III. — Epiphanie
2104. I. Vidimus stellam. Cette étoile était l'image extérieure de la lumière de la loi qui a éclairé 4^s Mages, les prémices des païens convertis. — Ce jour est l'anniversaire de notre vocation à la fni. Les Mages furent fidèles à I appel de Dieu, soyons-le à la foi. — Kt on fait 'i" ' ■ '■■■ lo sujet du discours ciimme mx n'^7t)i et 2()7:{.
2103. 11. Plan. Homélie sur l'Evangile du jour.
Ecre magi vénérant ah Oriente. — Les Mages étaient des rois de l'Orient. On croit généralement qu'ils venaient d'.Vrabie, à cause des présents qu'ils offrirent au Fils de Dieu, et parce qu'ils avaient été figurés par la reine de Saba oui, de l'Arabie, vint voirSaloinon. Ils étaient aussi des savants, versés dans I étuile des astres. Ine tradition rapporte que, depuis que le prophète Balaam avait annoncé uneétoilemystérieuserpii apporterait au monde une nouvelle de salut, douze sages avaient été chargés de génération en génération d'observer tous les jours leciol. Tous les peu[»les attendaient le Sauveur. Les Mages furent assez heureux pour voir, les premiers, cette étoile d'un éclat si extraordinaire, qu'au rapport de saint Ignace, elle éclipsait tous les autres astres et jetait l'effroi dans tous lescoMirs. L'Enfant de Bethléem fait éclater sa divinité ! Les cieux lo reconnaissent pour leur maître, car les anges ont entonné sur son berceau l'hyume de gloire et l'ont annoncé aux liergers. Et en même temps les cieux silluminent d'une luniière nouvelle qui le fait connaître aux gentils, aux infidèles, jusque-là assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort. Qoelle ignorance, (pielles monstrueuses erreurs, quels abîmes de corru[»lion jusnue-là ! Il n'y a «pie ceux (jui ignorent l'histoire qui pui.s.sent rester ingrats, ^ l'égard de celui qui en se farsanl connaître à eux en ce jour, les a délivrés de la barbarie. Quel enfant que Celui (pii couché dans une pauvre crèehe, donne ses ordres et aux anges et aux astres !
La hunîére de l'éloile qui frappe les yeux des .Mages en observation du mouveuu'ni célesle. n'est que la figure de la lumière intérieure qui leur fait comprendre que le Messie annoncé et attendu des sièeles, est enfin venu. Les rayons île l'élnil." se diii^MMut vers la Judée, ils devinent que c'est là qu'ils trouveront le s;ilul «les uaiions, aussitôt ils se mettent en route pour le découvrir. Bien ne les arrête, ni la route à parcourir, ni les soins de leur royaume, ni la pensée qu'on se rira peut-être de leur crédulité. Ils partent. Par là. ils condamnent ceux qui, pressés par la grâce de chercher Dieu, se laissent vaincre par la paresse, les intérêts humains, el relanlent toujours leur retour à Dieu et l'affaire de leur salut... Qu'ils craignent de tomber sous le «-nup He eette Tnennee. f/u(pretis me et non inrenietis, ces fatix sages qui
s délibèrent et n'agissent jauutis. (ihenher Dieu mettre en route dans la voie du bien. Ambulate duin lucvnt Jui/x'fia, nous avons plus de lumières que les .Mages, ut non vos tene.bnr cumprrliemtant .
I,. V ' ■ ■ ' 'ladilion a conservé leur nom : (las-
ii.u et ils arrivent à Jérusalem : mais
là 1 ciMiii- Mi^iMiiii ij , r iM.iii irur fiti. sielle eut été rhancelanle !
mais ils n'en sont pas .s. l'uisque ce roi naît en Judée, les Juifs,
pensent ils, finivoni uutu.v . .MiLiilre qu'eux la merveille qu'ils viennent contemf>lcr eux tm-roes rie si |r)in. Ils demiindcnl donc où est né le roi «les Juifs. Vidinius fin/n stellam ejus in oriente et vcnimus ndnrare etnn <> qui fait leur joie, trouble l'àme du roi Ilérode.qui apprend leur anivii- cl \r init
de leiii- viiN IL'.' cl ujet en en mi imilc ];i villr ,\r Jérusalem. ILt."! ir. ; f
les 1 Ires el h et il leur de:
nn\'>\ Miifs. Les i ^ : > lamain, ils i' . . ■•
d'après le» prophétie», c'est a Bethléem qu il doit naître. Les Ma^vt* s«>nt ra»-
006 FÊTES DK NOTRE-SElGNBi;n
sures et prMs h ko remettre en roule; mais Ht'rode les fait appeler en secret avant leur dt'part. les interroge minulieusement sur l'époque où l'étoile leur est apparue, puis les congédie en leur recommandant (le chercher avec soin l'enfant qui vient de naître, de l'informer de leur découverte afin, soidisant, cpi'il puisse aller aussi l'adorer lui-nu'^me. On sait ce uu'il en pensait. Que d'enseignements dans ce récit évangélique! l-es Mages n avant plus 1 ctoile pour les guider vont consulter les prêtres. Tel est l'ordre de la Providence. (Juand Dieu ne nous manifeste pas directement et clairement sa volonté, quand notre esprit est oi)scurci pai' les ténèbres, quand lagrAce n'agit pas en nous d'une manière sensible, nous n'avons d'autre moyen que de recourir à ceux qu'il a établis pour être nos guides. Le respect humain ne les arrête pas; ils n'ont pas peur de dire non seulement aux prêtres, mais encore à llérode et à toute sa cour, pourquoi ils sont venus. Les prêtres juifs, comme beaucoup d'indilTérenls de nos jours, savent bien où le Messie est né ; mais ils ne se mettent pas en peine de l'adorer ; les Juifs les imitent. C'était pourtant làla nation choisie. Kirange abus des dons de Dieu! il rend ceux qui en sont coupables pires que des inlïdèles. VA c'est pourquoi .Notre- Seigneur dira plus lard : Ma/heur à foi, Corozaïn l'MuUteur à foi. Bef/isaîda ! car si fie semblables prodif/es avaient été faits en faveur de ces villes, elles eussent fait pénitence dans le sac et dans la cendre. .\h ! si les sauvages de l'Afrique et de l'.Amérinue avaient les secours religieux que nous avons, avec quelle fidélité et quelle reconnaissance ils pratiqueraient notre religion sainte ! Dieu abandonna les Juifs indifférents. Tremblons qu'il ne nous abandonne. Atiferefur a vobis regnum cœlorum et dabifur yenti facienti frucfiis ejus. (Mat., xxi, 43.) — L'indilTérence des Juifs et de leurs prêtres eux-mêmes ne déconcerte pas les Mages, ils pressentent déj}\ ce que le Sauveur dira plus tard : Les pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse, faites ce qu'ils vous lisent ; mais ne faites pas ce qu'ils font. Hérode,' lui, tremble déjà pour sa couronne et il s'informe du lieu de la naissance de l'enfant, ce n'est pas pour l'adorer, c'est pour le faire mourir. C'est l'histoire de Jésus-Christ jusqu'à la fin des temps. Ce divin Sauveur, ce roi immortel des siècles, rencontrera toujours des indifférents comme les Juifs et des persécutetws comme Hérode, mais aussi de vrais adorateui-s comme les Mages. Les rois de l'Arabie se remettent en route ; et l'étoile reparait pour les guiiler. Quelle joie quand de nouveau ils l'aperçoivent !.. Les lumièrts de la grAce, un moment voilées, brillent bientôt après aux yeux des iVmes dociles à la voix de ceux qui ont charge de les conduire. L'étoile qui les précède s'arrête sur la demeure où repose l'Knfant. Ils se trouvent donc en face de cette étable abandonnée. Quel palais pour celui qu'ils viennent adorer, quelle épreuve pour une foi moins robuste ! Ils entrent dans ce réduit si pauvre et ils trouven', l'Lnfant avec Marie, sa Mère, l'Lnfant ayant pour berceau une crèche, et sa .Mère, pauvre, modeste et timide, veillant à ses côtés. Qu'eût fait un esprit fort à cette vue? Il ne fût pas entré dans cette masure où il aurait été convaincu de ne rien trouver à sa hauteur, ou s'il eût daigné en franchir le seuil, il se serait retiré après avoir jeté un regard de dédain sur ces pauvres habitants. L'orgueil aveugle ; car Dieu résiste aux superbes, et ne donne qu'aux humbles les divines lumières de sa grâce. Les Mages, dociles à l'action divine, ont compris que c'était bien là le palais que devait choisir celui qui venait nous prêcher le mépris des grandeurs de ce monde, que cette paille, cette crèche, ce pauvre réduit convenaient bien à celui qui venait nous guérir de l'attache aux biens lerrestreset delà sensualité qui nousperdent .La foi dont les clartés sont plus vives que celle de l'étoile qui les a guidés, leur découvre les abîmes de la puissance, de la sagesse, de la miséricorde de Dieu, accomplis sur la terre dans l'Incarnation de son divin Fils. Et procidentes adoraverunt eum. Ils se prosternent et ils adorent. 0 Jésus, ô Dieu anéanti pour l'amour de nous, que vous êtes grand, puisque vous voyez se courber devant vous les rois venus de loin. Les humiliations de votre mort seront vite effacées par les gloires devotre résurrection! mais celles de votre naissance le sont dès maintenant par l'adoration des bergers, et surtout des Mages et des anges euxmêmes. Là où le mondain ne voit que faiblesse, j'admire Celui qui est la vertu et la sagesse de Dieu. Dei virfutem et Dei sapientiam. Vous êtes un
HPIPHANIB 967
Taible enfant, et de vos mains débiles vous soutenez une étoile dans les airs. Dans voti "' ' i\ vous mettez en émoi Hérode sur son trône et toute sa rapilale. <'z à vous et vous touchez les cœtws. Oh! vous êtes vrai-
ment le vm us .luiis. Les Mages sont frappés par les grandeurs de ce Dieu qui se cache; et ils adorent intérieurement celui devant lequel ils se prosternent. Quelle est leur reconnaissance pour le bienfait qu'ils ont reçu! Les premiers ils ont découvert ce Sauveur du monde encore inconnu même à son
fieuple. 1!? v.Mii.nnt aussitôt lui témoigner leur foi et leur gratitude en lui olrant des de lencens connue à un Dieti, de l'or comme à un roi,
de la mvi . .. aie <\ un howmc. On se servait on effet de cette substance
pour eiiiliaumpr les corps. Mais ces présents figurent les dispositions de leurs Ames; ronoons, le parfum de letir prière; l'or, la charité ou l'amour; la myrrhe, la uiortification chrétienne que le spectacle de la pauvreté de Bethléem leur faisait prendre la résolution de pratiquer.
Kn effet, avertis en songe de ne pas repasser vers Hérode, ils s'en retournèrent dans leur patrie par un autre chemin. Ils entrent à partir de cette visite faite à la crèche, dans une voie nouvelle, voie d'expiation pour leurs péchés, voie d'éloignement de ce qui pourrait leur faire perdre le trésor de la loi où ils ont puisé abondamment. Désormais, non seulement ils croiront, mî»is p)u« «ard. lisseront baptisés, ils deviendront .Vpùtres de leurs peuples ; 11? comme des saints, et on vénère leurs reliques à Colont été transportés.
on lO jour, à l'enfant de la crèche les mêmes présents que les ^ i- de la charité, de l'amour de Dieu et du prochain, l'encens d'une
'ente, la mvrrhe d'un cœur contrit et prêt au sacrifice. Et en quitmt Lieu, retournons par un autre chemin; désertons les voies de I : [il., que condamne notre foi. Quelle ingratitude envers Dieu qui a fait 1 !!'■ sur nous cette divine lumière, de ne pas vivre selon les maximes de i; .M,.;i.. ! Kloignons-nous des occasions de péché que nous avons recherjuici. Et par la parole et par l'exemple, sovons Apôtres au milieu
res.
il<M). filtre pliin. — La conduite des Mages offre un remède. 1. à l'in-
il: tT'''r>',i< ^■ ifr notre sièrte. !<> Ils observent le ciel et recherchent les choses
s se mettent en route, dès (|ue parait l'étoile, et qu'ils connais-
:ns de Dieu. 3" Ils font les sacrifices d'un long voyage pour
qu'ils sont loin d'eux les indifférents <jui ne s'occupent
snlul,qui méprisent les inspirations de la gnVce et les
wc.o, remettant toujours à plus tard do s'occuper de
ne sachant faire aucun sacrifice pour Dieu ! Qu'il est
a craindri' qu il Uf it assissent pas à le trouver.
M. A l'im-rèitulité. t'' Ils interrogent et croient les prêtres dépositaires des
'ires. 2" Le mauvais exemple qu'ils en reçoivent ne les ébranle pas.
trnuvonf l'Enfant dp Ucibléem et le jugent non par les sens, mais par
lenl. L"incré<lule ne rroit (pi'A sa raison. I- tant de passions. L'autorité n'est rien
' ■ pr son impiété, (^onime si la
!'• de ceux qui la prêchent.
.. ,..,..,..(///i muta animalia nonint
priifo^sinn de Fnï t" \]< iir-iiMil jo \]f{
^ ne ., -sf a Il ni pour leurs trëres.
.\yons la foi ; sans elle il • i Dieu; mais la foi ne
suffit pas sans les œuvres. M > qui ne font rien pour
leur salut. Donc des œuvres saintes, la charité, la prière, la mortification chrétienne.
fun. Antre plan, d'apr^t le P. Lf Jeune.
!'hi ett qui natu$ eft rex Jud(Kirum. Om trop peu dire, il est le roi do eiet et de U urre. Rez regum et Dominut dominantium. Roi eo s» divtaiid, roi en loo hana*
^ilf Mrs s
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•j sens : «/..-. ,.„,.,.
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1 i.liis /'..
968 FÊTES DE NOTRB-SBISNEUR
nilé ; et. certes, ta royaoté est bien rDpérieore à celle des grands de la terre : I. Par les droits qui l'établissent. II. Par sa durée. III. Par la manière dont elle s'exerce. IV, Par son élerdtie.
I. Droits qui rélabliffcnt. Les autres rois n'ont orlinairement qu'un titre, ei ce litre peut <*ire us-uipé. Jé»us-Clirit.l les a tous. Saint Jian dii qu'il a f>ur sa l^le beaucoup de diadème.* parce qu'il a plusieurs droits à régner. Droit de création, de conservation droit de conquête, car il nous a conquis sur le démon, droit de rédemption.
II. Durée. Les princes de la terre peuvent être entravés dans leurs droits, soit par leur minorité, soit parla rébellion de leurs sujets, soit par l'invasion étrangère, soit surtout par la mort Le sable du sépulcre a le même effet sur eux que le sable du rivage sur la mer, usque hue renies. De tant de rois qui ont porté la couronne de France, pas un n'a régné qualie-vingts ans; parmi les papes qui ont tenu le siège apostolique, pas un ne l'a tenu trente ans. La royauté de Jésus est solde, ferme, permanente, continuelle et éternelle: elle n'a point d'interrègne, point d'interruption, rien ne peut en interdire l'exercice, ni la suspendre tant soit peu ; ceux qui tâchent de ravirla vie à Jésus dans son enfance, ceux qui en effet la lui ravisaient à 3;i ans, ne peuvent lui ravir la royauté, il la conserve et l'exerce toujours, même quand il ne conserve pas la vie. Ainsi nous voyons qu'en son bas âge et pendant sa minorité, il est proclamé roi, et cela même par les rots, ubi est qui natufesl rex? Il exerce sur eux sa puissance, il les attire de l'Orieni, il les fait prosterner à ses pieds, il les contraint par une douce violence de lui rendre hommage comme à <eur souverain, à lui payer tribut, à le reconnaître par l'oflredel'or et «tes autres présents; et en ce même étal, il montre que c'est de lui qu'on a dit, lertihilis ci qui aufert spiritum prtncipum, terrihtli.i apud reges terne. Il se lait redouter de Ilerode ; voulant, dès sa nausance, fane paralne un rayon de sa grandeur, et faire sentir aux grands sa secrète puissance, cachée dans sa crèche, rouis qui paraîtra un jour à leur élonnement, quand il sera surson trône de gloire : si tanlum terruit cuna ragientis, quid facicl tribunal judicantisl (S Aug.) El pendant sa vie, payant le tribut au roi de la terre, pour ne pas donner mauvais exemple, il déclare expressément que ce n'est pas par devoir, et qu'il n'y est pas obligé, puisqu'il est Fils du Roi suprême, et même le Hoi des rois. 11 paie le tribut, mais par miracle, faisant trouver la pièce de monnaie dans la gueu'e d'un poisson, afin de relevât l'hommage qu'il rend au prince temporel par un effet de la puissance et de l'autorité qu'il exerce sur la mer, comme roi de tous les éléments. Mourant, jI se fait prodamer roi en la mort même, et fait que le juge qui le condamne, devient le hérhul de sa royauté, mettant ce titre sur la croix, en trois diverses langues: Jésus Nazarenus, rex; et en cet état de souffrance, ne voulant produire aui-un (-net de sa souveraineté sur les hommes, afin d'endurer par eux et pour eux, il en produit sur les créatures insensibles êi inanimées, il fait fendre les rochers, il ouvre les sépulcres, il rompt le voile du temple, il couvre l'air de ténèbres, il ravit la lumière au &oleil, il marque sa souveraineté en la terre et au ciel, lors même qu'on lui ravit la vie qui est la lumière et la merveille du ciel et de la terre. Après sa mort et son ascension glorieuse, son Père le fait asseoira sa droite, liegnum tuum regnum omnium sa'cutorum.
III. Manière de régner. Les autres lois ft>ni des volumes de lois. I» Dieu n'a que quelques commandements qui, bien observés, feraient de la terre un paradis 2» Les rois commandent impérieusement; N.-S. commande avec douceur et en ami. Audi populus meus et loquar. 3» La justice des princes est roanchotie ; elle n'a que la mam gauche pour punir le coupable, elle ne réc< mpense pas la venu. 4» Les autres surchargent leurs sujets d'impôl^. Leur fortune s'élève avec le tribut qu'ils prélèvent sur leurs sujets. Jésus b'esl appauvri et s'est anéanti ;il a épui.«é ses veines et versé tout son sang pour enrichir ses sujets. Vrêpter nos egenus faclus est cum essct dires. C'est à lui, non pas à Tite, que convient l'êpiihéte de délices du genre humain. Cet empereur était ainsi surnommé, parce qu'il ne passait pas un seul jour sans faire du bien à quelqu'un. Jésus ne passe pas un jour, une heure et on moment sans faire du bien, non à quelqu'un, mais à chacun de ses sujets : Venile ad me, omnes qui laboratis.
ly. Etendu du royaume. Les autres rois ne régnent que dans quelque coin du monde; ils ne commandent qu'à une parité des hommes; et Jésus est le Hoi de l'univers, le monarque du ciel et de la terre ; les autres rois sont ses vassaux. David, le roi des prophètes et le prophète des rois, l'a prédit bien expressément ; car. au psaume soixante et onze, après avoir dit que les rois de Tharse et d'Arabie, et les princes d'Orient apporteraient des piésenis à Jésus, il ajoute qu'à leur exemple tous les autres rois de la terre le viendraient adorer: Hiyes 2'harsis et insulœ munera o/ferent et adorabunt eum omnes reges terrœ.
Quand je m'applique à feuilleter les annales ecclésiastiques, je vois celte prophétie accomplie à la lettre; je trouve que de siècle en siècle, quelques rois à l'exemple de ces irois rois, ou au moins quelques souverains, ont adoré le Fils de Dieu, ont rendu hommage au Pape son vicaire, ont mis leur couronne et leur royaume aux pieds de l'Eglise son épouse.
Dans l'univers entier, N.-S. a des sujets et même des rois qui lui sont fidèles. Voilà donc la prophétie accomplie ; mais ce qu'elle ajoute me tait saigner le cœur : omnei geutes sertient ei. Cela ne se vérifie pas en vous, Jésus-Christ n'est pas votre roi, il
ÉI'iPHANlB 969
js'ii ri, uni d'empire sur TOUS ; car qu^i devoir, qup) honaeor e( quelle obéissance lai
? Si vous êtes en la chambre du roi, c'e«l avec on grand re5pect, avec on
; ce et avec crainte de commettre la muindre inconvenance ; si vous êtes en
son de Dieu, en sa présence et sons ses yeux vous commettez toute
e avezvous pour ses divines lois t que' est 4e seigneur de village, le ( ige qu'on voulût offenser, comme on le fait tous les jours envers ce
^ -;ihèroes. etc.
ii en ta puur qui il n'est pas RotL Ils disent comme les Juifs : Nolumus hune super nos. Us démentent loas le* jours cl qu'ils croient. Jesum Ckristum, Dominum nostrum. Et u 1 des tyrans et ils vérifient la par>le du Saint-
Esprit: Ko , ■ ) Dec tuo in gaudio ... j?rr»>s inimico tua in
famé, in si^.. .. .. . . pen'irid.et ponet jagum ferreum super cerci-
cem tuam, donec te conterat. (I)eut. i8, 47, 48.)
Et quand cela ne serait pa», vous êtes esclave de votre passion, il n'en faat point
-^. Quan<i un homme est adonné à la luxure, à l'ivrognerie on à
- pas qu'il est sujet aux femmes, au vin ou à l'argent f Voyez : il
i<! sujei ! VU!- eu-^ ij'jnc sujet et esclave de la plu* vile, abjecte, honteuse, infâme, et
ruelle serviimie qui se puisse imaginer, si vile et si infâme que vous avez honte de
.'«Tvir un tel maître ;elsi vous avez quelque reste de pudeur, vous rougissez quand on
ne vous êtes 8uj« l à l'envie, à la flatterie ou à l'ambition ; et si vous éti^z affranchi
^re passion, et si vous regardiez ce que vous aimez sans les fausses lunettes qu'elle
levant les yeux, vous auriez horreur de vous-même, vous mourriez de dépit et
n d*^ vous voir assujetti à un peu de b^ue, à une vile créature ; cette ser-
,nu it <:--> ^ruelle.
Vous savez que servant un tel maître vous ne gagnez que l'enfer, vous n'avez pas an jcur de vrai repos ni une heure rie solide contentement ; vous savez que vous êtes bourrelé par les furies de votre conscience, par l'appréhension de la mort, par la crainte de la damnation, par la prévoyance de l'éternité malheureuse et par la vue de l'inconst ..rtalilé des créai;. .dus aimez.
'- : Venez à moi. \ ; travaillez et je vous soulagerai . Vende ad me,
L,... , . ego reficiam ces. - - ne k lui, priez-le de vous décharger de ce joug pesant, car lui st-al peut vous affranchir de cette cruelle servitude et vous délivrer de la tyrannie de vos passions; offrez-lui à cet effet, avec ces dévols princes, l'ur, la myrrhe et l'encens.
Offrez-lui an pea d'or, ou au moins un peu d'argent, mettez votre argent i ses pieds,
i' - •' *■'■- ..;.... P....I..A 1 .,, ,..o^. de Jésus-Chnsl, dit S. Augustin, sont les
dans la boue: ce qni vous est sup<>iflu est 1 ua lita, pedibus bomini sunt necesaaria.
Jé^us a (uaioienaut (loiti aux pied«, refu.-.rrez-vous de les lai réchauffer T Tant de linge, d'habits et de couvertures qui $ont inutiles dans vos maisons, que vous réservez à des héniit-rs qui ne vous en sauront punt de gré, seraient bien nécessaires aax pieds de Jésus (Ihnst. aux pauvres qui meurent de faim et de fioid. nT.pyii.j l'encens d'une feiven'e prière : /^«n^a/ur orafio mea sicut incensum; :ie en haut comme la fumée des parfumt» du temple, qui n'était point agitée ir le vent ; que vot'e pnere ne demande point les honneurs, la santé ni les b.eii» iciuporel.», mais l»ieu seulement et sa grâce. Offrez-lui la myrihe de la tion; il y en a de deux si. ne», l'une que l'arbre j-iie lui même sans être e:
, • • ■ - • - ■■ -^t. lé ; l'autre -•■■' '■■•■"" ■■•■■■ — ■"■■" et ceiic m^. ,.,. ,-<;
il y a di .renons de nous-
• \ des di8ci| fort précieuse et
agic«l>le a lîiéu. une oiortilicalion très mCriioire qui n ull«<biiia puini voire corps. ()ni
n'in'<^rp«<erii point voire santé, ni ne diminuera y<>» hien«, >i vous vr>ns abstenez des
■ JfS (lébaoches, des mascarades et ' ' du carna-
réserve de la corruption, cette m' la corrup-
,, ... I , l,i»s I V é'n .1 il'riiilri'» nu» I» : ■ Vnie parle
initii'iire iics • "ne; les occasions en
sont friSiuenifs i<i un grand trésor; el
Jésus a pour agréitj. e on ^juanlilt;.
Hais offrons nous us mêmes et tout ce que nous sommes ; jetonsnous aux pieds •• ' - »'■— '"■ ' '■ - -■- ^' '-' '•— ■*-
leurs cssseiles
Dans laquelle n
que mon roeiir lût à ta piace de cet or, qu'il iài pur coiume ii>i, précit-ux
solide cootroe T'-r et |>os<^ nux pieda de Jésus. Mais on du que la >ainte Vin
cet or en ■ urna aux mains des « '
commun, " rceur ne 'ûi jamais
Irais don^ ... . , ii«> cette mtrihr, tout y
de me» péchés ; dm nard dit que cette myrrhe (ui empioyie a cuN-ner i««
membres tcadres et <. reolaol Jésus, et je ne mérita pas de le toucher de il
070 KÊTi;S DB NOTRE-SEIGNEUR
près. J'aillerais donc mieux que mon cœur, mon corps, mon Ame, que tout mon élre fût en la place d*» cet encens, sicut virgula fumi, que lont cela fûi brûlé, consumé, réduit en cendre et en fumée ; ou, s'il se pouvait, anéanti en l'honneur de l'enfanl Jésus, car lui seul mérite de régner, de vivre ei de subsister. Vive donc uniquemen*. et élerneilemeni ce grand Roi des rois | vive le Roi du ciel et de la terre ! vive le Roi des hommes et des anges I vive le Roi des siècles et de l'éleraiié I en un mot, Ames chrétiennes, vive Jésus t Amen. (D'après le P. Le Jeune.)