ILIV. — CcL'ur do ]?fari
2^43. (hnnis gloria filiœ régis ab intus. Homo videt ea qtiœ parent ;
■• ' ir cor. Faisons comme lui, ne nous contentons pas de
. la gloire extérieure de Marie, allons jusqu'à ce qui est
ii'à son cœur. Pas de plus noble étude. On voit des
- entrailles de la terre, explorer des contrées inconnues,
i.i-M,»nileurs des cieiix, pour dérober à la nature qiiebiues-uns
- et faire avancer la science. .Mais qu'est-ce que la création
,M . .iparée au chef-d'o'uvre des mains divines, au cœur de .Marie ?
M;n< rnniiii.'iii en parler, nous /lomunciili, comme dit saint {{ernanlin de
<■■'■■<<>.■ M ,;,| toutes les langues des hommes seraient insullisantes! Du
ivons dire en bégavant ce que ce cœur est en lui-même, ce
, , , apport à nous.
iii4. I. tje une lecteur de Marie est en lui-même. Marie, il faut s'en souvenir, c'est la .Mère de Dieu, et Dieu a du se préparer en elle un trône digne de lui. Quand il eut fait la terre, ridit Deus cuncta t/uœ fererat et enint rulde bona : mais en contemplant Marie, il ne peut contenir ses transports. Qtitim pulr/tra es, arnica mea. Oriiti tui columbantm. Il loue ses yeux prir(>ils h i-oiix de In colombe, ses joues, genre tuœ, sa voix si douce, tout ce
\ langue humaine dont il se sert étant impuis- . le Marie, il ajoute aùsqueeo quod intrinsecus Intel ; su/ci parler de ce qui est au dedans ; il n'entreprend pas d'en faire l'éloge.
Le co'ur, r'est ce qu'il y a de plus noble en l'homme, le foyer de la vie,
le siéL'e des vertus généreuses, du dévouement, et avec le secours de la
■ ' >'■>'■■ nieu s'est plu à embellir
- virginal qui en décoidc, "K-^iii >■ • Mil t. Tiic nu 1 iiiiir. le corjts du Fils de
fiieu. Kl ^ lie. l'u-uvre très excellente du ('réateur,
en liiqucl '■ •' il faut dire que c'est surtout à son
i-irur '|ii : icnl ses dons. Dans ce c<i'ur t(»ut est
digii-' '■ '.vw.li.w ,|ii Créateur sur Marie, digne
du 1 'rit dont elle est l'épouse.
\'< .llilc iiii.lirvsr iiii' riiilsillilc.
! II*. \iMi8 <|iii ' S fi ninirr in «rfalurc. apprcufz dune limer. I.r eu • rnvil losanges l't les saints, pourquoi »«• I • rurdinm ; à lui vos afTcclions, il y a di' il f^st en lui-même, mais encore, iil,"i. Il '' << r//< ; (".esl le co-ur dune mère. Miifl» lr<'s.irs -e, i|o lui' H'iir. Dieu n o«t"hé* dan* lo ii-rncl: <J V re... La m
1'"" ce»
1074 iKTKS DIÎ LA SAINTIÎ VIEUGK
c'est celle que Dieu nous a donnée, et 6'est la sienne. Et elle aussi, pour nous manifester son co'iir, a eu i-ecmirs aux larmes. Kl elle a pleiu-é sur le Calviiiro, en nous enlantant dans lailouleiir; et ces larmes «lisaient: () hommes, vovpz coml)i("n je vous aime; pour vous j'o(Ti"c à Dieu mon Fils sur la croix, cl je m'oiïre moi-mT'me en victime avec lui. Klle a pleurt!' sur la monlaçne de la Salelle sur les tlêaux qui nous menacent. Au calvaire debout, à la Salctte affaissée stu- une jùerrc ! Kt à travers ses larmes elle disait : Le bras de mon Fils est lourd, il va vous frapper, les récolles vont manquer, les petits enfants vont mourir. (Juel cœui- !
Kli bien, à cause de ce qu'il est pour nous et en lui-même ne mérile-l-il pas tlêtre aimé ? .Mais nolite di/if/ere verbo neque lingua, sed opère et veritnte. L'amour c'est la fusion «le deux cœurs dans le même sentiment ; ce sont deux cii'urs qui battent à l'unisson. Le c(Pur île .Marie est un abime d'humi- Mlé, et vous seriez orf,Mjeillcux ; un océan de charilé, et vous seriez fermé par lï'goisuie ; un soleil de pureté, et le votre serait profané }»ar de honteuses allections ? Absit. «• (In'ur, je vous aime, que je vous <levienne semblable !
XV, — \'aiivité «le Marie.
22K). Nativitas tua, Dei genitrix Virgo, gaudium annuntiavit universu mundo. Les grands de la terre ont toujours solennisé par une fête le jour de leur naissance. Les plus sajj;es n'ont pas approuvé celle coutume ; il est des saints comme Job et Jérêmie qui ont regretté ce jour, et Salomon lui a ui'éféré celui <le la mort. L'Eglise, elle, ôle le nom de naissance au jour où les saints sont venus au monde, pour le donner à celui où ils ont quitté celle terre.
Quand il s'agit des autres hommes, la naissance a ses tristesses ; car ils naissent dans la disgrAce «le Dieu, malheureux, sujets aux chiltimenls de la justice divine et inclinés au mal par la fragilité de leur natm-e ; mais il en est tout autrement de la naissance de Marie.
Hien (^ui en elle soit un sujet de tristesse, ni pour Marie elle-même, ni ]>our le ciel, ni pour la terre.
22i7. I. Pour Marie elle-même. 1» Kn naissant elle esl aimée de Dieu, non pas d'une manière commime, surge arnica mea et veni : c'est assez être enicrmée, propera. C'est en cet endroit du saint cantique que Dieu lui "lonne ce n(Mu «le bien-aimée par excellence, comme le Père céleste le donnera plus tard à .Noire-Seigneur. Pourquoi Dieu l'aime-t-il ainsi? Klle est si belle, i) dans .son corps, formé par un miracle de la Toute-Puissance dans le sein d'une mère iusque-là stérile ; el les u'uvres de Dieu sont parfaites. Quel ouvrier que le Tout-Puissanl, que <le richesses entre ses mains, avec quelle sagesse il opère ! Kt Marie, cette œuvre arlmirable, il ne la fait pas pour un autre que lui, il y met donc tout son art. Le corps de Jésus doit être formé flu sang de Marie, il iloit habiter longtemps son sein virgmal. Kst-il croj^able que le ruisseau soil si beau et que la source ne soit pas limpide ? Le Sainl- Ksprit n"a-t-il pas voulu donner au corps de Jésus une «lemeure selon sa dignité? On n'enchAsse pas un diamant dans de l'étain, un lis ne nail pas sur un chardon. Du reste, le corps de .Marie est issu du sang des Patriarches el des rois de Juda. il doit servir d'asile à l'Ame de toutes la plus pure, et cela pour toujours. Quand on bAtil une cabane pour un soldat, on n'v met pas grand som ; s'il y manque quebpie chose, on peut la renverser facilement el en refaire une autre ; mais si on édilie un palais qui doive être la demeure perpétuelle des rois, on en trace le plan à l'avance, on n'j épargne ni richesses, ni grantleurs. Le corps que nous avons n'est qu'une pauvre cabane pour loger notre Ame pendant la vie qui est un temps de guerre. Au bout de quelques années, il sera réduit en cendres, el Dieu le relormera au jour de la résurrection ; mais le corps de .Marie est un palais royal qui doit rhirer toujours, car la Vierge n'a pas connu la corruption du tombeau ; en lui doivent résider la plus glorieuse des princesses, l'âme de la Vierge, el le Roi des rois.
i) Quelle intelligence que celle de Marie ! Marie devait être sans cesse en conlemplaUon des paroles, des actions el des mystères de Noire-Seigneur.
NAiivm-; l'h MAïui; \0(b
1.11e "leviiil tire rommo la tutrice, la gouvernanle. lange gaivJion <io Jésus. Dans l'enfance et la jeunesse du divin Sauveur, elle devait s'entretenir habituellement avcf Jrsiis. en K::v|>te, à Nazareth, dans les voyages. Comment un homme sans «ultiiio |ii.iiiT.tit-il converser longtemps avec un savant ? Il fal' ' ' jue Marie eut un esprit très élevé, poiu- prendre part aux con- TO! Jésus ; et Jésus aimait tant les entretiens de sa Mère que les
con>' . :-.ni..iis avec d'autres lui paraissaient comme des épines en comparaison.
'À) Kl que dire de la grâce de Marie? Mulfœ filiœ congregaverunt divitiag, tu supergressa es universas. — .Vlarie, à sa naissance, était donc aimée de Dieu.
i" Par conséquent, si elle devait souffrir, ce n'était pas en expiation du péché qui ne fut jamais en elle ; ses souffrances ne faisaient que l'associer davantage à la mission de Notre-Seigneur, et lui procurer l'occasion d'embellir sa couronne éternelle en augmentant ses mérites, et sa vie devait être estimée bienheureuse. 'M Par là-méme que Marie était affranchie du péché, elle n'était point inclinée vers le mal par cette pente fatale que nous remarquons en nous; elle était incapable de pécher, non par nature, mais par suite des heureuses qualités dont le Créateur l'avait douée, des grAces extraordinaires qu'il lui avait faites, de la providence paternelle qui écartait d'elle tout ce <pii pouvait ternir .sa pureté. Itien donc dans la naissance de Marie qui puisse être p(»ur elle un sujet de tristesse. Klle n'a au contraire qu'à bénir celui (]ui lui donne l'existence. Magnificat anima mea hominum. — Fecit tn'/ti magna qui potetts est — Ecce enim ej' hoc beatam medicent omnes generationes.
iilH. II. .Mais sa naissance est aussi un sujet de joie pour le ciel tout ffitier. lo Le Père a enlin ime fille digne de lui ; le Fils se prépare une
II ' ■■- la plus pure <les vierges ; en elle, le Saint Ksprit trouve une
t ; .'. Personne, comme Marie, n'exaltera la Trinité! Personne qui
<1 .1110 elle, procurer l'honneur de Dieu! elle sera par excellence la
servante du Seigneur, Elle lui rendra plus de gloire que tous les saints en-
SOiiible.
i" Saint Uernardin de Sienne dit que les anges, en ce jour, ont dépeuplé le i-it'I. pour se rendre dans la maison de sainte .\nne et entonner ce cantique : Qufp est ista quce ascendit de deserto deliriis affhiens f Ils se j<rn II' ni avr-r amour vers ce berceau où ils reconnaisent une reine dont In j' lit vide jusque-là. Par elle naîtra le salut aux hommes, les
il • .et les anges ne peuvent rester étrangers au bonheur des
huui.tiuii.
I. in<v»rnation, que présage la naissance de Marie, ajoutera du reste à la pi i>>nlelle des anges. Kn elle ces esprits célestes admirent le chef-
li la création sur lequel l'ouvrier seul l'emporte, comme le dit
sauit l'iLiTc Damien. Le ciel est ilonc tout entier en fête.
iiiW. 111. (Jne lu terre se réjouisse à son tour. 1" Prophètes, patriarches, .^,,: ■ • ■ .... |„ ,|vec tant de transports fctte
|. ri vous ouvrir les riciix. et qui
i, ,,.,.,,<>.... nu, ^ - ■•" ■ ■'•■■ ' • "••• ' •■■■■■iMil
i. votre prison > is.
\ ....... i.. «•. Hienlol vous V. i .. - •• ,... .us-
, s nui Ifillr»/ («ni'iiri' sur I.i liMM'c rricilUSSC/ Vous QUSSi.
In natintaff »/ !ii Sau-
Vrm- N"\ .1 ! il ■ I t'ice «le
s Monince. ic\r/. la lèle
(M '.rr vos crrcurv rt vos
doiitt's. lui' t liiUilirc de la ntuit. If <'>
venir la u-^ Mère des vivants; la pr- i l*»
Aie lu • nrps, voiKH H trausmis la mort de l'Ame; Marie vou» appurlc la vraie vie. celle lie l'Ame.
Pauvres oridielins. qui ne . . Père qui est au ciel et qui
U\cz lui loin de lui, une Mère ^ ^ous niiu. ucra et v.ius ré-
lU7»i 1 ÊTES L)E LA SAINTK VIKUOÈ
ronciliora avec lui! Cajilifs, vos chaincs vont tomber! Affligés, voilà voire consuhttiicc! Faibles, voilà celle qui sera puissante pour vous soutenir comme une année rangée en bataille ! Marie est la joie de tous les siècles qui la suivent, comme elle a été Jcspérance <ie tous ceux qui lonl précédée; elle est pour la {»auvre humanité la porte du ciel. Il n'est parmi les êtres que les «lémons à qui il soit permis de s attrister de sa naissance; car elle a écrasé la tète du serpent infernal ; et elle est le sauf-conduit qui fait échapper à l'enfer.
Oonc tous, livrons-nous à la joie, participons à l'allégresse du ciel et de la terre en ce jour. Ine .Mère nous est donnée; en nous réjouissant, cherchons à lui ressembler. Plus de péché!... Conuuent participer pleinement à la joie quelle nous apporte, si nous restions esclaves de .Satan, l'ennemi de Dieu, avant l'àme rongée par le remo4-ds ? Klle est aimée <le Dieu dès avant sa naissance, elle vivait déjà avant de naître; et nous, depuis des années, nous avons à peine commencé à vivre. Qui justus est juatificefur adhiic. 0 -Mère, par votre Nativité, faites que les pauvres pécheurs, naissent à la grâce. Naissez vous-même avec votre esprit, avec vos vertus, dans l'àrae de tous vos enfants, afin qu'un jour, a|>rcs avoir participé à la vie surnaturelle que vous leui- communiquez^ ils partagent votre gloire. .\men.
2250 Autre plan, sur la Xatirilé de Marie d'après Bossuet. Deux fêles principales de la Vierge, la Nativité qui la donne à 'a terre, l'Assomption qui la donne au ciel. Nous nous réjuuis.«ons de loules deux, mais celle dernière doit plutôt faire la joie (les anges. Nativitas tua Dei genitru Virgo gaudium annuntiavil. La nature a mis dans les hommes une égalité complète à la nai>sance et à la mort. Nud'i$ egressus sum es utero matris nn-œ et nudus revertar illitc. L^s grands fleuves comme les petites rivières prennent tous leur source sous un rocher ou une motte de terre, et se confondent dans l'océan, où on ne distingue plus le Danube du Rhin, ni d'un ruisseau, bien qu'ils aient fait plus ou moins de bruit dans leur course. Primam vocem similem omnibus emisi plorans, a dit Saiomon; et dans le tombeau tous sont confondus, quel que soil le tapage plus ou moins grand qu'aient fait dans le cours de leur vie, la vanité, l'ambition, etc. Dieu seul peut mettre à ces deux termes de la vie humaine une distinction ; il l'a fait pour Marie, dont la mort a été le fruit de l'amour divin, dont le corps n'a pas connu la corruption du tombeau, et dont la naissance a eu des avantages merveilleux ; nous allons nous en entretenir. Deux choses discernent les hommes et les distinguent: le bien qu'ils ont reçu qui fait voir leur abondance, et le bien qu'ils font, qui honore leur libéralité.
22;. I. i. Ce que .)farie a reçu à sa naissance, !• de ses parents. Les parents de Marie étaient pieux et saints. La sainteté des parents ne passe pas aux enfants ; mais leur est cependant d'un grand avantage. Aussi saint Paul dit-il que les enfants des fidèles sont saints, parce qu'ils sont destinés à la sainteté et par là au salut. Dieu favorise les enfants & cause des pères. Saiomon à cause de David; les israi'lites, à cause de Jacob, d'Isaac et d'Abraham. C'est un bonheur d'être consacré à Dieu en naissant par des mains pures et saintes. Mais il e»l à remarquer que Marie est la fille des prières de ses parents; elle est le fruit moins de la nature que de la gr&ce, et vient plutôt de Dieu et du cie' que des hommes et de la terre. D'autres saints ont eu ce privilège : Samuel par exemple et Jean- Baptiste ; cependant Anne seule pria pour avoir Samuel; le père de Jeaniiapliste fut incrédule. Quand on annonça h Sara qu'elle deviendrait mère, elle se prit à rire. Mais Joachim et Anne ont obtenu Marie par l'union de leur foi et de leurs prières. Elle tire de ses parents cette noblesse ancienne qui la fait descendre des rois et des patriarches, et qu'elle transmettra k Jésus, l'attente des Justes de l'ancienne Loi, et l'accomplissement des promesses que Dieu leur fit. Ce sang a passé, il est vrai, dans les veinesd'autres nobles reines de Juda quien ont été le canal; toutefois bien que les divers conduits d'une fontaine iransmeiteni 1rs mêmes eaux, celui qui la jette dans les airs en gerbes de rosée, ou qui la répand dans un vase arlistement disposé pour la recevoir a quelque chose de plus noble ; ainsi Marie l'emporte sur toutes les autres princesses de sa race ; car par elle le sang de David rejaillit plus haut même qift sa source, puisqu'il est reçu dans la personne du Fils de Dieu^commedansun bassin sacré, d'où il s'élèvera vers le ciel pour apaiser la colère divine, et se répandre sur la terre pour l'inonder de grâces. 2* De Dieu elle a renu la grâce de l'Immaculée Conception. Privilège unique, qui la prépare à l'union la plus mlime à la divinité, puisqu'elle lui est accordée en vue ae la maternité divine; et au jour de la naissance de la Vierge, cette giAce s'est déjà multipliée de telle sorte que Marie, en venant au monde, est à des hauteurs de sainteté auxquelles nulle créature ne peut prétendre.
SiS'i. II. Ce que Marie nous apporte : l» l'espérance de voir bientôt J.-C. Une nuit épouvantable couvrait la face du monde : ténèbres de l'infidélité chez les païens ; ténèbres des ombres et des figures chez les Juifs. Nuit sans repos ; car le rectos n'est qu'en