XIV. — Pâques. Résurrerlion <!<' ^otre-Srignvur
2I3.">. I/œc f/ies qiiam fecit Dotninus, ejciilfe/nus. C'est le jour </ue le Seifjneur a fuit, réjouissons-nous. Ce jour apporte la joie au ciel, aux ansres qui chanlenl le triompho de jN'otrc-Seij,'nciir. à Marie ilonl le cœur avait été pen-é d'un glaive au Calvaire, à la terre tout entière; l'homme voit, dans lo Fils do Dieu rossiisiité, l'espérance de sa résurrection (i).
'ii'.Hi. I. liécit (te ce mystère, i^e troisième jour après sa morl, le dimanche, qui se trouvait cette année-lA le 27 mai-s, .lésus-Chrisl ressuscita avant l'aurore ; et, en vertu de la subtilité qui est une propriété des corps glorieux, il traversa, sans la renverser, la pierre qui fermait son sépulcre, l'n ange, descendu du ciel," renversa ensuite la pierre, afin que les saintes lemmes oui devaient venir au tombeau, le trouvassent ouvert, ce qui mil en fuite les gardes épouvantés. Les saintes femmes arrivèrent, apportant des aromates pour embaumer le corps; et quel n'est pas leur élonnement, quand elles trouvent la pierre renversée, le sépulcre vide, et (ju'elles entendent dire par les anges : « 11 est ressuscité, il n'est plus ici. Allez l'annoncer à ses disciples et à Pierre. »
Kilos vont aussitôt portei' cette nouvelle â Pierre et à .Tean qui accourent. Jean, plus jeune, arrive le premier; mais tous doux ne trouvent que les linges (pii avaient enveloppé lo corps du .Sauvem-. Les lemmes, qui les avaient suivis au sépulcre, son allèrent avec eux. Madeleine demeura seidc ; et, à elle la première. Jésus apparut. Il se montra ensuite aux autres saintes femmes, puis k Pierre, puis toujours le même jour du dimanche, aux deux disci!)les d'Kmmaûs, et le soir aux Apôtres réunis. Plusieurs fois il se manifesta à eux les jours suivants, et il se Ht voir à plus de cinq cents témoins réunis. (* 0 mort, où est ta victoire ? peut chanter le Sauveur. Ln instant tu avais cru me tenir captif ; mais, de la pierre de mon sépulcre, j'ai fait l'escabeau de mes pieds pour m'élancer victorieux ! d Sur la tombe des conquérants fameux 04I lit : Hic jacet ; là il est étendu ; mais du tombeau de Jésus {lart la voix de l'ange : Il n'est pas là, il est ressuscité ! La gloire de Jésus commence là où linit celle dosJiomuios.
2rJ7. Il Enseignements de ce mystère. La résurrection de Notre-Seigneur est le prélude delà résurrection de nos corps ; quand un arbre produit des fruits, c'est une preuve qu'il en produira d'autres ; mais surtout, comme le dit saint l*aul, la résurrection de .Notre-Seigneur est le modèle de notre résurrection spirituelle : Quomodo Christas surreœit a mortuis, ita et nos in novitate vitœ am/julentus. (Ho.m. vi, i.) Or la résurrection de ?<otrc-Seigneur a été, et la nùtre doit être, réelle ci permanente.
io D'abord réelle. Le prophète Kzéchiel eut une vision, dans laquelle s'offrit à ses yeux une plaine jonchée de cadavres qui, à sa parole, se relevèrent et formèrent comme une armée. .Mais celte résurrection n'avait rien de réel. Telle ne fut pas celle de .Notre-Seigneur, dont la réalité fut prouvée : i) par les linges qui avaient enveloppé son corps, par le suaire plié et mis à côté du tombeau. La seule objection que les ennemis de notre foi pussent faire contre ce mystère, celait de dire que le corps de Notre-Seigneur avait été enlevé par ses dis.nples. Mais les linges plies étaient là comme des témoins, pour y répondre. .Si les disciples étaient venus furtivement enlever
(1) C'est en ce jour que la mission de Jésus-Christ et^t autorisée, son ministère reconnu, ses promesses cr,ntinii^es. ses prédictions accomplies, sa doctrine justifiée, tous ses travaux couronnes. Csi auj iiirdhui que les disciples chancelants se rassurent, que leur tristesse se change en joi^, que leur incrédulité est guérie, que les ennemi» de la religion sont confondus, que la Koi de tous les siècles est établie, que la vérité de nos mystères est prouvée, que l'Kgiise son avec son Libérateur triomphante du tombeau, que la docilité de tous les peuples du monde est préparée, et tous les esprits d'erreur, qui doivent s'élever un jour, convaincus de contradiction ou d'imposture. (Massillos).