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LE CDLTB DE MARIE

Ce qu'on aurait noios facilement prévu, ce qu'on aurait pn même croire impossible, parce que sa délicatesse, sa conscience et ses vœux semblent y répogner, et que d'ailleurs rien de pareil ne s'est jamais lu dans l'histoire, c'est que, toujours épalement cir- Cv'>n<pecte et saintement ombrageuse en tout ce qui a irait à la garde de sa pudeur, inébranlable dans la fidélité i ses serments de fiancée du Christ, elle n'ait pas craint, sortant de sa retraite, de reporter au milieu de nous le lis de sa pureté, de se remettre en contact avec ce monde qui lui avait semblé si <iangereux pour elle, et dont elle avait été si heureuse de sortir. Ahl si l'amour de Dieu l'en retira, l'amcur du prochain l'y ramène. Le culte de la pudicilé lui conseilla la Tuite; elle revient conduite par la charité. Porte de la protection de Celui à qui elle 8'e.<!t consacrée, elle vient dire à ce monde dont elle a su rompre le? lims: Si je t'ni dérobé mon coeur pour le donner à meilleur Matire, je ne te suis pas devenue étrangère. Tes pompes, tes joies, tes plaisirs, je les dédaigne ; mais tes malheurs, les ml«ères, j'y compatis. Tes malades, tes pauvres, tes délaissés, confie-les moi. ce seront mes enfants: j'aurai pour eux un cœur de mère, et si je ne puis entièrement euèrjr leurs maux, je saurai du moins en émousser la douleur, en adoucir l'amertume. La retraite, le recueillement, la prière qui approvisionnent la vertu, les oeuvres de charité qui la dépensent, ne sont-ils pas les deux coefficients de la térilable piété f

La Mère du Christ ne fut ni toujours solitaire, ni toujours contemplative. Coopératrice généreuse, elle seconda son Fils divin dans l'œuvre du salut universel, et le Calvaire dut trembler sur ses fondements k voir leurs cœurs si puissamment unis, dans les larmes et le sang, pour la fon»ommatinn d'un même jacrifice.

La Vierge s'en souvient. L'Eglise n'efl-elle pas le Christ continué, le Christ mystique, poursuivant toujours k travers les temps sa mission de Rédempteur? Le monde n'est-il pas pour lui un calvaire où s'accomplit sans discontinuer le mystère de ses douleurs ?

A l'exemple de Marie son modèle, la vierge chrétienne veut être près de lui, concourir à son œnvie. avoir part à ses travaux, à ses souffrances, aux fruits de son immolation. Ne sait-elle pas d'ailleurs que le Christ a voulu se créer avec les pauvres, les faibles, et les petits, la so'idarité la plus inviolable? Elle entrera donc avec toute l'ardeur de son Ame, dans l'ordonnance de celte divine solidarité. Les malheureux, les affligés, membres souffrants de Jésns-ChrisI, seront les privilégiés de sa maternelle sollicitude. Pour eux, elle prendra dans le monde un rôle actif, laborieux et public ; elle s'arrogera un ministère d'aflTeclueuse compatissance, d'infatigable charité, fécond en œuvres d'assistance matérielle, mais surtout de prt'servalion ou de rénovation morale.

Isolée, son action «prriii uon féconde, la puissance est dans l'union. Elle recherchera donc la collectivité; elle f groupements et deviendra légion ou phalange. Des so-

ciétés, familles ou c s religieuses naîtront partout sous le souffle inspirateur

de Marie et marrlier><rt i"u^ sa bannière dans unei>im{nle et pacifique croisade pour le soulagement et le salut des malheureux.

De ces familles ou congrégations qui pourrait nous en dire le nombre? L'Eglise p 'ur le.'? produire, est douée d'une inépuisable fécondité. Elles sont un des plus beaux nrnements de sa parure, et dans son ciel semé de tant d'éioiies de grandeur et d'éclat variés, des constituent de bien gracieuses et magnifiques constellations. S'mspirant toutes d'un même zèle. obéiS.«ant toutes au même amour, auquel chacune dans sa mani* feslation donne son caracttre particulier, sa couleur, ou sa nuance, elles réalisent délicieusement la variété dans l'unité.

Quel ravissant spectacle que celui de cette innombrable armée de cœurs purs. d'Ames virginales qui s'élancrnl chaque jour, chastes et douces amazones, pour combattre le mal S'ios iMîlP'! firmes et .i^rirher les flmes au péril, au mslhetir et à la perdition t

Ce qui iioissrment e armée salutaire,

c'est qn. -r les cadr. .écher le recrule-

me"' ■ .-..r,. ... («u seulement

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ae ' non de ces fam> n'a.«pirenl à rien

moin^. •nrrtiiun. ijii a i ,icr.i().Trement et an m(>n(>(i'. • ' 'o toutes

les infirmités. KUes se plient A toutes les exiRrncr-^ une la

per«picarilé du rpi-.niil iiinr (irr. nv m li ul i,nM\(au U les dc

la charité poi, ni de leur lele et de leur gé-

néro.»ité . Vie ti», vertus éch"(!é»s, m«l)i<1e«

de l'Ame et ma al' > -Je i '»

secrets, tout renirera d i

a'eniasser dans ce« ""■' leurs, les membre»

tissantes émissaire-

et du carnage, elleii app<iratii»nl encore cumme de» angt > '^

mourants sentiront la caressante dooccur de leur main. le

leur parole. Chose plus étonnante encore f Comme s» ce n >ni' i>i- «i^'t-» y ur ,m . rrga chrétienne de remplir parmi nous ce beau minisiér* de la charité, la voilà qai veot

1031 FÊTES T)lî LA SAINTE VIEUGE

s'associer encore aux travaux l<iiauins de l'apostolat, et, pleine de courage, auxiliaire d'inestimable valeur, elle s'en va. n'importe dans quelle région, si meurtrier qu'en soit le climat, porter son roncourR à l'œuvre du missionnaire.

i\>>'2. ' ' (iand la giflcedu Christ, la famille, en pénétrant de son souffle

l'esprit la fociélé te ut entière et porta le niveau moral des peuples à

une bau , . ^u-qi elà.

La dévotion a Marie peut, à bon droit, revendiquer sa bi'n large pari dans la merveille de crtte iéf,'énération ; mais elle ne devint, après l'adora'ion donnée au Chrisi, la plus grande puis.<ance civilisatiice, que parce qu'elle est la plus féconde source de vertu.

Les vertus de toute sorte écloscnt, en effet, rà et là, comme en un piintemps perpétuel, dans if s jardins de Marie, et touti's |>laisfnt à son cœur. iMais il en est une qui est plus partii'ulièren.ent sa lliur Iiien-aimée et sur qui elle repose ses plus tendres et plus compatissants ret^ards: c'est le lis de la pureti* virginale.

Dans les divers états de fd v.e, la femme chrétienne a trouvé dans Marie son modèle, son encouragement, sa joie t u sa consolatii n ; mais c'est surtout comme Heine des \ iergesque Marie a fait naître dans les cœurs les olus saints dt^sirs de marcher sur ses traces et lui former cortège. Le culte ilo la virginité volontaiie, ce magnifique triomphe de l'âme sur les .«ens, qui élève, tehn la juste appréciation de saint Chrysostome, un être faible l'.t mortel au-dessus >ies anges mêmes, ce culte est le fruit le plus spontané et le plus beau de la dévotion à Marii;.

Toutes ces h'gions d'Âmes putes et virginales qui, sous la bannière de l'Immaculée, p.issent de géni-rationen génération à travers ui! monde qu'elles édifient, sont peut-être da.Ts l'Eg'ise catholique, le phénomène le plus g'orieux. Consacrée par la religion, la Virginité, loin d'être stérile, pcssède, dans l'ordre spirituel et moral, la plus heureuse fécond. t**; car, outre son méritr particulier comme vertu personnelle, elle est d'ordinaire l'hôte dett plus nobles cœurs, i inspiratrice des plus beaux desseins, l'instrument des œuvres féoondes, la source des dévouements généreux, la compagne obligée de l'Apos» tolat.

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