‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 265 sur 416 · Ht · texte numérisé non relu

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FKTES DÉ NOTRE-SElOÎ^EÛft

Grand, qui ne souffre rien qui l'égale, qui laisse tellement au-dessous de lui tout ce

Îu'on pourrait lui comparer, qu'il se fait, aekm l'expression de Trrtullien, une solitude e la singularité iIr son excellence, celui dont on se représente la majesté iniinie, cachée dans sa propre gloire, séparée de toutes choses, ne ressemblant en rieo aux grandeurs humaines uii il y a toujours quelque faiblp, de telle sftrte que ce qui s'élève d'un côté s'abaisse d** l'autre ; celui qui de tuus côtés est également haut, grand et inaccessible, sort de sa soluude pi.urse faire des corapajjnons et encore quels compagnons T des hommes mortels et pécheurs. Il ne s'est point arrêté aux anges, qui sont d'une nature plus voisine de la sienne: franchissant les montagnes, il a pris la nature humaine reléguée aux plus bas élagfs de l'univers et qui avait encore apporté l'éloignemenl du péché, à l'inégalité de sa condition : il l'a prise en corps et en âme; enfin ce Uieu, en se faisant homme, afin que nous entrions en société avec lui, est venu traiter d'égal à égal avec nous, pour que nous puissions traiier d'égal k égal avec lui. Aon est alia natio tam grandis quœ hnbeat heos appropinqunnles sihi... CDeul., iv, 7.) Quel bonheur pour notre nature ; mais quelle gloire pour Marie, qu'il se donne à nous par son entremise !

C'est un tiait merveilleux de roiséncorde, que la promesse de notre salut se trouve presque aussi ancienne que la sentence de notre mort, et qu'un même jour ait été témoin de la chute de nos premiers pères et du rétablissement de leur espt^rance. Nous voyons, en la Genèse, que Dieu, en nous condamnant à la serviiud»*, nous promet en même temps le Libérateur (Gènes., m, ibr, en prononçant la malédiction contre nous, il prédit au serpent qui nous a trompés, que sa léte sera bris<ée ; c'est-à-dire que son empire sera renversé, et que nous serons délivrés de sa tyrannie : les menaces et les promesses se louchent, la lumière de la faveur nous p»ratl dans le feu même de la colère ; afin que nous entendions, Chiéiiens, que D<eu se fûche contre nous, ainsi qu'un bon père qui, dans les sentiments les plus vifs d'une juste indignation, ne peut oublier ses miséricordes, ni retenir les effets de sa tendrt-sse. Bien plus, ô incomparable bonté! Adam même qui nous a perdus, et Eve, qui est la source de notre misère, nous sont représentés dans les Saintes Lettres, comme des images vivantes des mystères qui nous sanctifient : Jésus-Christ ne l'édaigne pas de s'appe'er le nouvel Adam. Marie, sa digne Mère, est la nouvelle Eve : et par un secret inefTdble, nous voyons noire réparation flgurôe même dans les auteurs de notre ruine.

Le diable se déclarant le rival de Dieu, a voulu s'assujettir son image; et Dieu aussi devenu jaloux, se déclarant le rival du diable, a voulu regagner son image, et voilà jalousie contre jalousie, émulation contre émulation. Or. le principal elTft de l'émulation, c'est de nous inspirer un certain désir de l'emporter sur notre adversaire dans les choses où il fait son f'>ri, et où il croit avoir le plus d'avantage. C'est ainsi que nous lui faisons sentir s;i faiblesse; et c'est le dessein que s'est proposé la miséricordieuse émulation du lîrparateur de notre nature. Pour confondre l'audace de noire ennemi, il fait Il innpr à notre salut tout ce que le diable a employé à notre ruine, il renverse tous ses desst ns sur sa tôte, il l'accable de ses propres machines, et il imprime la marque de sa victoire partout où il voit quelque caractère de son rival impuissant. Et d'où vient cela? C'est qu'il est jaloux et pres>é d'une charitable émulation. C'est pourquoi la foi nous enseigne que si un homme nous perd, un homme nous sauve ; la mort règne dans la race d'Adam, c'est de la race d'Adam que la vie est née ; Dieu fait servir de remède à notre péché la mort, qui en était la punition ,* l'arbre nous tue, l'arbre nous guérit; et, pour accomplir toutes choses, nous voyons dans l'Eucharistie qu'un manger salutaire répare le mal qu'un manger téméraire avait fait ; l'émulation de Dieu a fait cet ouvrage.

Et si vous me demandez, Chrétiens, d'où lui vient cette émulation contre sa créature impuissante, je vous répondrai en un mol qu'elle vient d'un amour extrême pour le genre humain. Pour relever notre courage abattu, il se platt à nous faire voir toutes Ip-s forces de notre ennemi renversées; et voulant nous faire sentir que nous sommes véntableinent rétablis, il nous montre tous les instruments de notre malheur miséncordieusement employés au ministère de notre salut : telle est l'émulation du Dieu des armées. Et de là vient que nos anciens Pères, voyant par une induction si universelle, que Dieu s'est résolument attaché à opérer notre bonheur par les mêmes choses qui ont été le principe de notre perte, en ont tiré cette conséquence : Si lel est le dessein de Dieu, que tout ce qui a eu part à notre ruine doit coopérer à noire salut, puisque les deux ntervenus en la dé.'^olation de notre nature, il fallait qu'ils se trouvassent en '■ ; et parce que le genre humain est orécipiié à la d^mnallon éternelle par

-• li par un" femme, i| était certainement convenable que Dieu préd>'stinât une

nouvelle Eve aussi bien qu'un nouvel A lam ; afin de oonner à la terre, au lieu de la race ancienne qui avait été condamnée, une nouvelle postérité qui fût sanctifiée par la grâce.

Les saints Pères non» enseignent que. de même qoe le Sauveur prend le titre de second Adam. Marie sans difriciiiié est la nouvelle Eve: il s'ensuit invinciblement que, de même ijue la première Eve est la mère de tous les mortels, la seconde, qui est Marie, est la Mère de tous les vivants, selon la pensée de saint Epiphane, c'esl-à dire de tous les fidèles. L'ouvrage de notre corruption commence par Eve, l'ouvrage de la réparation par Marie ; la parole de mort est portée à Eve, la parole de vie à la Sainte

l'incarna I H '.> 995

Vierge ; Eve élail vierge encore, et Marie est vierge ; Eve encore vierge avait son époax , et Marie, la Vierge des vier>;>>3. a aussi In sien; la noiié'liclion est donnée & Eve, la béoédiciion à Marie Beneâtcia tu tnter muUeres (Loc. i, 4i).

y'ous êtes bénie entre toutes les femmes. U'i ange d^s léoèbres s'adresse à Eve, on ange d«* lunnèrr uane a Marie ; l'aosîe de lénfbres veut élever Eve à une fau'tse i^randear en lai faisaoi alT-'cter la divinité : Vous serez comme des dieux rGstEs. m, 5), lui dit-il ; l'ange de lumière établit Marie dans la véritable grxndfur pur une sainte sociéié avec Dieu : Le Seigneur est arec vous, lui dit Gabriel ^ oc. i. :28); rang<> de ténèbres par< lant à Eve, lui inspire un de.tsem de rébellion: Pouiquoi est-o** que Dieu vous a commandé de ne point manger de ce fruii si beau? (Gkivks., m. i.) L'ange de lumière pailant à Mine, lui persuade l'obéissance : A'e craignez point, Marie, lui dii-il, et... rien n'es< impossible au Seigneur (lfSc.,\,SO, Ht , bvecruii au serpent, et Marie à l'ange; ds sorte, du Tenullien. qu'une fui pieuse elTace la faute d'une téméraire crédulité, et Marie répare, cruysni â Dieu, ce qu'Eve a gâié en croyant au diable Quod illa credendo deliquit, hœc credtudo delevit. Enfin, pour achevtr le mystère, Eve séduite par le démon est contrainte de fuir devant la face de Dieu, et Marie insiruile par l'angi; est digne de porter Dieu: Eve nous ayant présenté le fruit de mort, Marie nous présente le vrai fruit lie vie; afln, dit saint Irénée, écoutez les paroles de ce grand martyr, afin qoe la Ver;:.? Marie fût l'avocate de la vierge Eve; Ut virginij Evœ Virgo Maria fleret fi •■'■■■ '' '

rt si exact n'est point une invention de l'esprit humain. Après cela, on ne I que Marie ne soit l'Eve bienheureuse de la nouvelle alliance et la mère du

nouveau peuple, qu'elle n'ait la même part À notre salut qu'Eve a eue i notre ruine, c'est-A-dire la seconde après Jésns-Chnst ; et qu Eve étant la mèr^ de tous les mortels, Marie ce soit la More de tous les vivants. C'est Dieu même qui nous persuade une vérité si constante par l'ordre admirable de ses conseils très profonds, par la merveilleuse économie de tous ses desseins, par la convenance des choses si évidemment déclarée, parle rapport nécessaire de tous les mystères.

Si nous voulons connaître la fécondité de Marie, voir ce qui en a été dit, au sermon sur les Sept douleurs, de bossuet, n» iiO?.

Reconnaissons donc. Chrétiens, cette sainte et divine Mère ; voyons dans le mystère de cet'' --'■■'-^ quelle part lui donne à notre salut celte charité maternelle. Jésus est notre ire espérance. Jésus est noire force et notre cnurunne, Jésus est notre

vie et ! Mais ce Jésus que le Père veut donner au monde pour éire son salut

et sa vie, li le donne par les mains de la Sainte Vierge; elle est choisie dès l'éierniié pour être celle qui le donne aux hommes. Cette chair, qui est ma viciime, lire d'elle Son origine, on emprunte de son sacré danc le sang qui a purgé mes iniquités Et ce n'est pas asseï au l'Cre céleste de former dans les entrailles de la Sainte Vierge le trésor précieux qu'il nous communique ; il vrul qu'elle coopère par sa volonté à l'inesiimable )>résent qu'il nous fait. Car, comme Eve a iravai'lé à notre rame par une action de .1 volontt', il fallait que Marie coopérât de mém<< à notre salut. C'est pourquoi Dieu lui

1 ' ^ I 'tnge; et l'incarnaiion de son Kiis, ce grand ouvrage de sa puissance, ce mys-

t ' piéhensible qui lient depuis tant de siècles le ciel el la terre en suspens, ce

;. ..^ .•.,,.i..,.p qu'^pp^g le consentement de Marie; tant il a été nécessaire -iré son salut.

'1. I ; ! . ''>iiens, que ses premiers désirs se soient refroidis. Ah! elle

est toujours la même pour nous, elle est toujours bonne, elle est toujours Mère. Cet

amour de notre salut vit toujours en elle, et il n'est n< moins fécond, m moins eiflcace, ni

ilors. Car D:i ' nié de la Sainte

à donner mer décret ne

nous recc\ .. , „i: de sa charité.

-e que cette charité maternelle qui tait nattre, dit saint Au- • , ny.int innt conirinni* nii salut de.> homme» dans l'Incar naiMiii du ' ilans toutes les opérations de la

grâce, qui

Dotf ' ••""•■ * '- ■■'.--'■< '■• Mirie:

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que Cl 1 or-

fueil, le my.'«iéie qui Oouà rf|<are devait éire liEuvre de I liuiin.i.é , et allii que n«as vitio;:» la maUdiction An la rébellion orgueiil-'Use d'Eve, obéissons avec Jlarie, poiif être le» vé' ....,, ..,..■. . >,^,j

Je ne pu Je ne puis que m'é-

eriar avec i •*. nouK crions, nous

gémissons banma. entania d Eve ; Ad te clnmamus Car A qui

auront leur \>'}(* d'Fv^ l'exuée. sinon h la Mtc des nnre^f Rt si

t' - 'vex

-Si „,, ., estil rien de i de vos roaina )«fraitd«No t/ii, etc. 0 mer>

996 FKTKS DE NOrnE-SKmN'Rt'n

veille incompréhf^DSible des secrets de Dieu! 0 convenance de notre foi I Car c'esl l'acconlpll^aealenl du myslëre que nous recevions Jésus Christ des roams de Marie: elle nous le pré'^ente pour eniPAr en société avec nous. Vivons comme des hommes avec qui Jésus-Christ s'est assooé, pour leur apprenliv à agir d'une manière toute divine : Conversabatur Deu$ al homo dictnè agcre doceretw. (Tebtcl )

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