‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 240 sur 416 · DIMANCHE. — DE LA CONSCIENCE ÎX · texte numérisé non relu

DIMANCHE. — DE LA CONSCIENCE ÎX

2035. Hnlllème Dimniiche. Redde rationem viflicafionis tuœ. Jugement particulier 'n" lllS).

20;i6. A propos de l'économe inûdèle, on peut aussi parler de la cofis-

fi flirt' iiiiimii' (i-iIesSOUS.

De la conscience.

Finii legis charitas de corde piiro et conscient ta bnna. l'ne bonne consrionco ost la uiore de la charité ; et la charité étant la lin de la loi, néccssaious devons avoir une bonne conscience. Qu'est-ce donc qu'une bonne ! e? La conscience, mes frères, c'est la règle intérieure de nos actions : l'animal se conduit par l'instinct, par les sens ; l'homme se conduit par les lois qui sont la règle extérieure et par la conscience qui est la règle intérieure de ses actes. I^ conscience est un tribunal intérieur qui juge de

dans les ténèbres ob il v aara des pleurs et des grincements de dents. En bonne foi. pensez- vous que Jésus ait dit tout cela en vain, et qu'il ne parle ne personne? et s'il parte de quelqu'un, n'est-ce nas de vous qui n'y pensez pas, et qui écoulez ces paroles comme si elles ne vous touchaient point. C'est vous, c'est vous, mon ami, qui êtes ce serviteur; ce talent que vous avez reçu, c'est la foi, foi p>us précieuse que l'or, foi plus riche qu'un talent Que de voyages ont faits les Apôtres, que de martyrs ont enduré la mort, que de docteurs ont écrit et disputé , que de prédicateurs ont étudié, veillé et sué, que de conciles ont été assemblés, pour vuus annoncer cette foi. pour la défendre, pour vous la conserver pure, entière, sans aucune souillure d'errror I Oh! que vous jouissez & voire aise de ce qui coûte bien cher à tant de grands personnages l Talent rare et précieux : le jour que voire âme fut créée, une infinité d'auires furem aussi créées, Ips unes en Turquie, aux Indes, au J^pnn, toutes en voie de perdition. La vôtre fut envoyée dans le sein d'une mère chrétienne, en un royaume catholique, en une ville pieuse, oïi il y a mille exercices religieux, mille occaoions de bien faire l Que d'accidents pouvaient arriv-r à votre m^re avant votre naissance, qui vous eussent empêché de parvenir au haptéme. Dieu les a tous détourriés . pour vous faire recevoir au giron de la vraie Eglise, dans la famille de Jésus, dans l'arche du vrai Noé, dans la nacelle de saint Pierre, dans la voie du salut; et oii est la reconnaissance que vous avez d'un si grand bienfait 7 Oii est le traflc et l'emploi de ce talent, le bon usage de cette foi? Quelles œuvres faites- vous en vertu du christianisme? Voas nourrissez des enfants, vous ?a!;nez votre vie, vous travaillez dans votre boutique ; quand vous n'auriez p ^ ' ' '^ feriez-vous pas tout cela» Un païen n'en fait-il pis tout autant? Nonne elh iciunt? Aporenez de Jésus et ne vous y trompez

pa<, car l'erreur, i ce sujet, \ jnii ch»r, q le si vous nf=* faites que cela, si vous

ne faites p^s de< œuvrm dgnes d un chrétien, de« oeuvres conformes à Totre foi, des œuvres qu'un ptlen ne ferait pas. quand bien même vous ne feriez pas de mal, vous seriez condamné et banni du ciel. Vous trouvez cela étrange? Plaignez-vous-en donc à Jésus ; je ne saurais vous prêcher que ce qu'il a enseigné : Prenez, dit-il, ce servitenr inutile ; non ce serviteur malfaisant mais ce serviteur fainéant, qui n'a pas perdu le talent d* la foi, mais qui n'en a pa« fmt bon u<tagH; jetez-le au f-md d'une basse-fosse, là il y aura des pleurs et des (^nncemenis de dents. Il y aura des pleurs, à cause des grandes joies que vous aurez p nlues par votre faute ; il y aura des grincements de dents parce que von* enragerez de d'pit contre vous-même, de voir les belles occasions que von» aurez i "'h I direz-vons, si j'eusse été païen, je n'auriis pas tant de regret,

j'aurais qii> - ; mais ayant su ce que j'ai su, vécu nb j'ai vécu, vu les bons

exemptes d !.. j •inw.in, entendu les sermons que j'ai entendus, et avoir fait ce

que j'ai fait, avn ut cela, je mérite bien ce que je souffre. Que cela n'arrive

pas. SI vou^ <*!(- :s puisque vous avez encore le temps, negoliamini dum

venio. Paii. ■ ce talent, faite» bon u^aee de cette foi, fiiies autrement

qoe les pa ' >ts. Un païen travaille pour gagner sa vie; faites autrement

r" ■* i.r.iii.i, travaillez pour obéir à Dieu, priez-le avant de travailler,

'. votre travail, donnez-lui. dans la personne du pauvre, une petite partie

Un païen obéit à son père et à sa mère de peur d'être biAmé, faites

autrement, obéisset à votre père, à voire mère, I voire mari, à votre snpéri'-nr pour

l'amour de Dieu Un païen n'aime que set am>s et ses parents: aimez vos ennemie et vos

' ijx. Un pjiT- aie da péché extérieur par crainte de li il ne

tcnt que d> l'adultère extérieurs; abstenez-vous ei. nié-

1." 1.1 V.)!.. .. ,1 haine, de l'envia Sj v,,.i* r-tii.* .iin. ... ;enez

• saint Pierre, «i vom von» ■ ceux qui

1 vei leii- c'^n^'Hle, (i vous nt«. vous

lirtz à l'heure de l.i m "HH*. sic rilinim, v.ju* verrci p ir cipérience

pièce qu'on voas a en ^e; vous arriverez i bon port, au port de votre

salut et au port de la ($iviic ctwiucuc. Amen.

raclion qui se présente à faire, <jiii prononce sur sa bonté ou sur sa malice. C'est la raison «pii poiisso l'honimc au bien et lui défend le mal, qui lui rcprocbe le mal ajirt's (pi'il l'a commis, et qui le loue et le console pour le bien qu'il a fait ; et plus |)roju"ement, la conscience est un jugement, par lequel l'Ame [irononce qu'une action doit ou peut être faite, parce qu'elle est bonne ou licite, et que telle autre doit être évitée, parce qu'elle est mauvaise. Voilii la nature de la conscience. Il y a diverses espèces de consciences. Tout le mouilc a une conscience à sa manière; mais tout le monde n'a pas une bonne conscience. Pans le monde on ap|»elle un homme consciencieux, quand il respecte le bien d'aulrui. Dans ce langage ordinaire, on peut être consciencieux à bon marché, comme on peut être honnête homme sans beaucoup de frais. Mais devant Dieu il faut avoir une bonne conscience, c'est-à-dire une conscience certaine. 1» On appelle conscience certaine celle qui juge avc<'. certitude et d'une manière sûre de la l)onté ou de la malice d'une action. Il faut pour avoir une conscience certaine, l'exemption de doute. S'il y a doute, il n'y a plus de certitude. La conscience certaine est la vraie règle de nos actes; et tout ce qu'on fait contre cette conscience est péché, et jamais on ne pèche en la suivant, lors même qu'on se tromperait. C'est un vendredi, je suis certain que c'est jeudi, je n'ai pas l'ombre de doute ; je mange donc fie la viande, c est une conscience erronée mais certaine, je ne pèche pas. Je suis convaincu nue c'est jour de jeune, quand même cela n'est pas : je dois jeûner et je pèclie si ie ne le fais pas. Mais pour que la conscience soit certaine, même quand elle est dans 1 erreiu*, et que l'homme soit dans une parfaite bonne foi. il faut qu'il ne reniarque aucune inconvenance dans l'acte qu'il fait, qu'il n'ait pas la pensée de consulter à cet égard, (ju'il n'ait pas négligé de le faire par crainte ou par honte, autrement sa conscience n est plus certaine, mais douteuse.

2037. 2" La conscience douteuse est celle qui est dans l'incertitude, dans l'hésitation, ne sachant pas si l'action à faire est bonne ou mauvaise ; on ne peut jamais agir avec une conscience ]u*aliquement douteuse, il faut toujours se rendre témoignage que l'action que Von va poser est permise,* que celle que l'on va omettre, n'est pas commandée: sans cela on s'exposerait au danger manifeste de pécher. Je vais plus loin ; vous vous persuadez qu'une chose est permise, par je ne sais quel égarement de conscience ; cependant vous remarquez dans cet acte que vous ahnez à croire permis, quelque chose ([ui vous cliO(pie ; ou bien il vous vient en pensée d'interroger votre confesseur à cet égard, vous négligez de le faire, votre erreur, votre doute sont coupables. Cette conscience douteuse est la source d'une multitude de péchés et de confessions sacrilèges. Mes frères, que de fois dans notre vie ne nous arrive-t-il pas de douter prudemment, (je dis prudeujment ; car je ne parle pas ici des scrupuleux qui ont des règles à part ; les doutes qu'ils ont ne sont point des doutes ; et malgré eux ils doivent être en paix et agir sans crainte): je ne parle que des doutes prudents sur les fautes contre la pureté, ou sur les devoirs d'état pour les gens engagés dans le mariage surtout, sur les confessions faites avec des inquiétudes, au sujet desquelles on n'osait pas consulter. 11 faut toujours déposer ces doutes. Agir dans le doute si une chose est^rave ou légère, c'est pécher gravement de l'aveu de tous les théologiens. Kt ici qu'on prenne bien garde de se faire une fausse conscience, de chercher f\ régler ses actions selon ses désirs ou ses intérêts, au lieu de donner pour règle à ses désirs ou à ses intérêts la conscience elle-même. Combien qui blâmeraient dans les autres ce qu'ils cherchent ù se persuader être pprmis pour eux-mêmes, dans le doute donc afin de ne pas s'éiiarer, avant d'agir, il faut consulter ; si on ne le peut, il laut

firendre le parti le plus sûr, c'est-à-dire éviter ce qu'on croit être un péché, ou aire l'acte qu'on soup(.K)nne être onlonné. Que si après avoir consulté, vous douiez encore, vous pouvez vous exempter d'une obligation douteuse, par un raisonnement qui vous donne une certitude fondée sur ce principe qu'une loi douteuse n'oblige pas.

2038. 3" A la conscience douteuse se rapporte la perplexe. C'est celle d'une personne qui est placée entre deux obligations, qu'elle ne peut remplir toutes les deux, et qu'elle cro^t urger l'une et l'autre, en sorte qu'elle a

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