IX. — Visitation
iiir». E.rurffCHS Maria ahiit in montana cum festinatione. Le Mystère
lie la Vir! '■ " • quittant sa solitude, si chère pour elle, qu'elle ne s'en
éloit'naii 1, mérite toutes nos méditations. Etudions-le ensuivant
. mifiie qui nous le rapporte, et nous y trouverons de grands
'lui Miiu d'apprendre de l'ange qu'Elisabeth sa parente, dans un âge avanri-. est devenue rnére. Elle doit de la reconnaissance à cette cousine,
'• ■•• ' ' ' '■ tfie son époux a été son propre tuteur, et a veillé sur ses
Elisabeth A cet âge et dans cette situation doit avoir
■'"' '• 'I " l'-i reniant qu'Elisabeth porte et auquel Dieu
I eneure esclave de la souillure originelle ;
uivcur. comprend que le fruit béni de son
li qui sera son préeurseur et qui devra annoncer
. Et ici comprenons quel but nous devons nous
pri.jiiistr <l;ms lins visilus. Il ne les faut entreprendre que pour rendre service
au [ir ■■ Il lin ei surioul pour chercher A le sandilier.
•il' nil .Marie a vu ce qucla charité demande d'elle, elle ne balance
[11*- .elle se lève en toute hAte. \fsrit tan/a mofimina Spiritits
I. Le Dieu consumant que M.irie |)orle dans son sein virvinal, irdeiirs lie la eharilé. Elle ne s'inqiiiele ni de la trauqiiillité il'- -.1 II i.rilier. ni des bienséances du monde qui sem-
blaient ' lin pareil vovnL'e. ui de la longueur de la route.
ni i! ■ ' lit des nionla;.'nes A franchir.
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1058 rÊTKs r»Ë La saiî^te viiîRdG
qu'à se sauver? Le bonlicur n'esl-il pas, m^Tiie dès ce monde, pour ceux qui servent hicii irénrreusemonl? Les uiêclianls ne se préparent-ils pas les déceptions et les remords avec les supplices de léternilé . Exurge r/ui dormis. Levez-vous donc, vous cpii dormez; et coniuie Marie, niettez-vous en route pour servir Dieu cl le prochain.
2*> Marie part, ahiit in montana. Elle va sur les hauteurs, sur les monts, qui sont plus près du ciel, où l'air est plus pur, «pii re<;oivenl les premiers rayons du soleil. Les Sainls aiment la solitude, ils fuient le monde; et c'est pourquoi ils trouvent Dieu. Heureux ceux qui sont appelés à vivre dans la solituile d'im doitre. Les monastères, ce sont \(\ les montagnes qui rapprochent de Dieu. S'il n'y a qu'un petit nombre qui y aspire de nos jours, c'est «pie la foi est moins vive et uu'une jeunesse perverse a perdu le goùi des choses lie Dieu. Klle ne sait plus s'élever sur les montagnes à l'exemple de Marie.
2217. 3'^ Ciim festinatione. .Marie chemine en toute liAte malgré les aspérités de la roule. Les grandes œuvres qu'elle va accomplir la pressent. D'aillem-s, autant la Vierge a à cœur de ne pas quitter sa solitude, autant elle souffre dans les chcnùns. Il ne lui convient pas de s'arrêter en public, à <liscoiu'ir, à voir ou à entendre. In civitateni Jnda. Du reste, Marie va glorifier Dieu ; car le mot Juda signifie louange.
•4" Ht inf ravit in domiitn Zac/iaria- ; elle ne reste pas à la porte, elle entre aussitôt dans la maison de Zacharie. L'Lvangile ne dit pas qu'elle le salue, car le propre <ics vierges, c'est de trembler et de redouter l'abord des hommes. Marie, certes, n'avait rien à craindre; maisl'Kvangile nous instruit. Du reste, Marie ne peut saluer Zacharie, que par signes; car, en punition de l'incrédulilé à la parole de lange, qui lui promellail tm enfant dans sa vieillesse, il était devenu sourd et muet. Le ch.ltimenl de l'incrédulité est souvent en ce monde l'aveuglement de l'esprit et l'endurcissement du cœur. Ah ! malheureux sourds ei muets que les incrédules; ils risquent de rester en cet étal non pas neuf mois, comme Zacharie. mais durant toute l'éternité. Ils seront privés à jamais, s'ils ne se convertissent pas, des célestes concerts des anges, et des conversations ineffables de Notre-.Seigneur et de ses élus dans le ciel.
221 S. 5" Ef snhitnvit Elisabeth. Marie est devenue la Mère de Dieu, la reine de toute créature, elle est élevée par conséquent en sainteté et en dignité au-dessus d'Klisabelh ; mais en elle les honneurs n'ont pas changé les mœurs. Klle prévient sa cousine. « <;ombien est sublime cette humilité qui ne s'élève point dans les honneurs, qui ne s'enfle point par la gloire! Ce n'est pas chose merveilleuse d'être humble dans l'abjection ; mais c est une grande et rare vertu que d'être humble tout en étant honoré. On en voit qui étant devenus riches, de pauvres qu'ils étaient, rougissent de leur extraction et de leurs parents eux-mêmes; d autres qui. ayant acheté par de l'argent leurs fonctions, en sont fiers comme s'ils les avaient méritées : d'autres, que l'ambition aveugle et qui deviennent fiers par les honneurs qu'on leur fait ; et, ce qui est plus déplorable, il en est qui ayant méprisé les honneurs du siècle, apprennent la superbe h l'école de l'humilité, et sont plus insolents sous les ailes d'un Maître débonnaire, qu'ils n'étaient dans le siècle. Plusieurs même qui étaient méprisés dans leur maison, ne veulent pas l'être dans celle de Dieu. N'ayant pu recevoir les honneurs dans un monde où on les recherche, ils en vouilraient là où tous les méprisent. » Ainsi parle saint Bernard. « Il est beau, ajoute-t-il, d'unir l'humilité à la virginité. Combien est agréable à Dieu, l'Ame dont l'humilité relève la virginité et dont la virginité orne l'humilité ! Mais qu'elle est digne de vénération la vierge, dont la fécondité rehausse Ihumilité, et dont renfantement consacre la virginité. » C'est le privilège de .Marie. Privilège (pii n'a pas d'égal ; et, malgn''^ tout, Marie est humble. Voilà le modèle de nos rapports avec le prochain, l'humilité qui s'elTace et qui prévient, la charité, les égards pour tous, pour les supérieurs d'abord, pour les égaux ensuite, et inême pour les inférieurs. « Sans l'iiumilité, j'ose le dire, la virginité de Marie n'eut pas été agréable à Dieu. » (> vierges! point d'orgueil ! L'humilité est aussi nécessaire que la charité. 0 vous tpii cherchez à faire le bien^ respectez comme vos supiVieurs, les pé-
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r;li(yiii^. même les pauvres <]ue vous assistez. Saluez-les les iiremiers, d'un air affable et modeste. C'est ainsi (jue vous réussirez A leur faire du bien.
i'ii9. i>o et audirif sulutationem Muriœ Elisabeth, exuUavit infans et vetiWtd e.<f Spiritu sancto Elisabeth. 0 effet admirable de la salutation de I •' SI humble! (a) Saint Jean-llaptiste tressaille aussitôt dans le
sein n\ Le Verbe de Dieu a laissé ignorer son incarnation à tous les
hommes : saint Joseph lui-même ignore encore ce mystère dont Marie a seule le secret ; et le Dicu-cnfant se révèle à un enfant encore enfermé dans le sein maternel ; et en se révélant à lui, il lui commimique la grâce, et il la lui commimique par Marie. C'est là que commence la mission de Marie, qui est la Iri'siirii-ie et la dispensatrice des dons de Dieu. Voici saint Jean- IJaptisle qui. puiilié par la grAce, connaît son Uédempteur et son Sauveur. Il voudrait déjà s'échapper de la prison qui le retient, il voudrait déjà remplir son rôle de précursein*, et dire à tous : le roici l'Agneau de Dieu. Que tous ceux qui clien-hcnt la grâce, la cherchent [»ar Marie. C'est par elle (b^ que sainte Elisabeth est remplie du Saint-Ksprit, Déjà elle était sainte ; mais de nouvelles limiiércs éclairent son esprit, de nouvelles ardeui"s embrasent son lU'iir. et dans ses transports elle s'écrie : Benedirta tu in muliehbus. (\ oir n. «Mi.) Le Saint-Ksprit excite, en effet, à louer et à bénir Jésus et sa .Mère. Benedictus fructus ventris. C'est un fruit qui ne fait pas t'^iitif^r la fleur et qui ne charge pas l'arbre qui le porte.
->-)»( I 7,» f'fide itoc mihi ut veniat mater Domini mei ad me? Le Saint- '- ' v'i.. > I Msabeth coumie à Jean le mystère accompli en Marie ; et ise de l'honneur qui bu est fait de recevoir son Dieu et sa /""■mihi? Le premier sentiment de lame à l'approche de I ' ■ : car la créature est un néant auquel s'est ajouté le
pc il , oomme Elisabeth. Unde hoc mihi? Mais ensuite elle
se rassure et elle s fiance par le désir vers celui qui est son souverain bien, cl c'fsl ce que manifestent les tressaillements de saint Jean-IJaptiste. Entin, qiian'l elle possède Dieu, elle se réjouit en lui, comme la divine Vierge, et e.rn/tavit spiritus meus in Iteo (C'est là ce qui fait le sujet du sermon de Bossuet sur ce mystère ; mais nous aimons mieux suivre le P. Lfjfunf.t
I fiihi ? (ic bonheur vous vient de la bonté de l)ieu qui s'exerce
df ^ on génération sur ceux qui le craignent, et qui leur fait plus
de >;rà' '.s qu ils n'en méritent. Il vous vient de la tcnilresse de ce Jésus qui veut d'atiord se montrer Sauveur à l'égarrl de votre fils qu'il destine à le laire .unnaiirc au ; i< vient de l'humilité de celle qui, étant
la «crvanlr il la votre.
r> ' ' i la docilité de Marie aux paroles
dt' lit rie llncarnation.
tz.i - .uuyii,/,. n, ,ii-i„i'i iiKii ,",,„i/ium. Uuand nous nous entendons louer, nous en sommes plus charmés (pie rJii pbis délicieux concert ; nous voii'i'"- ■•'■'• "■■- ' -"•II..C r,,.v..,it toujours llattces par les éloges. Marie, an cou >n et la ra[tporto sur Dieu. .Hun àmr ytni if:r
If ^ Mlit'fll <'\:l llcl -rill hiiMi^ ( iM-li's iiil 11.' '
rici
graii'ii-nr, et ipiimd nous publions de\ Mettez un cru-
I ili\ t vant un miroir convexe et boi: ..luit très petit,
Ml' ant un miroir creux, le mu ou- le reproiluil ires grand.
r Hieurt une Ame enllée d'elle-m.'^me; Dieu lui jtaralt moindre qu'un uil.ji l d'un instant, ou <prun plaisir. Présentez-le à une Amehum^ elle le pivr.'fo ,\ loui le reste. .V «es yeux Dieu e»*» <»eul grnnrl. seul .1 d'ai' 'Aalle ; tandis que r ise le raj» ■
1/// in Dfo. Voilà la ^ ic. de la
lui'llf .p'i .i! ■ ' de I ariii' ; la jni.' jusque-la. ei .ue et en rougit. I.
en Dieu, et n • 1 dans ini i.
danse. Uui sr .jue Dieu 1
bic de donner la j..i. ■( i...> , , , ,,,i,.,, . ou quuii. . . . .i..i.. .j.., , ■■..-
106(1 ricTES DE LA SAINTE VIFIRG^:
que ? Les ji)ics qu'il tlonne sont pures, comme la sour.:e nui les produit ; elles ne sonl pas enlées siu- les épines de la jalousie, de la vengeance et d'autres passions. Les joies spirituelles sonl durables comme leur principe ; elles ne passent pas comme celles qui viennent des créatures sujettes au chanjLîement et à l'inconstance. Aux délices que j,'oiite l'Ame li<léle en cette vie. succédera la joie du ciel que personne ne lui ravira.
Kt Marie demeura trois mois auprès d'Klisabeth. L'arche sainteavaitdemeuré trois mois aussi dans la maison d'Obédédon; et à cause de cela cette maison lut bénie. Si la première salutation de Marie produisit de tels elTels, (jue ne durent [las produire ses paroles et ses exemples pendant trois mois ?
Uh! (pielle visite ! (»li ! heureuse maison que celle que visite .Marie. Oh ! Chrétiens, visitons-nous, non pour méilire et déchirer le prochain, ainsi que des mouches s'assemblent sur un fruit qui se gAte, pour en sucer la pourriture; mais pour louer Dieu et sa .Mère, pour nous sanctifier, nous assister, nous consoler ; pareilles aux abeilles qui s'attroupent pour composer des gAleaux de miel. 0 Vierge, visitez-nous quelquefois, comme vous visitâtes votre sainte cousine ; visitez nos familles pour nous remplir tous du Saint- Ks[)rit et nous apprendre à glorifier Dieu avec vous. Visitez-nous surtout à notre dernière heure, comme vous l'avez fait pour plusieurs saints, afin de nous emmener au ciel ! et pour mériter vos visites, nous irons souvent vous visiter aux pieds de vos autels, et nous rendrons nos visites semblables à la votre. Amen.