‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 242 sur 416 · I :iL' (Ii> Ji'siis (iiiisi ir.mii-i' itart · texte numérisé non relu

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i" Se nu'prisiinl lui-mi>ino, il ni' poursuit pas l"csliuie des autres, ci ne la ir. iiorciip pas. > Si on riiuinilio, il no s'aigrit point conlrp ceux (pii le liltssenl. sachant qu'ils le Irailonl comme il le mérite. 4» Il va même parfois au-dt'vanl dos liuinilialions et ambitionne ce «pie les mondains redoutent. Saint Laurent Juslinion comparait l'humilité à une rivière qui est basse et paisible en été, et qui est haute, profonde en hiver. L'humilité ne s'élève point et garde le silence dans la prospérité, tandis cpie dans l'adversité elle est haute, magnanime et remplie <i'un courage invincible. C'est là le plus haut degré de cette vertu, que de pressants motifs nous pressent d'acijuérir.

204U. 11. Motifs. — lo Le devoir. 2» Les avantages, l» Devoir. — i) C'est justice de reconnaître notre néant, eussions-nous fait tout bien, servi inutiles siimiis. et nous avons fait le mal : noOis confusio faciei nostrœ. Ce (pie Dieu a fait en nous, c'est un riche tissu de soie ou de fil d'argent, et nous n'avons fait <pi'y mêler du gros iil de toile qui déflgure l'ouvrage.

Si Dieu ne nous avait soutenus, nous serions les plus scélérats des hommes (1).

(1) C'est folie de ne pas le reconnatlre. Si on entrait dans un hospice d'aliénés, parmi ces malheureux, on en trouverait un grand nombre qui ne sont fous qu'en un seul point; c'esl-à-dire en ce qu'ils croient éti-e ce qu'ils ne sont pas: l'un se croit empereur, l'autre pape. Hélas l le nombre des fous est infini, dit le Saint-Esprit. Tous ceux qui croient être quelque chose sont insensés.

Pour s'en convaincre, il suffit de considérer la misère de l'homme. Nousavons lousélé conçus oans le péché, la foi nous l'apprend. Nousen convenons ei nous nous reconnaissons de bonne foi sujets aux désordres qu'il produit, et qui en sont les instes effets ; c'est-à-dire nous savons que ce premier péché nous a attiié un déluge de maux, et que par les deux plaies mortelles qu'il nous a faites, l'ignorance et la concupiscence, il a répandu le venin de sa malignité dans louies les puis>ance'«de notre âme ; que c'est pour cela qu'il n'y a plus lien en nous de coinp'èteineni sa>n, q<ie noire esprit e>t suscepiible des plus grosMciTS erreurs, que noire volon;é est comme livrée aux plus houleuses passions, que nuire imagination est le siège et la source de l'illusion, que nos sens sont les portes et les organes de l'incontinence ; que nous naissons remplis de faiblesses, assujettis à l'inconstance et à la vanné de nos pensées, esclaves de nos tempéraments et de nos humeurs, Sominés par nos propres désirs. Nous n'ignorons pa.<que de lA nous vient cette difliculié de faire le bien, cette penle et celte inclination au mal, cette répugnance dans nos devoirs, celle disposition à secouer le joug de nos plus légitimes obligations, cette haine delà vérité qui nous corrige et qui nous redresse, cet amour de la flatterie qui nous trompe et qui nous corrompt, ce dégoût de la vertu, ce charme empoisonné du vice : de là cette guerre intestine que nous sentons dans nous-mé.aes. ces combats de la chair contre la raison, ces révoltes secièles de la raison même contre Dieu, cette bizarre obstination à vouloir toujours ce que la loi nous défend, parce qu'elle nous le défend, et à ne point Vuuloir ce qu'elle nous commande, parce qu'elle nous le commande; à aimer par entêtement ce qui souvent en soi n'est point aimable, et à r<-jeter injustement et opiniàlrement ce qu'on nous ordonne d'aimer et ce qui mériterait de l'être. Renversement monstrueux, dit saint Augustin, mais qui par là même qu'il est monstrueux, devient la preuve sensible du péché que nous conliactous dans notre ongine et que nous apportons en naissant. Voilà encore une fois ce que nous éprouvons et ce que nous regardons comme les suites malheureuses de notre conception. Or, convenir de tout cela, me direz-vous, n'est-ce pas suflisamment nous connaître t Kon, mes chers auditeurs, entre les effets de ce premier péché dont je parle, il y en a encore de p<us affligeanis. Ce n'est là que le fond de notre misère : mais prenez garde, en voici le comble, en voici l'excès, eu voici le prodige, en voici l'abus, en voici la malignité, en VOICI l'abomination, et si le terme ne suffit pas, en voici, pour m'exprimer avec \f^ Prophète, l'abomination de la désolation.

Le comble de notre misère, c'est que noire misère même, quoique humiliante, ne nous humilie pas, ei que malgré tant de sujets qu'elle nous l'onne de nous confondre, nous ne lai.«sons pas d'être encore remplis d'orgueil. Oui, mes frères, voilà le désordre que nous avons tous à nous reprocher. Beaucoup d'ignorance, jointe à beaucoup de présomption ; faiblesses extrêmes souienues d'une pitoyable vanité : indigence affreuse des vrais et solides mérites, accompagnée d'une enflure de cœur, qui seule, selon l'Ecriture, suffirait pour nous atnrer riniiignation de Dieu, car qu'y a t-il de plus propre A irriter la colère de Dieu, qu'un pauvre orgueilleux? Oi, qui de nous, s'il se connaît bien, n'a- Toiieia pas qu'il a part, comme pécheur, à cette malédiction T Pauperem superbum, odivit anima mea II y a plus.

L'excès de notre misère, c'est qu'étant aussi déplorable que je vous l'ai représentée, toute déplorable qu'elle est, nous ne la déplorons pas. Les Saints et les Elus de Dieu eo ODl gémi, et O0U8 n'en sommes pas touchés. Saint Paul, dans l'amertume de son Ame

lO MMaKCHK. — DE l'eiUMiLîtiî 915

l^e p. de Condren, dans un vovage, fut obligé de passer la nuit dans une-

Mil- '• les chiens s'abrilaienl. Il prit un peu de paille pour s'y reposer;

III ■ evant (pi'elie servait à un de ces animaux, il la lui laissa, dans

la . w,,.,, ,,.>u que ses iuipcrlVrtious le luetlaicnl au-dessous d'eux.

i) .Nous devons obéir à celui ipii est notre Maître, noire docteur. iJiscife a me quia initis sum et humilis corde. Il nous l'a enseignée par ses paroles et par ses exemples. Frustra appeUareinurCkristiuni, si iniitatores non fssenius C/iristi, dit saiul Léon, t/ui ideo se riam dijcit esse, ut illa/n humi-

fatem elif/eret serras ifuam seetatus est Dominus.

Il) Sans l'humilité toutes les vertus croulent, comme un édilicc sans Ibndelucnls. L'orgueil, source de tous les maux, reprend son empire, et il est facile d'en comprendre la raison. Il n'est point de vertu méritoire du ciel sans la

s'en est affligé, et nous, nr>us nnus en consolons. Ah I Seigneur, s'écriait le saint homme Job. pourquoi m'avez-vottx mis dans une dispotilion qui me rend si contraire à vous, ei f>iiurquui par là me suis je devenu in!«uppor(i<bie à moi-môme? Quare posuisti me contrarium tibi et faclus sum mihimetipsi gravis:* Est ce ain&i que parle un mundain ? est-ce ainsi qu'il pense? Non, insen&i>ile à ses maux, il souffre tranquillement cet étal de contrariété entre Dieu et lui. S'il ^émit sous le joug des passions, ce n'est point parce que ses passions le rendent contraire & Dieu, mais parce qu'elles troublent son repos, mais parce qu'elles lui causent de mortels chagrins, mais parce qu'il se voit souvent dans l'impuissance de les saiisraire. De ce qu'elles le tiennent captif sous la loi du pérhé, c'est à quoi il ne fait nulle attention. Il est enclave de la concupiscence qui le domine, mais e.-'clave volontaire, parce qu'il en veut bien être doniiDé. Il sent dans Aon cœur mille révoltes intérieures contre Dieu : et ces révoltes continuelles et si dangereuses, bien loin de l'é'onner, ne lui donnent pas la moindre inquiétude. iVurvu qu'il arrive à ses tins, il consent à vivre sous l'empire de la chair, et à être vendu au péché. A combien de pécheurs du siècle ce tableau n'expose-t-il pas, leurs véritHhies, mais damnables senlimenl'^? Alions pius avant.

I.e prodige de notre misère, c'est qu'au lieu de la déplorer, nnus nous aveuglons Ion* les jours jusqu'à nous en féliciier, jusqu'à nous en goriPier. Car où est l'ambitieux qui ne s'applaudit pas iniérieuremeni des i lées, des projets, des succès de son ambition T où est le riche avare qui ne se sait pas bon gré d>5 ses sordides épargnes et . de son avarice Y où est l'impudique qui ne met p;ia son bonheur dans les infâmes ▼oioptés? où ei>\ le vin<licat:f qui ne se fait pas un triomphe de sa venu'eance ? Ces passions dont t'Ap^ire de J<^sus-l>hrisi faisait le sujei de sa douleur, à m^'Siire que nous oublions Dieu, deviennent le sujet de notre joie. Par un renversement de religion, et même de raiKon, ces passions deviennent nos divinités ; nous leur faisons sans cesse des sacrifices, nous leur obéissons aveuglément ; non contents Je leur être soumis nousmêmes, non* exigeons des autres qu'ils s'y soumettent ; nous voulons qu'ils en soient I*' entrer dans nos passions, c'est savoir nous plaire; les contredire,

i r: plus ces passion'^ sont vives et ardentes, moins nous soufl'rons

qij Ml j KMMc , plus elles sont honteuses, plus nous sommes jaloux qu'on les respecte et qu'on ne les choque pas. Ce >|ue je dis, ii'esi-ce pas le monde tel qu'il est ; et cela même, si nous avons une é'incelle de Christianisme, ne doit-il pas nous faire horreur Y '. oici néanmoins quelque chose encore au-delà: Vnhnt de noire mi«^r*>, c'est que n'>us en lirons même avantage, jusqu'à nous en

r.hiH et jusqu'à nous en prévaloir contre Dieu. là Dieu d'être guéri de sa faillie*-*», s'en accu-

. - .; nine, quonam infirmus sum, saua me (/'». G),

>ns la nôire, comme une raismi que nous suppo-ioos devuir couvrir nos

^ et nous tenir lieu de jusulication. C'est-à-dire, pirce que nous sommes

:•; nous avons été conçus <1 ■ U^, nous voulons que Dieu dissimule

qu'il les lolèn et qu'il m- lie pas dans toute la rigueur de sa

j.,-.in.- -iriix insiruii-; '• '• ' i..ji.n •!•• ■ ■■ — :iréiendons que

parre qu il connxil ikiI i moins en : ii>r et de nous

punir; et à force de !■ i- nous ar.c." • i à le croire.

Dieu qui, selon i«>s or^ioies dd lEoriiare, est le v<!iif{-'ur nMXordbi du péché, nous paratt ponr de» créiiiur<>s aii«<ii fragiles quA nou« I» «ommes, un Dieu trop sévère et Il ■-. nous nous en faisons un Dieu

{ <ns, un Dieu moins ennemi de

!j : . , , ,. ., . - le notre être, il sait de qnelle

masse il nous a tirés et qu H n'ex'gn pas d<^ nous une samtei-' oarfaiie. Car ne sont-ce pas là 1rs l*'mér!«ires el i-'-ft»irip.ix riMonnefnenM (jue forme tous les jours l'inip été ? et voilà ne.

Lu lé dans lequel nous sommes conc-aa,

par uue luù^.-.c .|u»i>ii -{..I lu. i:^., |Mi>|.it, .....;v.>v en nous tout ce qui vient de Dieu, el

916 DOMINICALES DE LA l'ENtBCOTE

gi-Acp, cl Dion, Ilumilibiis dut yratiam. Comment une terre aride peut-elle (Ifvonir féconde, sinon en iHant au-dessous «l'une terre fécondée par des eaux almnd;inlos? Sicile s'élève plus haut, elle reste stérile. Poiu- conserver le feu, il faut le caolier sous la cendre. Soriez-vous jmrvenus à un degré éminenl de sainteté, gardez-vous de vous enllcr, de vous confier en vous-mèine et de mépriser les autres. Savcz-vous «e que vous deviendrez et ce qu'ils feront? Les jugements de Dieu sonl leri'ibles. La chute est d'autant plus redoutable qu on tombe de plus haut ; avec le meilleiu- vin on fait le jdus fort vinaigre. D'apôtre on peut devenir traître eominc Judas; de saint on peut

tout ce que nous avons reçu de Dieu : talents de l'esprit, forces du corps, capacité, santé, noblesse, beauté, dons de la nature, et par conséquent du Créateur, prospérités, honneurs, dignités, richesses, dons de fortune, c'est-à-dire de la Providence, mais tout cela, par le maltieur de notre conception, occasion de péché, instrument de péché, source de péché. Voilà ce qui peid l'homme chrétien ; mais ce que l'homme charnel et mondain ne sent pas et ne comprend pas. Permettez-moi de vous le faire comprendre et d'entirtr la preuve de vous-mêmes. Dans l'ordre naturel des choses, plus vous éles heureux selon le monde, plus vous devriez être soumis à Dieu et reconnais.sanls envers Dieu. Mais parce q'ie le péché a renversé dans vous ce bel ordre, plus Dieu vous comble de ses biens, plus il semble que vous soyez nés pour lui être ingrats et rebelles: jusqu'à ses grâces et à ses faveurs, tout vous pervertit; la prospérité vous corrompt, les honneurs vous enflent, les richesses entretiennent votre luxe, la santé vous fait oublier le soin du salut. Si Dieu par des moyens tout contraires veut vous forcer de retourner à lui, les remèdes qu'il y emploie, se tournent pour vous en poison. L'adversité vous irrite, l'humiliaiion vous désespère, la disette fcar oii n'est-elle pas. et quelles conditions en sont exemptes?) vous fait tomber dans l'injustice, et l'infirmité dans le relâchement et la tiédeur.

Uabominaiion de notre misère, c'est que non content d'être enfants de colère par nature, nous le s<immes et nous voulons bien l'être par notre choix. Avoir péché dans autrui et naître ennemis de Dieu par la nécessité inévitable de notre origine, c'est la malédiction commune où nous nous pi lignons d'avoir été enveloppés : mais nous en plaignons-nous de bonne foi, tandis que nous y joignons celle d'être encore ennemis de Dieu par un libre consentement de notre volonté ? Or, vous le savez, hommes mondains, à (jui je parle, vous savez jusqu'où sur ce point va le libertinage du siècle, et souvent jusqu'à quel excès vous l'avez vous-mêmes porté. Avoir été conçu dans le péché, c'est le sort de toute la postérité d'Adam, mais vivre impunément dans le péché, mais se plaire dans le péché, mais se faire gloire du péché, mais s'endurcir dans le l'i^ché, mais persévérer avec obstination dans le péché, mais s'exposer sans crainte au danger de mourir dans l'état du péché, mais vouloir bien actuellement mourir dans son péché, c'est le sort particulier, mais le sort aflreux de je ne sais combien d'âmes perverties que le torrent du monde entraîne: et Dieu veuille qu'enire ceux qui ra'écoutent il n'y en ait point de ce nombre. Jub demandait à Dieu, que le jour péril où il avait été conçu. Il souhaitait que ce jour eût été changé en ténèbres, que jamais le soleil l'eût éclairé et qu'il eût pu être elTacé du nombre des jours ; et il avait raison, dit saint Augustin, puisque c'était le jour malheureux où il avait commencé d'être pécheur, et sans le vouloir même ennemi de Dieu. Que fait le libertine par un sentiment bien contraire, il compte paimi les plus beaux jours de sa vie, certains jours où librement, sans remords, il s'est livré à l'esprit impur; ces jours où pour se satisfaire il a renoncé à son Dieu ; ces jours en eux-mêmes pleins d'horreur ne laissent pas, parce qu'il est sensuel et voluptueux, de se représenter à lui, comme des jours agréables : il en conserve le souvenir, il en souhaiterait le retour; bien loin de pleurer parce qu'ils ont été, son chagrin est qu'ils ne sont plus. Mais sans parler précisément du libertin et sans l'être, mes chers auditeurs, le honteux reproche que nous avons aujourd'hui à nous faire, c'est qu'à ce péché d'origine contracté par une autre volonté que la nôtre, nous ajoutons de notre chef mille antres péchés personnels, d'autant plus punissables devant Dieu, que nous les commettons souvent de dessein formé et que nous ne pouvons les imputer qu'à nous-mêmes. Péchés qui ne sont ni d'ignorance ni de surprise, mais qui procédant d'une malice pure, ont encore plus d'opposition ù la sainteté de Dieu, et par là doivent beaucoup plus outrager Dieu Péchés qu'il nous serait facile d'éviter, et auxquels nous ne succombons que parce que nous ne comptons pour rien d'y succomber. Péchés dont nous recherchons l'occasion, dont nous attirons la tentation, dont nous ne craignons point de courir le risque, et qui par toutes ces circonstances portent avec eux un caractère particulier de réprobation, puisqu'il est vrai alors que nous sommes enfants de colère, non plus par nature et par nécessité, mais par notre propre volonté. Ai-je pu mieux vous exprimer l'abomination de notre misère T ne nous lassons point d'en sonder l'abîme profond, et sur cela écoulez ce qui me reste à vous dire.

L'ahominalion de la désolation dans noire misère, c'est malgré la grâce du baptême qui efl^ce en nous le péché originel, par un dernier désordre qui ne peut être attribué

10<: DIMANCHl!:. — DK l'uUMILITÉ 917

■iotenir criminel ; d'ange, démon. Aussi, saint François do Sales ayant annoncé sa fin prochaine à ses filles de la Visitation de Lyon, et celles-ci îtii avant présente un papier, en lo priant d'y tracer ce qu'il désirait le plus le saint ocrivif-il ce seul mot : humilité. I rantaf/es. — 1) En ce monde («) les faveurs de Dieu, ad qnem respiçiam nisi ad pauperctilum. (Isa., iavj, 2.) Populum humilem salvum faciès. liespexit in orationem humilium. Humiles spiritu salvabit. Tout vient avec les faveurs d'un Dieu qui donne tout à qui lui rend gloire de tout. {b) Les vertus, les saints disent que humilitas est prœcursor charitatis. et toutes les autres vertus suivent la charité. Donc l'humilité amène l'ohéissance, la douceur, la patience, la tempérance, la mortification, etc. Saint Siméon Stylite, prosterné contre terre, priait Dieu de lui indi(pier le chemin de la perfection. 11 s'endormit et dans un songe il lui sembla qu'il creusait la terre avec grande ardeur; et une voix du ciel lui répéta plusieurs fois: Creuse, creuse encore. C'est le mot de saint Augustin : Plus vous voulez élever haut un édifice, plus profond il en faut creuser les fondements, (c) La gloire. Ilumiliamini in conspectu Domini et exaltabit vos. (Jac, iv, 10.) Qui se humiliât exaltabit ur : et cela dès ce monde. « Plus un homme est humilié, (dus il a de rapport av^ le Fils de Dieu ; comme ceux qui approchent de plus près de la grandeur des princes sont le plus honorés devant les hommes ; de même ceux qui partiiipent de plus près fi l'ignominie de Jésus- Çhrist, sont les plus relevés devant les anges. » Les hommes, du reste, estiment au fond la vertu, même quand extérieurement ils la dénigrent. Et le démon lui-même se déclare vaincu par les humbles. 11 dit un Jour à saint .Macaire : Tu jeûnes et tu veilles, moi je le fais toujours : il n'est qu'une chose en laquelle tu l'emportes sur moi. — (Quelle est-elle ? demanda le saint. — C'est l'humilité, répondit Satan. Gloriam prœcedit humilitas, dit le Saint-Esprit (1).

qu'à la dépravation de notre cœur, nous suscitons encore tous les Jours dans le Ctiristianicme, si j'ose ainsi m'exprimer, de nouveaux péchés originels, pires que le premier, et d'une conséquence pour nous plus pernicieuse. Qu'est-ce à dire, nouveaux pécliés orifîinels, c'esl A^dire, certains péchés dont nou^ sommes les auteurs, ei qui par une fatale propacraliun, se communiquant et se répandant, passent de nus personnes dan.s celles des autres. J'appelle péchés originels, ces péchés de scandale contre lesquels le Fils de Dieu a prommct' dans l'Evangiie de si foudroyants anath^mes ; j'appelle pt\'hés originels, certains péché» des pères et des m'^res à l'égard de leurs enfHnts ; d'un pore qui par succession inspire à son fils ses inimitiés et ses vengeances ; d'une mère qui oubliant qu'elle est chréienne, pervertit sa fille en lui inspirant ta vdnité et l'amour du inonde ; j'appelle péchés oric^inels, certains péchés des chefs de familles à l'égani de leurs domestiques ; d'un maître, qui pire qu'un inlidéle, fait des siens les ministres de ses débauches ; d'une f'-mm» qui abusant de son autorité, engago la conscience d'une jeune personne que Dieu fui a confiée, et la perd en l'ob'igeanl à être la confidente de •es intrigues J'apn«""e pécliés oris n<*ls, certains péchés des grands à l'égard des peuples, des préii. i des lalqii. Marieurs à l'égard de leurs inférieurs. En quoi le péché il p'us en i Dieu ? en ce qu'il ne fut pas le péclié d'un •^""1 "" - "'■ •■> ■' . ,..,..,.. ,,..,;int le précepte, nous comprit tous dans le --Il ce qu'étant notre ch<>f. il ne put commettre ce péi >■■< C'est uQ mystt-re de foi que nous révérons. Mais, ce ' da.is le péché d'Adam, est évident et sensible dans lei espèces is de vous rairquer. Car je dis toujours que la désolation de

i'f s. de les 1

pliO' on qu'Adam.

et la source A» leur damaation. Ah ! Chrétiens, n est-ce pas ici que je pourrais m

«vec le prof.h^te Jérémie et rnnc\nn avec loi : ijHif tîahi' rnpiti mro nquarn, > .

lis ! M- de larmes, t^ .ur

plfi. :u premier péché ;

mui> .wo.Mi...^ ,. .,. ,. ...^ ... ,...^...., V. .^v.v ... pvv..^ .u .......V .j^.a nous ressentons

le* tristes elTets. (Boiroaloi'f.) .

j. ,. >;,...„, !.. ..I... i .,x,.,., A.> „.,.„,u . ,1,1 I» 'i^re, ayez sur V '-■"' '■■•'•• '-

glo es nu liKii

noi' 1 portera ."^ii

paraitiaul encore plus graiiii qu'el-c.

« Dieu seal, par la doclrioe calboltqae fait les humbles; tontes les doolrines bumal*

{(l) Los consolations. — Inreniefis requiem. C'est l'ordre : pax tranquil' lifas ordinis. l'aix avec Dion dont l'homme à les faveurs, paix avec les hommes dont il respecte tous les droits, et qu'il honore, superiores sibi arbitrantes : paix avec soi-nit^me, aimant les injures et les njépris, n'étnnl pas sujet à la haine, à la jalousie qui déchirent le cœur.

2) Kn l'autre monde. //u/niliavU se.metipsum prnpter (jtiod Deus exaltarit illiim : c'est la loi. Les mé|»ris d'ici-bas valent la gloire de l'autre vie. Aussi voyez les saints comme ils sont honorés de Dieu, des élus, de l'Eglise. 0 vous qui aimez le bonheur, la gloire qui ne finissent pas, et qui en ce monde même ambitionnez les consolations, l'estime des hommes et les lavein-s de Dieu, sovez hinnhles. L'humilité offre donc toutes sortes d'avantages, tandis que l'orgueil ofTre toutes sortes de périls. On ne risque donc rien en s'humiliant, ainsi qu'en baissant la tête on n'a rien à craindre en passant par une jiorte ; tandis que si on la dresse trop, on risque de se blesser (4).

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