VI. — Mémoire de la Pai^sioii
2H1. — Voir méditation sur la i'assion, n'^ 1845. et les sujets traités au A'endredi Saint, n" 18t)3.
VU. — Couronne d'épines de ^otre-Seignrur.
2112. Plecte/ites coronam de spinis posuerunt super rupiit ejus. (Math., xxvii, 29.) Décrire celte scène émouvante. Jésus est flagellé : tout son corps est meurtri ; il ne laul pas qu'on lui laisse ime place saine. Ils prennent donc des branches épineuses et en tressent une couronne qu'ils enfoncent sans pitié sur la tète auguste du Fils de Dieu.
I. C'est là un inijstère: 1" De douleur. Ces épines déchirent le front du Sauveur, et font couler le sang que la llagellation n'a pas épuisé. Ce sang adorable lui inonde le visage cl lui remplit les veux. Ce tourment inouï que les Caligula et les Néron n'employèrent jamais contre les martyrs, Jésus l'a subi non seulement au moment où il lui fui iniligé, et pendant les cruelles Ijcures où les bourreaux s'artiiant d'une canne de jonc le frappaient sur la tèle ; mais pendant tout le portement de la croix jusfpi'à sa mort. Quelles douleurs, quand le fardeau de la croix reposait sur ses épines, quand il tombait à terre avec cette ceinture douloureuse au front ! 0 terre, maudite de Dieu, qui avez produit de telles épines, vous êtes l'image de nos Ames qui ont produit les fruits amers du péché ; c'est pour expier ces péchés que Jésus a tant soulTert !
2*> D'humiliation. C'est pour insulter à la royauté du Sauveur que les soldats le traitent de la sorte. A un roi il faut une couronne; et il méritait ime couronne de gloire ; mais ces cruels lui en donnent une d'épines: ils le soufflettent, ils se moquent de lui. Alors s'accomplit la parole du Prophète : Non est species ei neque décor; et vidimus eum et non erat adspectus. Despectum et novissimum virorum. Quasi absconditus vultus ejus et despectus, unde necreputavimus eum, quasi leprosum percussum a Deoet humiliatum. (Is., LUI, 2, 3, 4.)
2113. II. Quels enseif/nements dfins ce mystère ! i» /laine du péché. Vulneratus est propter iniquitates nostras, dit Isaie dans le même chapitre. Les douleurs de cette tète auguste expient surtout les péchés commis par la notre : l'incrédulité de notre esprit, nos pensées perverses, notre orgueil, la vanité dont nous couvrons notre front. Regardons le Sauveur dans cet état, incrédules, orgueilleux, etc., laissons-nous attendrir et donnons-lui une larme de compassion ; à nos péchés, une larme de repentir !
- 2» Mortification. Pudeut sub spinoso rapite tnembrum fieri delicatum. Nous ne savons rien souffrir, ni nous imposer aucime pénitence, nous les vrais coupables, pendant que cette innocente victime endure tant et de si cruels tourments!
30 Humilité. Héraclius déposa son diadème pour porter la croix du Sauveur; et nous nous couronnons d'orgueil, de vanité, de fleurs, pendant que Jésus est couronné d'épines 1
Mes Frères, ces épines de Jésus sont faites pour nous mériter une couronne de gloire dans le ciel, à la condition de renoncer au péché, d'en faire pénitence, de nous humilier afin d'être exaltés un jour. Que. préférez-vous ? Vous couronner de fleurs avec les pécheurs, ou d'é[)inesavec Notrc-Seigneur ? Pans le premier cas iiiii.l.lo/ .lo <:rn.i.,,rtnr ]cs humiliations des réprouvés.
CUtKUNNK U Kl'iMI.S IM-. No i lu-.-StJtiNEL'ft 975
l»;ins le second, espérez fermement la couronne de. gloire que je vous souhaite.
2114. Antre plan. ViJete. fitiœ Sion,regem Salomonem in diademate, (Ca.vt., m, 11.) i,a ooiironno convient: !<> mue rois, comme le signe de leur dignité supn^me, et Jésusvîst le Roi des rois, le Roi du ciel et de la terre (4).
2« .-1m sacerdoce. Le Cirand-Pri^lre la portait. Le Pape porte la tiare; l'Evêque, la mitre ; le prôtre, la tonsure qui est une couronne. Jésus est le vrai Pontife de la loi nouvelle, et tous les autres pontifes et prêtres n'ont [u'une participation de son divin sacerdoce.
Il" Aiu; vainijueurs, que l'on couronnait de laurier ; or Jésus a triomphé le la mort du péché et de l'enfer.
l ' \u. r victimes ; avant de les immoler dans les anciens sacrifices, on les '. La seule victime dont le sang ait apaisé la justice de Dieu, c'est -neur. Videte regem Salomonem. C'est pour nous qu'il a souffert, liuiuus-le, imilons-lc (2).
(1) Aussi Pilaie, qui avait tout accordé aux Juifs, mécne la mort de l'innocenl, quand et» mêmes Juifs vinrent lui faire des remontrances sur l'écriteau qu'il avait fait placer au-dessu* de la croix : Jésus de Xazare h, roi des Juifs, refusa- l-il obstinément de le faire changer, malgré leurs instances ; Quod scripsi scripsi. Ce fut par un dessein de Dieu que Pilate consacra ainsi la royauté du Sauveur et de la même manière que CaTphe avait prédit qu'il fallait qu'un homme mourût pour le peuple ; et les soldats, sans s'en douter, en tressant une couronne d'épines pour insulter le Sauveur, avaient préparé sans le vouloir le Jugement de Pilate.
Chose merveilleuse : les mêmes choses par ou les persécuteurs de notre divin Maître croyaient le déshonorer, ont été les marques les plus naturelles de sa souveraineté et ont servi k nous en donner l'idée la plus convenable. Prenez garde, ils l'ont couronné d'épines- à qui '■"■' - ■•- nne pouvait-elle mieux convenir qu'à Celui qui devait être le Roi des Ames - et qui ne voulait à sa suite que des suji'ts préparés à la
douleur, aux per>i lu marlyrt ? Une couronne de Heurs lui eût-elle êié propre,
et Cfs épines u'expriiii<iieni-eiles pas le vrai caractère de sa dignué royale ? En effet. Chrétiens, c'e&t ceite couronpe d'épines que toute la terre a révérée: c'est pour cette couronne d'epiaes que les piinces et les plus grand^^ monarques ont témoigné tant de lèie et tant de piété, armant des 11 iites entières ei passant les mers, s'expo^ant à mille périls et regardant comme une précieuse conquête de l'enlever à des peuples infidèles : c'est cette couronne d épmes qu'ils ont rapportée dans leurs Etats et qu'ils y ont conservée comme le plus riche trésor : c'est cette coaronne d'épines qui a fait les délices des Saints et tonte leur gloire.
(?j Lorsque la sainte couronne d'épines, engagée aux Vénitiens, sortit de Constantinople, les habitants fondirent en larmes et éclatèrent en sanglots; ils la suivirent
ngtemps des yeux, et après l'embarquement du tré'<or qu'ils perdaient, ils demeurèrent ificunsolabics. Le vaisseau qui la portait à Venise échappa aux pièges des Grecs et aux dangers de la mer, et pendant tout le temps qu'on fut en ruute pour l'apporter de Venise A Pari<, quoique le ciel fût extrêmement chargé et qu'il plût souveni, il ne ;ias néanmoins une goutte de pluie sur ceux qui la portaient ou l'accompagnaient, parut vraiment miraculeux. Il est impossible de dire tout ce que saint Louis, la rené et les illustres personnages de leur suite, poussèrent de tendres soupirs et versèrent de larmes à la rencontre et à la vue de la sainte relique. La châsse exiérieure êimi M^ ti.i* ..f r»nf..,m-i,i ..iiirA leg tceaux qo'on trouva entiers, la botte d'argent qui ( tau la sainte couronne. Le roi ne voulut partager
<, .;e de la porter dans la ville de Sens et ensuite dans
< leatire du .saint mi avait pas^é dans tous les cœurs, et (oui le
I' né et les fidèles >e pn^cipiUient en f luIe devant la relique. Saint