FÈTKS DE NOTRE-SEIGNEUR
De serons point troublés; nos enaemis peuvent perdre noire corps, et vous-même nous le rendrez glorieux et immortel : mais qui peut perdre coux que le Père vous a donnés f heureuses chaînes que vuus daignez soutenir I saintes prisons que vous consacrez par voire présence I ténèores aimahles où voi.s remplissez nos Ames de tant de lumië" res I mort précieuse qui va nous unir à vous, et déchirer les voiles qui vous dérobent i nos yeux ! De là, quelle force dans les tourments 1 pleins de la chair de Jésus-Christ, teints de son sang, ils sortaient, dit S. Chrysosiôme, de leurs cachots comme des lions encore lotit sanglants et altérés de mort et de carnage; ils volaient sur les échafauds ; ils y poriaient une sainte fierté; ils lançaient çà et là des regards de constance et de ma(;nanimi(é qui glaçaient les tyrans les plus barbares, et désarmaient leurs propres beurreaux ; i\i annonçaient dune la mort du Seigneur en se préparant au martyre par la communion.
La tranquillité de nos siècles et la religion des Césars, ne nous laissent plus le même espulr ; la mort n'est plus la récompense delà foi, et l'Eucharistie ne fait plus des martyrs; mais n'avons-nous pas des persécuteurs domestiques? notre foi n'a-t-eile à craindre que des tyrans? et n'y a-t-il pas un martyre d'amour comme un martyre de sang ? En approchant donc de l'autel, M. F., une Ame fidèle soupire après la dissolution de son corps terrestre ; car pourrait-elle aimer cette vie, et annoncer la mort de Jésus-Christ, et retracer sa sortie du monde pour aller à son Père? elle se plaint que son exil est trop prolongé, elle porte au pied du sanctuaire un esprit de mort et de martyre : Ah I Seigneur, puisque vous éies mort et crucifié au monde, pourquoi m'y retenez-vous ? que puis-je trouver sur la terre digne de mon cœur, vous n'y étant plus? le mystère luimême qui devait me consoler par voire présence, me fait souvenir de votre mort ; ces voiles qui vous couvrent sont un artifice de votre amour; et vous ne vous cachez à demi, que pour réveiller dans mon cœur le désir de vous voir à découvert. Vaines créatures, que m'offrez-vous, qu'un vide afTreux du Dieu que je cherche? qui m'empêche de voler avec les ailes de la colombe sur la sa nie montagne ? je serais heureuse, Seigneur, je le sens ; je pourrais à toutes les heures me nourrir de ce pain délicieux : je ne goûte de véritable joie qu'aux pieds de vos autels ; ce sont là les moments les plus heureux de ma vie ; mais ils durent si peu, il faut se rengager si vile dans les ennuis et les désagréments du siècle ; mais il faut s'éloigner ae vous pour si longtemps : non, Seigneur, il n'y a point de parfait bonheur sur la terre, et la mort est un gain à qui sait vous aimer.
il. On annonce en second lieu, la mort du Seigneur dans ce mystère, parce que Jésus-Christ s'y immole lui-même, par la séparation mystique de son corps et de son sang. Que s'en suit-il de là, qu'il faut être aux pieds des autels comme si nous étions au
fied de la croix : entrer dans les dispositions des disciples et des femmes de Jérusaem qui recueillirent les derniers soupirs de Jésus mourant, et furent présents à la consommation de son sacrifice. Or, quel éloignement n'avalent-ils pas pour un monde qoi crucifiait leur Maître ? qu'avaientils encoreà ménageravec ses meurtriers? craignaientils de se déclarer les disciples de celui qui se déclarait si hautement leur Sauveur, et au prix de tout son sang ? ne disaient-ils pas au Père céleste: Eh ! frappez-nous nousmêmes. Seigneur, qui sommes coupables, et épargnez l'innocent. Quelle horreur pour leurs fautes passées qui attachaient un si bon Matire à la (roixl quelle impression sensible de ses soufl'rances dans leur cœur I Ainsi, M. F., ménager encore le siècle ; n'oser se déclarer qu'à demi pour la piété, rougir de la croix de Jésus-Christ, se mesurer dans ses démarches de dévotion, de telle sorte qu'il y lègne encore un airet ungoût du monde, qui se mêle, pour ainsi dire, dans les intérêts de notre vertu : ne pas confesser Jésus- Christ la tête levée; n'oser se dispenser d'un spectacle où il est moqué, d'une assemblée où il est ofTensé. d'une démarche dont l'innocence ne peut sortir entière, d'une bienséance dont les devoirs de la religion soufTrent, de je ne sais quel train de vie dont le monde vous fait une nécessité, de certaines maximes qui blessent l'Evangile, et que l'usage vous donne pour des lois, prétendre user de ces ménagements, et néanmoins venir manger la Pâques avec les disciples de Jésu»-Chrisl, conserver encore des intelligences avec ses ennemis, et s'asseoir à sa table; estimer les maximes qui le crucifient, et vouloir être les spectateurs et les compagnons fidèles de ta croix, ah! c'est une contradiction.
Il a vaincu le monde; il l'a attaché à sa croix ; il a fait expirer avec lui ses erreurs et ses maximes; donc annoncer sa mort dans la communion, c'est rappeler lo souvenir de sa victoire; et si le monde vil et règne encore dans voire cœur, M. F., ne disputez-vous pas à Jésus-Christ l'honneur de son triomphe ?
111. D'ailleurs, on annonce en troisième lieu sa mort dans ce mystère, parce qu'il est la consommation du sacrifice de la croix, et qn'il nous en applique le fruit. Or, qui nous donne droit au fruit de la croix, et par conséquent à la communion? les souffrances, les mortifications, une vie pénitente et intérieure. Car. dites-moi, vivant dans les délices, oserez-vous venir annoncer la mort du Sauveur? Pour vous nourrir de la chair de Jésus-Christ, il faut que vos membres puissent devenir ses membres; or, son corps est un corps crucifié, ses membres sont des membres souffrants : et si vous vivez sans souffrir : si vous ne portez pas la mortification de Jésus-Christ sur votre corps ; si peutêtre vous n'avez jamais fait à vos sens et à vos désirs aucune violence; si vos jours se passent dans une tranquille mollesse ; si les afflictions vous impatienteat ; si tout ce qui
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contrarie votre hameur, vous révolte ; si VODS ne vods prescrivez point d'oeorres morliflaates ; si celles qae le ciel vons ménage, ne sont pas bien rerues ; commeal votre <-nrri< *(>rnti! conforoie à celui de Jésus-Christ 1
.00 annonce la mort du Seigneur dans ce mystère parce qu'il y est lui-même s on état de mort. Il a nne bouche, et ne parle pas; des yeux, et ne s'en sert eds, et ne marche pas : regardez donc, M. F., et faites selon ce modèle: ii^nt vous devez annoncer sa mort en participant à son corps, il faut y porter lir? >ruA lustruitsi être fermés pour la terre ; une langue accoutumée au silence, ou à des discours de Dieu, comme parle S. Paul; des pieds, des mains immobiles, pour les navres de péché ; des sens ou éieinu* ou mortifiés ; en un mot, y porter une mort universelle sur votre corps: l'état de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, est l'état du chrétien sur la terre: an état de retraite, de silence, de patience, d'humiliation, de divorce avec les sens. Regardez encore une fois, et faites selon ce mode e : portons-nous à la table sacrée des yeux fermés i tout ce qai peut blesser notre âme ; une langue environnée d'une garde de circonspection el de pudeur; des oreilles chastes et impénétrables aux sirnements du serpent, et à la volupté des sons et des voix, si propres à amollir le cœur ; nne âme insensible aux mépris comme aux looanges ; une âme hors de la portée des événements d'ici-bas, à l'épreuve des révolutions de la vie; égale dans la bonne fortune ; voyant avec des yeux étrangers. indifTi^rents, tout ce qui se passe ici-bas; estimant les biens et les maux qui lui arrivent comme chose qui ne la regarde pas; et à travers toutes les agitations de la terre, le tumulte des sens, la cunlradict:on des langues, les vaines entreprises des hommes, toujours attentive à ne pas se laisser ravir la paix de son cœur, i marcher toujours d'un pas égal vers l'élernité, k ne point perdre de vae son Dieo, el à avoir toujours sa conversation dans le ciel T
Ce n'est pas que je veuille exclure de l'autel tous ceux qui n'ont pas encore atteint eet état de mort : hélas I c'est l'affaire de tonte la vie ; et la chair de Jésus Christ est an secours établi, pour nous fortifier et nous aider dans cette entreprise ; mais il faut y tendre pour approcher de l'autel parfaitement; il faut être aux prises avec ses sens, svec sa corruption, avec ses faiblesses, et se gagner tous les jours sur quelque article ; il fant pratiquer l'abnégation chrétienne ; il faut expier par la retraite, par le silence, par les larmes, par la prière, par la pénitence, las victoires journalières que les impressions do monde el des sens remportent sur nous ; il faut se relever avec avantaire des ses chnies.
Qasnd onamangé votrechairdigaement, on demeure en vous. ôJésus.et vous demeurez en ooDS ; c'est-à-dire, que votre sang précieux qui coule encore dans nos veines, nous laisse vos inclinations, vos traits, votre ressemblance ; et que nous sommes d'antres vous-mêmes; que comme de jeunes princes héritiers d'un sang royal, on doit voir briller sur notre visage, je ne sais quel air de majesté qui annonce notre noblesse; il ne doit plus paraître en nous que des inclinations nobles, célestes, et des sentiments dignes dn sang que nous avons reçu * et cependant je me trouve toujours des désirs terrestres; des penchants bas et rampants ; un cœur qui se traîne encore sur la boue, el qui ne sait s'élever au-dessus des créatures, et retourner jusque dans votre sein dont il est sorti. Quand on mange votre chair dignement, vous nous apprenez qu'on vil pour vous, et qu'on vil éternellement: et j'ai continué de vivre pour le monde, pour moi-même. pour les hommes qui m>Mvironnenl, pour mes plaisirs, pour mes projets de fortune, poor mes affaires, pour une famille, pour des enfants, pour ma gloire; pour vous, à peine on seul moment dans la j.>urnée. Que faut-il donc que je fasse, Seigneur? que je me retire de votre table? quoi! ce fruit de vie me serait interdit ? quoil le pain de ne serait plus rompu pour moi t Non, Seigneur, vous ne voulez point m'en lis voulez m'en rendre digne: vous ne voulez pas que je m'en retire; mais
> — • ■--'■ • ■• -~ ■"- -/isez pas de ce pain des enfants ; mais
I' 1 ~ ^ obll^'e•il de me présenter un serpent.
l'ii^j > ne demeure digne de vous: aplanis-
sez-«a les hauieui», ledrfs^ei-en l'obliquité .punliez mes désirs; corrigez mes inclina" lions, créez-en plutôt de nouvelles. Vous seul pouvez être votre précurseur et vous préparer les voies dans les âmes : remplissez-nous donc,.Seigneur, de votre esprit, afin que nooB sanglons votre corps dignement, et que nous vivions êternellefflent pour vons. Ainsi «"H.ii.
WlII. — S«rr« Ccpur.
21 5<). Comme mon l'èrt m • "H ai aimés, lirmeures dans
mon amour. (Jma.n.. w.) Um -^ niiiinns tous nous i iit.>n<lrp
dire qu'on nous niino, ijii'rliçs ilcs<rn<lcnl donc cornino m "tr»?
cœur. Ce n'ost pas un hi mine, ce n'e*! ii.ns un s.iint, «e n <|ui
nous les adresse; . nt du V.o-r s. Ce Jesi. 'm-
])lai8ances el cle l'a: li do 5on i ,\\\ r\W\\ pt'il nous aime encore, «on amour. 0 uicr\
1018 Ff;TES DE NOTRE-SEIGNEUR
Le Cœur (If Jésus hnilo «l'amour |)oiir nous, que lo nùiro soil donc embrasé de dévotion pour son S.uré Cti'ur. C'est notre devoir, c'est notre intérêt.
2157. I. C.'*eiit notre devoir. Le Cœur .Sacré de Jésus mérite tout notre amour, io Wiihord ù cause de ce qu'il est en lui-même. Nous honorons avec respect et avec fruit les reliques des saints, les restes de leurs vêlements, la poussière, les ossements de leur corps. Nous adorons le suaire dans leipiel Noire Sauveur fui enseveli, les iragmenls de la croix sur laquelle il csl morl. De quel respect el de ijuel amour ne devons-nous donc pas entourer la sainte Eucharistie, dans laquelle Jésus lui-même avec son corps, son sang, son Ame et sa divinité, est vivant au saint labernacle ? Quelle dévotion excellente que celle qui a pour objet le Fils de Dieu, Dieu luimême!
La dévotion à Marie, si sainte soit-elle, n'est que la porte qui nous introduit à la dévotion envers Notre-Seigneur. Marie est le moven, Jésus est la tin. Marie est le chemin. Jésus est le but du voyage. Or, par la dévotion au Sacré Cœur, ne nous occupant pas de ces pieds adorables que Madeleine arrosa de ses larmes et essuya rie ses cheveux, ni de ces mains qui répandirent tant de bienfaits, ni de ce front auguste que déchirèrent les épines, ni de ce corps meurtri parles fouets pour l'amour de nous, nous suivons la lance qui ouvrit le cùlé du Fils de Dieu. Et nous nous attachons à son Cœur Sacré, ce Cœur, la partie la plus noble de son corps adorable, le siège de la vie humaine du Fils de Dieu, le foyer de l'amour qu'il nous a porté. Et nous ne le considérons point comme séparé de ri\me de Notre-Seigneur ou de sa divinité, mais comme inséparablement uni k l'une et à l'autre, comme vivant par conséquent, aimant nos ftmes d'un amour ineffable et demandant en retour l'amour de nos cœurs.
Or ce Cœur Sacré est le chef-d"œ.uvre des mains divines, la création la l»lus merveilleuse. Rien sur la terre ne peut lui être comparé. Dieu en le formant l'a orné de tous les dons de la naliu-e el de la grâce ; et la science humaine ne peut découvrir les trésors que l'Eternel y a entassés. C'est un soleil de pureté, une source intarissable de tendresse et de miséricorde, un abîme d'humilité, une fournaise d'amour, un sanctuaire paré de tous les ornements des vertus. Quelle douceur inaltérable que celle du Cœur de Jésus ! Quelle humilité qui seule a honoré la grandeur de Dieu comme elle le mérite ! Sa charité est un feu capable d'embraser le monde, si les glaces de l'égoïsme et de l'indifférence n'en paralysaient les effets. Nous admirons les grands cœurs, les cœurs purs, généreux ; si nous les rencontrons, nous ne pouvons nous défendre «le les aimer. Or voici le Cœur d'un Dieu, en estil un qui soit si digne de notre amour et de notre vénération ?
2ir>8. 2o Ce que le Cœur de Jésus est pour nous. C'est le cœur d'un père, d'une mère, d'un époux, d'un frère, d'im ami; cl rjiii pourra dire la force de tendresse multiple dont le Ca'ur de Jésus est rempli pour chacune de nos Ames ! L'amour se témoigne par les œuvres. Or le Cœur de Jésus a inspiré la pauvreté de Hethléem, les humiliations, les travaux de la vie cachée, les fatigues de la vie publique, la conduite si miséricordieuse du Sauveur envers les enfants, les pécheurs, les malades, les affligés, les ingrats, les bourreaux eux-mêmes ; les souffrances el la morl du Calvaire. On ne peut pas donner une preuve plus grande d'amour que de sacrifier sa vie. EoGn ce Cœur a inspiré rinslitiilion de l'Eucharislie.
El s'il fallait descendre dans le détail de ce que chaque âme doit à ce Cœur Sacré, il faudrait énumérer toutes les grâces que chacune a reçues dans sa vie. C'est l'amour du Cœur de Jésus qui les a déversées sur nous. Quis tam amans non rednmet : Qui n'aimera celui qui l'aime à ce point ? Qui n'embrasxera celui qui est si pur, s'écrie saml Bernard. Restons sur ce Cœur, afin qu'il enchaîne des liens et blesse de la pèche de son amour notre cœur encore dur et impénitent. Il est bon d'être là : ne nous en laissons pas facilement arracher ; car vous avec dit vous-même, Seif/neur, à ceux qui s'approchent de vous: Réjouissez-vous, parce que vos noms sont écrits dans te ciel.
» Oh ! qu'il est bon, qu'il est dou,r d'habiter dans ce Cœur! 0 Jésus, le plus beau des enfants des hommes, laves-moi davantage de mon iniquité^ afin que purifié par vous, je puisse lyi approcher de votre jhireté, et que je