CONSEILS PRATIQUES AU PRÉDICATEUR
• niniuns CCS roiiscii.s •■iiix m.inrcs ne 1:1 vit' iiiiDSioliijiic. n'is
• lis do Salos, saint Vinoenf «le l'an), saint IJifiion. saint .1 ne I iiri-Maiii'ife, Le Jeune, Uri<laine,ele.., les puisant soit dans leurs
Il lours écrits, soit dans les manuels qui les ont recueillis avant
iKins un premier chapitre, nous résumerons les conseils qui doivent régler
..li.ii.. .1.1 "II. iiteur cil général; dans un second et dans un troisième,
' dans sa manière d'annoncer In parole de Dieu et d'en-
CIIAriTRK PHI^MIKK RÈGLES DE CONDUITE DU PRÉDICATEUR
<!o qiiO nous <lirons hrî»'»vr»menl thins ce eha|>itre deninnile h être relu il et A être médité - m'ut devant Dieu. ('.»' n'est iiu'aprçs i|u'un
iiin lui eut pm'iiié h i-c un rliarlxin oudiiasc qu Isaic usa dire;
70. mifft' me. (la. vi. .>; >'• citie /// rsse mumttt sttideut nuiiiua, ffitiv '■ sorJes rurnt, dit suint (irégoir»*. (l'u4loral. c. 11.) fenatori, dt.vit
i\) Nf»u» nvonfi ri' If Manuel ^u Mitt(ni>nnirf \Mr Ir H. I'. NAn>|>. ^
,!.■ ilr Jriilx. cl Ir- U • (>ar le F*. I'. I><iinin(;i-I, M«ri»tc.
l(i RKOLKS DR CONDUITE
I>pu8. quore enarras justifias meas. Tu vero odisti disriplinam. (Ps. xi.iv. ir».) (JuHs fniils ps|M'ror rl'iin arl)re qui n'a plus «le sève :* Quelle edicacit aurait la parole <le celui qui no puiserait pas la vie dans l'aniilit' «le Dieu Si <juis in me non manst-rit, tnittetur foras ut patmes, et coHigent eum, et in ignem wittent et ardet. Sine me nutil potestis farere. (Joan. xv.^
Aussi saint Léonaril de l'ort-Main-ice dil-il, dans ses Maximes pour les mis sions : « Los missionnaires (ârheront d'exeroer leur ministère avec une purei' angôliquo. se conl'ossanl ojiaque matin, secouant toute espèce de tiédeur. « Si la fonction <pie vous laites, dit le I*. Le Jeune aux prédicateurs, vous esi une occasion prochaine lie tomber dans quelque péché mortel, quittez-la • > vous faites chartreux ou honédictin, «pielque grand fruit que vous fassiez Dieu demande de vous votre salut et la fuite du péché, plus que le gain d.. toutes les ftmes. »
25. Ce n'est \n\s assez de la grAce intérieure. Sic luceat lux vestra coran hominibus ut vUteant opéra vestra bona, et filorificent l'atrem vestrum qui in cœlis est. (.Mat. v. 16.) <( Kn quohpie endroit (pie vous donniez la mis sion, dit saint tiharlos Horroméc aux (Iblats tie saint .Vmhroise, que votr physionomie, votre démarche, votre tenue, votre conversation, (pie toute I i composition de votre extérieur et de votre intérieur, soit rex|»ression vivant, des règles (jue vous avez à observer, comme religieux, comme prêtres, eomiH' missionnaires, obligés surtout à ce titre, à donner les meilleurs exemple- Plus vous éditiorez [)ar l'éclat de vos vertus, mieux vous remjdirez voir ministère. Raii[)olez-vous surtout (pie rien n'est plus utile pour porter î\ Dici, les fidèles qu'une grande dignité dans l'administration des sacrements Nomottez rien, surtout dans la célébration des saints mystères, de ce qui peut les élever de Ihomnie à Dieu et de la terre au ciel. <> {(2itè par le P. jXampon.) L'Kglise sosl sans comparaison plus étendue, enrichie et mulii pliéo par lesexemples dos saints, i[ue [tar les discours des hoimnes éloquents dit le P. de Grenade. {Rhélor. TH.)
2:t. Donc, cum mulieribuSjSermo rarus, brevis, austerus, ou au moii: grave. Solus cum solasine arbitra non sedeas. (Hieron.) Pepif/i fœduscun orulis meis,ut ne cogitarem quidem de virgine. (Job. xxxi, 1.) « Les mi< siontuiires, dit saint Liguori, auront soin de tenir les yeux toujours mo<l' dans l'église, dans les rues et dans les mai.sons où il y a des femmes. ', sachent que le peu|)le est très attentif à observer, si «pielque missionuan regarde les femmes en face. » (TomeXVL p. 'M^.) a Ils éviteront toute inti mité avec toute personne de l'endroit ; ils s'abstiendront d'entrer dans les maisons sans nécessité et sans la permission du supérieur. » (Page 31 i.)
(( Durant la mission, dit saint Léonard, on ne fera aucune visite de pure politesse. Nous ne nous laisserons voir (uic sur l'estrade pour prêcher, à i'autol pour célébrer, et au tribunal de la pénitence pour administrer co grand sacrement. Dans les autres lieux, nous ne nous arrêterons pas poin tenir des discours inutiles. On ne permettra jamais que des femmes, de quel (pie condition (pie ce soit et sous n'importe (luel prétexte, mettent le pieil dans les chambres où nous serons logés. Celles-ci seront cependant maintenues dans un ordi'e décent» (par les missionnaires sans doute). Sain' I^iguori étant évèque de Sainte-Agathe, avait porté l'excommunication contre tout prêtre qui recevrait une femme dans sa chambre. Qu'on n'entre pas dans la cuisine des presbytères : on le doit au moins à l'édification du cler4{é(l). ,
'ii. <( Que chacun s abstienne de négocier des mariages, continue saint Léonard, de placer des servantes et de traiter d'autres affaires semblables propres à produire mauvaise impression et peu de fruits. Les missionnain
[\) Le saint Pape Grétroire VII venaîl (3e monter sur le Sièire Apostolique ; Dieu lu! avait donné 1
cluii des lar~- ' • il-"-!"- .1....1. ...-^ ..... ..^r^.. «« .:. .1 ^ 'i iivuc drs maux de l'Eglise, ■■
trouvait 11 > ml le Soitfueur.
L'ne d'- !'• •••iii' l^imlifc pour l'éj^HVcr
sur ;
trouver la c-'iusr ; rt h li I)M I.i >:i\\di- \ iirjjc liii r.iil . oini.iiliT ^
cbitimeot de relie familiarité qui ne (Xinrenait pas & son ordre.
HiH- i''.Ur si'< lii-i. ssc nu il i-j)i. iijM; çst nu
i>t) rRÉDÎCAfElR 1?
Ifvronl surtout donner le bon exemple au confessionnal, évitant d'attirer
' ■ -'onts, principalement des femmes, par des paroles affectées
it de petits objets de piété. On recommande à tous la sobriété
'■■■ Mise dans le boire. Le vin pur occasionne une nndti-
iixchez ceu\ qiù doivent passer toute la journée à en-
. .., ..>ions. >) Saint Liguori remanpie «pie des missions ont
.<•, parce que les missionnaires faisaient bonne chère. 0"»*» se 'Innc de toute exigence à table et ailleurs; et que l'on cherche
• le à persuader à ses hôles de traiter les ouvriers de l'Evangile avec
•nard ne permettait aucune exception A la règle de ne pas accepter
Il dans le dclii>rs. Il ne voulait pas qu'on élevât la voix dans les
K'I'.is. même pour île bons motifs. « Bien qu'on puisse se fiermeltre quelque
' Il '• pour récréer l'esprit, <lit-il, il faudra néanmoins prendre garde de se
•:• aller à une joie dissolue, à des plaisanteries dignes des gens du monde,
> puérilités ou à des manières déplacées. Dans les vovages. il faudra
rver attentivement, alin de garder toujours les règles de la modestie
•iiso pi d'une extrême prudence. » Ce conseil doit être surtout suivi.
■ iche du lieu où l'on doit exercer le ministère, et qu'on peut
V des personnes qu'on aura A évangéliser. Saint Ligiiori écri-
>aii il 1111 il.' s 'S religieux ipiil chargeait de la direction de plusieurs missions:
Fendant ocs inissiuns ne laissez pas aller les Pères en promcnaile dans la
1 - 'lis certainement se scandalisent, en voyant les missionnaires
lier, il vaudrait mieux ne pas faire de ntissionsque de les faire
M. iii.iiu.re. » (Tome XII, p. 470.) Les jeux, soit en |)ublic soit en pré-
■ de M.M. les ecclésiastiques, auraient autant d'inconvénients que les
,•. .iiionades. Il est des pavs où on ne pai'donnerait pas à un prédicateur de
iiiiiicr. (.'itjus vifa desjticitur, dit saint Grégoire, restât ut ejus prœdicatio
< untemnatur.
i.'i. (ju'on évite toutefois de composer son extérieur avec affectation ou par hypcK-risie. Lédilication que l'on doit aux tidèles n'est que le rayom.eiiicul d'une Ame unie à Dieu. L'amour-[)ropre, mobile des mon<lains, ne saurait être celui du missiiumaire. La passion de l'apotre. c'est la charité, ••'est le feu que .Notre-Seigneur est venu apporter sur la terre et qu'il désire voir embraser tous les (-(purs. l*ei"sonne plus que le prêtre, ne doit avoir cet Dieu qui est la fin delà loi. et «jui fait la matière du premier et du I des commandemenl.s. .Vi liuf/uis homininn loquar et atif/clorum,
I hiii ilulfin autem non hnheam. factits sum velitt œs sonans. aut njmbahim tinnicns. (!. Cor. \Mi. 1.) Qui non onfct non inrendit. dit saint • irégiiire ; et saint Bernard ajoute ; Barbara tinyiia amoris ei t/ni non
II in ut.
joiit piètre doit dire coinnie IWpôtre : Quis erf/o nos scparahit a rhari' tiiti- I Jiristi f trihulatio, an anrjustia, an famés, an nuditas. an periculum, 'l'i / ' '. an ijladius'f C.ertins sum enitn, i/uia net/ue mors, nei/iie
'f'" [loterit nos se/iarare a r/iaritafe iJei. (Boni. vui. li*». ".W. '.tîl.)
" Hi , Mil -..iiiii l''rani;ois<le Sales. <'eux qui aiment Dieu ne peuvent cesser de parler de lui. et ils vouilraienl, s'il était po.ssible. gravei* sur toutes le« ,,..ii,ii,..v !.. ^ tint Nom de Jésus. La charité, étant une vertu aetive, ne peut -sans agir ou |iérir. » Aus^i .saint Vincent de Paul se déliait-il :i de ceux qui se bornent »\ des actes intérieurs d'amour de l'i'i" \i!ii IIS Dieu, me>$ fi-êres, disait-il A sa commimaulé ; mais que ce M, Il ,iii\ ,|.|,.ris de nos bras, que ce soit A la sueur de nos visages... hn cela mon l'ère est glorifié, dit .Notre-.Seigneiir, ifite t'ous rapfiortie: (leaiiroup de fruits... Ne nous trompons pns ; Totmn opus nosfriim in opérations consistit ; et cela est tellement vrai que le saint .\pt^tre nous iléclare qu'il n'y a «pie nos «ruvres «pii n«»us accompagnent «lans l'autre vie. » (Abelly, t. !, 1» 7i.) , . . ^
i»>. SHÎnt l'aul trace d'une manière admirable les caractères <l une chanta (L (lor. \n\.) Patiens est, «lit-il. «i Si le trnv
• sur ce sujet saint Fram.oisile Suies, était colère. ,
U uc serait pas si agréable ui si alTcclioanc. De mèuie, le >iai uic a <ic»
18 kKGLiîS DE CÔNDtJlte
nnicur» PxlnMiiés, mais consoianlos, ferinos, douces, laborieuses, éguleiiictil nimaliles el iiiratigables ; tainlis que le faiixzùle est liirbiiliTit. brouillon, insiiient. Ii«*r. rob'ri-. |iass)ij;er, r>;alouicnl impt'luoux ef im'oiislant. IMiisieurs, par leur zèle iiu|i»'linMix el sans juj{enieu(, ressemblenl h ees nuiuvais (•ouvreurs (|iii (iissiMil plus île luilrs t|u'ils n'en uiellenl. » l/insensibilit»^ des péilieurs iloil i-xiilcr In foMi|>a.ssion el non la «olère. (l'esl une sorte île vi'iij.'1'anre (|ue di' punir les rebuts du péebeiir par les noires. S'il ne se toiiverlil pas. i-'esl peul-èlre pivi'i'e que nous ne sonnnes pas assez apôtres, .Ni- nous arninns doni- que contre nous-nirnies ; et allendonsle moment de la ^M'Are sans désespérer du salid de personne.
Uf/iif/tia psf. A l'éfjard de tous, uiènie des endiuris et des ennemis de Mien. Linum fut/iiya/is non ej/itif/iief. Aiicime parole qui les piii.sse blesser, ni en cbaire, ni même en [tarliculier. On ne cmivertit |>as les bonunes en les bumiliant : on les aijtril. el ils risquent de s'en venger, en nndli|diant leurs rrimes. On risipie dèlre mordu si on irrite un rbien qui aboie. In mot de blAme dit à un conlident. peut être répété et ruiner une eonversion. Certains prêtres, par ees sortes de eonlidenees, se créent des ennenns irrélonciliables. « On doit user de courtoisie envers tout le monde, dit saint Liguori. notannnent en saluant tous ceux que Ton rencontre en cbemin, lussent-ils de la plus basse condition. 11 n'est rien ipii attache le [»euple aux missionnaires et l'attire à Dieu, connue de se voir saluer par eux. » (Tome \V1. p. Mi.)
t> Ayons soin d'abonler fout le monde avec un visage i-iant et serein, écrit saint kranrois Xavier; irarlez dedessus votre ligure tout air sombre, soucieux, dédaigneux. im|)alient. pour ne porter en pul)lic qu'une ligure aimable el pli'iiK* d'amour pour ibacun. » (S'ampon, 50.) n Ayons le miel sur les lèvres, el tout est l'ail d'avance, disait liridaine; c'est, je vous l'assure, la route la plus courte |iour parvenir à la conversion d<'S Ames. » Saint Krançois de Sales ne voulait pas qu'on altaquAt de Iront même les hérétiques ; 0 Oui prêche avec amour, disait-il, prêche assez c(uilre l'hérésie, ipioiqu il ne dise pas un seul mot de dispide avec elle. » — « Si, en la |>aroisse où vous serez, il y a ipielque division, (soyez bienveillant pc»urtous): ne j)renez parti pour persmine ; cela serait cause ipie ceux de la [lartie contraire ne profiteraient pas de vos sermons. C'est la recommandation du 1*. le Jeime. Omnibus innnin fuctus sum. ut omnes facerem sairos. (Juis infirmatur et eyo non infinnorf (I. Cor. i\, 22, el II. Cor. xi, 29.)
27. (iardons-nous toutelois, sous prétexte d'être bienveillants, de tomber dans la l'amiliarilé : « Je reconnnande en mission, écrivait saint Liguori, de ne pas trop se laisser aller avec les gens de l'endroit : il tant agir à leur égard avec grande politesse, mais sans mancpier en rien j\ la gravité... Si nous nous épanchons, rn conversant avec eux, en discourant sur des choses ipii n'intéressent pas l'Ame, ils découvriront en nous mille dél'aids, et ils ne seront nullement édiliés... Siipielqu'un ne se corrige pas en ce point, je .serai obligé de ne plus l'envoyer en nnssiim. » (Liguori, t. .\ll. p. 290.) — O serait un crime si, siais prétexte d'indulgence, on ajqirouvait, soil en public, soit en particulier, un désordre ou les fausses maximes du monde.
2S. .Son ii'mu.ltilur; pas de jalousies à l'égard des autres ouvriers apostoliques, ipi'il tant toujours croire avoir plus de talents et de vertus cpie soi. Sujteriores sihi inrirem arbitrantes. Saiid Kranvois Xavier recommandait de les enloiu'er de respect et de ne laisser pa.sser aucune occasion de leur donner des nuinpies d'une anntié réelle et sincère. Saint Vincent de Paul voulail. que chacun de ses missionnaires cnit, que la compagnie de la mission était la plus r/iédre île toutes par le nombre et In condition des sujets, et fût bien aise ifue tout le monde en parlât aimii. (.\belly, I. I. p. 79.)
Pas de rivalité à l'égard de ses confrères : « Olui i|ui dirige une mission, dit saint Léonard, devra se concerter sur toutes choses avec ses confrères; il ne fera rien sans leur avis, afin de maintenir la concorde. » Il s'efforcera de faire fructilier pour Dieu, les talents des autres, en les appliquant aux fimclions où ils réussissent le mieux, même i donner les avis, s'ils ont pour cela une aptitude particulière.
29. " Les autres devront lui témoigner une juste soumission, n'entreprenant
btî l'RÉDICAtEtJlt lO
Taire <ic consôqnonce et ue s'écarlaiil pas du lieu de la mùssion,
(•(iii(i'il»''s avec lui: sil s'^'lève un dittérend quelconque, c'est au
court et d'am'ler toute altercation, quoifjue léjîorc et
-ju'il. Après avoir nesé toutes les opinions, il décidera ce
.1 liuu devant Dieu; et tous les autres se conformeront à son jiige-
K-un acceptera avec indilTérence le confessionnal, l'emploi que lui
le président, comme aussi de confesser tantôt les hommes, tantôt
-«•. selon que le directeur le jugera bon. » (Léonard, p. 13, n» i'.i.
les missions.)
M>s que chaque missionnaire appelle l'atlention du président
- s u\;.s utiles, que celui-ci pourrait oublier, et le tienne au courant des is qui pourraient courir contre la mission. Il est rarement utile, toutefois,
!• ces bruits en chaire : ce serait les faire connaître à ceux qui les m mol indirect, dit avec prudence, peut suffire à les étouffer. Les ires feront bien fie convenir d'une heure, à laquelle ils se réuniront Utils les jours, pour s'entendre sur les sujets à traiter, les avis à .11.1111-1. ir- bien à entreprendre, les défauts A corriger.
'.¥}. Les conllils entre les ouvriers de l'Evangile, seraient un scandale pour le*! fidèles et pour les pasteui"s. « Sovez unis ensemble, et Dieu vous bénira, ■ li^iil à ses missionnaires saint Vincent de Paul; comment pourriez-vous iiltin-r les Ames à Jésus-tJhrist. si vous n'êtes unis entre vous et avec luiiii.iin' :* \ ,is. / donc qu'un même .sentiment et une même volonté; autrement, .. ^. f li' laiio comme les chevaux qui, attachés à une même charrue, les uns d'un coté, les autres d'un autre; ainsi ils gAteraient et I il tout. •) (Kdit. .Migne. p. 40.^.)
;il. .\'un afjit perperam: elle n'agit pas sans mesure, avec témérité. Elle
est prudente, ne ritaperefur minisfcrium nostrum. F^lle sait se modérer,
.itin de faire le bien plus longtemps. » (."est une ruse du diable, dit saint
\ iiiicnt de Paul, d'exciter les bonnes Ames A faire plus (ju'elles ne peuvent.
;itiii .[il -Iles ne puis.sent plus rien faire. » ,\ussi ce saint recommandail-il à
. .- iM!v-|.,rin!nres de ne pas se laisser em[M)rt(>r par une ferveur excessive
lications, et de ne pas tant élever le ton de la voix, afin de
forces et leur santé.
•VI. .\'>n injhitur: le bien ne fait pas beaucoup de bruit, et le bruit ne
fait pas beaucoup de bien. « .Messieurs, ne nous y trompons pas. si nous
I is l'humilité nous n'avons rien, «lisait encore saint Vincent de Paul.
•• |tas seulement de l'humilité extérieure, mais [>rinci{ialement de
-le coMir et de celle qui nous porte à croire véritablement qu'il n'y
sonne sur la terre plus misérable que vous et moi... Prenez-y garde,
^. .. .,.., .liiez en mission, vous qui parlez en public... Se servir de la parole
'le Dieu pour acquérir de la réputation, c'est un sacrilège. « (.Vbellv, t. L 79,
Sl).)(l)
« Ayez pour unique fin. dit le P. le Jeune, la gloire de Dieu et le salut des ."iiiifs; liiiil II- -mi 11-- tiiiiiiii pas à ce but vous obligera du moins au feu du
I mépriser par les gens du monde. » Les paroles
le ses pnqires exploits n'attirent, en effet, au
inivMonuiiirc que le mcpris. Poursuivre l'estime des hommes, c'est la fuir et
I.. ..lier les déceptions, les amertumes. Disrite a me i/uia mitis sum et
humilis corde et invenietis requiem (inimnhus vestris. (Mat. xi. 2Î>.)
'X.\. JVon est nmhitinsa. 0<'c le prédiialeur aime la dernière place. A ) --ijlise. il ne prendra jamais celle du jiasteiir, ni ne [(résidera point les céréiii. iiien. Il ne souffrira pnsquc M. le curé lui cède sa chambre, ni le soin de I ■ iiii I.i i.il.I. iiu rcftas. 0 (Ju'en publii- et en particulier le mis,sionnaire sache Ml li ' -' :■ -Il devoir strict de faire respecter le clergé, tant régulier que •lit saint Léonard de Port-Maurice; que ce soit notre maxime .le de |)as.ser le temps de la mission en Intnne inteîli.'ence avec les
- iiriN II les prêtres, et lors même qu ils nous seraient très iqqiosés <le n employer jamais d'autres armes que celles de l'himiilité et fh' la floiiceiir, afin
■Ulll
20 IIKOLES DE fiOKDClTE
fluaprès noire «léparl, le bien qui a été fail ne soîl pas^ bicnlôl am'anlî » ,! Vous pouvez bien toulefnis, «lit le P. le Jeune. avpHir les er,cl(^8iasti.iues de leurs .léfauts, mais dou.-cn.cnl. en senet, rbarilablomenl cl avec respect. » Il ne laut pas nt.n plus auibitinnner les oiiiplois (Vlatanls : « Si quelqii un vc.us .lispute la .haire, vous aurez plus dbonneur et de n.éiile de la céder pftur ranio.ir do Dieu, que d'.Mre une o.-rasion de .pierelles. ajoule le I» le Jeune Ne dédaignez pas de faire le catéchisme aux entants et au menu i.oupic, du moins deux ou trois fois par semaine, quelque grand prédicateur mir vous sovez. Il v a souvent plus de prolit et moins de danger qu aux sVrmons.- .. Un causerait un granrl scandale, dit saint Liguon. si I on montrait dirc.lcmenl ou indirectement le désir de faire le sermon, ou I instruction, o,i (niohnie autre exrt-cice dont cm n'a pas été charge; on ineriterail de ne plus aller en mission ou de rester, comme on dit, toujours de côte. » ( I ome W l,
*' J Volez au secours des âmes, écrivait-il encore h ses religieux, mais particulièrement des pauvres, des gens rustiques et de ceux qui sont le plus abandonnés. Souvenez-vous que I>ieu nous a donné la mission d evangeliser les pauvres dans ces temps-ci. Gravez bien celle maxime dans vos âmes; ne cherrbcz (pie Dieu dans les pauvres, qui sont abamlonncs. si vous voulez plaire A Jésus-Christ. « (Let. 2:i7. éd. Castorm.) Les pauvres, infirmes, sourds, dépourvus d'intelligence, à l'extérieur rebutant, qui ne sont que trop de aisses: v(mIiY le loi le plus cher du vrai disciple de Jésus-Christ Les autres ne man.iueront pas d'elle assistés dans leurs besoins spirituels. Ne cédons à personne le mérilc d'exercer le zèle, là où la natm-e ne trouve aucune satis-
"'T.'lidel'ois. dans le choix des fondions, « il faut toujours chercher le plus utile ... écrivait saint François Xavier. Celle règle vous apprendra à ne pas .-uittor la chaire p(»ur prendre le confessionnal, et i\ ne pas interrompre un r'atéchisme. ni à déranger l'heure à laquelle il esl fixé, pour vous enlrelenir avec «pielqu'un en particulier. On n'oubliera pas non plus le mot de saint Liguori • « Le prin.ipal fruit des missions est la conversion des hommes. » C est d'eux surtout qu'il faut s'occuper, comme le recommande saint Ignace.- (.N'ampon, p. 56. Voir n" W» ; 279 et suivants.)
:i4 ;\on qufprit t/uœ sua sunf. Quand il s'agit de recevoir quelques honornircs. soil pour la sainte messe, soit pour les missions, rien qui puisse donner lieu à un soupçon dallachemenl aux biens de la terre. Saint Lec.nard et saint Liguori ne permettaient pas aux missionnaires d'accepter des présents, ui des doureurs. Qu'on ne demande rien aux lidèles pour soi ; non seulement il faut éviter toute quête et tout ce qui aurait l'air d'un trafic, mais même, s'il est possible, il est bon de faire renvoyer après la mission les quêtes qui se font d'ordinaire: et il est nécessaire de s'interdire de les faire soi-même et de les annoncer. .Vo/j f/uœ sua sunt qucerunt, sed quœ Jesu Christt. Donc point lie motifs intéressés. -ici
:i5 \on j>n7a/Hr.« L'amour-propre nous trompe, dit saint François de ^^aies, cl. sous prétexte de zèle, lûche la bride à la mission; je ne nie pas que la colère no soit venue quobpiefois en aide à un zèle véritable ; mais maintenant, c'est plutôt le zèle qui vient en aide à la passion, en couvrant de son nom le plus honteux emportement. » Non cogitât malum. KUe excuse les inicnlions quan<l elle ne |»eul justifier les actions; elle ne remarque que ce qui esl bien; loin de garder le souvenir de ce qui esl mal et de s'en réjouir, non yaudet sufier iniquitate. elle applaudit au triomphe de la vertu et à tout ce qui se fail de bien. Conyauilet autem reritati.
:^G (hnnia suffert. 11 faut être prèl A supporter toutes sortes d amerluines et dcilégoùts. tant de la part des étrangers ipie des siens. « Que les missionnaires dit saint Léonard, se meltenl bien <lans la lèle, qu'ils ne doivent alloiidre de la pari des hommes que désagréments et inquiétude; qu ils s en ré-
(li Saini Fianr..,s ,v, .ns „ ,n,„, m- ..référence que pour le» pauvres : Venez, mes < lier» enfants, leur disll-n Tou^ .le's mon lr.-,or et les dél..c* de n?..n c«-ur. Souvent, il . restait .usqu au so.r au confe!|- »j^na entouré de pauvres, oubliant de prendre aurune nourriture, et quan.1 on le lu. reprochait, rt nTjKTndàil ■ u Uuand je su.» ainsi auprès de ces pau'. re» gens, je ne pui« penser A autre chose ».
DU PBÉDICATEUB 21
jouissent, car c'est la solde courante de ceux qui txa vaillent pour la gloire de !>ieu. j) {Maximes, i, 12.)
37. Omnia crédit. Elle donnerait sa vie pour défendre tout ce qu'enseigne ' . ise; c'est la doctrine du Siège de Pierre, qui la guide au milieu des ténè-
Ifs joiM"s mauvais. Entre les opinions libres, on t'ait de dogme ou de mo- !inaire choisit toujours celles que Home préfère; et il cherche à s la vénération pour tout ce qui louche au Vicaire de Jésus-
• linsl. (Ju U ne donne jamais de mission ni de retraite sans prêcher le respect
p| l'amour de l'Eglise.
38. Omnia sperat. Jamais dos commencements épineux n'abattent le courage d'un apotro. « Que les missionnaires ne sinquièlent point des difficultés <|iio leur suscitent ceux qui ne veulent point de mission, dit encore saint Léonard; car l'expérience démontre que plus les contrariétés sont grandes, plus los fniits sont abondants. .\ plus forte raison, ne doivent-ils pas se déconcerter ilf s'> voir accueillis de quolques-uns d'un air brusque et malveillant. » St Utils pro nobis quis contra nos ?
31). Omnia sustinet. Omnia sustineo profiter e/ecfos ut et ipsi salutem
ratiqiio ce «ju il villa et tribnlatioues me manent ,seil niliil horam vereor. Le soldat peureux.
consequuntur. (Tim. n, 10.) Il pratique ce qu'il en.seigue ce grand .\polre. Vin-
(iiii redoute la peine et s'épargne lui-même ne remporte jamais la victoire. « Le innaire doit avoir un bon dos et le cœur généreux, » dit saint Léonard ; 1 > veilles, ni les longues séances au saint tribunal, ni les prédications incessantes, ni les courses au[>ros des malades, ni les éludc^s longues et laborieuses pour puiser la saine doctrine dans la sainte Ecriluro, dans la théologie, dans les maîtres de la vie spirituelle, dans les oeuvres des missionnaires célèbres, rien ne déconcerte son zèle (I).
-40. Mais le movon,dira-t-on.de nourrir toujours dans son cœur une charité aussi courageuse et aussi constante 1... In meditatione mea e.rardescet ir/nis. La méditation, voilà l'builo <pii alimente cette lampe ardente et luisante. <( L'oraison est un grand livre pour un prédicateur, écrivait saint Vincent de Paul; c'est là que vous puiserez les vérités divines, dans le Verbe élornel |ui en est la source, pour les répandre après parmi le peuple. Il est à souhaiter ' ' ' luaires s'affectionnent beaucoup j\ ce saint exercice de l'orai-son; '•cours ils feront pou ou point de fruits; mais par son moven ii> M niiunNi' -apahles de toucher les cœurs et de convertir les ilmes. »
Aussi ménagoail-il quelque lem|)s de relAclic à ses ouvriers évangéliqiies. Venite seorsum in desertum locum et rei/uiescite piisilfitm. leur disait-il; el pondant ce temps, il voulait qu'ils gardassent oxaclement le silence régulier, leur répétant souvent r[ue la vie d'un nnssionnaire devait être celle d'un chartreux h la maison, et celle d'un a[K')tro à la campagne.
4L L'apoiie toutefois, même au fort do ses labours, ne doit pas perdre île \uesH sanctilicalion; mais au contraire se tenir intimement uni i\ IMou. (Jiii inanet in me et ei/o in eo, hic fert frucfnm miiftum. .Vos veru orafioni et iiiininterio rerbi instantes erimiis. Hans les missions, a le rocueillomenl et la |piMiiijue de l'oraison .sont choses indisitensables, ainsi que les examens. » (Test '»' (jii aflJrme saint Léonard de Port -.M au ri ce; el saint François Xavier écrivait: « (."eux qui s'oublient eux-mêmes, pour [uTudre soin îles affaires d'aulrui. même spirituelles, sont frères germains de ceux qui 'se damnent pour plaire aux hommes. » (Juisibi nei/itum est, rui aiii bonus eritf
Il faut donc donner A l'oraison tout le lem|>s que Yun peut; el si ce temps est trop court, il y faut suppléer en se tenant uni )'i I>ieu le buig du jour, au saint Iribimal cl dans toutes les autres œuvres de zèle. La messe bien dite el
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suivie d'unp fervente m-tion de jrrAces, l'office bien n > ii. . .U' suintes lecliires, (•ourles au besoin : voilA les armes du prAtre en mission. Dans ses nit^ililalions, le missioimalre reviendra souvent sur les considérations (jui peuvent accroître son amour des Ames et le puritier.
Les exemples de Nolre-Seignein'. son lnm)ilil«'. sa patience, son esprit d'orais(»n. son amour des pauvres pécheurs pour lescpiels il a versé tout soft sang, la multitude des crimes cpii se connnetlenl contre la divine Majesté: Opprnhria e.rprobrnnfiitm tibi ccfidpi'unt suner me. E.vitus fK/iinrum deflu.vfrunt oruli mei i/tiin non custodierunt let/em tiiam, le grand nombre' d'Ames ipii perdent un bonheur infini jiour se creuser un éternel abiine, l'exemple des saints qui ont consumé leur vie et subi quelquefois la mort pour procm-er la gloire de Dieu et le salul de leurs frères, celui des soldats, des marins, des hommes de commerce qui risquent tout p<iur des intérêts périssables ; les biens promis i\ ceux qui ont exercé la charité: Venife.henedirti Putris met. possidefe ret/num. Volo ut ubi sutn e(jo, illic sit et minister meus. (Jui ad justitiam erudiunt multos fu/f/ebunt </uusi utella' in per/tetuas rrternitntes. Qui converti feverit pervdtorem tib errore t-iœsuœ, operiet multitudinem percatorum : voilà ce que le missionnaire aura souvent devant les veux. Il y puisera l'hunnlité, le courage, la résignation, le désir delà sainteté par bupielle seul il deviendra puissant en œuvres et en paroles.