XV. — Invention de la Sainte Crois
21 4i>. Après l'iDsizne victoire remportée par Constantin sur Maxence, sainte Holène, mère iic Constantin, avertie par un songe inj'slérieux, se rendit i\ Jonisalem pour y découvrir la croix du Sauveur. Les païens, pour effacer le souvenir de la passion du Fils de Dieu, avaient élevé sur le Calvaire la statue de Vénus. Sainte Hélène la fit renverser et fit faire des fouilles dans l'emplacement de la statue. On y découvrit trois croix avec l'écrileau de la Croix du Sauveur, qui était séparé. Une des croix était manifestement celle du Sauveur, et les deux autres celles des deux larrons crucifiés avec lui , mais entre les trois comment discerner celle sur laquelle Notre-Seigneur était mort ? Un miracle dissipa tous les doutes. Macaire, évoque de Jérusalem, après avoir prié, approcha successivement les trois croix d'une femme gravement malade. Oeux de ces croix n'ayant produit aucun effet sur la malade, la troisième la guérit complètement aussitôt. C'était donc cette dernière qui était la croix du Sauveur. Sainte Hélène en fit enfermer une grande partie dans un reliquaire d'argent et fit biUir sur le Calvaire une magnifique église pour y conserver et y vénérer cette précieuse relique.
C'est ce fait que nous rappelle la fête de ce jour. Entrons aujourd'hui dans ces sentiments de respect et d'amour qui animaient sainte Hélène, et pour nous y exciter considérons que la croix est i» l'instrument de la mort d'un Dieu, etc., comme au n» 1315.
XYI. — Asecutiion de IVotre-Seignenr.
2150. On prêche ce jour-là sur le ciel et avec l'exorde spécial à cette fête (v. no 1177) ; ou bien sur l'espérance (v. n» 1812J ; ou bien on donne l'homélie suivante :
Noire-Seigneur après sa résurrection passa encore quarante jours sur la terre, afin d'affermir ses Apùtres dans la foi de sa Hésurreclion. de leur adresser ses recomniandations suprêmes, de les préparer insensiblement à son départ pour le ciel, afin qu'ils en fussent ensuite moins aflligés.
Cependant, il avait accompli sa mission sur la terre. Opus consummavi quod dedisti mihi, manifestavi nomen tuum hominibus, et ipsi cognoverunt quia tu me misisti. Il avait établi son Eglise, racheté le monde par sa mort, ruiné par sa croix l'empire du démon. L'heure du triomphe était venue. Le quarantième ioiir après sa résurrection étant arrivé, il leur apparut, sans doute à Jérusalem, dans le lieu où ils avaient coutume de se réunir ; il leur prédit la venue du Saint-Esprit, leur ordonna de prêcher l'Evangile à toute la terre et les emmena ensuite hors de la ville, sur la montaçne des Oliviers. Ils étaient, croit-on, au nombre de cent vingt avec la divme Vierge. Celte monlaçne, témoin quarante-deux jours auparavant de l'agonie du Sauveur, allait I être de son triomphe. Quand cette sainte troupe fut arrivée sur la montagne, Jésus leva les mains vers le ciel, car c'est d'en haut <|ue descend tout don parfait, et il la bénit. De quelles paroles se sertitil pour celte bénédiction ? On ne le sait. Peut-être employa-t-il la formule anli(jiio (NuM. vi, 23j : Que le Seigneur vous bénisse, qu'il vous regarde d'un œil fuyorable et qu'il ait pitié de vous; qu'il tourne vers vous son visage et quil vous donne sa pavv ; ou bien répéta-t-il la prière prononcée à la Cène : Pater sancfe, salva eos quos dedisti mihi, ut sint unum sicut et nos unum su/nus. Quoi (juil en soil, les bénédictions d'un Dieu sont toujours efficaces, et nous en avons tous notre part. 0 Sauveur, quand vous étendiez vos mains pour bénir votre Eglise avant de quitter la terre, vous pensiez à ceux qui vivraient dans la suite des âges. Ne m'excluez pas des grâces de vos bénédictions.
Et facttim est, dum benediceret illis, récessif ab eu (Luc, xxiv, 51). Yidentibus illis ferebatur in cœlum. Il s'éleva peu à peu, emporté, non
iâCEKSION DE NOtRE-SBIGSÈUÎl 1007
''omrae Elie, violemment dans un char de feu, mais par la vertu de sa puis-
s.inre. Lr- »- - 's iç suivaient des yeux pendant que leurs cœurs étaient ti.im' s ! .^nt «l'admiration pour cette merveille et d'un sentiment
le juiiv A'i : M 11." déchirer leurs vêtements comme Klisée, ils étaient heureux do tniiNinpler, cnlin triomphant, ce Maître si bon dont ils avaient vu |... ... ■ ,-. 1,,^,^ g( ^-.s soutTrances. Ils auraient voulu le suivre dans sa course à
s airs; mais bientôt une nuée lumineuse l'environna et le déroba à
1 irds. Leur émotion ne leur laissa pas la force de s'écrier comme
Klisée : Mon l'ère, le char d'Israël et celui qui le conduit ont disparu. Du
moins de leurs cœurs partait cotte prière ; 0 Sauveur qui êtes le soutien des
vrais Israt^Iitcs et qui les conduisez à la conquête du ciel, pourquoi nous
laisscM' orjtlielins ? Pourquoi ne pas nous emmener avec vous sur un char de
lumière, ou nous permettre de contempler au moins le triomphe qu'on vous
prépare au ciel ? Mais les hommes ne sont pas dignes d'être les témoins de
- merveilles, tant qu'ils sont sur la terre. 11 n'y a que les saints qui ont
■ l'exil et les anges qui doivent être associes au triomphe de Jésus.
y Chrisfii^ in altum captivant diixit captivitatem. Tous
de l'ancienne loi qui gémissaient dans les limbes et pour qui le
lo-là fermé, ont été délivrés par le Sauveur après sa résurrec-
iilenl au ciel à sa suite. Il y a Adam et Eve. les premiers cou-
•3 et. les preuuers pénilents, qui estiment heureuse la faute qui leur a
. un tel Uédempteur. Il y a les patriarches mii ont tant soupiré après la
•' du libérateur promis et qui trouvent que les siècles n'ont pas été assez
- pour mériter le bonheur qui les enivre. Il y a les prophètes qui ont
'-> huipiliations de Jésus, ses victoires et son triomphe. Il y a
'S femmes de l'ancienne loi, Judith, Eslher et tant d'autres
!•.. .. .iis voix à celles des saints pour former au VWs de Dieu un
• iinoert de louanges (jue David, sans doute, a entonné le premier: Omnes
/;,,,',.• ,, In, 1,1,1.. ,„n„if,us, jubilate Deo in voce exultationis. Quoniam
fit populos nobis. Elegit nobis hœreditatem suoîn.
. , ihilo et Dominas in voce tubœ. Les anges entendent
quittent le ciel pour venir à la rencontre de leur Dieu. A la
^ luveur, Facta est multitudo inilidœ cœlestis laudantium
ItHiun et dtcentium : Gloria in excelsis Deo, comment ne viendraient-ils
pis lui offrir des adorations au jour de sa gloire f Ils se disputent l'honneur
<!'■ lui faire cortège ; des millions de ces esprits célestes environnent son
ti'iiip. Les uns chantent: Princes de la cité sainte, ouvrec-en les fwrtes, et
/■■ Un, ,1,- ijhi'rc entrera. — Les autres répondent : Quis est iste re.r gloriœ ?
h', infinis fnrtt.s et uotenif Dominus notens in prœlio. Il a combattu, il a
v.iiurii le inon'Ie et le démon. A lui la gloire. El tous à la fois s'écrient:
Dif/nus est (/ui occisus est accipere regnum in sœcula sœculorum. 0 Sei-
:•, ingredere in requiem tuam, tu et arca sanctificationis tuœ. Vous
ouffert, vous avez pleuré, vous avez combattu, entrez dans votre repos
'ifié et dont les membres se sont irtris pour leur salut. Je m'asso-
■' ' •'" nres
sus !l).
l'ère, yi ft son l'ère ses
il invite , 's brebis ncnhics
ne au bcT' ' a son l'ère ; lui sunf et mihi eos deaisti. Je
ds. rf,n '■ super tfrram ; opi/s rinisiimwiiri quml dé-
fi '. nunc autern clarifirn mr c/ "s-
7 'Jv\s. \\v. I). Et dirit Ihiii a
il -m. il i( :r maniuer la ^ <• . il lo
f.i : A <«a <\r' --r qu'il lui di... s- de sa
giiiirc cl ilr ■>sua de luiilr i i ""
di.rit alit/, et tu, sede >: ■ ^
(IIkh., t, i'.\). ,vii : Il s isi uLiiisbc, Il luui bien qu'il «oit exaiic : 'jnfxi u*cc/i-
1008 FÊTES DE NOTRE-SEKiKEtîR
dit, qtiid^est nisi t/iiia et descendit. 11 a soiifTert, il faut donc qu'il jouisse de la béatitude infinie, et ita intrure in (jloriam stiam. Et son Père lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, ut in noniine Jesu omne nenti fîectatur cœ/estium, ferresfrium, et infernorum. Kt Jésus ro{,'nc donec ponam inimicos fiios scabellum pedum tuontm. Où sont les royautés, les républiques stables comme sa royauté ? Les siècles les usent. Tu autem idem ipse es. Néron et les persécuteurs se sont usés, il n'en reste pas traces. Les ennemis de l'Kglise s'usent les ims après les autres. La mort les emporte, ils sont placés en escabeau aux pieds du Christ qui a vaincu, qui règne, qui commande, fief/ni ejus non erit finis. Malheur à ceux sur (jui il ne règne pas ! Malheur aux sociétés qui ne se soumettent pas (\ son sceptre ! Un jour, il quittera la droite de son Père, ce sera pour juger les humains.
Mais assis à la droite de Dieu, que fait-il? i^liitroivit Jésus in ipsumcœlum ut apparent vuftui Dei pro nobis. (IIeh, i\, 34.) Prœcursor pro nohis introivit Jésus, ponfife.i- factus in œternum. (Ihid. iv, 20.) 11 s'approche du trône île son Père, lui montrant ses blessures toutes récentes, toutes teintes «lusang vereé pour la rémission de nos péchés. 11 est notre ambassadeur auprès de son Père ; il négocie nos affaires auprès de sa personne, il nous obtient gri\ce par ses mérites, il nous concilie la bienveillance de ce grand Dieu, il maintient la bienheureuse alliance qu'il lui a plu de faire avec nous. Il est là, toujours vivant pour intercéder poin* nous. Il est établi entre Dieu et nous, comme un Médiateur général. iNul n'est agréé s'il n'est présenté de sa main. Si la prière n'est pas faite en son nom, elle ne sera même pas entendue. Nul bienfait n'est accordé que par lui. De toutes les parties de la terre, les vdMix viennent à Dieu par Jésus. Tous ceux qui invorpîent Dieu le font au nom de ce grand Pontife. Ni les patriarches, ni les prophètes, ni les séraphins, ni l'incomparable Marie ne peuvent aborder le trône de Dieu si Jésus ne les introduit. Ils prient pour nous, c'est certain; mais ils prient comme nous au nom de Jésus et ils ne sont exaucés qu'en fc nom. Sa médiation à lui est eflicace. Il ne demande pas seulement que miséricorde nous soit faite il prouve «piil faut qu'elle soit faite. Les hommes vous doivent, dit-il à son l'ère ; mais j'ai satisfait ; et il montre ses plaies ; et son Père s'attendrit, et nous fait grAce. Non seulement il nous pardonne, mais il déverse sur nous ses trésors, et c'est pour cela que l'Evangile dit : elevatis tnanibus benedixit eis et ferebatur in cœlum. (Luc, xxiv, 50.)
2« Par là, il nous prépare une place. Vado parare vobis locum. Volo ut ubi sum ego., illic sit et minister meus. Il monte au ciel. Sicut aquila provocans ad volundam pullos suos. (Deit., xxvii. H.)
Uuelle consolation pour nous ! Notre place est marquée au ciel, Jésus nous la retient. Pauvres, qui travaillez, courage ; vous vous re[)oserez là-haut. Vous qui pleurez, absterget Deus omnem lacrymani ab oculis. Vous qui avez perdu ceux (jue vous aimiez, vous les retrouverez un jour. Vous qui êtes tentés, post fempestatetn tranquillum fucis. Levate capita vestra quoîiiam appropinqual redemptio yes/r«. Cependant les .\pôlres ne pouvaient détacher leurs veux du ciel et deux anges descendirent en disant : l'iri Gatilœi, quid admiramini aspicientes in cœlum. Regarder le ciel, c'est bien, il le faut même ; mais cela ne suffit pas, il faut de plus le mériter. Jésus prépare une place à tous, il est vrai ; mais comme rien de souillé ne peut entrer là-haut, ils se ferment la porte du paradis, les blasphémateurs, les profanateurs du dimanche, les impuditjues, etc. Oh ! mes Frères, ne perdons pas par notre faute la gloire que Jésus nous a conquise. Là où est le chef, là doivent être les membres. Vivons donc d'une manière digne de lui, digne de nos Ames qui lui ont coûté si cher, digne du ciel où il nous attend, où il nous appelle. Donc, renonçons au péché, aux occasions de pécher, fréquentons les sacrements, souffrons patiemment, pratiquons l'humilité, et nous partagerons la béatitude et la gloire de Notre-Seigneur.
21.51. Autre plan tur l'A&cension, d'après le P.Ventura. Pro nohis prœcursor iniroicit Jesu$. Je»us-Christ est emié oans le ciel comme nuire précurseur.
Notre diviQ Sauveur nous avait bien dit dans ^a vie mortelle qu'il était pour nous la voie, la vérité et la vie. Mais aujourd'hui, par son Ascension glorieuse, il nous ouvre la
ASCENSION Dfi NOTRE-SBIGNELU 1()09
• lie'df la ^rn'^t vie qni rst le cel. Le ciel, jusque-là fermé, nrus est ouvert en ce j •■ pas pour lui seul ; iJ va préparer une pl;>ce à quiconque
V ^ bien pénétrer de cette vérité, éludions le terme suprême
d ' " !e but auquel nsus devons tendre, el rnsuile la voie,
'10. Comprenons d'abord que Jésus-Christ est tout en
I - i«j dit 6i<a\, Pâui, qu'en prenant notre humanité telle qu'elle e.<t, excepté It à réuoi »n loi et réparé .'a nature de tous les hommes, et de même qu'Adam represe: i;i i louie sa race, et qu'il l'a perdue tout entière par sa révolie contre Dieu, ainsi Jésus-Christ, le nouvel Adam, représente tous les hommes et les sauve par son (ih.'!<>ïf , , 1 «r.n [', rp Les hommes ont donc tous leur fan h y mystères de ce divm S 'iil, il le fait pour eux ; et nous ) '■ avec saiat Augos-
II . I fpes noUra est, Ascensiû Dov alio nostra est. Il entre aujijuiU hu. , ns poorlui-ménie que pour nuus. Cuiu:ne Dieu, il n'a jamais quille le Ciel : ce- sa nature humaine qu'il y monte. Ht cette nature humaine.
il "■ '- ■ ^ ■ " ■' "'i/ pependil in liyno, quoi in sepulcro
J . cœlum ascendit, dit saint Augusim. Par
c . , e ciel, c'est la nature humaine qui entre
i ccatre de i iiamurialité, qui en piend posaessioa dans la personne de Jésus-Christ. Si Jé«u8 ChrtAt n'était pas ressuscité, jamais on n'aurait pu croire à la résurrec'ioa des h' ' ' ' " .', l'avait bien senti quand il disait : c Si Jésus-Christ n'est pas
rsssus : vaine et sans fondement >. De même, si Jésus Christ n'existait
pas avt. . .. .y. ant dans le cifl, nous n'aurions jamais pu croire que ces corps
terrestres, mortels, corruptibles, même épurés et transformés, fussent trouvés dignes d'éîrp a-!" is dans le ciel. Miis maintenant nous savons, non seulement par la promesse rr - par le pr ulement par la parole, mais par le fait, à
(J tenir poui < ; nous n'avons qu'à fixer le regard de la
fui sui .V.,. - .... ..,11 '^;. «.i-iuiijf r " ' — "îion a été le gage de la nôtre,
de même so: ;;^age de notre 8> > que nous voyons réalisé dans
le corps <ie :> garantit ce que . nns attendre pour le nôtre. Oui,
notre \ >, cuiume le sien, sera reçu d<ins le royaume céleste.
l'ar - >o au ciel. nou« qui sommes restés sur la terre, nous ne sommes pas
ît- i.c lui par c»- ns de l'Eglise dont il est le
c n d'un in : eut rester séparé d'avec
d.....v ,. . ........ ,,... c'est l'élévau ...... ^... f d'un grand corps qui est
l'Lgiise, et ce chef ne peut rester séparé d'avec ses membres. Il ne peut rester incomplet : S; !p rhcf e^t dans le ciel, les membres doivent s'y trouver aussi et doivent l'y recédé les membres que pour soutenir leur espérance, ant que personne ne monte au ciel que lui, a donc vonlu nous I iH u'^ucr <( l'c .fine importante: que, si nous désirons monter au ciel, nous devons non seulement lui res$emb!er, mais devenir lui-même, c'est-à-dire nous unir intimement à lui «^i Dir la foi en ses doctrines, et par l'espérance en ses promesses, et par la c: e lélatrice de ses lois, et par la grâce sanctifiante qui nous tncorpce à
h. fait devenir une même ch«<se avec lui, qui réalise entre nous et lui et entr«
n .s entre elles. Il nous a dit en on mot :
■ au ciel. »
.,,,^ ,, ^ vw'..r.. ,1.. Il fin H.i n,,,nnnl<. Al> e.Qn iVf.
le ihomm-'. ;s le ciel
t- et pirfri de toul
i Âioe, avec le c iieur I
. tantaonens qu>' e à l'homme sa destinée.
■ uM)nii>»ui I iiiiii-, ^ur ce qu'elle devi'-nt après
l> vurreclion des corps; et ils ont été impuissants
nt la lumière divine qui, de la vie entière du ir nous et nous investit de toute parti Jésusmême, était sorti du sein de son IVre el . y être mort et s'être ressuscué, le voici
ne ; elle
■s nojre c vd-
{.. et
n Te
lier. Il «!>t moulé au ciel . oou» aj^>. Après
,, si nous l'avons mérité, no . el en âme dans le
.1. i.jL porte en avait éié fermée p%r Adam: eue vi.>ni a.; se r.iuvrir i Le
liemia en était devenu étjjiemenl difilcile à découvrir et i suivre ; i 3>*
1010 FIATES DE NOTBE-SEtGNEttR
iriiiiqiK^ à tous, facilité et consacré par les pas du Sauveur. Puisque c'est en tant
!'ie Jésus-Christ est entré dans la maison céleste, puisque c'est la substance
é qu'il a p^irlée au plus haut des cieux, il nous indique de la manière la
j ':> plus intelligible que, parla foi en lui, tout homme peut prétendre au
osl ailé se placer à la droite de Dieu ; et nous aussi 'que celle assu-
I 1 'nne pas, mes (rères), nous pouvons aller prendre une place à côté de
lui, pourvu qu'en-deçà de la tombe nous ayons vouiu être unis, incorporés avec lui.
Oui, DP vxis étonnez pas, mes frères, de notre assurance, lorsque nous osons prétendre
; e h côté du P'ils de Dieu, jouir éiernellement de Dieu, vivre éternelle-
le de Dieu, partager éternellement la gloire iie Dieu. Le mystère de ce
j ^o. ;,iU proclamé dans le monde entier, précisément pour faire entrer dans
tous les cœurs chrétiens cett» noble assurance. L'Apôtre des nations ne l'avait pas compris autrement, alors qu'il attribuait au mystère de l'Ascension une efficacité même présente et actuelle : Par sa résurrection, s'écriait-il, Jésus-Christ nousa déjà ressuscites ; par son Ascension il nous a fait asseoir, en la personne de Jésus-Christ, sur un trône céleste.
Telle est donc, mes frères, la doctrine du christianisme touchant la Hn dernière de l'homme, touchant ses éternelles destinées I Quel plus noble but de notre existence, quel plus magnifique terme à proposer aux épreuves d'ici-bas! Le chrétien peut donc se dire à lui-même, parmi les splendeurs du mystère de l'Ascension : « Je n'existe que pour me sanctifier dans le temps, en servant Dieu comme mon Maître; et pour jouir, dans l'éU'inité, de Dieu comme mon rémunérateur.» Le Dieu qui a été mon premier principe est aussi ma dernière fin. Créé par lui, je n'existe que pour lui. Mon terme est aussi glorieux, aussi sublime que mon origine. Je viens de Dieu, je dois retourner à Dieu; je suis la propriété de Dieu. Je tiens à Dieu par les deux bouts de mon existence, par mon principe et par ma fin. Je suis une chose sacrée, céleste, divine, estimée de Dieu du plus grand prix. Je suis le seul être du siècle présent qui appartienne au siècle futur. Voyageur sur la terre, je suis le candidat des cieux. La terre, avec toutes ses richesses, n'est que le lieu de l'exil ; c'est le ciel qui est ma pairie. La terre est le lieu du mérite et du travail ; c'est le ciel qui est le lieu du repos et de la récompense. Les créatures no sont que des moyens et des instruments ; Dieu seul est ma tin et le terme de toutes mes penséfs. Dieu ne m'a placé dans le temps que pour m'assurer le bonheur de l'éternité.
II. La voie à suivre. A la pensée de la gloire et de la magnificence qui accompagne l'Ascension de Jésus-Christ dans les cieux, on ne peut s'empêcher de s'écrier avec saint Bernard: Heureux terme I IlAureuse conctusijn du pèlerinage du Fils de Dieu sur celte terre I Mais considérons de qup| lieu est parti le divin triomphateur et nous verrons tout de suite à quelles conditions nous pouvons avoir part à son triomphe ; et quelle est la voie qu'il nous faut suivre pour espérer d'aller le rejoindre au célp<'e séjour.
Jésus Christ montant aux cieux, est parti du sommet de la montagne des Oliviers. Il est parti d'auprès du jardin de Cethsémani ; c'est-à-dire qu'il ne s'est élevé vers les cieux que du même endroit oiiil s'était prosterné contre terre. Il n'a déployé sa majesté de roi, que là oii il avait été lié et garrotté comme un esclave ; il n'a été accueilli par les anges que là où il avait été environné de vils satellites; il n'a paru dans toute sa 1 f Dieu, que là où il avait agonisé comme le plus faible des hommes ; il n'a
I triomphe que là où il avait commencé sa passion.
vu.n .... plus instructif? quoi de plus éloquent '/ Par là, mes frères, nous apprenons, delà manière la plus saisissante, qu'on ne peut le suivre au chemin de la gloire, selon la pensée de saint Paul, qu'après l'avoir suivi dans le chemin des opprobres. Nous apprenons qu'on ne peut partager ses consolations qu'après avoir partagé ses ennuis et ses douleurs. Nous apprenons qu'on ne peut monter an ciel, après lui, qu'après être monté avec lui sur la croix. .Si noux sou/frons avec lui, avec lui, nous serons glorifiés ; si nous sommes associés à ses suiiffrances, nous le serons à ses consolations.
Longtemps avant sa passion et sa mort, le Sauveur et le précepteur du monde avait dit : Si quelqu''in veut venir après moi, qu'il se renonce lui-mêmt, qu'il porte sa crni r el qu'il me suive. Lors donc que le Fils de Dieu prononça ces grandes paroles (| ingue humaine n'avait jamais articulées, qu'aucune oreille humaine n'avait
J lues, personne ne comprit rien à un langage si étrange et si nouveau.
..> ■. i.c le FiJs de Dieu ?I1 voulut ajouter l'acte aux paroles, l'exemple à la leçon. 1 lui-même le premier sa croix, et ainsi il nous montra en même temps et la néet la manière de porter notre croix à notre tour.
Or, c'est cette mêc.e leçon, cette leçon pratique donnée sur le chemin du Calvaire, qu'il renouvelle aujourd'hui sur la montagne des Oliviers. Cette montagne, en effet, ne fut-elle pas le preruitT théâtre de sa Passion? N'est-co pas sur celle montagne qu'il avait, dans sa pncre, accepté la croix des mains de son Père céleste? N'est-ce pas là qu'il avait commencé à la porter dans son cœur, avant de la porter sur ses épaules? N'est-ce pas là que la terre ensanglantée avait attesté so» martyre, de même aussi que la Voie douloureuse et le sommet du Golgotha? Ici donc, sans avoir besoin de paroles, et par le .«:eul fait, plus éloquent que tout autre langage, il nous répèle son grand
àsCbKsion de notre -SEIGS'EUR ÎOH
enseignement, sa grande invitalion : Si quelau'un veut me suivre, qu'il renonce luimémr isa croix sur ses épaules et marche après mot.
A es d'avance certains systèmes aussi absurdes que funestes, qai
préie.iitii. i.wi i.t-~,'r toute souffrance en ce monde el nient audacieuseoient la nécessité de porter la cruix.
Sans doute ce qui tend à améliorer le sort des hommes, à diminuer leurs souffrances, est bon et conforme à l'Evangile, et l'Eglise en cela ne le cède à personne. Mais vouloir, pour amener le boonf-ur sur la terre, non perfectionner l'étal actuel de la société, mais le bouleverser, tenter de fonder la société sur le droit à l'exclusion de tout devoir, sur l'égoTsme à l'exclusion de tout dévouement, sur l'assouvissement de toutes les passions à l'exclusion de toutes les venus, chercher à détruire la famille par un sensualisme abrutissant, la propriété par la communauté de bien, décréter l'abolition de toute souffrance, de tous ie!> maux, changsr la vallée des larmes en un paradis de voluptés, ce sont des rêves absurdes et funestes Pauperes semper habetisiobitcum,& dit la Vérité éternelle. Tollat crucem svam. Tant qu'il y aura des hommes, il y aura des passions, des fautes, des maux par conséquent et des châtiments. Vouloir chercher autre chose
3u'on soulairement à la pauvreté et à la souffrance, dans la sagesse des gouvernants el ans la charité, c'est nun seulement une chimère, c'est même ce qu'il y a de plus funeste. Il n'est au pouvoir d'aucune puissance humaine, d'aucune constitution sociale, d'aucune science politique ou autre, de guérir la volonté humaine, ni la nature humaine, ni d'assarer i tous l'aisance et le bonheur. Quand donc on fait à tous ces promesses, on promet ce qu'il est impossib'e sous le ciel de réaliser. On surexcite ainsi les convoitise* ^" i'>'H..r.in,-.> ,,^)Qr un bonheur impossible, pendant qu'on la dépouille des biens réel- , la résignation et l'espérance chrétiennes. On éveille dans les mas-
ses i; : cts, et on ne leur offre, pour les satisfaire, que le crime ou des
fantômes. Aiusi, en voulant réaliser le bien-être corporel, on ravale, on dégrade, on abrutit les âmes. On leur promet une félicité menteuse sur la terre, et on les met dans l'impossibilité de parvenir au seul véritable bonheur, au bonheur du ciel. On leur fait oublier leurs destinées immortelles, on les fait renoncer à la société des anges pour les convier aux jouissances de la brute.
Il serait assurément plus commode aux prédicateurs de l'Evangile, de pouvoir dire en flattant 'a chair, en poursuivant les honneurs, en amassant des richesses, en s'asservissant au monde, on peut arriver au ciel par des sentiers riants e( semés de fleurs, mais si le prêtre tenait ce langage, au lieu d'éclairer, il tromperait; au lieu d'édilier, il scandali-
" — ' ' ' ' ■ .i.--.r,i; >> ç o „,.,,.,. ç{ 3u vôtre, à son Dieu et à votre Dieu. C'est
71 vim patitur. C'est lui qui a mis pour confia notre participation à sa victoire et à son trioriii'Ite, ce» irui» cliuses es : l'abnégation de soi-même, le portement de la
croit, l'imitation des exem; mpleur. L'empreinte de ses pas laissée sur l'ancien
" ' ' igonie, le éiijnc ae .m croix par lequel il donne à ses disciples sasup--" i.<^
rnfurent comme les dernières notifications de l'irrévocable arrêt. Ti;
T -- ,- , ...c pour vous consoler, c'est ■""' '»"-'hanl à la suite de Jésus-Ci,: ,^i,
TOUS verre2 la foi perdre ses difflcultés, la I ^-nances, la pénitence ses amertu-
mes, la piété ses tristesses, la voie du sa les, la mort même ses horreurs.
Je p' Hrler ainsi en toute assurance avec toute autorité ; c'est Jésus-Christ
lui-r dit : Ifon joug est suave, mon fardeau est léger.
<■ ' ' L. ..^,^ gyçg les yeux de la foi, le gran I et magnifique spec-
lac,' militante, voyageant sur celte terre et suivant les tra-
ces > nir par sa délivrance l'Eglise triomphante. A sa tête est
Jésu!i-(ilirist, qui du haut du Calvaire et indiquant sa croix, va repérant la grande leçon : Si quelqu'un veut venir n ma fuite, qu'il renonce 'ï toi-mt'me. qu'il prenne ta
croix sur set épaules el : rche sur mes pas. Immédiatement après lui, vient
l'aupnsle Mane, sa divin nant la croix de ses douleurs maternelles, aussi
lourde que I.i couronne dt; . "»« 't<» <••- ..i.'r,i..« «i ^q g^.^ vpik v,..nM.>ni
ensuite lt>s Apôtre.s avec la croix de I 'yrs, avec
tourment.*; \e^ (H-ipiirs. «ver la c; . de leurs '
reur ; If-
sorte ; l«"
du lis dt-
leurs ter
fidèles du
raents, tou» u--. viai iJe (uui s>xr, u,
dilion, iivpi" |p» rr.M\ i^ ^\ piihllr*, d.-
peii,^
ton -
.le
te m
me-
de ■ el du d(i\ ! œur.
>: yei eo m . au milieu de cette sainte caravane, la Joie