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la c > l'vant [>ieu, et dites souvent. Ar rtm*-
«ijc; .. ■' meorutn.
'Ul i)OMlNtC.VLi:S DE L\ l'hSTECOTl.
il)77. 31«>*' dimaiiclie. — Suscipe hosfias quibus et te placari voluiati et nobis salutein rvstituL (Secrèle : La messe, n» liGl).
i078. 22"" diiunnelie. — f)n ut hœc oblatio a reatibiu expédiât et ab omnibus tueulur adversis. (Socrole : La messe, manière de rcnlendre,
no liTij.
Autre sujet. .4 propos des pjroles de l'Epilre : Charitas veslra magis acmagts abundi't inomni scienlia, on peut traiter le sujet suivant.
De rignorance.
Evigilate justi, et nolite peccare ; ignorantiam enim Dei quidam habent (I. Coa., XT. .'{'»). Prenuns garde, ne péctions pas 11 y en a qui unt l'igcorance de Dieu. Cette plaie exiiie parmi nous, sondons-en la profondeur, et indiquons les remèdes qui en peuvent guérir.
I. L'ignorance existe. Notre siècle ne manque ni de soi-disants philosophes, ni d'écrivains, m de savxnis,- mais à in«^sure que la lumi^'r^ se fait sur les choses visibles, pour les choses éiernelles ei invisibles les ténèbres deviennent pius profondes. C'est en vain que l'tglise fait luire le llaïubeau de la vérité, un ne daigne même pas le regarder. En sorte que les temps d'aujuuid hui sont semblables à la lune qui. par moments a uae partie de sa surface éclairée par le soleil, tandis que l'autre est dans les ténèbres. L'iadilTérenoe religieuse des temps passés nous a menés à l'ignorance. Les enfants, grâces aux écoles religieuses et au zèle du prêtre ou de saintes Ames qui les instruisent, savent à peu près le nécessaire à leur première communion; mais bientôt ces notions s'en vont pièce par pièce ; t\ à mesure qu'on avance dans la vie, les ténèbres deviennent plus épaisses.
Les hommes de toutes conditions, artisans, commerçants, agriculteurs et éiudiants sont absorbés par les intérêts du temps, et très habiles pour tout le reste, ils ignorent la science la plus nécessaire ; et attendent pour éire éclairés les clartés immenses du tribunal (lu juste Juge. Les écrivains de notre temps, journalistes, romanciers, historiens, qui tout en paraissant honnêtes altaquenl la religion et l'Eglise d'une manière plus ou moins directe, atTaiblissent sa morale, jusiiSeni les intrigues, l'amour des plaisirs, etc., applaudissent à d'iniques lois, dénigrent les institutions religieuses; les philosoph'S qui jugent mal le catholicisme, qui nous ramènent sous le nom de progrès à d'anciennes erreurs depuis longtemps proscrites; les politiques qui mettent la religion en dehors de leurs calculs, qui ne veulent pas que I Eglise ait quelque droit sur la société chrétienne, qu'elle n'ait pas même celui de dirM aux llérodes modernes ce qwe Je^n-Baptisie ne craignait pas de dire à ci^i n''rode qui lui lii trancher la tête : Âou licet ; cela n'est pas permis, ces .«oii-disani catholiques qui veulent être Indépendants de l'Eglise dans leur conduite publique, enlin les imp<es eux-mêmes, qu'est-ce qui les inspire le plus souvent? D'autres diront «ans doute que c'est la méchanceté. Cela peut être pour quelques-uns. Hais le plus souvent, c'est l'ignorance, comme le font voir aux moins habile.s, la plupart des écrits de no» jours. Quœcumque enim i;jnorant blaspkemant. Impias ignorât scienliam. (I'rov. xxix., 7i. Le mal est inroiitfs>ubie.
II. // est profond dan% ses suites : i'par rapport à Dieu dont il ruine les desseins de miséricorde. Les anciens sages se flattaient comme ceux de nos jours, d'avoir tout étudié ; mais moins orgueilleux qoe ceux de nos jours, ils avouaient du moins la faiblesse de leur raison, et ils reconnaissaient que I homme, avait besoin que la divinité vint l'instruire ce ce qu'il lui importait le plus de savoir. Confessant son ignorance, le peuple le plus civilisé de la terre avait élevé un autel au Dieu inconnu ; et saint t*aul parlant à ses savants et à ses philosophes, leur disait : Cs Dieu que vous honorez sans le connaître, je vous l'annonce ; et il leur prêchait Jésus-Christ, le Fils de Dieu, la vraie lumière qui illumine tout homme venant en ce monde, qui est venu à nous plein de grâce et de vérité et qui nous a laissé son Eglise avec sa doctrine, comme un flambeau qui éclaire la route de l'homme à travers la nuit de toutes les erreurs. L'Eglise n'a jamais failli à cette grande mission ; et depuis 20 siècles elle est le fanal des nations ei du monde, mais ce guide on ne le suit pas, ce mattre divin on ne prend pas la peine de l'entendre. On fr-rme les yeux à celte lumière. Au lieu de marcher aux feux de ce soleil, on suit des astres errants. Voilà un savant qui fait du bruit par ses systèmes extravagants, on le prend pour oracle ; un homme d'esprit plaisante contre la religion, on se laisse subjuguer par ses railleries. Il n'est pas de rêveur insensé qui n'ait des libertins qui le croient. Un aime mieux s'attacher à des misérables que d'écouter Jésus-Chnsi et son Eglise. Tout est bon pourvu que ce ne soit pas lui ; et on fjït tout pour oublier ce qu'on a appris de sa doctrine. La lumière brille au milieu des ténèbres et les ténèbres ne les comprennent fi», et refusent même de la regarder. C'est en vain, mon Dieu, que vous olfrez la manne céleste, le pain vivant de la vérité à ces Ames aveugles ; elles regrettent les oignons de l'Egypte. Le fruit de votre incarnation, da vos courses apostoliques et de votre mort est donc perdu pour ces ingrats.
•^2« DINfANCHK. — DE l'iONORAKCE 015
2« Que l'ignorance égare. On a beau fermer les yeox, le soleil brille, notre ignora taire n'empêche pas à la vérité de suh- >- dresser devant nous dans e force ; et cette clarté divine par là n ? est méconnup, laisse aux icLMu.r; ,uute leur pernicieuse action, comme le s.vv.., ,.,,0 e s'étioler dans l'ombre les plantes qu'on soustrait à sa chaleur en les enfermant dans an souterrain, ou dans une cave obscure. Il n'est donc pas surprenant de voir produire de nos jours à l'erreur tous les funestes elTets qu'elle a engendrés parmi les païens. Bien plus, l'erreur dans nos temps étant volontaire, est parla môme plus coupable, el par conséquent elle doit enTain^r ie< plus fa' ■. ' luences. Les nations infiaèle?, si elles avaient comme r. ..s !r- iii'yeiis de s': convertiraieni à la foi, et mèneraieni une vie ^alnte. A; irit '..j'di les seccur? . . .din nou», nous ne vouions pas en i.ser. Vœ tibi Corozàim, rœ libi Betlisaida. {Jui évitât dis^cere incidel in mata. Prov. xtii, 16, dit le Sainr-Ktpni, et il n'est pas étonnant que cette paioie se ré«ll^e pour nous, qui mt'prila science du salut. Si Doctrma bona dabit graliam; in itinere conlemp' :qo. Prov. XIII, 15. Gouffre prffund dont 11 fdUi bundt-rle» abfmes Ij Fruit de . iiiuniiiciice, de la négligence en matière religieuse, l'ignorance augmente encore ce sommeil voisin de la mort oii certains hommes sont endormis, s'occupant de tout, excepté de Dieu et de Itur àme, dont on ne connaît plus la valeur: Or, ubi non est icientia animœ non est bonum. Prov. xix, i. En elTetgui atnbulat in tenebris nescit ijuo radat. Joa. xii. 3.'). Il marcha à t&tons à travers les précipices dont est semée la vie, et il s'égare.
(a) Son intelligence s'égare. Verbum enim Domini projecerunt et iopientia nulla fit in eis. Jer. tiii, 9. On ne sait plus répondre aux objections contre la religion. Saint Pierre disait aux fidèles de son temps, qu'ils devaient toujours être prêts à rendre raison de leur foi et de leur espérance à quicoi.que le leur demanderait (1 Pet. m, loj ; mais un ignorant n'a rien à dire pour donner la foi aux autres, ni pour défendre la sienne. Conticuit populu$ meus, eo quod non habuerit scientiam. Os. it, 6. Non seulement 11 n'a rien à répondre aux objections et aux railleries, mais il accepte sans défense tout ce qu'on lui débite d'absurde. Il ne connaît pas Jésus-Christ, ni l'Eglise, ni les bienfaits qu'en ont retirés la civilisation et le monde ; et au lieu d'admirer les chefs-d'œuvre de Dieu, il donnera ses éloges au premier charlatan qui lui débiiera des erreurs nouvelles. Il ne connaît pas les docteurs de rEi,'lise, le génie incomparable d'un saint Augusi saint Thomas, il ne peut donc les admirer ; mais en revan-
che, il se pâmera .'ni devant le premier écrivain qui lui racontera des fables.
H ne connaît pa» !i^ .^ e» grands bienfaiteurs de l'humanité, ni le? œuvres de la chanté ciil. >iique dans le m mde, et le premier qui lui parle de bienfaisance lui semble bien su^éneur à »aint Vincen: de Paul. Enlin, il n'a plus d'idées justes, il ne pense que par un mauvais journal, ou par les discours des autres, il ne sait plus démêler le vrai do faux, le bien du mal ; on n'y voit pas c>air pendant la nuit, on prend des branches d'arbres pour des fantômes, el des feux follets pour des étoiles. (1)
(b; Cet égarement de l'esprit amène celui delà volonté. On ne sait plus avoir en hor*
tlbomine. D« l'accord <!' et de leur parfait dév<v
■ 'tu. jMr<-»> qu'il «<<t Hiniii f rnie à l'ordre, ou & Ik
' ■ . lie de ses facultés oatu-
'i.]url clic pui»sc s'applil'.e.
!•, 011 'le Ia f«. i.ltL- lie r..rtri.i|ir'-, •■>t 1 1 srnlc : donc l'ignorance. Mal •■ désordre, sont contraires i la nature de l'être intelligent, et incom-
Ic bien c»l l'objet de l'amour ; et l'amniir dérivo v.inl de l'aimer, et que lamour n e^t que la joui^-
.\. i.iii'c ». iiMii . .1 .1.1/ li lie, .1 I [ii.o\ l'i'i in< m >, i m.niM ■( i imo ■•nar rirrr en «ncii'ti' arn- [>ir-ti mlriîr rt lien de Inin te-» /■•n*«,
pi en
- ..M. ,,.■.. M. v,-r, ,^,H-iqi... .m,:-, icf-.. .MJ ir- rt Mf» ,i.fc;,,m.Mnv .|iii.r| .,..jii 1..1.11. .
■ Pan* le» actions et le» désirs de Ibommc séparé de Dieu, tool, en dernier ré«ull«l, se rapport* a
reur des doctrines perverses, puisqu'on n'en comprend pas les écarts, ni les suites funestes ; on n'a plus le courape de praiiquer une religion dont on n'admire ni la doc* trine ni les bienTaiis ; de là de honteuses lAclietés. Un musulman se vantera de l'être ; un ctiinois, un sauvage n'unt pas linnte de professer leur religion ; et un chiétien rougira de l'Evangile, la seule philosopliie, la seule sagesse, la seule religion qui honore Dieu et I homme. Quelle honte ! qutri abaissement! Doctrina sua noscetur vir : qui autem vanui et excors est patebtt conlemptui. Prov. xii, 8.
Mdis ce n'est pas tout. Le munde sans le Christianisme a été livré à une corruption hideuse; celui qui repousse le Christianisme di>ii s'attendre à se rouler dans les mêmes fanges. Ecouter : Non e$t enim veritas... et non est scienlia Dei in terra, ma ledictum et mendacium et furtum et adulley^ium inundaverunt. l'ropter hoc lugebit terra, et infirmahiiur omnis qui habitat ined (Os iv. 1, 2, '■i) Hroplerea captivas ductus est populus meus, quia non habuit scienliam et nobiles ejus interierunt famé, et multiludo ejus sili exaruit (Is. v. i;j). Proplerea dilatavit infernus animam suam, et aperuit os suum abxque ullo termina, et descendent fortes ejus et populus ejus, et sublimes gloriosique ejus ad eum, et iucurcabitur homo. et humtltabilur vir, et oculi sublimium deprimentur (Ibid. ii, 15;. Et exaltabitur Dominas exercitUKm iti judicio. (Ibid, Ib;.
Au jugement, en effet, s'accomplira celte parole : Si q>iit autem ignorât, ignorabitur (I Cor. siv .38). C'est alors que les réprouvés diront : Erravimus à vid veritatis, et juslitiœ lumen non luxit in nobis. et sol intelligentice non est ortus nobis (Sap. T. b). Lansati sumus in vid iniqnitatis et verdilioms et ambularimus vias difficiles, viam autem Domini ignoravimus (Sap. v. 7) G mes frères. Testificor in Domino ut jam non ambuletis sicut et gtnles ambulant in vanitate sensùi sui, tenebris obscuratum habentes inlellectuni, aliénait à vilii Dei per ignoranliam quœ est in illis propter cœcitatem cordis ipsorum ^Eph iv 17.18). D^es donc avec le Sage: Ne adincrescant ignorantiœ meœ, et muUiplicentur delicta mea, et peccata mea
l'orgueil ou à la volupté-, par In raison que j'ai dite plus haut. Il «'aime d'un amour inflni dans ce qui a dp plus iiiliiMc il tic plus grand, sa pensée, son inlelligcnce.
"Ml 1 iDus rcs avantages enspmblp, ce ne serait jamais que In possession de l'homme
imjwil le, et le c<eur ne larderait pas A demander d'autres biens. J ni él<' 'out, disait l'em-
liereur >. .... , mu des derniers rnnjfs de larinée au trône des Césars, j'ai "i'' '""i •' ' ■" '■n que
loul ne sert de rien. Voilà le mol qui termine trente années de tr.ivaux el d'ami i ou-
rez les autres elinmps de la gloire, interrogez le» philosophes el les favoris des nc^re
••t l'iine l'ancien, jusqu a Voltaire et Diderot, vous n'entendrez que des plainlo uikh- -i u-i vus de douleur. Semblables ires dieu.\ du paganisme que les vers rongent sur leurs autels, l'ennui, 1» dégoût, li'.s souris, ronp-ent en «<-iTrl rrv |^m■•>! siip'Tlie"!. dont Ii> vnlt'^iire imh<''ril'> niivif l.t M\r\\é.
» ,\ii.~ fiiti"
gucnt I res-
• l :• |.. iidir I lUc luu ia^agi- U Iciiu, l'I que 1 iiulrc ji.ism- sii \iv a. eu > ' luc- ' H- ilans son c^ibinel pour écrire un livre et que l'autre » 'rA I- , 11' un morceau de ruban, qui. en l'exaltant dans sa pn'ji ' dis- Iran.!, cioil-il. du souvenir importun de son néant et de sa misère. .Nos opinions, el jusqu à nos divertissements les plus frivoles, n'ont guère d'autre mobile ; nous y cherchons avidement un senlinieni Ici Mi,.-I ,i.- vnr,. ii.,r.i,'.. q'uj 50,15 dérol>e àcelui de notre imperfection réelle ; et notre orgueil e»t tout
• né el si indigent, qu'il n'est rien qui ne puisse lui servir de piVture : le hasard d'une 'irables d'un dé, et, chose horrible A imaginer, la séparation même de Dieu, et la i^u-iu ... 1..1,,.- .•>|.i:iance.
n \ oilA où nous en venons, lorsque, essayant, de découvrir en nou.s-mèmes notre bien, nous nous dations de le trouver dans l.i triste contempintion de notre propre Pïr»-I!enre. Et comme tout est excès,
• t.' ' ■ ■ ■• • , aion
:' •■fé-
I ■ 1 .i\'jii' truiiipc par de i:. ■■ ''i'
'' I Ame. il s'aime (fans ce <\:
de saint l'nul : « Leur iu ^ . ^^'■■'
. u, à cause de l'ignorance que produit en eux 1 aveuglcinuut duc^eur,
. à l'impudicilé et A toutes les œuvres immondes. »
: amour et son objet, entre les faciili-- ••' '•■•■ 'Icsirs, étant ici bien plus
- «1 jamais si misérable que lorsqu'il se 1 r aux sens. Tout 1 être
" I', et. A la roiirle ivresse du plaisir, sU' le trouble, le remord»
" '-' iiides voluptueuses, est de lier les puissances de l'Ame,
'■' '1 '•" viN p!.Tiyir<! dont elle s'est rendue 1 e^rliv Distmil par
!■ : ; . , : ; ■ mn-
' <:iit eu fwule. J ,11 vu. el le souvenir m eu sera luujuuri» preM;ul. j ai vu de
' d'une passion dévorante, offrir à la fleur de l'Age, la dégoûtante image
» A leur aspect on croyait entendre les pas du fossovcur se hntant de venir enlever le cadavre. » De LAMrxN.Ms.)
'23« DlMANCflE. — DÉSIR DE ÎA COMML'î<ION M
ttbundent et incidam in conspectu adver$ariorum meorum, et gaudeat tuper me inimicus (Eccli xxm. 3). Ei prenei
III Les rtmfdes p<«ur guérir c«-tie pliie. Cor prnd*ns postidebit scientiatn, dit le Stin[-ï^^ril. cor autem rectum inqui) JT. il)
I! y en a doni il esi ^crii : Semper un ad scientiam verilatis
perv". •■•••'■•-• Tm. m. 7i. C'esi qu'ils cv..^ v. . ..«..v, science que celie de la religion . C'est cette dernière science, la plus nob'e. la plus utile, la plus oécessaire jo'il faut chercher ; et elle est k la portée de tous ; car Dieu veut le saloi de tous les bommes. • Pour la plupart des hommes, destinés k passer dans de continuels travaux cette vie Insie et rapide, la seule connaissance indispensable est celie de Dieu et des devoirs i|u'il nous iniDuse. Qui sait cela, en sait assez pour être heureux et pour rendre heureux les autres. Le peu que I liminie peut apprendre de
tlufl. ne sert souvent qu'a le corrompre et presque toujours qu'à le tourmenter. » (Dr 4ltE55AlS).
« La science des choses extérieures, a dit Pascaïf, ne nous consolera pas da l'ignorance de la morale au temps le l'aflliction ; mais la science des mœurs nous consolera toujours de l'ignorance des choses extérieures. *
Non cesses, fili, a'uHre doctrinam, nec ignores iermones sapienliœ (Prot. xix, 87). Il ne faut jamais cesser de l'étudier, tt pour y réussir il faut: l» éviter ce qui peut la rainer en nous, c'està-dire les mauvais journaux, les mauvais livres, les mauvais discours ; et 'i° prendre les moyens d'acquérir l'instraclion religieuse qui nous manqoe. Ces moyens sont faciles. 1) La sanctification du dimanche et l'assistance aux prônes, aux sermons du carême, aux catéchismes surtout de persévérance, j' •--e au catéchi^me est unie à tout âge.A'o;i cènes. Est-il un métier si vil qu'on i de l'étudier si on veut y devenir habile î Et la science de Dieu, l'art de se s< , .'
plus difficile de tous... i) Les bonnes lectures, le Livre de tous, le catéchisme en famille le dimanche et dans les veillées d'hiver. Que les parents n'oublient pas que c'est un devoir rigoureux pour eux d instruire leurs enfants des vérités du salut. Ils les envoient aux écoles, c'est bien. Si ces écoles sont chrétiennes, les enfants y apprendront ce qu'ils ne peuvent ignorer sans crime; mais si dans les écoles un n'enseignait pas la science religieuse, les parents sont obigés plus strictement d'envoyer leurs enfants au catéchisme et de veiller à ce qu'ils le sachent Au-dessus de la science du temps, il y a celle de l'Eternité ; au-dessus de la science des nombres et des créatures, il y a la «icience de Dieu, créateur de toutes choses ; au dessu'« de la science de faire celle de gagner le ciel. (Louer les âmes q a se dévouent à l'instruction
i.- .v^.v j.isli et nolite peccare ignorantiam eni"' i>''i "uidam habent (i Cou. XT. Ht.
2079. 23™? dimanche. — Si tetigero tantum vestimentuin ejui, talva ero,etc. (l»is(H).siiiuiis requises pour bien prier, v. n. {'Mi ; ou bien do la foi comme au n» 2073.)
Autre Plan du P. J3oii
La seule rub« de J.-C '•■ femme affligée d'une longues inArr^tilé ; que ne peut point, à plus forte rai^.,,, ^ a saoctificatioa de nos âmes, cet adorable Sacrement, ob nous recevons J.-C. même par la communion l
Division : Deux sortes de dispositions ordinaires dans le christianisme, à l'égard de la communion : désir et dégoût. Nous avons besoin d'instruction sur l'un et sur l'autre. Désir de la Communion, f» partie; dégoût de la communion, '2"'» partie.
\.Dè*ir de la communion t !<> Motifs de ce désir, i" Avantages de ce désir. 3<> Règles de ce lésir.
t'> M'.*iifs de ce désir Ils se réduisent tous à un motif général, oii ils sont renfermés, savoir, que toute Au e doit désirer et souverainement et par dessus toute
chose d'être urne h <. poi«ioe r'est en J^sn8«Chri«» ^ii'ell» trouve tous les
biens. Or c'e; Christ. Mais r> de •^■- "'"•'■■' ■ név put
liioii, .le ..t m ,:.,■: ■ ijuc ju le Y;en& li f\i>ut^uer , parco <{ue plu» il t-al p>vlicar, (i us il e^t mala it ei fi.ti e, et qu'il doit par coniéquenl plus désirer ce qui *e peut guérir et le f.-rt.fler.
2'» .\v Mit iK''-i i' •' *'• I' I' ' • ■'i i p ■■'Il f« disposition à la communion, q'i cène soii pas u;i.' hm' ■'■ i •!! suin-i lUv !..• fièrement de Jésu«-Cliri'»i est une ^ et une viande ne profite jarntis mieux que lur-iqu'on la mingo HV.>r t ;>>••!! Christ se tient honoré de r« désir, puisque c'est une miique iie l'esluno q ic n sons de ce ssini aliment qu'il nous ofTre.
i) C'est le principe, et comme le mobile de toutes les sulree dispositions. Car voulant
'.♦4H DOMlNii^i.i- 1)H L\ l'KNTECOTE
communier, et ne voulant pas d'ailleurs corauaoier indignement, je me trouve engagé par là à ne rien n gliger de loui ce qui peut me disposer à une bonne communion. Abus de notre siècle : au lieu d'exciler ce désir dans les âmei, on travaille à l'y éteindre, et de U vient que l'usage di la comnaunijn est si négligé par la plupart des chrétiens.
3) Régies de ce désir. Il faul que ce soit un désir humble, un déiir éclairé ou demandant à l'être, un désir pruieiit et sage, docile et soumis; en un mot, un désir chrétien, «t non point un désir présomptueux, aveugle, précipité, volage, opiniâtre et entêté. Dès que ce désir aura les qualités convenables, conservons-le, quoi qu'on paisse nous dira pour l'amortir en nous el nous le faire perdre.
II. Dégoût de la communion. Il y a un d<5g lûi de la communion qui vient de Dieu, et il y en a an qui vient de noisraômes et de notre fmdj. L'un n'est qu'une épreuve de Dieu, ou qu'un chltiment passager de Dieu, et ce n'est point de quoi il s'agit ici ; mais l'autre procëJe d'une mauvaise disposition de notre cœur, et c'est ds cette sorte de dégoût qu'il est question. Voyons-ea: 1» le principe, 2* les suites funestes, 3" les remèdes.
i' Principe de ce dégoût : c'est le relAchemeat de la vie^ On quitte les exercices de piété, on ne veut plus tant se faire de violence ni tant veiller sur soi, on s'accoa» lame à une vie délicate et sensuelle, à une vie dissipée et mondaine: on l'aime et tout ce qui est capable de la troubler, devient insupportable. De là donc l'on conçoit de l'éloignement de la communion, parce qu'elle d»raande une autre vie que celle-là. Pourquoi tant de communions., dit-on? On se relire delà sainte lab'e, et l'on se met ainsi plus au large. On parlait et l'on agissait tout autrement, à ces temps d'une ferveur chrétienne, uii l'on était animé de l'esprit de Dieu.
2» Suites de ce dégoût. Comme le relâchetnenl de la vie porte au dégoût de la communion, ce dégoût par le retour le plus naturel, miis le plus funeste, porte à un nouveau relilcliemeni de vie. Car ce dégoût éloigne de la communion ; et moins on communie, moins on a de grâces, moins on a de forces, moins on a de vigilance, d'attention sur soi-même, de zèle pour son avancement, el par cunséquent plus on se relâche. Voilà comment on a vu des personnes dans les plus saintes sociéié.s, se dérégler, et comment on a vu des sociétés elles-mêmes tout entières se démentir et devenir le scandale de la religion.
'6' Ilenièdes de ce dégoût, i) S'appliquer à bien comprendre le principe et les suites malheureuses du dég'ûi où l'on est tombé, et se faire là-dessus à soi-même d'utiles reproches, i) Ne point suivre le décoûi où l'on se trouve, et agir même contre ce dégoût. 3^ Se confier â un directeur dont la conduite soit à couvert de tout soupçon, et prendre ses avis. 4) Avoir recours à Dieu même, et lui demander instamment qu'il fléchisse notre cœur et l'attire à lui.
iOSO. ai""' diniauclie. Lk cr.xinte de Diia-. Deum time et mandata ejud observa, hue est e/iim ornais homo.
Ali comtnencemcnt ot à la fin de son année liturgique, l'Eglise nous parle du jugement ; ne serait-ce point pour nous faire sentir combien elle a à cœur que ses enfants aient la crainte de Dieu, pour nous apprendre qu'au commoncement comme à la fin de notre vie, dans le principe comme dans le terme de notre sanctification, nous devons toujours dire : Confige timoré tua carnes meas, etc.? Et, mes Frères, il semble qu'aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire aux hommes d'entendre cette maternelle levon, parce que la crainte de Dieu ne semble le partage que de quelques bonnes âmes qui auraient tout lieu d'espérer et de se confier en la miséricorde de Dieu.
Disons donc un mot : 1 de la nécessité et II de l'excellence de cette vertu.
2U81. I. Nous devons craindre Dieu, mes Frères. Initium sapienfiœ. Il semble que la première idée que l'homme se fait de Dieu est une idée de grandeur, de majesté, de justice, et (jue par conséquent le premier sentiment qui nait dans son ftme est un sentiment de vénération, de respect, de crainte révérentielle pour cette majesté souveraine que la foi et la raison lui découvrent. El il semble, d'autre part, que cette crainte de Dieu est la disposition la plus nécessaire pour l'homnie. Initium supientiœ timor.{Vs. \c, 10 ou Eccli., i, 1G.) Dijrif injustus ut delinquat in semetipso : non est timor Dei ante oculos ejus. (Ps. xxxv, 2.) Quis est homo qui timet Dominum ? let/em statuit ei in via, quam elegit. (F*s. xxrv, 12.) .\ussi Dieu qui trace aux hommes leurs devoirs, en sauvegardant ses droits, tout en désirant leur salut, ne leur recommande rien tant que la crainte. 11 n'est peut-être pas de mot plus souvent répété dans l'Ecriture que ceux-ci : timor, timete, beatus qui timet. Celte loi divine est fondée sur la nature de l'homme qui, comme le remarquent tous ceux qui ont étudié le
24» DIMANCHE. — DK LA CRAINTE DE DIEU 9i9
v,jeur humain, esl plus sensible aux motifs de crainte (lu'aux motifs d'espérance, comme il l'est plus aux motifs d'intérêts qu'aux motifs d'honneur et de devoir. Mais direz-vous, nous sommes sous la loi d'amour et non point sous celle de la crainte; et ce langage esl celui de plusieurs Ames qui n'ont rien moins (|ue l'amour de Dieu. Oui, mais le commencement de l'amour, c'est la crainte. La crainte esl l'aiguille qui introduit le fll de la charité. Fiissiez-vous saints, qu'il faudrait encore vous dire." Timefe Dominum omnes sancti ejus. Nescit hnmo utritm amore an odio dirfnus $it. Ce passajjo est terrible, dit saint Bernard, et j'ai frémi toutes les fois que j'y ai pensé. Kt nous, nobismetipsis responsum mortis habnimns, souvent, hélas ! nous sommes pécheurs ; or, le grand levier des Ames pécheresses, c'est la crainlp : Initium sapientUr timor. Saint .\ugustin dit que la crainte seule du Seigneur, qui était présente à ses yeux au milieu mAme de ses désordres, le retirait du gouffre des voluptés coupables. Kt. mes Frères, si les pensées redoutables de notre foi sont mal reçues aujourd'hui de la plupart des chrétiens, si on ne veut entendre parler que de la miséricorde et de l'amour de Dieu, cela veut-il dire qu'on y soit plus sensible qu'à la crainte et que les Ames possèdent l'espérance et l'amour ? Point du tout ; c'est qu'on aime à caresser ses désordres, on a horreur de tout ce qui réveille le remords. Lo- (juere nobis placent ia,
«>ux qui sont appelés à enseigner la parole de Dieu devraient prendre trurdc nno comme ceux qui donnent plus à manger qu'il ne faut aux mala- '■nlent leurs maux : ainsi plus on nourrit d'espérance les âmes opi- I I ins le péché, plus on leur donne de sujet de continuer leur mé-
chante vie. (Le P. de (irenade.) Ex utroque hommes periclitantur et sperando et desperando. (Saint Augustin.)
Non pas certes, mes Frères, (ju'en vous parlant de crainte de Dieu on veuille vous prêcher le découragement et la défiance, c'est loin de notre pensée ; la crainte qui engendre do tels effets est diabolique, ce n'est point la crainfp v.-ritablede Dieu. Les démons craignent et n'espèrent pas. (Test-là la rvilement esclave. « Le loup prêt à se ruer sur la bergerie voit les : mes et les chiens en garde : tout affamé qu'il est, il se retire potir <cUi' lois; mais pour cela il n'en est pas moins furieux, il n'en aime pas moins le carnage. Qw vous rencontriez des voleurs, si vous êtes les plus forts, ils ne vous abnrdent qu'avec ime civilité apparente : ils sont touji)urs voleurs, toujours aviilos de pillerie. La crainte servilement esclave étouffe
'- "■ '• " Il 1 <; réprimer pour un temps, mais elle n'en coupe
le. love7 cette digue, l'inclination qui était forcée >. ..|i ... !.. ...,--,.■ - ,> -..fi premiers cours : par où vous voyez manifestement, qu'eniore iiuelle ne pan'it point au dehors, elle vivait toujours au secr^i 'iii ..•iir. bridée et non éteinte, et retenue nlulnt (ju'aboIie.i'^HossiKr). La V 'e de Dieu nous fait redouter ses chàtimcnis, il est vrai ; mais
mir' !.'■ .mi uiitriiL'c >.i iiKiicsti' ;iiI(ii;i1(1p. en provoquant sa justice.
'•t il est outrage |)ar le .s. Mais relui ipii i-raint Dieu TtTi t'vitc i-c 'ioiibie crueil (|ui perd tant d'Ames. A'j" utroque
hotnirirs , iftir aj.rrnnrtn pt (ti'<j)rrnndo.{\'wn a deux {>iods.dil saint
' cl ii uc 11 ;n sans l'autre, car si j'embrasse
■<i:\\\c. jf . la miséricorde seule, je tombe
dniKs 1.1 I a. Donc lus.sic/. vuu.s .->ainls, craignez le Seigneur, et si
vous êtes -. souvenez-vous que horrendum est incidere in manus
l)ei viventii. c.uin metu et tremore salutem vestram operamini.
Kh hirn ! nù en pst le monde uar rapport h la crainte de Dieu ^ Le II ■ de Dieu, il le i ' <' ; le monde se rit
des I. Où en sont qii. es soi-disant pieuses?
elles iT ' ' ' ' ,,, du jugement. r{>mme si
saint l'fti >• estis. F^neîcn dit «pie Ipr-
' . iii !>' 1.1 II - il . . . i,r,-ii .i..ii^ M iiM |.i is de lu vif ■ • • • 'r Si nous
119 Us sinlin.fnts du n.onde, trrtiibh ns, n<ii5 i- " le rcni-
sorte d'athêisn.e pratique, o Ce à quoi nous ne daignons pas pcofcr est
comme nul ii notre ôgaH ; ceux-lA donc disent dans leur cœur que Dieu n'est pas. qui ne le jugent jms digne qu'on pense à lui si'rieiisement. A peine sontils attentifs {\ sa vérité rpijind on prêche, à sa majesté quand on sacriQe, à sa justice quand il rra|q>c, à sa bonté quand il donne, eniin qui le comptent tellement pour rien, qu'ils pensent en elTcl n'avoir rien à craindre tant qu'ils n'ont (]uc lin pour témoin. Qui <le nous n'est pas de ce nombre? Qui n'est pas arrêté dans ses entreprises par la rencontre d'un iiomme qui n'est pas de son secret ni de sa cabale? Et cependant ou nous méprisons, ou nous oublions le regard de Dieu. N'apportons pas ici l'exemple de ceux qui roulent en leur esprit quelque vol ou quelque meurtre ; tout ce cpi'ils rencontrent les trouble ; et la lumière du jour et leur ombre propre leur fait peur. Ils ont peine A porter eux-mêmes l'horreur de leur funeste secret, et ils vivent cependant dans ime souveraine tranquillité des regards de Dieu. Laissons ces tragiques attentats ; disons ce (pii se voit tous les jours.
« Si vous n'avez pas dans le monde des témoins de vos désordres, si vous avez tendu vos pièges si subtilement, qu'ils échappent aux regards liumains, vous dites : qui nous a vus ? Vous ne comptez donc pas parmi les voyants celui qui habite aux cieux. Pounjuoi ne songez vous pas qu'il a tout vu, qu'il est tout intelligence, que vos pensées lui parlent, que votre cœur lui découvre tout, que votre propre conscience est la surveillante et son témoin contre vous-même ? Kt cependant sous ces yeux si vifs, sous ces regards si perçants, vous jouissez sans mquiélude du plaisir d'être caché, vous vous abandonnez à la joie, et vous vivez en repos parmi vos délices criminelles, sans songer que celui <pu vous les défend et nui vous en a laissé tant d'innocentes, viendra quelque jour inopinément troubler vos plaisirs d'une manière terrible par les rigueurs de son jugement, lorstpie vous l'attendrez le moins. N'est-ce pas manifestement le compter pour rien et dire en son cœur insensé : Il n'y a point de Dieu. Dixit insipiens in corde suo: Non est Deus.
« Si on cherche les causes d'un si étrange aveuglement, on en trouve l'explication dans l'étroitesse étrange de l'esprit humain qui ne voit pas au-delà des sentiments qui l'atisorbenl. Quand un homme emporté exhale sa colère, il croit que tout le monde est ému des injures f]ue lui seul ressent. L'oisif qui laisse aller toutes ses affaires avec nonchalance, ne s'imagine pas l'activité que d'autres mettent à s'emparer de ses biens. Pendant qu'il dort à son aise, il pense cpie tout dort avec lui. et il ne se réveille qu'au bruit de la ruine de sa fortimo. C'est une illusion semblable qui fait croire à ceux qui oublient Dieu dans l'inditTércnce. dans les plaisirs, dans l'impénilence, que Dieu aussi les oublie. Ohlitus est Ueus. Mais c'est là une erreur extrême. Si Dieu se tait quelque temps, il ne se taira pas toujours. .le veillerai,, dit-il, sur les pécheurs pour leur mal et non pour leur bien. Par conséquent ne prenons pas sa patience pour un pardon, ni .son silence pour un oubli, ni sa bonté pour une faiblesse. H attend parce qu'il est miséricordieux, et il retarde sa justice, car il sait aussi que personne ne lui peut échapper. En attendant que ces femmes inlidèles. que ces hommes corrompus et corrupteurs.se couvrent s'ils le peuvent de toutes les ombres de la nuit, au jour arrêté, ils seront découverts, et punis selon leurs œuvres.
«Et certes, peuvent-ils oublier que, si Dieu laisse ses ennemis en repos, il les punit davantage par leur sommeil léthargique et par leur endurcissement même que s'il les frappait des coups les plus terribles. Pour le comprendre, il faut savoir que moms le pécheur se pardonne ses crimes, plus Dieu est disposé à lui faire miséricorde. Dieu n'aime pas le mal ; et quand un homme condamne encore ses propres iniquités, il y a rpielque chose en lui qui prend - le parti de Dieu, et c'est une disposition favorable pour rentrer dans la grAce; mais dès que nous en sommes venus à ruiner en nous cet auguste tribunal de la conscience qui condamnait tous les crimes, l'audace de la rébellion est consommée, et il ne reste presque plus de remè<le. Le prophète Isaïe nous représente Dieu tenant en main la coupe de sa colère. Elle est, dit-il, remplie d'un breuvage qujl veut faire boire aux pécheurs, mais d'un breuvage iumeux comme d un vin nouveau, qui leur monte à la tête et qui les enivre. Ce breuvage qui enivre les pécheurs, qu'est-ce autre chose, mes frères, que leurs péchés mêmes et leurs désirs emportés auxquels Dieu les abandonne ?
2i* DIMANCHE. — DE LA CBAINTE DE DIEU 951
fu t. .;...r.t .nmeun premier verre, et peu à peu la lête leur toui'ne. c'estis Tardeur de leurs passions, la réflexion à demi éteinte n'en- , .. umières douteuses. Ainsi lAme nest plus éclairée comme auparavant ; on ne voit plus les vérités de la religion, ni les terribles jugements de Dieu, que connue à travere un nuage épais. C'est ce qui s'appelle, dans les Ecritures, losiirit de vertice (Isa., i\, i i) qui rend les liommes chancelants o( mal i^Mirés. Cependant ils déplorent encore leur faiblesse, ils jetdu cùté de la vertu qu'ils ont quittée. Leur conscience se
I i-n temps, et dit en poussant un secret soupir dans le citur ; <» picle ! 6 chasteté ! ô innocence! o sainteté du baptême ! ù pureté du christianisme! f.es sens l'emportent sur la conscience; ils boivent .'tv M-e. et leurs forces se diminuent, et leur vue se trouble. Il leur reste !!• iiiinoins quelque connaissance et quelque souvenir de Dieu. Buvez, buvez. 6 [>•■ iicurs! jusquà la dernière goutte, et avalez tout jusqu'à la lie. Mais que
II ii;vpronl-ils dans le fond? un breuvage d'assoupissement, dit Ife saint pro-
: 'Ve de les enivrerjusqu'àles priver de tout sentiment : Usque
'icis sopons bibisti, et potasd usque ad fœces (Is., i, 17.) Et
VI 1 un t'ii'i étrange. Je les vois, poursuit Isaïe, tombés dans les coins des
rwis, si profondément assoupis, qu'ils semblent tout à fait morts : Filii tui
'■ nnt, dorm^entnt in capite omnium viarum (Ibid, 20.) C'est
■s grands pécheurs, qui s'étant enivrés longtemps du vin de leurs
11- .1 de leurs délices criminelles, perdent enfin toute connaissance de
et tout sentiment de leur mal. Ils pèchent sans scrupule, ils s'en sou-
•'"' «ans douleur; ils s'en confessent sans componction, ils v retombent
te; ils y persévèrent sans inquiétude, ils y meurent enfin sans
lonc les yeux, ô pécheurs ! et connaissez l'état où vous êtes. Pen-
vous conteniez vos mauvais désirs, vous buvez un long oubli de
sommeil mortel vous gagne, vos lumières s'éteignent ; vos sens
^•■nt. Cependant il se fait contre vous, dans le cœur de Dieu, un
de haine et de colère Tliesaurizas tibi iram (Kom., ii, ri), comme dit
re : Sa fureur longtemps retenue fera tout-à-coup un éclat terrible.
vous serez réveillés par un coup mortel, mais réveillés seulement pour
votre supplice intolérable. Prévenez un si grand malheur, éveillez-
ire est venue : llorn est jam nos de somno sun/ere. Eveillez-vous •
'*>r l'avertissement, de peur qu'on ne vous éveille pour écouter votre
' / pas davantage, cette heure où je vous parle doit être,
' heure de votre réveil. (Bossiet).
-zn^::. Il .> de Dieu est nécessaire, nous l'avons vu ; disons de plus
les avant 'e nous procure. Pauperem t/uidem vitam yerimus.sed
"il bo/ui /l'if'-'nmus si timuerimus Deum.... (Tohik, iv, i3.) Quoniam
■si ifiopin timentibus eum. C'est ce qu'on ne comprend pas dans le
iii'.iilc. Sir-- '• ■ 'Il hor mundo. On a trotivé le moyen de reléguer Dieu
dans son : de se bAlir un [taradis sur la terre en dehors de sa loi.
I '),,, I. ,••,,. .iilcv .n,'..v I.. I.i..ii .M f,^ I. i,,i-liiM.. ]■, r..i.iil •li..n ni px\.
et
. -et
^ païens
< r ; mais
aujourd tii de nom i nt volontiers
tout à In II, tout. Mh IIS est parum
I mu ' tpitiiii t/tfSduri m ihiles. (I'hov., xv, iH.)
l'nis \. qui no craign''7 i et rpii vous endormez
' luipiiltL ■ ''•, que vot Urriblc et épouvantable !
i vani'é icilc vouk ■ r vod-f» (rjoniplio, «pic les
■SVOUSIM' l'ios
.>. Ah ! <pi ho-
•II, nu
iimt'mi, hi)i l'.sr riiiiii iininii iioiiui >iiiis n rus [mus ikuiiiiic, m >"ii^ ne
craignez pas le Seigneur ; vous êtes dégradé au-dessous des animaux qui
952 DOMINICALES hK LA PENTECOTE
sont excnsaMos de ne le pas craindre, puisqu'ils ne le conniiissent pas. \(ms (•tes au-il('ss(Mis des démons. Mais orainilre Kicu quelle gloii'P ! Vovez Tobie : Milita hona. clc. Auguste vieillard, celte parole vous fait plus d'honneur que votre gran<l courage et voire noble vie. La crainte de hieu orne plus niagnifiquciiionl votre Iront que la couronne de cbevciix blancs qui recouvre votre tète. Milita bona habebimiis. — .Mon lils, nous sommes |»ius grands que le montic. si nous craignons IMcu. A côté de cela, mettez un vieillard qui n a que de lindilTcrencc pour son Dieu, qui va paraître devant lui sans songer à apaiser sa colère, qui n'emporte que le regret de laisser son bien sur la terre. Quelle ignominie ! quelle terreur ! Le roi David disait : Confiye timoré tuo. <;omparez-lui ces malheureux qui enflés d'orgueil ne se frappent jamais la jtoitrine et vivent comme si Dieu n'était rien. .\ cùlé du jeune homme sage, de la jeune fille pieuse, mettez un libertin et une pauvre égarée et vous direz avec saint .\mbroise : Ilonor adolescentum est timorem Dei habere.
2083. 2o La crainte de Dieu c'est le bonheur. lieatus vir qui timet. Gloria et ilivitifP in tlomo ejus. Beati omnes qui timent Dominuin. lieatus qui semner est pnvidus. Ne pourrait-on pas, mes Frères, établir un parallèle entre la prospérité des familles chrétiennes et la fortime de celles d'où la crainte de Dieu est bannie, et n'y trouverait-on pas la preuve que Dieu, dès ici-bas, récompense ceux qui le craignent par les biens mômes temporels ? Peccatores. direz-vous, et abundantes in sœculo obtiniierunt divitias. {Ps.lxxh, {t.) Ali ! sans doute, Dieu ne donne pas toutes ses récompenses en ce monde, comme il n'y lance pas tous les traits de sa colère ; mais il est incontestable qu'il a, même ici-bas, des récompenses temporelles pour ceux qui le craignent. Onî»nd il éprouve ceux qu il aime, il veut grandir leur mérite et leur récompense. Mais la paix de la conscience, mais l'estime dos hommes, mais la santé, ne sont-ce pas la souvent les dons qu'il fait à ceux qui le respectent? Du reste, remaniuons-le bien : ce qui fait le malheur de Ihomme sur la terre ce n'est pas tant la privation et la douleur que l'esclavage des passions humaines. L'nde bella et lites in vobis ?... ex concupiscenfiis. Il n'y a qu'un vrai malheur, c'est le péché. Or, per timorem Domini déclinât omnis a ynalo (l'rov., xv, 27) et timor Domini concupiscentias extirpai (Saint CuRvsosTOMK.) Timor Domini od if mal um. l'bi Dei timor adest, nullœ perturbationum maculœ mentem nostram contaminant (Grégoire de Nyssë.) El si. parcourant tous les Ages et toutes les positions de la vie, nous mettions en regard.dans chaque Age cl dans chaque position, une âme qui craint Dieu et une autre qui ne le craint pas, vous verriez le bonheur et les consolations du juste et le malheur et la tristesse du pécheur. L'homme qui craint Dieu avance dans la vertu, et voilà pourquoi il est heureux maigre ses épreuves, parce qu'il multiplie ses richesses. Qui timet Deum nihil negligit. Et puis, attendez la fin de toutes les choses et, comme dit l'Ecriture, vous verrez quelle est la différence entre le juste et l'impie.
Donc, vous êtes bienheureux, chrétiens, qui ne craignez pas celui qui peut tuer le corps, mais celui qui peut penlre l'âme et le cor[is en enfer; car en vérité, d'après la parole de Notre-Seigneur, c'est celui-là qu'il faut craindre, (.ette crainte salutaire vous préserve du péché, vous porte au repentir si vous avez fait une chute, vous excite à ne rien négliger pour plaire à ce grand Dieu que vous respectez. Cîrandissez encore dans ce sentiment qui vous Itonnre et qui multiplie vos mérites. Et vous, qui craignez les hommes, i .los esclaves du respect humain, de la vanité, des flatteries, vous qui I ■ lioz devant un sourire, qui tremblgz comme un enfant devant une vaine ombre de la nuit, et qui oubliez ce que vous devez à celui qui ébranle le monde pour en secouer les impies, priez et demandez ce qui vous manque. Confifje timoré tuo carnes meus. Si vous avez la tentation d'être fiers parce que vous avez secoué le joug de I»ieu, hélas! il y a de quoi vous frapper la poitrine et trembler. Si vous disiez : Propitius e^to mihi peccatori, on |iourrait se rassurer sur votre compte; mais si, comme le pharisien, vous vous vantez de ne pas être comme les autres, comme les bonnes femmes qui ont le mal en horreur, vous vous proparez la condamnation que subit cet orgueilleux. Donc, mes Frères, Deum time et mandata ejus observa, hoc
04* DIMANCHE. — DE l'BXISTBNCB DE DIEU 95b
ett tiiiin ufiirna homo. Commencez à devenir homme en ayant la crainte de Dieu, etc. {{).
V^H. Autre plan pour le méwe dimanche. Deum Ime et mandata ejut terca koc est enim omnis liomo Ce n'es» pas êirt- b<^oinie que de ne pas reconnaître Dien el de ne pas le craindre ; car I toute la création, et II l'humanité tout entière dods apprennent à le connattr«> et à le servir.
90S5. I. La Création. « Est-il rien de plus manifesie et de plus inconlestable, lorsque vous ifvei les yeux au ciel, et que vous consulter la nature, que l'exisierce d'une intelligence suprême qui l'anime, qui la conserve ella régit? Voypi l'année dont le soleil mesure le cours, les mois dont la lune fait distinguer par ses phases les différentes parties : celte succession régulière de la lumière et des ténèbres qui marque à l'homme les beares du travail et celles du repos, ces astres qui règlent la navigation, le temps du laboar el celui de la récolte ; tontes ces merveilles peuvent-elles n'être pas l'ouvrage d'un ouvrier suprême et d'une raison parfaite, puisqu'il faut déjà tant de raison et tant de perspicacité pour les apercevoir et pour le comprendre î Que dirai je de cet ordre régulier et invariable des saisons et des productions de la terre . du printemps avec ses fleurs, de l'été avec ses moissons, de l'automne avec ses fruits, de l'hiver avec ses frimas T Cet ordre ne serait-il pas interrompu, s'il n'était maintenu par une volonté toute-puissante?
« Jetex les yeux sur la mer el remarquez les sabies qui lui servent de limiies, le flux et le reflux qui signalent le mouvement de ses ondes. Regardez les fontaines jaillir sans interruption et les fleuve.i rouler majestueusement leurs eaux. Parlerai-je des tenains si hrarensem>-ni disposi^s en vallonK, collines et montagnes? des animaux pourvus d'armes si diverses pour se défendre ou conserver leur liberté? Hais par dessus toutes ces merveilles, la beauié du corps humain annonce un Dieu pour auteur: cette stature droite, ce visage tourné vers l%ciei, ces yeux placés au sommet comme des sentinelles,
(i) Pérorais(\n du P. Le Jeune. — Finem loquentli pariler omnes atidiamus, Deum time. et mandata ejut observa, hoc est enim omnis homo. Craignez Dieu, si vous êtes sages; craignez Dieu, et gardez ses divines lois ; Omnes audiamus, Deum time; quelque grandes el austères que soient vos pénitences, si vous av( i offensé Dieu, crai?"-" ,.r.r ,iiij vous a dit que le repentir que en vous avez eu a été vrai, sincère, surnatii :< a dit qu'il a eu toutes les conditions que Die'i demande de vous? De
jtrop'. ilo noli esse sine metti. Omnes audiamus. Deum Itme. Encore que
volie c->a&cieiice ne vous reprenne d aucun péché mortel, ei que vous pen.-iez être juste, craignez ; car personne oe sa>l s'il est digne d'amour ou de haine ; nous pcn.<ions quelquefois que Dieu nous en doit de reste, quand il ne nous doit que des chàiimenis; notre cœur est arnficieux et rusé, il ne trompe pas seulement les autres, il nous trompe souvent nous-m^mes, omne* audiamus. Quand vous seriez très assuré d'être juste, craignez : si on de vos enfants, ayant entendu une préd cation, était souvent dans la crainte de Diro, voo* dme i : Ces prédications épouvantent trop le monde, je ne veux plus que ; el toutefois, quand nous serions toujours pénétrés de crainte de < rien que ce que saint Paul nous recommande : Cum metu et ,,c,„.,,r ,,ia.,..c/„ jieramini; nntd tremore, avec trembifroent ; il ne dit pas: tremblez quand vous avez cfTensè Dieu, car en ce même temps Dieu est là haut qui vous voit, qui vous juge, il ne dit pas seulement : tremblez, quand vous êtes en mauvais état, car entre vous et l'enfer il n'y a que le petit fil de votre vie. qni peut être rompu par mille accidents. Il oe dit pas : tremblez quand vous commettez un péché véniel de propos délibéré; il dit : faites votre salut avec crainte et tremblement: vous faites votre salut et des œuvr<>s de aaïui quand vous recevez les sacrements, quand vous entendez la messe ; il faut encore craindre de mal le faire. Samt O^goire a remarqué que Job ne dit pas : J'ai toujours redouté les jugements de Dieu comme un éclat de tonnerre, mais bien comme un orage et comme une mer irritée Quand nous entendons un coup de tonnerre nous frémisson.s, el voilà tout; il ne produit rien en nous, nous ne faisons rien ensuite de celte crainte. Quand les mariniers s<inl au milieu de l'orage, el qu'ils vo p'' '-• ■ - " -^ /.. ,,>r„.. ,t.,^ m,.„i ,,Tn», d'eau, prêtes à couvrir leur vaisseau ; ils ne cri . 'a main à l'oeuvre. il> font loul ce qu'ils
peuvent [i ire el de manger, ils jettent leurs plu^
précieuscH deQu'ci^ >i.ias U mer; ion il» ue disent point de sutti.<es, ils ne s'amuient
fioinl à parler d'aulrui, ni des affaires du monde, ils ne pensent qu'à sauver leur vie : «iies de même. I.a vengeance esi prC ' ' '—■ sur vous. Kant ' ' ^- '-
Dieu? Kaiies-le. Faut-il s'écarter ae^ s, pour évner ■
Faites le. Paul il décharger le vainsea . un pe u de Voire i-
et de vos c< mmodré*. pour restituer le bi«n mai acquit, quitter la maisuo uu vou.* t'-vt
pour sortir de l'occasion T Paul-il sortir du monde el entrer en religion? Paiteale : .S"(iir<i
animam tuam. Quani tumentes fluctus. Les malelo't, durant l'orage, recotrtnl •«
ciel de bon cœur : Qui netcit orart contcendat mart. Priez, etc.
ces membres dont la proportion est si Joste, tout s'y trouve pour le besoin comme pour l'ornement. Ce qui n'est pas moins admirable, c'est que la même forme se remarque dans tous les hommes et se diversifie en chacun d'eux. Tous se ressemblent et tuus sont différents. Ah I si lorsque vous entrez dans une maison où tout est propre, ordonné, disposé avec(?oùi, vous ne doutez pas qu'elle n'ait un mattre et que ce maître ne soit meilleur encore que tout ce que vous voyez, croyez de même, quand vous considérez le ciel et la terre, que cette immense maison du monde, oii l'ordre, la sagesse, la prévoyance, brillent de toutes parts, est l'ouvraf^e d'un mattre supérieur à tout ce que le monde renferme de plus beau » (Mihdtius Félix).
• Ainsi parlent les Pères de l'Et^lise au viii* siècle de notre ère. Mais laisses, si vods le voulez, ce maffnillque témoigniige ; prenez pour guides les savants de notre ère: pénétrez avec les instruments les plus perfectionnés de l'astronomie moderne, à travers les champs infinis des cieux.et calculez si vous le pouvez la distance, la profondeur, l'étendue des globes lumineux qui les peuplent. Que l'univers est admirable I quelle longueur et quelle grandeur! quelles mesures inappréciables dans la langue himainel quels horizons t quels feux 1 quels mouvements ! Ces corps, qui nous apparaissent voisins les uns des autres, sont néanmoins sf^parés par d'immenses intervalles Ce soleil qui, du centre de notre monde, domine également sur les comètes à la marche errante et k la chevelure déployée, et sur les planètes dont l'armée régulière se développe autour de lui, ce soleil avec ce pompeux cortège, n'est qu'une très petite partie de cet univers. Les étoiles, qui d'ici ne nous paraissent qu'un point, sont dans la réalité des corps immenses qui surpassent le soleil en étendue comme en splendeur et chacune d't^lles peut être le centre de plusieurs mondes. Ou fond de ces déserts célestes, elles lancent l'éblou'ssant éclat de leurs rayons, qui scintillent à peine à nos regards. Quoique la vitesse de ces rayons soit de quatre-vingt mille lieues par seconde, la plus rappn'chée de nous met trois ans à nous envoyer sa lumière et douze ans ne suffisent pas ï l'étoile polaire pour accomplir cette roule mystérieuse à travers les espaces. Voyez enfin ces lueurs blanchissantes qui paraissent comme des jalons sur les points isolés du ciel, ou qui s'élen* dent en écharpe à travers l'immensité: ce sont des étoiles dont l'éclat pàlil par l'effet de la distance. En appxrence très rapprochées, en réalité très éloignées l'ane de l'autre, elles accusent déjà l'imperfection de nos instruments, et marquent les limites imposées à l'industrie de l'homme, mais non aux grandeurs de Dieu.
R Embrassez donc, si vous le pouvez, tant de magnificence et de grandeur, rapprochez et comparez ces corps, ces lumières, ces espaces. Qi'esl-ce que cet univers auprès du Dieu qui l'a fait? A peine un reflet de ses perfections. Qu'est-ce que le soleil avec la superbe parure de son lever et de son courber? Une étoile plus rapprochée de nous que les autres et un million de fois plus petite que la plus petite d'entre elles. Qu'est-^e que la terre avec ses océans, ses montagnes, ses déserts et ses villes? Un atome qui se joue dans l'air aux rayons du soleil, un grain de sable un million et demi plus petit que 1' soleil lui-même ?
• Et si de si grands objets fatiguent votre vue et vos recherches : regardez à vos pieds, prenez l'œil de l'insecte, le corsage de la mouche, l'aile du papillon Quelle perfection I La main de Dieu y est aussi clairement empreinte que »ur le disque du soleil on sur la face de la terre. A la vue des merveilles qu'étale l'industrie, vous vous récries d'admiration sur le génie, les ressources, la grandeur de l'homme qui en est l'auteur. Quand il emprisonne l'air et le feu, qu'il les d<impte et qu'il les lance comme on coursier, pour franchir en tro<s bonds les bornes du monde, quand il donne des ailes à sa parole pour la faire vibrer à la fois aux quatre coins de la terre, vous saluez l'audace des entrept-i.ses, les victoires de la science, les conquêtes de l'esprit sur la matière. C'est justice, et vous regarderiez comme un fou celui qui, au lieu de voir dans toutes ces inventions la vive empreinte de l'intelligence humaine, s'obstinerait h n'y voir qn'une combinaison fortuite de sons, d'images ou d'atomes. Eh bien! le plus chéiif insecte est une machine animée dont les ressorts sont mille fois plus étonnants et pins parfaits que ceux de vos chars de feu L'art qui te fait vivre ne peut être ni compris ni imité. L'intelligence suprême a laissé son nom sur cet admirable mécanisme avec plus d'éclat que l'horloger sur son cadran, l'architecte sur le palais sorti de ses mains, le savant au frontispice de ses livres. Ce nom, c'est celui de D eu. Si vous hésitez à le prononcer, ne me citez plus désormais ni Aristole, ni K'éper, ni Newton, ni Cuvier. Qaoi ! se souvenir de ceux qui ont expliqué le monde et nier celui qm l'a formé 1 Quelle contradiction! quelle folie I Remarquez que pour confondre l'ath^^e nous ne demandons que l'aile d'un oapillon, quand nous pourrions l'écra'er du poids de l'univers.
â086. II. L'humanité .< Est-il donc éionnant que l'humanité toute entière croie en Dieu! Non, cette idée d une cause première, gravée dans l'Âme, en caractères mystérieux, écrite d'un bout du monde à l'autre, ici avec le feu des étoiles, là avec le jus des fruits sauvages, ailleurs avec l'écume qui expire sur le rivage des mers, n'est pas restée, un seul jour ni en une seule langue, sans interprète et sans témoignages dans l'histoire des peuples Les Phén ciens, les Chaldéens, les Persans, les Indiens, les Chinois, les Grecs, les Romains, toutes les nations, se rencontrent dans la même croyance. Platon recouna't Dieu aussi bien qu'Aristote, Cicéron aussi bien que Sénèque ; Bossuet, Fénelon, DescarteSj Mallebranche, ea ont fait le thème de leurs plus beaux ouvrages. Le roi de