‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 239 sur 416 · DIMANCHE. — DES BONNES ŒUVIŒS · texte numérisé non relu

DIMANCHE. — DES BONNES ŒUVIŒS

ora. Plus nous en arcdinplirons, plus nous allirerons sur nous Ips grâces de Mieu, plus il nous assistera dans les tentations (1), plus nous avancerons en porfci-tion. Le bon Dieu nous rend la monnaie de notre pièce. Soyons généreux envers lui, si nous voulons (|u"il le soil envers nous, cm/m init/uo inUfUus eris. (Test en multipliant nos bonnes œuvres que nous multiplierons nos mérites.

iO'U. III. Pôurvuque nous accomplissions ces œuvres rfa/w les conditions rouf lies, c'est-à-dire : 1'^ en état de gT*ce; 2'>"avec pureté d'intention. Quit/t/uid (l'/imt homines, intendo judicat omnes. Voici deux femmes qui servent avec un flévoiiement égal un vieillard mourant : l'une le lait par charité et en vue de Dieu ; l'autre, pour persuader à ce vieillard, qu'elle déteste intérieurement, de lui laisser sa fortune. La première est on ange consolateur; la seconde ressemble à un vautour qui s apprête à dévorer sa proie. Donc gardons nous de faire nos bonnes œuvres par intérêt humain, par amourpropre. Atfcndife ne justitiam vestram faciatis rorain honiinibus ut viflenmini nb eis ; alio(/iiin mercetfem non fiabehifis apiid l'atrem restrum. (i)

Durn tfmpiis habemus operemiir bonum. Venit noœ quando nemo potest operari.Quodvumque patent facere munus tua instanteroperare,quia ner opus, nec ratio, nec sapientia, nec scientia erunt apud inferos quo tu. properas. (Eccl. ix., 40.) Le Saint-Kspril s'adresse à un paresseux qui n'accomplit ni la loi, ni ses devoirs d'état. Vous courez en enfer, lui dit-il, sous f»rétexte que vous ne faites pas çrand njal. Vous vous occupez à des bagateles, comme ce sot empereur qui passait ses journées A chasser les mouches avec un poinçon d'or. Vous avez ui^A^prit d'or, et il n'est appliqué qu'à

(1) Le rni Joas, étant venu voir le prophète Elisée atteint de la maladie dont il mourui, ^ ' lui commanda de prendre ses flèches et son arc. Joas bande son arc, et

Elisi ^î main sur celle de Joas, lui ordonne de tirer. Le roi lance trois flèches ;

puis 11 ^.tllc't-. Elisée l'en reprend : « Si vous eussiez tiré sept fuis, dil-il, vnus auriez entièrement défait la Syrie, mais vous ne la vaincrez qu'autant de fuis que vous avez laocé de flèches. » C'est l'image de Dieu qui met comme sa main sur la nôtre pour nous exciter à lancer des traits au démon. Si nous méprisons ses inspirations, il ne nous accorde pas plus de victoire sur nos ennemis que nous n'avons accompli de saintes œavre».

{1) Je vous dis avec St Augustin : Ante Deum es, interroga cor tuum : Ne vons eo tenez pas à la surface de vos désirs qui vous trompe, en ne vous offrant rien que d» louable : aliezà la source, sondez-en les vues les plus secrètes: inlus fide ; etià voyez, ce que vous avez fait jusqu'ici, et quels ont été les motifs les plus réels et les plus enveloppés dans le cœur . Vide quid fecisli et quid appelisti. Voyez si les œuvres obscures, et qui n'ont puur témoin que l'ceil invimble du fère céleste, réveillent aussi vivement voire zèle, que celle» qui sont publiques, et expusées aux re;;ards et aux louanges des hommes: Vid^. etc. Voyez si dans celles où l'éclat est inévitable, vous êtes bien aise ' le. qu'on vous ' ' dans la fuule des personnes qui s'y

emp' charité ne se r. i, dès que vous n'en avez pas les pre-

""c w, etc. Voyez si .i„ ,jii,ses pieuses que le monde blâme, ne

.•;at pas un peu plus indifférent: et si les œuvres privées de l'approbation des

i; vntin en sont pas un p' u motns chères : Vide. etc. Voyez si le succès qui

> l si Vous éi. MX à en rejeter toute la gloire sur '

ri, si vous I 10 sdus les yeux de Dieu : si les h

"'•'• ' '**"' ■■<i ai.se que !•■ *^

est ViiUS-liii

. i^ti. et qui 1

tuum an laudem Utniiunuui i Uuii Dieu l b Vcne c« Cère, que d o'uvreé «ainitiii t>ur lesquelles nou.s «rompinn» ici-b««, »««rnnt un jiuir rejouées, lur^que le .Sfligneur viendra juger tes justice ..... ....

les mains pie <

sance l et qu'il :

saol pour notre pan > fruits et

81 grâre. nous aura ■; ii apparten :

n'ai'i : qu'à DclU.^-UJt!ai(-$ '.' • iiiuiiJu gu'une Ame sam'

qu')' lel elle a renoncé, h: elle un piix iii(;ne des ncti'

vent i. ■ " '•■' • ('lernellc ? ■■ -• ■■•■■■'■• '•■ '

mondt ( ! ne d'elle ;

que lui M j , onser, et qi:< ,

cher point d'autre gluir« que celle qai ne périra jamais l iifa««tiii/H).

prendre des mouches fie vaine j^loirc. Vous avez de lasanlé et de la fortune et vous ne faites rien pour les pauvres. Vous abandonnez un jour une œuvre de religion cl demain une autre, et vous vous croyez innocent ! Operare, nieltez-voiis à l'œuvre iNe vous amusez pas A des l)agalelles qui vous échapperont demain : tu properas, vous les (piitterez vile. Ne craignez pas de Iravailler des mains, pntest facere manus. Il est dit de la fetnme forte. et dif/ifi ejus apprehenderunt fvsum. Sainte Mélanie la jeune, qui avait d'immenses possessions en Sicile, ne se conlcnlail pas d'en donner les revenus aux pauvres, elle copiait des manuscrits aOn de les secourir du fruit de son travail. (Jui ne peut entreprendre des œuvres utiles h la gloire de Dieu, et au salut du prochain ? <• Vous, qui nous objectez que la loi de l'Evangile est trop parfaite et surpasse les forces humaines, avcz-vous jamais essayé delà pratiquer ? (iontez-nous donc vos efforts ; montrez-nous les démarches que vous avez faites. Avant (pie de vous plaindre de votre impuissance, que ne commencez-vous cpielque chose ? Le second pas, direz-vous, vous est impossible; oui si vous ne faites jamais le premier. (Commencez donc à marcher, et avancez par degrés. Vous verrez les rhoscs se faciliter, et le chemin s'aplanir manifestement devant vous. Mais qu'avant (jne d'avoir tenté, vous nous disiez tout impossible ; que vous soyez fatigué et harassé du chemin, sans vous être remué "le votre place, et accablé d'vm travail que vous n'avez pas encore entrepris; c'est une lAchelé non seulement ridicule, mais insupportable ». (UossiKT.) Manus tua: c'est votre main, et non celle d'un autre qu'il faut employer. Noire-Seigneur n'a pas chargé un autre <le mourir poiu* vous h sa place, manus tua. Il y en a dAutres, dit-on, pour faire l'aumône, le catéchisme, pour ramener ce pécheur qni s'égare, pour faire cesser cet abus ; et pendant qu'on se renvoicla balle l'un A l'autre, le démon triomphe et les Ames se perdent. Quorlcumque facere potest manus tua. Faites ce que vous pourrez. 11 y en a qui s'arrêtent, sous pn-lexte qu'ils ne réussiront pas : reddet Deus mercedem lubnrum. et non du fruit des travaux. Instanfer operare ; ne renvoyez pas au lendemain ; car peut-être que vous n'en aurez, le lendemain, ni le temps, ni la pensée. Toutes choses ont leur saison ; c'est maintenant le temps de Iravailler, de semer, de combattre, viendra le temps du repos, de la moisson, du triomphe. (1)

(1) Surtoat n'oublions pas les œuvres de charité ; car le juste Joge dira aux réprouvés Esurici. Vous faisiez bonne chère, vous donniez des ba'."», vous nourrissiez des perroquets, etc., el vous laissiez mourir de faim des orphelins. Sitivi. Vous passiez votre vie dans Ws cafés, vous obligiez à boire plus qu'il ne faut des ivrof^nes, et vous n'aviez pas une goutte dn vin pour un vieillard infirme AwdMS eram ; œger eram, que de promenades, que de jeux le dimanche I Et vous n'avez pas fait un pas pour visiter un pauvre malade.

Autre péroraison du P. Le Jeune.

Saint Jeiôme disait, en parlant de la Jérusalem terrestre : A'on Hifrosoïymh fuine, ted Hi'rofolijmia hrne vixifte laudandum ext. Tous les hérétique» ont cela de propre, que pour aUirer I»: monde à leur erreur, ils ont coutume iie promettre le salut infaillible à quiconque sera de leur série ; ils rassurent les consciences en leur donnant une fausse paix. L'Eglise ne fait pas de même: parce que comme elle ne peut errer, elle ne peut pas tromper non plus. l."E!;lise me dit, après l'Ecriture, et je vous le dis après l'Eglise et après l'Ecriture et de la part de Dieu, qui est auteur de l'Eglise et de l'Ecriture, que ce n'est pas assez, pour être sauvé, d'être dans la vraie Eglise, mais qu'il faut y faire de bonnes œuvres.

Le plus grand abus que je trouve parmi les catholiques, et qui est assurément cause de la damnation de tous ceux qui se perdent (voi'à pourquoi je le combats si souvent), c'est qu'ils se figurent que, pourvu qu'ils soient dans la vraie Eglise, qu'ils aient la foi el qu'ils ne fassent point de mal, ils se tiennent assurés du paradis. N'est-ce pas votre langage ordinaire? Un tel est homme de bien, il ne fait tort à personne, il ne dérobe point, il ne s'enivre point, il ne commet point d'adultère, il ne voudrait ;>as faire une méchanceté ; s'il n'y a que cela, c'est mal parler que de dire que c'est un homme de bien ; ce n'est pas le langage de rEcri'uie ; ce n'est pas un homme de mal, il est vrai ; mais ce n'est pas non plus un homme de bien Qu'il importe de vous mettre dans l'esprit une vérité si importante, de laquelle dépend votre salutf

Jésus se compare à un père de famille, qui donne à son serviteur un talent, une pièce d'or, pour en faite profit. Après quelque temps, le serviteur lui rend son talent: Matire, voilà ce que vous m'avez prêté, je ne l'ai pas perdu, je vous le rends. Le Maître répond: Prenez-moi ce serviteur inutile; il ne dit pas ce serviteur injuste, mais inutile, jetci-le

Page 1