‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 241 sur 416 · DIMANXHB. — DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

DIMANXHB. — DE LA CONSCIENCE

p*»iir (\o Dcrhcv. linéique parti qu'elle prenne. Cette conscience est fausse, i iiiis pour nous nécessité de pécher. Dans cette perplexité,

I. - iiement ; mais si on ne le peut pas, quoi que Von fasse,

l'on ne pèche pas.

4» Enfin c'est avoir une mauvaise conscience que d'iMre trop large dans sa

• onriuitc : les sent pu leur pèchent par excès ; ceux qui ont une conscience

iar^'e pèchent par défaut de crainte. Les premiers voient des fautes partout,

ils se troublent, ils se découragent, ils ont de perpétuelles inquiétudes sur

leur vjp passée, sur leurs confessions, sur leurs actions, bien qu'ils aient été

1 ' urs fois à ce sujet. Ils n'ont qu'à obéira leur directeur et

en Dieu. Ceux qui ont la conscience large avalent l'iniquité

ciiimio 1 eau, ils ne voient de mal à rien. Les mauvaises pensées, ils n'en

ont pas ; les fautes contre la pudeur, ils n'y voient qu'un scrupule ; et quel-

., ■ ' ■'= seront scrupuleux sur d'autres points, (^ette conscience large ne

point. Car, noluit intelligere ut bene ageret. Vide ergo ne lu-

in te est tenebrœ sint. Si lumen quod in te est tenebrœ sunt,

■rœ quantœ erunt. C'est avec une fausse conscience que les Juifs

,it N.-S. Où n'en peut pas venir cette fausse conscience . elle fait le

ma! rii se pi isiiadant qu'il n'y a pas là de mal. Le péché sans la paix n'est •■ - .1- .rit le plus grand mal du monde. Le trouble qui accompagne le quitter le péché lui même ; mais le péché avec la paix, ou la , . . -, ,ché, voilà le mal d'autant plusafl'reux qu'il est presque incura-

lile. < tn on vient à cet état déplorable en résistant à la grâce et en étoufTant \f> i-emurds.

;j' Kntre le scrupule et la largeur de conscience, a sa place la conscience

fifiinn-*' qui est celle des saints. Elle craint Dieu, mais sans trouble; elle

les fautes sans inquiétude. Beatus vir qui semper est pavidus. Chaque

ni ajoute à ses mérites. Qui timet Deum nihil negligit. Attendit man-

>hiti,< .. \-.v,,ns ou nous en sommes, mes frères, et réglons notre conscience.

[i..,,, c -,> V. >; lioutes en consultant ; et quand nous serons assurés qu'elle ne

18, agissons selon ce qu'elle nous dicte, évitons ce qu'elle nous

ommemiil, et pratiquons ce qu'elle nous commande. Serions-

1 cireur, quand nous obéissons à une conscience certaine, nous

le ciel.

-j.u.v.>. Neuvième Dlmanclie. — Videns civitatem ftevit super eam

dicens. Tendresse de .N<»tre-Sei''ncur. (V. no lâ<»:{.)

2(H0. Autre i»iij«*t. — Videns civitatem flevit super eam. Ce qui lit riMiier les larmes de Jésus, c'est l'abus que Jérusalem lit de sa visite ; c'est

! ■' ' ' 'f^ ce peuple intidéle qui méprisa tousses desseins de misé-

- maux qu'il attira sur lui. en différant d'entendre la voix lit. Ce qui fit le crime desJuifs fait aujourd'hui celui d'un de chrétiens, nui, entourés de tous les secours religieux, .:.. . 1 lii'l. et retardent de jour en jour de se convertir.

Di- itifs [tressants de le faire aussitôt, et II, donnons-

leur \ l'er enfin ce (ju'ils difforent toujours.

2041. I. Motifs : 1" Dieu le veut. (V. n" 929-941.) II em|>lnie tour à tour pour vaincre nos délais : 1) ses invitations les plus douces : Jérusalem converfere ad Dominum. /{e<fite pro-ruricatores ad ror. ij Ses promesses, il nous offre le pardon. '.\) So.s iiienaces. Vœ tibi (Jorosain, vte tibi Itethsaida. Et tu ('aphamaùm, etc. Nisi pfrnitentiam egeritis omnes similiter j>frihitis. 4) C >sl sur nous que roulent les liinnes de .\otre-Seigneur. .s'i f ■-■ et tu in hdv die tud qutr ad pacem tibi. T») C'est pour nous

qti'il I son San» ; ot r«»rl«»R ro n'est pas qu'il ail besoin de nous ; f'est

en vue •!

Jo Qui , lir; 1) Intérêts temporels. Ne tardes

converti a>r , ' ilie in di^ ' ' *

ira illius. .V. m suum

peut vous fraïqni 'iiii> >"> > ^-ùre répulaii" n

dans tout ce que vous avez it en ce numilo. /

te inimici tui valto et ad u.,i,.;, prosternent te et /tii.*^ ,

sunt, et non rtlinquent in te lapidem super Itipidem, eo quod non CQ-

006 D0MiNi..A4.. r^ i.r, LA PENTECOTE

gnoveris fem/nin visifafioniii turp. 2) Intérêts spirituels. 0"<^He perte que celle du péclioiir (jui tanie de se donner îi Dieu! (a) Lucrum cessans. Le temps des mérites est perdu. (/>) Damnum emert/ens. Perte de l>iou et de ses grAccs. (c) Periculnm sortis, danger de se perdre éternellement ; car qui sjuTnis. nonne et ipse sperneris ? Vous dites: Je me repentirai plus tard. Haisonnemenl insensé ! (jiiand vous voulez détourner quelqu'un de mal faire, que lui dites-vous? Vous vous en repentirez ; et vous, vous servez pour faire le mal do ce que vous emplovez pour en détourner un autre. Vous vous repentirez, oui, sûrement, en enfer ; mais en cemonde, qu'en savez-vous ? Peulétrequefepéohévousportera,nonau repentir, maisà de plus grands crimes, ce qui est plus ordinaire. Le propre du péché n'est pas de nous porter à la pénitence, mais de nous éloigner de Dieu, de nous priver de ses grâces, d'amorcer nos passions, et d'engendrer des habitudes vicieuses. Hetrouvera-t-on cette grilce dont on ahuset Ne voit-on pas qu'en multipliant ses fautes, on en multij)lie les châtiments, et qu'on incline Dieu à se retirer de soi ? (4) Kn restant longtemps rlans le péché, on aggrave le poids de ses crimes, on rend sa conversion incertaine: car qui garantit qu'on aura le temps de se convertir ?.Ie .sais bien que le démon nous le fait espérer. I.,e perlide, il en fit autant pour nos premiers parents : Neqiiaquam morie/nini, leur dit-il. Il n'ose l)as nous di:e de même, car l'expérience jjrouve trop le contraire ; mais il nous dit : Kows ne mourrez pas si tôt. Il en fait autant l'année suivante, jusqu'à ce que la mort nous frappe. "^

Si un pauvre (pii vous demande l'aumùne à la porte de l'église, vous disait ; Je vous donne le royaume d'Angleterre,, vous diriez (ju'il est encore plus pauvre d'esprit que de bien; n'est-ce pas ce que vous faites quand vous disposez d'un avenir, qui n'est pas à vous, mais à Dieu seul, en disant: je me convertirai dans quelque temps.

Mais lors même qu'on aurait le tem|is, peccator gui non surgit oneratus parum, qaomodo sun/ef quanclo muUum? Qui pourra concevoir que, le nombre des fautes se multipliant, le pardon soit plus aisé à obtenir, et que le mal s'augmentant. la guérison en soit plus facile? .N'avez-vous point lu dans ILcdésiastique : Que les maladies invétérées donnent de la peine aux meilleurs médecins, et que celles qui ne sont contractées que depuis peu de jours se r/uérissenf plus aisément. 11 est plus facile de cnasser un ennemi qui assiège une ville (jue quand il est entré en vainqueur ; de s'éloigner du bord d'un goulfre que d'en sortir quand on y est tombé. Comment ne pas voir qu'on choisit mal son temps en réservant celui de la vieillesse pour changer de vie? Quelle serait la folie de celui qui, ayant plusieurs bétes de somme et beaucoup de paquets pour les charger, mettrait tout sur la plus faible, et laisserait les autres sans les charger ? Telle est la folie de ceux qui réservent pour leur vieillesse le fardeau de leur pénitence, et en laissent libres les meilleures années de leur jeunesse. Klles étaient sans doute bien plus propres à le porter, que ne l'est un i\ge plus avancé pouvant à peine se supporter soi-même. (2) Quelles dillicullés pour se convertir surtout à la

(1) Un honnéie homme de cette ville avait à son service un valet qui l'ufTensa f^ravement sans sujet, qui séduisit une de ses filles, qui commit des vols considérables dans sa maison ; après ces méfaits il s'enfuit et dans sa fuite craignant avec raison d'être surpris par la justice, il recourut à un bon prêtre qui se ctiargea d'obtenir le pardon de son mattre. Celui-ci dit au prêtre : Je veux bien m'en rapporter à vous et lui pardonner, mais j'exige qu'il vienne me demander pardon dans ma maison et à genoux. Le prêtre porte cetie réponse au coupable qui dit: Oh! ^« veux bien demander pardon, mais pas dans la maison de mon mattre, mais pas aussitôt, mais pas à genoux, mais quand je serais couohé dans mon lit. Si vous entendiez un tel langage, vous diriez qu'un tel homme mente la potence. El pourtant c'est celui du pécheur: il a blasphémé Dieu, il a vo'é ses serviteurs et ses enfants. itas<'duil sesftile». Dieu veut pourtant lui pardonner encore si le prêtre le juge ainsi, mais il exi?e qu'il lui demanle pardon dans sa maison, dans son éghse, mais il veut attendre qu'une maladie l'ait éienJu sur un lit. Comment vouiPZ'Voos que les anges ne demandent pas à Dieu de le frapper ; comment ne pas voir qa'ii risque d'attirer sur lui l'abandon de Dieu î (Lk Jedsk).

(2) Habitude. La volonté étant libre ne peut être coatrainteparune force exlérienre, mais elle peut s'engager ellemôme. Elle se fait comme des liens de fer et une sorte de nécessité par ses actes. C'est ce qu'on appelle l'habitude. Autant qu'elle est maîtresse de

't' DIMANCHE. — DB LA CONSCIBNCB 907

mort ! 11 n'est pas si facile de sortir d'une fosse que de s'y jeter, et comment en sortir quand les forces nous abandonnent, quaml l'intelligence est nh<:nirrip pnr le mal. et aveuglée par un long abus de la gri\ce, quand la , quand les préoccupations des afTaires, des enfants que .: s oublie soi-même ? Souvent, dit saint (irégoire. par un ju.>-;o ju^iiiuut lie Dieu, il arrivée un homme qui a oublié Dieu pendant qu'il vivuit. de s'oublier lui-même à la mort. Et le démon emploie toutes ses r. pour perdre une Ame à la dernière heure ; alors se passe déjà ce

i\ 'Il à la tin du monde. Vœ terrœ et mari quia descendit diaholus

iiint/nam, sciens quia iem/ms brève est. (Apoc. \n, 12.) Pères, les Ihéologif^ns, les prédicateurs, sont-ils tous d'acni jiMiii u!ii- iiux pécheurs que la plus grande des folies, c'est de persévé- ■r dans leur triste état. « Quand mt">nie un tliner est long, leur dit saint ,\ugustin, vous voulez qu'il ne soit pas mauvais; et dans l'espoir que votre vie sera lonstio. vous la faites mauvaise. Vous achetez une campagne, vous la désirez bonne ; vous cherchez une épouse, vous la choisissez bonne : vous • lésirez avoir des enfants, vous voulez qu'ils soient bons. Pourquoi donc HJmer une vie mauvaise? Si vous la rendez tellr". vous serez mauvais au iiilieu de tous les biens. » (1)

ses obj«ls, aalaot est-elle capable de se lier par ses actes. Elle s'enveloppe elle-même dans »on propre ouvrage comme un ver à soie: cl si les lacets dont elle s'entoure semblent de soie par leur agrément, ils ne laissent pas toutefois de surmonter le fer par leur doreté. Non, elle ne peut pns si facilement percer la prison qu'elle se fait ; ni rompre les entraves dont elle se lie Et ne me dites pas ici que, pui:«que vos engagements sont si Tolonlaires, la même volonté qui les fait, les pourra facilement dénouer. Au contraire c'e»i ce qui fait la difticu'té, de ce que la même volonté qui s'est engagée est aussi ob'igée de se dégager ; c'est elle qui fait les liens et qui veut les faire, et elle-même qu'il faut employer pour les dénouer; elle-même qui doit tout ensemble soutenir le choc et livrer l'assaut; qui ne voit donc manifestement que, s'il ne lui vient du dehors quelque force et quelque secours, elle eombailraen vain et ne fera que s'é'>uiser par des effurts inutiles ; car comme dit saint Ambroise, on n'est pas longtemps fort et vigoureux quand c'est soi-même qu'il fjiut vaincre. Le combat que l'on est obligé de soutenir contre soi-même et ses propres cupidités, est trop rude, pour qu'on puisse, seul, en sortir victorieux.

Si l'ardeur des passions s'amortit par les ans, la force de l'habitude pins tyannique encore ne fait que s'affermir. Quelle folie de laisser se fortifier un ennemi qu'on veut vaincre. Il n'est pas rx'cf.-vaire de rappeler l'histoire des malheureux vieillards qui calomnièrent la chaste .Suzanne, ni la déplorable vieillesse de Salumon. autrefois si sa^e. Jetez les regaids autour de vous et vous ne verrez que trop que les vices ne s'affaiblissent pas avt-r l'Age et que les inclinations ne changent pas avec la couleur des cheveux (D'apf

■ F.- î one erreur, remarque l^cordaire, ne vous dites pas. J'aimerai Dieu

r 'e servirai quand la passion des srns sera

I attendriez en vain cette heure de pais;

I r - -. - r - -rs de.H annnées. Le lemus ne forijfle dans

" ce qu'iiy trouve; et s'il y trouve le vice, il le scelle de jour en jour d'un f «ant Ne vons f^gnrpz pa« que le vieillard respire dan» ses cheveux blancs

:>< innée: cela est vrai de l'homme qui a c lé, et qui leur a fait prendre vers le ciel

Ui.t ..7U.V. u..u..>..v ,,,.. - <-'T-<- %«^:- !■' Tirae qui a lâchement

abandonné les rênes d> la vertu, celui-IA ne

r.'...tt le la vieiMc^s" ■ lu ta volonté, délen-

M<ïi titi l'eiii^iie, suol iiiipui»i>anlâ '* le gouverner, et son es nu.-i<re.« séculaires de la volupté, suscite de ses os une I iiiiif <] Il ' l'ii vre, t'i I •■ MU périr' ' 'tue de demander au sommeil la pureté que

lui refuse le jour. Ne toiunez do s espérances vert le temps; le temps ne

voua amènera que It maturité de < . . a de vos verios ; commencez en vous, dés cette heure, le r^goe des choses que voua aimex, le rè^oe du bien, si c'est le bien qui a vraiment votre amwur. m

(1) Quand vous dites que la bonté de Dieu est infinie, que prétendez- vnu* dire? Qu'il ne punit jamais le crime» voo» n'nsertei Qu'il n'ab.ind' nnc j'^mai^ le péi-henr? les Saillf», les Antiocliu.o. Ir.s fliaract; nptt-

diques, les mondains, les vindica' es?

vous savez que rien de M>uillé n'en. .<^. a ..a,.-. ,r . lo. v" ' •' • v^ < '^t. ,. ur le

rendre éternellement nalhearenxt mats pourquoi a-t-il creusé l'enfer sous nos pitds T

908 DOMIMOALKS I>E LA PENTECOTE

Quelle inciinséqueme. (jiiel aveuglement que de n'écoiilei m i.i i.ii:^<iii, m l'autorité de Ions, cl do ne pas vouloir pour soi, ce qu'on veut pour tout le resie ! N'est-ce pas de la liaine, de la fureur contre soi-inèine ? V'oudriez-vous retourner à volro maison itar un chemin où quatre-vingt-dix sur cent périssent ? Kt vous prétendez aller au eiel par une voie où il y en a plus de qua- (re-vingt-<lix siu* cent cpii se damnent ! L'expérience de tous les jours ne vous fait-elle pas voir que l'on meurt comme l'on a vécu. A votre premier péché vous disiez déjà tjue vous en feriez pénitence et vous }' pensez moins que jamais, parce que vous en avez commis d'autres depuis. Si vous en commettez encore, vous serez plus endurci qu'aujourd'hui. Lors même qu'on réussirait à se repentir h la mort, s'épargnera-i-on les tourments d'un long purgatoire? Donc ne tardes converti. (V. n. •1110.)

II. Et comment se convertir ? 1° prier ; 2" rédéchir sur son malheur ; '.i'^ se confesser avec contrition et ferme propos, et désormais ohserver la loi de Dieu (1). 0 Jésus qui avez pleuré sur moi comme sur Jérusalem infidèle, j'ai été, comme elle, le sujet de votre tristesse par l'abus que j'ai fait de vos grAces, de vos sacrements, des remords que vous avez fait naître dans mon c<Eur. Ah ! j'ai mérité d'être abandonné de vous, et de mourir dans mon péché. Je comprends mon malheur et les dangers auxquels je me suis exposé, aussi je revie s à vous. I)ia'i, nnnc cœpi.

2042. Autr plan. — Résurrection de Lazare, d'après MassilloH. Veni et Vide. Venez & es pécheresses: l'Eglise vent encej<>ur vous faire voir votre image dans

Qu'il vous a d^jà donné mille marques de sa bonté? mais c'est ce qui devrait confondre votre ingraiilude sur le passé, et vous faire tout craindre pour l'avenir. Qti'il n'est pas si terrible qu'on le fait ? mais on ne vous rapporte de sa justice que ce qu'il vous en a appris lui même. Qu'il serait obligé de damner presque tous Ifs hommes, si tout ce que nous disons était vrai ? mais l'Evangile nous déclare en termes formels, qu'il y a peu d'élus. Qu'il .le châtie qu'à l'exlrémité? mais chaque grâce refusée peut être le terme de ses miser jrdes. Qu'il ne lui en coûte rien de pardonner 1 mais n'a-t-il pas les intérêts de sa gic re à ménager. Qu'il faut peu de chose pour le désarmer ? mais il faut élre changé, et le changement du cœur est le plus grand de tous ses ouvrages. Que cette confiance vive que vous avez en sa bonté, ne saurait venir que de lui T mais tout ce qui .le conduit pas à lui, en conduisant au repenlir. ne suflil pas. Que voulez-vous donc dire ^ qu'il ne rejettera pas le sacrifice d'un cœur brisé et humilié 1 et voilà ce que je vouS ai jusqu'ici prêché, mon cher auditeur. (MassilloiI)

(!) Ecce $to ad o$lium et pulso. Autant de mots, autant de flèches capables de percer vos cœurs, s'ils ne sont pas de diamant ou de fer. Ecce s'emploie dans l'Ecrliure pour indiquer une chose étonnante. N'esi ce pas étonnant en effet qu'un si grand Dieu qui n'a besoin de rien attende à notre porte? Ne serait-ce pas plus étonnant enc</re, si nous ne lui ouvrions pas Si un personnage pour lequel nous aurions quelque estime nous demandait un service, nous ne nous ferions pas priersurtoul si nous lui avions promis de l'obliger. Voyez comment nous traitons Dieu, il est à la porte de notre cœur, nous avons si souvent promis de le lui donner et nous attendons toujours. Slo; depuis combien de temps est-il à attendre 1 Depuis un an, depuis dix ans peut-être. Si un mendiant attendait seulement huit jours une aumône à noire porte, nous n'oserions pas la lui refuser, et nous faisons attendre Dieu des années; et s'il attend, ce n'est pas ;»our nous demander. Expeclat Dominus ut minereatur. Quand vous réclamez son secours, vous voulez qu'il se hâte d'accourir, et vous le faites attendre si long'enips. Ad oittum, non pas ad Oitia. C'est une faveur particulière. Combien de votre âge. de votre pays, ne sont plus. P'jur eux la miséricorde est passée. Elle dure encore pour vous Oh/ s'ils avaient un quart d'heure du temps que vous employez si mal i et pulso. Puisât Dominus. cum per œgritudinis molestias, es.^e morlem ricinam désignât. Vous pensez avoir beaucoup de temps, ces malaises que vous éprouvez vous avertissent que vous vous trompez, Sto Noire-Seigneur est debout, c'est la posture de quelqu'un qui peut passer outre. Il n'est pas assis, il est droit ; prenez garde qu'il ne vous abandonne. Il a posé des limites à la mer elle-même et aussi à votre vie, à vos péchés. Peut-être que les avances qu'il vous fait sont lesdernières. Si guis aperuerit, ouvrez-lui si vous êtes sage, ouvrez votre cœur large par une pleine docilité a ses inspirations. Il n'y a peul-éire qu'une méchante pièce de fer qui le tient fermé, l'obstination avec laquelle vous tenez A une bagatelle, à une misérable cn^aiure. Voulez-vous pour si peu perdre le grand bonheur que Dieu vous prépare; il veut faire festin avec vous cœnabo cum illo; la boisson qu'il désire, ce sont les larmes qui vous purifieront de vos péchés ; sa nourriture, r'est que comme lui vous fassiez la volonté de son Père. A celte condition il vous admettra à soa festin éternel et ipse mecum. (le iBOXB).

9* DIMAN( HR. — t)Ë LA. CONVERSION 900

le corps de Lazare mort depuis qoatre jours et exhalant i'iofectiojn du tombeau : teni et -■'• •-'••■ ! ■'-'-^ur d'habitude; ^o les moyens d'en surtir; 30 les motifâ qui portent rer.

I J iruis circonstances principales dans le spectacle déplorable qu'uiVie à i)u8 yeux Lazare mort et enseveli. Premi^remeni, devenu itéjA un amas de vers et de pourriture, il répand Vint^eunn et la puanteur: Jam fœtet, et voilà la prof ( ■ non d'une âme dans N iiabitude. Secondemeni. un voile lugubre

c -ux et son visage: Ei sudario eral liga'.a; et voilà l'aveugle-

iii d'une àme dans le pt^ .. v :udf. Enfin, il paiali dans le tombeau les

II, pieds liés: Ligatui pedes et manus iuslilis : ii soWé. la triste servitude

u'i. .ns le péché d'haoïinde. Or, c'est cette cornipiion profonde, 0^ .'unesle avju-

f^ieaieai, cette triste servituae figurés par le spectacle de Lazare, mort et onseveli, qui orment précisément toute l'horreur et toute la misère d'une àme morte lepuis longter- - ■ - ''■■:.

e plus naturelle d'une àme qui croupit dans le désordre, que it ^ en proie aux vers et à la pourriture. Aussi les Ijvres sainU

nuas représentent partout l'état du péché sous l'idée d'une mort sfTreuse ; et il semble que l'Esprit de Dieu n'a truuvé rien de plus propre que cette triste image, pour nous faire entrevoir du moins toute la difTurmité d'une àme en qui le péché habite.

Or, la iDuri prud;iit deux effets sur le corps où elle s'attache: elle le prive de la vie, ellt" ■■ '■ ' ■ ■ >uiie tous ses traits, et corrompt tous ses membres. Elle le prive de la vie, à que le péché commence à défigurer la beauté de j'àine. Car Dieu

e&l la V iines. la lumière de nos esprits, le mouvement pour ansi dire de nos

cœurs. Or, par un seul péché cette vie divine cesse, l'àme n'est plus qu'un cadavre, on seul péché opère ce résultat; mais après un premier péché, il reste en i;ore dans ce ca ' Je chaleur qui rend plus facile sa résurrection. Mais à mesure que

1, iiis le crime, tout s'éieim. tout se corrompt en elle, la corruption

il - . j, et change en un spectacle d'horreur et les dons de la giàce, et les

ia nature.

omme un cadavre ne saurait être longtemps caché, sans qa'unti odeur de mort st >iir, on ne peut croupir longtemps dans le désordre sans que l'odeur

d ' se fasse bientôt sentir: ainsi la corruption ne se borne pas au pé-

Ci; " '^'- ■'- ••^lanl à être connus , servent de modèle en mille lieux,

e' e peut être, en secrei,des consciences que le crime

tr si nous l'osions, que la corruption que l'habitude

du ciiuieoMidaQS litui l'iaiériiiur du pécheur est si universelle, qu'elle icfrcte son corps même.

1 " ... . yeux et le visage de Lazare : Ef /"aciV.* f;us si/dario

er funeste d'une àme dans le péché d'habitude. J'avoue

qu^ . -. .,-.1 nous fait prendre les faux biens pour le bien véri*

table: < chute n'éteint pas tout à fait nos lumières; mais à mesure

que |p iiitnde, la lumière de Dieu se retire, les ténèbres croissent

et '. et l'aveuglement entier, al'.rs tout devient une occasion

d' rce q le tout change de face à ses yeux.

' '" - ■■ ' et les pieds liés: Ligatus p'dis et manu$

IK '■ dans le péché d'habitude. Le monde a

b< 1 . e d'assujettissement et de servitude, le

règne de la justice est un régne de itberié, parce que l'ilme Adèle et soumise à Dieu devient ind<^p«ndante et même maîtresse de toutes les créatures; le pécheur au contra iraisse vivre sans joug et sans règle, n'est pourtant qu'un vil esclave d< de son coips, de ses passions, des ses biens, de se* amis, de ses

er;:.. -.^ . .:;jrd la passion ménage pnrnrp pour ainsi dire, la liberté du coeur:

mais des qu'une fois elle »e sent mattrc n nous fait-elle sentir tout le poids

et tonte rameriume de notre sprviinde ' s cn^e par l'assujettisfemrnt de l'àine

di' 1 cède la passion obtient d'elle ;

pi iun injuste; par l'avilissement

et

la vie chrétienne comme U! '. qu'il ne »'y trouve rien

de kl I: dans le désordre, si l'on u«ait se plaindre de l'amer-

tume p f>*.

'' ' ' ' ' ' ' ' ' Ire. !• l.r premier

iii 'i une de» Meurs

d' is quf tout ce que

r dout le deimn se

Se (\f n !t< jfipr liane

la ■«,

Cl I-

Col.iL yi\t irJM.l.iin; iiii.ii uviiiiii.... » . u iii-.. (>>i.-..|uv, Jt («iti.iMn; '|uii ii . ii inmc itCO

à une àme depuis longtemps morte dans le péché, pour revenir à Dieu: mais je die

910 bOMtNiCALES DE La PËNIÊGOIK

que ses misères doivent augmenter sa componction, et non pas son découragement : et que la première dt'raarche de 8a péniience d<>ii être d'adorer JésusChnst comme la résurrcctton et la vie, avec une conliance secrète que nos misc^res sont toujouig moindres que ses miséricordes. En efTel, quelle que puisse être l'hurreur de nos crimes passés, il est à croire que le Seigneur n'est pas éloigné de nous fane grâce, dès qu'il nous inspire le désir et la résolution de la demander: c'est donc à tort que l'état de voire conscience vous décourage, et que vous vous persuadez que c'est fait de vous sans ressource. Je vous réponds comme la mère de SamsoD à son mari : Si le Seigneur voulait vous perdre, il ne ferait pas descendre le feu du ciel sur votre cœur: s'il voulait vous laisser mourir dans l'aveuglement de vos passions, il ne vous montrerait pas les vérités du salut, il ne vous les mettrait pas dans un jour qui vous éclaire et qui vous trouille. Dieu veut toujours le lalut de la créature; dès que nous voulons retourner à lui, ne nous délions que de notre volonté.

D'ailleui-s, et ceci doit bien nous rassurer: que savet-vous si Jésus Christ n'a pas permis que vous tombassiez dans cet état déplorable, pour faire du prodifre de votre conversion un attrait pour la conversion de vos frères, et pour manife^ter sa gloire.

âo Second moyen. L'éloignement des occasions qui mettent un obstacle invincible à notre résurrection et à notre délivrance, obsiacle figuré par la pierre qui fermait l'entrée du tombeau de Lazare, et que Jésus^Christ commande qu'on Ole avant de le ressusciter : Tollite lapidem.

Et voilà pourquoi tant de pécheurs passent tristement leur vie à détester leurs chaînes, et à ne pouvoir parvenir à les rompre : c'est qu'en prenant des mesures de changement, ils ne prennent pas de ces mesures qui éloignent les périls par l'éloignement des occasions ; c'est une erreur de croire que le cœur puisse changer, tandis que tout ce qui l'environne est encore à notre égard le même. C'est donc une pure illusion de venir nous dire quo vous ne manquez pas de bonne volonté, mais que le moment n'est pas encore venu. Comment peut-il venir au niil^u de tout ce qui l'éloiene et quelle est celle bonne volonté renfermée au dedans de vous qui ne conduit jamais à rien de réel, et à aucune démaiche si'rieuse de changement T c'esl-à-dire, que vous voudriez chan-

Î^er sans qu'il vous en coûtât rien. Commencez par éloigner toutes ces occasions falaes à votre innocence ; ôiez la pierre qui ferme à la ^r&ce l'enirée de votre cœur : après cela vous aurez droii de demander à Dieu qu'il achève en vous son ouvrage.

3" Troixième et dernier moyen. Le ministère de l'Eglue qui délie nos liens ; moyen marqué dans l'Evangile par ces paroles que le Sauveur adresse à ses Apôtres: Solvitt et sinite ahire ; déliez-le, et le laissez aller.

IH. Motifs qui déterminent N. S. 1" Le premier motif que le Seigneur paraît se proposer dans la Hésurrection de Lazare, c'est de consoler les larmes, et de récompenser les prières et la piété de ses deux sœurs ; et voilà aussi le premier motif qui détermine souvent Jésus-Christ à opérer la conversion d'un grand pécheur : les larmes et les prières des âmes justes qui la demandent. Comme tout se fait pour les justes dans l'Eglise, dit l'Apûire, on peut dire aussi que tout se fait par eux : c'est donc une espérance de conversion pour les plus grands pécheurs que de rechercher la société des gens de bien, d'estimer leur' conliance, et de les intéresser à leur salut. Il semble que noire cœur se lasse déjà de ses passions, dès que nous nous plaisons avec ceux qui les condamnent Et vou< qui autrefois, comme peut-être Marie, sœur de Lazare, étiez esclaves du monde, et qui depuis touchés de la grâce, ne bougez plus comme elle des pieds do Sauveur, que désormais un des plus importants devons de votre nouvelle vie, soit de demander i^oniinufl>ement à Jésus la résurrection de vos frères, et de lui dire comme elle : Seigtieur, celui que vous aimez est malade. Mais que les pécheurs d'un autre côté, ne comptent pas si fort sur les prières des gens de bien, qu'ils attendent d'elles seules le changement de leur cœur, et le don de la pénitence : ce serait une pure illusion : les prières des gens de biens rendent le Seigneur plus attentif à nos besoins, ■nais non pas plus indulgent pour nos crimes.

2» Le second motif. C'est de ranimer la tiédeur et la lâcheté des justes, comme Jésus-Chnsl en ressuscitant Lazare, voulut réveiller la foi de ses disciples encore faible et languissante. Gaudeo propter vos, leur dit-il, ut credalis. En effet, il opère des conversions soudaines et surprenantes aux yeux de ceux qui marchent depuis longtemps dans ses voies, pour confondre par la ferveur et par le zèle de ces âmes depuis peu ressuscitéos, leur tiédeur et leur indolence.

S'* Troisième motif. La justice divine y ménage pour certains pécheurs, comme pour ces juifs incrédules qui furent témoins de la résurrection de Lazare, une nouvelle occasion d'endurcihsemenl et d'incrédulité. Et c'est là en effet le seul fruit que la plupart des gens du monde retirent d'ordinaire de la conversion, et de la résurrection spirituelle des grands pécheurs; ils ne font que s'endurcir davantage dans le mal. Avant ^ne la mtvéricorde de Ji'sus Christ eiii jt-ie sur une âme crimine le des regards de la grâce et de salut, ils paraissaient touchés de ses égarements et de son ignominie : mais à peine la giâce de Jésus-Christ l'a rappelée à la vie, ils deviennent les ctnsrursde sa piéld même, et ils trouvent dans les miracles mêmes de la grâce si capables d'ouvrir les yeux, un nouveau moiif d'aveuglement et d'incrédulité.

Seigneur, du fond de ce gouffre oii vous me voyez lié et enseveli, comme un autre

^'-' DlitANCrtE. — JKStTS PLEURANT 911

i.ai»re, j'ai eacore du moins la voix da cœor libre pour porter jusqu'au pied de votre .,..n» nnû< r^.rr^i, fùti soupirs cl iTfs lafmes: De profundis clamar,i ad te. Domine. .'heur qui revient à vous. Seigneur, est toujours pour vous uoe voix a. lie VOIX de Jacob qui réveille toute voire Itndresse, lors même qu'elle

ne waà uté>^aw que des mains d'E&aû. et toutes pleines encore de sang et de crimes : Domine, exaudi rocem meam.

Ah! vijus avez l'ici. Seigneur, détourné vos oreilles saintes de mes discours

de licence et de rendez-les aujourd'hui alienlives aux plus tristes expres-

sions de ma dou l , , • la nouveauié du langage que je vous tiens, ô mon Dieu l attire a ma prière une attention plus favorable. Fiant aures tuœ intendentes in vocem deprecaLionis meœ.

Je ne viens pas ici. Grand Dieu! excuser devant vous mes désordres, en vous allégnant les occasions qui m'ont séduit et les exemples qui m'ont entraîné, le malheur de mes en?ar,'ements, et le caractère de mon cœur et de ma faiblesse : cachez-vous, Seigneur, les horreurs de ma vie passée . le seul moyen de les excuser, c'est de ne vouloir pas les regarder et les connaître ; hélas! si je n'en puis soutenir moi-même le seul spectacle : si lues crimt-s fuient et craignent mes propres yeux, et s'il faut que j'en détourne la vue

Iiuur ménager mes terreur» et ma faiblesse : comment p>jurraient-il8. Seigneur, soutenir a sainteté de vos regards, si vous les examinez avec cet œil de sainteté, qui trouve des taches dans la vie la plus pure et la plus louable ? À'i iniquitates observaveris. Domine, qui$ siistiiiebit.

Mais Vous B'étes pas. Seigneur, un Dieu semblable à l'homnne, à qui il en coûte toojonrs de par>^onner et d'oublier les ouirages d'un ennemi : la b'mté et la miséricorde sont nées dans votre sein éternel : la clémence est le premier caractère de votre Etre sopréme. et vous n'avez point d'encemis, que ceux qui ne veulent pas mettre leur

ç^„i-, . ,i..„.. I...- ,. ..k......< abondantes de vos miséricordes : Quia apud Domitium

7 id eum redemptio.

Heure qu'une âme criminelle revienne à vous; dès le matin de U vie, ou sur le Uécua de l'âge: après les égarements des premières moeurs, ou après une vie entière de d «solution et de licence, vous voulez, ô mon Dieu, qu'on espère eacore en • asassurez que le plis liaut point de nos crimes, n'est

encore qu«> le pr^ >s miséricordes : A cuslodia matntina usque ad

ncM:lem iperet lu

Mais aussi, firami Dieu, si vous exaucez mes désirs, si vous me rendez une fois la vie et la lumière que j'ai perdue ; si vous briisez ces chaînes de la mort qui me lient encore ; si vous me tendez ta main, pour me retirer de l'abîme où je suis plongé, ab I je ne cesserai. Seigneur, de publier vos miséricordes éternelles.

8043. Antre pittii. — On peut traiter encore le sujet suivant : Videna

item /levit super eam. {lajc xix.) C'était au jour du triomphe lie Notre-

• iir.

I - ■ sur une luo'lesle monture, on recouvrait de vêlements étendus

et <!<■ ia ruiile qu'il parcourait ; et on criait ; Béni soit celui qui

^' vV/rt^Mr; mais en approclianl de Jérusalem, il apcr\;oil

•'. tirand myslcre (pièces larmes ! Lui <pii voyait la face

i.ir, jMxirlanl siijei aux émotions de tristesse. .Mais quelle est

se de ces larmes f 1" Jérusalem. Il dit : .S'i roynorissts et tu et (juidem

,/,,. /,,,, .,,,,f /,,/ ,,.,,,.,,1 tihi ; nui" '•••'••"> ahscoiiditd simt u), nrulis

'■, il a fai ses yeux le tli sa

iM'i'f iiii-i ii';i ti:is ciPiinn iOlir

: M une

.'■ grande

'•ndrc. ii pleure cl se» larmes en diseiil assez, i) l/in-

•m va allircr sur elle la colère de Itien \nn rflitu/uent

lufiidein eo qund non cnifiinver: mis

' que de m-'-iiie tjMJI a prèelié. pii. .to\-

iil p.is p! . -'•» ni de ses l»icut'aii.s. de ujëme il va

! ti vîiin «" i ^er, et il pleure. Il Jésus <pie vns lar-

il votre arnoiir pour i ifS.

iiialheur é|)ou\aiii i se

' ' voyait tous Ut ftécheurs de la

•' ' t: ' ar i) le

- (rioni-

[1111 -1 Ml :>.! «.iiim . tn >•.,, .i m i m ii< >ii. u ti. > ..iiii.n. )...- • ■ • " '!" ''

91â DOMINICALES DE LA PKKTBCOTË

abandonne lui réservait pour son bonheur temporel ou éternel, nxinc auUni abscondita sunt ab oculis tiiis. La fascination de la bagatelle miroite devant SCS veux, et ne lui laisse pas voir les vrais biens. 2) Sur eux aussi vont fondre dès cbAtimcnls {a) temporels, (6^ et s'ils ne se convertissent pas, éternels ; les démons viendront in ferram prosternent te, et non relinquent in te lapidem super lapidem, aucun mérite ; 3; et si le pécheur s'obstine i/uœ utilitas in sanguine meo ? Et voilà pourquoi les veux du Seigneur se remplissent de larmes, et sa poitrine de sanglots. Oli ! qui ne serait énm à ce spectacle? 0"and Jésus pleure à la crèche et au calvaire, on pourrait peutêtre altiùbuer ses douleurs à la souffrance qu'il endure; mais c'est au jour de son triomphe qu'il pleure sur Jérusalem et sur les pécheurs... Pourtant le monde insensé oublie les larmes de Jésus, Venez, couronnons-nous de /leurs, mangeons, buvons, dit-il ; et l'abîme se creuse sous ses pas. .\ussi .Marie est venue sur une montagne des Alpes ; elle a vu l'aveuglement des pécheurs, les chAliments qui vont fondre sur eux, le malheur Je l'abandon éternel de Dieu qu'ils se préparent, cl sa tète appesantie est retombée dans ses mains et elle a pleuré ; mépriserons-nous les larmes de Jésus et de sa Mère ? Leurs plaintes touchantes ne diront-elles rien à. notre coeiu" ? Voulonsnous obstinément nous attirer pour ce monde et pour l'autre les châtiments de l'aveuglement et de l'endurcissement ? .Non certes. Donc lavons nos péchés dans nos larmes, confession, ferme propos, etc.

ton. Autre plan du P. liourdaloue. Flevit super eam dicens : Si rof/novisses et tu... quœ ad paceni tibi (Luc. xi). C'est ainsi que Dieu parle iniérieurement à une àme criminelle et qu'il presse un pécheur par les remcrds de sa conscience.

Division. — Le remords du péché est une grftce de Dieu. La miséricorde de Dieu en nous accordant cette grftce qui fait le remords du péché: l'» partie. La malice et le malheur de l'homme qui s'obstine contre cette grâce pour persévérer dans le péché: 2e partie.

I. La miséricorde de Dieu en nous accordant cette grâce qui fait le remords du péché : en voici les avantages :

V C'est une grâce : car c'est un secours que Dieu nous donne pour nous convertir. 2o C'est une grâce intérieure, puisque c'est la voix même de l'esprit de Dieu qui se fait entendre au fond de notre cœur. S» C'est la première de toutes les grâces que Dieu donne au pécheur pour commencer l'ouvrage de sa conversion : c'est par cette grâce prévenante que Dieu le touche. Kxemple de David et de Caïn. 4o C'est entre les autres grâces la plus merveilleuse dans la manière dont elle est produite. Cette merveille consiste en ce que c'est le péché môme qui donne naissance à celte grâce. 5» C'est de toutes les grâces la plus digne de la grandeur et de la majesté de Dieu. Ce n'est point en suppliant que Dieu agit par ce remords, mais en maître et en juge, qui menace et qui répand dans une âme la terreur de ses jugements. 6* C'est de toutes les grâces la plus consolante : elle nous suit partout, et plus nous faisons d'efforts pour la repousser, plus, quelquefois, elle s'attache à nous. 7* C'est la grâce la plus universelle. 11 n'y a personne qui ne soit sujet aux reproches de sa conscience après le péché. 8» C'est la grâce la plus assurée pour l'homme pécheur et la moins sujette à l'illusion. L'ange de ténèbres se transforme quelquefois pour nous tromper en ange de lumière ; mais il se garde bien de représenter à un pécheur le désordre de '^on crime. 9*> Sans cette grâce tous les dons de Dieu restent stériles à notre ' -' : i. et avec elle >ls sont tous efficaces : car si notre conscience ne forme te remords: Peccavi, J'ai péché, tout le reste est inutile ; et dès que ce remords est une fois bien conçu, il communique à tout le reste une vertu particulière et sanctifiante. lO^ C'est la grâce la plus convaincante pour disposer l'esprit de l'homme à la pénitence. La conscience est alors son propre témoin, et se trouve forcée de s'accuser elle-même et de se condamner. 11" De là c'est la grâce la plus puissante sur le cœur. Elle le pique et le presse si fortement que pour se délivrer du tourment secret qu'il ressent, il est enfin obligé de se rendre. Voilà le principe des plus grandes conversions. Que de trésors renfermés dans une seule grâce, et n'est ce pas là que nous devons reconnaître toute la miséricorde de notre Dieu 1

DO L)US Ju

10< DIMANCHE. — DE L'ilUMILITli 913

11* partie. La malice et le malheur de l'homme qui s'obstine contre cette

f[rArc fin romonls de la conscience pour persévérer dans le péché. Kn voici es divei's (iogrés :

!> |>,M<,Mi.. !■> remords de la conscience est une grâce, résister à ce remords, 1er à la grûcc et au Saint-Ksprit. ±' l*uis(jue le remords de la I iir.'ini. rc grAcc du salut et le promiiT moyen de conversion r à ce remords, c'est donc tarii* à son éganl les ricorde. H" Puisque le remords de la conscience est iiiio LTirr iMiic merveilleuse, nous devons élro bien coupables, dans la résis- • m . ' II. MIS rapportons. -4" (lomme le remords de la «conscience est la !iis digne do la majesté de Dieu cl la plus conforme à sa grandeur •. rien aussi ne lui doit être plus injurieux que les révoltes d'une l'C qui la rejette et qui emploie tousses elTorts à la repousser, (^ar i igit en Dieu, plus suis-je criminel de ne me pas soumettre et de

Jui obéir. 5" Le remords de la conscience est la grâce la plus constante durable : par conséquent une pleine résistance à ce remords sup- (lice la plus invétérée et la plus insurmontable. (î* Le remords de ;ice est la grâce la plus commune et la plus universelle, c'est une pu n'est [tas uiémo refusée au plus méchant homme et au plus impie, l'ste-t-il donc à un [M<lieur qui se prive de cette dernière espérance? i.f remords de la consiicnce est la grâce la plus certaine pour lui pécheur l la moins sujette â 1 illusion: mais de là saint Bernard conclut que la

■' • à ce remords est donc aussi la plus prochaine disposition au

8** .\lTreux déses|»oir que redotd»lera au jugement de Dieu celle

' '" -t^ dont nous aurons tant éludé les poursuites salutaires. Le

I intenant pour nous la grâce la plus convaincante, mais cette

nous ne profitons pas, ne servira qu'à, mettre devant Dieu le

: notre condamnation.

11. . 'csi .1,1111 découler les remords de notre conscience. Il cr, qu'il rte nous en roulerait pour les suivre. Ce udre, c'est que par la force de l'habitude et par lenl «le Dieu, la conscience ne vint, non pas à ne point agir ! n'agir plus que faiblement.

i'' !».■>. Dixième dlmaiiclie : Perçut iehat i>ect us suum dicens : Projiifius esto /iii/ii /ifitfifori. (^ontrilion. n. HVAi, i(ii«;. Antre «njet : l."..i-iicil. n. 10:W.

i'>n Aiifre Hiijet : I.' Inutilité. En voyant l'orgueilleux pharisien con-

iible pulii '.lis, (pii nonvierail le sort de ce dernier ?

est un vi i)le, autant lîiuuiililé est digne d'ambition.

I . ; . I, ce que <• est .pi.j i humilité, II, les motifs que nous avons de

I T, (IL. les moyens de l'acquérir.

2ip».> I. — (; ■ • ' ' /7/7<? ."* C'est une vertu par laquelle l'honuTie

se connaissani i qu'il mérite le mépris; ou c'est l'amour

if~ !'■ jus'in.!.! iiniiri-> .1»' soi. C/osl l'amour de Dieu qui amène

1 i la rend facile. L'homme est un abime de néant cl un abime

•! . 1. .'. ... I il 1" i;-."i . le Dieu ; et il n'a pas. il est vrai,

icrel il est nalinvl qu il y pense.

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