SEPT DOULEUBS DE MARIE
mort de Jésus, clic est prête à mourir avec lui pour nous ouvrir le ciel. Klle nous onfante dans la douleur; mais quel n'est pas son bonheur de nous donner la vie î Que nous lui avons coùlo chor !
L'enfant ne sait pas re qu'il a coiîIp à sa mère. 0 vous qui perdez votre Ame. vous ne conjprenez pas oe que Jésus et Marie ont fait pour la sauver ! n'oubliez pas les gémi de votre Mère: ne renouvelez pas ses dou-
leurs en rouMuvelant V( • s à Jésus. Mais plutôt, venez au pied de la
croix, et ! ' - [ii nés m jurez une haine implacable au mal : haine
au vire, Il I, haine au plaisir. Anges saints, qui recueillez les
larmes lic .'iiiif. n- uiillez aussi nos serments !
M04. Autre plan sur les Sept Douleurs de Marie, d'après Bossuet. Une (rrandé douleur nous louche d'autant plus que nous la voyons plus résignée; par conséquent rien de plus capable de nous ém<juvoir que Marie an pied de la croix de Jésas. Si Dieu l'a amenée au Calvaire, ce n'est pas sealennent pour qu'elle eût le cœor percé d'un glaive de douleurs, mais afin d'en faire une copie fidèle de Jésus. Conlemplon&-la. Les rayons du soleil réfléctiis par un miroir redoublent leurs ardeurs; la Passion dn Sauveur réfléchie dans le coeur de Marie nous paraîtra plus capab'e encore d'embraser nos &mes. Dans la passion, il y a les souffrances de Jésus dans son humanité qui s'est faite victime pour nos péchés ; il y a dans son àme la soumission à la volonté de son Père qui apaise sa justice irritée par la dé*obéissince de l'homme ; il y a la fécondité de son sacrifice : le plaisir de notre premier père coupable nous a donné la mort, la mort cruelle de Jésus innocent nous rend la vie.
Vierge immaculée, venei prendre part i ce mystère. Approchez de la croix pour recevoir l'impression de irois traits de ressemblance avec Jésus crucifié. Slabat j txta cructm, et un glaive de douleur la perce comme une victime; Stabat, sa douleur est forte et résignée comme celle de son Fils, et celui dont elle imite les soufTrances et la résignation lui communique sa fécondité. Ecce filius tuu$.
9?0S. 1. Marie au pied de la croix en ressent les douleurs. Il y a une union étroite entre la mère et son enfant. C'est Dieu même qui l'a faite, car il attache d'abord l'enfant an sein de sa mf>re, de telle «lorle que leur nourriture et leur vie passent par les mêmes canaux et courent ensemble le même péril ; ils ne font ensemble en quelque sorte qu'une même personne. Quand l'enfant vient au monde, le lien de cette union n'est pas rompu. L'enfant commence au contraire à occuper plus de place dans la tendresse matern<>lle, tellement qu'aussitôt que l'enfant s'ai^ite, les entrailles de sa mère s'émeuvent. Et la mère vit (' ' son enfant que pour elle-même, v ■ "hananéenne aux pids de Jésus ; • < cris, et voyez si vous pouvez d snufTre le plus d'elle-même ou cr . , Ayez pitié de moi, i\i-e\\e, 6 fili .. . ...l,ma fille
e*t tourmentée par le d'-mon. Si elle veut qu'on ait pitié d'elle, qu'elle parle donc de $e^ mnox. N"n, eUe parle de ceux de sa fille. Pourquoi exagérer mes douleurs ; n'est-ce iiaux de ma fille pour me rendre digne de pitié? Il me semble que je la 1 ins mon sein, puisque, aussitôt qu'elle est agitée, mes entrailles sont • luu..- ^ r . bOufTre, j'en sens la douleur, et les traits de la fureur de Satan arrivent jusqu'à mon àme.
Tout ce que nous voyons dans la Chananéenne n'est qu'une image imparfaite de ce qu'éprouve Marie au pied de la croix. L'amour de Marie est incomparablement plus fort que celui de tonte mère. C'est 'jne l'amour de» autres mère» p->ur leurs enfants
vient de ce que la nature les a !• i^' Marie vient de
plus haut. M'I're sans cesser d'<^ du Saint- Rf pi it,
et C'r4t II '-Il lui II. .'m.' nni l'.i * ..,., .^ „ , .. ^ „.. en Su» l'd-iir un
aiC' I ; amour qui dépssse par
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^ in l'crt- c(;:c»!e. Le l'Oïc et le Fils piria^^ent dans l'i et le Fil» partatrent dans le temus une mé.ne souffram
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Pour les t irlorer le» claive», l^« fonetu et le» antres instruments de supplice ; mais
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Cbrisi et ne le console pas, qu'il partage avec lai tes douleurs et ne le* dionoBe paa ;
ao contraire, il se voit forcé de redoubler les paioes du Fils, en les communiquant à la Mère.
Marie est donc au pied de la croix associée aux douleurs de Jésu», elle est victime avec lui.
Ah ! Marie ne peut plus supporter la vie ; depuis la mort de son bienaimé. rien n'est plus capable de plaire à ses yeux. Ce n'est pas pour elle, ô Père éternel, qu'il faut faire éclifiser votre soleil ni éteindre tous les feux du ciel, ils n'ont déjà plus de lumière pour ci'ite viergt»; il n'est pas nécessaire que vous ébranliez les fondements de la terre, ni que vous couvriez d'horreur toute la nature, ni qne vous menaciez tous les éléments de les envelopper dans leur premier chaos; après la m( rt de son Fils, tout lui pardtt â^jk couvert de lént>bre.<; ; la fi}?ure de ce monde est passée pour elle; et de quelque côté qu'elle tourne les yeux, elle ne découvre partout qu'une ombie de mort: Quidquid aspiciebam, mors erat (S. AutiusT.)
C'est ce que doit faire en nous la croix Je Jésus-Christ. Si nous en ressentons les douleurs, le monde ne peut plus avoir de douceurs pour nous; les épines du Fils de Dieu doivent avoir arraché ses ficturs ; et l'amerlutrie qu'il nous donne à boire doit avoir rendu fade le guût des plaisirs. Heureux mille fois, ô divin Sauveur, heureux ceux que vous abreuvez de votre fiel ; heureux ceux à qui votre ignominie a rendu les vanités ridicules et que vos clous ont tellement attachés à votre croix, qu'ils ne peuvent plus élever leurs mains ni étendre leurs bras qu'au ciel ! Ce sont, mes frères, les sentiments qu'il nous faut concevoir, durant ces saints jours, à la vue de la croix de Jésus. C'eRt là qu'il nous faut puiser dans ses plaies une salutaire tristesse; tristesse vraiment sainte, vraiment fructueuse, qui détruise en nous tout l'amour du monde, qui en fasse évanouir tout l'éclat, qui nous fasse porter un diuil éternel de nos vanités passées, dans les regrets amers de la pénitence. Mais peut-être que cette tristesse vous paraît trop sombre, cet étal vous parait trop dur ; vous ne pouvez vousaccoummer aux souffrances. Jetez donc les yeux sur Marie ; sa constance vous inspirera de la fTineté, et sa résignalifin va vous faire voir que ses déplaisirs ne sont pas sans joie.
"l-lMi. 11. Sa douleur est forte et résignée. La douleur est comparée dans l'Ecriture aux flois de la mer ; car elle agite l'&me comme une tempête. Nutre-Seigneur a dominé les flots de diverses manières, comme nous l'apprend l'Evangile ; tantôt il a commandé à la mer agitée et aussitôt il s'est fait un grand calme. Il arrive ainsi qu'au plus fort des souffrances, la grâce console l'àme au point qu'elle ne sent plus Je douleur. C'est ce qui arrivait à .saint Paul, superabundo gaudio in omni tribulatione. Dans une autre circonstance, Notre-Seigneur laisse aux flots liur agitation; les Apôtres crient : Seigneur, sauvez-nous, nous périssons ; mais Jésus leur rf^proche leur peu de confiance en lui et les rassure. De même, noui sentons parfois les angoisses de la douleur, mais la grâce nous rassure et nous nous résignons, tout en étant troublés. Enfin, Notre* Seigneur, au fort de la tempête, marche sur les eaux avec une merveilleuse aisance; et. foulant aux pieds les fluts irrités, il se glorifie de braver cet élément indomptable, même dans sa plus grande furie. Ainsi parfois la d(iuleur sou'ève toutes ses vagues, et l'àme généreuse reste assurée au milieu de ce tumulte des flots qui la touchent sans l'ébranler. Cette dernière manière de supporter la douleur est la plijs noble, et c'est ainsi que soufT'e M:irie au pied de la croix.
Il est vrai que la tristesse élève avec une effroyable impétuosité ses flots, qui semblent tantôt menacer le ciel en attaquant la constance de cette Vierge -Mère par tout ce que la douleur a de plus terrible ; laniùl elle creuse des abimes, lorsqu'elle ne découvre à ses yeux que les horreurs de la mort; mais ne croyez pas qu'elle en soit troublée. Marie ne veut point voir cesser ses douleurs, parce qu'elles la rendent semblable à son Fils; elle ne donne point de bornes à son alfliction, parce qu'elle ne peut contraindre son amour : elle ne veut point être consolée, parce que son Fils ne trouve point de consolateur. Elle ne vous demande pas. ô Père éternel, que vous modériez sa tristesse; elle n'a carde de demander ce secours, dans le moment qu'elle voit volie colère si fort déclarée contre votre Fils, qu'elle le contraint de se plaindre que vous-même le délaissez. Non. elle ne prétend pas d'être mieux traitée; il faut qu'elle dise avec Jésus-Christ que tous vos flois ont passé sur elle (Ps. xli, 8) ; elle n'en veut pas perdre une goutte, et elle serait fâchée de ne sentir pas tous les maux de son Bien-Aimé Donc, mes frères, que ses douleurs s'élèvent, s'il se peut, jusqu'à l'infini; il est juste de les laisser croître; le Saint-Esprit ne permettra pas que son temple .^oit ébranlé: il en a posé les fondements sur le haut des saintes montagnes: Fundamcnta ejits in montibus sanctis (PsALM. Lxxxvi, 12) ; les flots n'arriveront pas jusque là; ni que celte fontaine si pure, qu'il a conservée avec tant de soins des ordures de la convoitise, devienne trouble el mêlée par le torrent des afflictions. Cette haute partie de l'àme, en laquelle il a mis son siège, gardera toujours sa ^érénité, malgré les tempêtes qui grondent au-dessous.
Si vous voulez savoir la raison de ce coiirage, de cette constance de Marie, remarquez avec saint Jean Chrysostome, que Notre-Seigneur, tremblant au Jardin des Olives et suant le sang sous l'influence de la crainte, se montre d'une force incomparable pendant les tourments de sa Passion et ju«qn'à sa mort II a voulu sans doute nous montrer par son agonie qu'il était sensible à la dou'eur, et par son courage au Calvaire qu'il savait en triompher. Mais au&si l'assurance tranquille qu'il manifeste sur la croix nous
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fhit voir qu'il y oflre son sacrifice à son Père, et ancaoe action ne demande an esprit pla< ']ae le sacrifice. Apprenei-le, vous qoi assistez au 8acrific« de la croix
peri ^ autels.
J. • ■ Darall troublé au mont des Olives; mai» c'est un trouble volontaire,
dit > ;ii'il lui plaisait d'exciter lui-même. Pour quelle raison, Chrétiens?
c'es! rail comme la victime; il voulait agir comme victime; il prenait,
si l'on peiii parier iie la sorte, l'action et la posture d'une victime, et il la laissait traîner à l'autel avec rr-tyeur et tremblement. Mais aussitôt qu'il est à l'autel, et qu'il commence à faire la fonction de prêtre, au.«$iiùt qu'il a eu élevé ses mains innocentes, pour présenter la victime au ciel irrité, il ne veut plus sentir aucun trouble, il ne fait plus paraître de crainte, parce qu'e le «embie marquer quelque répugnance ; et encore qua ses mouvements dépendent tellement de sa volonté, que la paix de son âme n'en est point troublée, il ne veut plus souffrir la moindre apparence de trouble; afin, mes frères, que vous entendiez que c'est un pontife miséricordieux, qui, sans force et sans violence, d'nn esprit tranquille et d'an sens rassis, s'immole lui-même volontairement, poussé par l'amour de notre salut. De lA, cette action soumise et paisible qui fait qu'au milieu de tant de douleurs, il meurt plus doucement, dit saint Augustin, que nous n'avons accoutnmé de nous enilrrmir.
Voilà, Chrétiens, ce grand mystère que j'avais promis de vous découvrir; mais ne croyez pas qu'il soit achevé en la personne de Jésus-Christ; il inspire ce sentiment à sa sainte Mère, parce qu'elle doit avoir part à ce sacrifice ; elle doit aussi immoler ce Fils : c'est pourquoi elle se emporte aussi bien que lui, elle se tient droite au pied de la croix, pour marquer une action plus délibérée : et malgré toute sa duuleur. elle s'offre de tout son cceur au Père éternel pour être la victime de sa vengeance. .Mes Fières, réveillez vos attentions, venez apprendre de celte Vierge à sacrifiera Dieu constamment tout ce qae vous avez de plus cher Voilà Marie an pied de la croix, qni s'arrache le cœur, pour livrer son Fils unique à la mort : elle l'ofifre, non pas une fois, elle n'a cessé de l'offrir depuis que le bon Siméon lui eût prédit, par l'ordre de Dieu, les étranges contradictions qu'il devait souffrir. Depuis c» temps-là. Chrétiens, elle l'offre tous les moments de sa vie; elle en achève l'oblation à la croix. Avec quelle résignation? C'est ce qu'il n'est pas possible que je voas explique. Jogez-en vous-mêmes par l'Evengile et par la suite de ses actions.
A- li dit Siméon, sera mis en butte anx contradictions; et votre âme,
{> M d'nn glaive. Parole effroyable pour une mère I II est vrai que ce bon
vie ■■" '■■! particulier des persécutions de son Fils; mais ne cmyez pas,
Chr rgner sa douleur; non, non, ne le croyez pas; c'est ce qui
l'af!' e ne lui disant rien en particulier, il lui laisse appréhender
tou <.ar est il rien de plus rude et de plus affreux que c<>lle cruelle suspen-
si<'f menacée de quelque çrand mal, et qni ne peut savoir ce que c'est? Ah l
ceit. ^ ' ' ' . - ,^g jg toutes ■ ' '■?.
tou'e- : ! - 1 ne sait di i
mettri? .-ij ja: ;, __ . ■ C'est là qu^ ■ , *
ingénieuse pour ia tonrmpnter, ne pouvant savoir son destin, ni le mal qu'on lui prépare, va parcourant l^us les mfltix les uns apr'^s tfs autres, pour fsire «on snr>plice de tous; si bien qu'elle som^
toute celte inquiétude in. '.
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