PAQUES. RÉSURRECTION DE NOTRE-SEIGNEUR
meoce aujoord'bai à éir« ton Dieu. Diliges. C'est le senl tribnt digne de loi, le seul qa'il exipe. l'ii qui n'a besoin de rien ; mas p^rquelle cérénfinnie doit se faire cette contécraiiun? en faisant résonner ce nouveau leniple du cannque des louanges de Dieu, c'est-à-dire en remplinsanl d'une sainte joie toutes les puissances de noire âme.
En effei, dit saini Augustin, chacun chante ce qu'il aime; les bienheureux chantent les louanges de Dieu; ils l'aiment, parce qu'ils le voient, et ils le louent parce qu'ils l'ainenl. Leur chant vient <le la plénitude de leur joie ; et la plénitude de leui joie, de l'entière consommation de leur amour. Mais quoique noire amour soit bien éloigné de la perfection, c'e<l assez qu'il soit i»u commencement pour commencer aussi les louang<>s. L'amour affamé chante maintenant, el alors ce sera l'amour rassasié qui chantera. Modo cantat amor esuriens. tune canlahit arnor fruens. (Saint Augujttin.) Il y a l'amour qui jouit, il ya aussi l'amour qui^ésiie; el l'uo et l'autre a son chant, parce que l'un et l'autre a sa joie. La joie des bienheureux, c'est leur jouissance ; l'espérance est la joie de ceux qui voyagent, mais il faut chanter le nouveau cantique parmi nos désirs, pour le chanter dans la plénitude. Celui-i^ne fe réjouira jamais comme citoyen dans la plénitude de la joie, qui ne gémira comme voyageur dans la terveur de ses désirs (Saint Augnst.) (Notre cantique est un) cantique de joies avec un mélange de gémissements. Ce sont de ces airs mélancoliques qui ne laissent pas de toucher beaucoup.
Ce n'est pas assez que les puissances de l'Âme soient sanctifiées, il faut que les membres du corps qui ont servi à l'injustice soient désormais les instruments des vertus. Quand Uieu domine l'Ame, le corps, l'accessoire, suit le principal {comme au troiiième point du plan précédent). Venez donc, corps de péché jusqu'ici ; et comme vous avex servi au mal, soyez un instrument de salut. Ne dites pas que c'est impossible ; faites seulement pour Dieu ce que vous avez fait p:>urle plaisir, l'ambition, la vanité, le jeu. Respectez ce temple. Qu> la piire'é soit sa (rardienne, sa prêtresse. Etant toujours dans nn lemp'e. pnuvons-nous oublier la pri/reT /il templovis orare, dit saint Augustin, in te ora, donc plus rien des anciens débris du péch»-, n'en conservons pas même de souvenir, i moins que nous ne fassions comme David qui gardait pour les employer au temple du ^igneur, les dépouilles de ses ennemis vaincus. Attachons à notre mémoire une écriture éternelle de la victoire de J.-C. sur nos passions : des arcs brisés, des épées rompues, des vices arrachés, tout l'attirail de la vanité détruit pour toujours.
ît»5, IH. Entretien et embelli$xement du temple. Le renouvellement de notre vie D'est pas œuvre d'un jour, notre vie humaine commence par l'enfance et finit par la décrépitude; la vie de l'Ame va toujours en s'embellissant. et en se rajeunissant jusqu'à la mort, tout en réparant les brèches de l'infirmité aue Dieu nous a laissée, pour nous humilier leomme au troitiénu point du plnn précèdent) : ne nous lassons pas de relever DOS ruines. Allons même plus avant : cr^acit in Ifmplum sanctum Domino Le temple s'agrandit, si l'amour de Dieu sur lequel il est fondé, s'accrotl. Crescite in illo per cmnia ; n'estimons pas que tout soit fait parce que nous avons communié. Persévérons, pre- DODs-en les moyens, etc. Si nous faisons ainsi, il viendra un temps bienheureux, où Dieu, après avoir hahiié en nou», nous laissera habiter ea lui, Bcati qui habitant in domo tua. homine. in tcpcula fœculorvm latidahunt te.
{Voir la conclusion qui te trouve aux dernières lignes du sermon suivant et ne pas l omettre.)
il tO Antre plan pour le jour de Pdques, d'après Bossuet.
La vie nonvelle. Ses obf»taclc8.
',/ ' - ■ ,) mortuis per gtoriam PalriSsitu
nor !. VI. -i). La résiirrpcljon rie .Notr.
est I. 11..... I. ... 1,1 II...I.-, (lit- annonce la n '• n dp nos («'rii^ ; i
n'aura lieu qu'A In (in des temps; et nous prr- inlrnant Hononii.!-
h nos Ames une nouvelle vie. (JV-' ■ ■■' • - i i .,i;... . .
que nous revinssions tous A lu %:
quelle est cette vi'- o.oiv.ll^ que ." ...p. , v ....;..,.,.. i,...,...
rectton et quel en mIc.
S147. I. fju'est-i, ^ rie nouvelle f Siiinl .\iuruglin distingue en TAnie
deux sortes de vie: lune est relie qu'elle |ue au corjis. l'anlrr . st
celle dont elle vit elle-ni«^iiie. t.omme lin i vie du rorps, • '• ^ :ii
évoque enseigne que Pieu est sa vie. Pénrlruns, s il tous plnit, ^ l'Ame ne pourrait donner la vie à nos cortis si elle n'avait cesinn Il faut premièrement qu'elle soit plus Dol»le: car il est plus nolde que do recevoir. Il faut en secono lion qu'elle lui soit unie ; rnr ri' peut point t^tre hors de nous. Il i le lui commum
lions que le corps ne puisse c\ •; car la vje
1004 FÊTES DE NOTRE-SEIONELîR
paleinont dans Tarlion. Ces trois clioses paraissent (clairement en nous : ce corps mortel ilans le<|uel nous vivons, si vous le séparez de son i\mo, qnesl-ce autre ciiose (pi'iin tninc inutile et qu'une musse fie bouc? Mais silùt que l'Ame lui est conjointe, il se ronnie, il voit, il entend, il est capable de toutes les fonctions de la vie. Si je vous fais voir maintenant «pic Dieu fait, à l'égard de l'àmc, la m«''nic chose que ce que l'Ame fait à l'égard du corps, vous avouerez sans doute tpie, tout ainsi que l'Ame est la vie du corps, ainsi Dieu est la vie de l'Ame; et la pro]tosition de saint Augustin sera véritable. Vo.yons ce qui en est, et prouvons tout solidement par les Kcritures.
Kt premièrement, que Dieu soit plus noble et plus éminenl que nos âmes, ce serait perdre le temps de vous le prouver. Poiu* ce «pii regarde l'union de Dieu avec nos esprits, il n'y a pas non plus lieu d'en douter, après que l'Ecriture a dit tant de fois que Dieu viendrait en nous, (pi'il ferait sa demeure chez nous (J(»ax.,xiv. 23), ([ue nous serions son peuple et qu'il demeurerait en nous (Lnvrr, xxvu, if), et ailleurs, que qui adhère à Dieu est un même esprit avec lui (1 Cor., vi, 17) ; et enfin, <iue la charité a été répandue en nos cœurs par le Saint-Ksprit qu'on nous a donné (l{(tM., v, '.i). Tous ces témoignages sont clairs et n'ont pas besoin d'explication.
L'union de Dieu avec nos Ames étant établie, il reste donc maintenant à considérer si l'Ame, par cette union avec Dieu, est élevée à tpiehpie action de vie dont sa nature ne soit pas capable par elle-même. Mais nous n'y rencontrons point de difficultés, si nous avons bien retenu les choses qui ont déjà été accordées. Suivez, s'il vous plail, mon raisonnement ; vous verrez qu il relève merveilleusement la dignité de la vie chrétienne. Il n'y a rien qui ne devienne plus parfait en s'unissant à im Ktrc plus noble : par exemple, les corps les plus bruts reçoivent tout à coup un certain éclat, quand la lumière du soleil s'y attache. Far conséquent, il ne se peut faire que l'Ame s'unissant à ce premier Etre très parfait, très excellent et très bon, elle n'en devienne meilleure. El d'autant que les causes agissent selon la perfection de leur être, qui ne voit que l'Ame étant meilleure elle agira mieux ? Car dans cet état d'union avec Dieu, sa vertu est forlifiée par Ta toute-puissante vertu de Dieu qui s'unit à elle ; de sorte qu'elle participe, en quchpic façon, aux actions divines. Cela est peut-être un peu relevé ; mais lAchons de le rendre sensible par un exemple.
Considérez les cordes d'un instrument : d'elles-mêmes elles sont muettes et immobiles. Sont-elles loiichées d'une main savante, elles reçoivent en elles la mesure et la cadence, qui sont originairement dans l'esprit du niailre, mais il les fait en quelque sorte passer dans les cordes, lorsque, les touchant avec art, il les fait participer à son action, .\insi l'Ame, si j'ose pai-ler de la sorte, s'élevant à celte justice, à cette sagesse, à cette infinie sainteté, qui n'est autre chose que Dieu ; touchée, pour ainsi dire, par l'esprit de Dieu, devient juste, devient sage, devient sainte ; et participant selon sa portée aux actions divines, elle agit saintement comme Dieu luimême agit saintement. Elle croit en Dieu, elle aime Dieu, elle espère en Dieu ; et lorsqu'elle croit en Dieu, qu'elle aime Dieu, qu'elle espère en Dieu, c'est Dieu qui fait en elle celle foi, celle espéi-ance et ce saint amour. C'est pourquoi l'Apolre nous dit cpie Dieu fait en nous le vouloir et le faire (Philip., II, 13). C'esl-à-dire. si nous le savons bien comprendre, que nous ne faisons le bien que par l'action qu'il nous donne ; nous ne voulons le bien que par la volonté qu'il opère en nous. Donc, toutes les actions chrétiennes sont des actions divmes et surnaturelles auxquelles l'Aïue ne pourrait pai'venir, n'était que Dieu, s'unissant à elle, les lui communique par le Samt-Esprit qui est répandu dans nos cœurs. De plus, les actions que Dieu fait en nous, ce sont aussi actions de vie, et même de vie éternelle. Par conséquent, on ne peut nier que Dieu, s'unissant à nos Ames, inondant ainsi nos âmes, ne soit véritablement la vie de nos Ames. El c'est là, si nous l'entendons, la nouvîaulé de vie dont parle l'Apôtre. (Kom.,vi, 4).
II. Obstacles à cette vie. le péché et la convoitise, ou les passions. 1» Le péché. Quœ societas lacis ad tenebras ? l'uistpie nous devons agir selon Dieu, et sous l'inspiration divine dans cette vie nouvelle, n"esl-il pas clair que nous ne pouvons vivre pire que les brûles? .\ussi par le baptême qui est le
lUQUKS. RÉSURRECTION DE NOTRfi-SËIGNÎÎUR iO05
>5 !■ If ni i]o 1.» vîp nouvelle, sommes-nous morls au péché. Consepulti per
'ftn ut peccotis mortUi justitiœ vivamus. C'est ce que ■ riicnl I ancienne manière d'administrer le bapti'me,à lapii lie sans doute saint Paul fait allusion. On plongeait entièrement dans les (• iu\. où ils disparaissaient entièrement, les nouveaux baptisés, pour mar- 'iucr .ju'ils étaient ensevelis et morts à la vie du péché, et ils en sortaient aii'-silAt tout lavés de leurs souillures. La cérémonie du baptême a changé ; niais la grâce du sacrement est la même ; et tout homme baptisé a lait proiVssi'in tie ne vivre plus dans le péché. — Cependant, direz-vous, tout homme • - ! • i 'ur. Assurément, et celui qui n'en convient pas, n'est pas saint ;mais ' n I Mil n'est plus l'esclave du péché, il s'affranchit de ces fautes graves lit le règne de Dieu. L'oeil ne peut pas, se fixer sur le soleil; mais - il ne .se plait pas dans les ténèbres, dit saint Augustin. I/homme lit pas dans le péché, bien que parfois il ne puisse soutenir d'une vie sainte; mais il n'est pas asservi au péché, car il iMiii' rdiiuf Mil. .S'il reçoit quelque blessure dans ce combat, lisait en rendre au démon : et tant qu'on lutte, on n'est pas encore vaincu.
i" Les conroitises qui sont la source du pt'ché. Car elles sont un attrait
qui nous porte vers les choses sensiblcsau préiudicedes biens éternels, versles
'■ ''lu-cs au préjudice du Créateur. C'est là ce quia fait gémir tous les
-. Dieu nous laisse cette infirmité, afin que nous sentions ce (pie nous
...lies par nous-mêmes, et que nous comprenions, si nous réussissons à.
surnager, que cest non par nos propres forces, mais par la gr<\cc, par cet
;iilr,iii formé en nous par le Saint-Ksprit, qui nous porte vers les biens éler-
t vers Dieu. Si Spiritu vivimii^ Spiritu et amhulemns. Nos actions
ut être dirigées f»ar lesprit de Dieu, et non par les inclinations de la
ij 11 Mit,' corrompue. (Juœ sursit m su/if qurrritc, t/u(p sursiim sunf sapite.
\ 'm1;i ceux qui sont ressuscites avec Jésus-Christ, ut in novitate vitœ ambu-
/'•mus.
lifplorer le sort de ctux qui n'ont pas rempli le devoir pascal, les presnr de l'accomplir, le sort de ceux qui retomberont, et celui de cexuc jui se préparent des rechutes en ne romhnttnnt pas les fendantes mauraises de la nature.
^, , . j> , ,. -j: .q Pâques, f.iiii ne itniirn'uour. j.-i,. s enirelenani avec
raireiniii leur fui, ranime leur espérance, rallume enfin lear L..- - . - . irer poui nous-mêmes de très solides leçons.
1. Lomment J.-C. ra/fermit la foi des deux ditciplgs. Ils commençaient à se
sran<l3'i«pr «In mysi^re df la croix, el k douter qu'un homiite mort si ignominieutement,
I ! leur incrédulité par trois arj^umentit invincibles. Car d'a-
I .'rand mystère d'un Dieu crucilié. avait été prédii par te us
fait souvenir '■■■•■ ■* u.,..- ... i.. / .- .,^pI^
i:é sa miirt uve
leur fait fi i ive-
>»«Hiiie «lue l« l^hrihl soulTiIi pour expier le» pecltés du iiiondo. Caiaclére )ui altère Ifur foi, c'est c«!la mémp qui ilevrait l'an^n
ce qui altère Ifur foi, c'eM c«!la mimp qui ilevrait l'an^menier. Demaa-
)ienraient à ne
,4 sus-Chrisi leur
luri au fund^, et l'autre par rapiuirt au lemps. krreiir par rapport
I <]ii«» JA«,in.r.hri«i é'ahhrm) Ir r*>y»Hfi)f ii-mpurrl d I^raM ; mais
ans
^ de
.le-
' pas
l'a^tiiuns en Dit^u , mais
ns. et nous perdons Itute
Ciiiu.ui.f. ;>u N'u-* innii I il pji'i lui-mciiif rii "n^) t i'uurquui ne l'attendriuos-
Di)ii>< pas?
III Comment J.-C. rallume la ebarit' i \ disciples, l.fur ammir >'.iail
beaucoup refroidi; mars il en rallume luuie l'ardeur rn irois mani<He!«. 1* ira.
l'ar la pratique des bunnes ceuvrr», il leur fait exercer rtionpiiainé à <> l'ar
l'usage de la divine Kucbanstie. Or ce sont cet trois méme« rnuyens dont nuis iiovona nous servir pour renouveler en nous la ferveur de noire dévuimn et de notre amour
1006 PÊTES DE N0TRE«-8EÎGNEta
envers Dieu. Mais de qnoi parlons-nous communément, et de quoi nousentretioiis-fioasf Quelle» bonne* œuvres praliquoos*nou8 7 Comment approcbons-nous dn Sacrement de Jésus Christ et de la sainte TableT