens périssables ont gagné ton cœur; tu ne connais rien qui soit au-dessus, rien de meilleur, ni de plus aimable; repose-loi, à la bonne heure, en leur jouissance ; mais si tu as une âme éclairée d'un rayon de l'intelligence divine; si, en suivant ce petit rayon, tu peux remonter jusqu'au principe, jusqu'à la source du bien, jusqu'à Dieu même ; si tu peux connaître qu'il est, et qu'il est infiniment beau, innnimenl bon, et qu'il est toute beauté et toute bonlé; comment peux-tu vivre et ne l'aimer pas ? Homme, puisque tu as un cœur, il faut que tu aimes ; et selon que tu aimeras bien ou mal, tu seras heureux ou malheureux ; dis-moi, qu'aimeras tu donc ? L'amour est fait pour l'aimable, et le souverain amour pour le souverain aimable. Quel enfant ne le verrait pas ? Quel insensé le pourrait niert

C'est donc une folie manifeste, et, de toutes les folies, la plus folle, que de refuser son amourà Dieu qui nous cherche. Qu'attendons-nous, Chrétiens? déjà nous devrions mourir de regret de l'avoir oublié tant d'années; mais quel sera notre aveuglement et notre fureur, si nous ne voulons pas commencer encore ! Car voulons-nous ne l'aimer jamais, ou voulons-nous l'aimer quelque jour? Jamais; qui pourrait le dire? jamais; le peut-on seulement penser? En quoi donc dill'érerions nous d'avec les démons? Mais si nous le voulons aimer quelque jour, quand est-ce que viendra ce jour? Pourquoi ne sera-ce pas celui-ci? Quelle grâce, quel privilège à ce jour que nous attendons, que nous le voulions consacrer entre tous 'es autres, en le donnant à l'amour de Dieu? Tous les jours ne sont-ils pas à Dieu? Oui, tous les jours sont à Dieu, mais jamais il n'y en a qu'un qui soit à nous : et c'est celui qui se passe. Eh quoi ! voulons-nous toujours donner aa monde ce que nous avons, et à Dieu ce que nous n'avons pas?

Mais je ne puis, direz-vons; je suis engagé. Malheureux, si vos liens sont si forts que l'amour de Dieu ne les puisse rompre ; malheureux, s'ils sont si faibles, que vous ne vouliez pas les rompre pour l'amour de Dieu 1 Ahl laissez démêler cette affaire : mais plutôt voyez, dans l'empressement que cette afTaire vous donne, celui que mérite l'afTaire de Dieu. Jésus ne permet pas d'ensevelir son propre Père. (Matt., vin, 21, 2:2.)

Mais, laissez apaiser cette passion; après, j'irai à Dieu, d'un esprit plus calme. Voyez cet insensé sur le bord d'un fleuve, qui voulant passer à l'autre rive, attend que le fleuve se soit écoulé; et il ne s'aperçoit pas qu'il coule sans cesse. Il faut passer pardessus le fleuve, il faut marcher contre le torrent, résister au cours de nos passions, et non attendre de voir écouler ce qui ne s'écoule jamais tout à fait.

Mais peut-être que je me trompe, et les passions, en elîel, s'écoulent bientôt. Elles s'écoulent souvent, il est véritable; mais une autre succède en la place. Chaque Age a sa passion dominante ; le plaisir cède à l'ambition, et l'ambition cède à l'avarice : une jeunesse emportée ne songe qu'à la volupté ; l'esprit étant mûri tout à fait, on veut pousser sa fortune, et on s'abandonne à l'ambition ; enfin, dans le déclin et sur le retour, la force commence à manquer; pour avancer ces desseins, on s'applique à conserver ce qu'on a acquis, à le faire profiter, à bâtir dessus, et on tombe insensiblement dans le piège de l'avarice : c'est l'histoire de la vie humaine. L'amour du monde ne fait que changer de nom ; un vice cède la place à un autre vice, et au lieu de la remettre à Jésus, le légitime Seigneur, il laisse un successeur de sa race, enfant comme lui de la même convoitise. Interrompons, aujourd'hui, le cours de celte succession malheureuse; 1 1 'a passion qui domine en nous, et de peur qu'une autre n'en prenne la place,

{ ■ iplement régner Celui auquel le règne appartient. Il vous y presse par ses

Si dits; et plût à Dieu que vous vous donnassiez tellement à lui, que vous

m'épargnassiez le soin important de vous faire ouïr ses menaces. (Bossdet.)

1SS3. Troisième dlmancbe après Pftqneti. — Patronaye de

Suint- Josej>h. (Voir aux IV-ies).

Autre sujet. A propos de l'oraison : Da cunctis qui Chritliand profe$tione censenlur illa respuere quœ huie inimica suni nomini, etc.

De la force, et dn courage CliréUeni».

Jnatus quaai leo confidem abaque terrore eril. (Phov. xxvni. 1). Pendant que les méchants tremblent où il n'y a pas lieu de craindre, le juste, dit le Saint-Esprit, sem-

3« DIMAN* m,.— .... ..V ...Uvr- ... .-. .^.,...... CHUETIENS 8G3

blable à on lion qui se confie dans sa force, demeure sans peur. Dans un temps où la crainte des hommes, où le lûciie respect humain fait tant de poltrons, il est nécessaire d'in<truire les tidèles sur la force chrétienne, de lear dird quelle est sa nature, quels «ont les motifs de la pratiquer, et par quels moyens ils pourront y parvenir.

I. yaiurc. Toute vertu demande une certaine force, sans cela e'Ie n'est pas vertu. Il faut un certain courage pour obéir, pour pratiquer l'humilité, la tempérance dans le boire et le mani^er. Ceux donc qui reculent devant la moindre difllcuité à faire le bien n'ont aucune vertu : à plus forte raison n'oni-ils pas la Torce proprement dite, en tant qu'elle est une vertu particulière. Car celte vertu s'exerce dans les choses où la constance de l'âme est le pins difficile, c'est-à-dire quand il s'agit de grands dangers à

land i'ssont graves surtout, produisent en nous la crainte qui est La force maîtrise cette crainte, lors même qu'il s'agirait du péril uc lu'Mi. i,c )^u>'^i r u une àme forte, c'est de ne pas être ébranlé de ce que les hommes vulgaires redoutent le plus. Or, entre tous les maux de la terre, il n'en est pas de plus redoutable que la mort qui nous enlève tout. Celui donc qui sait ne pas trembler devant la mort, endurée pour une sainte cause, ne sera ébranlé par rien. Il est donc vraiment fort. L'acte propre de la force et le plus dilTlcile de tous, c'est donc de faire soutenir pour la vertu les plus grands maux etla n , (I) Toutefois elle ne s'arrête pas là, elle porte

encore à entreprendre de grandi ur le bien, et à attaquer avec courage les

ennemis du bien sans dépasser . .. .es lois d'une légitime défense : c'est ainsi

qu'iio voit David, un tout jeune adole^'Cent, armé seulement d'une fronde, entreprendre d'attaquer Goliath, ce géant orgueilleux qui insultait au peuple de i>ieu. Dans ces cas, la force appelle a son secours la colère et l'audace qui sont des passions que la force sait contenir, mais qu'elle a besoin d'employer; car quand elles sont guidées par la raison, elles aident l'homme à agir avec courage. C'est ainsi qu'on voit des hommes de Dieu, des missionnaires risquer mille fuis la vie pour entreprendre de saintes œuvres, et la conquête des âmes à Jésus-Christ.

II. Motifs. 1° Quoi de plus excellent que cette verla. Toute l'antiquité a vanté Hercule qr.i, (loué d'une f>ree physique extraordinaire, sut tuer une hydre, monstre à sept têtes, éiùuiT azones, crever les yeux des oiseaux de proie qui infestaient le toutes ses passions, de la colère, dont Hercule

ne sut pas ..., ........ », ^, ^..^ ^, ...sirs des sens, de l'avarice, de l'orgueil, et cela

pendant toute sa vie, sans se laisser ébranler par aucun obstacle, voilà qui est digne de notre admiration ; au témoignage du Saint Esprit lui-même. Melior est qui domina' tur animo tuo expugnatore urbium. Ei quand la force va jusqu'à risquer sa vie pour le salut du prochain, jusqu'à s'exposer à la peste pour soigner les malades, aux

naufrages d'une navigation dan- - ' ' ' ■ ■ • ' -, à la mort pour

juzer selon la justice, ne mérite ; ' ijorem dilecliu-

if m nrmo habet ut animam , . ' Quand elle va

re dire à saini Ignace: l^fnts, ciax, t>tsi>'K, cunfruciiu osiium, incmbrol'i, et totius corporis contrilio et tormenta diaboli in me veniant, tantum ui LIiiiil'j fruar; quand surtout elle fait trouver doux et agréables les supplices euxmêmes endurés pour Dieu, elle devient de l'héroTsme digne de l'admiration de tous ; Tertullien rapporte qu'Arius Antonin ayant suscité en Asie une violente persécution, tous les disciples du Christ se formèrent en colonne compacte, ils se présentèrent d'un élan unanime i son tribunal pour y être condamnés à mort; tellement qu'il en fut effrayé, il en saisit quelques-uns pour les jeter en prison, et renvoya les autres en leur disant: Si vous tenez à mourir, n'avez-vous pas des précipices et des cordes? Ce n'est pas one mort de scélérats qu'ambitionnaient ces chrétiens intrépides, mais la mort subie pour la foi.

Les païens eux-mêmes savent admirer un tel courage. Senèque, un philosophe païen, a dit: ■ Poulfr aux pieds les terreurs des mortels n'appartient qd'à un génie supérieur. On apprend à connaltn: le pilote dorant la tempête et te soldat pendant la bataille. N'avoir pas besoin du bonheur de la terre, voilà le vrai bunbeur. » Les Japonais iJo-

làtres. (Il M')'»^ avec quels transports les chrétiens allaient à la mort, étaient si remplis d'admiration puur un tel cuura^e que quelques-uns d'enlr'eux montaient sur les chars qui les traînaient au supplice, afin de partager leur mort. (I)

3» Cette vertu est nécessaire car rcgnum cœlorum vim patilur et violenli rapiunt illud. Solite limere cos qui occidunt corpus, a du Notre- Seigneur. El cette parole a produit plus de seize millions de martyrs, et excités par elle, des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, ont couru s'oirrir à la mort au milieu de tous les tourments. Notre-Seigneur a versé pour nous son sang, dit saint Ambroise, nous lui devons le nôtre. Il ne nous le demande pas toujours, mais nous le devons toujours ; et par conséquent il faut être prêt à le lui donner quand il nous le demandera ; et en aiiendanl savoir soutenir les peines qui sont inséparables de notre condition en ce monde, les combats intérieurs que nous livre le démon, les tempêtes que soulèvent contre nous les méchants, sans nous laisser ébranler.

S" Les exemples des saints. Nous en avons cité plusieurs (2). Confortare et esto robusius. C'est la force qui donne cette constance qui ne se dément point dans la pratique du bien, et la persévérance qui nous assure le salut (3).

(1) .^u xvi< sièrlc, un jeune EsjmK'X'l noiniiié Jean, né à .Mwliuinh'l-i > fui capturi- (nir Jfs pirates 11 u Malabar cl fui donné au roi (le celle eonli> de l'heureux nirnrlère cl des douces manières de cet adolescent cl le prit eu li'in était mille fois pire qu'une haine nutrielle ; car l'amour que ce prince avail coityu j>our I a«lolesccnt le porta h employer toutes les ruses possibles jxiur lui faire abandonner sa foi chrt'lienne cl lui faire embrasser le maliomélisme. Le» premiers assauts qu'il lui livra pour vaincra - ■ ■.■■•■'mnce furent de belles promesses, et surtout celle de lui faire épouser sa propre lille, qui ■ ine rarr hcrnid''. l'uur 1 eu rendre amoureux, ce prince la fit venir en prt-sence <lu jeune ii-éo <1. .ux atours el couvcrle de i ' ' ' ' ' ' ni ^■t II- qu un rocher devant t'.>i lui fa: ir les lournienls les plii'; ■ nereux Jeune limnmc déclarail (|u il '■ ^ la loi de son Dieu, l'exécution siin -is.

fuis les deux mains, ensuite les Iji ""•

un après l'autre, par un martyre U julaiit plus ciucl qu il lUit plus Icul. i.t cuuiiik 1 en

exécutant des ordres si inhumains, lui disaient de temps en temps d avoir pitié de lu n;»-

geaient n renoncer à Jésus-Christ qui était la cause de ses tourments, Jim 1. m i. : un

visage serein el un ton de voix convaincu, que jamais il n'avait éprouvé i l'in»

son Cfl'ur, que son âme n avait jamais été inondée de si suaves délices, qu • iirs

tortures, parce que ses consolations ne feraient ainsi que devenir plus p. n !■:.-. i. ,^i ,,... w. - .^oiitiments aussi nobles que ce jeune adolescent, rempli d'une force éminemment héroïque, rendit son Ame A son divin Rédempteur, je no sais si je dois dire au milieu de ces atroces douleurs ou bien dans cet excès d'allégresse inénarrable.

(2) Je ne crains pas l'exil, dit saint Jean Chrysostomc ; la terre entière est la demeure de Ihomnie. Ixs persécuteurs ressemblent aux canlharides ; malgré leurs forces, ils ne sont pas 4 craindre, ils puritienl. Lorsque j'ai été chassé de la ville, je ne me suis inquiété de rien, je me suis dit : Si I impératrice iMifloxie veut m'exiler, je m'acheminerai vers l'exil ; la terre et tout ce quelle contient est au S- ■ il faire scier mon corps par le milieu, qu'elle le fasse ; Isaïe a eu le même sort. ^ '1er dans les flots, je me souviendrai de Jonas. .Si clic ordonne qu'on me lapide, j( ;:ii le sort d'Ktienne, le premier martyr. Si elle me fait trancher la léte, elle m'associe i , . Si elle m'enlève le pou que je possède, je dirai avec Job : Je suis sorti ou du sein de irerai nu dans le sein de la terre, mon autre mère.

Les in ; l.jxic lui dirent : Impératrice, vous cherchez eu v.ùn à elTiavci- rhry>oslouie, cet

<vèquc ne n... '^é. — Le tyran, voyant le tflorieux niarl^ îles

voluptés, inél'i les menaces, invincible dans tous les ' -. se

fiiTEii-., ,1,- r„,i,, ijout de sa constance, en faisant au ni' la

III r, puisqu d ne pouvait pas triompher du cwur de ce héros ia<i' . Il

/i- r un autel devant l'idole de Jupiter, cl par ses ordres, on y pl.i '. Il

!• '■' sf!, bourreaux d'étendre la main du m ■•■'•- - '■■'• . . i.ocns

<l > main, et puis de la laisser libre. l.,c I |iie le am-

f. -t ne jioitrrait «iipporter l'ardeur de ci . ■, vaincu

j. ... ■. ||(^ ^,|| VI,,.,,, ,j,,,. I ', frii et

<j qu'on n'avait pu ; milir

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