DIMANCHE. — DE LA FOI
40). Or, ce fondement est grand et solide, ce n'est autre chose que Jésus-Christ, sa divine parole, ses saints exemples, f'nusquisaue videat quomodo superœdificet. On ne peut bAlir là-dessus que i\o i^rannes œuvres.
» 0 foi et srienco des chrétion.s 1 0 vie el pratique des chrétiens ! est-il rien de plus opposé ni de plus discordant que vous ("'tes? Vovcz la bizarrerie : un fnnd.Mnenl d"or et de pierres précieuses, un liAliment de bois et de paille. Je ji.irlf avec l'Apolrc (i Cou. ni, 12), qui nous représente par là les péchés, Miatitrc vraiment combustible et propre à exciter et entretenir le feu de la vontreance divine. 0 foi, que vous êtes pure! 0 vie, que vous êtes corrompue ! Quels yeux ne seraient pas chocjués d'une si honteuse inégalité, si on la regardait avec attention? •> (Hossi-et).
La vie est le principe du mouvement. Il y a. donc en ce monde quatre sortes de vie, selon les quatre divere principes qui donnent le mouvement à toutes les actions des créatures vivantes et animées ; la vie végétative, la vie sensilive, la vie raisonnable, la vie chrétienne. La vie végétative, c'est la vie des plantes qui ne font que se nourrir et croître ; la vie sensilive, c'est la vie des animaux qui se conduisent par les sens; la vie raisonnable, c'est la vie des hommes qui s*' conduisent par la raison ; la vie chrétienne, c'est la vie des fidèles qui se conduisent par la foi. (i'est ce qui fait voir que même dans les familles chrétiennes et catholiques, il y a beaucoup de belles plantes, et, comme dit le Père Le Jeune, de bonnes bêtes et d'honnêtes gens, mais fort peu de vrais chrétiens. Si Jésus-Christ nous dessillait les \e\i\ de l'esprit el de la foi, coumie il ouvrit les yeux du corps de l'aveugle de IJethsaide, nous dirions comme lui : Video hojnines sicut arbores ambulantes (Marc. S, 24), nous verrions (jue plusieurs personnes qui sont fort estimées et louées dans le monde n'ont point d'autre vie que celle des plantes, point d'autres ressorts et de principes de leurs actions (jue ceux des arbres.
Voilà un marchand fort soigneux el diligent, qui travaille nuit et jour, qui voyage par mer et par terre, qui se couche lard et se lève de bon malin ; quel est le principe de tous ces mouvenïents? pourcpioi fait-il tout cela ? C'est pour acheter de la terre, comme ce noyer et cet ormeau qui jettent des racines de tous cotés pour s'figrafer et s'affermir dans la terre. Cet homme n'était autrefois qu'un petit mercier el c'est maintenant un riche maichand, comme celte plante qui n'était autrelois qu'un petit arbrisseau est maintenant un grand arbre. On dit dans le monde : Voilà une femme de valeur, elle était «le naissance obscure, elle n'avait pas grand revenu : elle a tenu hùtellerie où elle a été ime si bonne ménagère, si active et si vigilante, quelle a élevé une j^rnude famille, elle a 1res bien pourvu tous ses enfants et les enfants de sesenlanls. .\insi un cep de vigne jette des racines, suce riiutueur de la terre pour s'élever, s'étendre, jeter des branches et des sarments de tous ciMés.
I In peut dire, même d'im arbre, voilà un excellent arbre, on en a tiré tant <U- ijK nVs pour enter et peupler un verger. Vie d'arbre, vie de plante, vous ne vous occupez iju'à vous établir et à vous affermir sur la terre, à vous étendre, vous accroître et vous élever, et encore vous n'avez pas tant d'esprit qu'une plante. Voilà un arbre rpii est auprès d'une muraille, n'attendez pas qu'il tourne ses branches du côté où la miirnille lui fait ombre, mais du côté qui es» ' MI soleil. Vous portez vos enfants qui sont vos rameaux
du Cl. ii-s du monde, qui est moins regardé du soleil de ius-
'• ii.,.i ........ .M la bassesse, de l'humilité cl de la pauvreté, que Dieu
if plus volontiers. Humilia respirit.
'■•• -^ ne vivent nua pour la vie sensitive. l'n lel travaille bien, est
I: :x qui l'emploient, jiaree qu'on le nourrit déliratement. l'n chien
. ,1 ces conditions, l n autre emploie sa ujalinée à se friser, à se
On le vante, on loue aussi un cheval de «on beau poil. Hélas ! «pie de
I'' travaillent «pie ftour manger. l>oire, «iormir, jouir, ou [uuir fournir lo
I. à leurs enfants, mais sans plus «l'iflées élevées «pi'unc poule ou
M M-reau. U»i ne voit qu'aux yeux de Dieu el des gens scn.sés, ils
M oui qu une vie animale.
I) autres pensent èlre l)ien parfaits parce qu'ils sont raisonnables, la prudence humaine, la probité, la raison sont le principe de leurs actions. On
9 lu DOMINICALES DR LA l'ENTKCOTK
exerce la jiislire pnr une îiversion naturelle pour l'iniquité. On donne quelques secours aux pauvres par compassion humaine. C'est être honnête, mais non »• nroro disciple ilc Jésus-Christ.
Saint Dorollice raconte que visitant un joTir les malades du monastère dont il «'tait ahhc. linfirmier s'a<lressa à lui et lui dit : Mon père, je m'accuse d'avoir eudc grandeslenlalions de vaine gloire, en pensant que vousadraireriez ma diliiîenee, quand vous verriez toutes ces chamlircs si nettes, ces lits si bien faits et toutes ces inGrmeries en si bel ordre. Le saint lui répartit : Mon frère, on peut avouer (pic vous êtes bon valet de chambre, mais on ne
f»eut pas dii'o pourtant que vous soyez bon religieux. Ainsi, si vous n'êtes loniiue d'honneur, juste, écpiitahle et zélé pour le bien public nue par inclination naturelle, par probité morale et philosophique, on peut bien dire que vous êtes bon magistrat, homme d'Ktat sage, mais non pas que vous êtes vrai chrétien.
Justiis meus er /idevivif. Mon juste, mais non le juste selon le monde. 11 parle, il agit, il fait l'aumône, il obéit, non selon la vie des plantes ou des animaux, ni même selon les règles de la i-aison humaine, car il est disciple de Jésus-(;hrist quia dit: Qui vu If post me vemre ahneget semetipsum. Par conséquent, non seulement sa sensualité, mais soi-même, sa raison. La foi est au-dessus de la raison aidant et plus que la raison n'est au-dessus du corps et des sens; et comme l'homme qui vit en tant qu'homme ne se conduit pas par les sens comme font les animaux, mais par la raison, ainsi celui. mii vit en tant que chrétien, ne se conduit pas par la raison, comme font les hommes, mais il se conduit par la foi et parles maximes de l'Kvangile. Cela vous semble étrange »pi'i! faille renoncer à votre raison, je crois bien : il semble aussi fort étrange à votre cheval, quand il faut qu il renonce à ses sens et à ses inclinations. Quand vous courez ajtrès un emploi et que vous faites galoper votre cheval, tout un jour sans relai, il trovive cela bien dur ; et si vous lui disiez iju'il est nécessaire, «pie c'est pour obtenir un emploi, il ne vous entendrait pas ; aussi ne vous amusez-vous pas à le lui dire, mais vous le contraignez de passer outre. La foi est au-dessus de la raison beaucoup plus que la raison n'est au-dessus du sentiment et de l'inclination du cheval.
La foi vous dicte que pour aller au ciel et vous procurer la félicité de Dieu, il faut faire pénitence, pardonner à ses ennemis, porter sa croix, etc., la nature n'y comprend rien, il faut n'en pas tenir compte et aller toujours et se montrer chrétien, c'est-à-dire «lisciple de .lésus-Christ, suivre sa doctrine, imiter ses exemples. Les disciples de Pvthagore cro^yaient avoir donné une preuve convaincante d'une vérité, quand ils disaient : Le Maître l'a dit. Nous ne risquons pas de nous tromper, quand nous disons : ,Iésus-(;hrist l'a dit et il l'a lait. Quand un apprenti en peinture, en écriture ou en sculpture, a un modèle devant les veux, si vous lui demandez pourquoi il peint ainsi ce visage, poiinjuoi il forme ainsi cette lettre: C'est, dit-il, que le modèle est fait ainsi. Si vous demandez à un soldat pour(|uoi il va «l'un côté et d'autre, tant«">t aux ailes de l'armée, tant<jt à larrière-garde : C'est que mon enseigne fait toutes ces marches. Ainsi celui qui est vrai chrétien, vrai disciple, imitateur et soldat de Jésus, pratique telle vertu, non comme les philosophes, parce qu'elle est plus excellente, plus héroï<pie et plus digne d'un grand «•ourage, mais parce que Jésus l'a enseignée et pratiquée. (D'après Le Jelne.)
Dœ/noiips credunt et contremiscunt. La foi sans la charité, c'est celle des «lémons; la foi avec la charité, c'est celle des chrétiens. Ne soyons pas de ceux «pli confifenfur se nosae fJeum. fuctU autem neqant. Si habuero omnem fidem, etc. Quid proderit si fidem c/uisdicat se habere, opéra autem non hdhent. Sicut corpus sine spiritu mortuum est, ita et fides sine operibus... Itiipius est perdere inutilem fidem, dit saint Prosper, (jui noluit exercere charitatem. Kt c'est ce qu'on v«»it tous les jours. Donc, soyons tous comme cejustus qvii ea^ fide vivit. Que la foi soit la vie de notre intelligence en l'éclairant de ses luuiières, «le notre cœur en le réchauffant de ses rayons, de nos «Ruvres en les inspirant, en les dirigeant, en nous donnant la force d'en entreprendre d'héroupies.
Croyons fortement, docilement et pratiquement et nous verrons. Fides est
I i|--^ l'Aui'.N l :
vrepusculum 'H'irur, coiuinc l'a dit (itiillauine de Paris. Les ombres «iispiiruilronl. Videbimus euin sicud est. furie ad fuciem.
i076. Autre »ujet. — A propos «le ce père désole, faire remarquer que la sollicitude des parents pour leurs enfants est leur principal devoir; traiter par conséquent dos obligations des parents coiunie au n" 50i ; et on poiu'rail avec fruit y ajouter le passage suivant de saint Jean 'Ihrvsostome ; uSiquis suoruin, etc. Que pensez-vous qu'il faille entendre par ce soin? Peut-être direz-vous celui de fournir auî enfants les choses nécessaires à la vie ? Pour vrai, je crois qu'il s'agit des soins de l'Ame. Si vous me trouvez tort, je n'aurai que plus sûrement raison ; car si l'Apùlre parle ainsi à propos des soins physiques, s'il condamne de la sorte, s'il met au-dessous de l'miidèle celui qui refuse aux siens le pain de chaque jour, quelle part fera-t-il à celui qui néglige ce qui est bien plus grand et plus nécessaire ? Faisons donc l!>ucher du doigt «piel grand péché c'est de négliger les enfants, que c'est le lumble de la malice. Le premier degré de malice, d'iniquité, de cruauté, c'est de mépriser ses amis... Que dis-je, j'allais oublier que Dieu avait fait une loi aux Juifs de ramener ou de relever les animaux de leurs ennemis, s'ils venaient <\. s'égarer ou à faire une chute. Le premier degré de malice est donc de ne pas prêter secours aux animaux de ses ennemis, le second de négliger ses ennemis eux-mêmes, le troisième de mépriser les hommes, le quatrième de négliger les gens de sa maison, le cinquième de ne pas s'occu-
f»er de leur àme plus que de leur corps, le sixième de négliger non seulement e salut des gens de sa maison, mais encore celui de ses propres enfants, le septième de ne chercher personne pour avoir soin d'eux, le huitième d'écarter ceux qui de leur propre gré voudraient leur donner des soins, le neuvième
do I r" contenter de les écarter, mais de les attaquer. » Si saint Jean
Cil • vivait aujourd'hui, il ajouterait un dixième degré : c'est celui
qui M..^.-,. à confier .ses enfants k (teux qui peuvent les perdre. Il dit en effet plus loin : « Quelle utilité y a-t-il à envover des enfants à des maîtres, chez tpii ils apprendront plutôt les vices r[ue les lettres, chez qui en étudiant ••e <jui est le moindre, ils perdront ce qui est plus important : la vigueur de l'esprit ot toute disposition à la vertu ? Si les enfants deviennent pervers, « ontiriue-t-il, n'en cherchons point d'autre cause que la folie avec laquelle les pîironls recherchent les avantages de la vie présente. Conmie ils n'ont que ces avantages devant les yeux, et cpiils croioni qu'il n'est rien qu'on doive leur préférer, ils en sont amenés forcément à négliger et leur ime et celle de leurs enfants.
' Ces parents, et que personne ne pense que je le dise sous l'influence de qii- ><ion, ces parents sont plus scélérats que ceux qui assassinent
loi.. > enfants. Les a.ssassins séparent l'âme du corps, et les [larenls
dont je p.irle livrent l'Ame et le corps aux flammes de l'enler. La mort corporelle est un tribut que n/tus devons tous [)a.ver h la nature ; mais cette mort spirituelle aurait pu être évitée, si par leur négligence, les parents n'en avaiont porté le coup contre leurs enfants. La résurrettion triomphe de la m ■ .Ile ; mais la perte de l'Ame est sans remède. — Que dite-
à \ s ? l'n tel. né dans une condition vulgaire, a amassé ries rich
a obtenu une ihargo honorable .. V.u Km
s", vous leur lournissoz matière A tous les issions violnutes, collo de l'argent et celle de
encore. L'une siiflit pour tout renvoi*ser ;
les deux A la fois sur un jeune conir. semelles en arrachent tous les germes tlu bien et tiilisvt.nt un tel ;tiii.is iri'iiiii''s. .le salilo et de boue, quelles rendent ittli; Atnc si.i-ile etini! ' assez insensé poiu' avoir cou
au salut d'un enl' nie dit en elTet : Quand iElIn
vhangera la itmlrur de sa imau, ri le léopard les biqarrures sienne, vous (/ui aret ajtpris le mal, roiis pnurre: faire )e bien. (\i Il n'y a qu'un miracle de la grAco qui puisse réparer les ruines d'une m.iuvnisc éducation (1). «iomment les parents avouglrs no voient-ils |>as qu'ils
(1;. Rieo ne fait mienx seoUr It dilTértace qu'il y a entre une éducatioo cbr<lieoB«