S-OEL
qoi iodiqaeol le Ssavear, l'Evangile et les Anges eux-mêmes nous l'apprennent, c'est qu'il se soit fai( enfant, c'est-A-dire qu'il ait pris la natare humaine, s'abaissani par là < desanged. Ce n'a pas «té assez. Il eût pu prendre la nature exempte d'inle qu'elle le fat dans Adam avant sa chute ; point du tout, il l'a prise sujette a nos innrmitéâ depuis le pécbé, il a pris un coms qui peut souffrir la fiim, le froid, pannit in>olutum, se metianl ainsi an rani; du pécheur. Ce n'est pas assez encore. Il eût pu relever ses inOrmités qui lui sont communes avec les pécheurs, ens'enloaranl du prestige des honneurs et des richesses de la terre ; et il se met au-dessous même de certains pécheurs, en épousant la pauvreté et même la misère ; positum in prœsepio. Et c'est à cela qu'on duit le reconnaître pour notre Sauveur. Comment cela? que pour noos affranchir ao*re libérateur se dépouille de sa puissance, que notre médecin devienne Kalade loi-méme, que celui qui nous apporte des richesses s*' fasse pauvre. Ces abaissements ne s»nt pas une chute, mais une condescendance. Il ne descend que pour nous apprendre à remonter à lui; ei les trois degrés de ses abaissements sont ceux que nous avons à gravir pour atteindre le ciel. 0 homme, ta nature était tombée-j>ar ton crime. Dieu l'a prise pour la relever; tu languis au milieu des infirmités, ton Sauveur s'en revêt pour t'en affranch.r * «es misères du monde t'effraienc et pour t'y soustraire, tu recherches les honneurs elles biens du temps. Dieu les subit pour t'apprendre à ne pas les craindre et à mépriser les faux biens qui te font oublier les biens éternels; mais il faut t'en convaincre avec quelques développements.
2095. I. Oiev prend notre nature pour la relever. Depuis la chute, l'homme tremblait devant Dieu. Quelle était la cause de cette impression? Dieu est grand, l'homme est petit ; Dieu est sainl et juste, l'homme est coupable. La grandeur de Dieu saisit; sa
justii-" " '^'" ' "(Si pourquoi le Fils de Dieu fait deux choses, en se revêtant de
notri' sa majesté et nous faisant voir, par le désir qu'il a de nous res-
semai . me, il fait taire les menaces. Que la grandeur de Dieu nous mette à
distance tje lui, cVsi facile à concevoir : Magnui Doniinus et laudabilis nimis. Ingredert in prtram, et abscitidere in fond hurno a (acte timoris Uomini et à glorid majeslaiis ejui. L'bumnie découvre seulement de loin une lumière et une maje.»té qui l'éionne. ^a vue se perd dans l'espace immense par lequel il se sent séparé de Dieu; et en vi.v.tni rfu,' h.ineiir sans mesure, il se croit perdu s'il s'approche. Voilà pourquoi alens disaient que la nature divine n'étaii pas accessible aux bornent pas le Sauveur. Il est vrai que la borné de Dieu est de nature à nuus ra&surer . mais comment y compter quand nous étions coupables ? Alam désobéissant se vit chasser du paradis terrestre par le glaive flamboyant de l'ange de la vengeance, et emporta l'effroi qu'a inspiré depuis à toute sa race la pensée de Dieu irrité comre elle. Aussi vnii-on dans l'ancien peuple de Dieu qu'on redoutait la mort quand la majesté divine se manifestait. VoiiÀ quelle était l'exttémité de la misère humaine, avant que N.-S. vtni sur la terre pour nous rapprocher de Dieu. 0 Sauveur, couvrez la ma. jesté qui nous étonne ; désarmez la justice qui nous épouvante ; rendez- nous l'accès auprès de votre Père duquel dépend tout notre bonheur. Nous sommes exaucés. Et hoc vobi$ signitm inrenit-lit infantem. Dieu n'est plus élo gné de nous, puisqu'il se fait homme. Il n'est plus irrité c>nire nous, puisqu'il s'unit à notre natare par une étroita alliance. Apparaît beni'juilat. Quelle consolation t II nous cache tout ce qui i'éloignfl de nous ; il ne nuu.s mi'iitie que ce qui nous en approche ; la g andeur s'abaisse ; la majesté se couvre, la justice ne se moniro pas; la bonté seule apparaît ; Dieu agit d'égal A égal avec l'homme, afln que l'homme puisse agir d'égal A égal avec Dieu. Les anciens avaient raison de trembler; nous avons raison de nous rassurer. Quelque soit mon néant, je suis homme ; et mon Dieu qui est loot, s'est fait homme, et cela pour se donner à moi. Je m'attacbe à Jésus qui se fait mon frère, en prenant ma nature ; et par là il me met en possession de la nature divine. En se faisant semblable à moi, il m'appelle à devenir semblable à lui. Dieu agit en homme, afln que l'homme apprenne à agir en Dieu. 0 homme, p'as de ces vices qui te mettent au niveau des animaux. Si la nature est relevée, il faut que ses actions fuient nobles. Toutes les fausses philoaopbies révent la
déiii» -a. .n '•" l'honame d'une manière insens*'» " '• ■ "•^■■oe d'une manière admirable
et c raison. Qu'on ne dise don< -^re est indigne de Dieu;
car 1 s avertit que tont et qui . ■ ii est utile à notre talul,
••'ir r ■ de la boni- ue d'tUic ! 'ire, et de
s 11^ Kiant inii . il tend à té et ses
■ ' r I rii'mme autant iju u un joau Cl jiiKqu'à faire
I lui, une même personne. En prenant la natare
, e qu'il communique ; en nous enrichissant il ne
b'di>i>auvrii poiiii ; ij draipure ce qu'il est ei il nuu^ le donne. Il témoigne son amour, il
exTi-e M looie piii«*«or^ *•! ron(i»Tv^ #a d'pnn^ L'homme révail l'indépendance dan»
-Hre , en
p4>nple. ou à ces ^ra' '"■^
•nt'"' ' '.ssibles aux plus peiil.i " ■«
veut pas cflrayer sua ft4:rviUur fugitif, Qt la proie qu'il veut prendre alla de la sauver. Rien n'est plus digne de Dien qu'un li gread ouvrage.
£»60 FÊTRS DE NOTRE-SEtONEfR
9096. II. Dieu prend nos infirmités pour les guérir. Parants involutum. Ces langes, dit Tertullien, sont comme le commencement de la sépulture, on enveloppe presque de la même manière ceux qui missent et ceux qui meurent; et c'est la marque de notre mortalité qu'un mus ensevelisse à notre naissance. En voyant dans l'enfiince du Sauveur sa nature humaine, voyons dans ces lang'-s la mortalité de cette nature, et les infli mités qui en sont les conséquences. Nutre-Seigneur prend nos infirmités, lui qui aurait pu prendre un corps impassible et imm>rtel. L'Evangile nous le représente ayant faim et soif, étant fatigué de la route, versant des larmes sur les maux de sa patrie, étant triste jusqu'à la m irt, au jardin des Olives, n'ayant pas la force de porter sa croix sur la route du calvaire. Par là il confond tous les héréiiquos qu< n'ont pas cru à la réalité de son corps ; mais hoc esl vohis siijnum : par là il vous montre qu'il est vraiment voire Sauveur , car ses inliimiiés guénsât-nt les noires. Nuus n'avons pas, dit saint Paul, un pontife qui ne puisse pas compatir à nos infirmiiés, et pourquoi? C'est parce qu'il les a éprouvées lui-même: tenlatum p;r omnia absque peccalo. Nous sommes plus sensibles aux maux d autrui quand nous avons épruuvé des maux seipbiables. On c impatit plus ficilement à une grande maladie quand on l'a 8ul)ie soi-même dans toute sa rigueur. Undè debuit per omnia fralribus similari ut misericors fieret. Sans doute il n'ei^t pas ignoré nos maux, lors même qu'il ne les aurait pas endurés ; mais nous n'eussions pas eu recours à 'ui avec autant de confiance. Nous nous serions imaginé qu'il ne nous plaindrait que comme ceux qui, étant dans le port, plaignent ceux qu'ils voient sur une mer agitée, subir tous les assauts d'une tempête. Nous ne l'eussions pas regardé comme ayant l'expérience de nos misëreset comme notre compagnon d'infortune. Mais du moment oii il a pris nos infirmité}, nous ne doutons plus de sa tendresse et de sa compassion; et nous trouvons, dès lors, en lui une consolation dans toutes nos épreuves, car la compassion qu'il a pour nous n'est pas une affection inutile (1). Ce médecin est tout- puissant ; tout ce qui lui fait pitié, il le sauve ; tout ce qu'il plaint, il le guérit. Or nous avons appris de lApôire qu'il compatit à tous les maux qu'il a éprouvés. El quels mi>ux n'a-t-il pas éprouvés, excepté le péché T II a senti les innrmit'''8, il les guérira ; les tristesses, il les guérira; la mort, il la guérira. Autant je vois d'inflrmltés en mon Sauveur, autant je me promets de grandeurs, pour moi.
m. Reclinalum in prœtepio. Dieu prend la pauvreté et la misère, pour nous apprendre à mépriser les faux biens du monde. La naissance de Noire-Seigneur nous approche de Dieu notre fin dernière; les infirmités qu'il prend nous aident à sanclilhr les noires; sa pauvreté nous ôtb tous les obstacles qui s'opposent à notre sanctification et à notre union à Dieu. Ce qui nous empêche d'aller au souverain bien, c'est ce préjugé répandu partout que tout le bonheur consiste dans ces faux biens que nous appelons honneurs, richesses, plaisirs. Etrange et pitoyable erreur ! L'homme se trouve trop petit: il veut se grandir. Il croit ajouter beaucoup à sa personne par les donaines, les palais, les serviteurs, les équipages, les titres pompeux, les jouissances du luxe de table. La femme vaine qui fait tant de volume, qui porte sur elle la nourriture de tant de pauvres, l'homme qui a une position reltvée, qui a mult'plié ses domaines, ne peut se compter pour un seul homme ; ils ne songent pas que ces efforts pour se grossir ou s'élever, sont inutiles, et qu'une seule mort peut tout abattre, et un seul tombeau peut tout enfermer. Et l'entraînement vers ces faux biens est si puissant, que l'homme a grand'peine à s'en déprendre: il s'imagine que si Dieu descendait sur la terre, il devrait s'entourer de tout cet appareil. Ainsi les superbes ont-ils trouvé notre Sauveur trop pauvre. Sa crèche les a étonnés ; son dénuement leur a fait peur. Ils auraient voulu comme les Juifs un Messie puissant; mais quand on étudie les choses à fond, il est facile de voir que Dieu, en venant sur la terre, n'a que faire des oripeaux du luxe et de la richesse, qui ne peuvent rien ajouter à sa gloire, et qui ne donnent à l'homme lui même aucune valeur, puis(|u'ils sont en dehors de lui. Et puisqu'il venait pour sauver l'humanité, il fallait la délivrer de ce qui fait le grand obstacle à son salut. Les hommes ne soni poussés le plus souvent au mal que par le désir des biens terrestres, ou par la crainte
(I) Par les misères qu'il épcjuse, il expie nos péchés et nous apprend & en faire pénitence; car prenct parde, m. F., c'est la remarque de sainl Bernard, si Jésus-Christ naissant pleure dans la crèche, il ne pleure pas comme les autres enfants, ni par le même principe que les autres enfants : Plorat ijHtjijie Chrislux, sed non utcœtcri, aut certè non qutire cœteri. Les autres enfants pleurent par Liil.l «SI ,1 , . hn-ri pleure par raison, pleure par amour et par compassion ; les autres pleurent leurs ■i-lui-ci pleure les nôtres ; les autres pleurent, parce qu'ils portent la peine du péché, il vient détruire le péché et l'ellacer par ses larmes. Or, ces larmes d'un Dieu, '• ■. me causent tout à la lois, et de la douleur et de la honle : Porro lacrymœ Utœ,
l r,i:r. -. r: ,/,.„( mihi pariunt. et pudorem. De la honte, quand je considère que le Fils unique ilr l'icii ;i . I m<>s msiiT. qu'il en a élé si vivement louché, et que j'y suis moi-même si insen-
sibl'-; .[Uifi : ■• ■ ;. lire sur moi, et que je ne pleure pas sur moi-même ; au
ronir.iirc, i) indolence, avec une tranquillité et un endurcissement,
miinstreux, !■ ■ d. vrais f.iire la matière éternelle de mon repentir et de
mes pleurs. \>f li - ivnir fait pleurer Jésus-Christ dés son lierceau, je
lui en donne encon . ; que pouvant le consoler par In réformalion ae
ma vie, j'insulte, p" ^ mes désordres ; et qu'au lieu qu'il a prétendu dé-
truire le péché et l'anéantir, je le fais rt;vivre diins moi et régner avec plus d'empire que jamais. Sur quoi ce ^and Saint s'écriait : O duritia cordif mri ! (Rourdai.ocr.)
\OEL 9Cl
!re. 0 divin Eofant, pour être Saavear, il faut en désabuser les hommes. Hoc 'im. Veopi à l'étabip. à la crèche, à la misère de ce Dieu naissant ; et (à apns de tout ce qui pas^e. Si les honneurs, les richesses, s. qui ie!( aurait mieux mérités que lui, et quel ne de- ... „. ... , — .' C'est par son libre choi.\ qu'il en accepte la privation ; il a ^ biens étaient indignes de lui et de ses disciples; et il n'en a pas voulu.
Il iK- et en les rejelani, il Les a condamnés comme des pompes de Satan. Le
Fils de D.cu le* méprise, comment les estimer 1 II les rejette, comment les rechercher? Il les condamne, comment les envier? Toutes les belles pensées des anciens philosophes sur le mér" ' ~ *'" — " 'itelles, comparées aux exemples d'un Dieu 7 Quel résuliai ont ils i nst pauvre a entraîné k sa suite d'abord d» paa-
vres hti-'rrsu . . ^<jnt devenus ses premiers Apôtres, puis des rois qui
se s r-i pour lui dnjrurs richesses, et plus lard une multitude d'Âpôire<t, de
ma' nés, de vierges, qui oni tout quitté pour imiter sa pauvreté, en sorte que
> st comme le char de triomphe <>ù i; traîne après lui le monde vaincu, et da •1 il nous dit: Ayez confiance, egovici mundum; j'ai triomphé de ses attraits .. ^.xiwt^..3 et de ses vaines menaces. S'il avait entrepris d'en triompher par la grandeur, 00 aurait attribué le succès de son Evangile non à la divinité, mais à la puissance de celui qui l'aurait annoncé. .Mais tout est pauvre, i<oa étable, sa crèche, sa mère ; il n'y aura pas lieu de se méprendre sur la cause de sa victoire. A nous de profiter de son triomphe, en foulant aux pieds les biens de la terre, en sanctifiant nos pensées, et en nous appr à de Dieu qui est notre fin dernière et fera notre béatitude. 0 Sau-
veur mir iidisii ; la nature humaine. Sfd mirabilius reformasti Plus je
vous conii.-.. , ..:jui. enveloppé de lanjre.«, couché dans une crèche, plus j'admire votre miséncorde et plus je reconnais ea vous, mon Sauveur, mon divin médecin, moa Dieu.
2i' < lion de l'Incarnation, d'après le P. Le Jeune.
L,. lesse de luuiuii est célébrée en l'honneur de la génération éternelle do
Fils ur L' • u, cl la seconde messe en l'honneur de sa génération et de sa naissance temporelle.
1^ naissance éternelle est admirable, la temporelle est aimable ; je révère et j'adore l'éiernelle, je chéris et j'aime la temporelle, je me réjouis de celie-là et je j<>uis de celle-ci ; je glorifie Dien de la première et je le remercie de la seconde ; la naissance éternelle ma créé, et la t. 'a réparé ; j'ai été ffit par la première, et j'ai été
refait par la sec nJe. Il n lit de rien d'avoir été créé, si je n'étais racheté :
par J.'-ni ..r n. ,, ^ n I', .^ ^.éé, par Jésus enfanté de la Vierge j'ai été racheté;
j'ai is enfanté de Marie qu'à Jésus engendré du Père, et je
troL . liles en cette seconde naissance, aussi bien qu'enta
preiiiii-ic.
Car le Père éternel enirpndre son Fils non seulement sans corruption, mais avec très
-' ■ • - ■ -- ' '- — ' '' - — - "• ~if.inté ce même Fils, sa
:>lus pure, plus stinte 1/ Le Père engendrant son Fus, oe perd pa.t xa divinité, ei Marie «rnfdnliut Jcsua ne perd p)S son intégrité ; le Père 1 une j'ue souveraine et infinie en en^cii'trant son Fils, et Marie, en donnant le jour à ce m'in-î Fii>, me joie exiré-ne ; le Père donne
t< Qte .sa sijti-<iance h ' pas ce qu'il donne; Marie donne
■ • ' I . -.^^ sans diminution de sa pure'é.
le veux vous expliquer les nier- >i claire et si intelligible, que si .ou.) ii«i l'eaiebUci pa», il a y a nea au iu«>aJii qui poisse vous faire comprendre ces inysl<»reï.
■ ■ ' r réatores purr ""-- ='-'-- --•• - ■-• -:! soit, plus claire»
iroage de H i rayon qui eal
■y a rien d>- . , . cil, ei néaamoiot
il n'y a rien que nous ajons tant de peme a voir; buus ne le pouvons regarder fixement, non pas ftnie d^ inmi^rf, m<i« » r»>i«e An l'exr^« de ci«rl* et de la faiblesse de
■" : .... en la
n de
,. .,, .■...M.B..,.v .,... ,. .w. , ... ...,.- inoin»
cunnalire ; c« sont des ténèbn;s pour noua ft cause de la faiblesse de notre entendement.
>(•; 'II >.i 'Il > iiiMi-, % Ml r .19 ui- l'ii-u 11 I 1 1 c,
( tout temps cOTnmfl lui, il est de toute
! ., rend la île. il échiulTa l'air, fait germer lea
)iUi . son Fils a ol et la terre, les bomnes et les angea
et a fdii p ir lui iti ouvres, omnia jur i/xurn fncta tunt.
962 rf:TES dp, notre-seigneuu
Le soleil prodait 8on rayon sans allératioa de sa substance ; il ne perd rien en lut doiinanl IcMre, au con<raire, le lustre, la beauté e( l'orneHienl du soleil, c'est son rayon; afnsi le Kils de Dieu est la splendeur du Père et la flRure de sa substance: c'est une très grande perfection au Père que d'engendrer un Fils qui est Dieu comme lui et un même Dieu avec lui.
Le rayon fort du soleil et il est envoyé ici-bas, mais il en sort sans en sortir ; il est ici-bas et il demeure néanm<)ins là-haut; vous le voyez dans le soleil, bien qu'il soit sur la terre. Ainsi quand la foi nous enseigne que le Fils de Dieu est descendu du ciel et est venu en ce monde, ce n'est pas à dire qu'il ait quitté le sein du Père, il y est toujours demeuré, il en est sorti sans en sortir. De Pâtre proceisit Filius, non recesiit; nec tuccessurus Palri prodivit ex Pâtre, ted prodioit semper mansurtu in Pâtre, ^it saint Pierre Chrysologue.
Je n'eusse jamais cru, si je ne l'eusse vu, que Sénèque eût tant de lumière dans les ténèbres du paganisme ; il apporte cette même comparaison en des paroles si remarquables, que saint Augustin n'aurait pas mieux exprimé ce mysière: Quemadmodum radii solis contingunt qnidem lerram, sed ibi sunl unde milluiitur ; $ic animut magnus et $acer, et in hoc demissus, ut proptus divina nossemus, couversatur quidem nobiscum; sed hœret origini suœ.
Ce rayon de soleil vi^nt en cette église et passe par un verre rouge ; comment est-il entré dans ce verre 1 Je ne le sais. Comment en est-il sorti î Je ne le sais; mais sûrement il y est entré et en est sorti; il y est entré sans rouvrir, il en est sorti sans le rompre, il a passé au travers sans le casser et sans l'endommager tant soit p^'U. Ainsi le Fils de Dieu est venu en ce monde et a passé par le sein béni de la Vierge: comment y a-lil été conçu? je ne sais; comment en a-t-il été enfanté sans rompre ce sein virginal ; qui inipalibiliter fuerat illapsus, ine/fabiliter est elapsus.
Le rayon passant par le verre, l'a embelli, l'a rendu plus clair et plus éclatanl ; ainsi Jésus passant par le sein de Marie, a rendu sa virginité plus pure, plus sainte et plus sacrée.
Qu'a donc fait ce rayon dans ce verre? Il y est devenu coloré, le verre l'a revêtu de couleur rouge, Adam, id est, terra rubra; il s'y est humanisé, il s'y est fait homme, la sainte Vierge l'a revéïu de noire humaiiiié.
Le rayon empruntant du vçrre celte couleur rouge, ne la lui a pas ôtée; Jésus a emprunté de Marie notre nature humaine, sans faire aucun dommage à Marie.
Le rayon, avant d'emrerdans le verre, était rayon, mais il n'était pas coloré; mais depuis qu'il est entré dansce verre et depuis qu'il est venu dans cette église, c'est un rayon coloré. c'est une couleur rayonnante, c'est un rayon quiest couleur, t'est une couleur qui est rayon. Ainsi Jésus avant l'incarnatiun, était Dieu de touie éternité, mais il n'était pas homme; mhinienant qu'il est entré en Marie, c'est un Dieu humanisé, c'est un homme déifié, c'est un Dieu qui est homme, c'est un homme qui est Dieu.
t.e suppùt, l'appui et le soutien de cette couleur rouge qui paratt ici sur le pavé, c'est le iiivon du soleil, car cette couleur ne subsiste que par ce rayon; ainsi quel est le suppôt et l'appui de la samte bumanitéf C'est le Fils de Dieu, elle a'a point d'autre subsistance, d'autre personne que la sienne.
Ce rayon, en tant que rayon, et lumière du soleil, est répandu par tout le monde; mais en tant que rayon coloré, il n'est pas partout; il est seulement ici et en quelques autres lieux. Jésus en tant que Dieu et Fils de Dieu est en tout lieu; mais en tant qu'homme, il n'est pas partout, il n'est qu'au ciel et au Saint-Sacrement.
Quel est le père de ce rayon coloré? C'est le soleil, mais le soleil n'a pas produit la couleur; il est vrai, mais il a produit le rayon qui est conjoint à la couleur; et quelle en est la mère? c'est le verre; mais elle n'a pas fait le rayon? non; mais elle a produit la couleur rayonnante, elle a revêtu le rayon de cette robe de couleur.
Quel est le Père de Jésus Ilomme-Dieu? C'est le l'ère éternel. Il n'a pas engendré de sa substance l'humanité de Jésus, non; mais il a engendré de sa substance la personne de son Fils qui est homme. Quelle est la mère de ce Dieu Homme? C'est Marie. Elle n'a pas engendré la d vinité, non; mais elle a conçu l'homme qui est Dieu; elle a revêtu de noire humanité la divinité du Fils de Dieu. Qui est pius ancien, ou ce rayon coloré, ou le verre? Le rayon en tant que rayon, et en tant que Ris du soleil, est loniftemps avant le verre : il est dès le commencement du monde, il est au»i-i ancien que le soleil ; mais le rayon en tant que coloré, est plus jeune que le verre. Qui est le plus ancien de Jésus ou de Marie? Jésus, en tant que Dieu ou en tant que Fils de Dieu, est longtemps avant Marie, il est de tout temps comme le Père, de louie éternité comme le Père, sans commencement comme le Père et le Saini-Esprit; mais Jésus en tant qu'homme est plus jeune que sa mère, car elle avait quinze ans quand elle lui donna 'e jour.
Ce rayon tenant au soleil est si brillant et si éclatant qu'on ne le saurait regarder, il éblouit et aveugle les yeux qui s'y veulent fixer ; mais ce même rayon revêiu de couleur rouge est descendu ici-bas, on le regarde fort aisément; ainsi le Fils de Dieu, au sein de son Père, est invisible, ineffable, inaccessible et incompréhensible: Generationem ejus quis enarrabitf Lucem inhabitat inacessibilem ; mais ce même Fiis de Dieu revêtu de noire humanité et conversant avec nous, «'est rendu visible, palpable et sensible: Quodvidtmus oculis nostris, quod perspeximus et manus nostrœ contrecta-