‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 283 sur 416 · XXI. — Fête du saint R<^flenipteur · texte numérisé non relu

XXI. — Fête du saint R<^flenipteur

:il<«N. liedemiisti nos Deo in sanguine tuo (ApocalypsEj v, 9).

L'iioinine avait péché et mérité par conséijucnt l'éternelle disgrAce de Dieu ; et dans celle disgnlce se ti-oiivaient enveloppés tous ses descendants. Dieu aiii-ail pu laisser l'hoiuinc livré à son infortune.il n'avait point relevé les anges tombés, et les avait frappés aussitôt très jtisleinenl de ses foudres. Plus indulgent pour l'Iiomme (pii était plus faible que lesanges.il lui laissa le temps du repentir. .Mais riiomine pécheur était incapable de réparer par ses propres forces la gravité de l'outrage qu'il avait l'ait à son Créateur. Alors le Kils de Uieu s'offrit à acquitter notre dette et à expier nos crimes ; et, comme dans sa nature divine il ne pouvait soulTrir, il voulut premire un c(irps et une Ame comme nous, naitre de la Vierge Marie, passer trente-trois ans dans le travail et la souffrance et mourir sur la croix pour notre salut. (,"esl par là qu'il nous a rachetés et sauvés. Etudions: I les circonstances de ce mvstére et H les conséquences (jui en découlent poiu" nous.

2l<i9. I. Circonstances, io Quis f Qui a soullert pour nous? C'est le Fils de Dieu, égal à son Père, la seconde personne de la Trinité, la splendeur de la gloire éternelle, celui par rjui tout a été fait et qui porte tout par la force de sa parole. Du ciel, il a abaissé sui nous im regard de miséricorde, et, touché de nos malheurs, lui qtii était impassible, a voulu souffrir ; éternel, il a voulu naître et mourir dans le temps; imiîiense, il a voulu se faire petit; infiniment grand, il s'est anéanti lui-même en prenant la forme de l'esclave.

2" Pro f/uibus ? Pour l'homme. Quid est humo tjuod menior es ejus, aut filius huminis </nonium visitas eum ? Un peu de poussière cl de cendre, un néant rebelle di^ne de tous les coups de la justice, qui peut-être ne payera tjue par l'ingratitude les bienfaits reçus... Et c'est lui que vous ôtes venu sauver.

:{f> Cur? Quel intérêt avait-il à se dévouer ainsi ? Aucun. 11 était i nfinimenl heureux et glorieux avant notre existence, notre bonheurne pouvait rien ajouter à sa félicité ni à sa gloire ; et notre malheur n'y pouvait rien retrancher. C'est son amoiu- seul nui l'a inspiré. Nous ne l'aimions pas et il nous a aimés : nous le fuyions et il nous a poursuivis. Per viscera misericordiœ Dei nostri xnsitavit nos. Sic De\is dileait mundum. Cum adliuc peccatorea essemus. In charitate perpétua dilejci te, ideo attraxite miserans tui. Nos ergo dilif/amus.

h (Juomodo ? 11 lui eût sulïi d'un soupir, d'une larme, d'une prière poiir nous sauver, chacun de ses actes ayant un prix inûni ; mais, pour nous faire mieux comprendre les droits de la justice divine, l'énormité du péché, le prix de nos âmes, redemisti fios Deo in sanguine tuo. Nous lui avons coiîté des souffrances telles que leur seule vue accablait son âme au jardin des oliviers, et qu'au spectacle de ses douleurs les rochers se fendirent. Nous

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lui aTons rr ;Tellation, le couronnement d'épines, les crachats, les

soufflets, le -nt. Regarde, mon pauvre pécheur, Jésus en croix.

Cesl ton Dieu. \ois a quel état il s'est réduit. Voilà ton œuvre. C'est ainsi qu'il expie ton oriruoil, les sensualités. N'auras-tu pas une larme de compassion sur ton Sauveur qui t'a aimé jusmi'à l'excès, et ne tireras-tu pas

2170. Il Lf f roiiséuue lices qui découlent pour toi de ce mystère T 1° Effets de •rt. Par ses maux il nous a acquis tous les biens ; par ses

8(1 . is a mérité la béatitude ; par ses chaînes il nous a affran-

chis de 1 cscld\age du démon ; par la sentence de mort qu'il a subie, il a levé la sentence de malédiction portée contre nous et l'a clouée à sa croix. Par sa mort il nous a rendu la vie de l'àme, prélude de la vie éternelle. De là 2'> Que/ les o/j/ii/ations découlent pour nous ? i) Peccata nostra ipse jitrtulit in corpore suo super lignurn ut (a) peccatis mortui. Qui de nous voudrait poser encore la cause de ses souffrances ? n'est-ce pas assez qu'il ait souffert une fois de si cnielles douleurs ? Voudrions-nous le crucifier de nouveau ? Voudrions-nous rendre son sang inutile ? donc peccatis mortui. ^é\ j....t.ti.p civamus. 2) Empti estis pretio mayno. Non estis vestri. Nous SI lutant plus à lui, avec tout ce que nous avons et tout ce que

nu;. < "l'ii i^'>n< .1 payés plus cher. .Mais ce qu'il demande surtout

c'est n fili mi, cor tuum. Quelle injustice de garder ce

cœur Y - . -<: ou de le donner aux créatures ou au démon !

Christut mortuus est et resurrejcit, ut qui vivant jam non sibi v^vant^ sed pro eo qui pro ipsis mortuus est et resurrejcit .

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